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ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962

Par François Jouffa et Pierre Layani









ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962

Par François Jouffa et Pierre Layani

Cela fait 50 ans - et donc encore en 2013 - que, à la moindre apparition d’un artiste ou groupe français qui semble s’affilier à la sphère rock, le journaliste commentateur se fait un point d’honneur de gloser sur l’éventuelle apparition - ENFIN ! - de l’esquisse de l’ébauche de l’amorce d’un rock français !

Or, pour l’historien, peu versé dans le surréalisme, le rock français a démarré le jour de la publication du premier disque de Johnny Hallyday, sur Vogue, le 14 mars 1960, Laisse les filles.

Bien sûr, certains exégètes rétorquent, à juste titre, que, dès la fin des années 50, des artistes hexagonaux utilisent l’idiome rock’n’roll (Henri Cording Salvador, Mac-Kac, Richard Anthony, Danyel Gérard, Claude Piron…). Mais, dans la parodie ou sans personnification significative du genre, cela ne passionnera que quelques décennies plus tard les fans de Boris Vian ou les collectionneurs de reliques, certes prémonitoires.

Comme il ne suffit pas d’entendre des voix pour être Jeanne d’Arc ou de dire Je vous ai compris pour devenir le général de Gaulle, c’est la force incarnatoire de Johnny Hallyday qui va se révéler être le gigantesque déclencheur. En cela, en plus de respirer l’indispensable jeunesse, il conjugue la primauté, l’indéniable vocation, quasi sacerdotale, un physique gratifiant, des tenues, poses et guitares chamarrées, et un inédit don de soi scénique. Ses pochettes de disque sont magnifiquement explicites. Car, comme cela va se manifester, le rock est autant une musique qu’une attitude, et bientôt une culture à part entière.
Et, ce 14 mars 1960, ce n’est pas seulement le rock ou la carrière de Johnny Hallyday qui démarre en France, ce sont les années 60 ! Avec deux mois de retard. Ce phénomène de l’explosion du rock s’avère autant musical que social. C’est la concomitance cruciale entre cette musique, apparue aux Etats-Unis en 1954-55 avec les premiers disques de Bill Haley et Elvis Presley, et l’arrivée à terme de la copieuse génération née pendant et après-guerre. On peut parler ici de première révolution culturelle de la décennie, qui va en connaître d’autres dans la continuité.

Cette génération a besoin d’un univers à elle, presque excluant pour les autres : musique, chanteurs, vêtements, langage, et dans la foulée émissions de radio ou de télévision, magazines… Et les plus âgés aux commandes (maisons de disques, médias…), pourvus de flair professionnel, se font une raison d’accoucher le mouvement, non sans réticences ou condescendance.

Après Vogue, c’est d’une autre maison aussi 100% française, Barclay, que survient le second acte. Cette fois il s’agit d’un groupe, les Cinq Rocks, rebaptisés Chaussettes Noires, basé à Paris, avec comme vocaliste Eddy Mitchell. Leur premier super 45 tours, Be bop a lula, paraît en janvier 1961. Passé le suivant, avec leur plus gros tube, la ballade Daniela, c’est un raz-de marée, tout à fait comparable à la beatlemanie à venir. Johnny et les Chaussettes rencontrent soudain une génération qui n’attendait que ça !

L’émulation est maximale dans les maisons de disques, en artistes solo ou pluriels : Frankie Jordan, Pingouins avec Lou/Thierry Vincent (Decca), Chats Sauvages avec Dick Rivers puis Mike Shannon (Pathé), Pirates avec Dany Logan, Champions (Bel-Air, sous-marque de Barclay), Vautours avec Vic Laurens, Loups Garous, Hédika (Festival), Rocky Volcano, Long Chris & Les Daltons (Philips), Jackie Seven, Fantômes, El Toro & Les Cyclones, Copains (Vogue), Dany Fischer, Nicole Paquin (Polydor), Teddy Raye, Lucky Blondo (Fontana), Danny Boy & Ses Pénitents (Ricordi), Billy Bridge (Odéon)… Puis ce seront des labels provinciaux : DMF, JBP, Soder… Sous l’influence des incontournables Shadows, une partie des formations se voue à la formule instrumentale.

Non seulement le précédent Chaussettes Noires déclenche une vague de milliers de groupes dans tout l’Hexagone (qui ne connaissait dans ce domaine que les Compagnons de la Chanson ou les Frères Jacques). Mais la formulation Les Chaussettes Noires avec Eddy Mitchell crée un code pour ceux à suivre : un nom de groupe à consonance française, avec celui du chanteur ou des musiciens américanisé ; et surtout la mise en avant de l’entité de l’ensemble avant celle du vocaliste, contrairement aux précédents anglo-américains où le chanteur prime (Cliff Richard & The Shadows, Bill Haley & The Comets, Buddy Holly & The Crickets, Gene Vincent & The Blue Caps...), et ce près de trois ans avant les Beatles et les Rolling Stones.

Autre spécificité française, l’extrême jeunesse des rockers. Ainsi, à leurs débuts, Johnny et trois des cinq Chats Sauvages n’ont que 16 ans ! La configuration instrumentale est très basique-puriste : guitares, basse électrique, batterie, chœurs masculins, un peu de saxo, sans contrebasse, piano, ni au début chœurs féminins ou cordes.

Ce mouvement, comme toute la musique de cette époque en France, s’exprime par le biais du super 45 tours, soit un 45 tours de quatre titres, à la pochette cartonnée et glacée, référençant souvent au dos les parutions précédentes, comme un appel au complétisme. Et ce à l’inverse de pays qui privilégient le 45 tours simple, parfois sans visuel personnalisé, et l’album. L’album, 25 ou 30 cm, est souvent une réunion de titres déjà parus, exception faite des Chats Sauvages dont les trois 25 cm sont de création. Avant achat, les pochettes sont soigneusement scrutées par les adolescents : physiques, poses, attitudes, vestimentation, instruments… tout fait sens ! Autre spécificité mondiale, les Scopitones, ces clips couleurs visibles dans les cafés et qui immortalisent sur pellicule les artistes.

