Fremeaux.com
THE INDISPENSABLE
GENE VINCENT & THE BLUE CAPS
1956-1958
Be-Bop-a-Lula
Race with the Devil
Blues Stay Away From Me
Important Words
Lotta Lovin’
I Sure Miss You
Woman Love
Gonna Back Up Baby
Bluejean Bop
Jump Back






Be-Bop-a-Lula a fait de Gene Vincent et son groupe the Blue Caps l’une des figures tutélaires du rock. Avec l’apport de l’éblouissant guitariste Cliff Gallup, les premiers enregistrements réunis ici par Bruno Blum mélangent jump blues, rock and roll et hillbilly. Ils nous transmettent une incomparable magie et vivacité. Ces compositions sans compromission artistique, à fleur de peau, font l’essence même du pur rockabilly, genre qu’ils ont largement contribué à créer et définir.  
Patrick FRÉMEAUX

Thanks to Be-Bop-a-Lula, Gene Vincent and his group The Blue Caps became one of rock’s giants. Featuring the dazzling guitarist Cliff Gallup, their first recordings mix jump blues, rock ‘n’ roll and hillbilly with peerless energy and magic. These raw, uncompromising titles represent the very essence of pure rockabilly, the genre they widely contributed to create and define. 
Patrick FRÉMEAUX


The Indispensable  Gene Vincent and the Blue Caps  1956-1958
Par Bruno Blum

Quand j’apprenais la guitare, Cliff Gallup a été la principale influence sur mon jeu. Il m’a marqué profondément et la cicatrice ne s’est jamais refermée. Il était tellement radical - de nos jours ça ne sonne probablement pas très menaçant mais en juin 56 si tu mettais le volume à fond… ouf ! Le terme «?rock ‘n’ roll?» n’était pas encore galvaudé : tous les autres disques de «?rock?» de l’époque étaient très polis et avaient un son bien rond et audible. Quand tu mettais Gene Vincent tu avais ce type qui hurlait et ces solos de guitare déments - on n’avait jamais entendu un truc pareil et personne n’a rien fait de tel depuis.

- Jeff Beck1

Les parents d’Eugene Vincent Craddock (né le 11 février 1935 à Norfolk, Virginie, décédé le 12 octobre 1971 à Newhall, Californie) descendaient de fermiers de Caroline du Nord. Émigrés à Norfolk puis mariés en 1934, Louise (née Mary Louise Cooper) et Kie (Ezekiah Jackson) Craddock ont passé plusieurs années à Munden Point à la frontière de la Caroline du Nord. Eugene était l’aîné d’Evelyn, Tina et Donna. Les Craddock, au nom d’origine écossaise, tenaient un petit magasin de campagne. Des chanteurs noirs et blancs venaient s’accompagner à la guitare sur les marches de la boutique. Gene a assimilé les styles country, hillbilly et bluegrass entendus constamment à la radio. Il a aussi été exposé au rhythm and blues, au gospel et aux spirituals de la communauté afro-américaine très présente dans son quartier pauvre. À sa demande, ses parents lui offrirent une guitare sèche.

Embauché sur les immenses chantiers navals de Norfolk, son père a ramené la famille en ville. Eugene Vincent a quitté le collège et s’est engagé dans la marine en février 1952, quelques jours après son anniversaire de dix-sept ans. En janvier 1954, il est parti quatre mois patrouiller à bord du Chuckawan en Méditerranée. Affecté aux chaudières, il chantait déjà des morceaux de Hank Williams sur le pont. En mars 1955, après trois ans dans l’armée il renouvela son engagement pour six ans.

Race With the Devil
Admirateur de Marlon Brando dans The Wild One (L’Équipée Sauvage, László Benedek, 1953) Gene acheta une moto Triumph. Mais en juillet 1955 lors d’une promenade à Franklin, près de la base de Norfolk, il fut heurté par une conductrice qui avait brûlé un feu rouge. Gravement blessé, Gene refusa l’ampu-tation de sa jambe gauche et dispensé de service, il se retrouva pendant des semaines à l’hôpital militaire où il composa quelques morceaux.

Nombre de militaires étaient revenus de «?la mauvaise vie?» du front avec une formation de mécanicien et ont voulu retaper des voitures d’avant-guerre. De retour des combats, des soldats démobilisés ont développé les courses de hot rods, des voitures modifiées, allégées, aux moteurs gonflés et aux carrosseries décorées. Les hot rods évolueront vers le dragster. Dès le milieu des années 50, ils circulaient sur les routes, comme l’évoque ici Gene Vincent dans Race With the Devil sur un ton défiant la mort - et la religion :

J’ai vécu une mauvaise vie qu’ils disent/Mais le jour du Jugement Dernier, le diable ne pourra pas me rattraper/J’ai dit fonce, hot rod, fonce ! […] J’allais à toute allure, je me suis retourné/Et j’ai entendu le diable arriver à 99 à l’heure !/ J’ai dit fonce, hot rod, fonce !

Be-Bop-a-Lula
Be Bop, nom d’une composition de Dizzy Gillespie, était devenu le nom générique du jazz moderne d’après-guerre2. Cette expression du vocabulaire jazz était couramment utilisée comme onomatopée pour les improvisations vocales, le scat. Dix ans plus tôt, le succès Be-Baba-Leba de Helen Humes3 de (n° 3 R&B, 1945) portait déjà un titre presque identique au Be-Bop-a-Lula de Gene Vincent. Repris ensuite par Lionel Hampton sous le nom de Hey! Ba-Ba-Re-Bop, ce morceau avait été un succès plus gros encore dans l’après-guerre. Le verbe «?bop?» (frapper un coup) signifiait aussi «?danser?» (be bop = être une danse). Gene racontera plus tard que le titre lui a été inspiré par une bande dessinée de Marjorie Henderson Buell, dite Marge : il écrit Be-Bop-a-Lula avec Donald Graves, un soldat de la marine rencontré à la base militaire et hospitalisé comme lui. Le morceau décrit une danseuse de rock.

«?Je suis rentré chez moi ivre mort et je me suis effondré sur le lit. Don Graves et moi on regardait ce foutu bouquin «?Little Lulu?». Et j’ai dit, hell, man, c’est «?Be-Bop-a-Lulu?». Il a répondu «?Ouais mec, elle swingue?». Et on a écrit cette chanson4.?»

Be-bop a lula she’s my baby […]/She’s my baby doll my baby doll my baby doll/Let’s rock!
Well now she’s the one that’s got that beat/She’s the one with the flyin’ feet/She’s the one that bops around the store/She’s the one that gets more more more

Rockabilly
En septembre 1955 à Norfolk, Gene Vincent avait assisté à un concert d’Elvis Presley, le fondateur du rockabilly encore assez peu connu. Le style d’Elvis l’a beaucoup marqué. La formule originale d’Elvis Presley and the Blue Moon Boys plaquait la limpide guitare électrique de Scotty Moore, influencée par le très country Chet Atkins, sur une rythmique afro-américaine calquée sur le blues d’Arthur Crudup ou Junior Walker. Ils avaient établi une sorte de langage universel, mélange du meilleur de ces deux mondes musicaux parallèles, séparés par la ségrégation raciale. La naissance de ces enregistrements fondateurs du rockabilly est détaillée dans le livret du premier volume d’Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 dans cette collection. En plus des versions d’Elvis, on peut y écouter les interprétations des artistes originaux dont Presley a repris les compositions.

Gene Vincent fut sollicité pour chanter avec les Virginians, les musiciens de la radio WCMS à Newport News, près de la base de Norfolk. Ces jeunes instrumentistes comptaient parmi les meilleurs professionnels de la région. Ils accompagnèrent Gene sur Be-Bop-a-Lula dans l’émission Country Showtime. L’animateur de WCMS Sheriff Tex (Connecticut, 1914 - Nashville, 29 août 2007) racheta la part de droits d’auteur de Graves pour 25 dollars et devint manager de Gene Vincent. Il cosigna également Race With the Devil sans y avoir contribué et s’attribuerait bientôt une partie des droits de plusieurs autres titres de Gene (voir discographie). En 1959, ce processus répandu participerait au scandale des «?pots-de-vin?» (payola) qui frappera le monde du rock - dont Gene Vincent. Sheriff Tex était très au fait du succès récent d’Elvis Presley, dont le contrat venait d’être racheté par les disques RCA - pour qui Heartbreak Hotel avait été le premier succès monstre du phénomène en janvier 19565.

