Fremeaux.com
LONNIE JOHNSON
THE BLUES

THE FIRST OF THE “GUITAR HEROES”
1925 - 1947







Lonnie Johnson a été baptisé avec quelque raison «le créateur de la guitare blues moderne» par le critique scandinave Per Notini. Mais le jugement de ses pairs est encore plus éloquent. T-Bone Walker: «C’est Lonnie Johnson qui m’a donné l’idée de jouer comme je le fais»; B.B. King: «J’étais dingue de Lonnie Johnson! C’était mon idole, mon maître»; Ry Cooder: «Lonnie Johnson mérite d’être reconnu comme un des guitaristes qui a transcendé tous les genres et influencé à peu près tout le monde, que ce soit en jazz, en blues, en pop, en country music ou dans le rock...On trouve quelque chose de Lonnie Johnson dans la plupart des solos de guitare moderne» (in: «Guitar Player 27 septembre 1993»).Son influence s’étend effectivement - et souvent de large manière - à Robert Johnson (qui se faisait passer pour un parent de Lonnie! cf Robert Johnson (FA 251), Blind Willie Mc Tell, Josh White, Charlie Christian, Merle Travis, Chet Atkins, Buddy Guy et des dizaines d’autres.

Et à travers tous ceux-ci, à l’essentiel des guitaristes actuels qui jouent encore souvent note pour note des solos mis au point par Lonnie Johnson sans toujours le savoir!L’oeuvre enregistrée de Lonnie Johnson est très vaste, s’étend sur une période de quarante années, et comprend des ballades, des pièces pop et de vaudeville, des morceaux instrumentaux et de nombreux blues. Mais Lonnie Johnson a toujours refusé (avec plus qu’une pointe de fierté) d’être catalogué comme «bluesman», jugeant ce terme quelque peu infamant voire réducteur.Ce coffret retrace la carrière de ce géant de la musique du XXe siècle en mettant l’accent sur ses formidables qualités de guitariste. Plutôt que de ne regrouper que des blues (tâche parfaitement possible), nous avons choisi de respecter la diversité de l’oeuvre de Johnson ainsi que son refus maintes fois affirmé d’être réduit au seul rôle de «bluesman». Il est ici guitariste de jazz, chanteur de ballades et de pièces pop, musicien de blues. Enfin, tout en présentant certains des chefs- d’oeuvre incontournables enregistrés par Lonnie Johnson, nous avons aussi essayé d’éviter, autant que faire se peut, les titres souvent réédités et encore disponibles en catalogue.

DE LA NOUVELLE-ORLEANS A SAINT LOUIS
Alonzo Johnson naît à la Nouvelle-Orléans, près de Rampart Street, sans doute le 8 février 1894. Il a cinq soeurs et six frères et son père dirige un orchestre local. Il anime les mariages, les banquets, les baptêmes. C’est très jeune que Lonnie participe à l’ensemble paternel, d’abord en jouant du violon (son premier instrument) puis au piano et enfin à la guitare. Mais Lonnie apprend aussi le banjo, la mandoline, la contrebasse!Entre huit et douze ans, Lonnie fréquente tout ce que le grand port du golfe du Mexique compte de musiciens. Et ils sont nombreux: ménestrels blancs et noirs, chorales de marins, fanfares, orchestres de cuivres, premiers jazzmen, ensembles de variétés et de vaudeville, pianistes de ragtime, orchestres et chanteurs des îles Caraîbes, groupes mexicains, chorales religieuses et même, au moins à une reprise, l’orchestre de l’Opéra de la ville! Il est évident que ces multiples rencontres placent Lonnie Johnson dans un environnement qui n’a rien à voir avec le contexte dans lequel les habituels bluesmen apprenaient alors leur musique! En fait, Johnson ne pratiquera jamais le blues que comme un genre parmi d’autres et parce que celui-ci sera à la mode auprès de la clientèle noire.Quoi qu’il en soit, on trouve Lonnie auprès du jazzman Kid Ory en 1908. Deux ans plus tard, il forme un duo avec son frère le pianiste James «Steady Roll» Johnson. Ils jouent dans les tavernes, les maisons closes, accompagnent les films muets dans les cinémas de Storyville... En 1917, Lonnie est incorporé dans l’armée et est envoyé en Europe, notamment en France et en Grande Bretagne. Il fait partie d’un orchestre «nègre» de l’armée, chargé de distraire les soldats. C’est alors qu’il se spécialise davantage à la guitare et développe l’idée de jouer des solos au sein d’un orchestre.

