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LES FRÈRES JACQUES
LES FRÈRES JACQUES
Les premiers Récitals  1948 - 1959 









Le choix des chansons, l’intelligence des jeux de scène, la mise en place des voix, la connivence du pianiste… ce sont les Frères Jacques sur scène, du premier récital (qui débute en octobre 1952) à l’ultime, le neuvième sur lequel le dernier rideau se baissera à l’aube de 1982. Eh bien oui, mais avant ? “Avant”… les Frères Jacques se rencontrent, les Frères Jacques se cherchent, les Frères Jacques se trouvent. Nul n’est censé ignorer la genèse (la jeunesse) des Frères : le grand Bellec est fana de chorales de toutes dimensions, à deux mille ou à quatre, le petit Bellec cultive plutôt “la bohème”, Beaux-Arts et jazz, Soubeyran est fou de céramique, il dirait plutôt poterie, mais il chante aussi en églises ou en spirituals, Tourenne c’est vélo camping en compagnie de son inséparable violon et quatuors vocaux. Planant dans le ciel de leurs jeunesses, les chansons qu’ils chantaient encore récemment en des temps difficiles, les airs des Revellers et des Comedian Harmonists, Gilles et Julien, les chansons “vécues” chères au début du siècle et dont ils flairent les possibilités de mises en scène saupoudrées d’humour. « En 1945, nous étions motivés par le désir de chanter tout ce qui pouvait être déjà harmonisé à quatre voix égales en partant de chansons de route, de feux de camps, de folklore, en passant par l’humour, la poésie, le negro spiritual, la chanson d’église et même celles des étudiants en médecine. Nos premiers auteurs tels que Francis Blanche, Gilles, Raymond Queneau, et les compositeurs Francis Poulenc, Claude Arrieu, Maurice Thiriet et Pierre Philippe nous ont ouvert la voie au style que nous ressentions et qui s’est concrétisé définitivement avec l’apport du costume de Jean-Denis Malclès ». Il y a soixante-cinq ans que les chemins des vrais frères et de leurs deux compagnons se sont croisés. Qu’avaient-ils donc en commun quand ils se sont rencontrés ? Pas leurs études mais beaucoup de leurs activités de jeunesse, chez tous une grande envie de chanter et quelque chose de l’air du temps : la grande époque des ensembles vocaux, à deux, à quatre, à plus, et sans doute aussi le pressentiment de ce court âge d’or de la chanson française qui réunit auteurs, compositeurs et interprètes au service d’œuvres de qualité. 

André et Georges Bellec sont les vrais frères. Tous deux nés à Saint-Nazaire, André le 12 février 1914, Georges le 18 mars 1918. Après une en­fance et une adolescence passées dans le marais vendéen, ils s’installent en famille à Bordeaux en 1933. André, bachelier, s’envole vers une licence en droit. Pas vraiment ému par le Code Civil, il rêve à l’art du Comédien, s’inscrit au Conservatoire, glane un deuxième accessit de comédie et s’intègre à une “compagnie“. Jojo, qui dessine, fait des blagues et chante des chansons peu recommandables, s’oriente vers les Beaux-Arts de Bordeaux où il peut développer son redoutable talent de chahuteur. Il a abandonné le violon pour le cornet à pistons, beaucoup plus orienté vers le jazz que vers la polka piquée. La guerre arrive, André est mobilisé (Saumur, théâtre aux armées), Georges, malade, est réfor­mé. Il fréquente le Hot-Club de Bordeaux et, après une exposition de peinture, monte à Paris en 1942, s’inscrit aux Beaux-Arts et rallie le Hot-Club de France où il côtoie Claude Abadie, Boris Vian joue avec Claude Luter, Django Reinhardt… Menacé par le S.T.O., il retourne à Bordeaux où il retrouve André. Démobilisé, celui-ci a été nommé à Toulouse, “chargé de l’éducation artistique en région Pyrénées-Gascogne“. Il endosse l’uniforme des Chantiers de jeunesse, apprend beaucoup de Léon Chancerel et de ses Comédiens Routiers, et enseigne. Il joue avec un camarade un numéro de gugusses, “Paf et Pif“, et propose à son frère de devenir “Pouf“ et son “adjoint“ aux Chantiers. Et bientôt se forme un premier quatuor vocal. Mais Georges démissionne et se réfugie avec  ses parents à Clisson (Loire-Inférieure). André, renvoyé à son tour, rejoint la famille à Clisson où leurs hôtes ont deux filles qui chantent. Que croyez-vous qu’ils fissent ? Mais un quatuor vocal, voyons ! C’est la Libération, tout le monde se disperse. 

François Soubeyran naît le 19 août 1919 à Dieulefit (Drôme). La maison familiale — une ancienne poterie — est ouverte et accueille d’étranges personnages venus de partout, dont une demoiselle qui a formé un chœur mixte dans lequel chante François. Études à Monté­limar et à Grenoble, baccalauréat, service mili­taire, mobilisation, débâcle, retour à Dieulefit… Vers Noël 1944, une lettre d’Emmanuel Mounier (connu pendant la Résistance) annonce une place à Travail et Culture à Paris. L’association TEC, c’est un “capharnaüm effarant” dans lequel tout le monde se côtoie et s’agite. Il y a même un distributeur de billets de théâtre qui s’appelle Paul Tourenne. François y rencontre un autre errant qui devient son grand ami : Yves Robert. Soubeyran chante en duo avec lui, “progresse dans la connaissance du théâtre”, sans enthousiasme, et essaie de se mettre à la poterie. Yves Robert, qui joue aux Bouffes-du-Nord, part en tournée et laisse son rôle à François. 

Paul Tourenne est né à Paris le 25 février 1923. En 1937, il entre aux P.T.T. Ce qui ne l’empêche pas de cultiver son amour de la musique, étoffé de pipeaux, d’harmonicas et autre guitare hawaïenne puis violon. Il s’essaie à chanter, harmonise. Avec trois sœurs, comme lui pionnières ès-camping, il forme un… quatuor vocal, qui captive les amis du camp le samedi soir. Paul rêve d’une carrière de prof’ de chant. La guerre éclate, et voilà notre professeur-en-rêve moniteur de la colonie de vacances des enfants de la radio, dans l’Aubrac. Ils sont trop pour former un quatuor, mais ce qu’il faut pour une chorale. Ils reçoivent des visites, dont celle du chef d’orchestre Paul Kast : propulsion au service artistique de la radio pour former une chorale enfantine. Tourenne est maintenant jeune régisseur à la Radiodiffusion Nationale, il a juste 21 ans, Il fuit le S.T.O. et se retrouve à Limoges. À la Libération, il retourne à Paris au service artistique de la Radiodiffusion française. Puis le voilà responsable de la billetterie et de la “propagande” au sein de Travail et Culture.

