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SARAVAH
Un film de Pierre Barouh

Baden Powell
Maria Bethania
Joao Da Bahiana
Pinxiginha
Paolinho da Viola




Saravah n’est pas un documentaire, mais un document. En effet SARAVAH n’est pas un film didactique sur l’histoire de la musique brésilienne au XXème siècle mais le film historique où toutes les stars brésiliennes en devenir, sont abordées avec simplicité par Pierre Barouh. Et c’est parce que Pierre Barouh n’est pas un cinéaste mais l’acteur témoin de cette rencontre, rencontre entre l’ancien et le nouveau monde, que son film est une apologie du réel, réel artistique et poétique…Baden Powell chantant Saravah avec Pierre Barouh, Maria Bethania toute jeune et déjà diva, Marcia, Paolinho Da Viola, Pinxiginha dans la rue qui porte son nom, tous ces instants sont ceux de la vérité et révèle le grand talent de Pierre Barouh, celui d’un passeur de cultures et d’émotion qui nous donne l’impression d’avoir partagé ces instants de musique et d’esprit, dans l’intimité de ces légendes vivantes.Aujourd’hui, Pierre Barouh, après m’avoir fait l’amitié de préfacer les deux derniers disques de Baden Powell que nous avons produits, nous confie ce témoignage audiovisuel unique, que nous sommes fiers de mettre à la disposition du public, au moment même où la France annonce une année du Brésil.Les imperfections du film sont autant de pépites d’authenticité, d’histoires Romehriennes où le téléspectateur est libre de ses émotions, se laissant bercer dans un plaisir contemplatif d’un Brésil historique où chacun se découvre la nostalgie de ne pas l’avoir connu.
Patrick Frémeaux

Baden Powell singing Saravah with Pierre Barouh, the young Maria Bethania, already a diva, Marcia, Paolinho Da Viola, Pinxiginha in the street bearing his name – all these moments reveal the great talent of Pierre Barouh, who passes on emotion and various forms of culture, giving us the impression that we share these musical and spiritual moments intimately with these living legends.The flaws of the film add to its authenticity, and the viewer, free to show emotion and nostalgia for what he never knew, can contemplate Brazil as it was before.           
Patrick Frémeaux


SARAVAH
par Pierre Barouh
1969… Mon rapport à l’image nourissait mes pensées et mes mots depuis longtemps : j’avais quinze ans lorsque  “Les visiteurs du soir” de Jean Carné m’offrit  la découverte de Jacques Prévert qui, le premier, provoqua ma passion de “La chanson” et provoqua alors mes premiers écrits. S’amorça alors les années de promenades, de découvertes et de rencontres qui m’offrirent le statut d’assistant metteur en scène avec Georges Lautner qui, sans m’écarter de mon statut d’assistant m’offrit un rôle de résistant fredonnant : “Les filles du dimanche”. Errances à nouveau, le Portugal en 59, rencontre du merveilleux Sivuca provoquant ma découverte de l’incroyable richesse de la chanson brésilienne. Alors Brésil, rencontres : Baden Powell, Vinicius de Moraès… retour en France, acteur “La ménagerie de verre” puis gitan “D’où viens tu Johnny”, premier disque et offre du prosélytisme de Gérard Sire, Claude Lelouch :  “Une fille et des fusils”, “Un homme et une femme”… Toutes ces années d’escapades nourries d’apparentes déviances ( journaliste sportif) furent constamment habitées par la chanson nourrie des images. Il était évident (je n’étais pas pressé) qu’au delà des mots, il me faudrait, un jour, traduire mes émotions à l’aide d’une caméra. L’occasion se présenta lors d’une rencontre nocturne : Pierre Kast, projetait un document au Brésil sur la Macumba et le Candomblé* dont le rituel se déroulant le vendredi soir laissait à son caméraman et son ingénieur du son quelques disponibilités. Averti de mes amitiés qui, depuis mon premier voyage au Brésil s’étaient enrichies (Maria Bethania, Paulinho da Viola) il me proposa de le rejoindre pour, parallèlement, réaliser un document sur la chanson. C’est ainsi que je le rejoignis à une date fixée un mois après son arrivée à Rio pour apprendre que j’étais venu pour rien, qu’il quittait dans quatre jours Rio où, selon lui rien n’était réalisable, pour Bahia. Revenir en France bredouille ?... Pas question. J’alerte les amis. Baden Powell m’offre la rencontre de Pixinguinha et de Joâo Da Bahiana. Je mobilise les deux techniciens, leur fait part de mon inexpérience et… Moteur ! ça tourne !… Nous disposions de trois journées…A mon retour en France, j’ai du patienter quelques semaines avant que ne parviennent les rushes de ces premiers gestes de cinéaste. Déception : une séquence s’était évaporée où la merveilleuse Clémentina De Jesus chantait entourée de Baden Powell, Pixinghina et Joâo Da Bahiana. Concernant ces deux personnages, aujourd’hui mythiques, ce n’est que bien plus tard qu’il m’a été révélé qu’aucun document les concernant n’existent.
Pierre Barouh
© 2005 Saravah-Frémeaux & Associés