Soit dans certains cas sous la pression de la maison de disques, soit par intuition (Johnny Hallyday, Chaussettes Noires), tous les artistes s’expriment en français. Ce qui leur assure une forte identification-appropriation chez les jeunes et les sanctuarise. S’ils avaient chanté en mauvais anglais, ils n’auraient jamais eu cet incroyable impact.

Contrairement aux Etats-Unis, où le rock’n’roll est une évolution-croisement de styles pré-existants et identifiés, en France, comme ailleurs, c’est une totale nouveauté, une vraie révolution, un genre extra-territorial. Dans un pays au fort patrimoine chanté, il ne se nourrit d’aucun courant précédent (chansons réaliste, poétique, jazz, à accent...). D’où tous ces pseudos de crédibilité à consonance western !

A Paris, le mouvement a son quartier général, le Golf Drouot, un club pour jeunes de l’intuitif Henri Leproux. Le 24 février 1961, c’est le 1er Festival International de Rock’n’Roll, au Palais des Sports de Paris, avec notamment les pionniers Johnny Hallyday, Chaussettes Noires et Frankie Jordan. Deux suivront dans l’année. Question médias, en septembre 1961, Disco Revue de Jean-Claude Berthon est le 1er magazine rock français, suivi en juin 1962 de Salut Les Copains, qui relaie l’émission radio de Daniel Filipacchi née timidement en septembre 1959 sur Europe N°1 et qui est devenue institutionnelle. Et le 22 juin 1963, la Fête de la Nation, à Paris, organisée par SLC, avec contre toute attente 150 000 jeunes, devient le 1er concert-festival géant rock de l’histoire !

Quant à son contenu, le rock français suit les règles pré-établies. Ainsi le rock’n’roll n’est pas une musique à texte, chère à la rive-gauche. Cependant, contrairement à certaines idées reçues, les paroles, d’auteurs chevronnés ou appelés à l’être, sont souvent bien troussées, parfois spirituelles (notamment Jil & Jan pour Johnny Hallyday, Cf. Laisse les filles, et autres : Ah quel massacre, Tu parles trop, Tu peins ton visage...), avec parfois une dimension générationnelle (Dactylo rock, Laissez-nous twister, Elle est terrible...). Bien sûr, les textes visent les adolescents et leurs préoccupations : flirts, boums, danse, argent de poche, école, relations avec les parents...

Ensuite, concernant le répertoire, comme dans tous les genres musicaux bien trempés (folk, blues, country, jazz...), le rock fait une large part à la reprise. Comme aux Etats-Unis, avec l’exception majeure de Chuck Berry, et partiellement Little Richard, Eddie Cochran ou Buddy Holly. Cette démarche est intrinsèque à la discipline, qui plus est à une époque où la notion d’auteur-compositeur est marginale. C’est surtout l’expression d’une filiation, mêlant reconnaissance ou dans quelques rares cas opportunisme. Et en même temps l’occasion de faire découvrir, par des coups de cœur, des pionniers méconnus ou éloignés, ce qui forgera plus tard la culture musicales des néophytes.

Ainsi le rock français de ces premières années va faire co-exister adaptations et créations, comme sur le premier super 45 tours de Johnny Hallyday qui, sur les quatre titres, comprend trois originaux !

De plus, comme plus tard les groupes anglais reprenant du R&B américain dans un autre contexte, avec les moyens du bord, et de ce fait se le réappropriant, qui reconnaîtrait dans Ma p’tite amie est vache des Chats Sauvages le Mean Woman Blues d’Elvis Presley, dans Mon petit ange des Pirates Whole Lotta Shakin’ Going On de Jerry Lee Lewis ou dans Cherche des Pingouins le Searchin’ des Coasters ? Spécialistes de la transfiguration, les Chats Sauvages relisent complètement le What’d I Say de Ray Charles dans leur extraordinaire Est-ce que tu le sais, ou, dans leur slow d’anthologie C’est pas sérieux, gomment toute la mièvrerie de Theme For A Dream, l’original de Cliff Richard. Et on peut tout aussi bien apprécier Great Balls Of Fire de Jerry Lee ET sa relecture française Tu mets le feu par les Pirates ; Be-Bop-A-Lula par Gene Vincent ET par les Chaussettes Noires. C’est un plus, non un moins !

Enfin, il faut libérer ces débuts du rock en France à partir de 1960 du quiproquo-amalgame, anachronique qui plus est, de l’appellation yéyé. Si, par commodité, le terme peut servir de fait à englober toute la musique de rythme d’ici des années 60, il est impropre à cette génération 1960-63. Rappelons que le terme yéyé apparaît fin 1963 puis connaît une malencontreuse généralisation. Mais pendant plus de trois ans avant - soit depuis début 1960 ! -, on parle de ROCK.

Entre-temps survient, fin 1961, le twist. Soit une variante du rock, adoucie, ludique, plus tournée vers la danse (la première en solitaire). Comme le terme twist apparaît alors souvent dans les chansons, on baptise parfois ce mouvement rock’n’twist, comme le deuxième 25 cm des Chaussettes Noires. Mais l’esprit varie peu : qui aurait stylistiquement tiqué à Rock à Saint-Tropez ? Cependant, dans ce sillage, issus du quasi-même moule et des mêmes médias (Disco Revue, Salut Les Copains...), apparaissent des artistes de rythme qui vont vite s’avérer éloignés du rock (Sheila, Claude François, Frank Alamo, France Gall...). C’est à eux que le terme yéyé rend justice, et sans aucune péjoration.
Si ce mouvement dans sa consécration paraît assez court, de 1960 à 1963, réalisons que six semestres des années 60 équivalent en terme d’éclosion d’artistes, de création de standards, d’apparition de mouvements musicaux - dont on parle toujours 50 ans après - à une quinzaine d’années de ce début de 21e siècle ! Pour ne pas être méchant. Ce qui peut paraître éphémère avec le recul a généré des chanteurs qui sont toujours en lice aujourd’hui, voire même au tout premier plan, ce qui n’est pas un moindre indice de bien-fondé artistique.