Pendant ce temps-là, les frères Bellec sont revenus à Paris. Georges retrouve les Beaux-Arts, peint et jour de la trompette avec Claude Luter. André a repris son numéro de Pif et Paf et rencontre quelques succès dans les usines. En novembre 1944, il est nommé instructeur d’art dramatique et “administrateur“ à Travail et Culture, 5, rue des Beaux-Arts. Et, comme dans un feuilleton guère crédible, les vrais frères se croisent sur le trottoir et se racontent leurs vies difficiles. Et si l’on montait un quatuor vocal, dit André ? Encore faut-il être quatre ! Le guitariste de jazz et chanteur Teymour Nawab (neveu du Shah d’Iran) se joint à eux ; Yves Robert, contacté, a d’autres projets et parle d’un certain François Soubeyran ! La guerre se termine. TEC fournit des émissions aux ondes renaissantes et, pour l’une d’entre elles, le 26 mai 1945, on propose le concours d’un quatuor vocal qui n’a pas encore de nom. La mode est à la “parenté“, Marx Brothers, Mills Brothers, Andrew Sisters, Dolly Sisters, Sœurs Étienne… Pourquoi pas les Frères… — Les Frères Jacques ! lance un technicien en studio. Adopté. Ça rappelle à la fois la chanson, et « faire le Jacques, faire le pitre, c’est ce qu’on voulait faire en montant des chansons. » (1) À l’écoute de l’émission, Maurice Jacquemont, directeur du Studio des Champs-Élysées et de la Comédie du même nom, dresse l’oreille. Il est aussi l’auteur et metteur en scène d’une pièce couverte d’éloges : “Les Gueux au Paradis” qui comporte des interventions chantées dans lesquelles on applaudit un quatuor de barbus qui ne s’appelle encore que les Compagnons de Route, mais qui voudraient bien prendre des vacances. Après une audition, Jacquemont tient leurs remplaçants, tandis que “Les Gueux” vont passer du Studio à la grande salle de la Comédie ! Mais Georges et Teymour partent en tournée avec un orchestre. À Travail et Culture, on recommande à André Paul Tourenne ; le quatrième sera Gustave Gras, élément de la chorale TEC. Le 14 juillet 1945, les Frères Jacques apparaissent pour la première fois en public, lors d’un gala radiodiffusé depuis les jardins du Palais-Royal. Le 1er août, ils font leur entrée à la Comédie des Champs-Élysées et confirment leur succès radiophonique. Et lors d’une soirée, ils rencontrent pour la première fois Francis Blanche, qui va bientôt contribuer à la qualité de leur répertoire : Sœur Marie-Louise (47), Jour de colère (52), Général à vendre (54), La Truite (55), Gros Jean comme devant (58), et bien sûr La Belle Arabelle. À la rentrée, les Compagnons de Route reprennent leur rôle dans “Les Gueux”. En septembre, Léon Chancerel, qui a imaginé le “Théâtre de la Ville et des Champs”, propose aux Frères une tournée de deux mois en Alsace libérée avec leur tour de chant et “Le Médecin malgré lui”. « On chantait pour les enfants, le soir on chantait dans le spectacle. Je jouais du violon avec Jojo Bellec, Soubeyran avait trois accords de guitare et André tenait la batterie. Après le spectacle, on faisait le bal avec l’accordéoniste local, autrement les Alsaciens ne venaient pas ! On faisait la régie, on montait les décors, (…) on faisait tout. C’est pendant cette tournée de deux mois qu’on a appris notre métier de régisseurs de scène. » (1) Entre temps, Georges Bellec est revenu et le quatuor répète à cinq.

De retour à Paris fin novembre, les Frères Jacques n’ont plus de contrat, ni de projet, mais continuent à répéter pour le plaisir… et chantent une messe de minuit à Offenburg, en Allemagne ! Ils cherchent encore leur style et leur répertoire. « Sur le plan du groupe, on était très inspirés par les quatuors américains. On était influencés, surtout vocalement, par les Mills Brothers, le Golden Gate Quartet… On voulait chanter comme eux. Dès qu’on a trouvé notre voie chez Grenier-Hussenot, on a su que c’était comme ça qu’il fallait travailler. » (1) En effet, début janvier 1946, Jean-Pierre Grenier, Olivier Hussenot et Yves Robert les invitent à se joindre à une compagnie qu’ils viennent de créer pour préparer un spectacle composé de “Parade pour rire et pour pleurer” et d’un burlesque, “Orion le tueur”, Ils doivent y insérer l’une de leurs chansons, L’Entrecôte, faux mélo 1900, que Georges a amené des Beaux-Arts. Ils répètent sous la direction de Pierre Philippe, pianiste et compositeur, tandis que le décorateur Jean-Denis Malclès leur confectionne leur premier costume avec collants, l’idée des gants blancs venant de Georges. Première le 4 février. 

Né en 1909, Pierre Philippe, entré à 15 ans chez un agent de change, joue du piano en fin de semaine, dans les noces et banquets. À 25 ans, il découvre la joie de jouer sur un Steinway. Désormais il court les concerts et joue partout où il peut. Devenu l’élève de Marcel Ciampi, il reprend son éducation musicale et, trois ans plus tard, joue en soliste au Conservatoire.  Et c’est la guerre. Prisonnier pendant cinq ans en Silésie, il compose la musique et dirige l’orchestre pour des opérettes. De retour à Paris, il reprend sa baguette lorsque le Studio des Champs-Élysées remonte l’un de ses spectacles. C’est là que Grenier et Hussenot lui proposent d’écrire la musique d’“Orion le tueur” et les raccords de “La Parade”. Ce sera le lieu de sa première rencontre avec les Frères Jacques. Il les juge sévèrement mais sait les faire travailler et est sans doute satisfait du résultat : il sera leur pianiste pendant vingt ans sans la moindre défection (jusque là, mise à part le temps du passage de Teymour Nawab qui les accompagnait à la guitare, ils chantaient a cappella, puis avec le pianiste Pierre Cazenave, compagnon de Jojo au Hot-Club de Bordeaux). Pierre Philippe est décédé en juin 1995. 

Le 1er mars 1946, un gala des Frères Jacques à La Baule remporte un immense succès. Puis ils remplacent à nouveau les Barbus et s’acharnent sur L’Entrecôte, cherchant pendant des heures devant une glace les mimiques qui animeront la chanson. Le quatuor s’oriente définitive­ment vers la chanson “jouée” dans laquelle paroles et musique ne sauraient se passer de mise en scène. « On a toujours mis nos chansons en scène tout seuls, mê­me les opérettes qu’on a jouées comme “Les Pieds-Nickelés” ou “La Belle Arabelle”. On s’enfermait dans une pièce (…), il fallait que l’on soit vraiment tous les quatre, seuls. » (1) Leur premier répertoire ne craint pas de s’attaquer à de grands succès qu’ils revoient à leur façon (L’Homme du trapèze volant dans “La Parade”), auxquels ils ajoutent des chansons nouvelles ou inconnues dont ils vont faire des classiques, comme Le Général Castagnettas ou Méli-mélo, dont nous présentons un inédit sans paroles, comme un hommage nostalgique aux Comedian Harmonists. Quelques “Parade” et “Orion” en province et à Paris, et les Grenier-Hussenot sont couronnés d’un “Prix Spécial des jeunes compagnies“. Agnès Capri leur offre alors son théâtre, la Gaîté-Montparnasse, pour la véritable création de “La Parade/Orion le tueur” le 25 juin. En septembre, les Frères chantent au Bœuf sur le Toit, avec Agnès Capri : le tour de chant n’est pas vraiment au point, et l’accompagnement de Cazenave ne les soutient guère, au contraire. mais ils retrouvent avec plaisir la sécurité du piano de Pierre Philippe pour un “abrégé“ de “La Parade” à l’A.B.C. Puis ils connaissent leurs premières vraies tournées en province et en Suisse. L’A.B.C. réclame en octobre un “Orion” “condensé”, et le Bœuf sur le Toit un deuxième passage en décembre. De nouveaux collants ont été commandés, la rupture avec Cazenave est consommée et Pierre Philippe entre définitivement en lice. Le 31 décembre, les Frères Jacques, qui animent le réveillon du Cité-Club près du parc Monceau, étrennent leurs nouvelles tenues avec le gilet de couleur dont les pointes viennent recouvrir le collant uniformément noir : à Georges Bellec le jaune, Paul Tourenne le bleu-gris clair, André Bellec le vert et François Soubeyran le rouge. 

