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Léopold Sédar SENGHOR
Enregistrements Historiques
présentés par Philippe Sainteny 







PREFACE 
Mandela, Senghor, pour bien des observateurs, ces deux hommes-et seuls, ces deux hommes-là!-auraient offert à l’Afrique ce qui lui faisait si péniblement défaut: par la grâce du Sud-africain, une dignité retrouvée et dans la trajectoire du Sénégalais, la révélation d’une possibilité de démocratie, hic et nunc. C’est ainsi qu’il y a quelques jours seulement, j’entendais sur une chaîne de radio publique, l’historien Marc Ferro faire ce rapprochement entre les deux hommes d’Etat africains et dans l’éloge, recueillir l’approbation des spécialistes qui l’entouraient. Mais d’où vient alors le sentiment que l’unanimité qui sacralise de son vivant la figure de Nelson Mandela, ne se constitue pas avec la même vigueur lorsqu’il s’agit d’évoquer la mémoire de Léopold Sedar Senghor ? Peut-être d’une posture, d’une image trompeuse, celles du « professeur » célébrant à l’excès d’insistantes fiançailles avec la grammaire et la langue françaises ? Liaison d’importance, certes, mais pouvant faire écran à ce qu’il faut inlassablement démontrer : Senghor fut à la fois grand poète et homme politique majeur.  Or voici qu’avant même la célébration du centième anniversaire de la naissance du Poète-Président, le 9 Octobre 1906 en pays sérère, l’année 2004 avait multiplié les signes avant-coureurs d’une consécration que l’on souhaiterait définitive. Il y eut ainsi à Ouagadougou, le Xème Sommet des pays francophones, matérialisation de cette francophonie dont l’enfant de Joal fut l’un des pères fondateurs et le chantre inépuisable. Il y eut sous la coupole de l’Académie Française, de Président à Président, Valéry  Giscard d’Estaing venant occuper le 16ème fauteuil, celui de Senghor que les Immortels y avaient élu vingt ans plus tôt et que son décès en 2001 avait rendu si tristement vacant. Il y eut enfin ce coup de chapeau des élèves de l’Ecole Nationale d’Administration française, baptisant leur promotion du nom de Léopold Sédar Senghor et organisant à Paris une émouvante soirée du souvenir, très justement présidée par Abdou Diouf, son disciple et successeur à la tête de l’Etat sénégalais, actuel Secrétaire  Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie. 

Signes avant-coureurs, clins d’œil d’une actualité senghorienne, comme une invitation à rendre hommage. D’òu ces deux « Livre d’or » en quatre chapitres : 1-Sur les pas d’une personnalité complexe, 2-Le souffle du poète et les techniques de l’écriture, 3-Le penseur, quel apport ? 4-La trajectoire politique, cette dernière partie moins développée que je ne l’aurais souhaité, soucieux d’éviter le ridicule de contracter en quelques minutes d’antenne, un demi-siècle d’intense activité publique. Et c’est d’ailleurs cette restriction auto-imposée qui donne tout son interêt au texte de Thierry Perret également publié dans ce livret. Mon confrère y analyse avec une belle lucidité l’essentiel de la carrière politique de Léoplold Sédar Senghor et s’interroge sur son héritage.  Il me faut, pour finir, citer ceux qui, comme moi-même, ont eu au cours des décennies, le privilège de conduire des entretiens avec l’illustre Sénégalais. Qu’il s’agisse de Jacqueline Sorel, de Demba Dieng, de Patrice Galbeau, d’Edouard Maunick, ou de Bernard Schœffer, sans la pertinence de leurs questions et la qualité des archives qu’ils nous ont léguées, ces deux émissions en forme d’hommage n’auraient pu voir le jour. Qu’ils en soient très vivement remerciés.
Philippe SAINTENY
Rédacteur en chef à Radio France Internationale 

Repères biographiques :
• 1906 (9 octobre) : date officielle de la naissance de Léopold Sédar Senghor à Joal (Sénégal).
• 1913-1922 : scolarité à la mission catholique de Joal puis chez les Pères du Saint-Esprit à Ngasobil.
• 1922-1928 : à Dakar, au collège-séminaire puis au “cours secondaire”. 
• 1928 : une demi-bourse lui permet de poursuivre ses études à Paris (lycée Louis-le-Grand).
• 1932 : esquisse avec L.G. Damas et A. Césaire le concept de “Négritude”.
• 1935 : reçu à l’agrégation de grammaire ; nommé professeur au lycée Descartes de Tours.
• 1936 : adhésion à la SFIO (parti socialiste) ; premiers poèmes.
• 1937 : prononce à Dakar une conférence qui fait sensation sur le thème : “Le problème culturel en Afrique Occidentale Française”.
• 1938 : professeur à Saint-Maur-les-Fossés, près de Paris.
• 1939 : mobilisation dans l’infanterie coloniale.
• 1940 - 1942 : prisonnier de guerre ; rédaction de nombreux poèmes.
• 1942 : retour à Saint-Maur.
• 1944 : professeur de linguistique à l’Ecole nationale de la France d’outre-mer.
• 1945 : député (socialiste) du Sénégal ; premier recueil de poèmes, Chants d’ombre.
• 1946 : participe à la rédaction de la nouvelle constitution de la République ; mariage avec Ginette Eboué.
• 1948 : rupture avec la SFIO ; fonde son propre parti, le “Bloc Démocratique Sénégalais” ; publication de Hosties noires et de l’Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française.
• 1955 : Secrétaire d’Etat dans le cabinet d’Edgar Faure ; divorce.
• 1956 : élection à la mairie de Thiès; publication d’Ethiopiques.
• 1957 : remariage avec Colette Hubert.
• 1958 : membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Cinquième République.
• 1959 : présidence de l’Assemblée fédérale du Mali (Soudan et Sénégal).
• 1960 (5 septembre) : élection à la présidence de la République du Sénégal (après disparition de la Fédération du Mali).
• 1961 : Nocturnes.
• 1963-1964 : à la suite d’une grave épreuve de force entre le président de la République et le Premier ministre, instauration d’un régime présidentiel et nationalisation des terres ; de 1964 à 1993, publication de la série des Liberté (discours, préfaces...) 
• 1966 : premier Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar.
• 1973 : Lettres d’hivernage (poèmes).
• 1976 : le multipartisme politique est autorisé au Sénégal.
• 1979 : Elégies majeures.
• 1980 (31 décembre) : démission des fonctions de président de la République.
• 1981 : mort accidentelle de son plus jeune fils.
• 1983 : élection à l’Académie Française ; mort accidentelle de son deuxième fils.
• 1988 : Ce que je crois.
• 1990 : inauguration à Alexandrie de l’Université Senghor.
• 1996 : hommage de l’UNESCO pour son 90ème anniversaire.
• 2001 (20 décembre) : décès à Verson (près de Caen). 

