Fremeaux.com
NORDESTE CONTEMPORAIN
NORTH-EAST BRAZILIAN MUSIC
1997-2004 


César do Acordeon - Bando de Macambira  - Trio Sabiá - Luiz Carlos Bahia - Comadre Florzinha - Antonio Barros - Mafuá - Carmélia Alves - Gereba - Marcos Roberto Lima - Belchior - Anastácia - Dominguinhos - Dadá Moreira - Xangai 



À PROPOS DU LABEL CPC UMES
 
Depuis la fin des années 1950, dès qu’elle a commencé à s’insérer dans la modernité, la production phonographique brésilienne a souffert d’un problème systémique : le manque de moyens de financement pour les enregistrements à vocation culturelle. Dès cette époque, les entreprises discographiques existantes, peu d’entre elles étant nationales d’ailleurs, ne cherchaient qu’à répondre au goût du marché de masse qui commençait alors à se former, sans donner une quelconque attention à la mémoire musicale du pays et à son extraordinaire patrimoine sonore. Comme par ailleurs il n’y avait pas de politiques gouvernementales de subventions à la Culture, il ne restait aux producteurs indépendants, qui commencèrent à apparaître dans le pays, que le chemin du mécénat personnel. C’est ainsi que le pionnier Irineu Garcia a fondé le label “Festa” au début des années 1960, en publiant des LP de quelques uns des meilleurs chanteurs / poètes. A la même époque, le pro­ducteur Aloysio de Oliveira lançait de label Elenco, pour l’essentiel dédié à la promotion de la bossa nova, un style musical en émergence mais en ayant la possibilité de s’appuyer sur la distribution de la maison Philips.  Ces quelques initiatives en recherche d’excellence musicale (comme celle du producteur Roberto Quartim) ne réussirent pas à survivre longtemps, toujours pour les mêmes raisons : le manque de support financier. Dans les années 1970, quand le Brésil commençait à occuper le 6° rang du marché mondial du disque, de nouveaux projets phonographiques tournés vers la culture allaient apparaître, et parmi eux, celui du label Discos Marcus Pereira, qui fut réellement la première entreprise phonographique entièrement dévolue à l’histoire et à la préservation de la Musi­que et de la Culture Populaire Brésilienne. Toutefois, ne souffrant pas seulement des persécutions de la dictature militaire installée dans le pays (pour qui les choses du peuple se devaient d’être réprimées, pour être nécessairement suspectes), mais aussi acculées aux difficultés imposées par un système économique effectivement anti-culturel et obscurantiste, la maison Discos Marcus Pereira s’est éteinte en 1981, avec le suicide de son fondateur. A cette époque, j’occupais la direction artistique de cette entreprise et je me souviens d’avoir dit à Marcus Pereira, peu avant sa mort : “Comme ni le gouvernement ni le marché nous soutiennent, il ne nous reste que la possibilité de solliciter des moyens auprès des organisations de la société civile”.

Il fallut quinze ans pour que cela puisse voir le jour. En 1996, une commission de lycéens de la ville de São Paulo m’a offert de diriger un projet phonographique du Centro Popular da Cultura (CPC) créé en commun avec l’Uniao Metropolitana de Estudantes Secundaristas (UMES). Je leur ai alors proposé de reprendre, au sein de leur label, le projet culturel que je réalisais auparavant pour la défunte maison Discos Marcus Pereira. Au début, j’ai hésité, me méfiant de la jeunesse de mes interlocuteurs et je craignais aussi que ces étudiants désirent reproduire l’idéal des anciens centres de culture populaire qui ont existé au Brésil jusqu’en 1964. Avec une étonnante maturité, ces jeunes ont démontré avoir conscience qu’ils ne pouvaient pas rééditer le passé et que l’adoption du sigle CPC ne constituait qu’un hommage aux intellectuels et artistes brésiliens qui avaient lutté contre le Coup d’Etat des militaires. En plus de l’émotion que j’ai ressentie alors, leur affirmation me fit penser que même en temps de mondialisation et d’internet, les questions concernant la culture populaire et nationale continuent à être posées quoique arrimées à d’autres paramètres. Avant d’accepter le challenge qu’ils me soumettaient, j’ai imposé trois conditions : avoir pleine autonomie quant au travail culturel, ne pas être lié aux injonctions politiques ou corporatives, pouvoir structurer le label selon un modèle d’entreprise et une démar­che professionnelle afin d’être compétitif sur le marché national. Ils n’ont même pas discuté et ont accepté ces conditions.