Cette fois, leur carrière est partie, et bien partie. Au sein de la Compagnie Grenier-Hussenot d’abord (“Liliom” de Molnar en 1947 — Air de la Rousse —, puis “L’Escalier” d’Yves Farge en juin 48 chez Agnès Capri), au cabaret (La Vie Parisienne, Le Doyen, Chez Carrère), au music-hall (Palladium, Folies-Belleville en mai 1947 — dix chansons dont Un monsieur attendait de Georges Ulmer, L’Homme du trapèze volant et Rose Blanche qu’ils sont les premiers à reprendre depuis Bruant (!) — Lido en 1948, A.B.C. en 1949), en tournée (Belgique, Allemagne, Suisse,  An­gleterre). Le 16 juin 1948, ils sont parmi les premiers sur l’estrade de la seconde Rose Rouge qui vient d’ouvrir rue de Ren­nes. Ils y viennent pour un soir, et reviennent le lendemain. Ils y resteront sept ans, mêlés aux plus brillants essais des années 50, comme “La Complainte de  Fantômas” (Desnos), “L’Opéra des Girafes” (Prévert), “Exercices de Style” (Queneau), etc. De janvier à juillet 1949, les Frères Jacques participent à une série d’émissions pour Radio-Lausanne, “Les Murs ont des oreille”, produites par Jean-Roger Caussimon et enregistrées par François Billetdoux au Lapin Agile (2). Le 4 mai, le Théâtre de la Renaissance accueille “Orion” suivi des “Gaîtés de l’Escadron” de Courteline, avec la Compagnie Grenier-Hussenot (et Jean-Roger Caussimon, Michel Piccoli, etc.) qui se poursuit jusque fin octobre. En juin, ils enregistrent leurs trois premiers disques 78 tours et la firme qui les produit, La Boîte à Musique (BAM), constitue un symbole de qualité (3). Le 22 décembre, Bobino monte “Les Pieds-Nickelés” (Valmy, Lanjean, Coquatrix, Hornez) mis en scène par Yves Robert, avec Jacques Pills, Armand Mestral, Colette Deréal, etc., et les Frères Jacques. Le directeur artistique Jacques Canetti, venu les voir à la Rose Rouge, leur a suggéré de s’attaquer aux chansons de Prévert et Kosma. Agnès Capri, qui les chantait, les a encouragés et incités à les interpréter. Avec Pierre Philippe, ils répètent pendant plusieurs mois, et enregistrent de novembre 1949 à janvier 1950. Cela donnera un bel album de quatre 78 tours dont l’un, Inventaire, couplé avec Barbara, leur vaudra le Grand Prix du disque de l’Académie Charles Cros. « Kosma avait une sorte de vénération pour la manière dont les Frères Jacques avaient traité ses œuvres, précise Pierre Philippe. Il les préféraient à tous ses autres interprètes. » Tandis que, soit dit en passant, Jacques Pré­vert n’a jamais pris la peine de venir les voir sur scène. Ils enregistrent désormais chez Polydor. Des titres qui heurtent parfois la pudibonderie, voire la simple prudence de dame Radio Diffusion Française. Au banc d’infamie : Son nombril (pourtant enregistré par Yvette Guilbert en 1934), Quelqu’un, La Gavotte des bâtons blancs, Général à vendre, Le Général Castagnettas (pour la petite histoire, notons que les Frères n’ont jamais été invités au Mexique). Mais rien ne dépassera la Petite fable sans morgue, sous-titrée Complainte des petits cabinets que la SACEM reçut avec des pincettes. 

En 1950, les Frères Jacques se produisent notamment au Gala de la Grande Nuit de la Chancellerie devant le Président Vincent Auriol, devenu un supporter enthousiaste, puis à l’Opéra en compagnie d’Édith Piaf et de Charles Aznavour. Ils tournent également dans le film “La Rose Rouge” de Marcel Pagliero, avec Françoise Arnoul, Yves Deniaud, Dora Doll et Yves Robert. Le 21 octobre, les “Exercices de Style” de Raymond Queneau sont créés à la Rose Rouge, et obtiendront un triomphal succès auquel seul Yves Robert croyait, et que les Frères Jacques joueront 900 fois. Le même mois, ils sont à nouveau à l’A.B.C. avec Line Renaud et Robert Lamoureux. L’année 1951 les verra partir en tournée en France, en Belgique, en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie) et, pour la dernière fois avec les Grenier-Hussenot, en Amérique du Sud. Ils passent également à Bobino en octobre. En 1952, les Frères Jacques, comme Tintin, s’embarquent pour l’Amérique. En avril/mai, ils se produisent durant cinq semaines au Blue Angel de New York, avec Harry Belafonte ; ils participent également au gala “April in Paris” au Waldorf Astoria. Ils enchaînent ensuite avec le Continental à Montréal et Chez Gérard à Québec. De retour au pays, ils font partie d’une grande “tournée estivale Canetti” (juin-juillet-août) en compagnie de Patachou et de Georges Brassens. À la rentrée, alors qu’ils préparent un nouveau passage à l’A.B.C. pour l’automne, avec, précisément, Patachou et Georges Ulmer, ce dernier fait des difficultés pour des histoires de grosseur de noms sur l’affiche et les Frères Jacques se retirent du programme. 

Ils se retirent d’autant plus volontiers que le Théâtre Daunou leur offre sa salle. Mais ils doivent assurer seuls les soirées. Ils constituent donc leur 1er Récital avec un programme de vingt-cinq chansons (4). La Première a lieu le 28 octobre et le récital se poursuit jusqu’au 15 mars 1953 (110 représentations). Puis, devant le succès obtenu, il reprend du 15 mai au 13 juin au Théâtre de l’Atelier. Au programme notamment, après l’incompréhensible Méli-mélo — quatre textes différents chantés en simultané ! (heureux abbé Bovet) — qui essuiera gaillardement les planches jusqu’au dernier récital, Le Bateau-Lavoir, La Gavotte des bâtons blancs, Rose Blanche, Monsieur William de Ferré et Caussimon, et celles qui s’installeront durablement dans les récitals suivants : La Queue du chat, La Saint-Médard et quelques Prévert. Ce premier récital n’ayant pas été enregistré en public — les enregistrements live étaient rares à l’époque —, nous l’avons en partie reconstitué avec les disques et les transcriptions radiophoniques (5). En partie seulement, car nous retrouverons près de la moitié du programme dans le second ou le troisième récital, selon une formule que les Frères appliqueront jusqu’au huitième : chaque nouveau récital sera composé pour moitié des meilleures chansons du précédent, et pour l’autre moitié de chansons nouvelles (6). « La formule, en l’occurrence magique, du récital consacre leur art qui tient à la fois du théâtre et du ballet, mais surtout de la perfection. À la médiévale “chanson de geste”, ils ont substitué la chanson à geste, en virtuoses de l’incarnation, en acrobates sur cordes vocales, aussi souples que leurs gants. » (7) Ce sont leurs récitals qu’ils font désormais tourner. Pour cette année 1953, en France, Belgique, Hollande, Luxembourg, Suisse, Italie. Par ailleurs, le 11 février, ils avaient participé à Londres à un gala privé pour la jeune reine Elisabeth. En septembre, ils jouent dans le film “Il paese di Campanelli” de Jean Boyer, avec la prometteuse Sophia Loren. Outre leurs apparitions régulières à la Rose Rouge, leur port d’attache parisien jusqu’en 1955, Les Frères Jacques sont les vedettes d’un Musicorama à l’Olympia le 2 avril 1954. Puis ce sont à nouveau les tournées : France, Suisse, Portugal, Canada. Le 18 novembre, un cocktail est organisé par la maison Philips dans les salons des Éditions Gallimard, pour fêter la sortie en disque des “Exercices de Style”. Outre les quatre chansons des Frères, on y entend Yves Robert bien sûr, Jacques Hilling, Guy Pierrault, Edmond Tamiz et Jean-Marie Amato (le futur Furax). 