Pour en savoir plus :
Léopold Sédar Senghor (1906-2001) : une vie entre Sine et Seine 
• 9 octobre 1906 : naissance au Sénégal , à Joal (région du Sine, à 120 km au sud de Dakar) de Léopold Sédar Senghor (LSS). Par son père, “maître de terre” et négociant aisé, il appartient à l’ethnie sérère ; sa mère est d’ascendance peule. - Enfance passée dans l’affection des siens et le respect des traditions animistes : années heureuses qui lui donneront pour toujours la nostalgie du “Royaume d’enfance”.
• 1913-1928 : scolarité (et découverte de la langue et de la culture française) à la mission catholique de Joal, chez les Pères du Saint-Esprit de Ngasobil puis, à Dakar, au collège-séminaire et au “cours secondaire” (laïc). Se passionne pour la littérature française : “J’avais une boulimie de lectures”.
• 1928-1935 : études supérieures à Paris. - Découverte des poètes américains de la “Renaissance noire” ; amitiés avec Birago Diop, Léon-Gontran Damas et surtout Aimé Césaire et Georges Pompidou, son “plus-que-frère” ; engagement politique (“Etudiants socialistes”) et culturel : commence en 1934 le combat de toute sa vie au service de la reconnaissance et du rayonnement du génie négro-africain : de la “Négritude”, à la fois “ensemble des valeurs de la civilisation noire” et façons de vivre ses valeurs. - Echoue à entrer à l’Ecole Normale Supérieure mais est reçu à l’agrégation de grammaire (il est le premier Africain reçu à ce concours). - Publication de son premier texte (un hommage à l’écrivain René Maran).
• 1935-1940 : professeur de lettres à Tours puis à Saint-Maur-les-Fossés, dans la banlieue parisienne. - Milite à la SFIO (parti socialiste) ; suit des cours d’ethnologie et de linguistique, compose ses premiers poèmes, écrit ses premiers essais sur les cultures noires. Le 10 octobre 1937, prononce à Dakar une conférence intitulée “Le Problème culturel en Afrique Occidentale Française” qui précise d’emblée ses conceptions mais heurte le public colonial: il faut, dit-il avec force, “assimiler et ne pas être assimilé”.
• 1940-1944 : soldat dans l’infanterie coloniale, il est fait prisonnier par les Allemands et passe deux ans dans les camps (1940-1942). Met à profit sa captivité pour réfléchir sur la poésie et le rythme nègre, l’histoire des grandes civilisations (elles sont toutes, à ses yeux, le produit du métissage), l’avenir de l’humanité (il doit tendre à la complémentarité harmonieuse des cultures : à “la civilisation de l’Universel”). -Au lendemain de la guerre, accepte une chaire de linguistique à l’Ecole Nationale de la France d’Outre-Mer.
• 1945-1960 : en 1945, alors qu’il mène des recherches d’ethnolinguistique au Sénégal, il est sollicité par Lamine Gueye, chef de file local des socialistes, pour se porter candidat à la députation. Elu, il commence une brillante carrière politique : de 1945 à 1958, il est député aux deux Assemblées constituantes puis à l’Assemblée nationale ; en 1948, il crée son propre parti, le “Bloc Démocratique Sénégalais”, et, en 1958, l’“Union Progressiste Sénégalaise” ; secrétaire d’Etat dans le gouvernement d’Edgar Faure (1955), il s’oppose en 1956 à la “balkanisation de l’Afrique” causée selon lui par la “loi Defferre” et il est élu maire de Thiès, “la cité sénégalaise du rail” ; membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Cinquième République (1958) ; en 1959, il est l’artisan (vite déçu) de la Fédération du Mali. - Activités politiques et poétiques sont indissociables : publication de recueils de poèmes en 1945 (Chants d’ombre), 1948 (Hosties noires) et 1956 (Ethiopiques) ; en 1948, parution de son Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française pour laquelle J.-P. Sartre donne une célèbre préface, Orphée noir.- Premier mariage en 1946 avec Ginette Eboué, la fille du gouverneur du Tchad qui, dès août 1940, se rallia à la France Libre du général de Gaulle (deux fils naîtront de cette union qui se terminera par un divorce en 1955) ; second mariage en 1957 avec Colette Hubert (un fils). 
• 1959 : ministre-conseiller dans le gouvernement de Michel Debré (Premier ministre du général de Gaulle).
• 5 septembre 1960 : élection à la présidence de la République du Sénégal après l’éclatement de la Fédération du Mali ( 20 août).
• 1960-1980 : à la tête de l’Etat sénégalais (réélu en 1963, 1968, 1973 et 1978), Senghor gouverne avec sang-froid et habileté (coup d’Etat déjoué en décembre 1962, émeutes de 1968) et n’a de cesse d’engager son pays dans la voie du développement durable d’une part en optant pour un socialisme réformiste et “africanisé”, d’autre part en gardant des liens étroits avec l’ancienne métropole. Conscient d’être la figure de proue de la Négritude et malgré les critiques des jeunes générations, affirme le Sénégal sur la scène internationale.
• 1964 : après la publication d’un recueil de poèmes, Nocturnes (1961), commence à faire paraître la série de cinq volumes intitulée Liberté (regroupement de discours, allocutions, essais, préfaces).
• Mars-avril 1966 : organisé à Dakar sur son initiative, le premier Festival Mondial des Arts Nègres révèle les valeurs culturelles des peuples noirs et proclame la volonté de ceux-ci de s’ouvrir aux autres civilisations.
• 17-20 février 1969 : à Niamey (Niger), la Conférence sur la francophonie décide la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (aujourd’hui Agence intergouvernementale de la Francophonie). Cette décision est l’aboutissement du combat mené par L. S. Senghor dès 1960 en faveur de la communauté des peuples ayant en partage la langue française et ses valeurs culturelles. Il n’aura alors de cesse de plaider en faveur de “la civilisation de l’Universel, symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à leur chaleur complémentaire”.
• 1973 et 1979 : publication de nouveaux recueils poétiques, Lettres d’hivernage et Elégies majeures.
• 31 décembre 1980 : après avoir déconcentré le régime présidentiel en nommant un Premier Ministre (1970) puis autorisé le multipartisme (1976), se retire volontairement de la vie politique et laisse le pouvoir au chef du gouvernement, Abdou Diouf.
• 1981-2001 : Senghor se partage principalement entre Paris et Verson (près de Caen), où son épouse possède une propriété. C’est là qu’il passera ses dernières années, “Normand parmi les Normands”.
• 7 juin 1981 : mort accidentelle de son dernier fils, Philippe-Maguilen : “... O Prince de la  Gentillesse, nous aurons toujours soif de ton sourire !”
• 2 juin 1983 : élection à l’Académie Française : après avoir été le premier Africain agrégé de grammaire, le premier président du Sénégal, Senghor est le premier écrivain d’Afrique noire à être reçu sous la Coupole (la réception elle-même a lieu le 29 mars ; discours de réception prononcé par Edgar Faure : “Je dirai ton nom, Senghor. Nomina, numina. Chez vous, le nom se décline, et se déclame...”). Mort accidentelle de son deuxième fils, Guy.
• 1988 : publication de Ce que je crois.
• 1990 : inauguration à Alexandrie (Egypte) de l’Université de la Francophonie qui porte son nom.
• 1993 : publication du dernier volume des Liberté : Liberté 5. Sous-titre : Le dialogue des cultures.
• 1996 : hommage de l’UNESCO à l’occasion de son 90ème anniversaire.
• 20 décembre 2001 : décès à Verson dans cette Normandie qui lui rappelait “la transparence de la lumière au Sénégal après la pluie d’hivernage”