*Survivance des mythes africains

SARAVAH BY PATRICK FRÉMEAUX
Saravah isn’t a documentary but a document.In fact Saravah isn’t an instructive film about the history of Brazilian music of the 20th century, but is a historical film in which Pierre Barouh treats all the debuting Brazilian stars with simplicity.  As Pierre Barouh isn’t a film director but is an actor who witnessed the encounter between the old world and the new, his film is a justification of reality – artistic and poetic reality.Baden Powell singing Saravah with Pierre Barouh, the young Maria Bethania, already a diva, Marcia, Paolinho Da Viola, Pinxiginha in the street bearing his name – all these moments reveal the great talent of Pierre Barouh, who passes on emotion and various forms of culture, giving us the impression that we share these musical and spiritual moments intimately with these living legends.Now, after having kindly prefaced our two precious albums by Baden Powell, Pierre Barouh has bequeathed this unique audiovisual testimony which we are proud to present to the general public, just when France announces the year dedicated to Brazil.The flaws of the film add to its authenticity, and the viewer, free to show emotion and nostalgia for what he never knew, can contemplate Brazil as it was before.
Patrick FRÉMEAUX
© 2005 Saravah-Frémeaux & Associés

SARAVAH PAR JEAN-PAUL DELFINO
En guise de préambule…Pierre Barouh a le Brésil, depuis toujours, chevillé à l’âme. L’éclat qui brille dans ses prunelles, l’étincelle qui illumine ses yeux, il les a trouvés en promenant son regard de Bahia à Rio-de-Janeiro, des plages blondes d’Itapoa jusqu’au Christ Rédempteur, au sommet du Corcovado, furetant dans les ruelles de Santa Teresa, trinquant avec des amis, à larges rasades de bière ou de cachaça1, trouvant les femmes belles et si belle la vie, bourrant son imaginaire de tableaux vivants, de sons, de saveurs fortes et poivrées, vibrant, tremblant, goûtant à tout pour en redemander encore et enfin, rentrant en France, plus riche que le plus riche des rois puisque, entre ses mains, battait déjà un disque de vinyle, le premier qui, comme un murmure lancé au monde entier depuis les Tropiques, annonçait la naissance de la bossa nova.

