Fremeaux.com
Banjo
An American five-string history

1901-1956 








LE BANJO AMERICAIN A CINQ CORDES 1901-1956
Par Gérard De Smaele
Le banjo, cordophone à cordes pincées, a une caisse de résonance ronde sur laquelle on a tendu une peau. Ce type de construction, d’un grand rendement acoustique, lui confère un  timbre tout à fait caractéristique. Aux Etats-Unis, en Angleterre ou dans le reste de l’Europe, il est, depuis la fin du XIXème siècle entré dans l’ima­ginaire collectif. Que ce soit par des représen­tations graphiques, des sculptures, des apparitions au cirque, au music hall ou au cinéma, le banjo n’a cessé d’évoquer des images. Ces dernières, teintées d’exotisme, pétillantes de joie ou de nostalgie mélancolique, sont si prégnantes que quelques notes suffisent à les éveiller. “Picturing the Banjo”, une récente exposition d’œuvres d’art, présentée à Washington DC (Corcoran Gallery, 2005) et à University Park en Pensylvanie (Palmer Museum, 2006), nous montre combien ces images sont nombreuses et variées, voire antagonistes : celles d’un instrument afro-américain récupéré pour le compte des Blancs. C’est que le sujet révèle une réelle complexité. Ne dirait-on pas que les esclaves des plantations du Nouveau Monde, occupés à chanter et à danser autour d’un banjo, baignent dans le bonheur et l’insouciance ? Le banjo, toujours présent sur la scène musicale nord-américaine révèle aussi une riche histoire. Avec elle, c’est toute l’aventure des Etats-Unis qui défile et qui se projette dans un avenir musical prometteur. Toujours prêt à se fondre dans l’actualité, son répertoire aux origines diverses, à la fois africaines et européennes, accumule une grande valeur anthropologique. Ce petit  instrument peut certainement nous mener à découvrir tout un peuple et sa culture.  En prenant le temps d’examiner le banjo de plus près, nous sommes cependant frappés par la variété des instruments, des genres musicaux, des techniques de jeu, des accordages. Parmi les modèles les plus connus, n’allons pas confondre le banjo à cinq cordes - joué avec les doigts de la main droite - avec le banjo ténor et autres hybrides joués au plectre. Ce sont là deux domaines bien distincts : celui de la musique folk des Etats-Unis et celui du jazz. En France, les modèles ténor, mandoline et guitare se sont mieux répandus. 

Le banjo à cinq cordes se distingue par la chanterelle. Accordée plus haut que les autres cordes elle est aussi plus courte et fixée le long du côté gauche du manche (pour être alors jouée par un droitier). Depuis le XVIe siècle, des proto-instruments africains ont suivi les routes de l’esclavage, mais c’est la vogue du minstrel show – un peu avant et pendant la guerre de Sécession – qui va le diffuser, à partir des plantations du Sud, à travers tout le continent et vers l’Europe. Modernisé et européanisé le banjo va devenir dans les grandes villes du Nord américain un instrument de salon au répertoire classique et semi-classique. Cette mode s’étendra d’environ 1870 à 1920. Le banjo évoluera cependant plus durablement dans les campagnes du Sud des Appalaches (Virginie et Virginie de l’Ouest, Caroline du Nord et du Sud, Tennessee, Kentucky, Georgie) où il trouvera son milieu le plus fertile et son enracinement le plus profond. L’exploitation commerciale de cette musique campagnarde donnera naissance à la country music. Ce terme prête cependant à confusion car désigne à la fois cette musique rurale et son développement ultra commercial d’après la Seconde Guerre mondiale, dans les studios modernes de Nashville. Cette dernière utilise des instruments électriques et des percussions. Ce qui est appelé old time music et bluegrass, ne comporte aucun instrument électrifié. Les alliés naturels du banjo à cinq cordes sont le chant et le fiddle, renforcés au XXe siècle par la guitare, la mandoline, l’harmonica, la contrebasse… Après la Seconde Guerre mondiale, le banjo à cinq cordes avait pratiquement disparu du paysage musical. C’est le folk revival – provoqué par l’engagement politique d’une Amérique progressiste – qui l’a fait renaître. Le banjo à cinq cordes pouvait défendre des idées de gauche et représenter une culture populaire dégagée des lois du show business, une sorte de refuge pour idéalistes.  

De nos jours, aux Etats-Unis, le banjo fait partie du paysage musical. On est surpris par le nombre de musiciens qui en jouent, par la quantité des instruments fabriqués, par le nombre considérable de disques produits et par l’abondance de la documentation disponible.  La littérature qu’elle génère provient aussi de milieux académiques : historiens, spécialistes du folklore, ethnomusicologues ou anthro­pologues. C’est que le banjo occupe non seulement une place de choix dans la musique américaine, mais constitue aussi une clé de sa compréhension.  Les plus anciens enregistrements, réalisés à partir de la fin du XIXe siècle, concernent principalement le style classique, en vogue aux environs des années 1870 à 1920. Les cylindres Edison et les premiers disques plats de la maison Berliner laisseront finalement la place aux 78 tours. Le banjo se prêtait d’ailleurs particulièrement bien aux plus anciennes techniques d’enregistrement. Si les Farland, Ossman, Van Eps, Bacon… sont aujourd’hui oubliés, ils nous ont laissé des traces de leur surprenante dextérité.   Depuis les années vingt, les enregistrements de la musique populaire et traditionnelle du sud des Appalaches, appartiennent à deux catégories. Dans la première, les field recordings sont l’œuvre de musicologues ou de folkloristes qui, pour l’étude et la conservation du patrimoine traditionnel, ont enregistré des musiciens régionaux amateurs. C’est de cette matière que les remarquables collections de la Bibliothèque du Congrès à Washington et de quelques autres bibliothèques universitaires sont constituées. John et Alan Lomax sont les plus célèbres de ces collecteurs. Le matériel portable d’enregistrement a remplacé la prise de notes manuscrites et a fait considérablement progresser la conservation du patrimoine musical.  D’un autre côté, les firmes de disques commerciales ont été les premières à envoyer leurs talent scouts dans les petites villes du Sud. Des studios portables furent parfois montés sur place, et les artistes repérés invités à enregistrer dans les studios des maisons mères à New York, Chicago, Atlanta… La carrière professionnelle de la plupart de ces musiciens fut brisée par la crise économique engendrée par le crash boursier de 1929. En 1952, la firme Folkways éditera une importante anthologie de musique folk, extraite de la collection de 78 tours  rassemblée par Harry Smith et actuellement conservée à la bibliothèque publique de New York. Cette anthologie eut un impact majeur sur la redécouverte des artistes d’avant-guerre lors du folk revival. Les premières radios, qui dans les années vingt avaient déjà une puissante capacité d’émission, ont aussi exercé un rôle important dans la diffusion et l’enregistrement de cette musique. Les maisons de disques et des radios ont propulsé certains musiciens sur la scène professionnelle. Par la diffusion des styles locaux une certaine uniformisation des styles s’est ainsi produite.

En rassemblant des enregistrements des années 1910 aux années 1950 on se prive de beaux exemples du minstrel style* ainsi que des apports récents et des interprétations de nos contem­porains. On peut cependant affirmer que les productions anciennes forment la base de la discothèque de tout amateur (de banjo) soucieux de développer sa culture musicale. L’année 1958, avec la sortie de Tom Dooley par le Kingston Trio et l’embrasement du folk revival, pourrait bien être considérée comme une date charnière de l’histoire du banjo. Elle sépare le monde des anciens de celui du revival dont les effets se font encore sentir de nos jours.  Les musiques présentées ici sont le reflet d’une époque. Cette collection a une grande valeur musicale. On peut être sûr qu’elle aidera à aller à la rencontre de personnalités attachantes,  d’artistes très proches de leur milieu. Les choix ont été déchirants car certains artistes ont eu une production énorme et peuvent tout au long de leur carrière avoir montré de multiples facettes. Il y a mieux à faire qu’à se concentrer exclu­sivement sur les performances les plus spectaculaires du banjo. De toute manière, si le banjo est parfois enfermé dans des idées préconçues, il n’appartient à personne. C’est une page vierge, un bloc de pierre, une toile blanche que l’artiste s’approprie librement. Il appartient avant tout aux musiciens pour qui il sera d’abord un outil d’expression artistique. 
* Cette musique du XIXème siècle n’a été réintroduite sous sa forme originale qu’à partir des années 1970-80. 

NOTICE DISCOGRAPHIQUE
CD1
1. PIDOUX John : Darkey’s Dream
(Thomas J. Armstrong) - 1912.
Dès le XIXe siècle, le banjo américain à cinq cordes s’est rapidement répandu et développé en Angleterre. La vogue “classique” y comptait énormément d’adeptes. Après la Seconde Guerre mondiale, on y trouvait encore les traces de nombreux clubs, fabricants, éditeurs.  John Pidoux (1875-1953) est né à Londres et commença sa carrière vers 1890. Après avoir travaillé pour l’éditeur de musique John Alvey Turner, il s’installe à Birmingham où il dispensera son enseignement. Ses premiers enregistrements datent de 1903. Il jouait non seulement du regular banjo, mais aussi du plectrum, du ténor et du zither banjo (Voir n° 6, A. Cammeyer). “Darkey’s Dream” est une composition de Thomas J. Armstrong (1859-1932), un banjoïste, professeur, arrangeur et compositeur. Il aurait aidé Samuel Swain Stewart (1855-1898), le grand fabricant actif à Philadelphie durant toute la fin du XIXe siècle, à concevoir la banjeaurine, un petit instrument à cinq cordes accordé une quarte plus haut que le regular banjo et qui faisait partie de la famille des banjos classiques.  

2. FARLAND Alfred A. : Carnival in Venice (Zani de Farranti) - Monarch Record, 1917.
Virtuose accompli, Alfred Farland (1864-1954) jouait des arrangements classiques de Bach, Beethoven, Chopin etc... et fit des tournées durant cinq décades. Auteur de deux méthodes et professeur renommé, il a influencé beaucoup de banjoïstes classiques. Les instruments fabriqués sous son nom présentent la particularité de ne pas avoir de tone ring et de remplacer parfois la peau du banjo par du métal. Le résultat recherché était la douceur de la sonorité et l’amplitude sonore. “Carnival in Venice” est une composition du célèbre guitariste italien Zani de Farranti (1801-1878), arrangée dans le plus pur esprit du banjo classique.  