De retour à la Nouvelle Orléans en 1919, Lonnie trouve, à l’exception de son frère «Steady Roll», sa famille décimée par l’épidémie de grippe espa­gnole! Cette épreuve est terrible pour Lonnie qui décide alors de quitter sa ville natale. Il ne réussira d’ailleurs plus jamais à se fixer longtemps nulle part. Il est à Dallas et s’insère dans la scène locale. Plusieurs musiciens de rues vivent dans et de Deep Elm, le quartier noir: Little Hat Jones, Texas Alexander, Funny Papa Smith, Blind Lemon Jefferson, Coley Jones. Dans les bars, on peut entendre la pulpeuse Bobby Cadillac, la sombre Bessie Tucker, Lillian Glinn, les pianistes Alex Moore, Sammy Price, certains futurs guitaristes de jazz comme Eddie Durham. Le tout jeune Lonnie Johnson, auréolé de son pedigree néo-orléanais et de musicien de l’armée, attire l’attention par la façon audacieuse dont il joue de son instrument. Son influence sera grande sur le blues texan qui est en train de s’élaborer à Deep Elm.Mais Lonnie a désormais l’âme vagabonde. Il s’embarque sur le Saint Paul, un bateau qui remonte le Mississippi et y fait partie de l’orchestre de Charlie Creath. On le retrouve un peu plus tard sur le SS. Capitol en compagnie de Fate Marble. Vers 1923-24, Lonnie Johnson, fatigué des nuits sur le fleuve, décide de se fixer à Saint Louis, une ville à forte immigration noire et pleine d’opportunités pour un musicien.

SAINT LOUIS BLUES

De la même façon qu’à Dallas, Lonnie va durablement marquer la scène musicale de Saint Louis. Le désir qu’a Johnson de s’installer durablement se concrétise en 1925 par son mariage avec Mary Smith, une jolie et talentueuse chanteuse de blues originaire du Mississippi qu’il a rencontrée dans un cabaret. Ils auront ensemble six enfants avant de divorcer en 1932.Mais en 1925, la chance semble enfin sourire à Lonnie. Outre son mariage, il gagne un concours musical organisé au Booker Washington Theater de Saint Louis dont le prix est un contrat d’enregistrement avec le label Okeh. Il fait ses débuts au violon avec Charlie Creath. Mais son «Mr Johnson’s blues» (que l’on peut entendre dans ce coffret) le présente dans un blues à la guitare, jouant de cet instrument comme personne ne le faisait à cette époque! Le morceau semble avoir un certain succès puisque Lonnie va substantiellement enregistrer pendant les sept années suivantes. Johnson est alors à des années-lumière des bluesmen de son temps: un musicien élégant, urbain et sophistiqué et plein d’idées novatrices. Okeh ne tarde pas à s’aviser de ce potentiel.

La guitare de Lonnie va orner les disques de quantité d’artistes de son époque: Bertha Chippie Hill, Helen Humes, Merline Johnson, Charlie Mc Fadden, Irene Scruggs, Ollie Shepard, Clara Smith, Victoria Spivey puis Johnnie Temple, Dolly Cooper, Red Nelson, Jimmie Gordon et bien d’autres. En fait, l’oeuvre de Lonnie Johnson-accompagnateur est aussi importante que celle gravée en tant que vedette. Durant la période où il vit à Saint Louis, il va encore une fois, jouer un rôle majeur dans l’élaboration d’un blues local, progressivement basé sur des duos piano-guitare, en fait une extension au blues des pièces de variétés que pratiquaient ainsi Lonnie et son frère James «Steady Roll» Johnson. En août 1927, Okeh a l’idée de faire venir Johnson à New York afin d’associer le super-sophistiqué Lonnie au chanteur texan Texas Alexander, brut et primitif, qu’il avait connu à Dallas. Bien que Johnson avouera avoir beaucoup souffert («je regardais sans cesse Alexander car il chantait ce qu’il voulait quand il le voulait, ne respectait aucune règle ni mesure»), le résultat est prodigieux et figure en bonne place parmi les plus grandes séances de l’histoire du blues (cf. Levee camp moan dans «Blues, 1927-42, FA 033»).

