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LES TRAVAILLEURS DE LA MER

VICTOR HUGO


LU PAR
JACQUES GAMBLIN


COFFRET 7 CD


« La Christmas de 182… fut remarquable à Guernesey. Il neigea ce jour-là. Dans les îles de la Manche, un hiver où il gèle à glace est mémorable, et la neige fait évènement. Le matin de cette Christmas, la route qui longe la mer de Saint-Pierre-Port au valle était toute blanche. Il avait neigé depuis minuit jusqu’à l’aube. Vers neuf heures, peu après le lever du  soleil, comme ce n’était pas encore le moment pour les anglicans d’aller à l’église de Saint-Sampson et pour les wesleyens d’aller à la chapelle ldad, le chemin était à peu près désert. Dans tout le tronçon de route qui sépare la première tour de la seconde tour, il n’y avait que trois passants, un enfant, un homme et une femme. Ces trois passants, marchant à distance les uns des autres, n’avaient visiblement aucun lien entre eux. »   
Les travailleurs de la mer – Victor Hugo

« Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guer­nesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable. »    Victor Hugo


Récit magistral, Les Travailleurs de la mer est un hommage de Victor Hugo à l’île de Guernesey et à ses habitants. Au travers de l’épopée de Gilliatt, son génie de la langue dépeint la majesté de sa nouvelle terre d’accueil dont il s’éprend pendant ses 15 années d’exil.
Gilliatt, pêcheur solitaire et homme bon, s’engage par amour dans le plus impraticable et insensé des projets : sauver de l’écueil la machine échouée de la Durande.
Ce récit du courage et de l’intelligence humaine face aux éléments déchainés de la nature est restitué par Jacques Gamblin dans toute sa sensibilité et sa puissance.   
Lola Caul-Futy


CD 1 : Première partie
 1. Sieur Clubin    4’20
 2. Une maison “visionnée”    6’26
 3. Tel était Gilliatt    5’10
 4. Tel était Gilliatt (suite)    7’48
 5. Durande et Déruchette    10’56
 6. La Galiote à Lethierry    6’02
 7. Une belle maisonnée    7’18
 8. Une belle maisonnée (suite)    8’45
 9. La force d’un nom tracé    7’48
10. Bonny Dundee    4’59

CD 2 :
 1. L’arrivée du nouveau recteur    9’59
 2. Sieur Clubin et le revolver    8’07
 3. Sur la pointe du Décollé    7’27
 4. Face à face    6’48
 5. Régler ses dettes    6’17
 6. La boîte aux lettres de la mer    9’11
 7. La traversée vers Guernesey    6’12
 8. Cap sur le grand Hanois    6’42
 9. Une chaloupe à la mer    5’30
10. Une certaine délivrance    4’18

CD 3 :
 1. Quel bon tour joué !    8’31
 2. Les Bravées en ruche effarouchée    6’19
 3. Sauver la machine    5’10
 4. L’aide spirituelle    4’35
 5. L’aide temporelle    5’32

Deuxième partie
 6. Gilliatt le Malin    8’37
 7. Entouré d’urgences    6’04
 8. Où donc se loger ?    6’02
 9. Où donc se loger ? (suite)    6’02
10. Huit jours se passent    8’42
11. La Cave    4’50

CD 4 :
 1. Une idée impossible    4’37
 2. D’impressionnants préparatifs    7’01
 3. Effroyable transformation    6’38
 4. Il est temps    6’31
 5. Résister à la marée    4’44
 6. La dernière manœuvre    6’00
 7. Tout n’était pas fini    7’24
 8. Déceler les signes    6’57
 9. Une nouvelle attaque    7’54
10. Parer au danger    7’04
11. C’était le commencement    5’12

CD 5 :

 1. Faire barrage    6’39
 2. Le point vulnérable    6’07
 3. La fracture    5’29
 4. Relever la tête    6’35
 5. Maigre pitance    6’33
 6. Le monstre de la Cave    5’48
 7. Le garde-manger    7’38
 8. Surprises    5’32
 9. La panse    4’47
10. Nouveau jour    5’39

Troisième partie
11. Déruchette    5’02
12. La prière    3’40

CD 6 :
 1. La rentrée dans la réalité    5’17
 2. L’éclairage de Sieur Clubin    4’54
 3. Mourir à petit feu    6’00
 4. Une chose extraordinaire    4’32
 5. L’arrivée aux Bravées    5’56
 6. C’était Déruchette    5’25
 7. Une rencontre dans la nuit    5’11
 8. Une rencontre dans la nuit (suite)    4’44
 9. Fortune    6’43
10. Non    7’39
11. Devant l’assemblée    7’08
12. Préparatifs    4’27