3. BACON Fred : Old Black Joe (Stephen Foster) - Pathé Records, 1917.
De 1905 à 1939, Fred Bacon (1871-1948) a produit des banjos de très grande qualité. Après les débuts modestes de la Bacon Manufacturing Co à Forest Dale, dans le Vermont,  il installe la Bacon Co. à Groton dans le Connecticut et s’associe avec David Day (1862-1956) en 1922, pour produire les banjos Bacon & Day Silver Bell, dont les modèles ténor restent des références incontournables. David Day sortait des prestigieuses manufactures de Fairbanks & Cole, de Fairbanks et de Vega. Fred Bacon était un merveilleux banjoïste classique. Il a aussi enregistré pour Edison et Victor. “Old Black Joe” est une composition de Stephen Foster, éditée à New York par Firth, Pond & Co en 1853. 

4. VAN EPS Fred : Cocoanut Dance (Herman, Tobani) - Columbia, 1920.
Né à Somerville dans le New Jersey, fils d’un horloger d’origine allemande, Fred Van Eps (1878-1960) était un des grands maîtres du banjo classique. Lorsque ses parents s’installent à Plainfield, près de Newark NJ, ils se rapprochent de la United States Phonograph Company (qui commença à produire des cylindres trois ans avant Edison). Sa carrière professionnelle commence en 1897 par un engagement chez Edison. De 1910 à 1929 Fred Van Eps a enre­gistré pour Zon-o-phone, Victor, Columbia, Edison, ainsi que pour beaucoup d’autres companies. Vers 1920, il va aussi concevoir le recording (Van Eps-Burr Corp. Plainfield NJ, distribués par Lyon and Healy), un banjo dont la caisse de résonance est fermée à l’arrière par une paroi sphérique, une ouverture circulaire étant pratiquée dans la peau. D’autres banjos seront fabriqués de ses mains. Suite à sa carrière professionnelle, il va développer et perfectionner une nouvelle technique de jeu. Après 1950, alors que la vogue classique était devenue complètement obsolète aux Etats-Unis, il enregistre encore trois 78 tours et un LP sous son propre label (Five String Banjo), profitant des dernières innovations techniques du moment. Son répertoire est constitué de ragtime, d’airs de danse, de musiques populaires… interprétées en solo, duo ou en trio avec accompagnement de piano ou de saxophone alto. 

5. OSSMAN Sylvester L “VESS” : Rusty Rags Medley (Unknown) - 1901.
Vess L. Ossman (1868-1923), dont le père d’origine allemande était boulanger à Hudson NY, était surnommé “The King of the Banjo”. Il est le plus célèbre des spécialistes du banjo  ragtime et a enregistré des centaines de disques, transposant soigneusement pour le banjo des œuvres écrites pour le piano. Pour les premiers enregistrements du ragtime, le banjo semblait mieux convenir que le piano et Ossman fut alors très demandé en studio, dès 1896. Un des premiers à enregistrer des cylindres pour Edison et des disques plats pour Emile Berliner, sa réputation fut le fruit d’un travail acharné et aussi la conséquence d’avoir accompagné le célèbre ténor Arthur Collins (1869-1933) et Len Spencer (1867-1914). Deux tournées en Angleterre (1900 et 1903) et des concerts pour Théodore Roosevelt et le roi Edouard VII ont couronné sa réputation internationale. Plus tard, il forma le trio Ossman-Dudley qui connut un grand succès. A partir de 1910 il oriente sa carrière vers le public des hotels du Midwest et d’Europe, se coupant ainsi des maisons de disques qui l’avaient si souvent engagé. Son répertoire était principalement composé de marches, de cakewalks et de rags. “Rusty Rags Medley” fut enregistré en 1901, il s’agit d’un medley non identifié et introduit par Vess Ossman en personne. 

6. CAMMEYER Alfred Davies & SHEAFF Bernard : Danse Bizarre (Cammeyer) - Vocalion X9544, 1914.
Alfred D.Cammeyer (1862-1949) était un artiste raffiné qui voulait extirper le banjo des contextes minstrel show et music-hall. Né à Brooklin (NY), il vint s’installer à Londres en 1888 et s’assura la collaboration des meilleurs musiciens anglais. Cammeyer a aussi exercé une activité d’éditeur. A son répertoire strictement classique, il ajoutera des compositions personnelles. A cet effet, il invente le zither banjo qui se répandit en Angleterre. On y distingue une cinquième corde dont la mécanique est fixée au cheviller et parcourt un petit tunnel à travers le manche avant de sortir au niveau habituel de la cinquième cheville. En plus d’une caisse de résonance caractéristique, on note une combinaison de cordes métalliques et de boyau. Si le cheviller comporte six clefs, ce n’est que pour une question de symétrie. C’est un instrument spécialement destiné à une inter­prétation raffinée, digne des artistes et des gentlemen. Le zither banjo est resté une particularité du banjo classique et de l’Angleterre. On le rencontre rarement aux Etats-Unis. En 1922, Cammeyer et son élève Bernard Sheaff donnèrent quatre récitals au “Steinway Hall” de Londres et enregistrèrent en 1925 pour les labels Vocalion et Aco. 

7. OAKLEY Olly : Romping Rossie (Madeline Rossiter) - 1910.
Elève de Cammeyer, l’anglais Oally Oakley (1877-1943) adopta très tôt le zither banjo. Sa collaboration avec des chanteurs connus, avec le grand compositeur Joe Morley (1861-1937), sa carrière de professeur, de concertiste, et de musicien de studio ont fait de lui le banjoïste le plus populaire d’Angleterre. Ses enregistrements se comptent par centaines, tandis que ses tournées ont couvert toute l’Angleterre et, en 1902-1903, la France et l’Italie. Il revint en France pour divertir les troupes durant la première guerre mondiale. Ce musicien remarquable fut aussi un compositeur et un arrangeur prolifique. A la fin de sa période active il fut frappé de paralysie et vécut de longues années d’impotence. 

8. RESER Harry : Heebe Jeebes (Harry Reser) - Colombia, 1925.
En plus du joueur de plectrum Eddie Peabody (1902-1970), Harry Reser (1896-1965), considéré comme le plus grand virtuose du banjo ténor, enregistra énormément dans les années vingt.  Durant l’entre deux-guerres le style classique a beaucoup perdu de sa popularité. Les banjos à quatre cordes des orchestres de jazz ne seront plus joués avec les doigts mais au plectre.  Souvent considérés comme des instruments rythmiques, les meilleurs techniciens en tirent aussi des mélodies complexes. Reser pouvait même donner l’impression que deux instruments jouaient ensemble. Avant de se consacrer au banjo ténor, il avait acquis la maîtrise du cinq cordes, du plectrum et avait étudié par la suite le violon et le violoncelle. Peut-on imaginer une meilleure préparation ? De 1935 à la fin des années cinquante, Harry Reser a beaucoup voyagé à travers le monde, où il fut à l’affiche des hôtels, des dancings et des clubs. Il finit sa carrière comme guitariste et fut retrouvé mort, avant une représentation, guitare en main. 

9. BURNETT Richard “Dick” : Ladies on the Streamboat (Unknown) - Columbia CS 9660-15209-D-side A, 1927. Richard Burnett (Monticello / Kentucky, 1883-1977) : vocal & banjo ; Leonard Rutherford (ca. 1900-1950) : fiddle.
L’association de Richard Burnett (1883-1977) au banjo avec Leonard Rutherford (ca. 1900-1950) au violon remonte à 1914. Rutherford est une figure importante des débuts de la country music. Burnett était aussi un banjoïste très apprécié. Sa carrière de musicien professionnel a débuté en 1907, lorsque, âgé de 24 ans, une agression à main armée le rendit aveugle. Ils ont enregistré en 1927-1928 pour la firme Columbia qui avait ses studios à Atlanta. On les retrouvera aussi dans l’anthologie de Harry Smith. A l’âge de 90 ans, Richard Burnett cannait toujours des chaises à Monticello Ky, lieu d’où le duo était originaire. Le film “Oh Brother Where Art Thou” a remis en évidence “A Man of Constant Sorrow” déjà enregistré en 1928 et dont les paroles ont été retrouvées dans les archives de Burnett, datées de 1913.  

10. JENKINS Frank : Babtist Shout “Spanish Fandango” (Trad.) - Gennett 6187 B, 1927D, enregistré à Richmond IN, 1927.
Frank Jenkins (1888-1945) était un petit planteur de tabac de Caroline du Nord, et un membre du plus célèbre Da Costa Woltz’s Southern Broadcasters. Musicien semi-professionnel, également violoniste, il se produisait dans des medicine shows, à la radio, à des fiddler’s conventions et enregistra avec différents groupes comme les Pilot Mountainers. Bien que Frank Jenkins ait appris le down picking traditionnel de son père Francis (ca. 1849-1935), il a évolué vers une technique à trois doigts, dérivée du style classique. “Baptist Shout”, une variation de “Spanish Fandango”, provient d’une pièce pour guitare du même nom. Cet enregistrement a été réalisé chez Gennet en 1927. Un original de ce disque se trouve conservé dans l’immense collection privée de Joe BUSSARD à Frederick MD.   

11 & 12. MACON David Harrison “Uncle Dave” : 11. Tennessee Red Fox Chase (Unknown), enregistré à Chicago en 1929 / 12. Run (Unknown), enregistré à New York en 1925.
Visage rayonnant, dents en or, gousset en poche, Uncle Dave Macon (1870-1952), l’une des premières vedettes de la country music, rapproche les spectacles de vaudeville de la musique country du début du XXe siècle. Il nous a laissé plus de 200 enregistrements, datés de 1924 à 1950. En 1939, il se déplace à Hollywood pour tourner dans le film Nashville. Personnage haut en couleur, Uncle Dave, accompagné par son fils Doris et les McGee Brothers, les Delmore Brothers, ou Roy Acuff, a beaucoup tourné dans le Sud. Ses parents ayant tenu un hôtel près de Nashville, il put absorber dans sa prime jeunesse tout un répertoire pratiqué par les musiciens de passage. Avec la concurrence des véhicules motorisés, Uncle Dave qui détestait les moteurs, a abandonné sa voiture tractée par une mule et son commerce de transport pour devenir, à 48 ans, un artiste professionnel, qui se produira jusqu’en Nouvelle Angleterre. Son ancienne activité de transporteur lui avait aussi donné l’occasion de partager sa musique et de rencontrer des musiciens noirs. Engagé en 1926 au Grand Ole Opry, il fut diffusé à travers tous les Etats-Unis par la puissante station de radio WSM. Il y a assuré le spectacle hebdomadaire jusqu’à la fin de sa vie.  Il montait sur scène avec plusieurs banjos, chacun ayant son accordage, et mélangeait volontiers différentes techniques de jeu. 