Quant aux raisons de la fin de cette période groupes, citons les effets d’un service militaire rigoureux en pleine guerre d’Algérie, qui va disloquer nombre de formations, la mise en avant des yéyés, plus consensuels, et l’arrivée fin 1963 de la vague anglaise. Ainsi que les mésententes inévitables ou égo des vocalistes (au choix !), ces derniers allant tenter leur chance en solo, pour peu de temps, Dany Logan, Vic Laurens, Thierry Vincent, Danny Boy, ou jusqu’à aujourd’hui, Eddy Mitchell, Dick Rivers.

Mais aussitôt, par vagues, le chapitre va se poursuivre via Larry Greco, Ronnie Bird, Noël Deschamps, Cinq Gentlemen, Jac-ques Dutronc, Variations, Bijou, Téléphone, Indochine, Noir Désir, BB Brunes... et des futurs. C’est le début de l’histoire.


CHANTEURS PRINCIPAUX

JOHNNY HALLYDAY
(1960 à aujourd’hui).
Le premier rocker sera-t-il le dernier ? Fort possible. Si Charles Aznavour est la grande vedette internationale française, Johnny Hallyday est la seule rock-star nationale, dont la carrière ininterrompue au sommet fait de lui un monument national. Initiateur, figure de proue du mouvement, Johnny Hallyday est découvert par Vogue qui publie son historique premier disque en mars 1960, Laisse les filles, confirmé par le suivant, l’éminent Souvenirs, souvenirs. Pendant le reste de 1960, il est le seul en lice question rock, si l’on excepte le tendre Richard Anthony. Il sera débauché à l’été 1961 par Philips, qu’il quittera seulement en 2005 pour Warner. Il est le premier en couverture de Disco Revue comme de Salut Les Copains, la vedette du 1er Festival de Rock’n’Roll comme de la Fête de la Nation, celui sur l’échelle dans la photo générationnelle de Jean-Marie Périer pour SLC en 1966. Le cru Vogue (9 super 45 tours, un 25 cm en public, un des tout premiers au monde !) le montre très juvénile, nature, avant de trouver chez Philips maturité, plus grand peaufinage sonore et enregistrements à l’étranger.

FRANKIE JORDAN (1961-1963)
L’un des tout premiers rockers, dès début 1961, chez Decca, présent au 1er Festival de Rock’n’Roll, a l’unique particularité d’être pianiste, dans une mouvance Fats Domino, un peu jazz, mais en volontiers plus délirant, surtout sur scène. Passés neuf super 45 tours, il aura la sagesse de se reconvertir dans la dentisterie, continuant à se produire pour le plaisir. Pour la postérité, son haut fait d’arme est le début de carrière de Sylvie Vartan en duettiste sur son Panne d’essence.

ROCKY VOLCANO
(1961)
Philips engage cet impétueux méridional, au magnifique costume lamé or, dès début 1961, comme alternative à Johnny Hallyday alors chez Vogue. Après quatre super 45 tours la même année, son insuccès incitera Philips à débaucher directement Johnny… et dès lors à se passer de Rocky. Il est accompagné par les Rock’n’Rollers, dont le guitariste Claude Djaoui rejoindra l’orchestre de Johnny Hallyday. Rocky continuera sa carrière en Espagne, avant de quitter le métier et de décéder en 2009.

LONG CHRIS
(1962-1967)
Voilà un artiste à part, par son côté mystique (rock, western…), sa proximité avec Johnny Hallyday, grâce à qui il entre aussi chez Philips, ses rapides évolutions de style, un chant plutôt imprévisible de premier abord (mais attachant par la suite) et une œuvre somme toute assez confidentielle. Il est d’abord accompagné par les Daltons, puis dans un style cowboy par les Cowden, avant d’évoluer vers le folk puis folk-rock, teinté de surréalisme, tout en devenant un auteur décisif pour Johnny. Il cesse les enregistrements en 1967, mais a fait son retour sur scène en 2012.

LUCKY BLONDO
(1962-1969)
Signature Fontana, Lucky Blondo, accompagné au début par les Lucky Stars, débarque au printemps 1962. Adepte du répertoire de Bobby Darin, il assume un rock dandy, désinvolte, avec un chant tout en agilité et onctuosité. Consécration, trois 25 cm et un 30 cm lui sont accordés en 1962/63. Mais il glisse assez rapidement, dès 1963, vers un répertoire de charme où il s’épanouit jusqu’à la fin des années 60. Son tube Sheila donnera lieu au baptême d’une nouvelle chanteuse. A partir de 1977, après la mort d’Elvis Presley, il reprendra du service le temps de trois albums enregistrés aux Etats-Unis.


GROUPES PRINCIPAUX
CHAUSSETTES NOIRES (1961-1964).
Originaire de la région parisienne, le premier groupe français de rock de l’histoire doit son nom à un accord promotionnel entre Barclay et une marque textile. Le brillant chanteur, Eddy Mitchell, est un ami d’adolescence de Johnny Hallyday. Leur impact foudroyant début 1961 lance la vague des groupes. Pour eux, Barclay déborde d’initiatives : disque de Noël, endossement du twist, duo avec Maurice Chevalier (!), participation à quatre films, mémorables présentations de disque... Preuve de leur imprégnation populaire, ce sera le seul groupe de rock à avoir jamais fait la couverture de Télé 7 Jours ! Ils sont adeptes d’un son mat, du répertoire de Gene Vincent et d’Elvis Presley, ainsi que des créations de Georges Garvarentz et signent leur immortel Dactylo rock. Ils résistent à la déstabilisation du service militaire, aux premiers essais solo d’Eddy Mitchell, mais pas à son départ début 1964, malgré des essais instrumentaux ou chantés à plusieurs. Leur répertoire occupe 16 super 45 tours (recoupés par trois 25 cm et un 30 cm). La carrière d’Eddy Mitchell est lancée. Dans les années 2000, les Socquettes Blanches avec Daniel Delannoy leur rendront hommage en disque et scène.