Bibliographie sélective :
Œuvres de Léopold Sédar Senghor
Poèmes :
• Œuvre poétique (Paris, Le Seuil, 1990. Edition reliée et collection “Points-Essais”, n°210). Cette édition est la dernière parue du vivant de l’auteur. Elle rassemble :
- Chants d’ombre (1945)
- Hosties noires (1948)
- Ethiopiques (1956)
- Nocturnes (1961)
- Poèmes divers
- Lettres d’hivernage (1972)
- Elégies majeures (version définitive)
- Poèmes perdus
- Dialogues sur la poésie francophone
- Traductions
• La rose de la paix et autres poèmes. Poèmes traduits de l’anglais par L.S. Senghor avec la collaboration de John Amery. Préface d’Alan Furness. Paris, L’Harmattan, 2001. 

Littérature pour la jeunesse :
La Belle Histoire de Leuk-le-Lièvre (en collaboration avec Abdoulaye Sadji). Paris, Hachette, 1953. Conçu pour servir de livre de lecture au niveau du cours élémentaire des écoles d’Afrique noire, le livre a été repris sous forme de bande dessinée (illustrateur : Marcel Jeanjean) par les Nouvelles Editions Africaines puis par les NEA du Sénégal (2003). 

Essais et œuvres critiques :
• Les plus beaux écrits de l’Union Française et du Maghreb. Paris, La Colombe, 1947. (En collabo ration).
• Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française précédée de Orphée noir, par Jean-Paul Sartre. Paris, PUF, 1948. (Collection “Quadrige”, 2002)
• Pierre Teilhard de Chardin et la politique africaine. Paris, Seuil, 1962.
• La série Liberté ( elle regroupe discours, allocutions, préfaces, etc. Tous les ouvrages ont paru aux Editions du Seuil) :
- Liberté 1. Négritude et Humanisme (1964)
- Liberté 2. Nation et voie africaine du socialisme (1971)
- Liberté 3. Négritude et civilisation de l’Universel (1977)
- Liberté 4. Socialisme et planification (1983)
- Liberté 5. Le Dialogue des Cultures (1993)
• La Parole chez Paul Claudel et les Négro-Africains. Dakar, NEAS, 1973.
• Pour une relecture africaine de Marx et d’Engels. Dakar, NEAS, 1976.
• La poésie de l’action. Conversations avec Mohamed Aziza. Paris, Stock, 1980. $
• Ce que je crois. Paris, Grasset, 1988.
Discours de remerciement et de réception à l’Académie française. Paris, Seuil, 1984.
Léopold Sédar Senghor et la revue “Présence Africaine”. Paris-Dakar, Présence Africaine, 1996.

Etudes consacrées à Léopold Sédar Senghor et à son œuvre :
Biographies :
• Joseph Roger de Benoist : Léopold Sédar Senghor. Témoignage de Cheikh Hamidou Kane. Paris, Beauchesne, 1998.
• Jean-Pierre Biondi : Senghor ou la tentation de l’universel. Paris, Denoël, 1993. Collection “Destins croisés” de la série “l’Aventure coloniale de la France”.
• Ernest Milcent et Monique Sordet : L. S. Senghor et la naissance de l’Afrique moderne. Préface de Georges Pompidou. Paris, Seghers, 1969.
• Jacqueline Sorel : Léopold Sédar Senghor. L’émotion et la raison. Saint-Maur-les-Fossés, Editions Sépia, 1995.
• Janet G. Vaillant : Black, French and African. A Life of Léopold Sédar Senghor. Cambridge (Mass.)-London, Harvard University Press, 1990. 