L’année 1955 est largement occupée par la “confection” du 2e Récital. Celle-ci s’effectue de la manière suivante : le choix des chansons et l’ordre du programme qui tient compte des tonalités, des genres — alternance entre les chansons comiques enlevées et d’autres plus graves et calmes —, des changements de chapeaux, moustaches, accessoires qui doivent s’effectuer en coulisse en un temps record, mise en scène, changements de lumières précis — une centaine par spectacle que guide le pianiste avec une petite pédale — qui font ressortir les costumes et les couleurs, “leur côté pictural”, disait Claude Nougaro, etc. Ils règlent tous les détails eux-mêmes et chantent sans micro, quelle que soit la dimension de la salle. « Un tour de chant, ça se construit. Il fallait changer de rythme, de tonalité, d’histoire, il fallait qu’il y ait une progression. Quand on montait notre tour de chant, c’était évidemment des sujets d’engueulades : quatre types en vase clos, la plupart du temps. Trente-sept ans d’engueulades, mais seulement au service du tour de chant ! » (1) Les Frères Jacques ont été sollicités, par les meilleurs auteurs et compositeurs. « On a fait appel à des auteurs différents, ils venaient nous trouver, on choisissait. Les critères de choix des Frères Jacques ? Que la chanson raconte une histoire, qu’on puisse la mettre en scène et qu’elle ne fasse pas double emploi avec une précédente. Le choix devait être fait à la majorité : au moins trois sur les cinq. Mais la plupart des chansons furent choisies à l’unanimité. On le sentait. On avait les mêmes choix, et tout de suite. » (1) Vingt-six chansons figurent sur le programme, dont exactement la moitié de nouvelles par rapport à Daunou (en comptant le retour du Train fatal naguère conduit par Bérard). Parmi celles-ci : La Marie-Joseph de Stéphane Golmann, La Pendule de Queneau, Tchin pon pon, le premier “sur mesures” d’Estérel, Qu’avez-vous à déclarer et Faut bien qu’on vive de Gilles, l’une de leurs “idoles” de jeunesse (avec Julien), et quelques Francis Blanche. Pour cet événement, les Frères retrouvent la salle de leurs débuts, celle de la Comédie des Champs-Élysées. Ils attaquent le 23 février, s’interrompent le 27 juin, et reprennent du 26 août au 30 octobre. Voilà donc une année bien remplie ! Et pour la première fois, la Société Phonographique Philips installe ses micros sur la scène et, les 3, 4 et 5 juin, enregistre tout le spectacle (Les Footballeurs ayant été ajoutés au program­me). « La prise de son sur scène, précisent les Frères, était plus délicate, car nous bougions beaucoup. Nous demandions des micros dans la rampe, mais surtout pas sur pied devant nous : ils auraient détruit notre mise en scène. » Ajoutons que les programmes imprimés indiquent toujours “Les Frères Jacques choisiront parmi les chansons suivantes”, ce qui veut dire qu’elles ne sont pas forcément toutes chantées chaque soir. Douze d’entre elles seront publiées sur un microsillon 33 tours Philips, et quelques autres apparaîtront au hasard d’éditions postérieures ou de compi­lations “économiques”, les dernières restant sur la bande magnétique (dont un inédit total, L’Homme de Léo Ferré qui n’a jamais fait l’objet d’une séance en studio).

Ce récital se promènera en tournée durant les années 1956 et 1957 : France, Yougoslavie, Belgique, Luxembourg, Allemagne Fédérale. Au milieu, les Frères Jacques s’offrent un long entracte en participant à l’opérette “La Belle Arabelle”, une histoire poétique qui se déroule sur une péniche dont ils sont les mariniers, aux côtés de leur camarade Francis Blanche (l’un des auteurs) et d’une pléiade de jolies interprètes et de comédiens-chanteurs mis en scène par Yves Robert. La pièce démarre le 4 octobre 1956 et s’interrompt le 10 juin 1957 (190 représentations), le temps que les Frères changent de maillot et gonflent les boyaux de leurs bicyclettes, afin d’être prêts pour le départ du Tour de France le 26 juin — ils précédaient les arrivées des étapes sur deux tandems, avant de se retrouver les quatre fers en l’air, et partageaient le podium avec Yvette Horner. Et le 30 août, ils remontent sur leur péniche, “La Belle Arabelle”, jusqu’au 27 octobre. La Radio Diffusion Française enregistre le spectacle le 14 septembre, et le diffuse sur les ondes le 23. Nous en présentons, pour la première fois et dans l’ordre, toutes les chansons des Frères Jacques (en incluant la version studio des Barons de Ballancourt qui ont été coupés à la retransmission). Quant au cabaret, ce n’est plus la Rose Rouge, désormais fanée, mais le Drap d’Or qui les accueille en 1956 et 57. Ils trouvent le temps de réaliser une nouvelle anthologie des “Chansons de Jacques Prévert et Joseph Kosma” qui paraît en 33 tours 30 cm, et leur permet, une nouvelle fois, d’obtenir un Grand Prix du Disque en mars 1958. Enfin, le 31 décembre, ils apparaissent pour la première fois dans une émission de télévision produite par Gilles Margaritis. Ils chantent Voilà les footballeurs dans un “tableau” qui évoque une peinture du Douanier Rousseau (8). 

Dès le 3 janvier 1958, et ce jusqu’au 31 mars, les Frères Jacques renouent avec le cabaret à la très chic Fontaine des Quatre Saisons que dirige Pierre Prévert rue de Grenelle. Le 17 février, ils participent à l’émission télévisée “Trente-Six Chandelles” (8), puis vont enregistrer une série de chansons nouvelles qui constitueront la partie “neuve“ de leur 3e Récital.  Le programme comporte toujours vingt-six chansons dont les indestructibles Méli-mélo en ouverture, Son Nombril, La Saint-Médard et La Queue du chat présentes depuis le premier récital, comme l’inévitable et toujours réclamée Marie-Joseph en rappel. De nouveaux auteurs ont contribué au renouvellement du répertoire : Boris Vian (Le Tango interminable…), Serge Gainsbourg (Le Poinçonneur des Lilas), Jean Constantin (Shah Shah persan, Bain, amour, et…) et surtout l’ami Ricet Barrier qui entame là une longue collaboration avec les Frères (Les Pasteurs, Dolly 25) ; quant à La Boîte à musique, elle s’est échappée pour toujours de “La Belle Arabelle”. Ce récital débute le 10 octobre, toujours à la Comédie des Champs-Élysées, et se poursuivra au printemps 1959 au Théâtre des Variétés avec 180 représentations. Plu­sieurs vont être enregistrées : le 23 octobre aux Champs-Élysées, les 2, 3 et 4 avril aux Variétés. À nouveau douze chansons seront sélectionnées et feront l’objet d’un second 33 tours en public, quelques-unes apparaissant par-ci par-là au gré de rééditions. Le 27 avril 1959, ils apparaissent dans l’émission “La Clef des Champs” à la télévision, puis ils partent en tournée : France, Suisse, Belgique, Italie avec une prestation au Piccolo Teatro di Milano, un lieu qui ne pouvait que les accueillir, et Grande-Bretagne avec un passage à l’Adelphi Theatrede Londres, comportant une présentation de chaque chanson en anglais, écrite par Frank Dunlop. Ce qui donnera à Jacques Canetti l’idée de présenter le même récital devant les étudiants de la Cité Universitaire à Paris. Cette soirée unique avait fait l’objet d’un enregistrement resté longtemps inédit (9). L’année 1960 voit “les athlètes complets de la chan­son” (ainsi surnommés par Yvan Au­douard) parcourir le monde avec leur le récital qui se promène en France, en Italie, en Israël, en Pologne, en Suisse, en Angleterre, en Écosse (Festival d’Edimbourg), et jusqu’au Japon. « En eux s’épanouit un style d’imagerie populaire qui n’est pas seulement le reflet de notre époque mais qui remonte loin dans l’histoire. Le mime, le chant, la danse, l’art dramatique leurs servent tout ensemble de moyens d’expression. En prenant dans chacune de ces disciplines ce qui devait servir leur propos, les Frères Jacques ont créé un art nouveau que dominent l’humour et la gaieté. (…) Traversant intacts les modes passagères qui agitent “la chanson”, les Frères Jacques ont su créer ou recréer un style et lui demeurer fidèles » écrit Nicole Hirsh qui interroge les Frères : « Nous avons voulu élargir le champ d’action du comédien qui, dans les temps anciens, savaient tout faire. Ainsi ne considérons-nous pas les chansons comme de simples chansons, mais comme de véritables petites comédies. (…) La chanson est toujours liée à une mise en scène humoristique. (…) Il faut absolument que nous ayons toujours l’air d’improviser, dans l’instant même, le gag patiemment mis au point. C’est pour ces raisons que nous rejoignons la Commedia dell’Arte, par l’utilisation de diverses formes d’art et par l’usage que nous faisons des improvisations. Sans notre collant bi­colore, sans nos gants blancs, nous ne se­rions pas ce que nous sommes. (…) Pour nous imposer, ainsi ha­billés, il faut que la densité de nos gestes, de nosmimiques, soit assez forte pour que nous conquerrions le public en vingt secondes. Si nous avions eu des poches, notre carrière eût peut-être changé. » (10) 

