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INTÉGRALE CHARLES TRÉNET
“LE JARDIN EXTRAORDINAIRE” : VOLUME 11

 


THE COMPLETE CHARLES TRÉNET
(1955-1957)

DIRECTION DANIEL NEVERS








6 novembre 1955 : Charles Trénet, lors d’une sauterie entre amis chez «?Maxim’s?», reçoit une petite couronne d’or des mains de Marcel Pagnol. Puis Jean Cocteau lui remet une grande galette du même métal, célébrant les vingt ans d’une carrière discographique des plus riches. Et pourtant, tout n’ira pas pour le mieux dans le meilleur des mondes phonographiques en cette fin d’année-là…

Comme nombre de chanteurs de sa génération, Charles Trenet, on l’a déjà signalé, n’éprouvait guère de sympathie pour la technique dite du «?play-back?», celle qui consiste à enregistrer séparément d’abord l’accompagnement puis la voix. Certes, pour le cinéma des années 1930-40, il avait bien dû s’y plier. De même, lorsqu’il fit la tournée des plages à l’été de 1938, premières heures bénies des congés payés, comme il n’était pas question de trimballer tout un orchestre, Jean Bérard lui fit tricoter des disques (78 tours) qu’on diffusait depuis la coulisse, sur la musique desquels il n’avait plus qu’à poser sa voix… Tout cela n’était pas si facile et d’un emploi limité. Mais avec l’arrivée décisive de la bande magnétique au début des années 1950, les choses se simplifièrent et le play-back devint la règle. Jusque fin 1955 toutefois, Trénet put se défiler pour ce qui touche les séances «?officielles?» d’enregistrement chez Pathé-Marconi, et celles de février-mars-avril, réalisées selon la bonne vieille méthode, avaient donné naissance à une impressionnante série de «?tubes?» tout neufs, n’en déplaise à quelques pisse-copie et vinaigre réunis : Ma Philosophie, L’Âne et le Gendarme, Paie tes Dettes, Route Nationale sept, Á la Porte du Garage, Moi, j’aime le Music-Hall, La Java du Diable, Les Coupeurs de Bois, Où sont-ils donc ?, Rien qu’une Chanson (voir volume 10 - Frémeaux & C° FA 090)…

Les choses se gâtèrent peu avant Noël. Le responsable involontaire fut sans doute Jean-Paul Guiter, jeune directeur artistique embauché pour étoffer un catalogue de jazz quelque peu laissé en jachère depuis le départ de «?Swing?» et de Charles Delaunay, mais aussi pour s’occuper de quelques vedettes maison du coin des variétés, comme Luis Mariano, André Claveau, Line Renaud, Mathé Altery, Yvette Horner, ainsi que ce monsieur fort talentueux mais pas toujours très commode du nom de Charles Trenet…A peu près tout le monde accepta de plus ou moins bonne grâce de faire désormais leurs disques en play-back, mais l’enfant de Narbonne mit quant à lui son point d’honneur à traîner les pieds. Pour les six nouveaux titres devant être enregistrés les 13 et 27 décembre 55, les orchestres de Claude Prats et de Roger-Roger firent leur part d’ouvrage quelques jour auparavant (les 7 et 21). Pourtant le 13, Trénet ne se satisfit que de la première chanson, La Petite Musique (7XCL 5305), préférant laisser en plan la seconde, Le Noël des Enfants noirs (7XCL 5306), pendant près d’un an. Le 23, cela ne marcha guère mieux et, sur les quatre titres prévus, seul En attendant ma Belle (7XCL 5310) reçut l’imprimatur ! J’ai mordu dans le Fruit (7XCL 5312) patienta trois mois pour être refait et Les Trois Roses (7XCL 5311) attendirent trois ans et demi (juillet 1959) ! Quant à J’ai perdu ma Veste (7XCL 5309), on peut sans crainte aujourd’hui affirmer que cette malheureuse ne fut jamais retrouvée, l’oublieux Charles s’en étant habilement débarrassé, probablement au fin fond d’une vieille boîte en carton rigoureusement introuvable, sur l’étiquette de laquelle figurait la mention, très effacée, presque illisible, «?orchestre seul?»… Apparemment le secourable Marcel Mouloudji fut l’un des rares à tenter de l’enfiler cette Veste, mais il ne la garda pas bien longtemps.

Il suit de là que Trenet gagna quelques années et que la question de play-back ne se posa plus pour lui avant l’an 59. Il est vrai qu’en ce temps-là, il ne fut pas très assidu au studio : six titres (en comptant les refaits) en 1956, quatre seulement en 57, cinq en 58…

Quant aux chansons elles-mêmes, les deux rescapées de décembre et J’ai mordu dans le Fruit, seule refaite (avec un vrai orchestre !) le 28 mars 1956, bien que charmantes, elles n’ont pas rencontré le succès de celles du printemps précédent ci-dessus mentionnées, sauf peut-être la troisième citée, ainsi que Lorelei, enregistrée dans la foulée. Encore que l’on puisse paraître surpris de cette curieuse célébration de la légendaire sirène rhénane, que chantèrent Brentano, Heine et Apollinaire, sur un accompagnement de piano-bastringue !..

Avant que d’ouïr ces airs repris de justesse, on aura pu, en ouverture, apprécier une amusante version orphéon contemporaine d’Á la Porte du Garage par la fanfare du trompettiste Jacques Jay. Plus loin, on trouvera d’autres intermèdes instrumentaux, comme ce mélange de Boum ! et du Soleil et la Lune, par un orchestre presque symphonique placé – paraît-il – sous la direction d’Eddie Barclay et un Où sont-ils donc ? par l’accordéoniste Joss Baselli, venant à point nommé clore ce onzième recueil.