Ouvrages : 
(Classement par ordre alphabétique d’auteurs)
• Aliou Camara : La philosophie politique de Léopold Sédar Senghor. Paris, L’Harmattan, 2001.
• Armand Guibert : Léopold Sédar Senghor. Paris, Seghers, 1961. Collection “Poètes d’aujourd’hui”, n°82 (plusieurs rééditions ).
• Robert Jouanny : Les Voies du lyrisme dans les “Poèmes” de Léopold Sédar Senghor. Paris, Champion, 1986.
• Lilyan Kesteloot : Comprendre les poèmes de L.S. Senghor. S.l., Editions Saint-Paul, 1986.
• Geneviève Lebaud :  - L. S. Senghor ou la poésie du royaume d’enfance. Paris-Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, 1976. - Imaginaire et création dans l’œuvre poétique de L.S. Senghor. Paris, L’Harmattan, 1995.
• Gloria Saraya : Langage et poésie chez Senghor. Paris, L’Harmattan, 1989.
• Renée Tillot : Le Rythme dans la poésie de Léopold Sédar Senghor. Dakar, Les Nouvelles Editions Africaines, 1979 . 

A paraître (2005-2006) :
• L’Organisation internationale de la Francophonie et les Editions Gallimard ont confié à l’écrivain-journaliste Jean-Michel Djian la rédaction d’un ouvrage qui évoquera les grandes ambitions de L.S. Senghor et le message qu’il nous laisse.
• L’Agence universitaire de la Francophonie apporte son soutien à la première édition critique de l’œuvre poétique de L.S. Senghor. Présentations des recueils, étude des variantes et notes sont placées sous la responsabilité d’une équipe universitaire internationale coordonnée par le Pr. Pierre Brunel (Paris IV-la Sorbonne).  

Ouvrages collectifs et hommages
: (Classement par ordre chronologique de publication)
• Hommage à Léopold Sédar Senghor, Homme de Culture. Paris, Présence Africaine, 1976.
• Léopold Sédar Senghor. Revue Sud, n°63, 1987 (actes du colloque de Cerisy-la-Salle).
• Présence Senghor. 90 écrits en hommage aux 90 ans du poète-président. Paris, UNESCO, 1997.
• Un autre Senghor. Textes réunis par Jean-François Durand. Montpellier, Université Paul Valéry, 2000.
• Le siècle Senghor. Sous la direction d’André-Patient Bokiba. Paris, L’Harmattan, 2001. 

Publications périodiques :
(Classement par ordre chronologique de parution)
• Léopold Sédar Senghor, un poète. “Itinéraires et contacts de cultures”, volume 9. Paris, L’Harmattan, 1988.
• Ethiopiques, de L. S. Senghor. Revue L’Ecole des lettres, N°12, 1er avril 1998.
• Dossier Senghor dans Notre Librairie (revue de l’ADPF (ministère français des Affaires étrangères), n° 147). Janvier-mars 2002.
• Numéro spécial de la revue Ethiopiques (Fondation L. S. Senghor, Dakar). N° 69, 2ème semestre 2002. 

Documents  audiovisuels et multimedia :
Films :
• Un siècle d’écrivains : Léopold Sédar Senghor (1996). Réal. : Béatrice Soulé. 48 min.
• L .S. Senghor : Ethiopiques (1998). Réal. : Centre national d’enseignement à distance. 66 min.
• L. S. Senghor : entre deux mondes (1998). Un film de Jean-Noël Jeanneney et Pierre Beuchot. 95 min.
• L. S. Senghor. De la négritude à l’universel (2001). Réal. : Espace francophone. 26 min. 

A paraître (2006) :
• L’Organisation internationale de la Francophonie diffuse un DVD qui, réalisé sur son initiative et en partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA, France), reprendra plusieurs entretiens télévisés accordés par L.S. Senghor ainsi que des films documentaires consacrés au “président-poète” sénégalais. 

CD audio :
A paraître : 
• Institut National de l’Audiovisuel (INA, France) publie un CD rassemblant des discours, allocutions et interventions de L.S. Senghor.  

CD Rom :
• Léopold Sédar Senghor : le poète-président. Paris, Jériko, 1999. 

Dossier constitué  par Jean-René Bourrel 

SENGHOR : L’HOMME POLITIQUE ET L’HERITAGE
De tous les “pères” des indépendances africaines, Léopold Sédar Senghor (1906-2001) est sans doute celui qui a joui du plus grand prestige international. A l’extérieur de l’Afrique, on a surtout salué en Senghor le président-poète et sa double trajectoire d’intellectuel et d’homme d’Etat qui réalisait une synthèse rare dans l’histoire : président du Sénégal de 1960 à 1980, Senghor quitte volontairement le pouvoir pour se voir intronisé, en 1984, à l’Académie française en couronnement d’une œuvre littéraire importante. Il a ensuite écrit, avec ceux de sa génération, une page essentielle pour l’Afrique, en accompagnant le passage des pays de l’ancien Empire français à la souveraineté, exerçant son influence sur les modalités de ce processus. On lui reprocha longtemps d’avoir voulu, avec d’autres, préserver le plus longtemps possible les liens avec l’ancienne métropole ; on reconnaît généralement aujourd’hui que ce ne fut pas par étroitesse de vue, mais par pragmatisme, dans un contexte historique déterminé. Enfin, l’homme reste, à travers sa double culture, africaine et occidentale, le symbole d’une alchimie fascinante entre deux mondes à bien des égards opposés dont il n’a cessé de vouloir, en pleine conscience, additionner les apports au lieu d’y voir une contradiction de fond. Cette volonté, qui a conduit le grammairien, fin connaisseur de Descartes et de Victor Hugo, à défendre le fameux concept de “négritude” souvent contesté, parut à certains parfois caricaturale. Elle fut pour lui naturelle. Ce qui suggère un constat simple : l’homme est exceptionnel, mais aussi parce qu’il a été le fruit d’une époque singulière, et probablement révolue.