Nombre de rocks avaient déjà eu l’honneur et l’avantage d’être classés dans les meilleures ventes de disques, parmi lesquels les Afro-américains Roy Brown (Good Rockin’ Tonight, 1948), Wynonie Harris (Good Rockin’ Tonight, 1948), Louis Jordan and his Tympany Five (Saturday Night Fish Fry, 1949), Fats Domino (The Fat Man, 1949) ou Tiny Bradshaw (Well, Oh Well, 1950?; Train Kept a Rollin’, 1951).

Parallèlement, le succès du style hillbilly boogie/country boogie6 d’artistes blancs de western swing7 (comme Arthur Smith and his Crackerjacks avec Guitar Boogie en 1945 ou Ramblin’ Jimmie Nolan avec Hot Rod Race8 en 1950) avaient été les précurseurs du style rockabilly né en 1954 avec les premiers disques d’Elvis Presley. Avec des Blancs estampillés de l’étiquette «?rock ‘n’ roll?» à la mode comme Bill Haley and the Comets (Crazy Man, Crazy, 1953?; Shake Rattle and Roll, 1954??; Rock Around the Clock, 1955) et bien sûr Elvis Presley (That’s All Right et Blue Moon of Kentucky, 1954?; Mystery Train, 1955?; Heartbreak Hotel, début 1956), le succès du rock prenait une ampleur nationale, et même internationale. Il ouvrait le marché «?pop?» à des musiciens afro-américains essentiels comme Bo Diddley9 (Bo Diddley, printemps 1955), Chuck Berry8 (Maybellene, été 1955) ou Little Richard10 (Tutti Frutti, fin 1955?; Long Tall Sally, mars 1956). Eddie Cochran, Buddy Holly et nombre d’autres allaient suivre.

Au printemps 1956, fusse-t-il affilié aux étiquettes afro-américaines «?jump blues?», «rhythm and blues» ou au «?rockabilly?» blanc, le rock and roll était la cible des conservateurs. Elvis Presley était dénigré de mille façons («?chante faux?», «?vulgaire?», «?primitif?», «?insultant?»). Choqué par ses liens avec la culture afro-américaine, qui incluaient ses danses spontanées très suggestives, l’establishment conservateur et réactionnaire alimentait une controverse et scrutait les moindres mouvements de la nouvelle star. D’autres, plus ouverts - et par millions - appréciaient Elvis et sa musique libre, excitante, libératrice. Cette période controversée de l’histoire du rock est détaillée dans le livret du deuxième volume de Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 dans cette collection. En réalité, la mode rock était devenue la charnière de la musique populaire américaine. Les portes du marché national étaient en train de s’ouvrir à l’expression des Afro-américains, des jeunes et des moins conformistes.

Gene Vincent and the Blue Caps
C’est dans ce contexte de polémique que surgirent Gene Vincent and the Blue Caps. Le chanteur était boiteux mais disponible et prometteur. La musique représentait un espoir pour le maigre jeune homme désormais handicapé. Son regard perdu et sauvage rappelait celui de l’idole James Dean (décédé récemment le 30 septembre 1955) - et il chantait comme un oiseau.

Son nouvel imprésario Sheriff Tex lui adjoint ses jeunes copains musiciens de la radio, les Virginians, et organisa des répétitions. Il engagea “Wee” Willie Williams (guitariste rythmique, jusque-là leader du groupe), “Jumpin’” Jack Neal (ex- contrebassiste de Garland Abbott) et le remarquable Richard “Dickie” Harrell (batteur), qui n’avait que quinze ans. À l’aise dans les tempos rapides, cette excellente section rythmique était capable de jouer le rock dans un style jump blues marqué par le jazz be-bop, avec sa walking bass et son irrésistible swing à la frontière entre binaire et ternaire. Et bien sûr, le groupe brillait par la présence du guitariste soliste «Gallopin’?» Cliff Gallup (17 juin 1930 - 9 octobre 1988). Âgé de trente-cinq ans, l’ex guitariste de Ricky and the Dixie Serenaders avait passé des années à travailler son instrument en étudiant les difficiles techniques de Les Paul et Chet Atkins. Complètement inconnu à ce stade, le maintenant légendaire Cliff Gallup était le meilleur guitariste de rockabilly de la région, et probablement du monde. Armé de sa petite Gretsch Duo-Jet noire à une échancrure branchée dans un ampli Fender «?Tweed?» équipé de chambres d’écho bricolées avec des pièces de vieux magnétophones, Gallup utilisait un médiator plat et deux onglets : un au majeur et un autre à l’annulaire. Son petit doigt manipulait simultanément la barre trémolo avec dextérité. Il décrira en 1983 ses solos comme entièrement improvisés, «?comme ils me viennent à l’esprit?». Marié, humble et peu enclin à partir sur la route, ce monument de la guitare rockabilly sera remplacé par Johnny Meeks en 1957. Cliff Gallup n’enregistrera avec les Blue Caps que trente-cinq titres essentiels en studio (tous inclus ici, plus deux en public). Son style inventif et inspiré restera incomparable dans l’histoire du rock, qu’il a considérablement influencée. Il ne gravera par la suite qu’un seul album solo instrumental au milieu des années 1960 (qui inclut une version de Be-Bop-a-Lula). Il sera longtemps employé à la maintenance d’une école et l’annonce de son décès d’une crise cardiaque ne mentionnera même pas son rôle de guitariste avec Gene Vincent.

Le groupe a été rebaptisé Blue Caps car Harrell, le benjamin, portait toujours une casquette bleue. Le 9 avril 1956 ils réalisèrent avec Sheriff Tex une maquette de Be-Bop-a-Lula, Race With the Devil et I Sure Miss You au studio d’Owen Bradley où Buddy Holly avait gravé ses premières maquettes quatre mois plus tôt. Owen Bradley était le directeur de la filiale des disques Decca à Nashville. Son ingénieur du son Mort Thomasson prêta à Gene sa chambre d’écho faite main.

Capitol
Mais c’est à Ken Nelson aux disques Capitol de Hollywood que Sheriff Tex envoya un disque en acétate des enregistrements. Il avait rencontré le producteur à un congrès de disc jockeys six mois plus tôt et savait que celui-ci cherchait un équivalent à Presley.

Fondés par le compositeur Johnny Mercer en 1942, les disques Capitol avait immédiatement connu le succès avec le Cow-Cow Boogie d’Ella Mae Morse. Johnny Mercer ferait vite preuve de flair en s’assurant l’exclusivité de grands noms blancs du jazz comme Paul Whiteman, Stan Kenton, le clarinettiste Benny Goodman et le guitariste Les Paul - entretemps converti à la variété. C’est cependant le chanteur pianiste afro-américain Nat «?King?» Cole qui a fait la fortune de Mercer. Capitol signa aussi avec de grands artistes de country and western comme les non moins excellents Tex Williams11 et Merle Travis12, un chanteur compositeur et géant de la guitare finger picking (picking avec plusieurs doigts) qui, comme Les Paul, avait exercé une influence sur les Blue Caps - et Cliff Gallup en particulier.

Devenue la première grande marque de disques cali-fornienne, Capitol concurrençait les géants du disque RCA-Victor, Columbia et Decca, tous basés à New York. L’arrivée de vedettes de premier plan comme les Andrews Sisters, Frank Sinatra, Jane Froman, Dean Martin et bien d’autres fit de l’entreprise de Johnny Mercer et ses associés une activité très rentable. La société britannique EMI acheta la marque pour 8,5 millions de dollars en 1955 et fit aussitôt construire la célèbre tour Capitol à Hollywood. La tour et ses studios flambants neufs où les Blue Caps seraient bientôt conviés furent inaugurés en avril 1956, au moment exact où Ken Nelson recevait la maquette envoyée par Sheriff Tex. Pour qui savait saisir les opportunités en ce temps-là, le marché du disque était lucratif. EMI investissait massivement sur Capitol et les créations de Gene Vincent tombaient à pic. Elvis Presley était devenu un phénomène national à la sortie de Heartbreak Hotel au début de l’année et les maisons de disques étaient sur les dents, à la recherche d’artistes de rock and roll susceptibles de surfer sur cette nouvelle vague. Au même printemps 1956, selon le même schéma le succès de Harry Belafonte (chez RCA comme Elvis Presley) et son album Calypso incita Capitol à engager un autre artiste de calypso, en l’occurrence le Jamaïcain Lord Flea and his Calypsonians13 qui eut moins de chance que Belafonte14.