La rencontre de Saint-Eustache
La première fois où j’ai rencontré Pierre, j’avais vingt-un ans. Comment ne pas m’en souvenir avec exactitude ? J’avais relevé le pari fou, je m’en rends compte aujourd’hui, d’écrire un livre sur la bossa nova, une première en Europe. C’est Baden Powell, le génial guitariste et chanteur, qui m’avait poussé à le faire lors de circonstances qui seraient trop longues à exposer ici. Étant trop désargenté pour partir directement au Brésil, j’avais décidé de rencontrer tout d’abord les Brésiliens de France. Le premier de tous, Georges Moustaki, m’a ouvert sa porte et, avec elle, celle de son Brésil qu’il m’a raconté avec une chaleur, une générosité et une gentillesse qui, aujourd’hui encore, me font frissonner. Sur ses conseils, j’ai appelé Pierre Barouh. Et le rendez-vous fut pris dans un bar, près de la chapelle Saint-Eustache, le lendemain à quatorze heures.J’ai attendu toute la nuit ce rendez-vous, incapable de dormir, en proie à une excitation indicible. Le lendemain, dès midi pétantes – savait-on jamais ? – je fais le pied de grue, ignorant encore tout de l’importance que cette rencontre allait avoir pour mon projet. À quatorze heures, personne. Quatorze heures quinze, toujours rien. Les gens passaient devant la terrasse, pressés, ignorant que, dans quelques instants tout au plus, Pierre Barouh allait s'arrêter là, près de moi, et me parler du Brésil. Quatorze heures trente venaient de sonner. Et soudain, un vacarme explose dans la grisaille parisienne.

Près de la porte d’entrée de la chapelle, une antique coccinelle décapotable, une Fusca2 au vert fané, cabossée de toutes parts, vient d’ajouter une nouvelle blessure à sa carrosserie en percutant un pylône. Un représentant de la Maréchaussée intervient, menace, les gens accourent, un cercle se forme, des cris se mettent à fuser, le ton enfle, la foule se ligue contre le pandore qui, effrayé par la masse mouvante des badauds, juge finalement plus sage de se retirer, le carnet de contraventions remisé dans sa poche.Alors, sautant par le toit ouvert, car les portières ne fonctionnent plus depuis déjà longtemps, il apparaît. Pierre Barouh, tel qu’en lui-même. Un sourire sur les lèvres, l’œil clair, vêtu de jeans et d’un blouson, pas plus troublé que cela par l’altercation, il rebondit sur le pavé parisien et vient s’installer à ma table. Nous ne nous étions jamais vus, le bar était plein, mais il est venu directement sur moi. Et j’ai appris, ce jour-là, que les hommes nourris d’une même passion dévorante se sentent, se reconnaissent immédiatement, entre tous.

Lisbonne – Rio-de-Janeiro – Paris

Il est des villes que l’on traverse sans émotion particulière. Pour tout dire, on en sort indemne. D’autres, au contraire, vous charment, au sens le plus violent du terme. La première fois où j’ai posé le pied sur la terre du Brésil, je me souviens m’être dit, comme une évidence : “ca y est, tu es revenu chez toi…”Pierre, longtemps avant moi, avait connu le même baptême. Et, avec sa verve naturelle, il m’a raconté sa rencontre avec le Brésil. Le quartier du Perro Alto, à Lisbonne, où il avait rejoint son ami Sivouca. L’achat de Chega de Saudade3. Le choc. Les nuits entières à se passer et se repasser le disque sur un vieux Teppaz. Le départ pour le Brésil qui s’impose, là encore comme une évidence. Et le premier voyage, sur un cargo où il obtient un petit boulot. Trois jours de vie carioca, car il doit reprendre son travail sur son bateau en escale. Et rien. Pendant trois jours, il traîne dans Rio-de-Janeiro sans rencontrer personne. Mais le retour en France sera moins amer, puisqu’il revient avec, dans ses bagages, le dernier disque de Joao Gilberto.

Le Brésil a toutefois des tours que l’imagination n’oserait pas, ne parviendrait pas à inventer.À cette époque, on ne connaît en France qu’un Brésil de pacotille, fait de carnaval et de macumba pour touristes, de Carmen Miranda affublée de fruits tropicaux, de football triomphant, de tonnes de café que l’on fait brûler dans des locomotives à vapeur, de malandros4, d’hommes volontiers fainéants, truqueurs, de femmes lascives, faciles. La France se croit encore au temps des colonies. Sale temps pour l’humanité. Et c’est à Paris, rue Saint-Benoît, que le miracle se produit. Pierre dîne avec un ami dans un petit restaurant. Comme toujours, il parle de musique. Il chante même a capella un titre de Dolores Duran. Aussitôt, une jeune fille, à la table voisine, se lève et s’approche de Pierre. Comment connaît-il cette chanson ? Personne, en France, n’a jamais entendu parler de Dolores Duran. Pourquoi lui, oui ?La fraternisation des amoureux du Brésil s’installe doucement. On boit quelques verres en racontant le voyage en cargo. Et rendez-vous est pris, le lendemain soir, chez la jeune inconnue.Lorsque Pierre pousse la porte, vingt-quatre heures plus tard, il ignore encore qu’il va ouvrir cette même porte qu’il a vainement cherchée en arpentant les rues de Rio-de-Janeiro, trois jours durant. Car, derrière le ventail, il découvre Vinicius de Moraes et Baden Powell, joyeusement fumant et buvant et jouant et chantant, le parolier de Garota de Ipanema et le créateur splendide des perles noires que sont les afro sambas.Le lien est créé. Enfin.