I/ LA VIE
A) LA FORMATION
Léopold Sedar Senghor naît en 1906 à Joal, dans la région du Sine Saloum. Il est le fils d’un notable d’ethnie sérère que les activités commerciales autant que l’ouverture d’esprit ont mis en contact avec l’extérieur. Le jeune Léopold est élevé jusqu’à 7 ans dans un milieu traditionnel (et féminin) où il s’imprègne d’une culture sérère mélangée d’apports malinkés ou peuls, avant d’être mis à l’école du colonisateur : tout d’abord la mission catholique de Joal, puis le collège de Ngasobil, avant d’être envoyé à Dakar. Au collège-séminaire Libermann, il se prépare à la prêtrise , avant que ses maîtres, en raison de son esprit frondeur et curieux, ne l’orientent vers le “cours secondaire” (futur lycée laïque Van Valloven), où il passe son baccalauréat en 1928. Pour ce sujet extrêmement brillant, l’avenir, jugent ses professeurs, passe par des études supérieures en France plutôt que par une formation à l’Ecole normale William Ponty (Gorée), qui constitue à l’époque le débouché normal des élèves africains. Arrivé à Paris en 1928, où son correspondant n’est autre que le député sénégalais Blaise Diagne, Senghor entre au lycée Louis-le-Grand pour préparer le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure. Deux rencontres s’avèrent décisives : celle de Georges Pompidou, son condisciple à Louis-le-Grand avec qui il noue des liens privilégiés. Et l’Antillais Aimé Césaire. Les trois hommes ont en commun l’amour de la poésie. Senghor est admis dans tous les milieux, il s’imprègne de l’atmosphère du Quartier Latin, véritable “bouillon de culture” à une époque où le triomphe du surréalisme s’accompagne de la découverte des “arts premiers” : “dans le Paris des années folles, la vie apporte chaque jour des étonnements... l’automobile a remplacé les calèches, les avions commencent à traverser l’Atlantique, le téléphone relie l’Europe à l’Amérique. A la terrasse des cafés, les femmes s’affichent avec des cheveux courts et de longs fume-cigarettes... Au Casino de Paris, on va applaudir Joséphine Baker ou Maurice Chevalier ; à Montparnasse, la brasserie La Rotonde, avec son dancing et son jazz ban, attire les artistes...” (Léopold Sédar Senghor, Jacqueline Sorel, éditions Sépia).  C’est donc un Paris très cosmopolite que découvre Senghor, et en compagnie de Césaire et du Guyanais Léon-Gontran Damas, il fréquente les milieux noirs où Africains, Antillais et Américains se retrouvent pour des discussions enfiévrées. En 1931, année de l’Exposition coloniale, Senghor fréquente les animateurs de La Revue du Monde Noir. Puis il fonde en 1934, avec Césaire, le journal L’Etudiant noir, où apparaît le concept de Négritude, forgé par ce dernier . Définie par Césaire comme “la simple reconnaissance du fait d’être noir”, la “négritude” vise à la promotion et à l’illustration de la culture noire, ce qui conduit Senghor à défendre la “raison intuitive” contre “la raison discursive”. Agrégé de grammaire en 1935 (et premier agrégé africain), il est fêté en grande pompe lors d’un retour à Dakar. Il reste cependant en France où il va enseigner au lycée de Tours avant de revenir à Paris. Il commence à militer à la SFIO. La Seconde guerre mondiale arrive. Il est mobilisé, dans l’infanterie, fait prisonnier puis libéré en 1942 où il reprend l’enseignement. Ses conceptions littéraires se sont affirmées, notamment à la faveur de la découverte de l’œuvre du poète Saint John Perse. La plupart des poèmes qu’il écrit alors seront publiés en 1945 dans son premier recueil, “Chants d’ombre”. 

B) LA CARRIERE POLITIQUE
Surtout attiré par le débat intellectuel, Senghor a cependant suivi avec passion les événements politiques. A la période où se tient la Conférence de Brazzaville (30 janvier-8 février 1944), il travaille sur un texte, publié en 1945, où il précise ses options politiques pour l’Afrique : dans “La Communauté impériale française”, qui remet une fois encore en question l’attitude coloniale tendant à nier le fait culturel africain, il propose une voie pour l’émancipation politique “dans une communauté de vues et d’intérêts”. Son entrée en politique, dès lors, est rapide. Il participe en 1945 à la commission Monnerville chargée d’étudier la représentation des colonies à la future Assemblée constituante française. Puis à l’occasion d’un séjour au Sénégal, il se laisse convaincre par Lamine Gueye, alors Maire de Dakar, de se présenter aux législatives et fait campagne dans le milieu rural. Ce premier contact avec le pays profond débouche sur son élection, aux côtés de Lamine Gueye. Tandis que l’idée d’émancipation agite l’ensemble des colonies françaises d’Afrique, l’histoire s’accélère : Senghor et Lamine Gueye, tous deux SFIO, ont cédé aux pressions de leur groupe politique et ils sont les grands absents du congrès constitutif du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) à Bamako, en novembre 1946. Un geste qui coûtera cher à Senghor, même si celui-ci prend ses distances avec la politique suivie par la SFIO, et surtout se trouve souvent en désaccord avec Lamine Gueye. Il finit par créer en 1948 en compagnie de Mamadou Dia son propre parti, le Bloc démocratique sénégalais, qui ravit les deux sièges de députés aux élections législatives de juin 1951.  S’ensuit une bataille d’influence décisive en France entre le RDA, d’abord apparenté au parti communiste, et les Indépendants d’Outre-Mer réunis autour de Senghor. Après les élections de 1956, Houphouët-Boigny pour le RDA est nommé ministre dans le gouvernement Defferre. Il est en bonne position pour contrecarrer le vieux projet de Senghor d’une Fédération d’AOF, liée à la France. La loi-cadre de 1956 institue les conseils de gouvernement séparés, qui préfigurent un cheminement isolé vers l’indépendance des ex-colonies, et donc un éclatement des grands ensembles régionaux. Senghor a perdu là l’un des grands combats de sa carrière politique. Puis c’est le retour de De Gaulle aux affaires, en 1958, qui présente aussitôt son projet de Communauté franco-africaine. Les leaders sénégalais sont réticents, mais ils appelleront à voter “oui” au référendum de septembre qui marque l’entrée dans la Communauté. Senghor obtient cependant du Général de Gaulle qu’il inscrive le principe de l’autodétermination dans son programme. S’il a vu s’envoler ses rêves d’une grande fédération de l’AOF, Senghor espère en revanche dans le projet de Fédération du Mali qui devait réunir le Sénégal, le Soudan (actuel Mali), la Haute Volta (Burkina Faso), le Dahomey (Bénin). Elle est finalement créée en avril 1959 avec seulement les deux premiers cités, et à sa tête Modibo Keita. L’entreprise tourne court, alors que la France vient d’ accorder son indépendance à la Fédération, après une tentative des “Soudanais” pour en prendre le contrôle à l’occasion de l’élection présidentielle prévue le 1er septembre. Le complot est éventé et, dans la nuit du 19 au 20 août le transfert des compétences à la Fédération est abrogé. Le Sénégal recouvre son indépendance, et les dirigeants maliens sont renvoyés à Bamako. Le 5 septembre, Léopold Sedar Senghor devient Président du Sénégal après un vote des assemblées nationales et régionales. Nouvelle épreuve, deux ans après : elle oppose Senghor à Mamadou Dia, devenu président du Conseil, dont les conceptions progressistes inquiètent, tandis que Senghor a une vision plus modérée du socialisme que tous deux défendent dans le cadre de l’Union progressiste sénégalaise, le parti né en 1958 de la fusion des mouvements de Senghor et de Lamine Gueye. Le différend tourne à la crise institutionnelle quand Mamadou Dia choisit l’épreuve de force en s’appuyant sur le parti contre Senghor qui a gagné l’Assemblée nationale à sa cause. Les forces armées sont divisées, mais Senghor l’emporte finalement. Dia est arrêté le 18 décembre 1962 et condamné à un emprisonnement de longue durée (il est libéré en 1974). 

