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TZIGANES

SOUVENIRS DE HONGRIE
1954-1959





Mélange de musique classique et de folklore, la musique tzigane d’Europe Centrale s’est codifiée en grande partie par l’intermédiaire de la culture Magyar. C’est dans les plaines et villages de Hongrie qu’a émergé la musique tzigane, pont entre les cultures européennes et asiatiques. Ella va engendrer une fascination partout dans le monde des arts qui baigna l’ensemble des 19e et 20e siècles : des Romantiques, de Renoir à Matisse, de Django Reinhardt à Yehudi Menuhin.
    
Patrick Frémeaux

Réalisée par Jean-Baptiste Mersiol, cette anthologie 3 CD revient sur l’âge d’or que connut la production phonographique de cette musique dans les années 1950 et vient compléter celle réalisée par Alain Antonietto 25 ans auparavant et toujours disponible : « Tziganes Paris - Berlin - Budapest / 1910-1935 » (FA006).



The Gypsy music of Central Europe is a mix of classical music and folklore that was mainly standardised through the input of Magyar culture. It surfaced in the plains and villages of Hungary and bridged European and Asian cultures. It caused a fascination in the world of arts of the 19th and 20th centuries, through the Renoir and Matisse Romantics, and all the way from Django Reinhardt to Yehudi Menuhin.   
Patrick Frémeaux

This 3 CD anthology produced by Jean-Baptiste Mersiol goes back to the 1950s golden age, thus complementing Alain Antonietto’s “Tziganes Paris - Berlin - Budapest / 1910-1935’ (FA006), which was completed 25 years ago and is still available in this series.



Tziganes - Souvenirs de Hongrie 1954-1959

Par Jean-Baptiste Mersiol

À vrai dire, il est difficile voire impossible de s’expliquer sur l’essence même de la notion de « Musique tzigane » si l’on n’a pas une connaissance approfondie de la musique hongroise. La musique hongroise requiert de telles spécificités stylistiques qu’elle constitue une exception en la matière et il convient de se débarrasser des règles ordinaires de la musique si l’on veut en apprécier tous les systèmes harmoniques et mélodiques. Apparentée à la fois à la musique classique et la musique improvisée, elle diffère de celle des peuples indo-germaniques par le rythme, ainsi on comprend comment une confusion s’est installée à l’égard des tziganes. En vérité ces derniers jouent de la musique hongroise, elle est donc l’essence même de ce que l’on appelle musique tzigane. Il convient pourtant de différencier « Musique classique » et « Musique tzigane ». Si l’on devine aisément que la musique hongroise tient une place particulière dans la culture musicale européenne, on la doit à ce peuple issu de l’Oural vers le dix-huitième siècle. Il s’agit du peuple Magyar qui est à l’origine un groupe ethnolinguistique finno-ougrien originaire d’Asie centrale. Ceux-ci ont migrés dans un premier temps vers l’Oural et ensuite vers la mer noire (actuelle Ukraine). Cela a abouti à la création du pays Magyar autrement dit la Hongrie. Dans la langue hongroise, le mot magyar désigne, au sens politique, la Hongrie comme état-nation moderne et de surcroit tous les citoyens hongrois sans distinction. Durant des siècles, la musique dite hongroise a été confondue avec la musique dite « tzigane ». Bien qu’influencée par la musique turque et asiatique, l’importation de la musique occidentale a permis à la musique hongroise de prendre ses véritables marques. Parmi les caractéristiques de cette musique, il est impossible de passer sous silence le fameux « cymbalum », communément appelé « piano tzigane ». Le cymbalum verra ses techniques d’exécution modifiées et révolutionnées grâce à Aladàr Ràcz.
Les autres instruments qui caractérisent cette musique sont : le tambour à friction appelé köcsögduda. Le tárogató, est le symbole de la résistance anti-impériale et est aujourd’hui communément utilisé par les tziganes. La migration de ceux-ci a influencé la musique des pays limitrophes tels que la Slovaquie, l’Autriche et la République Tchèque. La Hongrie, contrairement aux autres pays de l’Est n’a pas connu le même essor de la musique folklorique, la limitant souvent à la musique dite classique afin de se débarrasser de ses influences asiatiques. Toutefois la musique traditionnelle a perduré grâce aux ensembles hongrois qui ont continué à la jouer en suivant la tradition orale. Culturellement d’ailleurs, les Hongrois ont toujours été disposés à jouer des traditionnels roumains ou russes mais l’inverse n’est pas vraiment de mise. Le régime communiste russe a toujours vu d’un mauvais œil la pratique de la musique hongroise en raison de ses diverses influences asiatiques et occidentales ouvertes sur le monde. Toutefois, de nos jours elle est modernisée par l’ajout d’instrument électrique, ainsi les traditionnels hongrois connaîtront donc encore de beaux jours. À ce propos, la modernisation de la musique traditionnelle constitua dès le début du vingtième siècle le mouvement des táncház et amena à la création des maisons de la culture dans lesquelles les jeunes apprenaient la musique traditionnelle. Ces pratiques qui avaient pour but d’encourager la propagation de la musique hongroise dans une pratique modernisée de la musique, aux accents de variété occidentale ou rock, furent considérées comme dangereuses et le régime communiste tenta de les abolir, sans succès.