Samba da bençao5
La chapelle Saint-Eustache est toujours là, les Parisiens s’entêtent à couler, en un flot pressé, anonyme, vague grise et marron. Mais Pierre continue à m’emporter vers ce Brésil que je ne connais pas encore mais qui, insensiblement, se rapproche un peu plus à chaque phrase lâchée.Et voici que, sur ses lèvres, naît l’histoire du Samba da Bençao.Piqué par la magie de Rio et de Bahia, Pierre s’est à nouveau laissé aspirer par les Tropiques. Mais, cette fois-ci, il connaît Vinicius et Baden et, à leur suite, la majorité des musiciens du moment. Nous sommes en 1964. La veille de son retour en France, Baden lui fait découvrir l’une de ses chansons. Toute la nuit, ils jouent, chantent. Ce n’est déjà plus une chanson, c’est un hymne aux musiciens brésiliens. Entre chaque couplet de ce Samba da bençao, des parties parlées rendent hommage, en termes simples, à Cartola, Pixinguinha, Noel Rosa, Ismael Silva, Nelson Cavaquinho, et tant d’autres encore. Après chaque nom prononcé, le même vocable brésilien, toujours répété : Sarava6…Pierre en a les larmes aux yeux et, poussé par Baden, il improvise des paroles françaises. À neuf heures du matin, la chanson est traduite, chantée, enregistrée sur un vieux Revox.Puis, c’est l’ascension. Vertigineuse. L’arrivée à l’aéroport de Paris. Claude Lelouch, venu l’accueillir, qui écoute aussitôt le samba da bençao.

Il l’inclut dans son film Un homme et une femme. Il transforme même le scénario pour cela. Sortie du film. Succès international. Les honneurs. La gloire. L’argent.Plus tard, Pierre baptisera sa maison de disques du leitmotiv de la chanson : Sarava. Et il donnera aussi ce titre à son film.Préparez-vous à tomber amoureuxSi l’on part du principe que le hasard n’existe pas, c’est que l’on admet l’existence des anges.Lassé des paillettes et du strass, Pierre va repartir au Brésil, comme on lave son âme dans la fraîcheur d’une cathédrale. Un projet de film, à nouveau. Et que reste-t-il, après ce projet ? De la pellicule. Une équipe technique en place. Une envie de témoigner, encore et toujours, que cette musique brésilienne reste unique, riche, car ciselée dans l’histoire des Indiens, celle des colons européens, et dont le rythme de base, le rythme de vie, est impulsé par le sang nègre.Mais huit heures sonnent. Pierre doit repartir. Avant de quitter la table, du Brésil encore plein les lèvres, il me donne rendez-vous pour le lendemain après-midi, chez lui. Ce sera une surprise, lance-t-il avec un grand sourire.