Trop heureux de saisir l’opportunité, Ken Nelson proposa aussitôt un contrat à Gene Vincent et organisa une séance d’enregistrement à Nashville - cette fois avec quelques-uns des musiciens de studio les plus côtés du pays. Les excellents guitaristes Thomas «?Grady?» Martin et Hank «Sugarfoot?» Garland, le contrebassiste Bob Moore et Buddy Harmon (batterie) se sont présentés au studio d’Owen Bradley pour accompagner Gene Vincent. Ken Nelson se méfiait des Blue Caps, tous inconnus, pour une séance de cette importance. Mais à peine Cliff Gallup a-t-il eu terminé de jouer sa partie de guitariste frénétique sur Race With the Devil (en utilisant l’écho de Thomasson et l’ampli Standel de Grady Martin) que les vedettes des studios ont compris que le cachet ne serait pas pour eux. Ils enregistreraient néanmoins tous bientôt avec Elvis Presley. Avec la sublime ballade I Sure Miss You, cette première séance de quatre titres reste depuis le sommet de Gene Vincent et probablement du rockabilly tout court. Le groupe jouait fort et Thomasson a eu du mal à trouver un son équilibre de son. Pour ne pas être noyé, Gene, dont la voix était plutôt douce, a dû chanter dans les escaliers, équipé d’un casque, une bouteille de Coca tenant la porte entr’ouverte. Avec Gene comme catalyseur, ces tranquilles musiciens habitués à accompagner des chanteurs de country à la radio se sont transformés en rockers sauvages.

Be-Bop-a-Lula est sorti le 2 juin 1956 en face B du 78 tours Capitol Woman Love. Écrit par Jack Rhodes pour Tommy Collins, Woman Love avait été un succès country pour Jimmy Johnson (chez Starday). Le morceau sera interdit par la BBC en raison de ses paroles, qu’un esprit mal tourné aurait pu mal comprendre - peut-être en raison de l’écho/délai abondant ajouté par Mort Thomasson, qui cherchait à retrouver le son d’Elvis Presley dans sa période rockabilly chez Sun. Les radios ont préféré Be-Bop-a-Lula, qui montera au n°7 et dont Capitol annoncera un an plus tard qu’il s’était vendu à deux millions d’exemplaires.

Race With the Devil est sorti en deuxième single. Malheureusement, le public n’était pas prêt pour un tempo aussi rapide. Trop sophistiqué et original, le disque s’est mal vendu. La concurrence cherchait déjà une formule rock édulcorée avec des chanteurs blancs comme Pat Boone ou Paul Anka ?; Trop authentique et sauvage à leur goût, le son de Gene Vincent and the Blue Caps ne plaisait plus aux radios. La guerre entre les sociétés d’auteurs compositeurs et éditeurs ASCAP (partitions imprimées) et BMI (droits pour diffusion radio) faisait rage et le rock, associé à la radio, commençait à être sérieusement touché en 1956. Elvis Presley tenait le cap mais diversifiait beaucoup son répertoire15 face aux attaques dont le rock était l’objet.

Les ballades de Gene Vincent, comme I Sure Miss You, Unchained Melody ou Important Words restent d’ailleurs des sommets du genre, tant par les interprétations sensuelles de Gene que le jeu de guitare éblouissant de Gliff Gallup. Elles n’ont pas pour autant eu le millième du succès qu’elles méritaient. En dépit du succès de Be-Bop-a-Lula le répertoire du jeune Gene était très limité. Pour leur deuxième séance en studio, Ken Nelson lui fournit des chansons, dont Crazy Legs écrit pour lui par Jerry Reed. Les autres titres étaient de vieux classiques : Jezebel avait été un tube de Frankie Laine en 1951, Peg’ O my Heart était un succès en 1913 et Wedding Bells était une autre vieillerie. Ces compositions ne convenaient pas bien à ce rocker surnommé «?The Screamin’ End?», mais les Blue Caps savaient y injecter une fièvre inédite. D’autres standards ont été gravés en juin 1956, comme le sommet écrit par Danny Wolfe, Gonna Back Up Baby et ses changements d’ambiance. Gene enregistrera deux autres titres de l’excellent compositeur de rock Danny Wolfe : Pretty Pretty Baby et Double Talkin’ Baby (rendu célèbre 25 ans plus tard par les Stray Cats). Après une apparition au Perry Como Show le 28 juillet, en septembre 1956 Capitol publiait le premier album du groupe, «?Bluejean Bop?». Avec de furieuses compositions de Gene comme les chefs-d’œuvre Bluejean Bop ou Who Slapped John?, le tempo était devenu trop rapide pour la mode. Sur Jump Back, il est carrément proche du jump blues le plus radical, voire du be bop. Très en demande en raison de Be-Bop-a-Lula, les tournées se sont succédées. Les conditions étaient dures et en pleine tournée Jack Heal, puis Cliff Gallup ont quitté le groupe. Pour mimer Be-Bop-a-Lula dans le film La Blonde Et Moi (Frank Tashlin, 1956), Vincent les a remplacés par Paul Peek et Russell Wilaford.

En octobre à la demande de Ken Nelson, Gallup accepta de revenir enregistrer quinze nouveaux titres dont Cat Man influencé par Bo Diddley, les furieux Cruisin’, Hold Me, Hug Me, Rock Me, les éternels Blues Stay Away From Me et Unchained Melody... À la suggestion de Nelson, les Jordanaires (choristes gospel d’Elvis) ont participé à trois chansons dont le sommet Important Words. Une tournée réussie avec Ted «?Teddy Bear?» Crutchfield à la guitare a eu lieu en novembre. Mais apparemment Capitol n’a pas accepté de verser de pots-de-vins pour l’excellent single Crazy Legs/Important Words (janvier 1957), qui n’a pas marché. Et Gene était de retour à l’hôpital.

Le 4 mars 57, le deuxième album fut sobrement intitulé Gene Vincent & The Blue Caps. Vincent se produit au Sands de Las Vegas. Sa jambe n’allait pas mieux, et ne s’améliorera jamais. Il avait des sautes d’humeur. Jack Neal le quitta, ainsi que son manager Sheriff Tex. En dépit des remarquables compositions de Cliff Gallup comme You Told a Fib et Bop Street, Gene Vincent a vite perdu du terrain. Son image de macho punky, reflétée par les paroles de Hold Me, Hug Me, Rock Me, Cat Man, Cruisin’ ou Who Slapped John? plaisait aux militaires et aux jeunes hommes mais pas toujours aux jeunes filles bobbysoxers, pour qui elles manquaient de romantisme. Avec leur image de rebelles, les cris du jeune Derrick Harrell sur les disques, les allusions sexuelles récurrentes et les solos électriques de Cliff, le résultat était explosif. Alors que les compromis musicaux se multipliaient déjà autour de la mode du rock, ces enregistrements majeurs représentent le rockabilly pur, sans compromis artistique. Et dans le monde consumériste du Rêve Américain des années 1950, cette spontanéité et cette pureté étaient un suicide commercial. En un an, Gene avait perdu management et groupe.