Si Charles enregistra peu à cette époque, sa filleule Québecoise, Guylaine Guy, déjà croisée dans le précédent volume, entama une gentille carrière française en passant plusieurs fois à l’«?Olympia?» (à la même affiche que Louis Armstrong) et à «?Bobino?». Elle abandonna la scène au début de la décennie suivante, mais eut quand même le temps de confier au disque entre 1955 et 1957 nombre de chansons de Trenet : Liberté de Paris, Rien qu’une Chanson, Où sont-ils donc ?, Les Chansons de la Nuit (voir volume 10) et, reproduites ici même, Quelque part deux Amants, Du Soir au lendemain, J’ai mordu dans le Fruit, La Maison du Poète – ce qui complète l’intégrale des œuvres de Charles par cette interprète à la belle voix légèrement voilée. Bien entendu, il lui arriva aussi de chanter et d’enregistrer d’autres auteurs, particulièrement Gilbert Bécaud…

Gilbert Bécaud, «?Monsieur cent mille volts?» comme on le surnommait à l’époque, était alors en pleine ascension et, flanqué de ses complices paroliers, Pierre Delanoë, Louis Amade et Charles Aznavour, faisait un malheur dans la jeune chanson française dans un genre qui devait sûrement pas mal au jazz mais aussi à Trénet. En cette année 1956, il tourna son premier film, Le Pays d’où je viens, sous la direction d’un monsieur qui avait réalisé près de vingt ans plus tôt Drôle de Drame et Quai des Brumes. Dans les villes où il se produisait, les petites demoiselles n’hésitaient pas à embrasser les pneus de sa voiture (je les ai vues !). Comme quoi le phénomène n’a pas commencé avec Elvis ou les Beatles…Bien entendu, le Toulonnais Bécaud enregistrait des disques (pour la même grosse boîte que le Narbonnais Trenet, d’ailleurs) et passait fréquemment à la radio. C’est ainsi qu’il fut l’un des très très remarqués participants d’une intéressante série intitulée Ping-Pong en Chansons, diffusée sur l’antenne de Paris Inter entre dix-huit heures dix et dix-huit heures trente certains dimanches (en gros, un sur deux), du 22 avril au 23 septembre 1956. Les conviés devaient interpréter deux chansons de Charles éloignées de leur répertoire (quelques unes trichèrent) et, en contrepartie, celui-ci devait chanter deux arias issues du répertoire de l’invité(e). Par exemple, avec Mouloudji (diffusion le 29 juillet), ce dernier chanta La Java du Diable, tandis que Trénet offrit Et pourtant, moi, je l’a vu (le Diable) et Comme un petit Coquelicot. «?Mise en ondes?», comme l’on disait alors, par Michel Duplessis, la série autorisa Dominique Nohain à jouer tout du long le rôle de Maître de cérémonies. Son papa Jean, le remuant «?Jaboune?», parolier de la plupart des chansons de Mireille avant et après guerre, écrivain, journaliste, avait tâté de la radio dès les années 1930 et repris des activités dans cette branche après la Libération. Depuis le début de la décennie 1951-60, il avait annexé la télévision dans son berceau, produisant et animant avec le concours de son fiston une série d’émissions fort suivie sur l’unique chaîne de la RTF, connue sous le nom de Trente-six Chandelles, donnant à voir et entendre les nouveaux venus autant que les vedettes confirmées de la variété. De surcroît, il garda un pied côté TSF, produisant chaque mercredi soir sur Radio Luxembourg son incroyable Reine d’un Jour. Bien sûr Trenet, une vieille connaissance, ne fut sans doute guère trop difficile à convaincre d’accepter les échanges de Ping-Pong…

Le calendrier des diffusions s’établit comme suit, étant entendu que rien n’est transmis en direct et que tout est confié à la bande magnétique quelques jours plus tôt.

dimanche 22 avril :
Ping-Pong C. Trénet et Tino Rossi – pour la première émission, il importait que l’invité fût le doyen de la bande, bien connu des auditeurs et de Charles ;
dimanche 6 mai :
Ping-Pong C. Trenet et Annie Cordy ;
dimanche 20 mai :
Ping-Pong C. Trénet et Luis Mariano ;
dimanche 3 juin :
Ping-Pong C. Trenet et Jacqueline François ;
dimanche 17 juin :
Ping-Pong C. Trénet et Eddie Constantine ;
dimanche 1er juillet :
Ping-Pong C. Trenet et Eddie Constantine (sic) ;
dimanche 15 juillet :
Ping-Pong C. Trénet et Juliette Gréco ;
dimanche 29 juillet :
Ping-Pong C. Trenet et Mouloudji ;
dimanche 12 août :
Ping-Pong C. Trénet et Gilbert Bécaud…

Voilà pour ce qui est à peu près sûr. Mais on note déjà une bizarrerie dans cette liste soigneusement compilée au cœur des numéros de la Semaine radiophonique de l’an 56 par Philippe Morin et le regretté Gérard Roig : ce doublon qui fait intervenir par deux fois Eddie Constantine (17 juin et 1er juillet). De toute évidence l’une des émissions n’eut pas lieu, probablement la première, alors que le programme communiqué à l’avance aux journaux était déjà imprimé. On ne sait ce qui la remplaça. D’autre part, les revues ne précisent pas le contenu des émissions du 26 août et du mois de septembre. Ainsi les 26 août et 9 septembre, on lit seulement la mention Ping-Pong, demie finale. Certes, mais avec qui ? Quant au 23 septembre, ultime date de programmation de cette collection Ping-Pong, aucun détail n’est fourni… On possède un duo entre Charles et Mireille sur une chanson peu connue de celle-ci et de Jean Nohain, La Demande en Mariage (CD 2, plage 8). Sans doute provient-il d’une des demies finales ?