TOUJOURS EN STUDIO
Cette incursion new-yorkaise sera aussi fructueuse pour Lonnie qui réussit à s’insérer dans la scène de Harlem. Il réside quelque temps à Manhattan, jouant dans les cabarets et enregistrant sous son nom et divers pseudonymes. Il triomphe auprès de la difficile clientèle noire de Harlem et il aurait pu vivre confortablement à New York. Mais il ne tient pas longtemps en place. On le retrouve à Chicago vers Noël 1927. Il enregistre alors derrière Louis et Lil Armstrong plusieurs mémorables solos de guitare jazz qui auront une grande influence dans ce genre musical, notamment sur Charlie Christian. A cette époque, Lonnie est en fait constamment en studio, soit en vedette soit en tant que sideman. Il sort un 78t sous son nom toutes les six semaines. Il est à New York, de retour à Saint Louis, encore à Chicago, une autre fois à Memphis... Son goût et sa connaissance du jazz lui permettent d’enregistrer avec Duke Ellington en octobre 1928. Mais c’est surtout, à partir de novembre 1928, son association avec le guitariste italo-américain Eddie Lang (Salvatore Massaro), un autre grand pionnier de la guitare soliste, qui va marquer ses contemporains et ses émules. Les deux virtuoses enregistrent une série de duos incroyablement inspirés, harmonies audacieuses, idées novatrices sur des arpèges et des lignes de basse, qui comptent encore parmi les grands chefs d’oeuvre de la musique américaine.

Nous proposons ici quelques-uns de ces grands moments: Guitar blues, Bull frog moan, Deep minor rhythm stomp et Hot fingers. Sur plusieurs de ces séances, esprit ségrégationniste de l’époque oblige!, le blanc Eddie Lang prend, afin de dissimuler la couleur de sa peau, le pseudonyme de Blind Willie Dunn, en fait, le nom du crieur noir de Harlem chez qui il achète ses journaux.Ces duos ont un impact énorme à l’époque, non seulement parmi les guitaristes mais aussi auprès du public, noir et blanc. Ces disques se vendent substantiellement aussi bien aux Etats Unis qu’en Australie, en Afrique anglaise, dans les Indes et en Europe où Lang insiste pour figurer sous son nom.La popularité de Lonnie Johnson est considérable. Il semble être le premier artiste noir à avoir son programme radiophonique à New York: «le Lonnie Johnson Show, présentant le roi de la guitare». Il participe aussi à plusieurs revues itinérantes d’artistes noirs dont Midnight Steppers en compagnie de Bessie Smith avec qui il passe pour avoir eu une rapide liaison. Aux débuts des années 30, le mariage de Lonnie et de Mary Johnson bat de l’aile et cela se reflète souvent dans ses blues, de plus en plus pincés et amers, parfois même profondément pessimistes et très misogynes.