CD 7 :
 1. Au départ de Saint-Pierre-Port    5’50
 2. Méditer sur le sort    5’51
 3. Les adieux    5’13
 4. Une arrivée surprenante    5’54
 5. Se laisser emporter    7’10
 6. Cérémonie    5’04
 7. Quelques dernières paroles    7’11
 8. Le renouveau printanier    6’05
 9. La Chaise Gild-Holm-’Ur    7’05
10. Le Cashmere prend le large    7’04


VICTOR HUGO
LES TRAVAILLEURS DE LA MER

Victor Hugo (1802-1885) « Je veux être Chateaubriand ou rien. »
C’est un garçon âgé de quatorze ans qui écrit cette phrase déterminée. Né à Besançon, le 26 février 1802 Victor Marie Hugo est le fils du général d’Empire Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773-1828), créé comte selon la tradition familiale par Joseph Bonaparte roi d’Espagne, en garnison dans le Doubs au moment de la naissance de son fils et de Sophie Trébuchet (1772-1821), jeune femme issue de la bourgeoisie nantaise. Benjamin d’une famille de trois enfants après Abel Joseph Hugo (1798-1855) et Eugène Hugo (1800-1837), il passe son enfance à Paris. De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite des affectations militaires de son père, marqueront ses premières années. Ainsi, en 1811, il est, avec son frère Eugène, pensionnaire dans une institution religieuse de Madrid, le Collège des Nobles. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d’Empire Victor Fanneau de la Horie, parrain et précepteur de Victor Hugo auquel il donne son prénom. En septembre 1815, il entre avec son frère à la pension Cordier. D’après Adèle Hugo, c’est vers cet âge que Victor Hugo commence à versifier. Autodidacte, il apprend la rime et la mesure. Il est encouragé par sa mère à qui il lit ses œuvres. Ses ambitions sont immenses. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816 écrit dans son journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Poète précoce, il concourt pour le prix de poésie à l’Académie à l’âge de 15 ans. L’Académie croit que le jeune poète s’est moqué d’elle en donnant cet âge et ne lui donne qu’une mention ; lauréat des Jeux floraux de Toulouse en 1819 et 1820, il est nommé maître ès Jeux floraux. Il publie le premier volume des Odes et Ballades en 1822 et le second en 1826 ; entre ces deux volumes ont paru les deux premiers romans, Han d’Islande en 1823 et Bug Jargal en 1825, et le Cénacle s’est fondé. La Préface de Cromwell en 1827 fait de Victor Hugo le chef de la nouvelle école romantique ; les Orientales paraissent en 1828. Louis XVIII a pensionné le jeune poète et la censure ayant interdit Marion Delorme, le premier drame écrit en vue de la scène, Charles X veut l’indemniser en doublant le chiffre de sa pension, mais Victor Hugo refuse. Il écrit alors Hernani, dont la première représentation au Théâtre-Français, le 26 février 1830, est une bataille entre les deux parties littéraires et un triomphe pour les romantiques. Le Roi s’amuse, joué le 22 novembre 1832, est interdit le lendemain ; un procès a lieu devant le Tribunal de Commerce et l’auteur prononce un magnifique plaidoyer sur la liberté du théâtre. Coup sur coup, Victor Hugo publie des poésies, un admirable roman et fait jouer des drames : Notre-Dame de Paris, son chef-d’œuvre en prose, en 1831, les Feuilles d’automne, même année, Lucrèce Borgia et Marie Tudor, 1833, Angelo et les Chants du Crépuscule, 1835, les Voix intérieures, 1837, Ruy Blas, 1838, les Rayons et les Ombres, 1840, le Rhin, 1842, les Burgraves, 1843. La mort tragique de sa fille Léopoldine, noyée à Villequier avec Charles Vacquerie qu’elle venait d’épouser, plonge le poète dans une profonde douleur et le rend muet pendant plusieurs années. Nommé pair de France le 15 avril 1845, la politique le saisit : député à la Constituante le 4 juin 1848, et réélu à la Législative, il vote avec la droite dans la première assemblée et avec l’extrême gauche dans la deuxième, il combat avec une ardeur passionnée le prince-président Napoléon III et organise la résistance contre le coup d’État du 2 décembre. Pendant ces cinq années, il écrit de nombreux discours qui ont été réunis dans le premier volume d’Actes et Paroles, Avant l’Exil ; pendant les deux dernières années de cette période, il fonde et dirige l’Événement, qui