Désormais, les Frères Jacques sont partout, pour une carrière qu’ils mènent de main de maître et tambour battant, enchaînant récitals (environ 3500 !), enregistrements en studio (par exemple “Les Fables de la Fontaine” en 1963, “C’ que c’est beau la photographie” en 1968, l’inénarrable “Confiture” en 1973, leur “Brassens” en 1977), et en public (8 albums), opérettes, passages au music-hall (Trois Baudets en 1962, Théâtre de la Ville en 1971, Bobino en 1970 et 73…), tournées en France et à l’étranger (50 pays sur 4 continents), 600 émissions radiophoniques (feuilletons “Buffalo Bill”, “Le Tour du Monde en 80 jours”) et télévisées, publicités, etc. Un 4e Récital voit le jour en octobre 1961, un 5e sera monté en 1964, un 6e en 1968, avec Hubert Degex qui a remplacé Pierre Philippe au piano le 1er janvier 1965, un 7e en 1972, un 8e en 1975… jusqu’au 9e et dernier, le Récital d’Adieu, qui sera créé en octobre 1979, où ça ? à la Comédie des Champs-Élysées, tournera pendant deux ans en France et à l’Étranger, avant de revenir chez Jean-Pierre Grenier, le complice des débuts, au Théâtre de Boulogne-Billancourt fin 1981 pour 50 représentations. Ce récital s’achèvera en beauté le 17 février 1982 à Lausanne devant les caméras de la Télévision Suisse Romande (8). Contrairement aux précédents, ce 9e Récital propose un programme concocté avec leurs chansons préférées, les pièces les plus scéniques, et celles plébiscitées par le public durant leurs 37 années de carrière.  Difficile de choisir parmi 240 chansons enregistrées dont plus de la moitié mises en scène ! En 1969, Les Frères Jacques ont obtenu un Grand Prix du Disque in Honorem pour l’ensemble de leur œuvre, ont été faits Commandeurs des Arts & Lettres en 1983, ont reçu chacun un Molière en 1996, et ont été décorés de la Légion d’Honneur en 2001. Partis à quatre en 1945, ils sont longtemps restés quatre, jusqu’à ce que François Soubeyran les quitte en 2002 pour l’éternité, où l’a rejoint son compagnon André Bellec en 2009. 

« Avec les Frères Jacques, on avait la vie devant soi. Toute la vie, la vie au grand complet, prête pour la revue de détail, avec ses farces, ses songes, ses vacheries, ses adieux, ses fous rires, son épate (…), ses personnages, leurs histoires, leurs travers, leur cocasse, leurs énigmes. Les Frères Jacques, c’était la vie. » Philippe Meyer (8). 
Jean Buzelin et Marc Monneraye 
© Frémeaux & Associés 

Notes :
1. Entretien avec Paul Tourenne, par Marc Monneraye, Georges Unglik et Raoul Bellaïche, le 26/06/1994 (Je Chante n° 17, juin 1995).
2. Ils chantent Le Général Castagnetas (N° 1 et 12), L’Entrecôte (n° 1), Un monsieur attendait, Miss Otis regrette (n° 2), Le Train fatal, La Chanson des gares (n° 3), L’Homme du trapèze volant, Chanson de marin (n° 4), Ballade des places de Paris, La Gavotte des bâtons blancs (n° 5), Mon ami m’a donné une fleur (N° 6), Sœur Marie-Louise(n° 7), Rose Blanche, Le Manège aux cochons roses (n° 9), Complainte des voleurs (n° 10), Nathalie (n° 11)… ce qui donne une bonne idée de leur premier répertoire.
3. L’Entrecôte/Mon ami m’a donné une fleur, Rose Blanche/La Ballade des places de Paris, Son nombril (en 2 parties). Auparavant, vers 1947-48, sous le nom des Quatre Jules, ils avaient « été les premiers à enregistrer des chansons de salles de garde ! Rue de l’École de Médecine, à Paris, il y avait un libraire qui enregistrait des disques. (…) Le directeur était un copain de Pierre Philippe. Il y a eu huit 78 tours (sans marque) édités par les Éditions du Colisée. » (Paul Tourenne).
4. En fait, il y avait eu un précédent en février 1951, à Gap où ils devaient faire un gala. Lorsque l’organisateur leur demanda combien de temps d’entracte désiraient-ils, ils répondirent que cela n’avait pas d’importance, tout dépendait de la première partie. — Mais c’est vous aussi la première partie ! leur fut-il répondu. Ils durent ainsi racler dans leurs fonds de tiroirs (chansons traditionnelles, spirituals, etc.) pour assurer deux fois une heure de spectacle (“Frères Jacques : la fête continue”, France Culture, janvier 1996).
5. Seule la chanson Les Quatre messieurs de Francis Blanche, n’a jamais fait l’objet d’un enregistrement.
6. Le Récital d’adieu, le neuvième, sera composé d’un choix de leurs meilleures chansons scéniques, une sorte de résumé de toute leur carrière.
7. Jean-Claude Hemmerlin, dans Les Frères Jacques chantent les Poètes (Rym Musique 11916162).
8. Dans le DVD, Les Frères Jacques (Rym Musique 301 706-3).
9. Publié intégralement en 1997 sous la houlette de notre regretté ami Marcel Mangin (Rym Musique 1919792).
10. Nicole Hirsh, dans De l’Entrecôte à la Confiture (Rym Musique 1917132). 

Lectures :
Randal Lemoine, Drôles comme quatre : les Frères Jacques (Gallimard-L’Air du Temps, 1957)
Cécile Philippe et Paul Tourenne, Les Frères Jacques (Balland, 1981)
Les Frères Jacques, 36 années de chansons (Ed. de la Source, 1987)
Hélène et Marc Monneraye, Les Frères Jacques (revue Je Chante, 1995)
Éric Zimmermann, Les Frères Jacques (Ed. Didier Carpentier)
Divers textes de pochettes de disques 33 tours (Philips, Arion) et de livrets de CD (Rym Musique)

Disques originaux et documents sonores : Marc Monneraye, Paul Tourenne, Jean Frossard
Photos et documents iconographiques : Jean Frossard, Catherine Gasnier, Marc Monneraye, Paul Tourenne

Nos chaleureux remerciements à Paul et Patrice Tourenne, Madame Danielle Boraley (RSR) et Jean Weber.   

english notes
The four members of the Frères Jacques – brothers André and Georges Bellec, François Soubeyran and Paul Tourenne, - gave their first recital in October 1952 and the curtain fell on them for the last time at the beginning of 1982  What drew them together was their shared interest in music: André Bellec was a fan of choral music in all its forms while his younger brother, Georges, leaned more towards jazz. François Soubeyran was drawn to church music and gospel songs and Paul Tourenne played violin and loved singing in vocal quartets. It is now sixty-five years since the paths of the brothers and their two companions first crossed. They had in common a great desire to sing for this was the heyday of vocal ensembles, whether for two, four or more voices. And yet they perhaps also had a presentiment that this golden age of French popular songs would not last forever and they had to take advantage of it as quickly as possible. 

