Fremeaux.com
Une histoire d’enfant cachée par Pascal Delannoy (1940-1944) 
Ma Grand-mère est une étoile
 








Après un si long silence, après un trop long silence, nos remerciements en tant qu’«enfants cachés» vont en premier lieu à tous ceux qui à titre individuel ou à partir de réseaux organisés ont permis à 80% d’entre nous en France d’être sauvés d’une mort programmée, mais nos remerciements vont aussi à ceux qui aujourd’hui répondent à notre silence par une reconnaissance publique de nos vécus d’exclusion. A titre personnel si je ressens comme une ardente obligation le fait de témoigner, je n’ai d’autre propos que de prêter ma mé­moire aux jeunes générations pour qu’elle serve de point d’appui à la construction d’une citoyenneté responsable. Parce qu’envers et contre tout je persiste à croire en l’humanité, j’offre ma confiance aux jeunes actuels et à leurs éducateurs et leur sais gré de leur accueil. 
Irène SAVIGNON 

Introduction
par Jean-Pierre Guéno 

72000 enfants d’origine juive vivaient dans la “douce France” de la fin des années 30… Leurs parents étaient français, polonais, hongrois, autrichiens, allemands, roumains, turcs, russes, italiens, grecs… Certains vivaient en France depuis très longtemps. D’autres avaient fui les persécutions, la montée du nazisme, les ghettos, la misère de la grande crise… Ils avaient perdu leur patrie… Leurs parents étaient souvent très pauvres ; bien-sûr certains étaient médecins, dentistes, fonctionnaires, bijoutiers, industriels, banquiers, avocats, professeurs, écrivains, mais la plupart appartenaient au petit peuple des villes et des faubourgs ; ils pouvaient être tricoteurs, matelassiers, repasseurs, finisseurs, tailleurs, tanneurs, fourreurs, brocanteurs, forains, casquettiers, chapeliers, typographes, cordonniers, marchands de cravates ou de mouchoirs… Leurs pères avaient souvent versé leur sang pour leur pays, sur les champs de bataille de la Grande Guerre de 14/18. Quand ils avaient survécu à ce grand massacre ils en étaient revenus souvent décorés, blessés, mutilés, meurtris dans leur chair ou dans leur âme… En 1939, dès la déclaration de la seconde guerre mondiale, les plus jeunes, ceux qui n’avaient pas encore acquis la natio­nalité française, avaient souvent quitté femmes et enfants pour se porter volontaires afin de servir le pays qui les avait accueillis… Certains pratiquaient la religion de leurs ancêtres juifs. D’autres s’en étaient éloignés… Tous pensaient que la France resterait pour eux le pays de la liberté et des droits de l’homme, l’endroit où l’on pouvait être heureux comme “Dieu en son Royaume”... Jamais les 200000 français et les 140000 étrangers d’origine juive, vivant en France au début des années 40 n’auraient pu imaginer que le gouvernement de Vichy mis en place après l’armistice pour administrer la France sous le contrôle des allemands, anticiperait, préparerait puis renforcerait bien souvent les mesures anti-juives concoctées par les nazis, en choisissant d’abord pour cible prioritaire les juifs d’origine étrangère …

Recensés puis dépouillés de leurs biens en septembre 40, expulsés de leurs professions et donc réduits à la misère un mois plus tard, les juifs de France furent marqués de l’étoile Jaune à partir du 29 mai 1942… Raflées par la police française dès 1941 et surtout à partir de Juillet 42 - en zone occupée comme en zone libre - 80000 personnes vinrent ainsi remplir les nombreux camps d’internement français gardés par des français, et qui servirent tous d’antichambres aux camps de la mort…  3000 d’entre elles moururent de faim, d’épidémie et de mauvais traitements dans ces “camps de concentration”, victimes de la cruauté de leurs geôliers français. 1000 servirent d’otages et furent exécutées par les nazis entre 1941 et 1945. 2500, soit 3% seulement parmi elles, revinrent des camps de la mort, de ces camps où avaient disparu 73000 juifs venus de France, dont 12000 enfants, venus tous grossir les rangs des 6 millions de victimes de la “solution finale”… Parmi les 72000 enfants d’origine juive présents en France en 1939, il y eut donc 60000 survivants : certains parce qu’ils avaient eu la chance de pouvoir mener une vie à peu près normale, d’autres parce qu’ils furent cachés à titre préventif par des parents qui commençaient à comprendre que leur confiance en la France allait être trahie. D’autres enfin parce qu’ils furent soustraits aux griffes de la police française pendant ou après l’arrestation de leurs parents. Ces enfants cachés furent accueillis - souvent à titre payant mais à une époque où il n’était pas évident de “joindre les deux bouts”- dans des familles, dans des fermes, dans des institutions laïques ou religieuses, dans des internats, dans des maisons d’enfants . Certains vécurent relativement heureux, malgré la séparation d’avec leurs proches et les menaces environnantes, dans des familles admirables ou dans des collectivités où ils découvrirent les charmes de la nature et où ils reçurent une partie de l’amour qui leur manquait tant par ailleurs. D’autres vécurent un calvaire, exploités qu’ils étaient par des “hôtes” peu scrupuleux dans une France rurale des années 40 où la vie était parfois encore très primitive… 