devient, après des poursuites et des condamnations, l’Avènement ; il y défend ses idées politiques et littéraires. Proscrit en 1851, il se réfugie à Jersey qu’il doit quitter en 1855 pour Guernesey où il reste quinze ans. Il fait paraître à Bruxelles Napoléon le Petit en 1852 et les Châtiments en 1853, à Paris les Contemplations en 1856, la Légende des Siècles en 1859, qui est complétée plus tard, Les Misérables en 1862, les Chansons des Rues et des Bois en 1865, Les Travailleurs de la Mer en 1866, L’Homme qui rit en 1869. Cette même année il collabore au nouveau journal que fondent ses fils avec Auguste Vacquerie et Paul Meurice, Le Rappel. Les désastres de la guerre de 1870 et la chute de l’Empire ramènent Victor Hugo à Paris, où il trouve une popularité qui va grandissante jusqu’à sa mort. Député à l’Assemblée nationale, puis sénateur de la Seine, il intervient souvent par des lettres et des discours dans les luttes politiques des premières années de la troisième République. En même temps, il continue la publication de ses chefs-d’œuvre : L’Année Terrible parut en 1872, Quatre-vingt-treize en 1874, l’Histoire d’un Crime et l’Art d’être Grand-Père en 1877, puis la nouvelle série de la Légende des Siècles et les Quatre Vents de l’Esprit. En 1878, Victor Hugo est frappé par une congestion cérébrale, et même si des ouvrages écrits antérieurement continuent à paraître, il cesse d’écrire et se partage entre les honneurs et la politique. Le 22 mai 1885, Victor Hugo meurt d’une congestion pulmonaire, des funérailles nationales sont décidées par le gouvernement. Le samedi 30 mai, le corps de Victor Hugo est déposé dans un immense sarcophage sous l’arc de triomphe orné pour les circonstances d’un grand voile noir. Il est gardé la nuit par des cuirassiers porteurs de torches. Les Champs-Elysées sont envahis toute la journée et toute la nuit par le peuple venu lui rendre hommage. Le 1er juin, à onze heures, vingt et un coups de canons retentissent : le poète est transféré au Panthéon. Un million de personnes assiste à ses obsèques. Le centenaire de sa naissance vit l’inauguration du Musée Victor-Hugo installé dans la maison de la place des Vosges à Paris où le poète avait écrit d’immortels chefs-d’œuvre, alors qu’elle s’appelait Place Royale. Il légua à la Bibliothèque nationale ses manuscrits et ses dessins. En guise de conclusion de cette courte bibliographie, il faut citer cette réflexion de Victor Hugo dans Les travailleurs de la mer qui pourrait autant s’adresser à nous qu’à lui-même : « La vie est une perpétuelle arrivée ; nous la subissons. Nous ne savons jamais de quel côté viendra la brusque descente du hasard. Les catastrophes et les félicités entrent, puis sortent, comme des personnages inattendus. Elles ont leur loi, leur orbite, leur gravitation, en dehors de l’homme. La vertu n’amène pas le bonheur, le crime n’amène pas le malheur ; la conscience a une logique, le sort en a une autre ; nulle coïncidence. Rien ne peut être prévu. Nous vivons pêle-mêle et coup sur coup. La conscience est la ligne droite, la vie est le tourbillon. Ce tourbillon jette inopinément sur la tête de l’homme des chaos noirs et des ciels bleus. Le sort n’a point l’art des transitions. Quelquefois la roue tourne si vite que l’homme distingue à peine l’intervalle d’une péripétie à l’autre et le lien d’hier à aujourd’hui. » Les travailleurs de la mer écrit à Guernesey par Victor Hugo en 1864 et 1865 à Hauteville House durant son l’exil dans l’île anglo-normande de Guernesey et publié l’année suivante en 1866 simultanément à Bruxelles et Paris est certainement l’œuvre qui doit le plus au lieu lui-même. Elle est dédiée à Guernesey et à ses habitants : « Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable ». Victor Hugo. Les travailleurs de la mer est un roman total protéiforme ou le génie créateur de Hugo brasse, grâce à une aisance sidérale, absolument tous les domaines, poésie, morale, philosophie, science de la nature, histoire, géographie, technique, physique, économie avec un sens dramatique aigu qui manie à la manière d’aujourd’hui au cinéma le montage parallèle. Un roman qui en devient presque effrayant tant la richesse est absolue. Mais