On sait en revanche ce que diffusa Paris Inter les dimanches intermédiaires, quand Ping-Pong n’eut pas lieu. Là encore, il s’agit principalement de chanson française : Jacqueline Joubert – la maman d’Antoine de Caune ! – recevait elle aussi dans une suite tout simplement intitulée Rendez-Vous avec… des invités de marque, vedettes de l’heure : Georges Guétary (29 avril), Charles Aznavour (13 mai), Jean Bretonnière (10 juin), Georges Ulmer (8 juillet), Francis Lemarque (22 juillet), les Sœurs Etienne (5 août), Micheline Dax (2 septembre), Lucien Jeunesse (à deux mains, si vous le voulez bien !,16 septembre)… Ceux-ci, celles-là n’auraient donc pas pu faire une partie de ping-pong avec Charles, mais quelques autres pouvaient être de la fête, comme Line Renaud, Mick Micheyl, Brassens, Ferré, Montand, Salvador, Laforgue… Apparemment, cela ne se fit pas et les émissions disparurent définitivement fin septembre. Peut-être Trenet, trop pris par les répétitions de son spectacle d’automne à l’«?Olympia?», n’avait-il plus le temps ?

Signalons pour en finir avec toutes ces dates que le 24 juin 56 des extraits du Festival de Rouen (un festival de quoi, au fait ?) remplacèrent Ping-Pong et Rendez-Vous avec…, et que le 30 septembre une émission titrée Dansons un peu se glissa dans la place…

Déroulement des émissions Ping-Pong en Chansons : indicatif (très long, mais à l’époque, on avait encore le temps !) ; présentation de l’invité(e) et explication succincte du jeu par Nohain ; extrait (généralement piqué sur un 78 tours), par son interprète habituel, de la chanson que doit chanter l’autre, puis version de l’autre en question – c’est toujours l’invité(e) qui commence, puis Charles se plie à la règle à son tour ; seconde manche : même scénario avec deux autres chansons et fin, l’ensemble durant une vingtaine de minutes. La toute première émission, avec Tino Rossi, reproduite ici en entier (CD 1, plages 9 et 10), offre une parfaite illustration du déroulement des opérations : modulation d’amplitude, petites ondes, le cadre anti-parasites sur le poste de la marque «?Parola?» (qui n’a jamais existé), comme si on y était, comme en 56 ! Ça vous rajeunit. Vachement chouette. J’ai dix ans…

Avec d’autres invités (Gréco, Jacqueline François, Bécaud), il ne nous a pas paru indispensable de conserver le rappel des différentes chansons par leur interprète régulier avant de passer à la version surprise par l’une ou l’autre ou par Charles. Ce qui semblait peut-être nécessaire il y a cinquante-six ans ne l’est plus guère aujourd’hui : ceux qui s’intéressent à cette époque connaissent tous ces airs par cœur dans leur version originale.

Parfois aussi (Annie Cordy, Luis Mariano, Eddie Constantine, Mouloudji…), tout le baratin a sauté les pistes et seules restent les chansons, souvent pieusement recueillies par les fans d’alors (Henri Chenut, Claude Séris, notamment), sur de méchants Pyral qui grattent et sautent férocement. Mais qu’importe le flacon puisque l’ivresse est là ! Et tant pis si quelques arias manquent ça et là à l’appel chez Mariano, Annie Cordy ou Moulou… Quant aux accompagnements, ils varient d’une émission – voire d’un morceau – à l’autre, du piano solitaire à la petite formation à coloration exotique (Marinella). Difficile d’en identifier les auteurs, mais il est possible que dans le cas d’interprètes également pianistes (Mireille, Bécaud), ceux-ci pourvoient à leur propre accompagnement.

Certes, on l’a signalé, deux dames trichent un brin en interprétant des chansons de Trénet figurant à leur propre répertoire depuis déjà un bout de temps : Jacqueline François (L’Âme des Poètes), Juliette Gréco (Coin de Rue). De son côté Charles se contente de dire La Fourmi, le poème de Robert Desnos sans se risquer à le chanter sur la zizique de Kosma… Mais le plaisir est grand d’ouïr les sus mentionnées, la grave Juliette sur Y a d’la Joie !, la coquine Jacqueline dans cette chanson éminemment masculine, J’ai connu de Vous… Et aussi la pétulante Annie musardant dans les Pharmacies de la Belle Province ou bien l’éclatant Mariano célébrant avril à Paris. L’Américain bagarreur, inévitable Lemmy Caution, Eddie Constantine se révèle délicat, émouvant, dans Dimanche prochain et Retour à Paris, où il se proclame «?petit Français?». Gilbert Bécaud fait des étincelles sur Vous êtes jolie et Boum !, deux choses que l’on dirait écrites sur mesures pour lui. Seul peut-être Tino, malgré son métier et son sens de l’humour, paraît quelque peu coincé entre Le Soleil et la Lune. Et pourtant, La Mer, vue d’Ajaccio, ne peut que lui convenir comme un gant.

Néanmoins, quel que soit le talent déployé par ses amis, c’est quand même bien le Grand Charles qui se taille la part du lion dans cette passionnante collection trop vite interrompue. D’autant plus passionnante que, ce n’est pas un secret, Trenet n’aimait pas trop interpréter les chansons des autres, même s’il les trouvait bonnes. Certes, au cours des Trente-six Chandelles de Nohain (Jean), il lui arriva parfois de donner sa version personnelle du Jardinier qui boîte dont il semblait se délecter. Mais, en règle générale, il ne souhaitait pas enregistrer pour le disque ce qui n’était point sorti de sa plume… Aussi, des faces comme Espoir (de Jacqueline Batell), Imaginez, Chacun son Rêve (de Henri Bourtayre) ou encore My Heart Sings (alias En écoutant mon Cœur chanter), gravés en d’autres jours pas toujours très tranquilles (même à Clichy), sont-elles les exceptions confirmant la règle (pour ces titres, voir les précédents recueils portant sur la période 1940-1946). Trénet l’emporte haut la main dans des choses qui lui conviennent parfaitement comme Du Soleil (de l’injustement oublié Jean-Claude Darnal – répertoire Annie Cordy), Un Enfant de la Balle (répertoire Constantine), La Belle de Cadix envoyé de voix de (son) Maître ou, côté sombre, le tendrement cruel Si Tu t’imagines de Raymond Queneau (cheval de bataille de Gréco). Mais il se surpasse plus encore avec Bécaud en offrant des versions technicolor de l’assez agaçant Mes Mains et, surtout, du bondissant Mé-qué, mé-qué. En finale, c’est avec Marinella qu’il triomphe sur toute la ligne, face à un Tino médusé qui n’en est sûrement jamais revenu ! On peut rêver à ce qu’il aurait pu faire du Parapluie (et pourquoi pas du Gorille ?), des Grands Boulevards, d’Il peut pleuvoir ou d’Une Chanson douce, si Georges, Yves, Jacques et Henri avaient seulement été couchés sur la liste des invités… Rêvons.