L’essence de la musique classique hongroise doit son origine avec l’arrivée des trouvères allemands et français au onzième siècle qui apportent l’art profane après une longue période de plain-chant grégorien qui constitue les premières traces de musique dans les chœurs monastiques. L’influence la plus grande dès l’antiquité (seizième siècle) renforce l’idée d’une musique classique vocale tandis que les lantos (luthistes) et kobzos parcourent déjà l’Europe.
Au dix-huitième siècle les compositeurs Joseph Haydn, Ludwig Van Beethoven et Franz Schubert ont investi la cour et ont été ensuite fort inspirés par le folklore hongrois. Ce sont ces mêmes compositeurs qui occidentaliseront fortement cette musique en ouvrant la voie à Franz Liszt. C’est à cette même époque qu’on apparut les verbunkos et csardas, exécutés par les petits ensembles tziganes et qui constituèrent le style semi-classique. Le verbunkos n’est autre qu’une danse traditionnelle hongroise de recrutement militaire. Celui-ci est dansé dans les campagnes et varie selon le lieu où il est exécuté. Toutefois, la base de cette danse est fondée sur la pratique de mouvements frappés par les mains sur les bottes que l’on appelle « La danse des garçons ». Les danses des filles en revanche varient selon les villages. Le violoniste János Bihari au dix-neuvième siècle, est certainement la personne qui rendit cette danse célèbre en influençant Franz Liszt.
Peu de temps après devaient apparaître les premières écoles de musique où l’on pratiquait l’homophonie et la polyphonie (Chœurs dans les collèges de Sárospatak et Székelyudvarhely). Johannes Brahms n’allait alors pas tarder à s’intéresser de près à la musique hongroise sous l’influence de Joseph Joachim et Ede Reményi. Désormais sont effectuées les premières recherches musicologiques sur la musique hongroise et est créée l’Académie de musique de Budapest d’où émergeront Béla Bartók et Zoltàn Kodály. Béla Bartók, intégra d’ailleurs le verbunkos dans plusieurs de ses oeuvres dont le Concerto pour orchestre. Le plus célèbre des verbunkos, reste celui de Ludwig van Beethoven dans sa troisième symphonie (La Symphonie Héroïque). Celui-ci est exécuté dans le final. En ce qui concerne la csardas, celle-ci est une danse qu’on retrouve dans toutes les régions où vivent les hongrois : Hongrie, Ukraine, Slovaquie, Roumanie, Croatie, Vojvodine, Slovénie, Autriche. Elle signifie « auberge » en hongrois et est exécutée par des pas latéraux de gauche à droite dans lesquels le couple se déplace en miroir, ou du même pied sur un petit cercle. Il existe une multitude de techniques dans cette danse et il faudrait un livret entier pour en donner les figures dans les moindres détails. On retrouve l’influence des csardas jusque dans la musique classique où plusieurs chorégraphes, notamment au dix-neuvième siècle ont intégré des passages folkloriques dans leurs ballets. Le plus célèbre d’entre eux est Le lac des cygnes. Franz Liszt a écrit plusieurs csardas dans ses Rhapsodies hongroises.
La musique tzigane hongroise découle de toutes ces influences classiques qui se déploient au fil des siècles et elle tiendra sa particularité dans le fait qu’elle y ajoute la musique folklorique. C’est cette caractéristique qui amène son coté exotique, mêlant traditions, gammes pentatoniques et accords de septième majeurs bien avant que le jazz et le rock’n’roll ne s’en emparent. Cette musique folklorique de par ses influences asiatiques contient des similarités avec la musique asiatique à travers les gammes pentatoniques dont nous venons de parler mais aussi avec l’exécution quasi constante de la transposition de la mélodie par la quinte. Il s’agit là d’un héritage évident de l’Asie centrale et de la culture turco-mongole. Il n’est pas si étonnant que cela de retrouver des mélodies hongroises quasi similaires à celles des musiques traditionnelles chinoises ou sibériennes. La Hongrie semble même former le pont culturel entre ces deux mondes que sont le continent asiatique et le continent européen. Il faut attendre le quinzième siècle pour voir l’émergence des premiers ensembles Tziganes. Le cymbalum y est à l’origine présent, tout comme le violon. La musique reprend les verbunkos et csardas qui forment l’ossature de la culture hongroise. S’y ajoutent les palotás et les notas qui se démarquent par le rythme lent mais dansant. Tous ces styles tissent leurs structures et harmonies autour de la basse qui est l’instrument indispensable à leur exécution. Il en va de même pour la musique vocale à travers les B”og”o. Au cours du dix-neuvième siècle, la musique traditionnelle évolue beaucoup pour structurer les mélodies non mesurées en mélodies qui le deviendront ensuite, exprimées par les petits orchestres tziganes qui constituent le style semi-classique, qui officient notamment à la cour des Habsbourg. La musique tzigane qui intéressait peu les hongrois, s’imposa alors par son mélange des influences et « musique hongroise » devint par essence synonyme de musique tzigane, c’est pourquoi aujourd’hui il y a redondance lorsque nous employons les termes « Musique Tzigane Hongroise ». Aujourd’hui la Hongrie est donc devenue le berceau de la musique Tzigane. Des compositeurs tels que Franz Liszt ou Béla Bartók on bien tenté de revenir vers une musique plus classique et traditionnelle mais l’histoire avait fait son chemin. D’ailleurs c’est bien grâce à Béla Bartók que plus de 60 000 chants folkloriques ont pu être conservés, ce qui constitue d’ailleurs la majeure partie du répertoire tzigane. Le chant, la danse et la musique n’ont pas toujours été relayés au même plan dans la vie du peuple hongrois. Le folklore instrumental a longtemps été restreint et cela à cause de l’isolement du peuple hongrois au fil des siècles sur le plan culturel mais aussi à cause de la venue des tziganes dans la société. Certains de ces musiciens devenant professionnels ont adapté leur jeu musical, relayant parfois l’aspect tzigane au second plan. Au fil du temps, il a été difficile de définir la barrière entre musique folklorique et musique tzigane, en ce qui concerne la Hongrie.