CHATS SAUVAGES (1961-1964)
Deuxième groupe à apparaître, les Chats Sauvages, originaires de Nice, sont la réponse provinciale et de Pathé Marconi aux Chaussettes Noires. Leur vocaliste, Dick Rivers, dispose d’une voix magistrale, tout terrain, à l’aise dans les rocks les plus échevelés comme les slows d’anthologie. Son métallique et claquant, excellence instrumentale, répertoire inattaquable, singularité, même si influencés par Cliff Richard & Les Shadows, les Chats sont de plus très prolifiques : plus de 60 titres en trois ans. Dont leur standard-maison Twist à Saint-Tropez. En août 1962, Dick Rivers quitte le groupe, remplacé par le Toulousain Mike Shannon. Cette seconde carrière, plus longue, moins saillante, mais constituant un bon complément, démarre pourtant avec leur plus gros tube : le slow Derniers baisers ! Passée une reformation le temps de l’album Les Chats Sauvages 1982, dans les années 2000, Norton-Express, les Vinyls et les Chats du Rock avec Chris Agullo honoreront en studio et en public le répertoire des Chats.

PIRATES
(1961-1963)
Troisième groupe par ordre d’apparition, à la rentrée 1961, c’est aussi à cette place que les Pirates, avec Dany Logan, resteront dans la hiérarchie mémorielle. L’approche musicale de ces Parisiens est directe, rentre-dedans, très efficace, transfigurant parfois les originaux. Les pochettes sont magiques. Passés les étincelants trois premiers super 45 tours, recoupés par un 25 cm, le son, le chant et le répertoire, inexplicablement, s’affadissent, marquant le déclin du quintette et le départ de Dany Logan, avant un dernier essai sans lui. Après quatre super 45 tours solo sans succès notable, celui qui aurait dû en toute logique connaître le même destin qu’Eddy Mitchell ou Dick Rivers disparaît du paysage musical, avant de décéder en 1984. Entre temps un album de reformation, Quelques années plus tard, paraît en 1979. Le bassiste Jean Veidly, au chant, fait revivre le legs des Pirates dans les années 2000.

VAUTOURS (1961-1962)
Originaires de la banlieue parisienne, les Vautours, à la rentrée 1961 sur Festival, sont l’un des rares quatuors en lice. Leur chanteur Vic Laurens n’est autre que le frère de Tony d’Arpa, guitariste rythmique des Chaussettes Noires. S’ils n’opèrent pas toujours dans la virtuosité, les Vautours ont la fougue et l’ingénuité de ces jeunes rockers qui en veulent. Comme dans d’autres cas, après six super 45 tours, le chanteur Vic Laurens tentera sa chance en solo, le temps de six disques aussi, avant de s’envoler pour la vie civile, non sans avoir fait une couverture de Salut Les Copains. Dans les années 2000, Vic Laurens a repris du service sur scène.

DANNY BOY & SES PÉNITENTS
(1961-1962)
Doyen de tous ces artistes, Danny Boy, sous son nom de Claude Piron, a en effet démarré dès 1958 dans une chanson de rythme pas formellement estampillée rock’n’roll. Devant le peu de succès, il se convertit, sur Ricordi, en 1961 à l’américanisme de nom et à l’accompagnement par un groupes, les Pénitents, formés de quatre Malgaches. Leur revêtement de cagoules rouges assure aux pochettes un formidable impact, ainsi qu’à leur passage quotidien pendant huit mois sur l’unique chaîne de télévision pour la tournée du cirque Pinder. Leur ton est bon enfant. Les ventes de leurs cinq super 45 tours restent, hélas, loin de celles de leurs concurrents. Après une formule solo, reconduite chez Barclay/Bel-Air, Danny raccroche en 1967, avant un retour en concert dans les années 2000.

CHAMPIONS
(1961-1964)
Les Champions présentent la particularité de ne pas être un groupe préexistant, mais une pure création de Bel-Air, sous-marque de Barclay, formés d’instrumentistes réputés, rassemblés autour du premier batteur des Chats Sauvages, Willy Lewis, débauché sciemment par Eddie Barclay pour déstabiliser le quintette niçois (sans succès). Fin 1961, de configuration initiale chantée avec le vocaliste Jean-Claude Chane, après le rapide départ de Willy Lewis (!) puis celui de Chane, le groupe évolue vers l’instrumental avant de revenir au chant, passant par de multiples configurations, pour en tout 11 super 45 tours. Jean-Claude Chane rejoindra les Fantômes, le guitariste Claude Ciari fera une carrière d’instrumentiste solo, le batteur Yvon Ouazana et le bassiste Dan Kaufman deviendront des piliers du métier.

EL TORO & LES CYCLONES (1962)
Au sein de la riche arène Vogue, voilà un groupe ô combien sympathique, grâce à un nom impérissable, deux magnifiques pochettes de super 45 tours, le délectable cheveu sur la langue du chanteur El Toro, la présence à la guitare soliste de Jacques Dutronc, qui fera quatre ans plus tard, en 1966, carrière “en Chine”, et de son comparse bassiste Hadi Kalafate. Jacques Dutronc se souviendra de la façon yaourt de chanter sur scène d’El Toro pour Merde in France. Après la mobilisation d’El Toro, il y aura deux intéressants essais instrumentaux sous le nom de Cyclones.

FANTOMES (1962-1964)
Dans la lignée des Shadows, le pur groupe instrumental français par excellence, avec un guitariste soliste écossais, Dean Noton, lunetté façon Hank Marvin. Dans l’écurie et la magnifique esthétique Vogue, ils produisent huit super 45 tours de début 1962 à 1964. Composé par Jacques Dutronc, ils créent Fort Chabrol, qui, parolé, devient Le temps de l’amour, succès par Françoise Hardy. Par ailleurs, réputés, ils accompagnent sur scène et disque nombre d’artistes. Le batteur Charlot Bennaroch deviendra un pilier de studio et Dean Noton directeur artistique.