la fascination est là et l’emporte sur tout. Les travailleurs de la mer était intitulé initialement L’Abîme. Hugo, à la demande de l’éditeur, lui donne un titre plus commercial. Il ajoute un livre liminaire, « L’Archipel de la Manche », qu’à la demande encore des éditeurs il consent à retirer avant de le réintégrer en 1883. Un autre long chapitre descriptif, « La Mer et le vent », daté de février 1865 et retiré dans les mêmes circonstances, sera publié en 1911. Il se trouve depuis placé en fin du roman, sous l’appellation de « reliquat ». Pour des raisons liées au temps et au désir de faire émerger le plus possible l’action, « ce prologue » et « cet épilogue » ne figurent pas dans l’enregistrement proposé. Cependant l’’ensemble met en évidence l’importance du décor marin de l’archipel anglo-normand où l’écrivain va vivre, méditer et créer pendant quinze ans de 1855 à 1870. Dans la préface de 1866, Hugo replace Les Travailleurs de la mer au cœur d’une trilogie de la fatalité : « L’homme a affaire à l’obstacle sous la forme superstition, sous la forme préjugé, et sous la forme élément. Un triple anankè pèse sur nous, l’anankè des dogmes, l’anankè des lois, l’anankè des choses. Dans Notre-Dame de Paris, l’auteur a dénoncé le premier ; dans Les Misérables, il a signalé le second ; dans ce livre, il indique le troisième. » Mais il ajoute : « À ces trois fatalités qui enveloppent l’homme se mêle la fatalité intérieure, l’anankè suprême, le cœur humain. » L’objet de ce deuxième roman de l’exil sera donc la lutte de l’homme contre la nature, manifestée ici par l’océan. Le récit proprement dit se divise en trois parties, d’inégales longueurs. La première, intitulée « Sieur Clubin », présente les principaux protagonistes et met en place les ressorts de l’intrigue : Mess Lethierry, vieil armateur de Guernesey et oncle de la jeune Déruchette, a fabriqué un bateau à vapeur, La Durande, qui assure la liaison entre Saint-Sampson et Saint-Malo, au grand mécontentement des marins de la bourgeoisie et du clergé de l’île qui, par superstition, combattent ce progrès technique, Victor Hugo écrit dans le roman : « Dans cet archipel puritain, où la reine d’Angleterre a été blâmée de violer la Bible en accouchant par le chloroforme, le bateau à vapeur eut pour premier succès d’être baptisé le Bateau-Diable (Devil-Boat). À ces bons pêcheurs d’alors, jadis catholiques, désormais calvinistes, toujours bigots, cela sembla être de l’enfer qui flottait. Un prédicateur local traita cette question : A-t-on le droit de faire travailler ensemble l’eau et le feu que Dieu a séparés ? Cette bête de feu et de fer ne ressemblait-elle pas à Léviathan ? N’était-ce pas refaire, dans la mesure humaine, le chaos ? Ce n’est pas la première fois que l’ascension du progrès est qualifiée retour au chaos. » Sieur Clubin, capitaine de la Durande dont la probité est légendaire, manipulateur de génie veut profiter du passage incognito de Rantaine, ancien associé de Mess Litherry qui l’avait escroqué, pour le voler. Puis Clubin, enfin riche des sommes dérobées à Rantaine, échoue volontairement la Durande sur les récifs du Hanois desquels il est facile de rejoindre à la nage Guernesey. Comme tout bon capitaine, il reste seul à bord en espérant faire croire à une mort héroïque. Se préparant à regagner la côte en nageant, il s’aperçoit que dans le brouillard il s’est trompé d’écueils, ce sont les terribles Douvres situés très loin de la terre ferme… Néanmoins il se déshabille mais au moment où il plonge, il est emporté par une pieuvre géante… A terre on apprend le naufrage de la Durande. Mess Letherry est ruiné, c’est la consternation. Il promet la main de sa nièce, Déruchette, à qui parviendra à sauver au moins les machines de la Durande. Tout le monde pense, non sans malice, que le sauvetage est impossible. La deuxième partie, « Gilliatt le malin », forme le cœur du roman. Gilliatt, est un pêcheur solitaire mal vu de la population de l’île. Citons un passage du roman : « La maison qu’habitait Gilliatt avait été visionnée et ne l’était plus. Elle n’en était que plus suspecte. Personne n’ignore que, lorsqu’un sorcier s’installe dans un logis hanté, le diable juge le logis