Blue Caps N. 2
Johnny Meeks (ex-Country Earl and the Circle E Ranch Gang, comme Paul Peek) fut engagé comme soliste. Bill Mack, également de Greenville (Georgie), a été pris à la contrebasse et vite remplacé par Bobby Lee Jones. La demande était encore forte et quelques concerts ont eu lieu. Un Texan de Dallas, Ed McLemore, fut engagé comme manager. Les nouveaux Blue Caps sont partis enregistrer en juin 57 dans les nouveaux studios de la tour Capitol. Bobby Jones ne jouait pas de contrebasse , préférant la basse Fender électrique. Le son du groupe changea radicalement, mais Meeks était lui aussi un excellent guitariste. Le grand âge d’or des Blue Caps avec Cliff Gallup était déjà du passé, mais des titres comme Dance to the Bop et le tube Lotta Lovin’ (22 juillet 1957) ont relancé l’affaire (tournée australienne avec Eddie Cochran avec qui il devint ami et Little Richard, puis apparition dans l’Ed Sullivan Show). Les premières séances de 1958 ont également donné de très bons résultats, parmi ses meilleurs enregistrements (Lovely Loretta et Dance in the Street). Une nouvelle période commençait sur les chapeaux de roue avec Johnny Meeks. Elle sera l’objet de la suite sur notre deuxième volume.
Bruno Blum
© Frémeaux & Associés

1. En 1993 Jeff Beck and the Big Town Playboys ont publié un album entier de reprises de Gene Vincent and the Blue Caps, Crazy Legs (Epic 473597-2). Les morceaux qu’il a repris sont tous inclus sur ce triple album.

2. Le morceau de Dizzy Gillespie Be-Bop est inclus sur The Birth of Be Bop (FA 046) dans cette collection. 

3. Le morceau d’Helen Humes Be-Baba-Leba est inclus sur Roots of Rhythm and Blues (FA050) dans cette collection. 

4. Gene Vincent, 1970. Extrait de Gene Vincent There’s One in Every Town de Mick Farren. The Do Not Press Limited, 2004, page 30.

5. Écouter les trois triples volumes Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine dans cette collection. 

6. Écouter l’anthologie Country Boogie (FA160) dans cette collection. 

7. Écouter l’anthologie Western Swing (FA032) dans cette collection. 

8. Retrouvez Gene Vincent, le Hot Rod Race de Ramblin’ Jimmy Nolan et une dizaine d’autres titres dans le style western swing sur l’anthologie Road Songs 1944-1962 - Cars Tune Classics (Frémeaux et Associés FA 5401) dans cette collection. 

9. Écouter Bo Diddley - The Indispensable - 1955-1960 (FA5376) dans cette collection.  

10. Écouter les futurs volumes consacrés à Little Richard et Chuck Berry (à paraître chez Frémeaux et Associés) dans cette collection.

11. Écouter Tex Williams sur Road Songs 1944-1962 (FA5401) et Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) dans cette collection. 

12. Écouter Merle Travis sur les anthologies Country Music 1940-1948 (FA 173), Country Boogie 1939-1947 (FA 160), Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) et Electric Guitar Story 1935-1962 à paraître dans cette collection. 

13. Écouter Lord Flea sur l’anthologie Jamaica - Mento 1951-1958 (FA 5275) dans cette collection. 

14. Écouter Harry Belafonte - Calypso Mento Folk 1954 - 1957 (FA 5234) dans cette collection.

15. Écouter le volume 2 Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine (FA 5383) dans cette collection.


The Indispensable  Gene Vincent and the Blue Caps  1956-1958
By Bruno Blum

“When I was learning to play the guitar, Cliff Gallup was my main influence. He marked me deeply and the scar’s never healed. He was so radical… Today it probably doesn’t sound that threatening, but in June ‘56, if you turned the volume right up… Wow! All the other ‘rock’ records in those days were very polite and had a nice, round, audible sound. Then you put on Gene Vincent and had this guy screaming and these raucous guitar solos - it was unheard of and no one has done anything like it since.”

[Jeff Beck]16

Eugene Vincent Craddock was born on February 11th 1935 in Norfolk, Virginia—he died in Newhall, California, on October 12th 1971—into a family of farming-folk from North Carolina. His parents moved to Norfolk, marrying in 1934, and Mary Louise Cooper & Ezekiah “Kie” Jackson Craddock lived for several years in Munden Point on the North Carolina border. Their son Eugene was followed by three sisters, Evelyn, Tina and Donna, and the Craddocks—their name has Scottish origins—ran a little country store. Black and white singers used to sing and play guitar on the steps outside, and Gene assimilated the hillbilly, country and bluegrass styles he constantly listened to on the radio. He was also exposed to the rhythm and blues, gospel and Negro spirituals that were a feature of the large Afro-American community in his poor neighbourhood. He asked his parents for an acoustic guitar and they gave him one as a present.

When his father was hired to work in Norfolk’s immense shipyards, the family moved into town. Eugene Vincent quit school and joined the Navy in February 1952, a few days after his seventeenth birthday. In January 1954 he was sent on patrol in the Mediterranean for four months aboard the USS Chuckawan. When he wasn’t working in the boiler-room, he used to sing Hank Williams songs on deck. He signed on for another six years in March 1955.

Race with the Devil
Gene was a big fan of Marlon Brando in The Wild One, which László Benedek directed in 1953, and he bought himself a Triumph motorcycle. In July 1955 he was taking a ride in Franklin (near the Navy base in Norfolk) and collided with a woman who’d driven through a red light. Gene was badly hurt, but refused the amputation of his left leg; he spent weeks in a military hospital, composing a few songs, and was finally declared unfit to serve in the Navy. After the Second World War, many of the military returned from the “evil life” having trained as mechanics; they turned their hands to customizing pre-war automobiles. Ex-draftees began organizing “Hot-Rod” races featuring modified, stripped-down models with blown engines and colourful bodywork. Hot-rods soon became dragsters, but as early as the mid-Fifties these racers were familiar sights on highways, as Gene Vincent sings—in a tone that defies both death and religion—in Race with the Devil: “Well, I’ve led an evil life, so they say / But I’ll outrun the devil on Judgement Day / I said ‘Move, hot-rod, move man!’ / Well, goin’ pretty fast, looked behind / A-here come the Devil doin’ ninety-nine / I said ‘Move, hot-rod, move man!’”

Be-Bop-a-Lula
Be Bop, named after the Dizzy Gillespie composition, became a generic name for modern jazz after the war.17 (The phrase was also a common onomatopoeia in jazz improvisations by scat singers). Ten years earlier, the Helen Humes 18 hit Be-Baba-Leba (an R&B N°3 in 1945) already carried a title that was almost identical to Gene’s Be-Bop-a-Lula. Later taken up by Lionel Hampton under the name Hey! Ba-Ba-Re-Bop, the piece had been an even greater hit in the post-war period. The verb “to bop” (slang for “to hit”) also meant “to dance” (“be bop” or “be a dance”). Gene would later say he’d been inspired by a strip cartoon by Marge (Marjorie Henderson Buell), and he wrote Be-Bop-a-Lula with Donald Graves, a sailor who’d also been injured: “I was in the Naval Hospital. Actually I was crippled up. I came in dead drunk and stumbled over the bed. Me and Don Graves were looking at this bloody book; it was called “Little Lulu”. And I said, hell, man, it’s “Be-Bop-a-Lulu”. And he said, ‘Yeah, man, swinging.’ And we wrote this song.”19

“Be-bop a Lula, she’s my baby […] / she’s my baby doll, my baby doll, my baby doll / Let’s rock! / Well now she’s the one that’s got that beat / She’s the one with the flyin’ feet / She’s the one that bops around the store / She’s the one that gets more, more, more.”

Rockabilly
In Norfolk in September 1955, Gene Vincent had gone to see a concert by Elvis Presley, the founder of rockabilly, a style still in its early days. The way Elvis sang it left a deep impression on him; the original formula of Elvis Presley and the Blue Moon Boys slapped the clear electric guitar of Scotty Moore (influenced by the prominent country style of Chet Atkins) onto an Afro-American rhythm based on the blues of Arthur Crudup or Junior Walker. Presley and the Blue Moon Boys had come up with a kind of universal language that combined the best of both these parallel musical worlds separated by racial segregation. The birth of these foundational rockabilly records is related in the booklet accompanying the first volume of Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 in this collection20; where in addition to Elvis’ versions, you can hear the original songs performed by the artists whose work Presley recorded.