Cet entretien avec Irène Savignon-Valachs et avec ses petits enfants a été réalisé par Pascal Delannoy pour l’émission Interception (France Inter). Irène est l’un des enfants cachés dont les souvenirs sont venus composer les deux livres “Paroles d’Etoiles” (Editions Librio et Editions des Arènes pour la version illustrée) et “Les enfants du si­lence” (Editions Milan). Comme Irène, les témoins de Paroles d’Etoiles ont aujourd’hui le plus souvent entre 65 et 87 ans. Mais tous retrouvent pour exprimer leurs émotions les yeux des enfants ou des adolescents qu’ils étaient entre 1940 et 1944… Ils racontent des pages de notre histoire qui ne sont pas toujours écrites dans tous nos livres de classe parce que nous n’en sommes pas trop fiers. “Ma grand-mère est une étoile” se rattache à un sujet de portée universelle : celui de l’homme qui devient parfois le pire cauchemar de l’homme, lorsqu’il désigne au reste du monde un bouc émissaire, le plus souvent pour essayer d’inventer une cause à ses propres misères, à ses propres faiblesses…Chaque jour en milieu scolaire, la mise en quarantaine ou le bizutage de certains élèves parce qu’ils sont plus faibles, plus timides, ou simplement “différents”, participe d’un mécanisme identique, qui poussé à l’extrême et à très large échelle peut finir par conduire le monde à la folie qu’il a connue entre 1939 et 1945 et qu’il connaît régulièrement depuis  cette date aux quatre coins de la planète…   
Jean-Pierre GUENO  

Histoire d’Irène
(grâce à la courtoisie des Editions Milan  “Les enfants du Silence”
Mémoires d’enfants cachés 1939-1945  Jean-Pierre Guéno Editions Milan 2003)

Je m’appelle Irène ; je suis née à Riga, en Lettonie, d’une mère lettone et d’un père lituanien. D’une famille juive, incontestablement, mais qui ne pratiquait aucune religion. Mon père a décidé de quitter la Lettonie alors que j’avais deux ans pour des raisons économiques. Il avait fait de mauvaises affaires et il a donc décidé de partir pour les Etats-Unis, comme cela se pratiquait beaucoup dans cette région du monde à la fin des années vingt. Ma mère et moi sommes restées à Riga chez une de ses sœurs aînées, dans un milieu de commerçants aisés. Ma mère était d’une famille très bourgeoise.  Mon père était plutôt socialiste. En chemin pour les États-Unis, il a souhaité s’arrêter en France. Il était très admiratif de la culture fran­çaise, du pays des droits de l’homme, qui était pour lui un modèle absolu, politique, économique et culturel. Lorsqu’il est arrivé en France, sa séduction a été complète et il n’a pas souhaité  partir. Il est donc resté là, dans des conditions matérielles difficiles pour quelqu’un qui était d’un milieu assez aisé... Il a travaillé très durement. Il a même eu un accident en tirant une voiture à bras : il n’a vraiment reculé devant aucun type de travail pour pouvoir rester en France, et ma mère et moi sommes venues le rejoindre avec une année de décalage. C’était en 1930. Je n’avais pas tout à fait quatre ans lorsque je suis arrivée à Paris. J’y ai eu une vie de fille unique, incroyablement gâtée. Je pense qu’ils ne s’entendaient pas très bien à l’époque, mais j’étais incontestablement le lien auquel il tenaient autant l’un que l’autre. Et bien qu’ils aient eu, à ce moment-là, une vie matérielle très difficile, je ne m’en suis jamais rendue compte : j’ai été gâtée, pourrie, avec le peu qu’ils avaient. Lorsque j’avais huit ans, avant guerre, mes petites camarades allaient au catéchisme, faisaient leur communion : leurs habitudes me fascinaient parce qu’elles avaient des cadeaux, et qu’elles portaient de belles robes blanches... Un dimanche après-midi, je suis sortie de la maison et je suis partie avec mes camarades à l’église, pas très loin de chez nous. Mon père est sorti, a voulu savoir où j’étais, et quelqu’un lui a raconté qu’on m’avait vue partir avec d’autres enfants vers l’église. Il est venu m’y chercher. Je le vois encore me faire sortir avec des religieuses, des prêtres qui râlaient, et les faisant taire, me dire à la sortie : “Tu vois, dedans il fait noir, c’est moche, ça n’a aucun intérêt. Dehors il fait beau, il y a du soleil. On va aller se promener, on va aller au bois. Maintenant si un jour tu éprouves un besoin religieux, ce qui, à mon avis, n’a pas de sens - disait-il - mais ça peut t’arriver, alors tu as une religion qui vaut largement celle des autres, et en aucun cas on en  change”.