The Bellec brothers were natives of Saint-Nazaire but in 1933 the family settled in Bordeaux. André, born on 12 February 1914, started by studying law but gave this up in favour of an acting career, enrolling at the Conservatoire and joining a young theatre company. Georges, born on the 18 March 1918, had a more artistic bent and was a passionate jazz fan, first playing violin and then cornet. During the war André was conscripted but Georges was refused on medical grounds. He frequented the Hot-Club in Bordeaux and moved to Paris in 1942, enrolling at the Beaux-Arts and joining the Hot Club de France. Georges returned to Bordeaux when he was demobbed and André soon rejoined him (mainly to escape being sent as a “forced labourer” to Germany). He was part of the first vocal quartet that André formed but later left and went to live with his parents in Clisson in the Loire Valley. His brother arrived soon after and, as their host had two daughters who sang, a new quartet was formed.

François Soubeyran was born on 19 August 1919 at Dieulefit in the Drôme. His parents kept open house and visitors came from far and wide, including a young lady who formed a mixed choir in which François sang. Around Christmas 1944, he received a letter from Emmanuel Mounier (whom he had met in the Resis­tance) offering him a job at the TEC (Association of Work & Culture) in Paris, an “amazingly chaotic” place full of all sorts of people. Paul Tourenne was selling theatre tickets there and François also met Yves Robert with whom he sang a duet. 

Paul Tourenne was born in Paris on 25 February 1923. Although he began working for the French Postal Service in 1937, this did not prevent him from developing his love of music, playing reed pipes, harmonica, Hawaiian guitar and then violin. He also formed a vocal quartet with three sisters, like him camping enthusiasts and they entertained friends around week-end camp fires. He became a monitor in a children’s holiday camp where, with orchestra leader Paul Kast, he organised a choir. While working as an assistant director for National Radio he also fled Paris to escape the threat of forced labour, only returning after the Liberation.  The Bellec brothers had also returned to Paris, Georges to the Beaux-Arts and playing trumpet with Claude Luter, while André had resumed playing his earlier “Pif and Paf” clown sketch in factories. In November 1944 he became a drama teacher and administrator at the TEC on rue des Beaux-Arts and, quite by chance, the two brothers bumped into each other in the street! Neither of them was doing particularly well and André suggested forming a vocal quartet but they needed two more members! Jazz guitarist and singer Teymour Nawab (the Shah of Persia’s nephew) joined them and Yves Robert, who wasn’t available, suggested François Soubeyran.   The war ended. TEC was providing programmes for the newly revived radio stations, one of which on 26 May 1945 included an as yet un-named vocal quartet. As “family” names were in vogue at the time (Marx Brothers, Mills Brothers, Andrew Sisters etc.) a radio technician suggested “Why not the Frères Jacques.” This not only recalled the old song but in French “faire le Jacques” means to “play the fool” and “this is what we wanted to do with our singing.” (1) Listening to the broadcast was Maurice Jacquemot, manager of the Champs-Elysées Studio and theatre of the same name. He had also written and directed the acclaimed play “Les Gueux au Paradis”, featuring songs from a quartet “Les Compagnons de la Route” (4 Barbus) but they wanted a holiday. After an audition, Jacquemot realised he had found their replacement but Georges and Teymour were off touring with an orchestra. The TEC recommended Paul Tourenne to André and the fourth man was Gustave Gras from the TEC choir.

On the 14 July 1945 the Frères Jacques appeared in public for the first time at a gala, broadcast from the Palais-Royal Gardens, confirming this radio success on 1 August when they made their debut at the Comédie des Champs-Elysées. This was when they met Francis Blanche who would contribute so much to their repertoire. In September/October the Frères toured Alsace for two months. Meanwhile Georges Bellec had rejoined the group and the quartet became five. They found themselves back in Paris with no work in view but they still continued practising. Then, in early January 1946, Jean-Pierre Grenier, Oliver Hussenot and Yves Robert invited them to join their newly created company . They were preparing a show composed of “A Parade of Laughter and Tears” and a burlesque “Orion the Killer”. They had to insert one of their songs L’Entrecôte, a mock 1900 melodrama that Georges had brought from the Beaux-Arts. They were directed by pianist and composer Pierre Philippe, while set designer Jean-Denis Malclès made their first costumes with black tights, the idea for the white gloves coming from Georges.  

On 1 March 1946 they had a huge success with a gala evening in La Baule. Then they replaced the Barbus again and put in a lot of work on l’Entrecôte, practising their gestures for hours in front of a mirror. They were now concentrating on “acted out” songs where words and music had to be directed like a play. After several “Parade” and “Orion” in the provinces and Paris, Agnès Capri offered them her theatre, the Gaîté-Montparnasse, for the true creation of “La Parade/Orion the Killer” on 25 June. In September they sang with her at the Boeuf sur le Toit but Cazenave’s accompaniment was not really up to scratch and Pierre Philippe replaced him on piano for a shortened version at the A.B.C. Then came their first real tours in the provinces and in Switzerland. They returned to the A.B.C. in October. New Year’s Eve found Les Frères at the Cité-Club, near Monceau Park, where they wore their new outfits: the overall black was enhanced by coloured waistcoats: yellow for Georges Bellec, pale blue-grey for Paul Tourenne, green for André Bellec and red for François Soubeyran.   Now their career really took off. First with the Grenier-Hussenot Company (Molnar’s “Liliom” in 1947 – Air de la Rousse), then “L’Escalier” by Yves Farge in June (at Agnès Capri’s), cabarets (La Vie Parisienne, Le Doyen, Chez Carrière), music hall (Palladium, Folies-Belleville in May 1947, the Lido in 1948, A.B.C. in 1949), tours in Belgium, Germany, Switzerland and England). On 16 June 1948 they were among the first on stage at the second Rose Rouge which had just opened on the rue de Rennes. They came for one night and stayed seven years! Years that included some of their most brilliant inventions of the 50s such as “La Complainte de Fantômas” (Desnos), “L’Opéra des Girafes” (Prévert), “Exercices de Style” (Queneau) etc. Between January and July 1949 the Frères Jacques participated in a series of broadcasts for Lausanne Radio (Les Murs Ont Des Oreilles), at the Lapin Agile. In June they recorded their first three 78s for the prestigious label BAM (La Boîte à Musique). After artistic director Jacques Canetti had heard them at the Rose Rouge he suggested they should tackle songs by Prévert and Kosma which they rehearsed for several months before recording them between November 1949 and January 1950, resul­ting in an excellent album of 78s. One side Inventaire, backed by Barbara, received the Grand Prix du disque.  They now recorded for Polydor and certain titles shocked the somewhat prudish Radio Diffusion Francaise: Son Nombril, Quelqu’un…and, above all, Petite Fable Sans Morgue. 