UN PASSAGE A VIDE DE CINQ ANS

Ce sont d’ailleurs ces blues qui se vendent le mieux. Les acheteurs noirs de l’époque recherchent la même formule d’un disque à l’autre. Un fait dont Lonnie Johnson se lamentera toujours: «J’ai enregistré plus de cent blues, tous avec les mêmes accords. Et quand je voulais changer, le disque ne se vendait pas...». Johnson est visiblement heureux de sortir du blues pour interpréter des pièces de Variétés, notamment ses brillants duos avec la chanteuse Clara Smith (ici What makes you act like that) ou avec Spencer et Clarence Williams (le savoureux Wipe it off) ainsi que son superbe Winnie the wailer, une pièce dérivée de Cab Calloway.En 1932, Johnson qui n’a jamais été une personnalité facile à manier, un musicien avec une haute idée de son art sachant refuser les contrats désavantageux que signent les yeux fermés les bluesmen de son temps, se brouille avec Lester Melrose, un producteur qui tient l’essentiel du marché du blues. Cela plus les effets dévastateurs de la crise économique sur les ventes de disques vont éloigner Lonnie Johnson des studios pour une période de cinq ans. Lonnie et Mary divorcent. Johnson est de nouveau sur la route. Mais sans disque, avec une clientèle très appauvrie, les temps sont durs. Les engagements se font rares et Johnson doit travailler pour la première fois de sa vie en dehors de la musique. Il est dans une fonderie à Peoria, puis dans une usine de matériaux routiers.

Dans ces circonstances, beaucoup d’artistes contemporains auraient définitivement disparu de la scène musicale. Mais Johnson va réussir à forcer la chance.Il joue tous les week-ends dans les tavernes de Chicago, notamment aux Three Deuces en compagnie de Baby Dodds. Ses talents de guitariste attirent l’attention du label Decca, un nouveau venu aux dents longues sur le marché de la musique noire. En 1937, Johnson est de nouveau en studio, derrière Alice Moore, Peetie Wheatstraw, Georgia White ainsi que sous son nom. Après quelques tentatives en solo, artistiquement très réussies (ici dans Swing out rhythm) mais qui se vendent mal, Johnson adopte la formule qui plaît à l’époque: guitare, piano, contrebasse. C’est désormais en trio qu’il fera l’essentiel de sa carrière, relancée à partir de 1939 par une série de succès commerciaux: des blues ultra-sophistiqués aux textes doux-amers qui rencontrent les faveurs de la clientèle noire, avide de reconnaissance et de réussite sociale. Johnson est un des premiers musiciens de blues à enregistrer à la guitare électrique (derrière Peetie Wheatstraw en octobre 1938: cf «Peetie Wheatstraw (FA 255)»), bien que l’amplification électrique ne fasse que souligner le déjà fort volume que savait imprimer Johnson à son jeu de guitare.

L’APRES-GUERRE
L’entrée en guerre des Etats-Unis en décembre 1941 avec le «Petrillo’s ban» gèle tous les enregistrements entre 1942 et 1944. Cela pourrait une nouvelle fois être fatal à Lonnie Johnson, un musicien dont la cinquantaine risque de déplaire à un vaste public noir jeune, récemment venu des campagnes du Sud participer à l’effort de guerre dans les industries des cités du Nord. Un instant, Johnson semble effectivement décrocher. Il se replie dans les cabarets et les restaurants chics, jouant la sérénade de table en table. Comme son ami et admirateur, Big Bill Broonzy, Lonnie a du mal à refaire surface après 1945. Il enregistre ici et là pour des petits labels indépendants. C’est ainsi qu’il se retrouve en 1947 à Cincinnati, signant pour King, une entreprise ambitieuse. A priori, le blues amer et désabusé de Johnson qui renvoie aux années 20, semble souffrir de la compagnie, sur le même label, des nouvelles vedettes du Rhythm & Blues musclé comme Wynonie Harris. Mais Tomorrow night, une ballade assez sirupeuse et au charme désuet, obtient un énorme succès en 1948, permettant à Johnson d’effectuer un come-back surprenant.Cependant, les années 50 vont être très difficiles pour Lonnie Johnson. Sur les conseils de Big Bill, il réussit à retourner en Grande Bretagne en 1952. Mais son style de blues, aux antipodes des goûts émergents du public de l’époque pour une musique rugueuse et «ethnique», l’éloigne une nouvelle fois des scènes et des studios.