Cette ré­ponse est restée très profondément ancrée en moi.  La guerre est arrivée. Mon père s’est engagé, et puis il est revenu. Ma mère continuait à avoir une très grande admiration pour l’Allemagne et pour sa culture ; il ne s’agissait pas du Nazisme, bien sûr : mais j’entends encore des conversations un peu vives entre eux, où ma mère disait : “Oui, mais ils sont korrects” (avec un k), et mon père lui disant : “Tu verras à quel point ils sont corrects!...”. Et puis ça a été la guerre pour tout le monde, et puis est arrivée l’obligation du port de l’étoile jaune pour tous les juifs. Je l’ai d’abord refusée ; j’ai fait un caprice, j’ai râlé, j’ai tempêté. Alors mon père m’a expliqué d’une manière tout à fait claire et sereine que si quelqu’un devait avoir honte, c’était les autres et pas nous ; que cette étoile n’était pas un signe d’infamie ; que la discrimination était monstrueuse en tant que telle, mais que je n’avais pas à en avoir honte ; et puis il m’a dit : “Bon, très bien, nous sommes en juin. Tu ne vas pas porter l’étoile. Tu ne vas pas continuer à aller au lycée. Très bien. Mais qu’est-ce que tu vas faire à la rentrée ?”. Alors ma réaction de gosse, de sale gosse peut-être, a été de vouloir la porter tout de suite, absolument. En juin, je suis donc arrivée au lycée Hélène Boucher avec l’étoile jaune. Je n’étais pas la seule. La directrice a réuni toutes les élèves dans la cour, en disant : “A partir de ce matin, certaines d’entre vous portent un signe distinctif. Je préviens que la première remarque que j’entends à ce propos, ce sera la porte!”. C’était un acte très courageux : elle ne savait pas qui pouvaient être les parents des élèves… Et puis l’année scolaire s’est écoulée. Les mois d’été sont revenus… Nous étions en 1942 ; mes parents m’ont envoyée dans une école de plein air pour les vacances : le Mesnil Marceauceux qui était un peu une annexe de l’école des Roches, où j’ai passé le mois d’août. je devais rentrer pour la rentrée des classes, le 15 septembre. Or le 14 septembre 1942, j’ai reçu un appel téléphonique du père d’une de mes camarades, me disant assez brutalement, et sans le moindre ménagement : “Tes parents ont été arrêtés ce matin. Tu ne rentres pas”. Je fus bien évidemment complètement prise au dépourvu. J’étais à ce moment-là en train de jouer une pièce de théâtre intitulée “La farce du chaudronnier”. je suis remontée dans ma chambre. Je ne sais pas s’il pleuvait, je ne sais pas si je pleurais ; je sais que tout était mouillé. La pluie, les larmes, je n’en sais rien. Ne me voyant pas revenir, l’un des moniteurs a fini par aller voir ce qui se passait ; il est arrivé dans la chambre, m’a trouvée là effectivement éplorée, et sous le choc de l’émotion, je lui ai dit la vérité, alors que je ne portais pas d’étoile… J’avais pour ce garçon le genre de grande admiration qu’une fille peut éprouver à quinze ans pour un garçon de vingt-cinq ou vingt-huit ans ; nous étions peut-être toutes un peu amoureuses de lui… Il m’a répondu : “ Ce n’est pas un événement, c’est un avènement. A partir d’aujourd’hui, sachez que vous êtes seule et que personne ne peut quoi que ce soit pour vous. A vous de choisir. On vous a dit de rester là. Vous pouvez le faire, mais il faut prévenir la direction. Si vous désirez rentrer à Paris, vous ne dites rien à personne, vous cessez de pleurer, et vous vous préparez pour le dîner comme si de rien n’était : vous rentrerez demain avec les autres”. 