Aujourd’hui, après douze ans d’existence, la maison CPC UMES occupe une place de choix dans le panorama phonographique en possédant un catalogue d’à peu près 120 disques de grand niveau culturel et qui, de plus, ne cesse de s’enrichir. Et plusieurs des principaux noms de la musique brésilienne intègrent le casting de notre Maison. Apprécié par la critique spécialisée, notre label peut se glorifier d’avoir obtenu quelques uns des principaux prix et distinctions décernés à la production musicale nationale. Tout cela confirme que notre option de rechercher des partenariats au sein de la société civile pour la production culturelle, de forme indépendante et souveraine face aux injonctions des médias et du marché de masse, était juste. Pour le développement de nos activités, nous pouvons nous appuyer sur des ressources qui nous sont attribuées par l’entité estudiantine UMES, qui fédére plus de 800 000 adhérents dans la ville de São Paulo. Cela nous permet de travailler sans faire de concessions de n’importe quel ordre, en ayant comme seule priorité la qualité et l’excellence artistique, dans un vaste éventail qui va de la musique folklorique à la musique d’avant-garde, des maîtres du passé aux inventeurs du futur, du populaire à l’érudit, du rural à l’urbain, du régional à l’universel, du moderne à l’éternel, avec toutes les gradations qui sont possibles. Dans un pays de dimension continentale comme est le Brésil, la maison CPC UMES assume la propre distribution de ses produits. Elle le fait sciemment car l’occupation du marché et la recher­che de l’auto suffisance sont les grands enjeux auxquels artistes et producteurs culturels indépendants doivent répondre pour échapper à la condition périphérique. Tout le travail de notre label est enrichi par d’autres initiatives culturelles également subventionnées par les étudiants de São Paulo. En effet, en plus de la musique, le CPC possède un théâtre, un corps de ballet, une production cinématographique, une entreprise éditoriale, une agence de production de manifestations musicales et théâtrales.  Nous allons maintenant partager tout ceci avec Frémeaux et Associés, nos nouveaux partenaires et amis. Cela nous rend fier de pouvoir partager son histoire, c’est un honneur et un bonheur d’être partie intégrante de son histoire . Marcus Vinicius de Andrade 

LE NORDESTE CONTEMPORAIN
Le Nordeste occupe une immense partie du territoire brésilien. La région qui court du littoral Atlantique jusqu’à l’intérieur des terres de l’ouest, couvre 9 Etats de la République fédérale du Brésil : Maranhão, Piauí, Ceará, Rio Grande do Norte, Paraíba, Pernambuco, Alagoas, Sergipe et Bahia. L’immensité du Nordeste abritait, au début du XXe siècle, jusqu’à 80 % de la population brésilienne mais les sécheresses périodiques de la région, l’expansion industrielle du Sud-Est et le transfert de la Capitale du Brésil pour la région Centre-Ouest, à partir de 1930, ont favorisé de grands flux migratoires vers les métropoles des centres industriels du Sud du Brésil. Les nordestins y voyaient la promesse d’une vie meilleure.  

La musique populaire du Nordeste
La géographie, l’histoire, l’économie et la sociologie des migrations ont au fil des siècles forgé l’identité du Nordeste brésilien. Elle est aussi lisible dans la musique populaire de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle. Les musiques du Nordeste d’aujourd’hui, celles qui sont véhiculées par le disque, la radio et la télé, portent les mêmes valeurs qui ont forgé l’identité du Nordeste brésilien. Les us et coutumes, les traditions, les divertissements, les contes et légendes, la poésie et les inquiétudes du peuple sont présentes dans le vaste éventail du chant de l’homme nordestin. Dans ce contexte, la musique du Nordeste est unique et immédia­tement identifiable et s’oppose largement à celles du Brésil du Sud.  Les musiques qui font partie de cette anthologie viennent du catalogue de l’éditeur musical CPC UMES de São Paulo, un label indépendant qui ne se laisse aller à aucune concession. Le choix musical que nous avons réalisé porte uniquement sur la musique du Nordeste d’aujourd’hui.    

Violeiros et Cantadores
La poésie populaire, dite ou chantée, traditionnelle ou improvisée, dans son souffle personnel, est une constante du Nordeste d’hier et d’aujourd’hui. L’héritage des “Violeiros et Cantadores” qui chantaient l’histoire des déshérités de la sécheresse, l’épopée du cangaço, et le fanatisme  religieux, toute cette culture folklorique et populaire fut et est aujourd’hui encore, source d’inspiration pour les artistes qui trou­veront le chemin de l’industrie du disque.  

Les origines du Forró
Dans le calendrier des manifestations populaires du Nordeste, l’une se détache comme la plus typique : les “festas juninas” (les fêtes du mois de juin), commémorées traditionnellement dans toute la région. Lors de la fête de la Saint-Jean, le 24 juin, de celle de Saint-Antoine le 13, et de celle de Saint Pierre, le 29, des feux sont allumés autour desquels on mange des agapes de la région, on danse la quadrilla, et l’arrasta-pé (danse en couple) portées toujours par un trio comprenant Sanfona, triangle et zabumba. Ce sont ces bals populaires, appelés aussi de “forróbodó”, qui sont à l’origine du mot forró. Le forró, qui regroupe aujourd’hui divers genres comme le baião, le samba de coco, le xote ou le xaxado, est devenu l’appel­lation générique d’un style musical qui ne manque pas de noblesse. Fête paillarde où le peuple danse toute la nuit avec énergie, le forró est l’asso­ciation d’une force gaillarde rurale mâtinée de verve citadine. Le forró est une musique qui parle. De sueur, de bonheur, d’amour. Ses compositeurs, musiciens et chanteurs doivent savoir exprimer une poésie simple mais profondément humaine comme le firent Luiz Gonzaga ou Jackson do Pandeiro C’est avec eux que le terme même de forró a dépassé sa défi­nition première de “bal” pour recouvrir  plus largement la nomination d’un genre musical spécifique marquée par une instrumentation bien définie. La diffusion du genre forró, dans tout le Brésil est intrinsèquement liée à la migration initiée dans  les années 30, vers ces grandes centres urbains. 