A plus de soixante ans, il croit ranger définitivement sa guitare et se trouve un job de portier dans un hôtel de Philadelphie. Mais sa réputation gigantesque le poursuit! En 1963, le critique et producteur Chris Albertson le «retrouve» et le sort de sa semi-retraite. Il enregistre plusieurs microsillons pour le label Prestige-Bluesville et participe à la tournée européenne de l’American Folk Blues Festival 1963, en compagnie de sa vieille complice Victoria Spivey. Il en profite pour enregistrer un bel album au Danemark en compagnie du grand pianiste Otis Spann.Lonnie Johnson trouve un engagement régulier dans un cabaret de Toronto où il passera les dernières années de sa vie. En mars 1969, il est fauché par une voiture en traversant une avenue et ne peut plus jouer de la guitare. Il apparaît néanmoins une dernière fois sur scène au Massey Hall de Toronto en compagnie de Bobby Bland et Buddy Guy qui joue respectueusement de la guitare tandis que le vieux maître chante une dernière fois ses blues et ses ballades. Le public lui fait une ovation debout durant plusieurs minutes! Le 16 juin 1970, Lonnie Johnson, un des très grands musiciens de son temps, s’éteint à son domicile canadien.

UN GUITARISTE INNOVANT
Avec ses longs doigts, un toucher léger, une imagination fertile, Lonnie Johnson a sans doute été un des tout premiers guitaristes à sortir la guitare de son utilisation d’accompagnement pour en faire un instrument soliste à part entière. On reste encore confondu par son habileté à obtenir une impression de volume sur sa guitare acoustique malgré les limitations techniques des enregistrements de l’époque. Cela, selon tous les témoignages, correspondait aussi à une réalité sur scène.Il utilise beaucoup une guitare à douze cordes mais, semble-t-il, assez souvent aussi une guitare à neuf ou dix cordes et parfois à six cordes. Bien qu’il soit généralement crédité en tant qu’un des «inventeurs» de la guitare en flatpicking, jouant note par note avec un plectre, la plupart des titres de la première partie de sa carrière (figurant ici sur le CD1), notamment ses solos ou ses duos de guitare avec Eddie Lang (qui, lui, joue au médiator!), présentent Lonnie Johnson pratiquant un fingerpicking apparemment à deux doigts (pouce et index). Mais le doute est permis: il est parfois très difficile, voire impossible, de recréer ce que fait Lonnie avec deux doigts seulement et il faut y ajouter l’usage du majeur. Les photos que nous avons de lui dans les années 20 et 30 le présentent en train de jouer différentes guitares, notamment une douze cordes provenant de l’atelier de René Grunewald, un célèbre luthier de la Nouvelle-Orléans du début du siècle ainsi qu’une Gibson J-100.

A quelques rares exceptions près, durant toute la première partie de sa carrière (1925-32), Lonnie joue dans la clé de Ré. Sa guitare semble rarement accordée de façon standard Mi-La-Ré-Sol-Si-Mi mais plutôt en Ré-La-Ré-Sol-Si-Mi, parfois aussi en Ré-Sol-Ré-Sol-Si-Mi. Il ne change la plupart du temps de tonalité (notamment en Mi bémol, fréquente dans son œuvre) qu’en ajoutant d’évidence un capodastre. Johnson utilise beaucoup les accords et les arpèges de la gamme diminuée (par exemple dans une clé de Do: Do, Do#, Ré#, Mi, Fa#, Sol, La, La#, Do). Il joue de fréquentes harmoniques, utilise nombre de doubles stops, le comping... Ces pratiques deviendront très fréquentes dans la guitare jazz et blues. Des chefs-d’œuvre comme Bull frog moan ou Hot fingers sont la démonstration magistrale de toutes ces techniques et on y entend plus que des brouillons de ce que feront Charlie Christian, Django Reinhardt ou B.B. King.