J’ai choisi de rentrer : je voulais voir. Voir quoi, je ne savais pas, mais j’avais besoin de juger des choses par moi-même. Le lendemain je suis partie avec le groupe. Je suis arrivée sur le quai de la gare Montparnasse, et là j’ai retrouvé la fille de la personne qui m’avait téléphoné pour me dire de ne pas bouger. Avant d’être arrêté, mon père avait eu le temps de remettre à son père une mallette avec tous les bijoux de ma mère et un peu d’argent. Je l’ai suivie. Je suis arrivée chez ses parents. Ils étaient trois enfants ; ils étaient d’origine grecque.  Mais arrivée chez eux je me suis fait engueuler d’une manière absolument invraisemblable, parce que son père me reprochait d’avoir désobéi - ce qui était vrai - et parce qu’il critiquait la conduite “indigne” qui avait été celle de ma mère lors de son arrestation ; alors que mon père était resté extrêmement digne, ma mère avait pleuré en regardant ma photo et en disant : “Elle est seule au monde”… Je dois dire que je n’ai pas pu supporter que l’on me reproche ce qui avait été la dernière preuve d’amour de ma mère. Je leur ai donc dit que je ne voulais pas les déranger plus longtemps, et que je me proposais de partir. Leur fils m’a raccompagnée jusque chez mes parents. Je me suis retrouvée seule dans l’appartement ; le couvert du petit déjeuner était encore sur la table, indiquant l’heure de la rafle… L’appar­tement était déjà vidé de tout ce qui pouvait être volé ; seuls les gros meubles lourds étaient encore en place... Je pense que les voisins et la concierge avaient dû se charger de récupérer tout ce qui pouvait l’être...  J’ai passé une nuit qu’on ne peut pas dire très agréable, et puis je me suis dit qu’il me fallait quitter les lieux de toute urgence : la police risquait de venir m’y arrêter à tout moment… J’ai donc réuni quelques effets personnels, et récupéré ce qui traînait sur une table de nuit, les alliances de mes parents, quelques bricoles. Et puis je suis partie. 

J’étais seule au monde… J’ai passé toute une semaine en dormant dans les escaliers de service des immeubles, en m’installant dans les toilettes quand j’entendais un bruit. Je ne pouvais même pas m’y asseoir… J’avais un tout petit peu d’argent, mais je n’avais pas de carte d’alimentation, et la seule chose que l’on pouvait acheter sans tickets de rationnement, c’était du raisin. Alors je me suis gavée de raisins… De violentes coliques m’ont contrainte à l’abstinence… Je ne savais pas où aller ; je ne mangeais plus rien ; je me suis mise à errer, et je suis allée voir ceux qui me paraissaient être des relations, ou des amis de mes parents. Leur réponse était toujours la même, qu’ils soient juifs ou qu’ils ne le soient pas. Ils devaient avoir peur. Probablement la peur plus que l’indifférence. Dans le meilleur des cas, ils m’invitaient à venir prendre le thé “un jour ou l’autre”, “pour parler des miens” : jamais aucun d’eux ne m’a posé la seule question vitale pour mon avenir : “Quand as-tu mangé pour la dernière fois ? As-tu faim ? Où dors-tu ce soir?” Au bout du septième jour, après une semaine où je n’avais pratiquement rien mangé, où j’avais dormi n’importe comment et n’importe où, j’en ai eu marre. Je n’en pouvais plus ; j’avais froid, j’avais faim, j’avais sommeil ; il n’y avait plus rien…  Je me suis installée dans un escalier sur un appui de fenêtre, au huitième étage. Et je me suis dit : “Si je saute tout sera fini”. Ce rebord n’était pas large du tout. J’ai regardé le ciel et je me suis dit : “Je ne reverrai jamais le soleil”. Je crois sincèrement que je n’ai rien pensé d’autre. Alors, j’ai donné un coup de rein et je suis tombée du bon côté plutôt que de tomber de l’autre. Je me suis arrêtée là en me disant : “Bon, eh bien, en réalité je ne dois pas avoir envie de sauter, puisque j’ai donné le coup de rein tel que je l’ai donné vers l’intérieur plutôt que vers l’extérieur”. Et j’ai repris mon errance dans les rues, en découvrant ce que l’on ne m’avait jamais appris : que les chaussures pouvaient se salir, que probablement, pour qu’elles soient propres, quelqu’un les nettoyait ; que les vêtements se froissaient… J’avais été élevée de telle manière que je pensais que tout tombait du ciel…   