Le récital 56 de Charles Trenet à l’ «?Olympia?» se déroula en fin d’année. De larges extraits en furent proposés au public sous la forme d’un microsillon 33 tours, 30 centimètres. Plutôt que de bêtement le couper en deux – une face sur le présent volume, la seconde sur le suivant – il nous a paru plus judicieux de garder l’ensemble pour la douzième livraison et de conclure ici avec les trois ultimes titres de 1956 (enregistrés d’ailleurs en novembre, au moment du récital) : C’était… C’était… C’était…, La Maison du Poète et Gala poté auxquels s’ajoute la version refaite de l’émouvant Noël des Enfants noirs. La Maison… fut le titre le plus prisé, même s’il ne fit pas vraiment un «?tube?». Gala poté est évidemment un clin d’œil à Biguine à Bango, créé vingt ans auparavant.

Quatre pièces seulement en 1957, d’où émergent sans mal la gentillesse et l’humour du Jardin extraordinaire, resté dans toutes les mémoires, et qui rejoint sans le moindre doute les chefs-d’œuvre du début 55. Le reste, en revanche, paraît bien avoir sombré dans l’oubli. Il est vrai que Á Ciel ouvert n’est pas tout à fait La Marche des Jeunes et que Les Filles de chez nous ne vaut sans doute pas La Jolie Sardane… Toutefois, cette savoureuse tranche de vie citadine, délicieusement moqueuse, intitulée Gangsters et Documentaires, aurait mérité un meilleur sort. Voilà une chanson qu’il est urgent de réhabiliter. Et ceux qui l’ont tristement laissée se déliter devraient faire acte de repentance. Ça tombe bien, c’est à la mode.
Daniel NEVERS
© 2013 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini

On November 6th 1955, the Parisian restaurant Maxim’s hosted a memorable dinner between friends. Charles Trenet received a little golden crown from the hands of Marcel Pagnol… and then Jean Cocteau stepped up and handed him a large disc of the same metal to celebrate twenty years of an extremely rich recording career. Yet the end of that year wasn’t exactly one of the best periods in the world of the phonograph…

Like many singers of his generation, Charles Trenet (as we’ve said elsewhere) wasn’t much of a fan of the so-called ‘playback’ technique, which involved recording an artist’s accompanists before taping the voice separately. It’s true that Trenet had to incline to this practice in films in the years 1930-1940, of course. And when he used to do the rounds of the summer-resorts in 1938—the third year when working folk were blessed with paid holidays—taking a whole orchestra with him wasn’t on the cards, and so Jean Bérard came up with the makeshift solution of playing 78s in the wings, while Trenet sang to the music standing in front of the curtain. It wasn’t easy, and its use had limits. But with the decisive arrival of magnetic tape at the beginning of the Fifties, things got simpler and “playbacks” became the rule. Up until the end of 1955, however, Trenet managed to shy away from the process when it came to “official” recording-sessions for Pathé-Marconi, and those which took place in February-March-April that year using the “good old” method, had produced an impressive series of brand-new “smash hits”, whatever a few hacks and other wet blankets might have thought: there were Ma Philosophie, L’Âne et le Gendarme, Paie tes Dettes, Route Nationale sept, Á la Porte du Garage, Moi, j’aime le Music-Hall, La Java du Diable, Les Coupeurs de Bois, Où sont-ils donc ?, Rien qu’une Chanson… (cf. Vol. 10, FA 090).

Things started going downhill just before Christmas. The man unwittingly responsible was Jean-Paul Guiter, a young A&R director hired to build up a jazz catalogue which had been left to lie fallow after the departure of the Swing label and Charles Delaunay; but part of his job was also to take care of a few of some of the pop stars in the house, like Luis Mariano, André Claveau, Line Renaud, Mathé Altery and Yvette Horner… and, of course, a young man—he had a lot of talent but wasn’t always easy to get along with—by the name of Charles Trenet. Most everyone agreed, more or less gracefully, to do all their future recordings using a playback, but our hero from Narbonne made it a point of honour to drag his feet. For the six new titles due to be recorded on December 13th and 27th 1955, the orchestras of Claude Prats and Roger-Roger (sic) dutifully did their part a few days beforehand (on the 7th and 21st). However, on the date booked for the 13th only the first song satisfied Trenet (La Petite Musique, 7XCL 5305), and he preferred to put the second one (Le Noël des Enfants noirs, 7XCL 5306) to one side. He left it there for almost a year. On the 23rd things went hardly any better, and out of the four titles planned for the session, only En attendant ma Belle (7XCL 5310) received Trenet’s seal of approval. J’ai mordu dans le Fruit (7XCL 5312) cooled its heels for three months before it was on the agenda again, and Les Trois Roses (7XCL 5311) waited fully three and a half years until July 1959! As for J’ai perdu ma Veste (7XCL 5309), today we can say, without fear of contradiction, that the sorry “lost vest” of the title has never been found, as the forgetful Trenet skilfully got rid of it (probably consigning it to the bottom of an extremely lost, nowhere-to-be-found carton with an illegible label saying “orchestra-only tape”). Apparently Marcel Mouloudji—always glad to help—made one of the rare attempts to don this Veste, but he didn’t keep it for long. It follows from the above that Trenet managed to gain a few years, as the “play-back” issue wasn’t raised again in his presence until 1959. It’s true that in those days he wasn’t that assiduous when it came to recording: six titles (including those he re-recorded) in 1956, only four in 1957, five in 1958.