C’est le début pour Senghor d’un règne solitaire qui l’amène à instaurer un régime présidentiel fort, après l’adoption d’une nouvelle constitution et une réélection en 1963 marquée par la violence et une dizaine de morts. L’opposition est réduite au silence, progressivement les autres partis se rallient à l’UPS, notamment le PRA-Sénégal en 1966. C’est le règne du “parti unifié”. En 1968, alors que de nombreux indices annoncent une dégradation de l’économie, Senghor affronte cette fois la contestation étudiante, couplée à une forte mobilisation de l’Union Nationale des Travailleurs du Sénégal. La crise, marquée par de nombreuses manifestations, est dangereuse, car le chef de l’Etat prend tardivement la mesure du danger. Il contre-attaque en orchestrant une vaste manifestation de ruraux venus par milliers à Dakar répondre à son appel, et en lâchant du lest face aux syndicalistes, avant de réoccuper vigoureusement le terrain. L’UNTS sera progressivement remplacée par la Confédération nationale des travailleurs sénégalais (CNTS), dont la marge de manœuvre est réduite face au pouvoir. Tout en s’efforçant de lancer la “rénovation” du vieux parti socialiste sclérosé, Senghor fait réviser la Constitution, nomme en 1970 un Premier ministre, Abdou Diouf, avant de donner à partir de 1974 le feu vert à un multipartisme limité à trois, puis quatre partis.  En 1973 et 1978, Senghor se fait réélire sans difficultés, tandis qu’il peut se prévaloir malgré certains soubresauts de l’instauration d’une démocratie “apaisée” et, au plan culturel, d’un remarquable essor, notamment dans les arts plastiques. Il est aussi l’un des promoteurs du mouvement francophone, qui a vu la naissance en 1970 de l’ACCT. Il n’a cessé durant ces années de pouvoir de poursuivre son œuvre littéraire, jalonnée par des recueils de poèmes et des essais (recueillis dans la série des cinq volumes des “Libertés”). Il se retire volontairement du pouvoir en décembre 1980, en intronisant son second, Abdou Diouf, élu peu après Président de la République. Reçu en 1984 à l’Académie française (premier Africain à siéger sous la Coupole), il passe ses dernières années en Normandie, à Verson, où il décède le 20 décembre 2001. 