Après 1937, et particulièrement dans toutes ses pièces en trio (guitare, piano, contrebasse), Lonnie Johnson n’utilisera presque plus la clé de Ré ni les accordages spéciaux, restera constamment sur des solos presque convenus apparemment joués avec un plectre et on ne trouvera plus guère trace de ses innovations antérieures! Pourquoi avoir changé à ce point-là, alors que son style semblait largement apprécié par le public comme par ses pairs? Malheureusement, aucune interview en profondeur de Lonnie Johnson n’a été vraiment réalisée, notamment aucune question sur sa technique, et nous n’aurons jamais la réponse à cette question. Mais rarement un guitariste aura à ce point là modifié son style à quelques années d’intervalle, abandonnant l’audace pour une routine certaine. Même si son volume et son sens du swing continuent à avoir beaucoup d’élégance.Quoi qu’il en soit, Lonnie Johnson demeure comme un des grands innovateurs de la guitare, inspirant des dizaines de guitaristes, non seulement dans le blues mais aussi dans le jazz et la country music.

LES TITRES
Mr Johnson’s blues: Un des tout premiers blues enregistrés par Lonnie Johnson, ce Mr Johnson’s blues est, dans sa structure, fortement marqué par les pièces de vaudeville. En même temps, les paroles ne sont qu’un argument pour des prouesses instrumentales très rares à la guitare en 1925! La guitare de Lonnie Johnson est accordée en Ré-La-Ré-Sol-Si-Mi, comme ce sera le cas très fréquemment, avec le capodastre placé à la première barre.

Mean old bedbug blues: Un superbe blues en fingerpicking (sans doute à deux doigts), ce Mean old bedbug est aussi très inspiré des blues de Bessie Smith et d’autres «Classic blues singers» qui dominent la période. «The bedbug is mean and evil and he sures don’t mean me no good/ He thinks he is a woodpecker and takes my body for a piece of wood» (Cette punaise est diabolique et elle ne me veut certainement que du mal / Elle joue au picvert et prend mon corps pour un morceau de bois).

Blues in G: Avant d’enregistrer en duo avec Eddie Lang, Johnson a déjà gravé certaines pièces instrumentales aux idées extrêmement audacieuses pour l’époque. Ce Blues in G n’a guère d’équi­valent alors malgré les immenses qualités de guitaristes comme Blind Blake ou Blind Lemon Jefferson, eux aussi des virtuoses mais dans des registres très différents.

Guitar blues: Durant son séjour new-yorkais de l’automne 1927, Johnson s’est lié avec le grand guitariste de jazz italo-américain Eddie Lang. On ne sait trop qui, des musiciens ou des producteurs, a eu l’idée d’enregistrer ces deux grands innovateurs de la guitare ensemble mais cette initiative a donné de formidables chefs d’oeuvre qui n’ont pas pris une ride comme ce magnifique Guitar blues.

Bull frog moan: Un des chefs-d’œuvre instrumentaux gravés par le duo Eddie Lang - Lonnie Johnson, ce Bull frog moan étonne encore aujourd’hui par sa modernité. Il faut se replacer dans le contexte de l’époque: la quasi-totalité des guitaristes qui écoutaient un tel disque n’avaient jamais entendu de figures de guitare si auda­cieuses! En général, dans ces duos, Lang joue la plupart des lignes de basses marchantes tandis que Lonnie Johnson joue les solos. De toute évidence, B.B. King a beaucoup puisé d’idées musicales dans le jeu de guitare de Lonnie Johnson sur ce Bull frog moan.

From now on, make your whoopee at home: Makin’ whoopee provient d’un succès du chanteur Eddie Cantor dans les années 20. Mais sous la guitare et la voix de Johnson, ce titre prend des accents pathétiques, une atmosphère de jalousie obsessionnelle qui a marqué ses contemporains. Le bluesman King Solomon Hill reprendra ce titre qui influencera aussi substan­tiellement Robert Johnson.

Deep minor rhythm stomp: Encore un magnifique duo instrumental Lonnie Johnson-Eddie Lang.

Hot fingers: Un autre duo instrumental extrait de cette formidable séance du 9 octobre 1929. Johnson joue vraisemblablement en fingerpicking à deux doigts (voir ses nombreux double stops) tandis que Lang utilise un plectre.

Wipe it off: Johnson a aussi beaucoup enregistré des pièces pop plus ou moins salaces qui faisaient fureur à l’époque. Nous avons sélectionné ce Wipe it off avec James Johnson au piano et Clarence et Spencer Williams, de fréquents partenaires de Lonnie en studio. Wipe it off est surtout intéressant par les superbes solos de guitare.