PINGOUINS
(1962)
Parmi les petits groupes, soit ceux à la carrière météorite, ici deux super 45 tours chantés début 1962, les Pingouins, sur Decca, forment l’élite. Excellence instrumentale et vocale, pertinente inspiration noire à effluves doo-wop ou R&B, répertoire parfait, quelle classe ! Le ministère des Armées mettra fin à l’aventure initiale, complétée par deux opus instrumentaux. Le bassiste Dominique Blanc-Francard deviendra l’un des plus grands ingénieurs du son de la place, le batteur Gérard Hugé un réputé directeur artistique, et le chanteur Lou Vincent connaîtra une brève  mais brillante carrière solo en tant que Thierry Vincent, avant d’opter pour la direction artistique. Et de faire reprendre à ses poulains, Au Bonheur des Dames en 1973, Oh les filles ! des Pingouins, immortalisant deux fois le morceau.
Pierre LAYANI
Juke Box Magazine


Pour en savoir plus

- La belle histoire des groupes de rock français (Jean Chalvidant & Hervé Mouvet, F. Lanore, 2001).
- Les Chaussettes Noires, Ceci est leur histoire (Thierry Liesenfeld, Kalohé, 2003).
- Génération Johnny (François Jouffa & Jacques Barsamian, Gründ, 2010)
- Les années rock & twist, Vol.1 (Jacques Leblanc, Juke Box Magazine, 2011).
- Les Chats Sauvages (Thierry Liesenfeld, Kalohé, 2012).
- Les années rock & twist, Vol.2 (Jacques Leblanc, Juke Box Magazine, 2013).
© FREMEAUX & ASSOCIES 2013


ANTHOLOGIE DU ROCK FRANÇAIS 1960-1962
By François Jouffa and Pierre Layani

MAIN SINGERS

JOHNNY HALLYDAY (1960 to the present).
Will the number one rocker be the last? Quite possibly. If Charles Aznavour is still the great French international star, Johnny Hallyday is the national rock star, and his uninterrupted career at the top has made him a national monument. He was the movement’s initiator and figurehead, and he was discovered by the Vogue label, which released his historic, first record in March 1960 under the title Laisse les filles, an EP followed by the eminent Souvenirs, souvenirs. For the rest of 1960 he was the only contender in the rock arena, with the exception of the tender Richard Anthony. Philips lured him away in summer 1961, and kept him as an artist until 2005 when he moved to Warner. He was the first singer on the cover of Disco Revue and Salut Les Copains, the star of the first Rock ‘n’ Roll Festival and the “Fête de la Nation”, and also the man on the ladder in Jean-Marie Périer’s immortal photo in Salut Les Copains in 1966, a snap that marked a generation. His vintage Vogue discography – nine “super 45” records plus one of the world’s first “live” 10” LPs! – shows a very natural, youthful figure, before his mature Philips years when more care was taken over the sound and he began recording abroad.

FRANKIE JORDAN (1961-1963)
In early 1961 he was one of the first rockers signed to Decca and he, too, appeared at the first Rock ‘n’ Roll Festival. He was unique in being also a pianist in the Fats Domino vein, a bit jazzy but deliberately wilder, especially onstage. After nine super 45 records he had the wisdom to change careers – he went into dentistry – but still made appearances for fun. Posterity remembers him as the other half of a duo with Sylvie Vartan early in her career (the title Panne d’essence).

ROCKY VOLCANO
(1961)
Philips signed this impetuous singer from the south of France; he wore a magnificent gold lame suit and in early 1961 he was seen as an alternative to Vogue’s Johnny Hallyday. After four super 45s in a year for Philips, his lack of success caused the label to sign Johnny… and forget Rocky Volcano. He was accompanied by the Rock ’n’ Rollers, whose guitarist Claude Djaoui joined Hallyday’s group. Rocky continued his career in Spain before he left the business. He died in 2009.

LONG CHRIS (1962-1967)
An artist apart: a mystical side (rock, western…); closeness to Johnny Hallyday (thanks to whom he also joined Philips); rapid stylistic changes; unpredictable songs at first sight (but endearing on closer investigation); and an output that was “discreet”, all things considered. Long Chris was backed first by the Daltons and then the Cowdens (in a cowboy style), before moving into folk and then a kind of folk-rock with surrealist tints before becoming an important writer for Hallyday. He stopped recording in 1967 but returned to the concert-scene in 2012.

LUCKY BLONDO
(1962-1969)
First signed to Fontana, Lucky Blondo was originally accompanied by the Lucky Stars when he appeared in spring 1962. A Bobby Darin adept, he adopted a stance as a nonchalant rock dandy, singing agile, unctuous songs and his consecration came with the three 10” LPs and one 12” album he made in 1962/63. But in 1963 he slid quickly into a repertoire that had more charm, and he blossomed until the end of the decade. His smash hit Sheila gave a new girl-singer the name she was known by as a star. From 1977 onwards, after the death of Elvis Presley, Lucky Blondo went back into the studios and made three LPs in the USA.


MAIN GROUPS

CHAUSSETTES NOIRES (1961-1964)
The Black Socks. The first French rock group in history came from Paris and owed its name to a promotional deal which Barclay Records signed with a textile company. Their brilliant singer was Eddy Mitchell, a teenage friend of Johnny Hallyday. They had a thunderous impact in early 1961 and launched the group craze, with Barclay promoting them to the hilt: a Christmas record, associations with the Twist, a duo with Maurice Chevalier (!), plus no fewer than four feature films and even more record-launches that nobody forgot… Proof that they were stars lay in the fact that they were the only group ever to appear on the cover of TV weekly Télé 7 Jours! They favoured a matt sound, loved the repertoire of Gene Vincent and Elvis Presley – plus songs by Georges Garvarentz – and they created an immortal standard, Dactylo rock. They came through military service unshaken and survived the first solo efforts of Eddy Mitchell, but not his departure from the group early in 1964, despite instrumentals and tunes they sung as a vocal group. Their repertoire filled 16 super 45 records, material that appeared also on three 10” LPs and one 12” album. Eddy Mitchell’s career was up and running. Between 2000 and 2010 their own career was recalled by tributes from the Socquettes Blanches with Daniel Delannoy, both on record and onstage.

CHATS SAUVAGES (1961-1964)
The second group to appear was the “Wild Cats” from Nice; they were Pathé Marconi’s provincial answer to the Chaussettes Noires. Their singer Dick Rivers had masterly vocal chords capable of anything, from the wildest rock and roll to the most listenable slow numbers. With a metallic sound like a slap in the face, instrumental excellence and a repertoire that was unassailable – even if they showed a strong Cliff Richard & The Shadows influence – the Chats were more and more prolific: they recorded more than 60 titles in three years, including their “house-standard” Twist à Saint-Tropez. Dick Rivers left the band in August 1962 (replaced by Mike Shannon from Toulouse) and the group had a second career that was even longer – and less jagged in profile – in complement to the first. And it began with their greatest hit, a slow number called Derniers bai-sers [“Last Kisses”]! After briefly re-forming for the album Les Chats Sauvages 1982 in the Y2K years, the Chats Sauvages repertoire was honoured on record and in concerts by such groups as Norton-Express, the Vinyls and the Chats du Rock with Chris Agullo.