suffisamment tenu, et fait au sorcier la politesse de n’y plus venir, à moins d’être appelé, comme le médecin. Cette maison se nommait le Bû de la Rue. Elle était située à la pointe d’une langue de terre ou plutôt de rocher qui faisait un petit mouillage à part dans la crique de Houmet-Paradis. Il y a là une eau profonde. Cette maison était toute seule sur cette pointe presque hors de l’île, avec juste assez de terre pour un petit jardin. Gilliatt, nous l’avons dit, n’était pas aimé dans la paroisse. Rien de plus naturel que cette antipathie. Les motifs abondaient. D’abord, son origine. Les gens des pays n’aiment pas qu’il y ait des énigmes sur les étrangers. Ensuite, son jardin, qu’il réussissait à cultiver et d’où il tirait des pommes de terre malgré les coups d’équinoxe. Ensuite, de gros livres qu’il avait sur une planche, et où il lisait. D’autres raisons encore. D’où vient qu’il vivait solitaire ? Le Bû de la Rue était une sorte de lazaret ; on tenait Gilliatt en quarantaine ; c’est pourquoi il était tout simple qu’on s’étonnât de son isolement, et qu’on le rendît responsable de la solitude qu’on faisait autour de lui. » Gillait par amour pour Déruchette se lance dans le sauvetage de la machine de la Durande. Les trente-sept chapitres qui suivent sont le récit halluciné du terrible combat mené par le héros contre la nature hostile. Résistant à la faim, à la soif et à l’épuisement : « La nuit, dans son trou de rocher, il ne dormait que par l’accablement du travail. Les grands cousins de mer venaient le piquer. Il se réveillait couvert de pustules. Il avait la fièvre, ce qui le soutenait ; la fièvre est un secours, qui tue. D’instinct, il mâchait du lichen ou suçait des feuilles de cochléaria sauvage, maigres pousses des fentes sèches de l’écueil. Du reste, il s’occupait peu de sa souffrance. Il n’avait pas le temps de se distraire de sa besogne à cause de lui, Gilliatt. La machine de la Durande se portait bien. » Surmontant tous les obstacles techniques il voit une terrible tempête s’approcher : « Une tempête approchait. L’abîme se décidait à livrer bataille. C’est tous les vents qui arrivaient en horde. D’un côté, cette légion. De l’autre, Gilliatt. » Dans un terrible combat il finit par triompher de l’océan. : « Gilliatt était de ceux qui du danger même font jaillir le secours » Il lui reste une dernière épreuve : affronter la pieuvre géante qui a emporté Clubin… la conclusion est heureuse : « Il était temps qu’il tuât la pieuvre. Il était presque étouffé ; son bras droit et son torse étaient violets ; plus de deux cents tumeurs s’y ébauchaient ; le sang jaillissait de quelques-unes çà et là. Le remède à ces lésions, c’est l’eau salée. Gilliatt s’y plongea. » Peu de temps après Gilliat découvre le squelette de Clubin… attachée autour des vertèbres une ceinture dans laquelle est enfermée une petite boîte contenant l’argent dérobée à Rantaine. Enfin Gilliatt parvient à regagner Saint-Sampson avec la machine. La troisième partie, « Déruchette », beaucoup plus courte, est l’implacable fin tragique de cette histoire. Gilliatt de retour à Saint-Sampson est fêté comme un héros par Mess Lettierry. Il veut qu’il devienne son gendre et le capitaine de la future Durande qui verra le jour grâce à la machine restée en parfait état et à l’argent repris sur la dépouille de Clubin. Mais hélas Gilliat, la nuit, caché dans le jardin de Déruchette, surprend une conversation qui lui révèle qu’elle est amoureuse du jeune pasteur Ebenezer qui vient d’arriver sur l’île…Gilliatt renonce alors à celle qu’il aime. Il aide les deux amants à se marier et à s’enfuir à bord du navire le Cashmere qui mouille au large depuis peu et qui doit repartir. Cet ultime sacrifice accompli, il se laisse engloutir par les eaux. « La mer montait avec une douceur sinistre. Gilliatt, immobile, regardait le Cashmere s’évanouir. » Malgré une fin tragique, sacrificielle, Victor Hugo nous rappelle au travers de l’épopée Homérique de Gilliat que vivre sa vérité, c’est en accepter le prix, fût-t-il même le plus élevé. Mais en revanche cela fait de nous, un homme, une femme dont l’existence a un sens et une valeur inestimable tant pour soi que pour autrui.
Éric Herbette