Mon père m’avait toujours dit qu’il avait de bonnes relations avec un industriel de son domaine avec lequel il envisageait peut-être même éventuellement une association un jour ou l’autre. Il m’avait dit que s’il arrivait quelque chose, que ce soit à l’un ou à l’autre, ils s’entraideraient. Et j’avais bien retenu qu’en cas de besoin je pouvais appeler ce monsieur. Je l’ai fait. J’ai appelé à son bureau ; je me suis présentée. “Ah ! Bonjour, mademoiselle! Comment va Papa ?” je lui répondis: “Ben voilà. Papa n’est plus là, euh...”. Et la réaction de cet homme a été immédiate. “Ah! Merde ! Mais qu’est-ce qui s’est passé à l’usine?”. “Ecoutez, je n’en sais rien, je sais pas du tout”. “Bon, écoute, viens. Arrive”. Le ton avait changé. Il n’y avait plus de “Mademoiselle”, il n’y avait plus de “vous”, il n’y avait plus rien. Mais c’était aussi certainement la réaction d’un homme à la fois surpris, choqué, peut-être attristé. Je suis allée à son bureau. Et là, tout de suite, il m’a dit : “Mais, il y a des marchandises de grande valeur dans l’usine de ton père ; sais-tu s’il y a les scellés?”. Je n’en savais rien. Il m’a donné rendez-vous à Aubervilliers, devant la porte de l’usine ; il voulait “récupérer des choses” mais voulait faire sauter les scellés en ma présence… J’y suis allée seule et à pied. J’avais toujours le ventre vide.  Ils étaient deux. Lui et un autre homme. Ils ont fait sauter les scellés, ils ont ramassé la marchandise. Le dénommé Marchal est remonté dans sa voiture et il est reparti, en me laissant là. Et l’autre homme, m’a offert un Viandox, le genre de boisson que l’on trouvait dans les bistros à l’époque. Il y avait une femme qui circulait en vendant des fleurs dans un petit panier : il m’a offert une rose, en me disant : “C’est peut-être le seul geste gratuit qui vous sera proposé. Je suis content de vous l’offrir”. Et puis il est reparti. Je me suis retrouvée à nouveau très seule…  J’ai alors eu l’idée d’aller voir la directrice du Lycée Hélène Boucher. Je lui ai avoué toutes mes misères. Elle m’a dit alors “ il faut que nous rappelions ce Monsieur Marchal”. Ce qu’elle a fait… Il y a eu une rencontre entre elle, ce monsieur et moi, où la question s’est posée de savoir ce que je voulais faire. Je voulais reprendre mes études, revenir en classe... Mais pour ça il fallait bien que je loge quelque part. Elle a donc trouvé une pension de famille, à Saint-Mandé, où il a été convenu que je suivrai des règles très strictes, toujours par souci de bienséance pour une jeune fille de bonne famille, que j’irais aux cours, que je rentrerai à heures fixes et que je ne recevrai personne... Ce qui fut fait. J’y ai vécu une semaine de grande quiétude et de bonheur physique : les personnes qui étaient dans cette pension me paraissaient très âgées, et très gentilles. Elles se rendaient compte que je devais mourir de faim, et me donnaient leur dessert… Et puis j’avais le plaisir de dormir à nouveau dans un vrai lit, un lit avec des draps propres… Pendant mon errance, lorsque je croisais des ouvriers en bleu de travail dans le métro je me souviens les avoir regardés avec une envie extraordinaire en me disant : “Bon, ils ont l’air de pauvres gens, mais ils ont un lit, ils ont quelque part où entrer”, ce qui me paraissait le comble du bonheur. Au bout d’une semaine, la directrice du Lycée est revenue pleine de bonnes intentions bavarder avec le patron de la pension de famille. Quelque chose dans ses propos a dû éveiller sa méfiance et il lui a dit : “Mais attendez... Elle ne serait pas juive, par hasard?”. La réponse de ma Directrice n’a pas dû être satisfaisante ; l’homme a dit : “Ah ! Non ! Moi, je ne prends pas le risque, je ne la garde pas”. Il y avait par ailleurs un de mes professeurs, un prof de mathématiques, qui m’avait vue patiner au Palais de Glace, et qui avait dit : “Mais c’est quand même extraordinaire. C’est quand même pas des gens comme les autres. Pour que dans cette situation elle aille patiner, et probablement gaiement, il faut bien qu’ils soient différents des autres”. Le dénommé Marchal, qui avait très largement de quoi subvenir à mes besoins, avec ce qu’il avait récupéré, finit par me trouver une pension religieuse, à Fontenay-sous-Bois. Ça s’est mal passé parce que je ne supportais pas l’enfermement. Je ne supportais pas cette ambiance rythmée en permanence par la prière : au petit déjeuner, au déjeuner, au goûter, au dîner, avant le coucher… J’ai suivi les cours d’instruction religieuse, en m’en moquant. Lorsque j’ai communié pour la première fois, je me souviens m’être dit : “Mon Dieu, de deux choses l’une : ou bien vous n’existez pas et ça n’a vraiment aucune espèce d’importance, ou bien vous existez et reconnaissez que je n’ai vraiment pas le choix”.