Gene Vincent was asked to sing with The Virginians—all musicians at radio WCMS in Newport News close to Norfolk, and all young instrumentalists who were some of the best professionals in the area. They backed Gene singing Be-Bop-a-Lula on the station’s Country Showtime. A presenter for WCMS named Sheriff Tex (b. Connecticut, 1914, d. Nashville, August 29th 2007) bought Don Graves’ half of the song-copyright for 25$ and became Gene’s manager. He also co-signed Race with the Devil (he had nothing to do with the writing of the song), and soon appropriated some of the rights to other titles by Gene (cf. Discography). In 1959 this “habit”—a widespread process—would be mainly responsible for the Payola scandal which hit rock music (and Gene Vincent). Sheriff Tex was well aware of Elvis Presley’s recent success, as Presley’s contract had been bought by RCA, and Heartbreak Hotel had been the first phenomenal hit by Elvis in January 1956. Other rock songs had already graced the pop charts, among them records by Afro-American artists such as Roy Brown (Good Rockin’ Tonight, 1948), Wynonie Harris (Good Rockin’ Tonight, 1948), Louis Jordan and his Tympany Five (Saturday Night Fish Fry, 1949), Fats Domino (The Fat Man, 1949) and Tiny Bradshaw (Well, Oh Well, in 1950 and Train Kept a Rollin’ in 1951).

In parallel, the success of the hillbilly boogie/country boogie 21 style of white western swing22 artists—Arthur Smith and his Crackerjacks with Guitar Boogie en 1945, Ramblin’ Jimmie Nolan’s Hot Rod Race23 in 1950—had been precursors of the rockabilly style born in 1954 with Presley’s first records. With white artists labelled as “rock ‘n’ roll” performers—Bill Haley and the Comets (Crazy Man, Crazy, 1953; Shake Rattle and Roll, 1954; Rock Around the Clock, 1955) and Elvis of course (That’s All Right and Blue Moon of Kentucky in 1954; Mystery Train in 1955; Heartbreak Hotel in early ‘56—the success of rock became national, even international. It opened the “pop” market to such essential Afro-American figures as Bo Diddley24 (Bo Diddley, spring ‘55), Chuck Berry8 (Maybellene, summer ‘55) and Little Richard25 (Tutti Frutti at the end of ‘55 and Long Tall Sally in March 1956), with Eddie Cochran, Buddy Holly and many others hard on their heels.

In spring 1956, whether associated with Afro-American appellations such as “jump blues” and “rhythm and blues” or else the white “rockabilly” style, rock and roll music was targeted by conservatives, and Elvis Presley denigrated in every way imaginable. He was said to “sing off-key” and also called “vulgar”, “primitive” or “insulting”. Shocked by his ties with Afro-American culture, including his spontaneous, “suggestive” hip-shaking, a conservative, reactionary establishment added to the controversy by scrutinizing the slightest move made by the new star. Others, in their millions, openly appreciated Elvis and his liberating, excitement-filled music (cf. the booklet accompanying the second volume of Elvis Presley face à l’histoire 1954-1956 for a more detailed description of this controversial period.) As a matter of fact, the rock fashion had become a turning-point in American popular music. The doors of the national record-market were opening to Afro-Americans, to young people and those who refused to conform in general.

Gene Vincent and the Blue Caps
Gene suddenly appeared in the midst of this controversy, backed by the Blue Caps. He might have had a limp, but he was accessible and showed a lot of promise. Music represented hope for this skinny youngster with a physical handicap; his “lost” and wild look reminded many people of their idol James Dean, whose death was very recent (September 30th 1955)… and Gene sang like a bird.

His new impresario Sheriff Tex lined up Gene with the Virginians again (his old friends from radio), and set up some rehearsals. He hired a rhythm-section—“Wee” Willie Williams (the rhythm guitarist who had been the group’s leader up until then), “Jumpin’” Jack Neal (Garland Abbott’s ex-bassist), a remarkable drummer named Dickie Harrell, barely fifteen—and this excellent trio was capable of playing a jump blues style with a be-bop jazz influence, i.e. a walking bass, plus an irresistible swing that strode the line between binary and ternary rhythms. That wasn’t all: the group sparkled with the presence of its lead guitarist “Gallopin’” Cliff Gallup (b. June 17th 1930, d. October 8th 1988). At 35, Cliff had played with Ricky and the Dixie Serenaders, spending years working on his technique and studying the difficult licks of Les Paul and Chet Atkins. A complete unknown when he hooked up with Gene Vincent, the now legendary Cliff Gallup (cf. Jeff Beck, “This guy Gallup was it!”) was the best rockabilly guitarist in the region, and probably in the world. He played a little black Gretsch Duo-Jet with a single cutaway, plugged into a Fender “Tweed” amp with echo chambers made from bits of old tape-decks. Gallup used a flat plectrum with two finger-picks (on his middle and ring fingers) while his little finger worked miracles with the tremolo arm. In 1983 he said his solos were entirely improvised, “just as they came to me”. He was married, modest, and didn’t much like being on the road. A monument of rockabilly guitar, Cliff was replaced by Johnny Meeks in 1957 after he’d recorded 35 essential titles with the Blue Caps (all of the studio titles are here plus two titles in concert). His inventive, inspired style would remain incomparable, and his influence on rock was considerable. He made only one studio album later, an instrumental record in the Sixties which included a version of Be-Bop-a-Lula. He worked as a school janitor for years, and the announcement of his death in the press didn’t even mention his work with Gene Vincent.

The group was re-christened the Blue Caps because Dickie Harrell always wore one. In 1956, they recorded a demo for Sheriff Tex (on April 9th)—Be-Bop-a-Lula, Race with the Devil and I Sure Miss You—at Owen Bradley’s studio, where Buddy Holly had made his first demos four months earlier (Owen Bradley ran the Decca Records affiliate in Nashville, and his sound engineer Mort Thomasson lent Gene his own handmade echo-chamber).

Capitol
Decca didn’t get to hear the demo: Sheriff Tex sent the acetate to producer Ken Nelson at Capitol Records in Hollywood. He’d met Nelson at a DJ conference six months earlier, and Tex knew he was looking for the new Presley.

Founded by composer Johnny Mercer in 1942, Capitol Records had immediately made headlines with Cow-Cow Boogie by Ella Mae Morse. Johnny Mercer soon showed his flair by signing exclusive contracts with some of the great white names in jazz, among them Paul Whiteman, Stan Kenton, clarinettist Benny Goodman and guitarist Les Paul (who’d turned to pop in the interval). The man who made a fortune for Capitol (and Mercer) however, was the Afro-American crooner/pianist Nat “King” Cole. Capitol also signed other great country and western artists like the equally excellent Tex Williams26, and Merle Travis27, a songwriter and finger-pick guitar-giant (he used several fingers) who, like Les Paul, had an influence on the Blue Caps (and particularly Cliff Gallup).

Capitol became the first great record-label based in California (its giant competitors—RCA-Victor, Columbia, Decca—were all in New York), and the signing of major stars such as The Andrews Sisters, Frank Sinatra, Jane Froman, Dean Martin and others turned the company of Johnny Mercer and his associates into a highly profitable, coveted enterprise. The British label EMI bought it in 1955 for 8.5 million dollars, and built the famous Capitol Tower in Hollywood. The tower and the brand-new studios to which the Blue Caps were soon summoned were inaugurated in April 1956 on the same day that Ken Nelson received the demo sent to him by Sherriff Tex. With everyone on the look-out for business opportunities—it was a highly lucrative business, after all—EMI was investing heavily in Capitol and Gene Vincent turned up just at the right time. Presley had become a national phenomenon with the release of Heartbreak Hotel at the beginning of the year, and every label was anxious not to miss a rock and roll artist who could surf to the top of this new wave. Incidentally, in the spring of 1956, motivated by Belafonte’s success with his album Calypso (he was signed to RCA, like Presley), Capitol signed a calypso artist named Lord Flea, a Jamaican whose group was called The Calypsonians.28 They were less successful than Belafonte.29

Delighted to seize such an opportunity, Ken Nelson immediately offered Gene a contract and set up a record-session in Nashville, this time with some of the country’s most sought-after studio musicians: into Owen Bradley’s studio trooped two excellent guitarists—Thomas “Grady” Martin and Hank “Sugarfoot” Garland—plus bassist Bob Moore and drummer Buddy Harmon. For a session as important as this one, Nelson was wary of the Blue Caps as they were all unknowns. He shouldn’t have had a second thought. By the time Cliff Gallup was playing his last, frenzied lick on Race with the Devil (using Thomasson’s echo box and the Standel amp that belonged to Grady Martin), the “studio aces” in the room realized that not much of the fee would be theirs. Not that it mattered: the pick-up musicians were soon all recording with Elvis. That first session which produced four titles (including the sublime ballad I Sure Miss You) would remain Gene Vincent’s best (ever), and probably the best rockabilly session, too. The group played loudly and Thomasson had trouble finding the correct sound balance. Gene had a rather soft voice and, to avoid being drowned out, he sang on the stairway wearing a pair of headphones. A bottle of Coke was used to keep the door open. With Gene their catalyst, the “quiet” Blue Caps—more accustomed to accompanying country singers on radio shows—were transformed into wild rockers.