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Œuvres de Victor Hugo
1819 Les destins de la Vendée - ode.
1820 Le génie. La mort du duc de Berry.     La naissance du duc de Bordeaux.
1821 Odes.
1822 Bonaparte. Moïse sur le Nil.
1823 Han d’Islande - 4 vol.
1825 Le sacre de Charles X.
1826 Bug-Jargal.
1826 Odes et ballades - 2 vol.
1827 Cromwell.
1827 À la colonne de la place Vendôme.
1829 Hernani.
1829 Le dernier jour d’un condamné. Claude Gueux.
1829 Les Orientales.
1830 L’Aumône.
1831 Marion Delorme.
1831 Notre-Dame de Paris.
1831 Les feuilles d’automne.
1832 Le roi s’amuse.
1832 Lucrèce Borgia. Marie Tudor.
1834 Étude sur Mirabeau. Littérature et philosophie mêlées - 2 vol.
1834 Claude Gueux.
1835 Angelo.
1835 Les chants du crépuscule.
1836 La Esmeralda.
1837 Les voix intérieures.
1838 Ruy-Blas.
1840 Les rayons et les ombres. Le retour de l’empereur.
1842 Le Rhin - 2 vol.
1843 Les Burgraves.
1851 Treize discours.
1852 Napoléon le Petit.
1853 Les châtiments.
1853 Œuvres oratoires et discours de l’exil - Bruxelles.
1855 Le beau Pécopin et la belle Bauldour.
1856 Les contemplations - 2 vol.
1859 La légende des siècles - 2 vol.
1861 John Brown.
1862 Les enfants.
1862 Les misérables - 10 vol.
1864 William Shakespeare.
1865 La chanson des rues et des bois.
1866 Les travailleurs de la mer.
1867 Paris.
1868 Le Christ du Vatican.
1869 L’homme qui rit - 2 vol.
1872 L’année terrible.
1873 La libération du territoire.
1874 Mes fils.
1874 Quatre-vingt Treize - 3 vol.
1875 Actes et paroles.
1877 L’art d’être grand père. Le livre des enfants.
1877 L’expiation. Histoire d’un crime.
1878 Discours pour Voltaire. Le domaine public payant.
1878 Le pape.
1879 La pitié suprême.
1880 L’âne. Religion et religions.
1881 Les quatre vents de l’esprit.
1882 Torquemada.
1883 L’archipel de la Manche