Je ne supportais absolument pas le mercredi soir, puisqu’à l’époque le jour de congé était le jeudi, ni le samedi soir, parce que la plupart de mes compagnes de classe qui étaient là, étaient des enfants de parents séparés, et donc elles partaient le mercredi soir pour aller tantôt chez leur père, tantôt chez leur mère, et là, je me retrouvais seule. Bien que le prix de la pension fût le double de celui des autres élèves, mon lit se repliait sur moi la nuit. Mais c’était quand même un lit… Mais, très vite, le mercredi soir, je n’ai pas supporté de rester seule. Alors j’ai commencé à faire le mur. Une fois, deux fois. La troisième fois, on m’a expliqué que ce n’était pas la peine que je fasse le mur, que de toute manière il y avait une porte, que ça m’éviterait de déchirer mes vêtements et que je n’avais qu’à sortir. A partir de ce jour là, j’ai passé le plus clair de mon temps libre jusqu’à la Libération à partir chercher des planques pour d’autres Juifs. J’avais fait la connaissance d’une concierge, du côté de la Porte Dorée. C’était une brave femme, qui faisait un peu de marché noir ; elle m’envoyait porter du beurre à gauche, à droite ; elle m’utilisait comme elle pouvait. Elle était de la Charente, et elle est partie finalement y faire son retour à la terre. Elle s’était installée du côté de Biniac, où il y avait un certain nombre de fermes qui étaient assez désireuses d’accepter des ouvriers agricoles gratuits ; j’allais par ailleurs chercher les cartes d’alimentation d’anciens amis de mes parents ; ils prenaient ainsi le risque de me faire arrêter à leur place ! L’être humain est ce qu’il est, qu’il soit juif ou qu’il ne le soit pas. Je n’étais pas rancunière et j’ai fini par leur trouver une ferme d’accueil dans la même région. Ils avaient besoin de sécurité matérielle ; ils savaient que mon protecteur avait du répondant… Ils ont donc beaucoup insisté auprès de Marchal pour lui expliquer qu’il n’était pas prudent du tout de laisser une adolescente de mon âge dans un Paris qui allait probablement être l’objet d’événements importants, et que je serais beaucoup mieux à la campagne.

J’ai résisté autant que j’ai pu, parce que je n’avais aucune envie de partir à la campagne, aucune envie de partir avec eux. Et puis j’ai fini par être contrainte de le faire. Je n’avais pas le choix. Je suis probablement partie avec un des derniers trains qui ait quitté Paris, fin juin 44, et j’y suis revenue après la Libération de Paris. J’ai passé mon bac à la session d’hiver puisque je ne pouvais pas le passer, n’ayant pas de papiers, à la session normale. Et puis j’ai cherché à trouver un travail, parce que je n’avais pas d’autre moyen pour vivre, étant donné que ledit Marchal m’avait fait signer un papier pour solde de tout compte en me disant qu’il avait dépensé tout ce qui me revenait. Ce n’était probablement pas tout à fait vrai… Les gens que je connaissais étaient très fiers de moi, parce qu’il paraît que j’avais fait de la “Résistance” en permettant à d’autres juifs de se cacher à la campagne. La plupart ne m’avaient pas beaucoup aidée. Aucun d’entre eux ne m’a jamais invitée ni à dîner ni à quoi que ce soit. Mais d’un autre côté personne ne m’avait dénoncée ; je n’avais donc pas trop à me plaindre… Dans les temps qui ont suivi la libération, comme tout le monde, j’ai passé des jours et des soirées à l’hôtel Lutétia pour voir si quelqu’un revenait. Et personne n’est revenu. Mais ça, je pense que c’est notre sort, notre lot, à beaucoup d’entre nous. J’ai travaillé, j’ai repris des études en travaillant. Vingt-cinq ans après j’ai fait une thérapie où j’ai enfin compris que je n’étais pas vraiment coupable de la mort de mes parents ou en tout cas de ne pas être morte avec eux, et où la seule chose que je pouvais faire pour eux était peut-être d’être heureuse. C’est probablement ce qu’ils auraient souhaité, alors qu’en fait, pendant les vingt-cinq premières années je me suis niée. J’ai beaucoup travaillé, j’ai réussi une carrière honnête. J’ai eu deux fils. Je me suis mariée pour me punir. J’ai fini par divorcer. Tout ça, je pense que c’était : “Je n’existe pas et je suis coupable”. De quoi ? De leur mort, bien sûr. Après tout, s’ils m’avaient abandonnée c’est qu’ils auraient été mauvais. Comme ils ne pouvaient pas être mauvais, ils ne m’avaient pas abandonnée, c’est moi qui était coupable. J’ai mis vingt-cinq ans à me sortir de ça. Je crois que j’en suis sortie. Mon fils cadet, à sa majorité, a fait des démarches sans fin pour reprendre le nom de mes parents. Je pense que la boucle est bouclée.  
Irène © 2003 Milan