Be-Bop-a-Lula was released on June 2nd 1956 as the B side of a Capitol 78 featuring Woman Love. Written by Jack Rhodes for Tommy Collins, Woman Love had been a country hit for Jimmy Johnson (on the Starday label). The piece was banned in England by the BBC because of lyrics which might have been misunderstood by (probably) twisted listeners, amongst the abundant echo/delay added by Mort Thomasson, who’d been trying to get the sound of Elvis Presley in rockabilly period with Sun. So radio stations aired Be-Bop-a-Lula, which climbed to N°7 in the charts. A year later, Capitol announced it had sold two million copies…

Race with the Devil came out as the second single, but nobody was ready for such breakneck tempos; too sophisticated, and too original, the record didn’t sell. Capitol’s competitors were already looking for diluted rock formats with white singers like Pat Boone or Paul Anka; as for radio programmers, they didn’t like Gene Vincent or the Blue Caps, whose sound they considered too wild and authentic. There was the industry context, too: war was raging between ASCAP (the songwriters’ and publishers’ association which distributed royalties from sheet-music sales) and BMI (which handled broadcast royalties), so rock, together with radio stations which played it, took a serious hit in 1956. Elvis Presley wasn’t losing ground, but even he was diversifying his repertoire30 due to the attacks being made on rock.

The ballads of Gene Vincent, like I Sure Miss You, Unchained Melody or Important Words, remain summits of the genre—thanks not only to Gene’s sensual renderings but also to Cliff Gallup’s dazzling guitar—but even so, they were considerably less successful than they deserved to be. Despite the success of Be-Bop-a-Lula, Gene Vincent’s repertoire was still very limited. For their second studio-session, Ken Nelson provided the songs, among them Crazy Legs, written for him by Jerry Reed. The others were old classics: Jezebel had been a hit for Frankie Laine in 1951, but Peg’ O my Heart was much older (a hit in 1913) and Wedding Bells was still another oldie. All three were unsuitable for a rocker whose nickname was “The Screamin’ End”, but the Blue Caps had talent enough to inject new fever into them. Other standards were cut in June 1956, like the great Danny Wolfe song Gonna Back Up Baby with its mood-changes. Gene would record two other tunes by Wolfe, an excellent rock composer: Pretty Pretty Baby and Double Talkin’ Baby (which Stray Cats made famous twenty-five years later). After an appearance on the Perry Como Show on July 28th, in September 1956 Capitol released the group’s first album, Bluejean Bop. With raging compositions by Gene—like the masterpieces Bluejean Bop or Who Slapped John?—the tempo had now accelerated to the point where it outstripped contemporary fashion. On Jump Back, it’s definitely much closer to the most radical kind of jump blues, even bebop.  Touring, too, had intensified with the demand created by Be-Bop-a-Lula. But conditions were tough, and in mid-tour, first Jack Heal then Cliff Gallup quit the band. To “go through the motions” of Be-Bop-a-Lula in Frank Tashlin’s movie The Girl Can’t Help It (1956), Vincent replaced them with Paul Peek and Russell Wilaford.

That October, Ken Nelson asked Gallup to come back and record fifteen new titles; these included Cat Man (influenced by Bo Diddley), the furious Cruisin’, Hold Me, Hug Me, Rock Me, and the evergreen numbers Blues Stay Away From Me and Unchained Melody. At Nelson’s suggestion, The Jordanaires (Elvis’ back-up gospel singers) appeared on three songs, among them the wonderful Important Words. A successful tour (with Ted “Teddy Bear” Crutchfield playing guitar) took place in November, but Capitol, apparently, refused to grease palms in exchange for airplay, and the excellent single Crazy Legs/Important Words (January ‘57) flopped. To cap it all, Gene had to return to hospital.

On March 4th 1957 their second album was released, soberly entitled Gene Vincent & The Blue Caps. Gene was appearing at The Sands in Las Vegas, but his leg was giving him pain and it wouldn’t improve with time. Gene’s moods were changeable, and Jack Neal quit, as did Sheriff Tex. Despite some remarkable compositions from Cliff Gallup—like You Told a Fib and Bop Street—Gene Vincent quickly lost ground. His image as a macho punk, reflected in the lyrics of Hold Me, Hug Me, Rock Me, Cat Man, Cruisin’ or again Who Slapped John?, pleased the military and other males, but not the Bobbysoxer girls who needed romanticism. The group was an explosive mixture with an image as young rebels, the young Derrick Harrell yelling on record, recurrent sexual allusions, Gallup’s electrifying guitar solos… At a time when musical compromises were already multiplying around fashionable rock, these major recordings were pure rockabilly, and there was no artistic compromise there. In the consumerist American-Dream universe of the Fifties, the group’s spontaneity and purity led to commercial suicide. Inside a year, Gene Vincent had lost his manager and his group.

Blue Caps N. 2
Johnny Meeks (ex-Country Earl and the Circle E Ranch Gang, like Paul Peek) was hired as the group’s soloist. Bill Mack, also a native of Greenville, Georgia, was hired to play bass but quickly replaced by Bobby Lee Jones. There was still demand for the group, so a few concerts took place and a Texan from Dallas named Ed McLemore was hired as manager. In June ‘57, the new Blue Caps went off to record at the new studios in the Capitol Tower. Bobby Jones, however, preferred an amplified Fender bass over a stand-up bass, and the group’s sound changed radically. Even though Meeks was an excellent guitarist, the Golden Age of the Blue Caps with Cliff Gallup was already a thing of the past. Titles like Dance to the Bop and the hit Lotta Lovin’ (July 22, 1957) re-launched the machine, however: there was an Australian tour with Eddie Cochran (he and Gene became friends), and also an appearance on the Ed Sullivan Show. The first sessions in 1958 also gave very good results, with some of Gene’s best recordings among them (Lovely Loretta and Dance in the Street). A new chapter leaped out of the starting-blocks, this time with Johnny Meeks, and its story is told in the second volume of this series.
Bruno Blum
English adaptation : Martin DAVIES
© Frémeaux & Associés


16. In 1993 Jeff Beck and the Big Town Playboys released an entire album with songs by Gene Vincent and the Blue Caps (Crazy Legs, Epic 473597-2). The originals they covered are all included in this triple set.

17. Cf. Dizzy Gillespie’s Be-Bop in The Birth of Be Bop (FA 046). 

18. Cf. Helen Humes’ Be-Baba-Leba in Roots of Rhythm and Blues (FA 050). 

19. Gene Vincent in 1970, taken from Gene Vincent, There’s One in Every Town by Mick Farren (The Do Not Press Ltd. 2004). 

20. Cf. all three volumes of Elvis Presley & The American Music Heritage.

21. Cf. Country Boogie (FA160). 

22. Cf. Western Swing (FA032). 

23. Gene Vincent, Hot Rod Race by Ramblin’ Jimmy Nolan, and a dozen other western swing titles are featured in Road Songs1944-1962 - Car Tune Classics (FA5401). 