I got the best jelly roll in town # 2: Parmi les grands succès de Lonnie Johnson figurent les différentes variations de Mr Jelly roll baker, une ode à cet homme dont les talents s’exercent moins dans la pâtisserie (le sens apparent) que dans la manière de cuire autre chose avec son rouleau à confiture! Les femmes en raffolent tant que rien ne peut lui arriver: l’épouse du juge interrompt la sentence de son mari pour tester d’abord les capacités du prévenu. Et même hospitalisé, «le corps criblé de balles», l’homme est assailli par l’infirmière qui a entendu parler de celui dont le rouleau sait si bien satisfaire les femmes!

Sam, you can’t do that to me: Quel que soit le genre, Johnson en solo est généralement brillant comme sur ce Sam, you can’t do that to me, a priori anodin.

What makes you act like that?: Le meilleur morceau enregistré par Johnson en duo avec la chanteuse Clara Smith, certainement une des meilleures «Classic blues singers». La voix coquine de Clara répond avec vigueur au timbre amer de Johnson et il lui démontre avec maestria ses talents de guitariste.

Let all married women alone: Un de ces morceaux moralisateurs dont Johnson était le spécialiste et dont était certainement très friand son public. Le jeu de guitare est une fois encore remarquable.

Beautiful but dumb: Le mariage de Lonnie et Mary Johnson bat singulièrement de l’aile en 1931-32 et aboutira au divorce. Dans ce contexte, Lonnie crée une série de blues amers et désabusés, souvent très poignants.

Sleepy water blues: Dès le début des années 30, les Noirs qui ont émigré à Chicago sont souvent désenchantés. Avec les difficultés dus à la crise économique, la dureté du climat et l’ambiance générale de violence urbaine favorisent une grande nostalgie pour le Sud qu’on avait quitté avec tant d’espoirs. Johnson (comme les autres bluesmen de cette époque) chante ce vague à l’âme avec une grande puissance dans ce beau Sleepy water blues qui s’impose au-delà des clichés du texte.

Cat, you been messin’ around:
Encore une belle pièce interprétée en solo par Johnson, ce «Cat» emprunte en partie à Cab Calloway, un des artistes noirs parmi les plus populaires des années 30.

Winnie the wailer: Un des grands chefs- d’œuvre de Lonnie, ce Winnie the wailer est évidemment dérivé de Minnie the moocher par Cab Calloway, lui-même s’inspirant de Willie the chimney sweeper par Ernest Rodgers. Les solos de Johnson (sur une grille de Do mineur) sont particulièrement remarquables.

There is no justice:
Sans doute une pièce de Big Bill Broonzy, et nettement inspirée de Crow Jane, ce blues présente une belle performance de Lonnie Johnson en fingerpicking sur une guitare, sans doute à douze cordes, avec une atmosphère très proche du blues de la Côte Est.

Swing out rhythm: Lonnie Johnson semble n’avoir guère changé pendant son éloignement des studios durant cinq ans. Il revient avec Swing out rhythm, une pièce instrumentale d’une extrême virtuosité qui renvoie à ses meilleurs chefs d’oeuvre. Mais le public, lui, a changé et Johnson va rapidement adopter la formule en trio (avec piano et contrebasse) si en faveur à Chicago.

Blue ghost blues: Dès lors, Johnson va enregistrer en masse une série de blues-ballades tous sur le même canevas. Il y a une évidente perte de verve et de virtuosité dans ce processus. Mais il grave encore nombre de très beaux morceaux comme cette nouvelle version de Blue ghost blues qui le présente en parfaite entente avec le grand pianiste Roosevelt Sykes. Ce disque sera une des meilleures ventes de l’année 1938. Et Blue ghost blues sera repris par de nombreux bluesmen parfois très ruraux comme Smoky Babe en 1960, preuve de la large popularité de Lonnie Johnson longtemps après la guerre.