As for the songs themselves, the two which escaped in December—and J’ai mordu dans le Fruit, the only one he re-did (with a real orchestra!) on March 28th 1956—were charming efforts but didn’t meet with the same success as the above-mentioned songs done in the previous spring, except perhaps for the third, and Lorelei, recorded while they were at it. Although there were those who might have been surprised to hear this curious celebration of the legendary Rhineland siren—sung by Brentano, Heine and Apollinaire, no less—accompanied by a local dance-hall piano!

Before lending an ear to these airs snatched from oblivion, here we have the chance to listen to an overture in the shape of an amusing, contemporary-village-fanfare version of Á la Porte du Garage by the band of trumpeter Jacques Jay. Further on, there are other instrumental interludes, like this mixture of Boum! and Le Soleil et la Lune by an almost-symphonic orchestra placed—apparently—under the baton of Eddie Barclay, and an Où sont-ils donc ? by accordionist Joss Baselli, who closes this eleventh volume with great timing.

If Charles recorded little in this period, his Quebec protégée Guylaine Guy, whose path we crossed in Vol. 10, was starting a nice little French career with several appearances at The Olympia (on the same bill as Louis Armstrong) and at Bobino. She abandoned the stage at the beginning of the following decade, but not before she had time to put a number of Trenet songs on wax: Liberté de Paris, Rien qu’une Chanson, Où sont-ils donc?, Les Chansons de la Nuit (cf. Vol. 10) and, reproduced here, Quelque part deux Amants, Du Soir au lendemain, J’ai mordu dans le Fruit and La Maison du Poète (which completes the works of Trenet as recorded by this beautiful, if slightly-veiled, voice.) Of course, she did sing and record the works of other composers, and Gilbert Bécaud in particular…

Gilbert Bécaud, “Mr. 100,000 Volts” as he was known at the time, was then fully in the ascendant and, flanked by his lyricist-cronies Pierre Delanoë, Louis Amade and Charles Aznavour, he was bringing the house down on the young French pop scene; the Bécaud genre certainly owed quite a bit to jazz, but he also had a debt to Trenet.

In 1956 Bécaud made his first film Le Pays d’où je viens [The Country I Come From], directed by the man who’d filmed Quai des Brumes [Port of Shadows] some twenty years earlier. In towns where Bécaud appeared, girls used to kiss the tyres on his car (I saw them do it!) Further proof that it didn’t all start with Elvis or The Beatles… Bécaud, it goes without saying, was also a record-star—his discs were released by the same outfit as Trenet’s—and he was quite unavoidable on radio. As a result, Bécaud was one of the very (very) noticeable participants in an interesting series of radio shows (yes, interesting) called Ping-Pong en chansons, which Paris Inter put out between 6.10pm and 6.30pm on Sundays (actually, every other Sunday), between April 22nd and September 23rd 1956. Those summoned to the show had to sing two songs by Charles which had nothing to do with their own repertoire (some people cheated, about which more later), whereas Trenet was on the show to sing two arias from the repertoire of the singer summoned (or “guest artist”). For example, when Mouloudji was on the show (July 29th), he sang La Java du Diable, while Trenet proffered Et pourtant, moi, je l’ai vu (le Diable) and Comme un petit Coquelicot. “Placed on-air” (as they said in those days, by recorder Michel Duplessis, the series gave Dominique Nohain the role of MC throughout. His father Jean—alias the unruly “Jaboune” who wrote the lyrics to most of the songs of singer Mireille before and after the war—was also a writer and journalist who’d tried radio as early as the Thirties, and then gone back to the airwaves after the Liberation. He annexed television in its infancy (at the beginning of the decade 1951-1960), and he had been producing and MC-ing (assisted by his son) a series of programmes with huge ratings on the only TV channel that existed (RTF). It was called Trente-six Chandelles, and it allowed viewers to hear (and see, of course) not only newcomers, but also established pop stars. Not all his eggs were in one basket: he stayed with radio at the same time, producing his incredible show Reine d’un Jour every Wednesday for Radio Luxembourg. Trenet, of course, was an old pal of Jean Nohain, and so didn’t need much convincing before he accepted an exchange of balls on the Ping-Pong show…

The show’s schedule is below, given that there were no “live” broadcasts, and everything was taped a few days beforehand:

Sunday, April 22
Ping-Pong C. Trenet and Tino Rossi (note: for the first show, it was important that the guest-artist should be the most senior member of the corporation, a man well-known to both the audience and Charles);
Sunday, May 6
Ping-Pong C. Trenet and Annie Cordy;
Sunday, May 20
Ping-Pong C. Trenet and Luis Mariano;
Sunday, June 30
Ping-Pong C. Trenet and Jacqueline François;
Sunday, June 17
Ping-Pong C. Trenet and Eddie Constantine;
Sunday, July 1
Ping-Pong C. Trenet and Eddie Constantine;
Sunday, July 15
Ping-Pong C. Trenet and Juliette Greco;
Sunday, July 29
Ping-Pong C. Trenet and Mouloudji;
Sunday, August 12
Ping-Pong C. Trenet and Gilbert Bécaud…

So far, so good... But there’s something bizarre in the above list (carefully compiled by Philippe Morin and the late Gérard Roig from issues of La Semaine radiophonique for the year 1956): that double-appearance by Eddie Constantine on June 17th and July 1st. Obviously, one of the shows didn’t take place (probably the first, as the schedule given to the press in advance had already been printed). We don’t know what replaced it. There’s also the fact that La Semaine radiophonique didn’t give the content of the shows on August 26th or for September; for August 26th and September 9th the magazine only mentions that semi-finals were held: Ping-Pong, demie finale. Sure, but who played Ping Pong? As for September 23rd, the last match in the Ping-Pong series, there are no details at all… We have a duet with Charles and Mireille on one of the latter’s little-known songs (written with Jean Nohain) called La Demande en Mariage (CD 2, track 8). Maybe it was in one of the semis?