During 1950 the quartet appeared at a gala before Pre­sident Vincent Auriol, at the Opéra alongside Edith Piaf and Charles Aznavour and in a film “La Rose Rouge”. On 21 October the “Exercices de Style” opened at the Rose Rouge, becoming the huge hit that only Yves Robert had predicted, and in which the Frères Jacques appeared 900 times.  In 1952 the Frères Jacques embarked for America appearing for five weeks in April/May at the Blue Angel in New York with Harry Belafonte. They also appeared at the Waldorf Astoria in “April in Paris” before moving on to Quebec. Back in France they toured with Patachou and Georges Brassens and were preparing an autumn show at the A.B.C. with Patachou and Georges Ulmer when the latter complained about the size of names on the posters, so the Frères withdrew.  However, the Daunou Theatre had already offered them their auditorium but for evenings only. Thus they prepared their 1st Recital with a programme of 25 songs. The Premier took place on 28 October and the show continued until 15 March 1953 (110 performances) before transferring to the Atelier Theatre on 15 May where they enjoyed equal success until 13 June. The programme included the incomprehensible Méli-mélo – four different texts sung simultaneously! – Le Bateau-Lavoir, La Gavotte Des Bâtons Blancs, Rose Blanche, Monsieur William by Ferré and Caussimon, plus those which would have a permanent place in following recitals: La Queue Du Chat, La Saint-Médard and several Prévert. Since live recordings of concerts were rare at the time, we have partly reconstituted it with the aid of records and radio broadcasts. Only in part as half of each new recital comprised the best songs from the preceding one and the other half new songs. (2) They had now replaced the “chanson de geste” (French medieval romances) with their own brand of vocal virtuosity that was as flexible as their white gloved hands. (3) 

1955 was mainly taken up in preparing their 2nd Recital: the choice of songs and the order of appearance on the programme – alternating comic songs with more serious ones – changes of hats, moustaches, accessories which had to take place in the wings in record time, direction, lighting changes (one hundred per show that the pianist controlled with a small pedal) to emphasise the costumes and colours. They organised every detail themselves and sang without a mike, whatever the size of the auditorium. The programme was composed of twenty-six songs, half of them new additions to the first recital. Among the additions were La Marie-Joseph by Stéphane Golmann, Queneau’s Pendule, Tchin Pon Pon (the first to be commissioned from Estérel), Qu’Avez-vous A Déclarer and Faut Bien Qu’On Vive by Gilles, one of their youthful idols and several by Francis Blanche. This second recital took place where they had made their debut, the Comédie des Champs-Elysées. They opened on 27 June, closed on 27 June and re-opened from 26 August to 30 October. And, for the first time, Philips installed their microphones on stage and, on 3, 4 and 5 June, recorded the whole show.  This recital went on tour during 1956 and 1957: France, Yugoslavia, Belgium, Luxembourg and Germany but, in the middle, the Frères took time out to appear in the light opera “La Belle Arabelle” which played from 4 October 1956 to 10 June 1957. They also found time to enliven the Tour de France by appearing at each stage on two tandems. When they re-opened “La Belle Arabelle” on their barge, French Radio recorded the show on 14 September and broadcast it on the 23rd. We include here, for the first time, all their songs in order as they were broadcast. These two years also saw them in cabaret at the Drap d’Or and they recorded a 33 r.p.m. of Prévert and Kosma’s songs, which was awarded another Grand Prix in March 1958. Finally, 31 December 1957 they made their first TV appearance, singing Voilà Les Footballeurs. (4)

From early January to the end of March 1958 they returned to cabaret while, on 17 February, appearing in a TV show “Trente-Six Chandelles” (4). They then recorded a series of songs that made up the “new” part of their 3rd Recital. The programme still comprised twenty-six songs including the inevitable Meli-Mèlo to open, Son Nombril, La Saint-Médard and La Queue Du Chat that had featured in the first recital and, of course, the ever-popular Marie-Joseph as an encore. Some fresh composers made their contribution to the new repertoire: Boris Vian (Le Tango Interminable …), Serge Gainsbourg (Le Poinçonneur Des Lilas), Jean Constantin (Shah, Shah, Persan, Bain, Amour etc.) and especially their friend Ricet Barrier, the start of his long collaboration with the Frères (Les Pasteurs, Dolly 25).The recital opened on 10 0ctober at the Comédie de Champs-Elysées and continued until spring 1958 at the Théâtre des Variétés. Several recordings were made at both theatres. Twelve songs were selected for a 33r.p.m. After yet another TV appearance they went on tour throughout Europe, appearing at the Adelphi  Theatre in London where they sang each song in English, lyrics written by Frank Dunlop. This gave Jacques Canetti the idea of presenting the same concert to students at the Cité Universitaire in Paris, an evening resulting in a recording that remained unissued for a long time. (5) 1960 found these “athletes of song” (as Yvan Audouard nicknamed them) touring the world with their recital – France, Italy, Israel, Poland, Switzerland, England,  Scotland (the Edinburgh Festival) and even Japan.  Henceforth, the Frères Jacques were everywhere, orga­nising their career brilliantly, combining concerts (around 3500!) with studio recordings (e.g. “Les Fables de Fontaine” in 1963, “Ce que c’est beau la photographie” in 1968, the hilarious “Confiture” in 1973), tours in France and abroad (50 countries on 4 continents) and TV and radio programmes. A 4th Recital in October 1961, a 5th in 1964, a 6th in 1968 with Hubert Degex replacing Pierre Philippe on piano, a 7th in 1972, an 8th in 1975… up to the 9th and final one, the farewell Recital which opened in October 1979 and where else but the Comédie des Champs-Elysées? It played for two years, both in France and abroad, before returning to the Théâtre de Boulogne-Billancourt at the end of 1980 for 50 performances.   In 1969 the Frères Jacques received an Honorary Grand Prix du Disque for their overall work, were made Commanders of Arts & Letters in 1983, each received a Molière (French coveted theatre award) in 1996 and were decorated with the Legion of Honour in 2001. Starting out as four in 1945, they remained four for many years, until François Soubeyran’s death in 2002, followed by that of André Bellec in 2009. 
Adapted by Joyce Waterhouse  from the French text  of Jean Buzelin and Marc Monneraye
© Frémeaux & Associés 

Notes:
1. Interview with Paul Tourenne, by Marc Monneraye, Georges Unglik and Raoul Bellaïche, 26/06/1994 (Je Chante n° 17, June 1995). 
2. The Farewell Concert the ninth, comprised a choice of their best performance songs,a sort of resumé of their entire career.
3. Jean-Claude Hemmerlin, in Les Frères Jacques chantent les Poètes (Rym Musique 11916162).
4. On the DVD, Les Frères Jacques (Rym Musique 301 706-3).
5. Issued in its entirety in 1997 under the direction of our late friend Marcel Mangin (Rym Musique 1919792). 

Works consulted:
Randal Lemoine, Drôles comme quatre : les Frères Jacques (Gallimard-L’Air du Temps, 1957)
Cécile Philippe et Paul Tourenne, Les Frères Jacques (Balland, 1981)
Les Frères Jacques, 36 années de chansons (Ed. de la Source, 1987)
Hélène et Marc Monneraye, Les Frères Jacques (revue Je Chante, 1995)
Éric Zimmermann, Les Frères Jacques (Ed. Didier Carpentier) 

Original records and documents: Marc Monneraye, Paul Tourenne, Jean Frossard
Photos and pictures: Jean Frossard, Catherine Gasnier, Marc Monneraye, Paul Tourenne 

Thanks to Paul and Patrice Tourenne, Madame Danielle Boraley (RSR) et Jean Weber. 

dicographie
CD 1 
LES PIEDS-NICKELÉS (Bobino 1950)
(J. Valmy - Bruno Coquatrix - Marc Lanjean)  
1. C’est nous qui sommes les Pieds-Nickelés  Polydor 560 214  
2. La Fanfare tyrolienne Polydor 560 214 Orchestre dir. Marc Lanjean (1, 2) 17 février 1950 