PIRATES (1961-1963)
The third group to appear (after the summer of 1961) was the Pirates, with Dany Logan, and they are remembered as Number Three in the hierarchy of French rock ‘n’ roll groups. They were Parisians and they had a direct, no-frills approach that was very efficient, sometimes even transfiguring the originals. After their first three super 45s (the titles appeared on a 10”), their sound, songs and vocals inexplicably faded, marking the decline of this five-piece, a last effort without the singer, and Dany Logan’s final departure. After four solo records (all super 45s), Logan, who logically should have followed the same destiny as Eddy Mitchell or Dick Rivers, disappeared from the scene altogether. He died in 1984, but not before the group reformed for an album entitled Quelques années plus tard in 1979. Bassist Jean Veidly continued as a singer in the first years after 2000, reviving the legacy of the Pirates.

VAUTOURS (1961-1962)
The Vautours [“The Vultures”] came from the Paris area and recorded for Festival; late in 1961 they were one of the rare quartets competing for attention. Singer Vic Laurens was the brother of Tony d’Arpa, the rhythm guitarist with the Chaussettes Noires. While not exactly virtuoso operators, these Vultures had all the fire and ingenuity of young rockers who set their sights high. As with other groups, the Vautours’ singer decided to go solo after six super 45s; he released another six records on his own before heading back to normal civilian life… but not before he’d been the cover of Salut Les Copains. He went back to music and did gigs in the first decade of the new millennium.

DANNY BOY & SES PÉNITENTS (1961-1962)
Danny Boy, under his real name Claude Piron, was the eldest of all the above, having started in 1958 with a song whose rhythm wasn’t yet formally recognized as rock ’n’ roll. His lack of success implied a change, and in 1961 he began recording (Ricordi) as a convert to Americanism: a new name (Danny Boy) and a backing-group, the Penitents, actually four musicians from Madagascar. Their stage-gear (red hoods) ensured their sleeves would have real impact, as did their daily routine – for eight whole months – on France’s single television channel plugging the Pinder touring circus… They were a good-natured bunch but their sales (they did five super 45s) were way below those of their rivals. After a solo formula which continued at Barclay/Bel-Air, Danny hung up his gear in 1967 although he, too, went back to music over thirty years later.

CHAMPIONS (1961-1964)
The Champions were special: they didn’t exist as a group before recording, but were a pure creation of Bel-Air, a Barclay sub-label: all of them had a reputation as instrumentalists, and they were assembled around the Chats Sauvages’ first drummer Willy Lewis, who’d been deliberately enticed away from his group by Eddie Barclay in an attempt to destabilize the Chats, although the strategy didn’t work. At the end of 1961, the group moved away from its initial vocal format (the singer was Jean-Claude Chane) after the rapid departure of Willy Lewis (!), and then Chane quit, with the group evolving into an instrumental band before returning to songs with different line-ups. In all, they made eleven super 45 records. Jean-Claude Chane joined the Fantômes, while guitarist Claude Ciari had a solo career as an instrumentalist; and drummer Yvon Ouazana and bassist Dan Kaufman went on to become stalwarts of the business.

EL TORO & LES CYCLONES
(1962)
Vogue Records had an extremely rich stable and this was one of its simpatico groups, not only thanks to its magnificent name but also to two fabulous super 45 sleeves, the cute lisp of singer El Toro, the presence of Jacques Dutronc on lead guitar – four years later in 1966 he became a solo star – and also bassist Hadi Kalafate. Jacques Dutronc would remember his old lead singer El Toro spluttering his way through songs onstage when he recorded his own inimitable Merde in France. When El Toro had to do his military service, the band made two interesting instrumentals as the Cyclones.

FANTOMES (1962-1964)
Descended directly from the Shadows, the Fantômes were France’s pure instrumental band par excellence… with a Scottish lead-guitarist named Dean Noton wearing Hank Marvin-type glasses. As part of Vogue’s splendid stable – and aesthetic – they produced eight super 45s between 1962 and 1964. They did a Jacques Dutronc song as Fort Chabrol which, with lyrics added, became a hit for Françoise Hardy as Le temps de l’amour. They had an excellent reputation as individuals but also accompanied a number of artists onstage and on record. Drummer Charlot Bennaroch became a studio ace, while Dean Noton went into producing as an artistic director.

PINGOUINS (1962)
Penguins. They were one of the little groups, i.e. those with a meteoric career, and here are two of the super 45s they sang in early 1962. The Pingouins were part of the elite on the Decca label: vocal and instrumental excellence, coupled with some very relevant black inspiration with whiffs of doo-wop or R&B. And their repertoire was perfect. A class act! The Army put paid to their first adventure as a group, completed by two instrumental opuses. Bassist Dominique Blanc-Francard went on to become one of the greatest sound-engineers in the business, French or otherwise; drummer Gérard Hugé became a major artistic director; and singer Lou Vincent would have a brief-but-brilliant solo career as Thierry Vincent before he, too, opted to go into producing: one of his protégés was the group Au Bonheur des Dames, and in 1973 he had them do a cover version of the Pingouins’ Oh les filles!, making the song immortal twice over.
Pierre LAYANI, Juke Box Magazine
Adapted into English by : Martin DAVIES
© FREMEAUX & ASSOCIES 2013


DISQUE 1
1 - JOHNNY HALLYDAY
Laisse les filles 2’18
J. Hallyday-Jil&Jan 1960

2 - CHAUSSETTES NOIRES

avec Eddy Mitchell
Be  bop a lula 2’01
(Be-Bop-A-Lula)
G. Vincent-S.T. Davis / C. Moine-
G. Vesta 1961