II/ L’HERITAGE
La figure de Léopold Sédar Senghor reste associée à un combat perdu : celui d’une Afrique indépendante composée en grands ensembles régionaux. Le fédéralisme, pour Senghor, était à la fois conçu comme une évolution en douceur, après la colonisation et l’expérience des grandes entités administratives que furent l’AOF et de l’AEF; comme une vision d’avenir au nom de laquelle l’Afrique ne pouvait tenir sa place dans le monde si elle était réduite à des micro-Etats aux faibles moyens économiques; enfin c’était aussi une sauvegarde pour le Sénégal, plaque tournante de l’ancienne AOF et dont toutes les structures administratives et économiques étaient fonctionnelles dans un cadre fédéral. De fait, l’échec de l’idée fédérale a été vécu par le Sénégal comme un traumatisme profond, tandis que s’amorçait une lente dégradation économique qui aura été la toile de fond des évolutions politiques constatées depuis trente ans. Reste la conviction toujours bien ancrée au Sénégal que l’avenir appartient aux regroupements régionaux, et qui a conduit, encore sous Abdou Diouf, à de multiples expériences allant de la Confédération sénégambienne à la promotion d’organisations inter-Etats comme l’OMVS (Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal) ou comme la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest). Au plan intérieur, l’œuvre de Senghor est considérable. Son passage au pouvoir a vu la mise en place des institutions du Sénégal indépendant, non sans tâtonnements puisque la Constitution a été remaniée cinq fois. Pourtant elle dessine un projet cohérent, servi par une remarquable stabilité : régime présidentiel fort, assez proche dans ses dispositions du modèle français de la Ve République, et tempéré là aussi par l’existence des instances législative et judiciaire. L’Assemblée nationale, pour Senghor, est un symbole naturel de la démocratie, même si son rôle allait s’avérer au fil des années peu décisif sous l’égide du parti unifié. L’existence au Sénégal d’une Cour Suprême dotée sur le papier de véritables moyens a souvent été relevée comme un autre signe d’une démocratie institutionnelle. D’une manière générale, Senghor s’est attaché avec continuité à poser les fondations d’un Etat moderne : on aura beaucoup légiféré sous son règne, les grands Corps de l’Etat auront bénéficié d’une grande sollicitude, et la formation des administrateurs fut assurée par plusieurs écoles spécialisées. On n’oubliera pas de signaler, dans ce pays majoritairement musulman, l’adoption d’un Code de la Famille très libéral en faveur des femmes, pour lequel Senghor n’a pas ménagé ses efforts, malgré d’évidentes résistances.  En fait, si la pratique politique a souvent donné le sentiment qu’on se trouvait en présence d’un système de pouvoir essentiellement autoritaire, et si les Sénégalais ont parfois confondu un certain juridisme pointilleux avec la notion d’“Etat de droit”, on peut considérer cependant que les formes et les mécanismes d’une démocratie moderne sont en place depuis longtemps. On peut tempérer cette observation en constatant que, par ailleurs, le multipartisme a tardé à être reconnu au Sénégal. En fait, dans sa version intégrale, il n’a été mis en œuvre qu’après le départ de Senghor. Mais si celui-ci s’est rapidement débarrassé d’une opposition institutionnelle par la négociation autant que par la répression, il s’est toujours refusé à décréter le régime de parti unique : celui-ci heurtait à n’en pas douter sa philosophie politique, forgée au contact de la IVe République en France, dont il a cependant éprouvé comme les Français les faiblesses. Dans le contexte sénégalais, il a opté pour une solution mesurée qui lui permettait de rester maître du jeu en pratiquant des ouvertures contrôlées lorsque la pression montait. Mais le cadre institutionnel ouvert permettait précisément ces dosages successifs. L’exercice du pouvoir par Abdou Diouf a continué de s’ inscrire dans cette ligne, faite à la fois d’autoritarisme et de compromis. De même, si la justice sénégalaise n’a pas toujours montré son indépendance, elle a longtemps été considérée comme une belle machine servie par des magistrats de premier plan. Là encore, Senghor avait voulu que les Sénégalais puissent être fiers de l’ institution. Signalons enfin tout au long des années Senghor, et malgré des périodes répressives, un respect global des droits de l’Homme, qui permettait au Sénégal de s’enorgueillir de ne pas détenir de prisonniers politiques. La situation allait se dégrader cependant, après le départ de Senghor, avec l’apparition de la rébellion en Casamance. 

En marge du cadre politique, Senghor a aussi joué habilement du clientélisme, érigé au Sénégal comme ailleurs en pratique de gouvernement, en s’appuyant sur les pouvoirs traditionnels, en particulier les chefs religieux musulmans, qu’il n’a jamais heurtés de front, et dont il a peut-être contribué à renforcer l’assise à l’époque moderne. De la même manière il s’est s’efforcé de neutraliser par la dialogue autant que la menace ses adversaires les plus récalcitrants. La tendance, sous Abdou Diouf, à proposer à l’opposition des formules de consensus, en l’associant au pouvoir, remonte en fait en droit fil au senghorisme et à la constitution par petites touches du parti unifié.  La “plasticité” du système sénégalais, qui a permis d’éviter les soubresauts les plus graves, explique aussi en grande partie le conservatisme de fond de la vie politique. Ce conservatisme s’observe encore à travers la prédominance pendant si longtemps du parti socialiste (héritier de l’UPS), véritable “citadelle” du pouvoir, dont le chef de l’Etat demeurait le maître en s’appuyant sur les hauts responsables de l’Etat, parfois parachutés à la tête du parti sans avoir eu auparavant à se constituer une base. L’exemple-type de cette symbiose entre l’Etat et le parti est la place prédominante occupée dès les années Senghor par le Sénégalais d’origine française, Jean Collin, qui occupa les postes-clés du ministère de l’Intérieur et du Secrétariat général de la Présidence, tout en exerçant jusqu’à son retrait de la vie politique, des fonctions stratégiques au sein du parti. L’existence d’un Jean Collin a illustré aussi, même s’il épousa totalement la cause de sa patrie d’adoption, la profonde influence française sur la vie publique sénégalaise. Formé en France, ayant gardé des amitiés nombreuses dans l’ex-métropole, considéré avec respect dans les hautes sphères du pouvoir en France, Senghor a voulu maintenir avec celle-ci les liens de coopération les plus étroits. L’assistance technique française fut toujours très présente, dans l’éducation comme dans la haute administration. Au plan économique, les investisseurs français furent toujours les bienvenus au Sénégal, enfin la culture française restait une référence. Tout ceci, il faut le dire, sans servilité, car Senghor avait une haute notion du nationalisme et de la promotion des spécificités africaines, ce qu’il s’est efforcé de traduire par diverses réformes comme la reconnaissance des langues nationales africaines et un encouragement à leur promotion méthodique qui rencontra certains déboires.  Au plan culturel encore, on a beaucoup reproché à Senghor ses initiatives onéreuses pour faire du Sénégal un carrefour des arts : peinture, muséologie, mais aussi théâtre, danse, avec la mise en place d’un centre chorégraphique. Il faut citer encore la création de la manufacture des Arts décoratifs de Thiès pour développer un art de la tapisserie et l’ouverture de l’Université des Mutants,, conçue comme un lieu d’échange entre cultures. Les déclamations de Senghor sur la civilisation de l’Universel ont toutefois suscité l’ironie de l’intelligentsia sénégalaise, qui l’accusait d’être trop penché à imiter l’Europe. Au plan diplomatique, Senghor n’a guère donné le sentiment de vouloir sortir sur le fond le Sénégal de son ancrage occidental, surtout sensible à l’égard de la France dont il épouse les principales initiatives sur la scène mondiale. Mais il s’est efforcé de ne pas s’enfermer dans la politique des “blocs”, en tissant des liens avec les pays progressistes du Sud, comme la Chine, tandis que ses rapports avec les Etats-Unis restèrent assez longtemps empreints d’une grande froideur. S’il refuse de reconnaître le MPLA marxiste en Angola, il soutient le combat anti-apartheid en Afrique du Sud. Mais sa principale réussite tient à un activisme diplomatique effréné, souvent accompagné de frustrations, ainsi lorsqu’il propose diverses médiations sénégalaises, notamment en Afrique (Angola, Sahara occidental...), mais dont le résultat est de poser le Sénégal comme un interlocuteur très présent sur la scène internationale. Cette dimension reste évidente encore aujourd’hui : la diplomatie apparaît encore comme le “bel art” par excellence, qui doit permettre au Sénégal, pays pauvre et peu stratégique, d’occuper une place sans commune mesure avec ses ressources.
Thierry PERRET 