13. McGEE Brothers (Sam, Kirk) : Milk Cow Blues (Kokomo Arnold) - enregistré par Mike Seeger, au New River Ranch, New River Sun MD, 1955. 
Le nom des McGee Brothers, Sam (1894-1975) et Kirk (1899-1983), et des Fruit Jar Drinkers, est profondément lié à celui de Uncle Dave Macon et à celui du violoniste Arthur Smith.  Elevés dans une ferme du sud de Nashville, les McGee Brothers ont hérité leur bagage musical de leur père, un violoniste d’origine irlandaise qui connaissait des centaines de pièces. Dans leur région, la guitare n’est apparue que très tard. Sam a développé un style syncopé inspiré par des musiciens de rue noirs.  Bien que musiciens professionnels, les McGee ont aussi dû exercer d’autres activités pour compléter leurs rentrées financières. “Everything but make liquor, and if times keep getting harder we may have to go into that”. Comme beaucoup d’autres musiciens ils ont continué à cultiver la terre entre les contrats. Durant la Seconde Guerre mondiale, Kirk a travaillé 18 mois pour le gouvernement. Sa tâche consistait à surveiller des prisonniers allemands qui oeuvraient chez Dupont dans l’Indiana. Kirk McGee jouera sur la scène du Grand Ole Opry durant plus de cinquante ans (de 1926 à 1980). “Milk, Cow Blues” par les McGee a été enregistré par Mike Seeger au New River Ranch, dans le Maryland. Ces parcs étaient des pôles d’attraction musicale et ont joué un rôle important pour la transmission du bluegrass vers le public du folk revival. Cette composition du bluesman Kokomo Arnold (1901-1968), datée de 1934, fut adaptée par le célèbre Robert Johnson (1911-1938) qui transforma son titre en “Milk Cow Calf Blues”, mais la version des McGee Brothers est inspirée du chanteur country Johnnie Lee “Bob” Wills (1912-1984). Elvis Presley (1935-1977) l’a aussi interprétée en 1955. 

14. ASHLEY Clarence “Tom” : Naomi Wise (Trad.) - Columbia Records, enregistré à Johnson City TN, 23 octobre 1929. Clarence Ashley (1895-1967) a commencé à apprendre le banjo avec ses tantes à l’âge de huit ans. Entre 1911 et 1943, il mena une carrière de musicien /chan­teur/comédien. Présent sur la scène du medicine show dès 1911, membre de différents string bands dont les Carolina Tar Heels et également soliste, on le retrouve plus tard dans l’antho­logie de Harry Smith. Lorsque Ralph Rinzler le redécouvre en 1960 au festival de Union Grove VA, c’est une véritable page d’histoire qui s’ouvre au public du folk revival. Il enregistrera alors plusieurs disques importants avec le guitariste Doc Watson.  Retiré du circuit du medicine show, Clarence Ashley avait, en 1943, acheté un camion et vivait de son commerce de transport de bois, de charbon et de meubles. Il se limitait alors à quelques représentations avec les Charlie Monroe’s Kentucky Partners et les Stanley Brothers. La chanson Omie Wise, popularisée par le violoniste aveugle G.B.Grayson (1888-1930), relate l’assassinat d’une jeune orpheline par John Lewis. Ce crime eut réellement lieu en 1808 à Deep River en Caroline du Nord. D’autres murder ballads décrivent des faits similaires où une fille enceinte est assassinée par son amant.  

15. BEGLEY Justis : The Golden Willow Tree (Trad., Child 286) - Library of Congress AFS-1530, enregistré par Alan et Elisabeth Lomax à Hazard, Perry County, Kentucky, le 17 octobre 1937. Le 17 octobre 1937, Alan et Elisabeth Lomax se trouvaient dans la cité minière de Hazard dans le Kentucky. C’est là qu’ils ont enregistré plusieurs chansons interprétées par le shérif Justis Begley, adepte du down picking et d’une technique à deux doigts.  “The Golden Willow Tree” appelé aussi “The Golden Vanity” est une ballade aux racines très anciennes, qui a été préservée dans les régions isolées du Kentucky.  Dans les années trente, les montagnes et les régions charbonnières de l’est du Kentucky ont été le terrain d’investigation de nombreux collec­teurs. Certains utilisaient encore l’ancienne méthode de la retranscription écrite des paroles et de la musique. Alan Lomax fut l’un des premiers à utiliser un enregistreur portable à disques. Lors de cette expédition de septembre et octobre 1937, Alan et son épouse embarquèrent le matériel portable de la Bibliothèque du Congrès : l’enregistreur Presto, de lourdes batteries et des films. Plus de 300 disques ramenés de cette expédition témoignent encore de la variété des styles de banjo et de violon dans le Kentucky. 

16 & 17. BOGGS Dock (Morlan L.) : 
16. Danville Girl
(Trad.) - Brunswick 132B, 1927 /
17. Old Rub Alcohol Blues (Trad.) - Lonesome Ace, 21404, 1929.
Né à Norton en Virginie, Dock Boggs (1898-1971) était le cadet d’une famille de dix enfants. Entré à la mine dès l’âge de douze ans, il espéra un court moment pouvoir y échapper, lorsque de 1927 à 1929, il fut invité à enregistrer pour Brunswick et Lonesome Ace. Des circonstances familiales et la crise économique l’ont ensuite contraint à réintégrer la mine jusqu’en 1954. Bien que ses premiers enregistrements soient des monuments de la musique folk américaine, et que Dock Boggs soit repris dans l’anthologie de Harry Smith, il restera dans l’oubli, jusqu’au jour où en 1963 Mike Seeger pourra le localiser et le convaincre de commencer une nouvelle carrière. Dans l’élan du folk revival il prit immédiatement la route des grands festivals (Asheville NC, Chicago, Newport) et enregistra plusieurs albums édités par la firme Folkways, diffusant l’entièreté d’un répertoire composé de chants traditionnels, de créations contem­poraines et d’influences afro-américaines. Probablement composé vers 1875, “Danville Girl” illustre bien le ton tragique que pouvait donner Dock Boggs à ses interprétations. Bien que connaissant la technique du clawhammer, il emploie le plus souvent un up picking à deux et à trois doigts. Pour la petite histoire, le banjo Gibson sur lequel il a joué durant les années soixante est un instrument acheté neuf vers 1930. Déposé chez un prêteur sur gages, Boggs l’a récupéré intact trente ans plus tard, peu de temps avant sa redécouverte par Mike Seeger.  Quarante ans de mine, trente ans d’interruption de pratique musicale, et après l’âge de 65 ans une fin de carrière éblouissante qui lui permit pour la première fois de s’offrir une voiture neuve. Des galeries des mines aux salles de spectacles fréquentées par des intellectuels, il y a une infinie distance. Son témoignage reste poignant. 

18. WILLIAMS Walter : Mud Fence
(Trad.) - Library of Congress AFS 1600, enregistré par Alan and Elisabeth Lomax à Salyersville KY, en octobre 1957. Arrivés en octobre 1937 à Salyersville dans le Kentucky (voir aussi Buell Kazee), Alan et Elisabeth Lomax rencontrent Walter Williams et l’enregistrent en solo et avec le violoniste William R. “Bill” Stepp (1875-1947). Dans ses notes, Lomax écrit qu’il a trouvé le joueur de banjo de 71 ans, le plus délicieux jamais rencontré. “Mud Fence” est une ancienne expression employée pour signifier une laideur toute particulière ! Ce titre faisait partie du répertoire local du Magoffin County, KY. Walter Williams le joue en down picking, en y introduisant un maximum de notes de la mélodie. 

19. SMITH Hobart : The Cuckoo Bird
(Trad.) - Library of Congress AFS 6732-A3, enregistré par Alan Lomax à Saltville VA, août 1942. Hobart Smith (1897-1965), le frère de la chanteuse traditionnelle Texas Gladden (1895-1967), était un multi instrumentiste qui jouait son répertoire de ballades, de musique old time, et de blues sur le piano, le violon, la guitare. Il commença le banjo avec ses parents dès l’âge de sept ans, et eut plus tard comme maître un musicien ambulant du nom de John Greer. Bien qu’il ait plus ou moins abandonné l’instrument durant une longue période, ses premiers enregistrements, des collectages réalisés à Saltville VA en 1942 par Alan Lomax restent des références incontournables. Hobart Smith a aussi exercé différents métiers manuels : fermier, peintre, boucher… Lorsqu’il devint professionnel, il travailla dans la région de Saltville et jouait pour des danseurs de square dance. Peu impliqué dans le circuit de la musique commerciale, il n’a pas enregistré pour les grandes firmes de disques d’avant guerre. Sa diffusion était assez confidentielle. Le folk revival des années soixante l’a propulsé sur la scène du University of Chicago Folk Festival en 1963 et au Newport Folk Festival de 1964. Malheureusement, une santé déficiente jusqu’à sa mort en 1965, l’ont empêché de profiter de cette nouvelle opportunité. Des enregistrements privés réalisés en 1963 par Flemming Brown (1926-1984), professeur à la Old Town School of Folk Music de Chicago, ont récemment été édités par Smithsonian-Folkways. D’une famille originaire d’Angleterre, porteur de l’héritage de sept générations de musiciens et d’influences afro-américaines,  l’influence de Hobart Smith fut marquante lors de la montée du folk revival. “The Cuckoo”, l’un de ses morceaux favoris est au départ une très ancienne chanson venue d’Europe. Hobart Smith la jouait avec de nombreuses variations, toujours pleines de vitalité et de précision. Bien que Hobart Smith et Clarence Ashley se connaissaient fort bien, les versions des deux interprètes sont très différentes. Bill Monroe dira de lui : “He was the best old-time banjo picker I ever Heard.” 