THÉÂTRE DAUNOU (1952-53)  
3. L’Épervier (Henri-Jacques Dupuy - Pierre Philippe)  Polydor 560 344  
4. La Gavotte des bâtons blancs  (Jean Guigo - Jacques Breux) Polydor 560 264  .
5. Les Halles de Paris  (Georges Bérard - G. Cornille) Polydor 560 344  
6. La Dame de pique  (Eugène Joullot - Félix Chaudoir)  
7. L’Homme du trapèze volant  (René Buzelin - Alfred Lee)  
8. Rose Blanche (Aristide Bruant) BAM V502  
9. Le Général Castagnettas  (Marcel Dabadie - Jacques-Henri Rys)  Polydor 560 264
10. Monsieur William  (Jean-Roger Caussimon - Léo Ferré) Polydor 560 450
11. Jour de colère  (Francis Blanche - Henri Leca - Pierre Philippe) Polydor 560 434
12. L’Entrecôte  (Robert Goupil - Marius Zimmermann) BAM V501
13. La Saint-Médard  (Rudi Revil - Michel Vaucaire) Polydor 560 435
14. Si tu t’imagines  (Raymond Queneau - Joseph Kosma) Polydor 560 263
15. Le Bateau-Lavoir  (Pierre Cami - Guy Lafarge) Polydor 560 276
16. Voilà les footballeurs  (Pierre Forval - Oscar Dofny) Polydor 560 435

Au piano Pierre Philippe (+ celesta 13, 14, arrangements 5, 9, 10, 13) guitare et contrebasse (13) (7) Radio-Lausanne, 19 février 1949 (8, 12) 9 juin 1949 (4, 9, 14) 2 novembre 1950 (3, 5) 6 juillet 1951 (15) 29 novembre 1951 (10, 11, 13) 30 janvier 1953 (16) 23 février 1953 (6) Radio-Lausanne, 11-12 janvier 1954 

LA BELLE ARABELLE  (Théâtre de la Porte St-Martin 1956-57)
(Marc Cab - Francis Blanche - Guy Lafarge -  Pierre Philippe)
17. La Colle au pinceau
18. Ça tourne (À la kermesse)
19. Petite amie sauvée des eaux (Berceuse)
20. Les Lézards ménagers
21. Couplets de la Belle Arabelle
22. J’emmène les gendarmes
23. On a perdu notre Eurydice
24. Les Barons de Ballancourt Philips 432 138
25. Les Boîtes à musique
26. Les Bons comptes font les bons amis 

Les Frères Jacques (vocal), orchestre dir. Pierre Philippe (17-26, sauf 24) Théâtre de la Porte Saint-Martin, RDF, 14 septembre 1957, diffusé le 23 septembre 1957 (24) 6 novembre 1956 Distribution : Les Frères Jacques, Francis Blanche, Lucie Dolène, Annick Baugé, Robert Piquet, Louis Blanche, Orbal, Bernard Dumaine, Bernard Régnié, Le Person, Roger Bernard, Sylvain, Jacques Lambert, Francine Darty, Hélène Baron, Jacqueline Fontelle, Françoise Morel.  

CD 2
COMÉDIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES (1955)  
1. Méli-mélo (Chanoine Joseph Bovet)  
2. Les Faux-monnayeurs  (Jean Cosmos - Robert Marcy)  
3. Qu’avez-vous à déclarer ? (Jean Villard-Gilles)  
4. Totor têtu (Fabien Loris - Christiane Verger)  
5. Son nombril (Blaise Petitveau - Pierre Philippe)  
6. Le Cirque (Jean Cosmos - Christiane Verger)  
7. La Voix du sang (Francis Mainville)  
8. Quelqu’un (Jacques Prévert - Christiane Verger)  
9. La Marie-Joseph (Stéphane Golmann)
10. Tchin-ponpon (Jacques Estérel)
11. C’était un Mérovingien (Francis Mainville)
12. La Pendule (Raymond Queneau - André Popp)
13. Faut bien qu’on vive  (Camille François - Jean Villard-Gilles)
14. Petite fable sans morgue (La Complainte des petits cabinets)  (Pierre Kiroul - Pierre Philippe)
15. Barbara (Jacques Prévert - Joseph Kosma)
16. Le Complexe de la Truite  (Francis Blanche - Franz Schubert)
17. Inventaire (Jacques Prévert - Joseph Kosma)
18. Buffalo-Bar (Marc Fontenoy) 

Au piano Pierre Philippe (arrangements 15, 17) Comédie des Champs-Élysées, 3-4-5 juin 1955 Philips 77 303, Philips 844 786, Impact 6371 131  

CD 3
COMÉDIE DES CHAMPS-ÉLYSÉES (1958)  
1. Des souris et des chats (Jacques Estérel)  
2. Les Pasteurs (Ricet Barrier - Bernard Lelou)  
3. La Violoncelliste (Jean Le Seyeux -  Albert Willemetz - Claude Normand)  
4. Le Tango interminable des perceurs  de coffres-forts (Boris Vian - Jimmy Walter)  
5. Dolly 25 (Ricet Barrier - Bernard Lelou)  
6. Le Poinçonneur des Lilas (Serge Gainsbourg)  
7. Bain, amour, et… (Jean Constantin)  
8. Faut tout ça (Jamblan - Alex Siniavine)  
9. La Queue du chat (Robert Marcy)
10. Allumett’ polka (Jean Le Seyeux -  Albert Willemetz- Claude Normand)
11. La Femme du monde (Jean Villard-Gilles)
12. Les Boîtes à musique (Marc Cab - Francis Blanche - Guy Lafarge - Pierre Philippe)
13. La Cantatrice  (Jean Le Seyeux - Albert Willemetz - Claude Normand)
14. Gros Jean comme devant  (Francis Blanche - Pierre Philippe)
15. Shah shah persan  (Jean Constantin - Michel Persane) 

Au piano Pierre Philippe (arrangements 6, 9) Comédie des Champs-Élysées, 23 octobre 1958, Théâtre des Variétés, 2-3-4 avril 1959 Philips 77 317, Philips 840 500, Philips 844 786

PRÉLUDE (les débuts 1945-49)
16. Méli-mélo (Chanoine Joseph Bovet)
17. Là-bas, au loin (chanson de marin)  (Roudanez - Claude Arrieu)
18. Un monsieur attendait (Georges Ulmer)
19. Air de la Rousse  (Comminges - Macha Adorjan - Claude Arrieu) 

Au piano Pierre Philippe (16, 17) Répétition, 1947-1949, archives Paul Tourenne (“La Parade”, Gaîté-Montparnasse 1946) (18) Radio-Lausanne, 3 février 1949 (Folies-Belleville 1947) (19) Radio-Lausanne, 11-12 janvier 1954 (“Liliom”, Gaîté-Montparnasse 1947)

EXERCICES DE STYLE  (La Rose Rouge 1950-51)
(Raymond Queneau - Pierre Philippe)
20. Tactile 
21. Ode 
22. Onomatopées 
23. Latin de cuisine  

Orchestre dir. Pierre Philippe (arrangements) 26 avril 1954 (La Rose Rouge, avril 1950) Philips 76 033  

Le mot de “L’Inventaire des Frères Jacques”
Comme le montre ce coffret, le patrimoine des Frères Jacques s’est construit dès leur création. Ancré dans une tradition culturelle française qui renaît à la Libération, le groupe vocal aura posé les fondements de son demi-siècle de succès au cours des dix premières années de son existence, traversant les modes sans dévier de son cheminement artistique. Aujourd’hui, l’héritage de cette richesse, porté initialement par chaque famille, est mis en commun et valorise les objets et témoignages conservés au fil des ans. Préserver leur patrimoine, protéger l’image des Frères Jacques et promouvoir les artistes ou initiatives reprenant l’esprit du quatuor, constituent des objectifs que se sont fixés leurs filles et fils en se regroupant dans un même élan, qui se concrétise par la constitution d’une association. De La belle Arabelle à 300 millions, en passant par La queue du chat et C’que c’est beau la photographie, la tradition se perpétue, l’humour et la poésie vibrent à l’unisson, et les Frères Jacques demeurent.
Philippe Metzger-Degex
 

CD LES FRÈRES JACQUES Les premiers Récitals 1948 - 1959 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)
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