Lexique

Abattée, abattre : Un navire abat, lorsqu’il change de direction en pivotant sur lui-même.
Affourcher : Amarrer à l’aide de deux ancres disposées en V.
Amure : Cordage qui fixe l’angle inférieur d’une voile du côté d’où vient le vent.
Ananké : Du nom de la déesse grecque de la nécessité et du destin.
Antre : Caverne. Repaire d’un fauve.
Apitage : Serpentin.
À vau-l’eau : Aller au fil de l’eau. Jeu de mot : « À vau-le feu », en suivant la luminosité de l’eau.
Bâbord : Partie gauche d’un navire, quand on regarde vers l’avant.
Beaupré : Mât qui pointe en avant du navire, plus ou moins à l’horizontale.
Bitter : Enrouler une amarre autour d’une bitte.
Boréal(e) : Caractère de ce qui est proche du pôle Nord. Ici, allusion à la clarté faible.
Bouline : Cordage servant à tenir une voile de biais pour prendre le vent.
Branle : Hamac.
Breakwater : Mot anglais, mot à mot, brise eau : brise-lames.
Cabestan : Treuil sur lequel s’enroulent les câbles et qui permet de soulever les charges.
Chenal : Passage pour un bateau, entre des obstacles.
Coutre : Voilier à un seul mât.
Dilemme : Alternative comprenant deux propositions contradictoires.
Diorite : Roche.
Diptyque : Tableau en deux parties.
Drisses : Cordages permettant de hisser les voiles.
Écoute : Cordage servant à assujettir sous le vent une voile par inférieur et postérieur.
Édit de Nantes : Édit de pacification signé par Henri IV à Nantes le 13 avril 1598, qui définit les droits des protestants en France et mit fin aux guerres de Religion.
Élingues : Cordages dont on entoure les fardeaux pour les soulever.
Embossée : Amarrée de façon à se maintenir dans une direction déterminée.
Embossures : Nœuds faits sur les amarres (voir Embossée, ci-dessus).  
Encelade : Mythologie grecque : géant ennemi des dieux. Athéna l’ensevelit sous la Sicile ; les contorsions du géant provoquent des tremblements de terre.
Équinoxes : Les deux périodes où la durée du jour est égale à celle de la nuit (21 mars, 23 septembre).
Étiage : Niveau le plus bas des eaux.
Funin : Cordage non goudronné (le goudron étant utilisé parfois pour imperméabiliser).
Grelin : Fort cordage.
Guernesey : Île de la Manche, une des îles Anglo-Normandes. Dépendance de la Couronne britannique constituée principalement de cette île. Comme les autres îles Anglo-Normandes, Guernesey n’appartient ni au Royaume-Uni, ni à l’Union européenne mais relève directement de la propriété du souverain britannique, qui y règne en tant que duc de Normandie.
Guinderesse : Gros cordage ou fil d’acier.
Haussière : Cordage qui sert à amarrer.
Hiatus : Interruption entre deux faits qui auraient dû rester joints.
Hiloires : Bordures verticales destinées à empêcher l’eau de pénétrer dans un navire.
Hydre : Animal fabuleux, dragon à sept têtes.
Incommensurable : Que l’on ne peut pas mesurer.
Inexpugnable : Que l’on ne peut pas prendre d’assaut, que l’on ne peut pas vaincre.
Inextinguible : Soif que l’on ne peut étancher.
Intumescence : Gonflement.
Jean Bart : Marin célèbre au XVIIe siècle. Corsaire, il combat contre les Anglais et les Hollandais.
« La machine de Marly » : est un gigantesque dispositif de pompage des eaux de la Seine, œuvre du maître charpentier et mécanicien liégeois, Rennequin Sualem, construit sous le règne de Louis XIV à Bougival. Elle était destinée à alimenter en eau les jardins du château de Marly et le parc de Versailles. Construite entre 1681 et 1682, elle était sans doute « une des machines les plus complexes de son temps ».
Larguer : Lâcher tout de suite.
La Salette : Village des Alpes ou La Sainte Vierge apparut à deux enfants, Mélanie Calvat, 14 ans et Maximin Giraud, 11 ans, le 19 septembre 1846.
Lazaret : Établissement où l’on isole les sujets suspects de contact avec des malades contagieux et où ils subissent éventuellement la quarantaine. Ou Local conçu pour loger momentanément les animaux nouvellement introduits dans un troupeau, un pays, et isoler ceux qui peuvent être atteints d’une maladie contagieuse.
Légion : Armée romaine. Par extension, grand nombre. Les fourches : Allusion historique : défilé de plus en plus étroit, en forme de fourche, caudines : près de Caudium où les Romains furent battus. (Passer sous les fourches caudines : accepter des conditions déshonorantes, honteuses.)
Léviathan : Monstre marin.
Livide : Qui est de couleur plombée, bleuâtre, blafard, c’est-à-dire sans éclat.
Maître-bau : Le bau le plus long ; comme il est la plus grande largeur du navire, on la désigne parfois ainsi.
Maître-couple : Le couple le plus long ; expression la plus juste pour désigner la plus grande largeur du navire.
Mascaret : Longue vague déferlante produite dans un estuaire par la rencontre du flux et du reflux.
Mérelle : Ancienne dénomination du jeu de la marelle ou coquille Saint-Jacques que portait le pèlerin se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.
Moufle : Assemblage de poulies servant à soulever de lourds fardeaux.
Musoir : Pointe extrême d’une digue ; tête d’une écluse.
Organeau : Anneau au sommet de l’ancre servant à l’amarrer.
Palan : Appareil de levage à mécanisme démultiplicateur (poulies).
Palet : Petite plaque ronde que l’on fait avancer sur une aire de jeu.
Paroxysme : Le point le plus fort.
Patelles : Coquillages fixés sur les rochers (« chapeaux chinois »).
Phosphorescence : Caractère de ce qui est luminescent, fluorescent, porteur d’une luminosité.
Porque : Pièce courbe qui renforce la carène du bateau.
Prendre assiette : Trouver son équilibre.
Prodigalité : Caractère de celui qui donne avec excès, à profusion.
Ralingue : Cordage renforçant le bord d’une voile.
Ressac : Retour violent des vagues après qu’elles ont heurté un obstacle.
Sabord : nom masculin, Ouverture quadrangulaire pratiquée dans la muraille d’un navire, et servant soit de passage à la volée des pièces, soit de prise d’air pour les chambres et les batteries.
Sloop : Déformation anglophone de chaloupe, ou plus exactement le sloop-of-war, désignait en Angleterre, les navires plus petits que les frégates, armés de dix à dix-huit canons sur un seul pont. Les Anglais distinguaient deux variantes principales de sloop :
Solives : Planches de construction.
Sphinx : Monstre fabuleux (lion ailé à buste de femme) qui tuait les voyageurs incapables de résoudre l’énigme qui leur était posée.
Steamer : Bateau à vapeur.
Suroit : Chapeau imperméable en toile huilée dont l’arrière descend sur la nuque.
Trenck : Prisonnier célèbre pour ses multiples évasions.
Tribord : Est le côté droit d’un navire, lorsqu’on est placé dans son axe et qu’on regarde vers l’avant.
Vaigrage : Ensemble des planches fixées sur les pièces maîtresses du bateau.
Vergue : Perche à laquelle est fixée la têtière (partie supérieure d’une voile).
Zénith : Point culminant de la voûte céleste à la verticale de l’observateur.