3 - CHATS SAUVAGES avec Dick Rivers
Ma p’tite amie est vache 1’54
(Mean Woman Blues)
C. DeMetrius / P. Guitton 1961

4 - PIRATES avec Dany Logan
Le jet 1’57
(The Jet)
K. Mann / P. Saka 1961

5 - VAUTOURS avec Vic Laurens
Tu peins ton visage 2’15
(Warpaint)
C. Mann- H. Greenfield / J. Plante 1961

6 - CHAMPIONS
avec Jean-Claude Chane
Sa grande passion 1’59
(His Latest Flame)
D. Pomus-M. Shuman / A. Salvet-
L. Morisse 1961

7 - DANNY BOY & SES PÉNITENTS
C’est encore une souris 2’03
(Ciao ti diro)
C. Reverberi-Calabrese / P. Louki 1961

8 - COUSINS

Kili watch 2’37
G. Derse 1960
9 - FRANKIE JORDAN
24000 baisers 2’18
(24000 baci)
A.Celentano-Fulci-Vivarelli / F. Bonifay 1961

10 - ROCKY VOLCANO
Comme un volcan 2’14
A. Canfora-Ch. Jollet 1961

11 - NICOLE PAQUIN

Comme un clou 1’44
(Stuck On You)
Leslie MacFarland-A. Schroeder /
G. Vesta 1961

12 - JACKIE SEVEN
Le rythme du rock 1’41
(Movimento di rock)
Filippi-Colombini / Jil&Jan 1961

13 - TEDDY RAYE & SES TEDDY BOYS
Crever d’amour 2’12
(All Shook Up)
O. Blackwell-E. Presley / J. Poterat 1961

14 - BURT BLANCA
Baby, c’est vous 2’07
(Baby, It’s You)
H. David- D. Bacharach-Williams /
G. Bertret-R. Desbois 1961

15 - NANCY HOLLOWAY
Croque, croque la pomme 2’07
J. Dambrois-A. Borly 1961

16 - DANY FISCHER
Je ne veux plus être un dragueur 1’58
(Shoppin’ Around)
S. Tepper-R.C. Bennett / M. Emer 1961

17 - CHATS SAUVAGES
avec Dick Rivers
Twist à Saint-Tropez 1’45
A. Salvet-G. Lafitte-M. Solal  1961

18 - CHAUSSETTES NOIRES

avec Eddy Mitchell
Betty  2’47
J. Bouchety-C. Moine 1961

19 - PIRATES
avec Dany Logan

Je te dis merci 1’42
(It’s Been Nice)
D. Pomus-M. Shuman / D. Deshayes 1961

20 - FRANKIE JORDAN
Elle est passée 2’41
(Wondrous Place)
B. Giant-J. Lewis / F. Jordan 1961

21 - JOHNNY HALLYDAY
Si tu restes avec moi 2’33
J. Hallyday-Jil&Jan 1961

22 - JOHNNY & LES CASCADEURS

Opération twist  2’48
Emilhenco 1962

23 - PINGOUINS

Regarde le ciel 2’04
A. Legrand 1962

24 - CHAUSSETTES NOIRES

avec Eddy Mitchell
Tu parles trop 1’48
(You Talk Too Much)
J. Jones-R. Hall / G. Aber 1961

25 - PIRATES
avec Dany Logan

Dany 3’01
(Lonely Blue Boy)
B. Weisman-F. Wise / D. Deshayes 1962


DISQUE 2
1 - CHATS SAUVAGES
avec Dick Rivers

Est-ce que tu le sais  3’04
(What’d I Say)
R. Charles / P. Saka-D. Hortis 1961

2 - CHAUSSETTES NOIRES
avec Eddy Mitchell
Eddie sois bon 2’13
(Johnny B. Goode)
C. Berry / C. Moine 1961

3 - PIRATES
avec Dany Logan

Tu mets le feu 1’46
(Great Balls Of Fire)
J. Hammer-O. Blackwell / P. Saka 1961

4 - VAUTOURS
avec Vic Laurens

Ne me dis pas non 2’19
(I Want You With Me)
W. Harris / J. Moreau 1961

5 - JOHNNY HALLYDAY

Une boum chez John  2’02
A. Borly-G. Vesta 1961

6 - NANCY HOLLOWAY
Rock the bop 2’26
(Rock The Bop)
M. Tillis-W. Walker / A. Salvet 1961

7 - BILLY BRIDGE
Surboum 2’12
Billy Bridge 1962

8 - CHAMPIONS
avec Jean-Claude Chane
Pardonne-moi 1’32
G. Mengozzi-L. Morisse-A. Salvet 1962

9 - LONG CHRIS & LES DALTONS
Si tu crois 2’07
(Hot Dollar)
O. Jones / G. Vesta 1962

10 - PINGOUINS

Oh, les filles ! 2’14
(Sugaree)
M. Robbins / E. Vartan 1962

11 - EL TORO & LES CYCLONES
(guitare : Jacques Dutronc)
Oncle John 1’59
(Long Tall Sally)
Johnson / G. Vesta 1962

12 - LUCKY BLONDO
Je bois, je dors et j’oublie 1’54
(I Slipped, I Tumbled, I Fell)
B. Weisman / P. Saka 1962

13 - ROCKERS

Je suis près de toi 2’01
(So What)
Crompton-Jones / David 1962

14 - DANNY BOY & SES PÉNITENTS

Quel massacre ! 2’10
P. Spiers-B. Bauger 1962

15 - LOUPS GAROUS

Twist à La Baule 2’13
J.F. Hervieu-P. Cassé 1962

16 - FANTÔMES
Le diable en personne 2’20
(Shakin’ All Over)
J. Kidd / J. Wolfsohn-Jil 1962

17 - CLAUDE & SES TRIBUNS

Le twist familial 3’36
C. Couchet-J. Lecomte 1962

18 - BOURGEOIS DE CALAIS
Les cavaliers du ciel (Instru.) 2’38
(Riders In The Sky)
S. Jones / L. Amade 1962

19 - CHATS SAUVAGES

avec Dick Rivers
Oh ! Lady 2’33
J.-P. Bourtayre-P. Saka 1962

20 - MERCENAIRES
Donne 1’58
Claudius-R. Chétrit 1962

21 - CHAUSSETTES NOIRES

avec Eddy Mitchell & Gillian Hills
C’est bien mieux comme ça 2’24
G. Garvarentz-C. Aznavour 1962