L’héritage des grands
S’il y a un roi dans la musique nordestine, c’est bien Luiz Gonzaga, qui s’est vu décerner ce titre, on ne sait pas bien par qui mais sans que cela soit remis en cause par personne. Ce qui est vrai, c’est que Luiz Gonzaga a régné sans partage de 1945 à 1984, date à laquelle il se retire, sur le monde musical nordestin. Il avait amplifié un petit trait musical - intitulé “rojão” ou “baião” - utilisé dans l’intervalle entre deux strophes exécutées à la guitare par les “Cantadores”  pour en faire naître un genre à part entière : le baião. Il trouve la voie du succès en 1946 lorsqu’il met au point cette formule du baião et qu’il chante en 1947 Asa Branca, une chanson devenue en un instant une espèce d’hymne national nordestin tant elle résume la fatalité migratoire de cette contrée. On imagine mal en Europe ce que peut être la dimension symbolique de Luiz Gonzaga et il était déjà à son époque une véritable institution. En scène, il avait une présence inouïe et son répertoire est de haute tenue.  Comme accordéoniste, Gonzaga a su valoriser le rythme de l’instrument avec sa main gauche et il a rendu possible la création d’une des for­mations plus économiques et efficaces qui soit dans notre musique populaire : le trio Zabumba­-accordéon-triangle. Le zabumba, tambour de sonorité grave, donne la marcation, le triangle, aigu, fait des coupures percussives, et, entre les deux, l’accordéon assure le centre rythmique et harmonique. Il n’y a rien de plus simple et de plus efficace.   Jackson do Pandeiro, de son côté, a créé un style de chant unique en divisant le phrasé pour créer une forme complètement inusuelle pour l’époque. Il fut sans conteste un des artistes les plus inventifs et originaux que le Nordeste ait produit et il a influencé et influence encore, toute une génération de chanteurs, comme Gilberto Gil, Lenine et Gal Costa... Jackson (José Gomes Filho ; 1919-1982) est né dans l’état de Paraiba et il a grandi en écoutant le rythme syncopé du coco qui était, selon lui, à la base de toute la création musicale du Nordeste.  
Teca Calazans 

À propos de ce disque
Baião (Luiz Gonzaga) /Um abraço no Pratinha (César do Acordeon) / Pé de serra (Luiz Gonzaga) / Dúvida (Luiz Gonzaga / Domingos Ramos) / Pot pourri de Zé Marcolino : Matuto aperriado, Cacimba Nova, Pássaro Carão, Caboclo Nordestino, Pedido à São João
Spécialiste de la musique du Nordeste et du genre forró, César do Acordeon rend ici hommage à Luiz Gonzaga. Du classique Baião, en passant par Pé de Serra, un instrumental plein de gaîté, il interprète aussi un pot-pourri de José Marcolino, dit Zé Marcolino, pernam­bucain de Serra Talhada, qui fut à partir des années 1960 un des partenaires de Gonzaga. Le pot-pourri est chanté par Dadá Moreira. La valse Dúvida est une des premières compositions de Gonzaga bien avant qu’il ne s’adonne au genre baião. Elle est chantée, ici, par Belchior, qui vient de cette vague de compo­siteurs interprètes appelées : la bande du Ceará qui inclut Fagner et Ednardo entre autres. Il fut reconnu dans tout le Brésil lorsque la chanteuse Elis Regina a chanté “Velas do Mucuripe” (Belchior / Fagner).  

Vazanteiro /Cariri /Gorgeio /Viajante do Norte /Forró da Latada / Zé da Chica.  
Ces chansons ont toutes été composées par Seu Chico, (Francisco Pereira Lima), le patriarche de cette famille musicale du sertão : Le Bando de Macambira (L’ensemble de Macambira). Macambira, c’est une plante de la zone du “sertão” qui résiste à la dureté de la sécheresse. Elle illustre bien cet ensemble composé de cinq musiciens et chanteurs, tous originaires de la ville de Crato dans l’état du Ceará. Musiciens inspirés et parfaits dans l’exécution de la Musique Populaire Brésilienne, ils lui donnent un accent particulier emprunté au genre choro.  

Ai que saudade d’ocê (Vital Farias) / Açucar no café (Antonio Barros) / No balanço da canoa (Toinho de Alagoas) / Forró de Domingo (Jorge de Altinho) / Chororô (Gilberto Gil), Eu só quero um xodó (Dominguinhos et Anas­tácia).
Le Trio Sabiá. Ce trio est né à São Paulo, à la fin des années 80, dans la légendaire “Maison de Forró de Pedro Sertanejo”, parce qu’elle appartenait à Pedro Sertanejo, le père d’Osvaldinho do Accordéon. Ce fut le chanteur bahianais João Davi Cruz qui a eu l’idée de monter ce Trio, pour se présenter justement à ce “Forró” de Pedro Sertanejo. Ce trio  comprend João Oliveira appelé Tio Joca, frère de Pedro Sertanejo et un autre bahianais, José Miranda de Lima, dit Roxinho. C’est la maison de disque Arca qui a choisi le nom de Trio Sabiá lorsque les trois garçons ont commencé à jouer l’authentique forró Pé de Serra. Aujour­d’hui, le trio continue avec une nouvelle formation comprenant José Aluízio, Zito et Tio Joca et il a enregistré de nombreux disques. Ce trio, un des plus importants groupes de musique nordestine du pays, assure son crédit auprès de la jeunesse universitaire en jouant toujours le forró pé de serra dans de nouvelles maisons du genre à São Paulo. Eu só quero um xodó, grand succès de Anastacia et Dominguinhos, compte avec la participation de l’accordéoniste Dominguinhos. Ai que saudade d’ocê, c’est un grand succès du chanteur et compositeur Vital Farias, né dans l’état de Paraiba. La chanson fut lancée en 1982 dans son deuxième LP “Sagas Brasileiras”.  