Résumé des interdictions faites aux juifs
Exclusion : de la nationalité française, de l’armée, de la fonction publique, de la presse, des activités culturelles, des professions libérales.
Confiscation : des entreprises juives, des automobiles, des bicyclettes, des postes de radio.
Interdiction : de changer de domicile, de quitter son logement entre 20H et 6H du matin, de prendre le métro à l’exception du dernier wagon. 
Obligation : de porter l’étoile jaune dès l’âge de 6 ans en zone occupée (Juin 42).
Interdiction de fréquenter : les restaurants, les cafés, les cinémas, les salles de concert, les marchés, les foires, les piscines, les bains douches municipaux, les terrains de sport, les champs de courses, les musées, les bibliothèques, les cabines téléphoniques, les magasins sauf entre 15 et 16H, les hôpitaux. 

Les Rafles
14 mai / 20/25 Août / 12 décembre 1941 : 3 grandes rafles successives débouchent sur l’arrestation et l’internement de 8700 juifs étrangers en Zone occupée par la police fran­çaise.
20/21 août 1941 : Création du camp de Drancy
16 / 17 juillet 1942 : rafle du Vel’ d’Hiv’ à Paris : plus de 13000 juifs sont arrêtés par 4500 policiers français : 4000 adultes et plus de 4000 enfants sont internés au Vélodrome d’Hiver, 5000 couples et célibataires à Drancy.
19 juillet 1942 : les premiers déportés français sont gazés à Auschwitz.
Août 1942 : les autorités françaises reçoivent l’autorisation de laisser déporter les 4135 enfants de Drancy. Parmi eux, 2000 enfants ont moins de 6 ans.
26 / 28 Août 1942 : premières grandes rafles de juifs en zone non occupée. 10000 juifs “apatrides” de la zone libre sont livrés par Vichy à la Gestapo pour être “déportés vers l’est”.
Décembre 1942 : près de 42000 personnes ont été déportées depuis la France en l’espace de 6 mois.
Février à Décembre 1943 : 17000 déportés depuis Drancy.
Janvier à Août 1944 : 14800 déportés depuis Drancy. 2 juillet 1943 : Drancy passe sous administration allemande.
Eté 1945 : Retour de 2500 survivants sur 76000 juifs déportés, dont 11000 enfants… 

Association des Enfants cachés 
17 rue Geoffroy L’asnier - 75004 Paris 
Tel/Fax : 01 42 78 60 30
Permanence : mardi 14 h 30 – 17 h 

Bibliographie - Filmographie
Paroles d’Etoiles Mémoires d’enfants cachés 1939-1945 Editions Librio 2002.
Paroles d’Etoiles L’album des enfants cachés 1939-1945 Editions des Arènes 2002.
Les enfants du silence Mémoires d’enfants cachés Editions Milan Jean-Pierre Guéno 2003.
Paroles d’Etoiles  CD Gallimard Collection Ecouter lire 2003.
“Paroles d’Etoiles / Le temps n’efface rien / Le réseau Marcel” DVD Nouveau Monde Editions (Thomas Gilou / Jean-Pierre Guéno / Jacqueline Sigar) 2005. 

Opération étoile jaune
Maurice Rajsfus 
Le 16 juillet 1942 au petit matin, Maurice Rajsfus, sa sœur et ses parents sont raflés à Vincennes par la police française. Parqués avec d’autres juifs dans un pavillon de banlieue, les deux enfants qui ont plus de 14 ans sont libérés, mais leurs parents sont rapidement envoyés, avec une centaine de Vincennois arrêtés en même temps qu’eux, au Vel d’Hiv ou à Drancy puis à Auschwitz, dont ils ne reviendront jamais.  Maurice Rajsfus historien est l’auteur de nombreux livres parmi lesquels “La Police de Vichy. Les Forces de l’ordre françaises au service de la gestapo 1940/1944” (Le Cherche Midi, 1995), “Drancy, un camp de concentration très ordinaire 1941-1944”, (le Cherche Midi éditeur, 1996), et  “Opération étoile jaune” (le Cherche Midi éditeur, 2002.)  