22 - FINGERS

Les cavaliers du feu (Instru.) 2’50
J.-C. Olivier-J. Arel 1962

23 - JOHNNY HALLYDAY
Il faut saisir sa chance 2’44
C. Aznavour-G. Garvarentz 1961

24 - SYLVIE VARTAN

Ne le déçois pas 2’20
(Putty In Your Hands)
J. Patton-K. Rogers / M. Roblin 1962

25 - LUCKY BLONDO

Dans la rue des souvenirs 2’29
L. Blondo 1962


DISQUE 3

1 - CHAUSSETTES NOIRES
avec Eddy Mitchell
Dactylo rock 1’37
C. Moine-L. Missir 1961

2 - CHATS SAUVAGES
avec Dick Rivers

Oh ! Baby tu me rends fou 1’30
(I’m In Love With You)
C. Bennett-R. Duke / G. Aber 1961

3 - PIRATES
avec Dany Logan

Comme un fou 2’16
D. Deshayes-L. Missir 1961

4 - JOHNNY HALLYDAY
Nous, quand on s’embrasse 2’39
(High School Confidential)
R. Hargrave-J.L. Lewis / Jil&Jan 1961

5 - PINGOUINS

Et bien, cherche ! 2’35
(Searchin’)
J. Leiber-M. Stoller / G. Vesta 1962

6 - LUCKY BLONDO

Multiplication 2’10
(Multiplication)
B. Darin / R. Desbois-G. Bertret 1962

7 - EL TORO & LES CYCLONES
(guitare : Jacques Dutronc)
Vingtième étage 1’40
(Twenty Flight Rock)
Fairchild-E. Cochran  1962

8 - LONG CHRIS & LES DALTONS

Ma verte prairie 2’32
(Evergreen Tree)
A. Schroeder-W. Gold / G. Vesta-H. Kubnick 1962

9 - JOSÉ SALCY

Je suis né pour pleurer 2’13
(Born To Cry)
D. DiMuci / J. Salcy 1962

10 - GONES ROCK
Logarithme 70 2’32
Jean-Pierre Paquet 1962

11 - BOURGEOIS DE CALAIS

Rue de Tristesse 2’29
Bourgeois de Calais 1962

12 - FANTÔMES
Fort Chabrol (Instru.) 3’06
D. Noton-J. Dutronc 1962

13 - FRANKIE JORDAN
Baby réponds-moi oui 2’07
(You Be My Baby)
D. Pomus-M. Shuman-R. Charles /
J. Hourdeaux 1962

14 - CHATS SAUVAGES
 avec Mike Shannon

Venez les filles 1’40
G. Mengozzi-G. Aber 1962

15 - GLENN JACK & SES GLENNERS

Zizi la Twisteuse 2’20
G. Jack-G. Wagenheim 1962

16 - ARISTOCRATES
avec Mick Harvey
C’est toi qui m’as appris l’amour 3’03
C. Riniéri / C. Carrère 1962

17 - VAUTOURS
avec Vic Laurens

Be bop boogie boy 1’46
(Be Bop Boogie Boy)
G. Vincent / P. Saka 1962

18 - GARY L’ANGE NOIR
J’ai le cœur qui chavire 2’03
(C’mon Everybody)
J. Capehart-E. Cochran / J.-P. Cara-
G. Lafontaire 1962

19 - GÉLOU
Ils croient à leur danse 1’58
C. Jones-C. Carrère-D. Hortis 1962

20 - JOHNNY HALLYDAY

Tout bas, tout bas, tout bas 2’43
(Apron Strings)
G. Weiss-A. Schroeder / G. Garvarentz 1962

21 - PINGOUINS
Le transistor 1’48
M. Filip-E. Vartan 1962

22 - DICK RIVERS
Bien trop court 2’38
(Life Too Short)
L. Bonner-P. Huth / G. Aber 1962

23 - SYLVIE VARTAN
Oui c’est lui 3’12
(He Is The Boy)
G. Goffin-D. Erwin / G. Aber 1962

24 - RICHARD ANTHONY

J’irai twister le blues 2’42
(Twistin’ To The Blues)
B. Greco / R. Anthony 1962

25 - JOHNNY HALLYDAY
Elle est terrible (Olympia 62) 2’00
(Somethin’ Else)
S. Sheeley-E. Cochran / Jil&Jan 1962
MONTAGE : ALEXIS FRANKEL, ART ET SON STUDIO, PARIS.
DOCUMENTS ET PHOTOS : COLLECTION PIERRE LAYANI ET PHOTOTHÈQUE RANCUREL.



Depuis la Libération, les yeux d’une partie de la jeunesse française sont rivés vers la musique américaine. Au tournant des années 1960, l’énergie du rock’n’roll supplante le jazz des caves de St-Germain-des-Prés. En effet, l’arrivée du tourne-disques Teppaz démocratise le 45 tours dans tous les foyers, jusqu’à en faire un produit de consommation courante et emblématique de la jeunesse. Cette dernière trouve alors un exutoire dans la fougue et l’énergie insufflées par le rock américain. François Jouffa et Pierre Layani reviennent ici sur le florilège de la période 1960-1962 où l’on vit éclore les premiers disques de Johnny Hallyday ou Eddy Mitchell aujourd’hui monuments de la musique populaire française.   
Patrick FRÉMEAUX


After the Liberation of Paris, the eyes of some French youngsters were riveted on American records and by the turn of the Sixties, rock & roll’s energy had supplanted jazz in the cellar-clubs of Saint-Germain-des-Prés. Teppaz turntables made the 45rpm disc a democratic object, a household consumer-product which was a symbol of youth. And youths everywhere found a way to let off steam in the heated energy of U.S. rock. This selection by François Jouffa and Pierre Layani contains the best of 1960-1962, the period when the first records from Johnny Hallyday and Eddy Mitchell were bursting onto the scene, before they became monuments of French popular music.   
Patrick FRÉMEAUX


CD Anthologie du reock français 1960-1962 © Frémeaux & Associés 2013.

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