20. WILLINGHAM Thaddeus C. : Roll on the Ground
(Trad.) - Library of Congress AFS-3113-A1, enregistré par Herbert Halpert à Gulfport, Mississippi, le 11 juin 1939. Thaddeus C. Willingham Jr. (1884-1947) fut enregistré par Herbert Halpert en juin 1939 lors d’une expédition de collectage dans le Mississippi. Willingham a grandi dans une plantation près de Tuscalosa, parmi des enfants d’ouvriers agricoles blancs et noirs, avec qui il a commencé le banjo à l’âge de quinze ans. Leurs parents l’avaient eux-mêmes hérité de musiciens appartenant à des troupes de minstrel shows. “Roll on the Ground”, un chant minstrel, était populaire parmi les banjoïstes du Sud. Déjà enregistré en 1896 sur disque Berliner par Billy Bolden, d’autres versions (Big Ball’s in Town) réapparaîtront régulièrement plus tard, dans le répertoire du old time et du bluegrass. Au début de l’enregistrement Thaddeus Willingham discute avec le collecteur des particularités du banjo à cinq cordes et le compare au modèle à quatre cordes : “you can just get more music on it”.   

CD2
1. CRISP Rufus : Ball and Chain
(Trad.) - Library of Congress AFS 8498, enregistré par Margot Mayo et Stuart Jamieson à Allen Kentucky, septembre 1946. La Bibliothèque du Congrès possédait un matériel d’enregistrement pour les collectages et le prêtait à des équipes qui proposaient des projets de préservation de musiques traditionnelles dans le Sud. C’est ainsi que Stuart Jamieson, Margot Mayo (des personnalités importantes dans la phase de préparation du folk revival) et Freyda Simon s’embarquèrent en septembre 1946 pour Allen, dans la partie orientale et montagneuse du Kentucky, avec pour projet l’enregistrement de Rufus Crisp (1889-1956). Ce musicien et conteur remarquable avait appris le banjo dans sa famille, dans son entourage, avec des Noirs comme avec des Blancs et aussi avec des medecine shows de passage. Quelques années auparavant, Margot Mayo lui avait déjà rendu visite. Crisp n’avait à ce moment plus joué depuis quelques années et ne possédait plus de banjo. Il ôta immédiatement les frettes de celui qu’on lui fit parvenir pour s’exercer. “Them wires don’t have all the notes…” devait-il déclarer. Né dans une ferme, il avait aussi été mineur et avait travaillé dans l’exploitation du bois. Peu enclin à ces métiers, il avait finalement décidé de gagner sa vie en jouant du banjo pour les danses, les contests locaux et comme musicien itinérant. Ayant une grande réputation locale, il se fit de bonnes rentrées financières jusqu’au moment de la grande dépression et se reconvertit ultérieurement dans un poste de manutention pour une société de chemin de fer.  Comme Uncle Dave Macon, Rufus Crisp aimait aussi “jongler” avec son banjo, le faire virevolter devant lui. “Ball and Chain” est un ensemble de fragments de chants traditionnels arrangés à sa guise, joué dans un style rappelant les minstrel show, dont il avait gardé toute la verve. 

2. FRAZIER Nathan : Po Black Sheep
(Trad.) (fiddle : Frank Patterson) - Library of Congress AFS 6679, enregistré à Nashville TN, par John Work, 1942. On sait que le banjo a progressivement été délaissé par les musiciens Noirs. Lorsque les firmes de disques commerciales commencèrent à enregistrer les artistes traditionnels du Sud, elles ont divisé leur catalogue en deux secteurs bien séparés : d’une part le hillbilly - réservé aux blancs - et d’autre part le blues des race records. Dès lors, le marché commercial d’avant guerre a fermé ses portes aux black string bands. Ceux-ci avaient cependant exercé une grande influence. Vers le milieu des années quarante, quelques collectages ont préservé cette musique. Par leur rareté, ces documents ont une grande valeur historique.  Le duo afro-américan Nathan Frazier (né fin XIXe siècle) / Frank Patterson a été enregistré en 1942 dans les rues de Nashville, Tennessee. A cette époque, quelques groupes semblables subsistaient. Cette musique sur laquelle les gens dansaient nous offre un regard sur un monde lointain et complètement disparu. Ces buskers n’avaient bien entendu pas accès à la scène du célèbre “Ryman Theater” à Nashville.

3. LOWE Charlie : Tater Patch
(Unknown) - enregistré par Ben Jarrell à Mount Airy NC, 1952. Charlie Lowe (1878-1974), originaire de la région de Round Peak (Mount Airy/Galax), en Caroline du Nord (région célèbre pour les duos banjo/fiddle), jouait avec une telle rapidité et une telle précision sur son banjo fretless, qu’il s’était taillé une solide réputation régionale.  Son influence fut grande auprès de la nouvelle génération, mise en valeur par le folk revival : Kyle Creed (1912-1982), Tommy Jarrell (1901-1985), Fred Cockerham (1905-1980).  De Charlie Lowe, nous n’avons que quelques 78 tours gravés en 1952 par Ben Jarrell (le père de Tommy) avec un enregistreur à disque emprunté à une radio locale. De ces enregistrements privés, seul “Tater Patch” est en solo, les autres étant accompagnés au fiddle par Tommy Jarrell.  Charlie Lowe a créé pas mal de nouvelles versions de musiques existantes et a beaucoup encouragé les jeunes musiciens de sa région. Très hospitalier, il aimait partager tout ce qu’il avait. 

4. SLAYDEN Will : John Henry
(Trad.) - enregistré par Charles McNutt  près de Menphis dans le Tennessee, 1952. Bien que les Afro-américains aient exercé une influence déterminante sur le banjo à cinq cordes, les collectages d’authentiques musiciens noirs sont peu nombreux. De ce point de vue, les enregistrements de Will Slayden (Tennessee, ca. 1885) sont de précieux documents, qui témoignent de la musique noire avant l’apparition du blues. C’est durant l’été de 1952 que Charles McNut, un jeune anthropologue, s’est rendu dans une contrée rurale du Tennesse pour y rencontrer Will Slayden. Le musicien était alors âgé d’environ soixante ou septante ans et cultivait sa terre à l’aide de mules. Il jouait et chantait un vaste répertoire, des pièces en circulation aux alentours de 1900, dans un style remarquablement archaïque. Le collecteur a malheureusement négligé de rassembler des notes biographiques concernant Slayden. “John Henry Was a Steel Driving Man” relate des faits qui remontent vers 1870. Cette chanson fait partie du répertoire du old time et du bluegrass, mais a aussi été abondamment interprétée par les guitaristes de blues au XXe siècle.  La sonorité du banjo de Will Slayden est peu percutante et se rapproche plus des montages anciens en boyau car l’accordage est bien en dessous du diapason. 

5. SMITH Lucious : New Railroad
(Unknown)- Library of Congress AFS L67, enregistré par Alan Lomax, 1942. Lucious Smith (ca. 1895-1980) est un afro-américain originaire de Sardis dans le Mississippi, enregistré par Alan Lomax dans les années 40 et 50. Il représente d’anciennes traditions rurales de l’est de la célèbre région du Delta. Abandonné par les Noirs, le banjo moderne ne s’est pas vraiment développé dans les états de l’extrême sud. Les banjos de modèle primitif ayant  complètement disparu, Lucious Smith joue sur un instrument moderne avec cordes métalliques, accordé en D, une quarte plus bas que l’accordage standard. La technique de jeu est complexe et tout à fait inhabituelle avec, pour l’index de la main droite, une alternance de mouvements de up et de down picking que Smith désigne sous le nom de cross noting. Une telle technique se rapproche fort de ce qui est observé sur les luths traditionnels africains. 

6. STEELE Pete : Coal Creek March
(Peter Steele) - Library of Congress AFS 1694, enregistré par Alan et Elizabeth Lomax près de Cincinnati, Ohio, mars 1938. Pete Steele (1891-1895), originaire de Woodbine dans le Kentuky, fut aussi enregistré par Alan et Elisabeth Lomax à la fin de leur expédition de 1938. L’enregistrement eut lieu au nord de Cincinnati OH, à l’issue du Ohio Valley Folk Festival. Steele avait commencé le banjo à l’âge de six ans avec un père qui lui avait fabriqué un petit instrument. Par la suite il a développé un style très personnel. Pete Steele a exercé plusieurs métiers et a travaillé durant 18 ans dans les mines de charbon du Harlan County, Il s’établit ensuite à Hamilton, dans l’Ohio, pour y exercer la profession de menuisier. En 1958 il enregistrera un disque remarquable pour la firme Folkways. Pete Seeger le considérait comme l’un des meilleurs banjoïstes. “Coal Creek March”, un joyau du genre, est auréolée de l’émouvante histoire d’une catastrophe minière qui fit 600 morts à la fin du XIXe siècle. Le thème avait été joué par un brass band lors des cérémonies officielles. Pete Steele s’était fort préparé à la venue des collecteurs et interprète ici une des plus fameuses pièces pour banjo. Sa version, bien que d’un style folk, se rapproche du banjo classique, du parlour style de l’époque Victorienne. 

7. LUNSFORD Bascom Lamar : Swannanoa Tunnel
(Trad.), enregistré à la Bibliothèque du Congrès à Washington DC, 1949. Les musiciens nés au XIXe siècle et toujours actifs dans les années soixante ont servi de lien entre deux époques : celle où la musique traditionnelle n’était pas encore commercialisée et le folk revival en quête d’authenticité. Le témoignage des anciens a eu une grande portée et pour le banjo, certaines personnalités ont joué un rôle spécialement important. Le parcours de Bascom Lamar Lunsford (1882-1973), le “minstrel of Appalachia”, est assez atypique. Cet homme passionné et plein d’énergie était né au cœur des Blue Ridge Mountains, à Mars Hill en Caroline du Nord. Connu comme artiste de scène et de studio, comme folkloriste amateur, comme collecteur et promoteur de musique appalachienne, il a exercé divers métiers qui lui ont donné accès au répertoire rural de sa région. Il fut tour à tour marchand d’arbres fruitiers, promoteur de l’apiculture, enseignant, éditeur, avocat… A partir de 1928, Bascom Lamar Lunsford a organisé le Mountain Dance and Folk Festival à Asheville NC, le plus ancien festival folk des Etats-Unis, et sera appelé plus tard à en organiser d’autres, comme le National Folk Festival de St Louis en 1934. En plus des disques enregistrés de 1924 et 1935 pour Okek, Brunswick, Vocalion et Columbia, Lunsford a réalisé une série impressionnante d’enregistrements non commerciaux, d’abord sur cylindres (en 1922 et1925) et ensuite sur disques : 315 titres pour la Columbia University en 1935 et 350 titres pour la Library of Congress en 1949. Ce qu’il appelait sa “memory collection” constitue le plus important fonds de la Bibliothèque du Congrès. Ses interprétations sont pour la plupart précédées d’un commentaire sur ses sources. On retrouvera Lunsford à la Maison Blanche en 1939 pour un concert donné en l’honneur du roi et de la reine d’Angleterre et en 1949 au festival de Venise où il représentera les Etats-Unis. Lunsford sera aussi engagé par le musicologue Charles Seeger (le père de Pete Seeger) dans le cadre d’un programme du New Deal. Lorsque le folk revival prendra de l’ampleur, beaucoup de jeunes musiciens ayant idéalisé la musique du Sud lui rendront visite, et pourront se rendre compte des réalités quotidiennes et des mentalités du moment. “Swannanoa Tunnel” déjà collecté par Cecil Sharp en 1916, se rapporte au creusement d’un tunnel par des prisonniers en 1880 à l’est de Asheville NC. Ce beau chant de travail serait une variante d’une chanson anglaise plus ancienne.  Comme beaucoup de banjoïstes, Lunsford jouait aussi du violon. 