La musique tzigane a suscité un engouement phonographique certain depuis les années cinquante, non seulement dans son pays d’origine mais également dans l’Europe entière et les États-Unis. L’abondance des éditions révèlent non seulement une exécution des musiques hongroises mais aussi une ouverture sur le monde Russe et Roumain. Ces éditions d’origine, vantaient d’ailleurs bien davantage le thème de la musique Tzigane elle-même qui en ces termes était certainement plus commercial et parlant auprès de l’auditeur que les noms des artistes violonistes. Le célèbre air « L’alouette » n’est pas un traditionnel hongrois mais roumain, mais a depuis bien longtemps investi le répertoire tzigane de manière générale. Il n’est d’ailleurs pas toujours évident de délimiter ce qui appartient purement au répertoire roumain ou hongrois. En parcourant les trois disques qui constituent cette anthologie, nous ne serons pas surpris de retrouver certains airs dans des interprétations différentes, sans compter des emprunts à la musique russe et roumaine. Nous avons volontairement gardé les titres originaux que les maisons de disques avaient attribué à chaque plage des éditions originales : ainsi ne soyons pas surpris d’y retrouver les mêmes airs sous des noms différents, cela est volontaire. Il serait présomptueux de traduire chaque titre dans une langue ou une autre, ceci n’est pas notre rôle, gardons alors le charme du cahier des charges adopté autrefois par les maisons de disque.
Pour démarrer notre premier disque, nous avons sélectionné Béla Babai reconnu autrefois sous l’appellation de « Roi du Violon Tzigane ». Né à Kaposvár en 1914, il évoluera dans son village d’enfance et sa première révélation sera le concert de Joseph Szigeti qui l’amènera à vouer une admiration sans bornes pour le violon. Il prend ensuite Elman Kreisler comme modèle ainsi que Heifetz. Dès l’âge de douze ans, il donne plusieurs récitals à Budapest, Berlin, Vienne et Prague, cependant si ces concerts proposent un répertoire classique, Béla Babai, préfère improviser et se rapprocher du répertoire tzigane. Il émigra dans les années 1930 aux États-Unis où il acquit la double nationalité. À son arrivée dans le nouveau monde, il remarque que la musique de sa région est jouée dans les restaurants hongrois, aussi il monte un orchestre de six musiciens dans lequel il tient la place de leader en tant que violoniste. Il quitte Chicago en 1953 avec sa femme, son fils et ses deux filles pour s’installer à New-York où il décède le 1er octobre 1997. Son album « Joue pour moi Tzigane » en 1958, a été édité dans le monde entier et a connu un très grand succès. Nous y rééditons ici plusieurs titres. Hora Bravura débute certes sur un style plutôt roumain mais affirme déjà la virtuosité et l’énergie de Béla Babai dans le caractère hongrois. Il s’agit là d’une version bien personnelle de cet air connu. Deux mélodies folkloriques magyares bien connues viennent en renfort à cette introduction : Nem Kell Penz a Boldogsaghos (L’argent ne fait pas le bonheur) et Megettem a Kenyeren Javat (Les meilleures années de ma vie). S’ensuit d’une entrainante csardas, danse de paysans, que les gitans furent les premiers à découvrir en arrivant sur les bords du Danube, et qui par la suite connut une carrière brillante en Europe dans les bals costumés de l’aristocratie. Irène s’inscrit quant à elle telle une chanson populaire déployée dans la verve sentimentale, telles qu’on pouvait les entendre dans les cafés hongrois au dix-neuvième siècle. Caprice comme çi, comme ça est une reprise du thème de Boulanger, violoniste virtuose. Les titres suivants appartiennent à un autre disque paru l’année suivante et qui reprend pour titre général le surnom de Bela Babai : « Le roi du Violon Tzigane ». Il se déploie de manière moins traditionnelle même si Le canari fait écho à L’alouette dans un style plus léger avec son introduction sautante et que Vole mon hirondelle est purement inscrit dans la tradition tzigane. Avant de mourir semble dériver quelque peu de la tradition hongroise mais joue sur la subtilité des accents occidentaux. Enfin Caprice Tzigane est une référence évidente à Boulanger. La deuxième partie de ce premier disque est ensuite consacrée à Gyula Toki Horváth appartenant à la minorité Rom de Hongrie. Né le 17 septembre 1920 à Kaspovár, il étudie le violon dès son enfance et à 10 ans seulement devient le premier violon d’un ensemble de jeunes tziganes. À 18 ans il quitte le grand orchestre de Budapest pour effectuer sa première tournée européenne. Il succèdera à Imre Magyari en tant que « Roi des tziganes » et en étant adopté à l’unanimité. En 1956, alors qu’il tourne à Vienne avec son orchestre, Budapest vit l’insurrection, ce qui l’amène à ne pas rentrer au pays et à se tourner vers une audience qu’il trouvera en Allemagne, en France, en Autriche, Belgique, Hollande, Afrique du Nord et enfin aux États-Unis. Il retourne en Allemagne, où il décède (plus précisément à Munich) le 13 octobre 1971 alors qu’il n’a que 51 ans. Spécialiste du Pot-Pourri, ou du Medley comme on le dirait aujourd’hui, Gyula Toki Horváth a le privilège de fournir un très large éventail des possibilités musicales de la musique tzigane hongroise. Il est très certainement