DISCOGRAPHIE
01. Générique Livre d’or - présentation Philippe Sainteny : “De si pénibles matins …” 1’12
02. Au cœur des insomnies, le désordre du monde. 1’19
03. La poésie, de toutes les armes, la plus efficace pour “attaquer la mort,  compagne de tous les instants, sur son propre terrain”. 1’51
04. En pays Sérère, le merveilleux de l’enfance, entre le rite et le rythme.  Côté paternel, le cérémonial des visites du roi du Sine (Koumba Ndofène Diouf)  et les courses enchanteresses avec les bergers chasseurs d’antilopes, côté maternel. 4’11
05. “Les idées d’ombre et de lumière sont le fond même de ma poésie”. 1’33
06. L’aigle blanc des mers*, poème de Léopold Sédar Senghor, lu par Maurice Sonar Senghor.  (Chants d’ombre). 0’34
07. Même s’il existe une subtile parenté des langues sérère et française,  c’est cette dernière que choisit le poète et il s’en explique. 1’47
08. Concilier le génie de la culture française et celui de la négritude par l’“entrelacement du rythme  et de l’harmonie”. 0’51
09. Illustration 1 : “Brum, brum”. 0’21
10. Illustration 2 : lecture par Léopold S. Senghor de son poème La faiblesse du cœur  issu de Chaka (Ethiopiques). 1’35
11. La spécificité du rythme africain : 2+2 = 5 (Aimé Césaire) - Illustration par Léopold S. Senghor  lui-même : lecture du poème africain Degele*. Mise en lumière des parallélismes asymétriques  et des quatre accents d’intensité. 4’14
12. Poème : C’est le temps de partir* lu par Maurice S. Senghor (Chants d’ombre). 0’49
13. Au début des années 30 à Paris, rencontre avec Aimé Césaire et Léon Gontran Damas :  naissance du concept de négritude. 0’52
14. Poème : Il a plu* lu par Maurice S. Senghor (Lettres d’hivernage). 0’25
15. Léopold S. Senghor est reçu à l’Académie Française par l’ancien Président  du Conseil Edgar Faure (29 mars 1984). 1’23
16. Chant à Léopold (Koumba Ndiouf N’Diaye). 0’26
17. Origine d’un patronyme “poétique”. Léopold S. Senghor par lui-même. (Elégies des Saudades). 1’27
18. Poème : Je ne sais en quels temps c’était* (Ethiopiques) - lu par Maurice S. Senghor. 3’01
19. Il a plu* (Lettres d’hivernage) - Lu par Maurice S. Senghor. 0’32
20. Désespoir d’un volontaire libre* (Hosties noires) - Lu par Maurice S. Senghor. 1’01
21. Eléphant de Mbissel* (Retour de l’enfant prodigue - Chants d’ombre) - Lu par Léopold S. Senghor 1’02
22. Un jour, à Lagos* (Elégies des Saudades - Nocturnes) - Lu par Maurice S. Senghor. 0’41
23. Femme noire (Chants d’ombre) - Lu par Léopold S. Senghor. 1’57
24. Présentation Philippe Sainteny et chant Léopold Sédar Senghor (Steal away from Jésus). 1’05
25. Générique Livre d’or - présentation Philippe Sainteny : “Léopold Sédar Senghor :  le penseur et le politique”. 1’21
26. Eloge de Pierre Teilhard de Chardin (Liberté 5). 5’07
27. “Le moment le plus fort” Retour sur la rencontre décisive avec A. Césaire et L. G. Damas. 2’13
28. Le temps du combat : Elégie pour Martin Luther King lue par Edouard Maunick. 3’23
29. Dakar (1966) : Premier festival des Arts Nègres. Interventions d’André Malraux  et Léopold S. Senghor. 3’42
30. Composantes et spécificités de l’œuvre d’art africaine, une analyse de Léopold S. Senghor. 1’55
31. Une formation intellectuelle à la fois sage et révoltée : apport de la culture “classique”  et rejet de l’assimilation. Déjà, le sentiment de la négritude. 3’40
32. “J’avais déjà le désir ardent d’être prêtre”. 1’05
33. Paris, le lycée Louis le Grand : rencontre avec Georges Pompidou, le condisciple.  Premier engagement politique. 3’33
34. Elégie pour Georges Pompidou, le “plus que frère”, lue par Philippe Sainteny. 0’52
35. L’entrée en politique. Le socialisme. Démission de la SFIO.  Création du bloc Démocratique Sénégalais puis de l’Union Progressiste Sénégalaise. 3’03
36. Participation de Léopold S. Senghor à la rédaction de la Constitution de la 5ème République (5/09/60). “Nous étions deux à demander que l’on y inscrive le principe de l’autodétermination”.  Relations avec le Général de Gaulle. 2’00
37. Discours d’investiture à la Présidence de la République (Dakar - 5 septembre 1960) :  “Cher vieux Sénégal, si je t’ai tant chanté, c’est que tu es la chair de ma chair”. 2’20
* Extrait

Ecouter Léopold Sédar SENGHOR (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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