But we do know what the Paris Inter schedule was broadcasting on the other Sundays (i.e. when Ping-Pong wasn’t aired): French songs. There was a programme called Rendez-Vous avec…, and it was hosted by Jacqueline Joubert—she was the mother of Antoine de Caunes, who presented Britain’s N°1 TV show Eurotrash in the early Nineties—whose guests were anyone and everyone who was a star: Georges Guétary (April 29), Charles Aznavour (May 13), Jean Bretonnière (June 10), Georges Ulmer (July 8), Francis Lemarque (July 22), the Etienne Sisters (August 5), Micheline Dax (September 2)… a whole list of people who couldn’t play Ping-Pong with Charles Trenet. A few others might have—Line Renaud, Brassens, Léo Ferré, Yves Montand, Henri Salvador—but it didn’t happen and the shows went off the air for good at the end of September. Maybe Trenet didn’t have time to record them, because he was busy rehearsing for his autumn shows at The Olympia… who knows?

The shows called Ping-Pong en Chansons kept to a format: there was the long signature-tune (actually very long, but in those days nobody was in a hurry), and then Dominique Nohain would introduce his guest and briefly explain the rules of the game; next came an excerpt of a song sung by its “usual” artist (generally taken from a 78rpm by the artist), and this was the song which the guest would have to sing; it was followed by the guest’s version of it. The guest always sang first, and then Charles played by the same rules, singing one of the guest’s songs in turn. The very first show, with Tino Rossi, appears in toto on CD1 (tracks 9 & 10) and perfectly illustrates the whole saga: the AM waveband, a “Parola” radio (the brand never existed) with an anti-parasite antenna… it’s almost as if you were there in the studio. Makes you feel young again. Cool. I was ten.

For other guests (Greco, Jacqueline François, Bécaud), we didn’t think it was vital to include the encores of different songs by their original artists before we came to the surprise version by the one or the other, or by Charles for that matter. What perhaps seemed necessary 56 years ago hardly remains so today: listeners interested in the period all seem to know the original versions of these songs by heart.

Sometimes—in the case of Annie Cordy, Luis Mariano, Eddie Constantine or Mouloudji—all the jabbering missed the tape and only the songs remain, often preserved by contemporary fans (notably Henri Chenut and Claude Séris) on nasty Pyral discs which scratch and judder with ferocity. Too bad, it’s the content that counts. And it’s also too bad if a few arias from Mariano, Annie Cordy or Moulou are missing here and there… As for the accompaniment, it had a habit of changing from one show—if not one song—to the next, ranging from just a piano to an exotic small group (cf. Marinella), but if the guest was a pianist—Mireille or Bécaud for example—it’s possible that they provided their own accompaniment.

It’s true that a couple of the ladies were cheating a bit when they sang Trenet songs which had been in their own repertoire for some time already: namely Jacqueline François (L’Âme des Poètes) and Juliette Greco (Coin de Rue). Charles takes a leaf out of their book in contenting himself to recite La Fourmi, the poem by Robert Desnos, rather than take the risk of singing it over Kosma’s melody… But isn’t it just wonderful to hear the ladies named above? The serious Juliette with Y a d’la Joie!, the flirty Jacqueline with that eminently masculine song J’ai connu de Vous… Not to mention the irritable Annie dawdling her way through the Pharmacies, or the sparkling Mariano celebrating Avril à Paris. American Eddie Constantine, alias the pugnacious ‘Lemmy Caution’ character in films, delivers a delicate, moving performance of Dimanche prochain and Retour à Paris, in which he styles himself “le petit Français”. Gilbert Bécaud gives off so many sparks—Vous êtes jolie and Boum!—that you might think both the songs had been written for him. And if Tino’s version of Le Soleil et la Lune sounds perhaps a little stilted (despite his skill and humour), his rendition of La Mer (the sea opposite Ajaccio, no doubt) fits him like a glove.

All this being so, and whatever the talent displayed by his companions, the Great Charles doubtlessly deserves the lion’s share of this enthralling, albeit short-lived, collection. It’s all the more exciting given the fact that Trenet—he made no secret of it—didn’t much like singing other people’s songs (even if he thought they were good). It’s true that in the Trente-six Chandelles shows presented by the other Nohain (Jean), he occasionally gave vent to his own version of Le Jardinier qui boîte (he sounds as if he liked it immensely). But as a general rule, he had no desire to record anything that he hadn’t penned himself. Exceptions confirm rules, however, as proven by sides like Espoir (by Jacqueline Batell), Imaginez, Chacun son Rêve (by Henri Bourtayre) or again My Heart Sings (alias En écoutant mon Cœur chanter), recorded in other, not-so-quiet days (even in Clichy). Those titles, incidentally, appear in the previous volumes devoted to the 1940-1946 period. Trenet always comes out the winner in songs that suit him perfectly: Du Soleil (by the unfairly-forgotten Jean-Claude Darnal, a song from Annie Cordy’s repertoire), Un Enfant de la Balle (a Constantine favourite), La Belle de Cadix rendered in (His) Master’s Voice or, on the dark side, Raymond Queneau’s tender/cruel Si Tu t’imagines, which was a staple in Greco’s repertoire. He even surpasses himself when Bécaud supplies the song, with his Technicolor version of the rather annoying Mes Mains and, especially, the bouncy Mé-qué, mé-qué. The finale is his Marinella, a triumph by any other name, sung opposite a dumbfounded Tino Rossi (who probably never got over it). What Trenet might have done with Le Parapluie (or even the Gorille), the Grands Boulevards, Il peut pleuvoir or Une Chanson douce (if only Georges, Yves, Jacques and Henri had been on the guest-list) remains a thing of dreams. So, dream on.

Charles Trenet’s 1956 recital at The Olympia went on as planned at the end of the year. Large excerpts from it were offered to the public in the form of a 12” LP. Rather than stupidly cut it in half—with one side on this volume, the other on Vol. 12—we thought it was much smarter to put the entire record on Trenet Vol. 12. So, to complete the present set, we conclude with the three last titles recorded in 1956 (which incidentally date from November, the same period as the above recital): C’était… C’était… C’était…, La Maison du Poète and Gala poté, to which we’ve added the “remake” of the moving song Noël des Enfants noirs. The one which pleased Trenet’s fans the most was La Maison du Poète, even if it didn’t achieve “smash hit” status. And Gala poté is obviously a nod in the direction of Biguine à Bango, which Trenet had created twenty years earlier.