Gamboa /Sossego da vila /As Curvas do Vaza Barris /A historia fara sua homenagem.
Ces quatre titres sont composés par Winston Geraldo Barreto, dit Gereba, en hommage au centenaire de la célèbre ville du sertão de Bahia, “Canudos”, qui fut fondée en 1893 par le mystique révolutionnaire Antonio Conselheiro. Canudos fut détruite, après une guerre sanglante, sur ordre du gouvernement fédéral avec l’appui de l’église et des élites foncières, en 1897. Gereba qui est né à Monte Santo dans l’Etat de Bahia est auteur, compositeur et chanteur. Les paroles de A historia fara sua homenagem sont du célèbre poète repentista Ivanildo Vilanova qui à écrit le poème en décasyllabes pour raconter l’épopée de Canudos. Gamboa, Sossego da vila, As Curvas do Vasa Barris, sont des titres instrumentaux qui expriment bien le climat du sertão bahianais.  

Viajando com Xangai /Madeira de Dá
de Luiz Carlos Bahia, deux chansons de ce poète bahianais, qui chante et raconte la nostalgie de la vie du sertão. Dans, Viajando com Xangai, il compte sur la participation et la complicité d’un autre bahianais très connu, le compositeur et chanteur Xangai.   

Arauna / Rosira di / Pirulito (D.P. adaptation V. Moraes) /Maré (D.P. adaptation Mestre Pitiguari) / Grande Poder (Mestre Verdinho) /Angicos (Chico Science / Lucio Maia),
Toutes ces chansons sont interprétées par le groupe Comadre Florzinha.  Comadre Florzinha – D’après l’historien et folkloriste Camara Cascudo, “Comadre Florzinha” est une entité de la mythologie du Nordeste brésilien, une fantastique et mys­térieuse femme, avec des longs cheveux roux, qui vit dans la forêt, toujours prête à protéger la faune et la flore contre les assauts des prédateurs de la nature. Comme “Curupira” (jeune homme de la forêt qui appelle en sifflant les chasseurs, puis se cache, jusqu’à faire perdre le sens de l’orientation), Comadre Florzinha punit sans pitié les envahisseurs et chasseurs des forêts sans scrupules, assassins des animaux et des arbres. Le groupe Comadre Florzinha, est composé des six femmes percussionnistes et chanteuses de talents : Renata, Telma, Isaar, Alessandra, Karina et Maria Helena, cinq filles originaires du Nordeste et une de São Paulo. Le groupe fut créé en 1997 et son style s’inspire des traditions du folklore du Nordeste, comme les “cantadores repentistas” et des chants et rythmes populaires de la Zona da Mata de Pernambouco et Alagoas, comme les “cocos”, “toadas”, “cirandas” et “cavalo-marinhó”. Allant du folklore aux musiques actuelles, comme le faisait Chico Science, elles jouent aussi leurs propres compositions en une optique moderne qui donne de la diversité à leur musique en mettant l’accent sur les voix et les percussions. Le Pernamboucain Chico Science (Francisco de Assis França), est né à Recife, 1966. En 1991, il a pris connaissance du travail du “Bloco Afro Lamento Negro” de la ville d’Olinda, qui jouait du samba reggae. Il a été impressionné par le travail percussif  du “bloco”, parce que sa référence musicale était alors essentiellement nord-américaine et il a eu l’idée de mélanger les rythmes traditionnels comme le coco, l’embolada et le maracatu avec le rock, le reggae, le funk et le hip hop, revalorisant ainsi la culture locale. Mentor et principal articulateur du mouvement appelée “Mangue Beat”, il a écrit un manifeste appelé “Carangueijos com cérebro” (Crabes avec cerveaux) dans lequel il expose les propositions esthétiques du mouvement. Toujours en 1991, il crée à Olinda le groupe Chico Science & Nação Zumbi, le plus important groupe de la scène du Mangue Beat. Il est mort préma­turément en 1997, à Recife, dans un accident de voiture.  

Mulher comprometida / É por debaixo dos panos (Antonio Barros / Cecéu).
Antonio Barros et Cecéu forment un duo d’auteurs compositeurs de forró et il sont originaires de l’état de Paraiba. Connus dans tout le pays (grand nombre de leurs chansons ont été enregistrées par des chanteurs, comme Ney Matogrosso et Elba Ramalho), ils sont l’exemple parfait d’auteurs qui savent concilier simplicité, drô­lerie et créativité, en un langage populaire de bon goût. Cette maîtrise du langage populaire, ils l’ont appris auprès de Luiz Gonzaga et de Jackson do Pandeiro, avec qui ils ont travaillé, et dont ils sont aujourd’hui de légitimes héritiers.  