24. Cf. Bo Diddley - The Indispensable - 1955-1960 (FA5376).  

25. Cf. forthcoming releases devoted to Little Richard and Chuck Berry (Frémeaux et Associés).

26. Cf. Tex Williams in Road Songs 1944-1962 (FA5401) and Rock ‘n Roll 1947 (FA 353). 

27. Merle Travis can be heard in the anthologies Country Music 1940-1948 (FA 173), Country Boogie 1939-1947 (FA 160), Rock ‘n Roll 1947 (FA 353) and the forthcoming Electric Guitar Story 1935-1962. 

28. Lord Flea is included in the anthology Jamaica - Mento 1951-1958 (FA 5275). 

29. Listen to Harry Belafonte - Calypso Mento Folk 1954 - 1957 (FA 5234).

30. Cf. Vol.2 of Elvis Presley face à l’histoire de la musique américaine (FA 5383).


Except for tracks 21 & 22 on disc 1,  all songs are listed in recording order.

Disc 1
1. Race With the Devil (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
2. Be-Bop-a-Lula (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
3. Woman Love (Jack Rhodes)
4. I Sure Miss You (Evelyn Bryan, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Clifton E. Gallup as Cliff Gallup-lg; Willie Williams aka Wee-rg; Jack Neal-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell-d. Produced by Ken Nelson. Mort Thomasson, engineer. Owen Bradley’s Studio, Nashville, Tennessee, May 4, 1956.

5. Jezebel (Wayne Shanklin)
6. Crazy Legs (Jerry Reed)
7. Peg o’ my Heart (Fred Fisher, Alfred Bryan)
8. Wedding Bells (Are Breaking Up This Old Gang of Mine)
(Sammy Fain, Irving Kahal, William Raskin)
Same as disc 1, track 1, June 24, 1956.

9. Waltz of the Wind (Fred Rose)
10. Up a Lazy River (Hoagy Carmichael, Sidney Arodin)
11. Ain’t She Sweet (Milton Ager, Jack Yellen)
12. Gonna Back Up Baby (Danny Wolfe)
Same as 1, June 25, 1956.

13. Who Slapped John? (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
14. Jumps, Giggles and Shouts (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
15. Bluejean Bop (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Hal Levy)
16. I Flipped (Bobby Carroll, Billy Hicks)
Same as 1, June 26, 1956.

17. Bop Street (Cliff Gallup, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
18. Well I Knocked and I Knocked (Bim Bam) (Bobby Carroll)
19. You Told a Fib (Cliff Gallup, Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent)
20. Jump Back, Honey, Jump Back (Hadda Brooks)
Same as 1, June 26, 1956.

21. Hound Dog (Jerry Leiber, Mike Stoller)
22. Be-Bop-a-Lula (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Same as disc 1, track 1. Alan Freed-spoken introductions. Recorded live at WINS Radio in August, 1957.

Disc 2
1. Teenage Partner (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
2. Blues Stay Away From Me (Alton Delmore, Rabon Delmore, Wayne Raney, Henry Glover)
3. Five Feet of Loving (Buck Peddy, Mel Tillis)
4. Cat Man (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Clifton E. Gallup as Cliff Gallup-lg; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red-rg; Jack Neal-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell -d; The Jordanaires, v. Produced by Ken Nelson. Mort Thomasson, engineer. Owen Bradley’s Studio, Nashville, Tennessee, October 15, 1956.

5. Double Talkin’ Baby (Danny Wolfe)
6. Hold Me, Hug Me, Rock Me (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
7. Unchained Melody  (Alex North, Hy Zareth)
Same as disc 2, track 1. October 16, 1956.

8. B-I-Bickey-Bi, Bo-Bo Go (Don Carter, Dub Nalls, Jack Rhodes)
9. Pink Thunderbird (Paul Peek, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
10. Pretty Pretty Baby (DannyWolfe)
11. Cruisin’ (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
Same as disc 2, track 1, October 17, 1956.

12. Important Words (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
13. You Better Believe (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
14. Red Bluejeans and Pony Tail (Jack Rhodes, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
15. Five Days, Five Days5. (Jack Rhodes, Bill Wiley, Freddie Franks)
Same as disc 2, track 1, October 18, 1956.

16. I Got It (Dick Glasser)
17. Wear my Ring (Bobby Darin, Don Kirshner)
18. Lotta Lovin’ (Dick Glasser)
19. Rollin’ Danny (Joe Steen, Paul Edwards)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Johnny Meeks-lg; Buck Owens aka Corky Jones-rg; Bobby Jones-b; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, June 19, 1957.

20. Time Will Bring You Everything (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red)
21. True to You (Hefty Beale)
22. In my Dreams (Tom Bedwell)
23. Dance to the Bop (Floyd Edge)
Same as disc 2, track 16 except Buck Owens out. June 20, 1957.

Disc 3
1. Your Cheatin’ Heart (Hank Williams)
2. Baby Blue (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Bobby Jones)
3. Walkin’ Home from School (Sylvester Bradford, Al Lewis)
4. It’s No Lie (Otis Blackwell)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v; Johnny Meeks-lg; Max Lipscombe-p; Bobby Jones-b; Richard Harrell aka Dickie Harrell-d; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, December 6, 1957.

5. Should I Ever Love Again (Edward Gates, H. M. Cockel)
6. Flea Brain (Robert Carter aka Bob Carter)
7. Brand New Beat (Joe Allison, Audrey Allison)
8. Frankie and Johnny (trad. arr. Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent)
Same as disc 3, track 1. December 9, 1957.

9. You Belong to Me (Julius Frank Anthony Kuczynski aka Pee Wee King, Henry Ellis Stewart aka Redd Stewart, Chilton Price née Chilton Searcy)
10. Keep it a Secret (Jessie Mae Robinson)
11. Yes, I Love You Baby (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Paul Peek, Max Lipscombe, Tommy Facienda)
Same as disc 3, track 1. December 10, 1957.

12. By the Light of the Silvery Moon (Gus Edwards, Edward Madden)
13. Right Now (Sylvester Bradford, Al Lewis)
14. You’ll Never Walk Alone (Richard Rodgers, Oscar Hammerstein II)
15. I Got a Baby (Charles Matthews)
Same as disc 3, track 1. December 15, 1957.

16. Dance in the Street (Alvin Davis, Don Welch)
17. Git It (Bob Kelly)
Vincent Eugene Craddock as Gene Vincent-v, rg; Johnny Meeks-lg; Grady Owen-rg; Clifton Simmons-p; Bobby Jones-b; Juvey Gomez-d; Paul Peek aka Paul Edward Peek Jr. aka Red, Tommy Facenda aka Bubba-hand claps, chorus vocals; Eddie Cochran-backing vocals on 17. Produced by Ken Nelson. John Kraus, engineer. Capitol Tower, Hollywood, California, March 25, 1958.

18. I Love You (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, Grady Owen)
19. Teenage Partner  (Vincent Eugene Craddock aka Gene Vincent, William Douchette aka Bill Beauregard Davis aka Sheriff Tex)
20. (You Gave Me) Peace of Mind (James Bracken)
21. Lovely Loretta (Grady Owen, Ed Watt)
Same as disc 3, track 16. Eddie Cochran-bv on 19, 20, 21. March 26, 1958.

22. Little Lover (Bobbie Carroll)
23. Rocky Road Blues (Bill Monroe)
Same as disc 3, track 16. March 27, 1958.

CD THE INDISPENSABLE GENE VINCENT & THE BLUE CAPS 1956-1958, GENE VINCENT © Frémeaux & Associés 2013(frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

Vous pouvez acheter ce produit :
- Chez votre disquaire (distribution Socadisc) ou chez votre libraire (distribution Frémeaux & Associés) ou par téléphone au 01 43 74 90 24.
- Sur lalibrairiesonore.com Acheter ce produit
- Sur librairie-audio.comAcheter ce produit

Fremeaux


Je suis :

Un particulier Un libraire

Un disquaire Une bibliothèque
 meublenatureok.gif

Catalogue Frémeaux
Catalogue Frémeaux
Je souhaite recevoir
le catalogue
Catalogue Frémeaux
Catalogue Frémeaux

Les livres sonores à l'écoute
templatefrmeaux_correc16.jpg
Fremeaux
Grand prix In Honorem
de l'Académie Charles Cros
pour son oeuvre d'éditeur

Fremeaux

WESTERN COWBOY BALLADS & SONGS
WESTERN COWBOY BALLADS & SONGS
Cette anthologie est consacrée au monde musical du Far West. D’abord celui des authentiques ballades chantées...