“Avez-vous jamais porté une étoile jaune sur la poitrine ? Une grande étoile, aussi large que la main, s’étalant bien en vue à la hauteur du cœur. Prenez donc un morceau de tissu - jaune de préférence - ou de papier de même couleur et découpez une étoile à six branches, bien bordée de noir surtout, pouvant s’inscrire dans un cercle de dix centimètres de diamètre. Vous y êtes ? Alors, découpez et épinglez cet insigne particulièrement voyant sur votre veste. Préparez-en quelques autres pour votre manteau ou votre blouse, voire le gilet que vous portez en demi-saison. Contemplez- vous dans une glace pour juger de l’effet. Vous êtes prêt? Bien. Imaginez maintenant que vous allez devoir sortir dans la rue, ainsi désigné, et qu’il ne peut en être autrement faute de devoir plonger dans une clandestinité hasardeuse dans un pays qui est loin d’être solidaire et dont les habitants, s’ils ne sont pas collaborateurs, sont pour le moins attentistes. Qu’allez- vous faire ?”    
Maurice Rajsfus,   
Opération Etoile Jaune © Le Cherche Midi
  

“Ce 16 juillet 1942, il y a eu 7 000 assassins en uniforme. Tous Français. Tous glorieux. Tous ignobles. Intermédiaires de la Gestapo, drapés dans le respect de la légalité et confortés dans leur haine de l’étranger, ces représentants qualifiés de la répression préparaient, à l’aube naissante d’un matin d’été, ce génocide dont ils portent à mes yeux la plus grande part de responsabilité pour la France. Bien plus que les nazis!”    Maurice Rajsfus,   Opération Etoile Jaune © Le Cherche Midi “Il faut se situer dans cette ambiance pour bien comprendre ce que représentait ce geste de ma mère qui nous mettait pratiquement dehors ma sœur et moi. Lorsque l’on arrache un enfant à sa mère, il n’y a rien de plus horrible - décider soi-même de la séparation, couper les amarres avant que la tempête ne soit encore plus violente. C’est cette perception du danger, inexpliquée, que l’on peut identifier comme étant de l’instinct à l’état pur, qui nous sauva la vie à ma sœur et à moi.”   
Maurice Rajsfus   
Opération Etoile Jaune © Le Cherche Midi
  

“Ce 16 juillet 1942 a fait de nous des orphelins à perpétuité. N’avoir pas vu vieillir nos parents a dû bloquer notre propre vieillissement. Très tôt, il nous a fallu apprendre à vivre sans le recours au père ou à la mère mais cette prise de responsabilité prématurée, qui aurait dû nous endurcir, a produit un tout autre résultat. Peut-être sommes-nous devenus de vieux enfants, un peu à l’image de ces nains parcheminés par l’âge mais que l’on a toujours tendance à considérer comme des adolescents. Il m’arrive parfois de rencontrer certains de ces enfants attardés et leur comportement - toute chose étant égale - correspond relativement à celui de leur environnement. Tout cela n’a rien que de très naturel mais il reste que tous ont conservé dans le regard cette apparence de jeunesse, ce sourire fatigué qui n’appartient qu’à ceux qui ont côtoyé les envoyés de l’enfer. Pour ces enfants perdus, livrés à l’inconnu sans que la société s’en occupe véritablement, l’enfer c’était Hitler et les nazis, c’était surtout la flicaille française, c’étaient l’indifférence et la froideur de la population, c’était la maison vide, c’était la peur du lendemain. C’était la hantise de la fin de la guerre et il fallait absolument survivre jusqu’à cette échéance, être là pour le retour des parents dont nous ignorions encore qu’ils étaient déjà partis en fumée.  Dès lors que nous avions été précipités hors de notre milieu naturel, écartés de nos parents, livrés à l’incertitude, au froid et à la faim, que pouvions-nous avoir désormais en commun avec les autres enfants de notre âge ? Plus tard, lorsque le temps fut venu de nous installer dans la vie, il y avait toujours ce vide et nos enfants n’auraient pas de grands-parents. Ils ne connaîtraient pas ces vieux juifs polonais, devenus Français par habi­tude, attendrissants avec leur accent venu de loin et qui les auraient tellement aimés. Nos enfants aussi seraient sans doute traumatisés par cette absence, ces racines coupées au ras de leur propre mémoire...”   
Maurice Rajsfus   
Opération Etoile Jaune © Le Cherche Midi  


DISCOGRAPHIE
Entretien d’Irène Savignon avec Pascal Delannoy :
1. Présentation de l’histoire d’Irène
2. Arrestation des parents d’Irène 
3. La vie doit continuer...
4. Pension et vie scolaire
5. Déportation et extermination
6. Débarquement, libération et espoir
7. La culpabilité - à la recherche d’un bonheur
8. le bilan : plus jamais cela... 
9. le souvenir des enfants cachés.   Entretien de Maurice Rajsfus avec Pascal Delannoy :
10. Les autorités françaises et les arrestations
11. Mécanisme de la décision politique
12. Retour des déportés - culpabilité
13. Livre d’histoire commun entre écoliers français et allemands. 

Ecouter MA GRAND MERE EST UNE ETOILE par IRENE SAVIGNON/MAURICE RAJSFUS ET PASCAL DELANNOY (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.

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