Bota Fora (Paulo Cesar Pinheiro / Vicente Barreto) / Estrela Miuda (João do Vale) / Boi da Beira (Mochel) / Sapaiada (M. Ribeiro/Xavier Negreiros),
sont les mu­siques interpretés par l’ensemble Mafuá qui a surgi, dans la musique brésilienne, dans cette mouvance de “La jeune musique Nordestine” qui mélangeait la musique électrifiée avec la tradition populaire. Le mot Mafuá pourrait être traduit en français par féerie. Le carioca Paulo César Pinheiro est un des plus grands poètes et parolier de la MPB d’aujour­d’hui. Il écrit pour tous les styles de musique, que ce soit samba, choro, valse ou chanson, en passant par la musique nordestine. Ici, il écrit sur une composition de Vicente Barreto, un chanteur et compositeur bahianais de talent. Estrela Miuda. João Batista do Vale est un des plus grands compositeurs nordestins. Né à Pedreira dans l’Etat du Maranhão, il commence sa carrière artistique en 1953 à la Radio Tupi de Rio et il est le compositeur du célèbre Carcará qui fit connaître la chanteuse Maria Bethânia. Compositeur culte, ce Maranhense fit partie, dans les années 64 à 66, du fameux spectacle “Opinião” avec le chanteur et compositeur de samba Zé Keti et la chanteuse Nara Leão, qui fut plus tard remplacée par Maria Bethânia.  

Um a Um (1X1) (Edgar Ferreira)
La chanteuse Carmélia Alves Curvello, née à Rio de Janeiro en 1923, rend un hommage à Jackson do Pandeiro, avec le baião 1X1. Cette chanteuse a connu de grand succès dans les années 1950 et Luiz Gonzaga l’a baptisée “Rainha do Baião”. Un de ses titres de gloire fut le baião “Sabiá lá na gaiola”, paru sur le label Continental. Les ventes furent telles que Continental a dû ouvrir une filiale en Argentine. Elle a raflé tous les prix importants de l’époque. 

Vamos dançar Xote (Anastácia / Oscar Barbosa) /Pot-pourri de Arasta pés ; Saudade Matadeira, (Anastácia / Dominguinhos), Uai, Uai (Venâncio / Corumba), Você é meu Xamego (Anastácia / Dominginhos), Moreno dos meus Sonhos (Anastácia), Na minha rede não (Elino Julião / J. Luna).
Anastácia, (Lucinete Fereira) est née à Recife dans l’état de Pernambuco, et elle a fait ses débuts à la Radio Jornal do Comércio en 1954. En 1960, elle déménage à São Paulo et enregistre son premier compact double pour le label Chantecler. Dans une émission de Luiz Gonzaga pour la télévision, elle fait la connaissance du musicien accordéoniste Dominguinhos qui devient son mari et partenaire. Ensemble, ils ont composé plus de 50 chansons et leur plus grand succès fut “Eu so quero um Xodó” interprété par Gilberto Gil (cette chanson a connu ensuite plus de 200 enregistrements). Anastácia fait partie de cette bande de compositeurs qui reprend l’héritage de Luiz Gonzaga et elle est vraiment une grande dame de la chanson du Nordeste.  José Domingos de Moraes, Dominguinhos. C’est un des plus grands accordéonistes brésiliens, aux côtés de Sivuca, de Chiquinho, et d’Osvaldinho do Acordéon. Compositeur d’énormes succès, avec sa compagne Anastácia, il fait encore le bonheur des foules populaires dans tout le Brésil. Dès l’âge de 6 ans, il joue de l’accordéon, avec ses deux frères, dans les marchés et devant les hôtels. C’est ainsi que Luiz Gonzaga le découvre. Impressionné par ce gamin de 8 ans, Gonzaga devient son parrain et mentor, et lui offre sa première sanfona, et le baptise artistiquement de Dominguinhos. Les membres du duo Venâncio (Marcos Cavalcanti de Albuquerque) et Corumba (Manoel José do Espirito Santo, sont originaires de Recife. Compositeurs et chanteurs, ils ont eu leur premier succès en 1953 avec la toada “Boi da Cajarana” et en 1956, avec le baião “O Último Pau de Arara” qui est devenu un classique de la Musique populaire brésilienne.  
© 2009 Frémeaux & Associés
GROUPE FRÉMEAUX-COLOMBINI  

english notes
Contemporary North-East Brazilian Music
The North-East of Brazil covers a huge area of the country. It stretches from the Atlantic coast to the far western interior and takes in nine of the Republic’s states: Maranhão, Piaui, Ceara, Rio Grande do Norte, Paraiba, Pernambuco, Alagoas, Sergipe and Bahia. In the early 20th century, the area accounted for eighty percent of the total population of Brazil. However, due to regular periods of severe drought, the industrial development of the South-East and the moving of the capital to the west, the 1930s saw great waves of migration towards the industrial cities of the south, where the promise of a better life beckoned.  

The music of the North-East
The North-East’s cultural identity and mu­sical heritage has been shaped by these geographical, historical and economic circumstances over time and the region’s music today is full of the traditions, mythology, poetry and preoccupations of its people, distinguishing it from that of the south.  The tracks on this anthology have been selected from the catalogue of CPC UMES, a São Paulo independent label, and represent the sound of today’s north-east of Brazil.  

Violeiros and Cantadores 
Sung or recited poetry forms an important part of the North-East’s musical heritage. These traditional standards or personalised improvisations were performed by the “Violeiros” and “Cantadores” and told the region’s story. This rich source of folklore continues to inspire the recording artists of today.  