le plus hongrois des violonistes dans sa pratique. Hélas il n’a pas connu une discographie très abondante, toutefois les sept plages que nous avons retenues du 33 tours Pathé Marconi FELP 157 révèlent la majeure partie de son art, voguant principalement entre czardas et solo de cymbalum. Le rossignol se révèle comme étant « L’alouette » hongroise. Basé sur le même principe de trilles jouées au violon, elles rappellent comme son jumeau roumain, le vol du bourdon de Rimsky Korsakov. D’ailleurs Le rossignol reprend le thème de L’alouette dans sa deuxième partie. On pourrait discuter et polémiquer à propos de cette interprétation en disant qu’il s’agit à la fois d’une création, d’une adaptation et d’un pastiche. Le dérivé linguistique pour le titre « rossignol » n’est pas anodin, il s’agit bien là d’un clin d’œil évident et d’une envie de se démarquer.
Si le premier CD présente des chansons telles que l’on pouvait les entendre dans les restaurants, le deuxième disque risque de surprendre toute personne non initiée qui s’est bien imprégnée de cette ambiance tzigane. En effet Lajos Boross et Imre Csenki vont exécuter en 1952 sur un 45 tours paru en France, quatre chansons d’inspirations traditionnelles et classiques. Nous avons décidé d’en retenir trois. Si on les attribue volontiers à la musique tzigane, elles appartiennent toutefois au répertoire traditionnel des chants et des danses classiques. Nous verrons plus tard en quoi le Verbunk et Csardas en la mineur qui introduit ce CD peut aussi se révéler être un excellent morceau de musique tzigane au delà de son aspect purement classique. Également appelé « Danse Hongroise de Bihari », elle est jouée par l’orchestre seul et nous donne une idée exacte de la musique hongroise telle qu’elle était jouée au début du dix-neuvième siècle. Bihari dont nous avons déjà parlé tout à l’heure était le nom d’un très bon musicien d’origine tzigane, et cet air est imprégné par ses influences classiques des compositeurs comme Ludwig Van Beethoven et Franz Schubert. Pour l’heure, notre CD débute sur trois chants et danses exécutées par l’ensemble populaire de l’état hongrois sous la direction des deux musiciens. Cet ensemble a été fondé en 1950, soit deux ans uniquement avant l’enregistrement des ces danses. Les chefs d’orchestre étaient initialement Imre Csenki en ce qui concerne l’aspect musical, et Miklos Babai qui s’occupait des danses. Cet ensemble était constitué de trois sous-ensembles : le choeur, l’orchestre musical et le corps de ballet et se constituait de pas moins de deux cents personnes au total. L’orchestre de l’ensemble populaire de Hongrie a eu pour rôle de rétablir les traditions de la musique tzigane au sein des éléments folkloriques, par la présence de musiciens eux même tziganes qui conservaient leur manière de jouer. Pour suivre, la danse à trois sauts est d’aspect vocal et instrumental. Interprétée par les jeunes filles qui dansent elles même, elle est d’aspect plutôt méridional. Le bruit métallique dans l’enregistrement n’est pas à mettre sur le compte de quelques percussions, mais il s’agit tout simplement de leurs colliers qui s’entrechoquent pendant l’exécution de la danse. Enfin, la danse des éperons est une danse populaire de la région de Békés (Au sud-est de la Hongrie) où la population parle différents langages. Cette danse est chantée par des hommes sur la musique de l’orchestre. Ce type de danse est très courant dans le patrimoine hongrois. Pour suivre notre parcours nous continuons notre anthologie avec six airs de Lajos Boross dans un style beaucoup plus tzigane. Ce style est reconnaissable par la présence insistante du cymbalum, instrument indispensable aux petits ensembles tziganes hongrois dont on retrouve ici un solo. Lajos Boross est essentiellement orienté vers les verbunk et les csardas comme il aimait déjà à le démontrer avec l’ensemble populaire Hongrois. Le Verbunko Casrdas n’est autre que la Verbunk et Csardas en la mineur qu’il joue ici non pas dans un style classique mais de manière tzigane. Tel est l’exemple parfait de la frontière fragile entre les styles d’exécution et la mise en évidence sur le fait que l’adaptation d’un style à l’autre semble aisée chez les hongrois. Fils de Géza Boross, Lajos Boross est né le 7 janvier 1925 à Budapest. Il étudie le violon dès l’âge de cinq ans et fonde son premier orchestre à dix-sept ans afin de se produire dans les cafés de Budapest. Comme nous l’avons vu, il dirigera l’orchestre de l’état hongrois dans les années cinquante en compagnie de Imre Csenki et enregistrera pour les firmes Chant du Monde et Président lors de ses tournées en France. Parmi ses plus grands admirateurs on compte Yehudi Menuhin avec qui il aura l’occasion de jouer en 1972 au Bastion des pêcheurs. En 1985, à la mort de son confrère, le violoniste et chef d’orchestre Sándor Járóká, Lajos Boross fonde le Budapest Gypsy Symphony Orchestra. Il donnera lieu à un spectacle enregistré au Palais des Congrès de Paris. Il retourne jouer dans les restaurants de Budapest avant de s’éteindre le 8 juillet 2014. Nous avons en revanche très peu d’indications sur Imre Csenki si ce n’est le fait qu’il dirigea le grand ensemble Populaire de l’état hongrois et qu’il est né le 7 août 1912 à Püspökladány et est mort le 15 juillet 1998 à Budapest. Mátyás Jónás est l’un des violonistes les plus expressifs de la tradition tzigane hongroise. Les airs que nous avons sélectionnés sont quasi tous des grands classiques, montrant à la fois la joie, la gaité et la déclamation désolée que peu représenter la musique tzigane. Mátyás Jónás exécute ici une version très particulière de L’alouette. Elle n’est musicalement pas modifiée comme l’a fait Gyula Toki Horvath avec son « rossignole » mais il semble davantage d’expressivité hongroise que roumaine.