8. KAZEE Buell :  Old Whisker, The Moonshiner
(Trad.) - Brunswick Records, Br 145B [E 22499], avril 1927. Prêcheur baptiste né à Burton, Buell Kazee (1900-1976) était en quelque sorte le Bascom Lamar Lunsford du Kentucky. Interprète, et collecteur il préparait ses spectacles avec une approche presque aca­démique. De 1927 à 1928 il a enregistré 52 chansons pour la firme Brunswick, un riche répertoire composé pour la plupart d’anciennes ballades importées dans les montagnes par les premiers colons. Son éducation musicale formelle ayant été le chant classique, ses disques ont une coloration très particulière. Il mit un terme à sa carrière musicale pour se consacrer jusqu’à la fin de sa vie à son ministère. Buell Kazee, qui pratiquait toujours en amateur, fut quant même présent lors du folk revival, ceci grâce à l’anthologie de Harry Smith et à un album enregistré pour Folkways en 1957. Dès lors, il fut invité à Newport et à d’autres grands festivals des années soixante. Buell Kazee avait commencé le banjo dès l’âge de cinq ans. Bien qu’ayant reçu une formation intellectuelle et musicale il demeure un maître du clawhammer purement traditionnel. “The Moonshiner” n’est pas vraiment en accord avec les discours religieux, car anciennement les églises présentes détournaient non seulement les fidèles des spiritueux, mais aussi du banjo et du fiddle, considérés comme des instruments du diable. 

9. WALSH Dock : Come Bath in that Beautifull Pool
(Unknown) - Victor 40237-A, enregistré à Memphis, Tennessee, 1929. Doc Walsh (Wilkes County NC, 1901-1967), “The Banjo King of the Carolinas” faisait partie des Carolina Tar Heels. Ce groupe a enregistré pour Victor de 1927 à 1932. Doc Walsh s’est ensuite reconverti dans le commerce de volailles et de pièces de voitures. En 1961, le trio s’est momentanément réuni. “Come Bath in that Beautifull Pool” est un camp meeting song. D’habitude, ils sont mélodiquement et rythmiquement simples et répétitifs, de manière à pouvoir être appris facilement. Doc Walsh l’interprète dans un style hawaïen. Pour ce faire il a placé des pièces de monnaie sous le chevalet et glisse la lame d’un couteau sur les cordes.  

10. POOLE Charles Cleveland “Charlie” : Don’t Let Your Deal Go Down
(Trad.) (The North Carolina Ramblers, Charlie Poole, Posey Rorer, NormanWoodief) - Columbia CO 15038 D 140781-1,  enregistré le 27 juillet 1925 ;  

11. POOLE Charles Cleveland “Charlie”
(piano : Lucy Terry) : Don’t Let Your Deal Go Down Medley (Trad.), Columbia 15184-D 144521-2, enregistré à New York le 26 juillet 1927. Les North Carolina Ramblers furent un string band des plus populaires des années vingt. Charlie Poole (1892-1931), originaire des Piemonts de la Caroline du Nord, a développé un style à trois doigts inspiré des banjoïstes classiques. Bien que sa la main droite ait été endommagée par un accident, son jeu est d’une grande précision. Simple travailleur dans des filatures de coton, sa courte carrière fut éblouissante. Ses disques, enregistrés entre 1925 et 1931, se sont vendus à des centaines de milliers d’exemplaires et eurent par conséquent une grande influence, notamment sur ceux qui développeront plus tard le bluegrass. Charlie Poole qui avait une personnalité fort attachante, aimait vagabonder. Pour agrandir son répertoire, il circulait partout où il le pouvait, se faisait des connaissances et collectait de nouvelles chansons. Comme pour tant d’autres artistes, la grande crise économique des années trente lui a porté un coup fatal, mais c’est finalement une consommation excessive d’alcool qui provoquera sa mort prématurée. Charlie Poole chantait sa vie et c’est sans doute la raison pour laquelle son public l’aimait tant. “Don’t Let Your Deal Go Down” a été beaucoup enregistré et on en connaît de nombreuses variantes. Alors que dans les années 1920, une vente de vingt mille exemplaires était considérée comme un hit, ce disque s’est vendu à plus de cent mille copies. La première version inter­prétée ici par Charlie Poole est chantée, tandis que la seconde est un instrumental directement inspiré par le style classique de Fred Van Eps. En 1927, Poole avait pu se permettre l’achat d’un tout nouveau Gibson Mastertone, avec résonateur et cordes métallique. La somme déboursée, $250, représentait pour l’époque un sérieux investissement. 

12. CLARK Bob “Bossie” : Italian Mulazicci
(Unknown)- Library of Congress AFS 8487, enregistré par Margaret Mayo à Prestonburg KY, septembre 1949. “Italian Mulazicci”, aux consonnances latines, est une mazurka interprétée au banjo par le violoniste Bob “Bossie” Clark. Son père, natif d'Italie, a transmis à Bob "Bossie" Clark certains thèmes du vieux continents. "Italian Mulazicci" nous fait entendre un aspect très peu connu du banjo à cinq cordes, et nous rappelle que les influences européennes dans la musique traditionnelle américaine sont très diverses. Ceci nous oriente tout droit vers la mandoline de Bill Monroe. 

13. MONROE William Smith “ Bill”
(banjo : Earl Scruggs) : Bluegrass Breakdown (Bill Monroe) - Columbia 20552-CCO 4879-1, enregistré à Chicago, 27 octobre 1947. Le mandoliniste Bill Monroe (Rosine KY, 1911-1996), le père du bluegrass, occupe une place particulière dans le monde du banjo d’après guerre. Sa carrière musicale aura commencé dans les années trente et s’étendra sur une soixantaine d’années. Après avoir travaillé avec ses frères, les Monroe Brothers, il forme en 1939 les Bluegrass Boys et entre la même année au programme du “Grand Ole Opry”. L’engagement de Earl Scruggs en 1945 (voir plus loin, n° 33) sera non seulement déterminant pour son groupe, mais révolutionnera aussi le rôle du banjo à cinq cordes, qui deviendra un instrument soliste (dans le sens du jazz). Les Bluegrass Boys accueilleront la plupart des banjoïstes importants de la seconde partie du XXe siècle. Le bluegrass est une interprétation moderne de la musique old time, et constitue la branche “acoustique” (à la fois moderne et traditionaliste) de la musique country. Son rôle de dialogue entre le Nord et le Sud fut important pour le folk revival. Dans les années soixante Bill Monroe avait d’ailleurs engagé des musiciens issus du Nord comme Bill Keith et Lamar Grier. Le courant musical initié par Bill Monroe demeure profondément établi dans tous les Etats-Unis et compte de nombreux adeptes dans le monde entier. “Bluegrass Breakdown” fut enregistré pour Columbia en 1947, avec un solo révolutionnaire de Earl Scruggs au banjo. 

14. LYLE Rudy
(The Bluegrass Boys) : White House Blues (Wilbur Jones) - Decca 29141-85736, enregistré à Nashville TN, janvier 1954. Plus de 150 musiciens ont joué avec Bill Monroe et les Bluegrass Boys et certains d’entre eux sont devenus des stars. Après le départ de Scruggs en 1948, ce fut l’arrivée de Don Reno (1927-1984). Ce dernier n’a malheureusement pas enregistré avec le maître. Rudy Lyle (Virginie, 1930-1985) lui succèdera à diverses reprises de 1949 à 1960. Comme Earl Scruggs, Rudy Lyle était un grand fan de Snuffy Jenkins (1908-1990). Ce dernier avait lui-même suivi l’influence du style à trois doigts de Smith Hammet (1887-1930) et de Rex Brooks. Le thème de “White House Blues” est la montée de Theodore Roosevelt au poste de Président des Etats-Unis, après l’assassinat du Président McKinley.  La mélodie a servi à d’autres chansons. Aussi enregistré par Charlie Poole dont le style a eu une influence déterminante sur la genèse du bluegrass banjo. 

15. STANLEY Ralph
(The Stanley Brothers) : Pretty Polly (Trad.) - Columbia 4313, enregistré à Nashville, 1950. Dans le sillage de Bill Monroe il y aura de nombreux suiveurs. Parmi eux, les Stanley Brothers. Ils enregistreront pour Rich-R-Tone dès 1947 et signeront avec Columbia de 1948 à 1951. On les retrouve également sur scène et dans les stations de radio. Bill Monroe n’était pas très heureux de cette concurrence, mais elle était la meilleure preuve du succès de son style. La mort prématurée de Carter Stanley en 1966 a mis fin à cette belle association familiale. Le banjoïste Ralf Stanley (McClure VA, né en 1927) dut ainsi poursuivre sa carrière sans son frère. Il est encore actif de nos jours. Le répertoire des Stanley Brothers reprend des thèmes traditionnels et s’inspire du courant lancé par Bill Monroe.  Cette interprétation de “Pretty Polly” est une version nouvelle de ce classique du old time. Elle montre clairement la transition d’un style vers un autre. 