The Origins of Forró
The highlight of the North-East’s cultural calendar is the “festas juninas” (June festivals) celebrated throughout the region. Fires are lit to mark the feast days of the saints Anthony, John and Peter (on the 13th, 24th and 29th of June respectively) around which regional dishes are served and traditional dances are performed (“la quadrille” and “l’ arrasta-pe”) typically accompanied by the sanfona, triangle and zabumba.   “Forró” has become the generic term for various genres, including baião, samba, coco, xote and xaxado, all of them impressive in their own right. Forró is a blend of rural bawdiness and urban verve taking as its themes hard work, happiness and love. Its composers, musicians and singers, such as Luis Gonzaga and Jackson do Pandeiro, express themselves in simple yet profoundly human lyrics and gradually the term “forró” surpassed its earlier definition of a “local dance” to become a specific musical genre with a clearly defined instrumentation. It spread throughout Brazil in the 30s with the general migration from the country to the city. 

Important early names
Luis Gonzaga is considered the king of North-East music, having reigned from 1945 until he retired in 1984. He accentuated a musical characteristic - known as “rojão”  or “baião” – used between two guitar phrases by the “Cantadores” in order to develop a completely new “baião” genre which he had perfected by 1946. And in 1947 he had hit with Asa Branca which immediately became a sort of North-East national anthem for those who had migrated from the area. It is difficult for Europeans to imagine just what Luiz Gonzaga represented for his countrymen. He became a veritable national treasure, his public appearances unforgettable and his repertoire first rate.  Jackson do Pandeiro, on the other hand, created a unique vocal style. He was undoubtedly one of the most innovative North-East musicians and has influenced a whole generation of singers including Gilberto Gil, Lenine and Gal Costa. Jackson (José Gomes Filho 1919-1982) was born in Paraiba and grew up listening to the syncopated coco rhythm that, in his opinion, was the root of all North-East music.

Details of this CD
Baião (Luiz Gonzaga) / Um Abraço No Pratinha / (César do Acordeon) / Pé De Serra (Luiz Gonzaga) / Dúvida (Luiz Gonzaga /Domingos Ramos) / Medley by Zé Marcolino: Ma­tuto Aperriado, Cacimba Nova, Pássaro Carão, Caboclo Nordestino, Pedido à São João.
A specialist of North-East music and of forró, César do Acordeon here pays tribute to Luiz Gonzaga. From the classic Baião, through the lively instrumental Pé De Serra he moves on to a medley, sung by Dadà Moreira, by José Marcolino, known as Zé Marcolino from Serra Talhada, who was one of his partners in the 60s. The Duvida waltz was one of Gonzaga’s first compositions before he moved over to the baiao genre. It is sung here by Belchior who was part of the Ceara band of composer/singers, including Fagner and Ednardo among others, that became well-known throughout Brazil when Elis Regina sang Velas Do Mucuripe (Belchior/Fagner).  

Vazanteiro / Cariri /Gorgeio / Viajante Do Norte / Forró Da Latado / Zé Da Chica. 
All these songs were composed by Seu Chico (Francisco Pereira Lima) leader of Bando de Macambira, (macambira is a native plant of the dry “sertão” area.), an ensemble of five musicians and singers, all from the town of Crato in the state of Cearà, who added a choro influence to Brazilian popular music. 

Ai Que Saudade D’Ocê (Vital Farias) / Açucar No Café (Antonio Barros) / No Balanço Da Canoa (Toinho de Alagoas) Forró De Do­mingo (Jorge de Altinho / Chororô (Gilberto Gil) and Eu So Quero Um Xodó (Dominguinhos and Anastácia).
The Sabia Trio was born in São Paulo in 1985 in the legendary “Maison de Forró de Pedro Sertanejo” owned by Pedro Sertanejo, Osvaldinho do Accordéon’s father. Founded by the Bahia singer João Miranda de Lima, the trio comprised Pedro Sertanejo’s brother João Oliveira (known as Tio Joca) and another Bahia musician José Miranda de Lima (known as Roxinho). The Arca label christ­ened them the “Sabia Trio” when the three young men began to play authentic Pé de Serra forró. The trio is still playing today with a new line up composed of José Aluizio, Zito and Tio Joca and has made numerous records. One of the most important exponents of North-East music, it is especially popular among university students, appearing regularly in the forró clubs of São Paulo. Eu So Quero Um Xodó was a huge hit for Anastácia, backed by the accordionist Dominguinhos, while singer/composer Vital Farias (born in Paraiba) had equal success with Ai Que Saudade D’Ocê on his 1982 LP “Sagas Brasileiras”.  Gamboa/ Sossego Da Vila /As Curvas Do Vaza Barris / A Historia Fara Sua Homenagem were composed by Winston Geraldo Barreto (“Gereba”) to celebrate the centenary of the famous sertão town of Canudos, Bahia, founded in 1893 by the revolutionary Antonio Conselheiro. It was destroyed in 1987 after a bloody war, on the orders of the federal gover­nment backed by the church and wealthy landowners. Gereba himself, a writer, composer and singer was born in Monte Santo, Bahia. The lyrics to A Historia Fara Sua Homenagem are by the famous poet Ivanildo Vilanova while the other three titles are typical sertão instrumentals.  