Le troisième disque de notre anthologie se veut essentiellement folklorique. Des artistes comme Sándor Lakatos à la tête de l’orchestre folklorique hongrois a beaucoup apporté dans la conservation de la tradition tzigane. Les extraits de trois disques : « Souvenirs de Hongrie », « Chantez violons » et « L’âme tzigane » révèle la veine des mélodies populaires, collectées dans les campagnes hongroises et chez les paysans des pusztas qui conservent le style tzigane que les violonistes des brasseries à Brandebourgs avaient un temps mis de coté. On appelle puszta la prairie et la steppe de bassin carpatique essentiellement en Hongrie. C’est un paysage composé d’herbe sauvage, touffu et buissonnier qui donne toutefois sur l’horizon. La puszta ressemble fort aux grandes prairies d’Amérique du Nord dont le climat est relativement similaire. La Puszta désigne également en tant que région, l’Alföld, grande plaine de Hongrie qui est habitée par des bergers, les cavaliers et les csikós. On dit que cette région abritait au dix-neuvième siècle les brigands qui avaient la tendance de voler aux riches les trésors qu’ils redistribuaient aux pauvres, tels des Robins des bois. Etymologiquement, puszta provient d’un adjectif qui signifie « dépourvu », il désignait aussi les hameaux isolés, c’est dire ce que cela représente métaphoriquement en musique lorsque les violonistes veulent jouer des airs tristes et mélancoliques. Né le 17 décembre 1924 à Budapest Sándor Lakatos a longtemps été à la tête de cet orchestre et a obtenu le Grand Prix de l’Académie Charles Cros en France avec son premier disque. Il n’a pourtant pas été facile de restaurer ces enregistrements qui non seulement étaient en fait de très mauvaise qualité, mais qui en 1954 n’ont pas eu le privilège de bénéficier de bonnes gravures, toutefois il nous a paru indispensable d’en retenir une bonne quinzaine, dû à leur qualité d’interprétation. Ces enregistrements laissent une place importante au cymbalum exécuté par Istvan Lukacs, grande référence de la musique hongroise. La sélection retenue présente ici le célèbre air tzigane Volez Hirondelle que nous avions déjà entendu interprété par Mátyás Jónás sous le titre Repülj Fecském dans le disque précédent. Il s’agit de l’air le plus célèbre du répertoire tzigane, qui démontre toute la virtuosité du violon, son expressivité et son rubato si caractéristique. La danse endiablée et Sur le lac Balaton démontrent dans leurs variations toute la virtosité du violon et Le peuplier se dénude démontre fort bien la déclamation désolée des plus déchirantes qui puisse exister dans la musique hongroise. Nous avons très peu d’information sur Barnabás Bakos, né le 13 juillet 1918. Il semblerait que ce virtuose du violon ait essentiellement été reconnu comme musicien tzigane en Allemagne. Il avait tendance à élargir sa musique vers les procédés stylistiques hispaniques et balkaniques et avait travaillé avec Lotar Olias, Karl Föderl, Rosita Serrano et Kurte Wege. Pourtant il a enregistré de très nombreux disques pour Columbia, Electrola, Odeon et Imperial. Nous avons justement retenu son disque « Spiel Zigeuner, Von der Puszta » car très réussi sur le plan musical. Barnabás Bakos serait décédé en 1967. Il s’agit là de musiques purement traditionnelles, mettant à l’honneur l’art tzigane hongrois tel qu’on pouvait l’entendre dans les campagnes.
Pour conclure cette anthologie, nous avons toutefois jugé nécessaire de mettre en bonus la version de L’alouette de Yoska Nemeth. Celle-ci est jouée dans la pure tradition roumaine comme l’ont fait de nombreux hongrois lorsqu’ils la jouent eux-mêmes. Yoska Nemeth, très critiqué par les puristes, a pourtant édité de très nombreux disques de musique hongroise que l’on retrouve régulièrement aujourd’hui. Il s’est spécialisé dans l’enregistrement de disques folkloriques non seulement hongrois mais aussi russes, roumains et juifs. Il a également utilisé son art du violon pour exécuter les Valses de Paris. Souvent taxé de musicien commercial, il a cependant été un acteur important de la musique tzigane hongroise bien qu’installé à Paris à partir de 1935. Il est en réalité le chef de file de la musique tzigane d’après guerre, il popularisera le genre qui jusque dans les années cinquante avait largement été ignoré. Les artistes qui constituent cette anthologie ont contribué à la conservation d’un patrimoine inestimable qui ne cesse d’évoluer aujourd’hui, notamment dans un nouveau monde où une partie de la Hongrie semble se détourner de ses racines tziganes, car il faut bien parler ici des racines et de ce peuple magyar qui est un exemple d’ouverture sur le monde.
Jean-Baptiste Mersiol
© Frémeaux & Associés 2019