There were only four titles in 1957. Le Jardin extraordinaire stands out from the others thanks to its genteel, easy humour; everyone remembers it, and the song belongs up there with the masterpieces he recorded in early 1955. The other three songs produced in ‘57 seem to have fallen into oblivion: Á Ciel ouvert isn’t quite up to par with La Marche des Jeunes, and Les Filles de chez nous, no doubt, isn’t the same thing as La Jolie Sardane… There is one, however, which deserves a better fate. Gangsters et Documentaires (the title alone deserves remembering) is a tasty slice of city life sung in a deliciously mocking tone. Now there’s a song worthy of rehab’! Those who let this song crumble into dust must repent for their sins, as people seem to be doing in other spheres these days.
Daniel Nevers
© 2013 Frémeaux & Associés – Groupe Frémeaux Colombini

Charles Trenet : Y’ A D’LA JOIE
Co-édition le cherche midi/ Éditions Raoul Breton
(Collection VOIX PUBLIQUES dirigée par Jean-Paul Liégeois)

«?Longtemps, longtemps, longtemps / Après que les poètes ont disparu / Leurs chansons courent encore dans les rues?», a écrit et chanté Charles Trenet. C’est le cas de ses propres chansons.

Dès 1937, Charles Trenet a inventé la chanson moderne. Yeux écarquillés, chapeau en auréole, il a osé mêler le loufoque et l’émotionnel, syncopant la musique, chahutant la langue, faisant swinguer les mots et bondir les onoma­topées. Et ce vent frais est arrivé à l’heure précise des premiers congés payés, quand le peuple découvrait la mer, le soleil et la nature. C’est ainsi que Trenet  est devenu un chanteur populaire.

Car son «?réalisme magique?» opère sur tous les tons : humour et désinvolture, rêve et chagrin, bonheur éclatant et délire éblouissant.

Y a d’ la joie réunit plus de 400 titres : toutes les chansons de Charles Trenet, y compris les inédites
Édition établie par Jean-Paul Liégeois

DISQUE / DISC 1
JACQUES JAY & ses Joyeux Saltimbanques
Jacques JAY (tp) & musiciens non identifiés / & unidentified musicians. Paris, fin/late 1956.
1. Á LA PORTE DU GARAGE (C.Trenet) (Vogue EPL.7390) 2’30

CHARLES TRENET, acc. d’orchestre, dir. Claude PRATS (2) & ROGER-ROGER (3)
Paris, studio Magellan A (10, rue Magellan – VIIIème arr), 13 & 27/12/1955.
2. LA PETITE MUSIQUE (C.Trenet) (Columbia SCRF 193 /mx.7XCL 5305) 3’07
3. EN ATTENDANT MA BELLE (C.Trenet) (Columbia ESRF 1079/mx.7XCL 5310) 2’14

GUYLAINE GUY – avec GRAND ORCHESTRE
Guylaine GUY, chant/vocal. Paris, 1955-1956.
4. QUELQUE PART, DEUX AMANTS (C.Trenet) (RCA 76.017) 3’08
5. DU SOIR AU LENDEMAIN (C.Trenet-G.Brumières) (RCA 76.072) 2’56

CHARLES TRENET, acc. d’orchestre, dir. Guy LUYPAERTS
Paris, studio Magellan A, 28/03/1956.
6. LORELEÏ (C.Trenet) (Columbia ESRF 1078/mx.7XCL 5362) 2’23
7. J’AI MORDU DANS LE FRUIT (C.Trenet) (Columbia ESRF 1079/mx.7XCL 5312-22) 2’11

GUYLAINE GUY – avec GRAND ORCHESTRE
Guylaine GUY, chant/vocal. Paris, 1955-1956.
8. J’AI MORDU DANS LE FRUIT (C.Trenet) (RCA 76.072) 2’31

ÉMISSIONS RADIOPHONIQUES de la série «?Ping-Pong en Chansons?»
RADIO BROADCASTS
in the series entitled “Ping-Pong in singing”
Diffusées sur la chaîne «?Paris Inter?» de fin avril à fin septembre 1956 / Broadcast on the“Paris Inter”channel from late April to late September 1956
Présentation/mc Dominique NOHAIN – Mise en ondes/Realization Michel DUPLESSIS
(les dates indiquées sont celles de la diffusion / dates are those of broadcast)

22/04/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Tino ROSSI
9. a) LA MER
(C.Trenet) – par/by Tino ROSSI 2’49
b) SÉRÉNADE PORTUGAISE (C.Trenet) – par/by Charles TRENET 2’30
10. c) LE SOLEIL ET LA LUNE (C.Trenet) – par/by Tino ROSSI 1’12
d) MARINELLA (V.Scotto-G.Koger-R.Pujol) – par/by Charles TRENET 2’20

6/05/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Annie CORDY
11. a) DANS LES PHARMACIES
(C.Trenet) – par/by Annie CORDY 1’28
12. b) DU SOLEIL (J.C.Darnal)– par/by Charles TRENET 1’55
13. c) VIENS Á NOGENT (M.Fontenoy) – par/by Charles TRENET 1’31

20/05/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Luis MARIANO
14. a) EN AVRIL Á PARIS
(C.Trenet) – par/by Luis MARIANO 2’43
15. b) LA BELLE DE CADIX (F.Lopez-R.Vincy) – par/by Charles TRENET 2’02

3/06/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Jacqueline FRANÇOIS
16. a) L’ÂME DES POÈTES
(C.Trenet) – par/by Jacqueline FRANÇOIS 2’11
b) UN JOUR TU VERRAS (G.van Parys-Mouloudji) – par /by C. TRENET 2’45
17. c) J’AI CONNU DE VOUS (C.Trenet) – par/by Jacqueline FRANÇOIS 2’56
d) ON NE SAIT JAMAIS (C.Aznavour) – par/by Charles TRENET 2’29