16. SCRUGGS Earl
(Flatt & Scruggs) : Flint Hill Special (Earl Scruggs) - Columbia P 13826, 24 octobre 1952. Lorsqu’il entre, en 1945, dans le groupe de Bill Monroe, Earl Scruggs (Flint Hill NC, né en 1924) signa instantanément l’ouverture d’un nouveau chapitre de l’histoire du banjo à cinq cordes. Le scruggs style – trois doigts avec onglets – sera imité par des milliers d’adeptes et constitue encore aujourd’hui la base technique du bluegrass banjo. L’instrument utilisé par Scruggs lors des ses enregistrements avec Bill Monroe – un manche à cinq cordes sur une caisse de banjo ténor Gibson – deviendra aussi le prototype du banjo moderne. Après la séparation avec Monroe en 1948, Scruggs s’associera avec le guitariste Lester Flatt (1914-1979). Ils produiront ensemble de grands succès commerciaux, en partie responsables de la survie du banjo après la Seconde Guerre mondiale (par ex. “Foggy Mountain Breakdown” du film Bonnie and Clyde, 1966). Probablement (avec Pete Seeger) le banjoïste le plus célèbre du XXe siècle, Scruggs a aussi innové les scruggs tuners qui, par une action de levier sur les cordes, permettent d’en modifier l’accord. C’est l’effet de glissando produit dans “Flint Hill Special”. Ces “accordeurs” seront plus tard améliorés par Bill Keith. Il est à noter que la première version de “Flint Hill Special”, enregistrée en 1951, a été réalisée en actionnant les mécaniques ordinaires, sans l’aide de ce dispositif. Earl Scruggs est également un maître de la sonorité. Ce n’est qu’en 1959 – lors de son apparition sur le marché – qu’il adopta définitivement la peau synthétique. Cette dernière a rapidement supplanté l’usage de la peau animale. Le parchemin est très sensible aux variations hygrométriques et, en cas de rupture, est peu commode pour les musiciens professionnels. Les peaux de veau préformées offertes par le label “Joseph Rodgers Three Stars” étaient certainement d’une grande qualité, mais présentaient en plus de leur instabilité, le désavantage d’un coût relativement élevé. 

17-18-19. SEEGER Peter “Pete” :  
17. Babe O’Mine (Sarah Ogan Gunning) (harmonica, vocals : Woody Guthrie ; banjo : Pete Seeger) - Keynote 304, 1941 ;  
18. Blue Skies (Irvin Berlin) - Folkways FA 2045, 1955 ; 
19. Listen Mr Bilbo (Bob et Adrienne Claiborne) - Folkways FW 2453, 1956. Musicien politiquement engagé, Pete Seeger (New York NY, né en 1919) a été le chef de file du folk revival. Fils du musicologue Charles Seeger (1886-1979) et de la violoniste Constance Seeger, il deviendra après le remariage de son père en 1927 le beau-fils de Ruth Crawford (une compositrice classique), le demi-frère de Mike (né en 1933) et de Peggy Seeger (née en 1935). Après avoir joué du ténor, il eut son premier contact avec le banjo à cinq cordes en 1936, lors d’une visite au Folk Song and Dance Festival de Ashville en Caroline du Nord (voir Lunsford, CD2 n° 7). Après avoir quitté Harvard et ses études de journalisme, il collabore avec Alan Lomax aux Archives of American Folk Music de la Bibliothèque du Congrès à Washington. Comme membre des Almanach Singers (avec Woody Guthrie) et des Weavers, Pete Seeger s’est fait un nom dès les années quarante. Suite aux pressions du McCarthisme il a dû entamer une carrière de soliste et a enregistré, seul, une impressionnante quantité de disques pour la firme Folkways. L’influence de Pete Seeger durant les années soixante est inestimable. Le banjo ayant quasiment disparu du paysage musical du Nord des Etats-Unis, Pete Seeger est probablement le premier respon­sable de sa réhabilitation. En 1948 il sortira la première édition (stencilée à 100 exemplaires) de How to Play the Five string Banjo. En plusieurs éditions, cette première méthode consacrée aux styles traditionnels sera finalement vendue à des centaines de milliers d’exemplaires. Tous les banjoïstes issus du folk revival ont débuté avec ce précieux livre. Finalement, il l’accompagnera d’un disque de démonstration et d’un film 16 mm, ce qui est tout à fait original pour l’époque. Pete Seeger a aussi inventé le long neck banjo qui lui permettra de mieux s’accorder avec la tessiture (registre) de sa voix. Bien que sa méthode enseigne les techniques des musiciens traditionnels, Pete Seeger a un style très personnel et ne craint pas d’adapter chansons et musiques à son propre usage. En plus de ses influences classiques, le jazz fera partie de son environnement musical. Malgré ses talents d’instrumentiste, Pete Seeger se présente avant tout comme chanteur et artiste de scène, qui développera une technique efficace d’accompagnement. En avance sur son temps et peu embarrassé par les formalités, il n’hésitera jamais à enrichir son immense répertoire de nouvelles harmonies et de musiques provenant d’autres horizons.  “Baby O’Mine”, enregistré en 1941 est chanté par Woody Guthrie (1912-1967) et accompagné par Pete Seeger. C’est la transformation d’un chant traditionnel. Woody Guthrie, alors membre des Almanach Singers, trouvait dans tout ce répertoire une source illimitée d’inspiration. Atteint de la maladie de Huntington et hospitalisé dès 1952, il ne put pas participer activement au folk revival. Durant les années quarante, Pete Seeger et Alan Lomax (et plus tard les disques Folkways) ont joué un grand rôle dans la propagation de l’œuvre de Woody Guthrie. Il est à remarquer que si l’harmonica est bien un instrument traditionnel, il reste mieux représenté dans le folksong que dans le répertoire du banjo. Le morceau “Blue Sky” est du très prolifique compositeur d’origine russe Irvin Berlin (1888-1989). “Mr Bilbo”, une chanson de Bob et Adrienne Claiborne, fut écrite en 1945 pour rappeler au Sénateur Bilbo que tous les Américains étaient des immigrants. 

20. WARD Wade : Old Joe Clark (Trad.) - Library of Congress AFS 3762,  enregistré par Pete Seeger et Alan Lomax  à Galax VA, 1939. Lors de la montée du folk revival, les collectionneurs et amateurs de 78 tours ont essayé de retrouver les musiciens ayant enregistré dans les années vingt et trente.  Certains de ces musiciens ont pu remonter sur scène et enregistrer de nouveaux disques. On a aussi retrouvé la trace de musiciens tradi­tionnels dont les enregistrements étaient conservés à la Bibliothèque du Congrès. Durant ces recherches, d’autres musiciens jusqu’alors inconnus ont été découverts (Tommy Jarrell, Fred Cockerham, Kyle Creed, Roscoe Holcomb…) et se sont produits à New York et dans le Nord. La Virginie, la Caroline du Nord, le Kentucky, le Tennessee sont des régions très peuplées de banjoïstes traditionnels. Wade Ward (1892-1971), un petit fermier de Independance VA, représente bien la musique de la région de Galax en Virginie. Il s’y tient toujours un très ancien festival qui fit l’attrait des revivalistes. Wade Ward fut visité par John A. et Bess Lomax en 1937. Pete Seeger et Alan Lomax y sont retournés ensemble en 1939 et enregistrèrent à nouveau le légendaire musicien. Finalement Folkways lui consacrera plusieurs albums. Le banjo de Wade Ward (et son derby) repose maintenant à la Smithsonian Institution de Washington, DC. “Old Joe Clark”, un grand classique, est remarquablement joué en clawhammer.
Gérard de Smaele
© 2009 Frémeaux & Associés 

Direction artistique, textes et discographie : Gérard de Smaele Photographies du livret : collection Gérard de Smaele 
Remerciements particuliers au collectionneur allemand Reinhard Gress pour sa généreuse collaboration. 

ENGLISH NOTES
The American 5-String Bango 1901-1956
By Gérard de Smaele

The banjo is a plucked string instrument with a round soundbox fitted with a skin. Its very construction gives it its characteristic timbre. It became known in the US, England and the rest of Europe in the late 19th century and in illustrations, sculptures, in the circus, music hall or cinema, the banjo has always conjured up images with hues of exoticism, joy or nostalgia.  ‘Picturing the Banjo’ a recent exhibition in the Corcoran Gallery in Washington DC showed numerous of these pictures. The banjo, forever present in the North American music scene has an extremely rich history behind it. The instrument is always ready to blend into current happenings with its repertory of various origins, both African and European.  Looking closely at the banjo, we find there are many sorts, playing techniques and tuning methods. Among the best-known, we mustn’t confuse the five-string banjo with the tenor and other hybrid instruments played with the plectrum. Here, there are two distinct genres – the folk music and jazz.  The five-string banjo is characterized by the chanterelle, tuned higher than the other strings. Ever since the 16th century, African instruments came along with the slaves, but came in vogue with the minstrel shows, just before and during the War of Independence, spreading from the southern plantations across the continent and towards Europe. Modernized and europeanized, the banjo developed a classical and semi-classical repertoire in North America from 1870 to 1920. However it evolved more firmly in the country of the South (Virginia, West Virginia, North and South Carolina, Tennessee, Kentucky and Georgia). The commercial exploitation of this musical genre gave birth to country music, not to be confused with the highly commercialized country music which developed after World War 2 in the modern Nashville studios, using electric and percussion instruments.  After the Second World War, the five-string banjo had practically disappeared from the musical scene, but reappeared with the folk revival.  Today the banjo has its rightful place in American music. The oldest recordings of the instrument were made in the late 19th century and were mainly classical style compositions. As from  the twenties, the recordings of the popular and traditional music from the southern Appalachian Mountains fall into two categories. The first – field recordings – come from musicologists and folklorists who studied the traditional heritage and recorded amateur regional musicians. Thus some remarkable collections were made, the principal collectors being John and Alan Lomax. 

And then record companies sent their talent scouts in the small towns of the South, setting up temporary recording studios and the artists spotted were consequently invited to record in the main studios in New York, Chicago, Atlanta, etc. The careers of most of these musicians came to a halt with the 1929 Crash. In 1952 the company Folkways published the large Anthology of American Folk Music edited by Harry Smith which had a huge impact on the rediscovery of pre-war artists during the folk revival. The first radios also held an important role in the broadcasting and recording of the genre. 1958 can be considered as an important date in the history of the banjo as it marked the release of Tom Dooley by the Kingston Trio and the heating up of the folk revival.  The titles featured in this album portray an epoch, and the collection is of great musical value. 

Titles
CD1
1. PIDOUX John: Darkey’s Dream
(Thomas J. Armstrong) – 1912. In the 19th century, the American 5-string banjo was rapidly spreading, reaching England. John Pidoux (1875-1953) was born in London and then settled in Birmingham. His first recordings were in 1903. ‘Darkey’s Dream’ was composed by Thomas J. Armstrong, a banjoist, teacher, arranger and composer. 