Merci à Jean-Marc Hofert pour son aide précieuse.




GYPSY MUSIC - HUNGARIAN SOUVENIRS 1954-1959
By Jean-Baptiste Mersiol

Unless one possesses a thorough knowledge of Hungarian music, it might be difficult, — perhaps impossible, — to define a notion such as “Gypsy Music”. Hungarian music is a specific style with features that set it apart.
To fathom and appreciate its harmonic and melodic systems, it is required to set aside any ordinary rules used to understand music. It is related to classical music and, at the same time, to improvised music, although its rhythms differ from the music of Indo-Germanic peoples, which goes to show how confusion might take place when looking at Gypsies. In truth, they play Hungarian music and are therefore found at the core of what is called Gypsy music.
We should, however, differentiate between “classical music” and “improvised music.” It is easy to guess the reason why Hungarian music is held in a special place in European musical culture: it is thanks to this people, who came down from the Urals around the 18th century. For centuries, Hungarian music was mistaken for “Gypsy music.” Although influenced by Turkish and Asian musics, the importation of Western music styles enabled Hungarian music to establish itself and stand as such.
Among its characteristics, it is impossible to keep the famous cymbalom quiet (also called the ‘gypsy piano’). Other defining instruments are the ‘friction drum’, called köcsögduda, as well as the tárogató, which is a symbol of resistance against the empire, now widely used by gypsies. Their migrations have influenced the music of neighbouring countries such as Slovakia, Austria and the Czech Republic.
Unlike some other Eastern countries, Slovakia has never enjoyed a folk-music boom, as so-called classical music was kept dominant in order to eliminate Eastern influences. However, traditional music endured and lasted, due to Hungarian groups that kept playing it, following the oral tradition.
As early as the beginning of the 20th century, modernising traditional music grew into the táncház movement and led to establishing cultural centres, where the youth could learn traditional music. In essence, Hungarian classical music found its origins in the Eleventh Century, with the arrival of German and French minstrels. They brought secular art over, after a long period of plain-chant (Gregorian chants), which constitutes the first traces of music in monastic choirs.
In the 18th Century composers such as Joseph Haydn, Ludwig Van Beethoven and Franz Schubert were popular at European Courts and were later much inspired by Hungarian floklore. Those same composers were about to westernise this music strongly, paving the way for Franz Liszt. Around the same time verbunkos and csardas appeared. They were played by small gypsy bands that built the semi-classical style.
Verbunkos is a traditional Hungarian dance meant for military recruitment. It is danced in the countryside and varies, depending on where it is done. It is based on moves such as slapping hands on the boots, which is called “the dance of the boys.” In the 19th Century, violinist János Bihari is very likely the person who made this dance famous, as he influenced Franz Liszt. Béla Bartók blended verbunkos in several of his works, including Concerto for Orchestra. The most famous verbunko remains Ludwig van Beethoven’s Third Symphony (Heroic Symphony), where it is heard in the finale.
The csardas are a dance found in most of the areas where Hungarians dwelt: Hungary, Ukraine, Slovakia, Romania, Croatia, Vojvodina, Slovenia and Austria. The csardas’ influence can be found even in classical music, where several choreographers included folkloric passages in their ballets, notably in the 19th Century. The most famous of these is Tchaikovsky’s Swan Lake. Franz Liszt wrote several csardas as part of his Hungarian Rhapsodies.
Over the centuries, Hungarian gypsy music flowed out from all of these classical music influences and found its distinguishing singularity in its addition of folk music.
This distinguishing feature brings to it an exotic edge, mixing traditions, pentatonic scales and seventh major chords (way before jazz and rock ‘n’ roll took possession of these elements). These folk influences include certain similarities with Asian music, because of their use of pentatonic scales and the transposition of the melody to the fifth scale. This is an obvious legacy of Central Asia and Turkish-Mongol culture.
Not too surprisingly, certain Hungarian melodies are almost like some found in traditional Siberian and Chinese music. Hungary even seems to bridge the cultures of these two worlds, Asia and Europe.
The earliest gypsy ensembles emerged in the Fifteenth Century. Violin and cymbalom were both present from day one. The music included verbunkos and csardas, which were essential elements in Hungarian culture. Palotás and notas and their different, slower dance rhythms were also added. All of these styles base their structures and harmonies around the bass, which is the indispensable instrument in performing them. The same goes for the compulsory b”og”o in vocal music.