Jacques Gamblin est né en 1957 à Granville, au nord-ouest de la France. Il découvre le métier d’acteur et se prend de passion pour la comédie en travaillant comme technicien au Théâtre du Totem à Saint-Brieuc. Il commence alors des études au Centre dramatique de Caen. En 1978, il joue son premier rôle au Théâtre national de Bretagne dans La Ballade de Billy peau d’argile avant de partir pour les planches à Paris.
A l’âge de 31 ans, Jacques Gamblin apparaît pour la première fois au cinéma dans le film Périgord noir de Nicolas Ribowski. Depuis 1988 on l’a vu dans une série de films très différents les uns des autres. Récemment, il a créé des personnages inoubliables. Citons, par exemple, son interprétation de Garris, homme simple et généreux dans Les Enfants du Marais (1998) de Jean Becker, ou son incarnation du jeune père adoptif Pierre dans Holy Lola (2003) de Bertrand Tavernier. Mais c’est son rôle d’André Lemoine dans le film Pédale douce de Gabriel Aghion, qui l’a fait découvrir du grand public. Son interprétation de Jean Devaivre dans le film Laissez-passer de Bertrand Tavernier est un autre grand succès. Il remporte d’ailleurs le Prix d’interprétation au Festival de Berlin en 2002 pour ce rôle. Son talent est à nouveau reconnu en 2009 et 2011, lorsqu’il est nommé à deux reprises au César du meilleur rôle pour ses interprétations dans Le premier jour du reste de ta vie, de Rémi Bezançon, et Le nom des gens, de Michel Leclerc. En 2014, il joue dans Hippocrate, de Thomas Lilti, et De toutes nos forces, de Nils Tavernier, tous deux encensés par la critique et le public.
Parallèlement à son travail d’acteur, Jacques Gamblin écrit et met en scène des pièces de théâtre. En 1992 il compose sa première œuvre, Quincaillerie, avec laquelle il sillonne les salles de France. Suivront Le toucher de la hanche (1997), Entre courir et voler y’a qu’un pas papa (2003) et Tout est normal, mon cœur scintille (2010), une pièce dans laquelle il joue jusqu’en 2012. La même année, il adapte pour le théâtre le roman de Romain Gary, La nuit sera calme.
En 2001, Jacques Gamblin a réalisé son premier enregistrement pour les éditions Frémeaux & Associés en prêtant sa voix au célèbre héros de Maurice Leblanc, Arsène Lupin (Maurice Leblanc, Arsène Lupin - La Demeure mystérieuse, FA8018). En outre, il a lu, aux côtés de Catherine Frot, les Contes de Perrault (Cendrillon - Barbe bleue - Riquet à la houppe - Les Fées, FA832). A la suite de ces textes pour enfants, il prête sa voix à Rachilde dans l’un de ses romans les plus célèbres, La Tour d’amour (Rachilde, La Tour d’amour, FA8040), et à Marc-Aurèle dans les Pensées à moi-même (Marc-Aurèle, Pensées à moi-même, FA8093).



LES TRAVAILLEURS DE LA MER
VICTOR HUGO LU PAR JACQUES GAMBLIN

CD 1 : Première partie : Sieur Clubin • Une maison « visionnée » • Tel était Gilliatt • Tel était Gilliatt (suite) • Durande et Déruchette • La Galiote à Lethierry • Une belle maisonnée • Une belle maisonnée (suite) • La force d’un nom tracé • Bonny Dundee.
CD 2 : L’arrivée du nouveau recteur • Sieur Clubin et le revolver • Sur la pointe du Décollé • Face à face • Régler ses dettes • La boîte aux lettres de la mer • La traversée vers Guernesey • Cap sur le grand Hanois • Une chaloupe à la mer • Une certaine délivrance.
CD 3 : Quel bon tour joué ! • Les Bravées en ruche effarouchée • Sauver la machine • L’aide spirituelle • L’aide temporelle. Deuxième partie : Gilliatt le Malin • Entouré d’urgences • Où donc se loger ? • Où donc se loger ? (suite) • Huit jours se passent • La Cave.
CD 4 : Une idée impossible • D’impressionnants prépa­ratifs • Effroyable transformation • Il est temps • Résister à la marée • La dernière manœuvre • Tout n’était pas fini • Déceler les signes • Une nouvelle attaque • Parer au danger • C’était le commencement.
CD 5 : Faire barrage • Le point vulnérable • La fracture • Relever la tête • Maigre pitance • Le monstre de la Cave • Le garde-manger • Surprises • La panse • Nouveau jour. Troisième partie : Déruchette • La prière.
CD 6 : La rentrée dans la réalité • L’éclairage de Sieur Clubin • Mourir à petit feu • Une chose extraordinaire • L’arrivée aux Bravées • C’était Déruchette • Une rencontre dans la nuit • Une rencontre dans la nuit (suite) • Fortune • Non • Devant l’assemblée • Préparatifs.
CD 7 : Au départ de Saint-Pierre-Port • Méditer sur le sort • Les adieux • Une arrivée surprenante • Se laisser emporter • Cérémonie • Quelques dernières paroles • Le renouveau prin­tanier • La Chaise Gild-Holm-’Ur • Le Cashmere prend le large.


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