Viajando Com Xangai /Madeira De DÁ
are by the Bahia poet Luiz Carloz Bahia full of nostalgia for the life of the sertão. The former features that other well known Bahian, composer and singer Xangai.  

Arauna / Roseira di Pirulito (D.P. Adaptation V. Moraes)/Maré (D.P. Adaptation Mestre Pitiguari) / Grande Poder (Mestre Verdinho) /Angicos (Chico Science/Lucio Maia)
are all interpreted by the Comadre Florzinha group. According to historian and folklore specialist Camara Cascudo, “Comadre Florzinha” was a mythological NortEast Brazilian figure, a mysterious woman with long red hair, who lived in the forest and protected flowers and beasts from predators. Like “Curupira” (a young man whose whistling led hunters astray in the forest), she punished without pity whoever invaded the forest, hunting animals and destroying the trees. The group which named themselves after her was composed of six talented female percussionists and singers: Renata, Telma, Isaar, Alessandra, Karina and Maria Helena (five from the North-East and one from São Paulo). The group was formed in 1997 and its style is based on North-East folklore such as the “cantadores repentistas” and the popular rhythm and songs of the Zona da Mata in Pernambouco and Alagoas e.g. the “cocos”, “toadas”, “cirandas” and “cavalo-marinho”. Ranging from folklore to contemporary music, like Chico Science, they also play their own more modern compositions that highlight both vocals and percussions. Chico Science (Francisco de Assis França) was born in Recife in 1966. In 1991 he was introduced to the reggae music of “Bloco Afro Lamento Negro” from the town of Olinda. Its “bloco” percussion, with essentially North American origins, gave him the idea of blending traditional rhythms such as coco, embolada and maracatu with rock, reggae, funk and hip-hop. The mentor and principal spokesman for this movement, that became known as the “Mango Beat”, he wrote a ma­nifesto entitled “Carangueijos com cérebro” (Crabs with Brains) setting out the aesthetic aims of the movement. Also in 1991 in Olinda he formed the most important Mango Beat group “Chico Science & Nação Zumbi”. He died in 1997 in a car accident in Recife. 

Mulher Comprometida/É Por Debaixo Dos panos (Antonio Barros/Cecéu). Antonio Barros and Cecéu
were a duo of forró writer/composers from Paraiba. Known throughout the country (many of their songs were recorded by singers such as Ney Matogrosso and Elba Ramalho), they were skilled in the art of combining simplicity, humour and originality in a language understood by all. They had learnt this mastery of the vernacular from Luiz Gonzaga and Jackson do Pandeiro with whom they had worked previously. 

Bota Fora (Paulo César Pinheiro/Vicente Barreto)/ Estrela Miuda (João do Vale) / Boi da Beira (Mochel) / Sapaida (M. Ribei­ro­/Xavier Negreiros)
are interpreted by the Mafuá ensemble that appeared during the “Young North-East Musicians” movement, a mixture of amplified and popular music. The word “mafuá” can be roughly translated as “fairytale world”. Paulo César Pinheiro from Rio de Janeiro is one of today’s greatest poets and lyricists. He writes for all musical styles, whether samba, choro, waltz or song, including the North-East. His lyrics can be heard on Estrela Miuda composed by the talented Vicente Barreto from Bahia. João Batista do Vale is another brilliant North-East composer. Born in Pedreira, Maranhão, he began his artistic career in 1953 with Radio Tupi in Rio and composed the famous Carcará which made the name of singer Maria Bethânia. From 1964-66 he was part of show “Opinião” featuring singer and samba composer Zé Keti and vocalist Nara Leão, later replaced by Maria Bethânia.  

Um A Um (1X1) (Edgar Ferreira).
Vocalist Carmélia Alves Curvello, born in Rio de Janeiro in 1923, pays homage to Jackson de Pandeiro with this baião. She was very popular in the 50s and Luis Gonzaga called her the “Queen of Baião”. Her hits included Sabiá La Na Gaiola on the Continental label. It sold so well that Continental opened a branch in Argentina. She collected every top award available at the time.  

Vamos Dançar Xote (Anastácia/Oscar Barbosa) / Medley of Arasta pés: Saudade Matadeira (Anastácia/Dominguinhos), Uai,Uai (Venâncio/Corumba), Você è Meu Xamengo (Anastácia/Dominguinhos), Moreno Dos Meus Sonhos (Anastácia), Na Minha Rede Não (Elino Juliâo/J. Luna).
Anastácia (Lucinete Fereira), born in Recife, Pernambuco, started out with the Radio Jornal do Comércio in 1954. In 1960 she moved to São Paulo and recorded her first double album for Chantecler. During one of Luiz Gonzaga’s TV programmes she met accordionist Dominguinhos who was to become her husband and partner. They composed over 50 songs together, their greatest hit being Eu Só Quero Um Xodó, interpreted by Gilberto Gil (the song was then recorded more than 200 times). Anastácia is one of the many composers who owe much to Luiz Gonzaga and she can truly be considered as one of the outstanding figures of North-East music. José Domingos de Moraes (Domin­guinhos) is one of the greatest Brazilian accordionists, along with Sivuca, Chiquinho and Osvaldinho do Acordéon. A successful composer with his wife Anastácia, he is still extremely popular throughout the whole of Brazil. From the age of 6, he played the accordion with his two brothers in markets and in front of hotels. When he was 8 years old he was discovered by Luiz Gonzaga who became his sponsor and mentor, offered him his first sanfona and gave him his profes­sional name of Dominguinhos.  Both members of the duo Venâncio (Marcos Cavalcanti de Albuquerque) and Corumba (Manoel José do Espirito Santo) are from Recife. Composers and singers they had their first hit in 1953 with the toada Boi Da Cajarana, followed in 1956 by the baião O último Pau De Arara which has become a popular Brazilian standard.  
Adapted from the French text by Joyce Waterhouse
© 2009 Frémeaux & Associés
GROUPE FRÉMEAUX-COLOMBINI  