Ce ne fut pas une surprise, non. Plutôt un choc. D’une violence inouïe. Semblable à celui que l’on éprouve lorsque, au hasard d’une rue, on croise une femme aimée, encore en secret d’elle.Pierre m’installe sur le canapé, prépare le magnétoscope. Aucun cérémonial. Il est heureux, tout simplement heureux d’apporter sa pierre à ma passion. En termes clairs, il m’explique l’histoire du film Sarava. À la fin du tournage, il a décidé de partir, le nez au vent, à la recherche de l’émotion amoureuse que procure la musique brésilienne. L’expression d’“émotion amoureuse” me semble exacte. Car vous, qui êtes installés devant votre écran, préparez-vous à tomber amoureux. De Baden Powell, tout d’abord. Avec sa cigarette fichée à sa main droite, même lorsqu’il joue, avec son sourire timide. Baden, saisi dans tout son naturel, sa simplicité d’être humain. Par Pixinguinha, ensuite. Son humour, ses chaussures bicolores, son élégance, la racine africaine de Brésil, sa vitalité musicale. Par Cartola, encore. Gouailleur, hâbleur, séducteur à une terrasse de lanchonete7, le regard caressant sans malice les hanches d’une jeune fille.Et que dire de Paulinho da Viola, accompagnant Maria Bethania, la Piaf du Brésil ? Au milieu des dîneurs respectueux, mais qui participent à cette naissance de musique totalement improvisée, ils sont deux gamins, forts de leur jeunesse et de leur gloire à venir, les lèvres ouvertes sur le rire, sautant de chansons en chansons comme l’on joue à la marelle, insouciants. En 1969, la parenthèse douce de la bossa nova est pourtant en train de se refermer. Après dix ans d’amour, de sourire et de fleur, le Brésil sent déjà peser sur ses rêves la chape de plomb de la dictature triomphante.En guise d’épilogue…Voilà ce que j’avais à dire, modestement, sur Sarava. Ce n’est pas un film. Ce n’est pas non plus un documentaire. C’est un miracle. Un miracle de la vie et de la musique mêlées. Trente-cinq ans après sa réalisation, il est enfin accessible à tous par le biais de cet étonnant DVD. Et la magie est intacte. Palpable.Préparez-vous à appareiller pour le Brésil. Il n’en est que trop temps.Sarava…

Jean-Paul Delfino
© 2005 Saravah

Saravah 1998 ou Le sambiste, le cinéaste et le baroudeur
par Jean-Paul Delfino
Comme un clin d’œil bien plus qu’un bonus, le film sur Adao échappe à toute tentative de catégorisation. Là encore, Pierre Barouh est parti, caméra au poing, dans les dédales de la favela carioca de Canta Galo avec, pour Virgile, Walter Salles, le réalisateur de Central do Brasil.Les images qu’il nous propose pourraient flirter avec le voyeurisme malsain qui, depuis quelques mois, fait les choux gras d’agence de voyages qui n’hésitent pas à faire visiter les favelas aux touristes argentés en 4 x 4 blindés. À Canta Galo comme à Rocinha, le cocktail est idéal pour faire de l’audience, quitte à flatter les instincts les plus bas de l’être humain : violence, pauvreté, corruption, faim, drogues, alcool.Mais Pierre fait partie des amoureux du Brésil, des passionnés des rencontres. Sa caméra devient un trait d’union entre Rio-de-Janeiro et le reste du monde. Elle montre, donne à voir. Ne juge jamais. Ainsi, à l’inverse de tous ceux qui se servent du Brésil et ne pensent pas à le servir en retour, Pierre nous raconte une histoire extraordinaire, celle d’Adao.Filmé toujours en plan poitrine, cet homme a trempé dans le trafic de drogues avant de recevoir une rafale de onze balles dans le ventre. Là, dans sa favela de Canta Galo, il nous raconte sa musique, celle qui crépite encore dans les batuques apportés par les esclaves africains. Il nous chante ses racines, revendique la culture des bidonvilles, qui n’est ni supérieure ni inférieure à une autre, vibrant dans le rythme des tambours, jamais nostalgique, le sourire éternellement accroché à ses lèvres, la joie éclatant dans ses yeux, et pourquoi ne serait-il pas joyeux, puisqu’il est un homme libre ?En recevant ces images en pleine face, on prend une leçon d’humilité, de complicité fraternelle, de sagesse, de philosophie, de dignité, de vie, tout simplement.
Jean-Paul Delfino
© 2005 Saravah


DVD Saravah - Baden Powell © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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