2. FARLAND Alfred A.: Carnival in Venice
(Zani de Farranti) - Monarch Record, 1917. The virtuoso Alfred Farland (1864-1954) played classical arrangements of Bach, Beethoven, Chopin, etc and toured for five decades. ‘Carnival in Venice’ was signed by the famous Italian guitarist Zani de Farranti (1801-1878), arranged in pure classical banjo style. 

3. BACON Fred: Old Black Joe
(Stephen Foster) - Pathé Records, 1917. Fred Bacon (1871-1948) made high quality banjos, finally settling in Connecticut where he teamed up with David Day to manufacture the rated Bacon & Day Silver Bell banjos. Bacon was a marvellous classical banjoist. He also recorded for Edison and Victor. 

4. VAN EPS Fred: Cocoanut Dance
(Herman, Tobani) - Columbia, 1920. Born in New Jersey, Fred Van Eps (1878-1960) was one of the great masters of classical banjo. His career began in 1897 when he was hired by Edison. From 1910 to 1929, Fred Van Eps recorded for Zon-o-phone, Victor, Columbia, Edison and many other companies. He later developed a new technique of playing. His repertory consisted of ragtime, dance music and popular tunes. 

5. OSSMAN Sylvester L ‘VESS’: Rusty Rags Medley
(Unknown) - 1901. Ossman (1868-1923) was tagged as ‘The King of the Banjo’ and was the most celebrated banjo ragtime specialists who recorded hundreds of discs, carefully arranging piano pieces for the banjo. Two tours in England and concerts given for Theodore Roosevelt and King Edward VII added to his international reputation. Later he founded the Ossman-Dudley trio. 

6. CAMMEYER Alfred Davies & SHEAFF Bernard: Danse Bizarre
(Cammeyer) - Vocalion X9544, 1914. Cammeyer (1862-1949) was a refined artist who intended to remove the banjo from the minstrel and music-hall context. Born in Brooklin NY, he moved to London in 1888 and played with the best English musicians. He also invented the zither banjo, which still remains a classical banjo in England. In 1922 Cammeyer and his student Bernard Sheaff gave four recitals in London’s Steinway Hall and in 1925 recorded for the Vocalion and Aco labels. 

7. OAKELY Olly: Romping Rossie
(Madeline Rossiter) - 1910. English-born Olly Oakley (1877-1943) was a student of Cammeyer and adopted the zither banjo. He became the most popular banjoist in England and made hundreds of recordings and toured England, France and Italy. He was also a remar­kable composer and arranger. 

8. RESER Harry: Heebe Jeebes
(Harry Reser) - Novox, 1925. Reser (1896-1965) was considered as the greatest tenor banjo player and recorded in quantity in the twenties. From the tenor banjo he went on to master the five-string, the plectrum and then studied the violin and cello. From 1935 to the late fifties, Harry Reser travelled across the world, playing in hotels, dance-halls and clubs. 

9. BURNETT Richard ‘Dick’: Ladies on the Streamboat
(Unknown) -Columbia CS 9600-15209-D-side A, 1927. Monticello / Kentucky, 1883-1977 Richard Burnett: vocal & banjo Leonard Rutherford (ca. 1900-1950): fiddle Burnett and Rutherford began playing together in 1914. They recorded in 1927-28 for Columbia in their Atlanta studios and are also in Harry Smith’s anthology. 

10. JENKINS Frank: Baptist Shout ‘Spanish Fandango’
(Trad.) - Gennett 6187 B, 1927D, recorded in Richmond IN, 1927. Jenkins (1888-1945) was a small tobacco grower in North Carolina and a member of the famous Da Costa Woltz’s Southern Broadcasters. As a semi-professional musician who also played the violin, he played in medicine shows, on the radio, in  fiddler’s conventions and recorded with various groups such as the Pilot Mountainers. This recording was made for Gennet in 1927. 

11. MACON David Harrison ‘Uncle Dave’: Tennessee Red Fox Chase
(Unknown), recorded in Chicago in 1929. 

12. MACON David Harrison ‘Uncle Dave’: Run
(Unknown), recorded in New York in 1925. Uncle Dave Macon (1870-1952) was one of the first country music stars who made over 200 recordings from 1924 to 1950. This colourful character, accompanied by his son Doris and the McGee Brothers, the Delmore Brothers or Roy Acuff  toured widely in the South. In 1926 he was hired by the Grand Ole Opry and was broadcast across the United States and gave a weekly show for the rest of his life. 

13. McGEE Brothers (Sam, Kirk): Milk Cow Blues
(Kokomo Arnold) - recorded by Mike Seeger in the New River Ranch, New River Sun MR, 1955. The McGee Brothers and the Fruit Jar Drinkers are associated with Uncle Dave Macon and violinist Arthur Smith. Kirk played on the stage of the Grand Ole Opry for over fifty years (from 1926 to 1980). This title was recorded by Mike Seeger but the version of the McGee Brothers is inspired by country singer Johnnie Lee ‘Bob’ Wills. 

14. ASHLEY Clarence ‘Tom’: Naomi Wise
(Trad.) - Columbia Records, recorded in Johnson City TN, 23 October 1929. Ashley (1896-1967) began playing the banjo at the age of eight and started appearing in medicine shows in 1911 and later appeared in Harry Smith’s anthology. He was rediscovered in the 1960 festival in Union Grove VA. 

15. BEGLEY Justis: The Golden Willow Tree
(Trad., Child 286) - Library of Congress.  AFS-1530, recorded by Alan and Elisabeth Lomax in Hazard, Perry County, Kentucky on 17 October 1937. In 1937 Alan and Elisabeth Lomax went to the mining town Hazard where they recorded several songs interpreted by the sheriff Justis Begley, with his down picking style and two-finger technique.  

16. BOGGS Dock (Morlan L.): Danville Girl
(Trad.) - Brunswick 132B, 1927. 

17. BOGGS Dock (Morlan L.): Old Rub Alcohol Blues
(Trad.) - Lonesome Ace, 21404, 1929. Dock Boggs (1898-1971) worked in the mines and in 1927 was invited to record for Brunswick and Lonesome Ace, after which he returned to the mines. He reappeared on the music scene during the folk revival. 

18. WILLIAMS Walter: Mud Fence
(Trad.) - Library of Congress AFS 1600, recorded by Alan and Elisabeth Lomax in Salyersville KY in October 1957. 

19. SMITH Hobart: The Cuckoo Bird
(Trad.) - Library of Congress AFS 6732-A3, recorded by Alan Lomax in Saltville VA, August 1942. Smith (1897-1965) was the brother of singer Texas Gladden and was a polyinstrumentalist and his debut recordings were by Alan Lomax in 1942. As said Bill Monroe, ‘He was the best old-time banjo picker I ever heard.’ 

20. WILLINGHAM Thaddeus C: Roll on the Ground
(Trad.) - Library of Congress AFS-3113-A1, recorded by Herbert Halpert in Gulfport, Mississippi on 11 June 1939. This minstrel song is interpreted by Thaddeus C. Willingham Jr (1884-1947) who grew up on a plantation.  

CD2
1. CRISP Rufus: Ball and Chain
(Trad.) - Library of Congress AFS 8498, recorded by Margot Mayo and Stuart Jamieson in Allen Kentucky, September 1946. Crisp (1889-1956) worked in the mines and then in the wood industry before becoming a musician and gained local repute before the slump when he returned to working for the railroads.  

2. FRAZIER Nathan: Po Black Sheep
(Trad.) (fiddle: Frank Patterson) - Library of Congress AFS 6679, recorded in Nashville TN by John Work, 1942. Frazier and Patterson were an Afro-American duo of buskers, recorded in the streets of Nashville.  

3. LOWE Charlie: Tater Patch
(Unknown) - recorded by Ben Jarrell in Mount Airy NC, 1952. Lowe (1878-1974) played his fretless banjo so rapidly and with so much precision that he gained a regional reputation and had much influence on the new generation.  

4. SLAYDEN Will: John Henry
(Trad.) - recorded by Charles McNutt near Memphis, Tennessee, 1952. Slayden’s recordings are precious as although the Afro-Americans played an important role in the history of the 5 string banjo, there are few recordings of authentic black musicians. In this piece, Slayden was sixty or seventy and his repertoire  featured tunes from the turn of the 20th century.  

5. SMITH Lucious: New Railroad
(Unknown) - Library of Congress AFS L67, recorded by Alan Lomax, 1942. Smith (ca. 1895-1980) was an Afro-American from Sardis, Mississippi and used a complex technique with up and down picking which Smith called cross noting. 

6. STEELE Pete: Coal Creek March
(Peter Steele)- Library of Congress AFS 1694, recorded by Alan and Elizabeth Lomax near Cincinnati, Ohio, March 1938. Steele (1891-1895) was recorded by the Lomax during the Ohio Valley Folk Festival. In 1958 he cut a remarkable disc for the Folkways label and was considered by Pete Seeger and one of the best banjoists. 

7. LUNSFORD Bascom Lamar: Swannanoa Tunnel
(Trad.) - recorded at the Washington DC Library of Congress, 1949. As from 1928, Lunsford (1882-1973), the ‘Minstrel of Appalachia’ organized the Mountain Dance and Folk Festival in Asheville NC and was to later organize others. In 1939 he was invited to the White House for a concert given for the king and queen of England and in 1949 he represented the US in the Venice Festival. 

8. KAZEE Buell: Old Whisker, The Moonshiner
(Trad.) - Brunswick Records, Br 145B (E 22499), April 1927. From 1927 to 1928 Kazee (1900-1976) recorded 52 songs for Brunswick, mostly ballads brought from the mountains. He was a preacher having had a classical music education, though mastered the clawhammer. 

9. WALSH Dock: Come Bath in that Beautiful Pool
(Unknown) - Victor 40237-A, recorded in Memphis, Tennessee, 1929. Walsh (1901-1967), ‘The Banjo King of the Carolinas’ was a member of the Carolina Tar Heels and the group recorded for Victor from 1927 to 1932. 

10. POOLE Charles Cleveland ‘Charlie’: Don’t Let Your Deal Go Down
(Trad.) (The North Carolina Ramblers, Charlie Poole, Posey Rorer, Norman Woodief) - Columbia CO 15038 D 14078-1, recorded on 2 July 1925.  