17/06 ou/or 1/07/1956: PING-PONG entre/betw. C.TRENET & Eddie CONSTANTINE
18. a) DIMANCHE PROCHAIN
(C.Trenet) – par/by Eddie CONSTANTINE 1’19
19. b) ET BAILLER ET DORMIR (J.Davis-C.Aznavour) – par/by Ch. TRENET 2’21
20. c) RETOUR Á PARIS (C.Trenet) – par/by Eddie CONSTANTINE 2’12
21. d) UN ENFANT DE LA BALLE (M.Philippe Gérard-E.Barclay-R.Rouzaud) – par/by Charles TRENET 1’30

DISQUE / DISC 2
PING-PONG en Chansons – suite / PING-PONG in singing – continued (1956)

15/07/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Juliette GRÉCO
1. a) COIN DE RUE
(C.Trenet) – par/by Juliette GRÉCO 3’10
b) LA FOURMI (R.Desnos) – par/by Charles TRENET 0’26
2. c) Y A D’LA JOIE ! (C.Trenet) – par/by Juliette GRÉCO 2’41
d) SI TU T’IMAGINES (J.Kosma-R.Queneau) – par/by Charles TRENET 2’38

29/07/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & MOULOUDJI
3. a) LA JAVA DU DIABLE
(C.Trenet) – par/by MOULOUDJI 2’45
4. b) COMME UN PETIT COQUELICOT (C.Valéry-R.Asso) – par/by Charles TRENET 3’08
5. c) ET POURTANT, MOI, JE L’AI VU (LE DIABLE) (Mireille-J.Nohain) – par/by Charles TRENET 2’46

12/08/1956 : PING-PONG entre/between Charles TRENET & Gilbert BÉCAUD
(enr./rec. : 9/07/1956)
6. a) VOUS ÊTES JOLIE (C.Trenet) – par/by Gilbert BÉCAUD 2’20
b) MES MAINS (G.Bécaud-P.Delanoë) – par/by Charles TRENET 1’50
7. c) BOUM ! (C.Trenet) – par/by Gilbert BÉCAUD 1’34
d) MÉ-QUÉ, MÉ-QUÉ (G.Bécaud-C.Aznavour)- par/by Charles TRENET 2’10

MIREILLE & CHARLES TRENET (duo/vocal duet)
Extrait d’une émission radiophonique, probablement diffusée sur Paris Inter, dans la série «?Ping-Pong?» / Broadcast probably from the “Ping-Pong” series. Août/sept. 1956.
8. LA DEMANDE EN MARIAGE (Mireille-Jean Nohain) (Radio/Broadcast) 2’24

EDDIE BARCLAY & Son Grand Orchestre
Prob. Jeff DAVIS (arr). Paris, studio Magellan A, 1956.
9. BOUM ! / LE SOLEIL ET LA LUNE (C.Trenet) (Barclay BMC 42001) 2’26

CHARLES TRENET, acc. d’orchestre, dir. WAL-BERG
Paris, studio Magellan A, 23/11/1956.
10. C’ÉTAIT… C’ÉTAIT… C’ÉTAIT… (C.Trenet) (Columbia ESRF 1093/mx.7XCL 5639) 3’12
11. LA MAISON DU POÈTE (C.Trenet) (Columbia ESRF 1093/mx.7XCL 5640) 3’36
12. LE NOËL DES ENFANTS NOIRS (C.Trenet) (Col. ESRF 1093/mx.7XCL 5641) 2’43
13. GALA POTÉ (A.Lasry-C.Trenet) (Columbia ESRF 1093/mx.7XCL 5642) 2’41

GUYLAINE GUY – Avec GRAND ORCHESTRE
Guylaine GUY (chant/vocal), Paris, 1956.
14. LA MAISON DU POÈTE (C.Trenet) (RCA 76.054) 3’24

CHARLES TRENET, acc. d’orchestre, dir. WAL-BERG
Paris, studio Magellan A, 31/05/1957.
15. Á CIEL OUVERT (C.Trenet) (Columbia ESRF 1113/mx.7XCL 5795) 2’49
16. GANGSTERS ET DOCUMENTAIRES (C.Trenet) (Columbia ESRF 1113/mx.7XCL 5796) 3’36
17. LE JARDIN EXTRAORDINAIRE (C.Trenet) (Columbia ESRF 1113/mx.7XCL 5797) 3’39
18. LES FILLES DE CHEZ NOUS (C.Trenet) (Columbia ESRF 1113/mx.7XCL 5798) 2’01

JOSS BASELLI & Son Ensemble
Paris, 1956-57.
19. OÙ SONT-ILS DONC ? (C.Trenet) (Philips 424027PE) 2’10

Remerciements/Thanks to : Bernard Bassié, Henri Chenut, Alain Délot, Yvonne Derudder, Iwan Frésart, Claude Guillot, Marcelle Hervé, Philippe Morins, Gérard Roig, Gérard Roussel, Claude Séris.

Remerciements de l’éditeur à Laurent Bodin pour les Éditions Raoul Breton.

«?Il serait inexact de dire que tu as fait descendre la poésie dans la rue, car ton prodige est que tes chansons y poussent comme si le trottoir était une herbe d’avril (…) Ce disque est fait d’un or dont tu resteras toujours le jeune et mystérieux alchimiste. Ce jour de la Saint Charles, je te le remets et je t’embrasse?».
Jean COCTEAU (remettant un disque d’or à Charles Trenet le 6 nov. 1955)

“It would be inexact to say that you caused poetry to descend into the streets, for your prodigy is that your songs grow there as if the pavement were grass in April (…) This record is made of a gold of which you will forever remain the young and mysterious alchemist. On this day of Saint Charles, I hand it to you and embrace you.” Jean COCTEAU
(giving a gold record to Charles Trenet on November 6th 1955)
CD Intégrale Charles Trénet Volume 11 : le jardin extraordinaire (1955-1957), Charles Trénet © Frémeaux & Associés 2013

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