discographie
CD 1   
1. BAIÃO (Luiz Gonzaga) César do Acordeon - 1999  
2. UM ABRAÇO NO PRATINHA (César do Acordeon) César do Acordeon - 1999  
3. VAZANTEIRO (Francisco Pereira Lima) Bando de Macambira - 2004  
4. CARIRI (Francisco Pereira Lima) Bando de Macambira - 2004  
5. AI QUE SAUDADE D’OCÊ (Vital Farias) Trio Sabiá - 2000  
6. AÇUCAR NO CAFÉ (Antonio Barros) Trio Sabiá - 2000  
7. NO BALANÇO DA CANOA (Toinho de Alagoas) Trio Sabiá - 2000  
8. AS CURVAS DO VAZA BARRIS (Gereba) Instrumental* - 1997  
9. VIAJANDO COM XANGAI (Luiz Carlos Bahia) Luiz Carlos Bahia c/ participação de Xangai - 1997
10. GAMBOA (Gereba) Instrumental*
11. ARAUNA (D.P. recolhida por Mestra V.Moraes) Comadre Florzinha - 1999
12. ROSEIRA DI / PIROLITO (D.P. recolhida por V. Moraes) Comadre Florzinha - 1999
13. MULHER COMPROMETIDA (Antonio Barros / Cecéu) Antonio Barros - 1999
14. BOTA FORA (Paulo Cesar Pinheiro / Vicente Barreto) Mafuá - 1998
15. UM A UM (Edgar Ferreira) Carmélia Alves - 1999
16. PÉ DE SERRA (Luiz Gonzaga) César do Acordeon - 1999
17. GORJEIO (Francisco Pereira Lima) Bando de Macambira - 2004
18. MADEIRA DE DÁ (Luiz Carlos Bahia) Luiz Carlos Bahia - 1997 

*Instrumental : Gereba, guitare et arrangements - Adriana Maresca, violon - Maria Manga, violoncelle - Bambarda, accordéon - Jota Gê, clarinette - Ana Eliza, violoncelle et flûte - Nailor “Proveta”, sax soprano et clarinette - Marcus Cazuza, percussions - Rui deustch, basse acoustique et direction

CD 2  
1. MARÉ (D.P. recolhida por Mestre Pitiguari) Comadre Florzinha - 1999  
2. ANGICOS (Chico Science / Lucio Maia) Comadre Florzinha - 1999  
3. GRANDE PODER (Mestre Verdinho) Comadre Florzinha - 1999  
4. A HISTORIA FARA SUA HOMENAGEM (Gereba / Ivanildo Vilanova) Gereba  
5. VIAJANTE DO NORTE (Francisco Pereira Lima) - 2004 Marcos Roberto Lima c/ Bando de Macambira  
6. DUVIDA (Luiz Gonzaga / Domingos Ramos) Belchior - 1999  
7. FORRÓ DA LATADA (Francisco Pereira Lima) Bando de Macambira - 2004  
8. FORRÓ DE DOMINGO (Jorge de Altinho) Trio Sabiá - 2000  
9. VAMOS DANÇAR XOTE (Anastácia / Oscar Barbosa) Anastácia - 2000
10. EU SO QUERO UM XODÓ (Dominguinhos / Anastácia)  - 2000 Trio Sabiá c/ participação de Dominguinhos
11. POT POURRI DE ZÉ MARCOLINO Matuto aperriado (Luiz Gonzaga / Zé Marcolinio) -Cacimba Nova (Zé Marcolino) - Pássaro Carão (Zé Marcolino / Luiz Gonzaga) - Caboclo Nordestino (Zé Marcolino) - Pedido a São João (Zé Marcolino) - Dadá Moreira - 1999
12. É POR DEBAIXO DOS PANOS (Cecéu) Antonio Barros - 1999
13. POT POURRI DE ARRASTA PÉS Saudade Matadeira (Anastácia Dominguinhos) - Uai, Uai, (Venâncio / Corumba) - Você é meu xamego (Anastácia / Dominguinhos) - Moreno dos meus sonhos (Anastácia) - Na Minha Rede, Não (Elino Julião / J. Luna) Anastácia - 2000
14. CHORORÔ (Gilberto Gil) Trio Sabiá - 2000
15. ZÉ DA CHICA (Francisco Pereira Lima) Bando de Macambira - 2004
16. ESTRELA MIUDA (João do Vale) - BOI DA BEIRA (Mochel) Mafuá - 1998
17. A SAPAIADA (Marcos Ribeiro / Xavier Negreiros) Mafuá - 1998
18. SOSSEGO DA VILA (Gereba) Instrumental* - 1997

CD NORDESTE CONTEMPORAIN © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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