11. POOLE Charles Cleveland ‘Charlie’: Don’t Let your Deal Go Down Medley
(Lucy Terry piano), Columbia 15184-D 144521-2, recorded in New York on 26 July 1927. Poole (1892-1931) recorded from 1925 to 1931 and thousands of his discs were sold. His influence was great, particularly on the future bluegrass style. 

12. CLARK Bob ‘Bossie’: Italian Mulazicci
(Unknown) - Library of Congress AFS 8487, recorded by Margaret Mayo in Prestonburg KY, September 1949. This is a mazurka played on the banjo by violinist Bob ‘Bossie’ Clark. 

13. MONROE William Smith ‘Bill’
(bjo Earl Scruggs): Bluegrass Breakdown (Bill Monroe) - Columbia 20552-CCO 4879-1, recorded in Chicago, 2 October 1947. Mandolinist Monroe (1911-1996) was the father of bluegrass and his musical career covered some sixty years. He founded the Bluegrass Boys and was on the programme of the Grand Ole Opry.  

14. LYLE Rudy (The Bluegrass Boys): White House Blues
(Wilbur Jones) - Decca 29141-85736, recorded in Nashville TV, January 1954. Over 150 musicians played with Bill Monroe and the Bluegrass Boys including Lyle from 1949 to 1960. 

15. STANLEY Ralph (The Stanley Brothers): Pretty Polly
(Trad.) - Columbia 4313, recorded in Nashville, 1950. Many followed in Bill Monroe’s footsteps, including the Stanley Brothers. They recorded for Rich-R-Tone as from 1947 and signed with Columbia in 1948. They were also broadcast over the radio. 

16. SCRUGGS Earl (Flatt & Scruggs): Flint Hill Special
(Earl Scruggs) - Columbia P 13826, 24 October 1952. When Scruggs (born in 1924) entered in Bill Monroe’s group in 1945, a new chapter in the history of the banjo opened. His Scruggs style was to be copied by thousands. When he left Monroe in 1948, he teamed up with guitarist Lest Flatt (1914-1979) and came out with some big hits. 

17. SEEGER Peter ‘Pete’ (ha and voc Woody Guthrie, bjo Pete Seeger): Babe O’Mine
(Sarah Ogan Gunning) - Keynote 304, 1941.

18. SEEGER Peter ‘Pete’: Blue Skies
(Irvin Berlin) - Folkways FA 2045, 1955. 

19. SEEGER Peter ‘Pete’: Listen Mr Bilbo
(Bob and Adrienne Claiborne) - Folkways FW 2453, 1956. Seeger (born in 1919) headed the folk revival. He first encountered the 5 string banjo in 1936 during the Ashville Folk Song and Dance Festival and later worked with Alan Lomax on the Archives of American Folk Music. His influence during the sixties was tremendous. In 1948 he published How to Play the Five String Banjo which was a precious tool for all the banjoists in the folk revival. Seeger also invented the long neck banjo. 

20. WARD Wade: Old Joe Clark
(Trad.) - Library of Congress AFS 3762, recorded by Pete Seeger and Alan Lomax in Galax VA, 1939. During the folk revival, collectors began looking into musicians who had recorded in the twenties and thirties. Ward (1892-1971) represents the music of the Galax region in Virginia. John A. and Bess Lomax visited him in 1937, then Pete Seeger  and Alan Lomax returned to record the legendary musician in 1939. Eventually Folkways issued several of his albums. 
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Gérard DE SMAELE
© 2009 Frémeaux & Associés 

Directed, selected and written by Gérard de Smaele
Booklet photographs: Gérard de Smaele collection 
Special thanks to Reinhard Gress for his generous collaboration.
 

CD 1 ?
1. PIDOUX John : Darkey’s Dream (Thomas J. Armstrong) - 1912. 2’38 ?
2. FARLAND Alfred A. : Carnival in Venice (Zani de Farranti) - Monarch Record, 1917. 4’00 ?
3. BACON Fred : Old Black Joe (Stephen Foster) - Pathé Records, 1917. 3’16 ?
4. VAN EPS Fred : Cocoanut Dance (Herman, Tobani) - Columbia, 1920. 3’04 ?
5. OSSMAN Sylvester L “VESS” : Rusty Rags Medley (Unknown) - 1901. 2’23 ?
6. CAMMEYER Alfred Davies & SHEAFF Bernard : Danse Bizarre (Cammeyer) - Vocalion X9544, 1914. 2’48 ?
7. OAKLEY Olly : Romping Rossie (Madeline Rossiter) - 1910. 2’54 ?
8. RESER Harry : Heebe Jeebes (Harry Reser) - Colombia, 1925. 3’10 ?
9. BURNETT Richard “Dick” : Ladies on the Streamboat (Unknown) - Columbia CS 9660-15209-D-side A, 1927. 3’11
10. JENKINS Frank : Babtist Shout “Spanish Fandango” (Trad.) - Gennett 6187 B, 1927D, enregistré à Richmond IN, 1927. 2’47
11 MACON David Harrison “Uncle Dave” : Tennessee Red Fox Chase (Unknown), enregistré à Chicago en 1929. 3’17
12. MACON David Harrison “Uncle Dave” : Run (Unknown), enregistré à New York en 1925. 3’03
13. McGEE Brothers (Sam, Kirk) : Milk Cow Blues (Kokomo Arnold) - enregistré par Mike Seeger, au New River Ranch, New River Sun MR, 1955. 2’23
14. ASHLEY Clarence “Tom” : Naomi Wise (Trad.) - Columbia Records, enregistré à Johnson City TN, 23 octobre 1929. 2’57
15. BEGLEY Justis : The Golden Willow Tree (Trad., Child 286) - Library of Congress AFS-1530, enregistré Alan et Elisabeth Lomax à Hazard, Perry County, Kentucky, le 17 octobre 1937. 4’17
16. BOGGS Dock (Morlan L.) : Danville Girl (Trad.) - Brunswick 132B, 1927. 3’08
17. BOGGS Dock (Morlan L.) : Old Rub Alcohol Blues (Trad.) - Lonesome Ace, 21404, 1929. 3’19
18. WILLIAMS Walter : Mud Fence (Trad.) - Library of Congress AFS 1600, enregistré par Alan and Elisabeth Lomax à Salyersville KY, en octobre 1957. 1’50
19. SMITH Hobart : The Cuckoo Bird (Trad.) - Library of Congress AFS 6732-A3, enregistré par Alan Lomax à Saltville VA, août 1942. 2’38
20. WILLINGHAM Thaddeus C. : Roll on the Ground (Trad.) - Library of Congress AFS-3113-A1, enregistré par Herbert Halpert à Gulfport, Mississippi, le 11 juin 1939. 3’14 

CD2 ?
1. CRISP Rufus : Ball and Chain (Trad.) - Library of Congress AFS 8498, enregistré par Margot Mayo et Stuart Jamieson a Allen Kentucky, septembre 1946. 3’07 ?
2. FRAZIER Nathan : Po Black Sheep (Trad.) (fiddle : Frank Patterson) - Library of Congress AFS 6679, enregistré à Nashville TN, par John Work, 1942. 3’12 ?
3. LOWE Charlie : Tater Patch (Unknown) - enregistré par Ben Jarrell à Mount Airy NC, 1952. 1’54 ?
4. SLAYDEN Will : John Henry (Trad.) - enregistré par Charles McNutt près de Menphis dans le Tennessee, 1952.  2’31 ?
5. SMITH Lucious : New Railroad (Unknown) - Library of Congress AFS L67, enregistré par Alan Lomax, 1942. 3’14 ?
6. STEELE Pete : Coal Creek March (Peter Steele) - Library of Congress AFS 1694, enregistré par Alan et Elizabeth Lomax près de Cincinnati, Ohio, mars 1938. 1’32 ?
7. LUNSFORD Bascom Lamar : Swannanoa Tunnel (Trad.), enregistré à la Bibliothèqaue du Congrès à Washington DC, 1949. 3’42 ?
8. KAZEE Buell : Old Whisker, The Moonshiner (Trad.) - Brunswick Records, Br 145B [E 22499], avril 1927. 3’18 ?
9. WALSH Dock : Come Bath in that Beautifull Pool (Unknown) - Victor 40237-A, enregistré à Menphis, Tennessee, 1929. 3’04
10. POOLE Charles Cleveland “Charlie” : Don’t Let Your Deal Go Down (Trad.) (The North Carolina Ramblers, Charlie Poole, Posey Rorer, NormanWoodief) - Columbia CO 15038 D 140781-1, enregistré le 27 juillet 1925 2’54 
11. POOLE Charles Cleveland “Charlie” (piano : Lucy Terry) : Don’t Let Your Deal Go Down Medley (Trad.), Columbia 15184-D 144521-2, enregistré à New York le 26 juillet 1927. 3’19
12. CLARK Bob « Bossie » : Italian Mulazicci (Unknown) - Library of Congress AFS 8487, enregistré par Margaret Mayo à Prestonburg KY, septembre 1949. 1’50
13. MONROE William Smith “ Bill” (banjo : Earl Scruggs) : Bluegrass Breakdown (Bill Monroe) - Columbia 20552-CCO 4879-1, enregistré à Chicago, 27 octobre 1947. 2’16
14. LYLE Rudy (The Bluegrass Boys) : White House Blues (Wilbur Jones) - Decca 29141-85736, enregistré à Nashville TN, janvier 1954. 2’17
15. STANLEY Ralph (The Stanley Brothers) : Pretty Polly (Trad.) - Columbia 4313, enregistré à Nashville, 1950. 2’53
16. SCRUGGS Earl (Flatt & Scruggs) : Flint Hill Special (Earl Scruggs) - Columbia P 13826, 24 octobre 1952. 2’50
17. SEEGER Peter « Pete » : Babe O’Mine (Sarah Ogan Gunning) - (harmonica, vocals : Woody Guthrie ; banjo : Pete Seeger) - Keynote 304, 1941. 2’44
18. SEEGER Peter “Pete” : Blue Skies (Irvin Berlin) - Folkways FA 2045, 1955. 2’23
19. SEEGER Peter “Pete” : Listen Mr Bilbo (Bob et Adrienne Claiborne) - Folkways FW 2453, 1956.  2’04
20. WARD Wade : Old Joe Clark (Trad.) - Library of Congress AFS 3762, enregistré par Pete Seeger et Alan Lomax à Galax VA, 1939. 0’53 

CD Banjo An American five-string history 1901-1956 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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