All through the 19th Century traditional Hungarian music evolved, through the influence of small gypsy groups playing in the semi-classical style, some performing at the Habsburg Court. Hungrians were little interested in gypsy music until it established itself by mixing several influences, and “Hungarian music” became, in essence, gypsy music. Hungary has therefore become the cradle of today’s gypsy music. Thanks to Béla Bartók, over 60,000 folk songs were preserved, which form the main part of the gypsy repertoire.
Recordings of gypsy music are certainly popular all over Europe and the USA since the 1950s. The abundance of records then and since unveiled not only Hungarian renditions but also Romanian and Russian ones. The names of violin players were not so commercial and these original recordings were mainly sold on the grounds of their gypsy style. The famous “Skylark” tune was not traditional Hungarian music, it came from Romania, but it crossed over into the entire gypsy repertoire.
To start off our first disc we have selected Béla Babai, then called “The King of Gypsy Violin.” Born in 1914, in Kaposvár, from the age of twelve he played recitals in Budapest, Berlin, Vienna and Prague.
Although these concerts presented a classical music set, Béla Babai preferred improvising and grew increasingly closer to the gypsy repertoire. He emigrated to the United States in the 1930s, where he obtained dual nationality. His 1958 Play For Me Gypsy album was issued around the world and was a huge success.
The second part of this first disc is devoted to Gyula Toki Horváth, who belonged to the Romani minority in Hungary. Born on September 17, 1920, in Kaposvár, he studied the violin in his childhood and became the first violinist of a young gypsy ensemble at the early age of ten. Aged eighteen, he left the Budapest Grand Orchestra to embark on his first European tour. He followed Imre Magyari as “King of the Gypsies.” A medley specialist, Gyula Toki Horváth was privileged to be capable of playing a very wide array of Hungarian gypsy music. He certainly was the most Hungarian of violinists. Unfortunately, he did not record very much.
The first disc presents songs as they could be heard in restaurants; however, the second one might surprise any non-initiate. In 1952, Lajos Boross and Imre Csenki performed four songs mixing traditional and classical inspirations for a 45RPM single issued in France.
The disc starts with three songs and dances performed by the Popular Ensemble of the Hungarian State, led by both musicians. The orchestra in this ensemble was meant to re-establish gypsy traditions within other folk elements, as both musicians were gypsies and stuck to their way of playing.
Then we move on to six tunes by Lajos Boross, who played very much in a gypsy style, as shown by the strong presence of a cymbalom. The son of Géza Boross, Lajos Boross was born on January 7, 1925, in Budapest. He studied the violin from the age of five and at the age of seventeen he formed his first band, to perform in Budapest cafés. Along with Imre Csenki he conducted the Hungarian State Orchestra of the 1950s and recorded for the Chants du Monde and President labels when touring France. Yehudi Menuhin was one of his biggest fans and they got a chance to play together in 1972, at the Halászbástya (Fisherman’s Bastion). When fellow violinist and conductor Sándor Járóká died in 1985, Lajos Boross founded the Budapest Gypsy Symphony Orchestra.
The third disc in this anthology is essentially meant to display folklore. Musicians such as Sándor Lakatos conducting the Hungarian Folkoric Orchestra have greatly contributed in preserving the gypsy tradition.
Born on December 17, 1924, in Budapest, Sándor Lakatos was awarded the Grand Prix de l’Académie Charles Cros in France for his first record.
It was not an easy undertaking to restore his recordings, as they were poorly recorded and did not enjoy quality record mastering and cutting. However, it appeared necessary to include fifteen of them in this set because of their truly fine renditions. These recordings leave plenty of room for Istvan Lukacs’ cymbalom, one of Hungarian music’s greats. This is purely traditional music, putting the spotlight on Hungarian gypsy art as it could be heard in the countryside then.
To conclude this collection, we have felt it necessary to add Yoska Nemeth’s version of The Skylark. Although it is performed in a purely Romanian tradition, it is played here in the way many Hungarians played it themselves.
The artists selected for this anthology have contributed to the conservation of a priceless heritage that never ceases to evolve today, including in the new world, where part of Hungary appears to be turning its back on its gypsy roots. Yet it ought to be said that these are the roots of this Magyar people, who were always an example of open-mindedness towards the world.
Jean-Baptiste Mersiol
Adapted into English by Bruno Blum