THE ROOTS OF PUNK ROCK MUSIC
THE ROOTS OF PUNK ROCK MUSIC
Bruno Blum, qui adolescent a lui-même fait partie du mouvement punk à Londres à la fin...

ROY ORBISON
ROY ORBISON
Après une phase rockabilly aux paroles et mélodies déjà ambitieuses, Roy Orbison...

ROOTS OF FUNK 1947-1962
ROOTS OF FUNK 1947-1962
Quelles sont les origines du funk ? Depuis le début du XXè siècle, ce terme signifie la...

ROCK N’ROLL VOL 4 1948
ROCK N’ROLL VOL 4  1948
Tout au long de l’année 1948, la Guerre Froide n’aura guère rafraîchi les ardeurs des danseurs...

ROCK N'ROLL VOL 6 1950
ROCK N'ROLL VOL 6 1950
Le volume consacré à 1950 de cette série “Roots of Rock’n’Roll” –...

ROCK N'ROLL 1953-1959
ROCK N'ROLL 1953-1959
La liberté conquise par le Rock ‘n Roll s’exprime dans la danse fougueuse d’une...

ROCK INSTRUMENTALS STORY 1934-1962
ROCK INSTRUMENTALS STORY 1934-1962
Passage obligé emprunté par les plus grands noms, avec leurs ambiances évocatrices,...

LITTLE RICHARD - THE INDISPENSABLE 1951-1962
LITTLE RICHARD - THE INDISPENSABLE 1951-1962
Little Richard fut le plus intense de tous les chanteurs de rock. Précurseur de la soul et monstre sacré du rock...

IRISH IN AMERICA
IRISH IN AMERICA
Ce sont les immigrants Irlandais en Amérique qui ont enregistré les premiers disques de musique folk...

HAWAIIANS IN PARIS
HAWAIIANS IN PARIS
D’Honolulu, une déferlante hawaïenne touche l’Europe durant les “années folles”. Plus...

HAWAIIAN MUSIC
HAWAIIAN MUSIC
La musique hawaïenne du début du XXe siècle a considérablement influencé toutes les musiques...

HANK WILLIAMS
HANK WILLIAMS
Personne ne symbolise davantage la Country Music de l’après-guerre que Hank Williams. Il a largement contribué...

GENE VINCENT - THE INDISPENSABLE VOL. 2 (1958-1962)
GENE VINCENT - THE INDISPENSABLE VOL. 2 (1958-1962)
Après Be-Bop-a-Lula, qui avait fait de Gene Vincent and the Blue Caps l’une des figures...

GENE VINCENT & THE BLUE CAPS
GENE VINCENT & THE BLUE CAPS
Be-Bop-a-Lula a fait de Gene Vincent et son groupe the Blue Caps, l’une des figures tutélaires du rock. Avec...

FOLKSONGS
FOLKSONGS
Popularisées par des artistes du monde entier, les folksongs américains sont devenues une sorte de folklore...

FIDDLIN' IAN McCAMY and his CELTIC REELERS
FIDDLIN' IAN McCAMY and his CELTIC REELERS
“Des jigs, reels, valses, mais aussi des escapades jazzy, country, des chansons musclées. Le violon est brillant,...

ELECTRIC GUITAR STORY
ELECTRIC GUITAR STORY
Cette anthologie réalisée (et commentée dans un livret de 32 pages) par Bruno Blum est...

EDDIE COCHRAN - THE INDISPENSABLE 1955-1960
EDDIE COCHRAN - THE INDISPENSABLE 1955-1960
Décédé dans un accident à 21 ans après quelques disques fulgurants, le créateur de Three...

COUNTRY QUEBEC
COUNTRY QUEBEC
Coffret 2 CD avec livret 48 pages préfacé par Gérard Herzhaft.

« L’histoire de la...

COUNTRY GOSPEL
COUNTRY GOSPEL
Coffret 2 CD avec livret 40 pages.

Le Gospel est certainement la racine la plus ancienne et la plus profonde de la...

COUNTRY BOOGIE
COUNTRY BOOGIE
Coffret 2 CD avec livret 32 pages
Inclus Country Boogie d'Arthur Smith.

Country boogie,...

COUNTRY
COUNTRY
Gérard Herzhaft nous offre ici la première anthologie couvrant de façon panoramique la country music...

CANADA FOLKSONGS 1951-1957
CANADA FOLKSONGS 1951-1957
Le Canada est un territoire politique qui n’a pas une culture identitaire le représentant, mais...

BOB WILLS AND HIS TEXAS PLAYBOYS
BOB WILLS AND HIS TEXAS PLAYBOYS
Bob Wills a été un des créateurs du Western Swing, entre country music, jazz et blues. Son œuvre est...

BO DIDDLEY
BO DIDDLEY
Bo Diddley fut sans doute le musicien de rhythm and blues le plus original des années 1950-1960. Chanteur remarquable,...

BANJO 1901-1956 - LE BANJO AMERICAIN A CINQ CORDES
BANJO 1901-1956 - LE BANJO AMERICAIN A CINQ CORDES
Le banjo est associé, depuis plus d’un siècle, à l’imaginaire collectif du...

B.B. KING
B.B. KING
Avec une voix « soul » et un jeu de guitare raffiné, B.B. King a été le principal musicien...

ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962
ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962
Depuis la Libération, les yeux d’une partie de la jeunesse française sont rivés vers la musique...

ANTHOLOGIE DU ROCK FIFTIES EN FRANÇAIS 1956-1960
ANTHOLOGIE DU ROCK FIFTIES EN FRANÇAIS 1956-1960
Si le rock’n’roll, abrégé en rock, a officiellement démarré et...

Logo Radio France  Logo INA
 
Logo RFI
Logo PUF 
 
logo-facebook.gif

Rechercher dans le catalogue Frémeaux
Toutes les catégories :
Advertisement
Titre_Nouveau_Catalogue.gif
Catalogue 2016-2017
Titre_DVD.gif
Pub Net Edgar morin.jpg
Titre_actualites.gif
Pub Net IntDjango.jpg
Titre_Galerie.gif
Pub Net Expo Corot1.jpg
Titre Essentiel.gif
Pub Net Proust 6V.jpg
Titre_nouveaute_PUF.gif
Pub Net La Bible.jpg
Titre_lucferry.gif
Philo-Mytho Ferry
Luc Ferry
Collection Luc Ferry
Inédits
Pub Net Live in Paris 6V Monk.jpg
Feuille Nouveautés

Dictionnaire des Artistes
Dictionnaire des Artistes
Dictionnaire des Artistes
Présentation

• Pourquoi fremeaux.com ?
• Autorisations Cinéma, TV, musées...
• Une culture d'entreprise
• Charte qualité

Mémoires et études
Edité par Fremeaux et Associés
visuinternetdompublic.gif
Le patrimoine
sonore en
danger!
Interview de
Patrick
Frémeaux

Mémoires et études


Collection Histoire de France
Collection Histoire de France
Titre_Publicite.gif
Pub Net Cat. LibSonore 200pixels.png
Philosophie | Sciences Humaines | Histoire | Livres sonores | Contes | Enfants de 2 A 5 ans | Enfants de 6 A 11 ans | Son de la nature | Collection the quintessence | Jazz
Intégrale Django Reinhardt | Blues | Country & Rockn Roll | Gospel | Chanson française | Les cinglés du music hall | World Music | Classique | Frémeaux & Ass. Télévisions
Mentions légales - Recommander ce site - Ajouter aux favoris - Nous contacter - © 2006 Frémeaux et Associés
20, rue Robert Giraudineau - 94300 VINCENNES - FRANCE - Tél : +33 1 43 74 90 24 - Fax : +33 1 43 65 24 22
templatefrmeaux_correc69.gif