Thanks to Jean-Marc Hofert for his precious help, and to Chris Carter for proofreading.
© 2019 Frémeaux & Associés
. See also Klezmer - American Recordings 1909-1952 in this series.




Discographie :

CD 1 :
BELA BABAI
 1. Hora Bravura
 2. Nem Kell Penz a Boldogsaghos (L’argent ne fait pas le bonheur)
 3. Megettem a Kenyerem Javat (Les meilleures années de ma vie)
 4. Csardas
 5. Irène
 6. Caprice comme ci, comme ça
 7. Le canari
 8. Avant de mourir
 9. Bagatelle
10. Vole mon hirondelle
11. Caprice Tzigane
GYULA TOKI HORVATH
12. Medley : La chanson de Bela Radics /Jouons du violon
13. Sur les ondes de la Balaton
14. Medley : Un pauvre homme, je suis !.. J’ai écrit trois fois
15. Medley : Vole, traineau ! / Czardas de pocs
16. Medley : Qu’elles sont amères les feuilles de lierre/ Si tu as assez de m’aimer, mon petit ange / Je suis entré dans la cuisine / Je nie, je nie / Czardas, vite
17. Solo de cymbalum
18. Le rossignol
1 à 6 : LP « Joue pour moi, Tzigane » Guilde internationale du disque MMS 2127 – 1958
7 à 11 : LP « Le roi du violon Tzigane » Fontana – 1959
12 à 18 : LP « La voix de son maitre » FELP 157 – 1957 

CD 2 :
LAJOS BOROSS & IMRE CSENKI
 1. Verbunk et Csardas en la mineur
 2. Danse à trois sauts
 3. Danse des éperons
 4. Hora
 5. A Ti Utzatokban-Siras
 6. Czardas populaire
 7. Cimbalum solo
 8. Czardas populaire hongroise
 9. Verbunko Czardas
MATYAS JONAS
10. Ritka Bùza
11. Casino Bùza
12. Érik a, Hajlik a Bùzakalàsz
13. Hajlik a Rozsafa
14. Badasconyi Kéknyelu
15. Paprika, So
16. Lavotta Szerenàd
17. Nem Vagok En
18. Ha mardàka Volnèk
19. Palotàs Es Friss
20. Magyar Abrand
21. Pascrita
22. Notacsokor
1 à 3 : Chants et danses de Hongrie – EP 33 tours Le chant du monde – LDY 4038. 1952.
4 à 11 : Diner à Budapest – LP Président KVP 101 1958
12 à 24 : Famous Hungarian Songs – LP Qualiton LPX 10037. 1958


CD 3 :
SANDOR LAKATOS
 1. Verbunkos de Transylvanie
 2. Verbunkos éperonné
 3. Verbunkos de 1820
 4. Dance de noces
 5. La lune se baigne
 6. Le chemin enneigé
 7. La rue célèbre de Szanto
 8. Les ailes
 9. Le peuplier se dénude
10. Danse endiablée
11. Sur le lac Balaton
12. On ne défend pas aux fleurs
13. Verbunkos Kiskun
14. Czardas en fa majeur
15. Etoile double dans le ciel
16. Czardas tremblant
BARNABAS BAKOS
17. Hora Staccato
18. Puszta Zigeuner
19. Trauriger Sonntag
20. Schwarze Augen
21. Zigeunerpolka
22. Ein Geige in der Puszta
23. Strahlender Stern
BONUS : YOSHKA NEMETH
24. L’alouette
1 à 11 : 25 centimètre « Souvenirs de Hongrie » - Le chant du monde LDM 4002. 1954
12 à 18 : EP 33 tours « Chantez violons » -
Le chant du monde LDY 4008. 1954
19 à 22 : EP 33 tours « L’âme Tzigane » -
Le chant du monde LDY 4009. 1954
23 à 29 : 25 centimètres « Spiel, Zigeuner, Von der Puszta » - Imperial ILP 121. 1962.
24 : 25 centimètres « Yoska Nemeth » - Festival FLD 57. 1956.
Note : Il s’agit de traditionnels arrangés par les musiciens eux-mêmes.


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