She’s only a woman: Joshua Altheimer, un des très grands pianistes du Chicago blues des années 30-40, transfigure ce blues quelque peu bateau.

Jersey Belle blues: Encore un blues enregistré à plusieurs reprises par Johnson. Ici, la présence de Altheimer renforce encore le message de ce Jersey Belle blues qui est en fait une adaptation du Milk cow blues de Kokomo Arnold avec des paroles quasiment pornographiques: «It’s a mighty tough titty but the milk tastes so doggone good» (Elle a un téton très dur mais son lait est si bigrement bon).

I’m just dumb:
Le 22 mai 1940, Lonnie Johnson participe à une de ses meilleurs séances d’enregistrement de cette seconde carrière. Avec l’adjonction du bassiste Alfred Elkins (un des piliers du Bluebird blues) et surtout d’un second guitariste swinguant et très présent (y compris par ses interjections vocales), le blues de Lonnie Johnson sonne alors de façon très moderne et annonce le futur Chicago blues.

Get yourself together: Toujours la même séance que pour I’m just dumb avec cet excellent second guitariste à l’identité mystérieuse. On a avancé les noms de Willie B. James (un peu mis à toutes les sauces) et de Big Bill Broonzy...

Crowing Rooster: La pianiste Lil Armstrong apporte aussi beaucoup à cet excellent Crowing rooster, un blues dans la lignée des Red rooster, initiée par Memphis Minnie.

Somebody’s got to go: Big Bill Broonzy et Washboard Sam ont composé (et enregistré) ce Somebody’s got to go qu’adapte avec beaucoup de swing (l’excellent solo de contrebasse par Andrew Harris) Lonnie Johnson, toujours accompagné par Lil Armstrong.

I did all I could: Désormais, Lonnie Johnson est dans le moule du Chicago blues façon Lester Melrose. Il reprend avec allant la célèbre mélodie des Mississippi Sheiks Sittin’ on top of the world sur cet amer I did all I could avec un superbe solo, note par note, qui influencera grandement nombre de guitaristes de Chicago.

In love again: Un morceau pop très sentimental, avec cette atmosphère douce-amère qui a fait le succès de Lonnie Johnson auprès des acheteurs noirs des années 30 et 40: «Love is only a game/ When you lose in life, no one but yourself to blame/ Maybe you’re lonely and blue/ Someone is searching for you/ Love is just funny that way».

Rambler’s blues: Un blues en trio avec le pianiste Blind John Davis en grande forme. Durant toute sa seconde carrière, Lonnie Johnson compose des blues à la fois théâtraux et sincères, désuets et pleins de charme. «I’m known as a rambler, I’m known in every man’s town/ Even the little birds begin weeping when that evening sun goes down/ I never had a woman that I couldn’t get her back again/ I can get the best woman there ever was and I don’t have to be in my gin»

Trouble in mind: Cette célèbre composition de Richard M. Jones (que l’on retrouve ici au piano) est chantée principalement par Carl Jones qui imite une voix féminine! Carl Jones deviendra un important producteur noir indépendant du Chicago des années 50 et 60, fondant son label C.J.

Keep what you got: Johnson est souvent très moralisateur, dans la grande tradition du blues d’avant-guerre. Ici, il avertit les hommes de ne pas toucher aux femmes des autres et de s’occuper de la leur! «Take care of the woman you got/ Let your best friend’s girl alone/ Because if you take his woman, somebody’s sure to wreck your home»

Blues for everybody: Un instrumental qui permet surtout au pianiste Blind John Davis de s’exprimer.

Love is the answer: On ne sait pas vraiment avec certitude si le succès de Lonnie Johnson après la guerre était surtout le fait de Noirs âgés. Mais une pièce comme ce Love is the answer semble extraordinairement désuète et mièvre par rapport à ce qu’un T-Bone Walker (un de ses disciples) enregistrait alors en Californie: «With you in my heart baby, nothing could ever go wrong/ And with you in my arms, baby, I’m never left alone».

What a woman: Syd Nathan, fondateur des disques King, a eu le flair de faire signer sur son label en 1947 un Lonnie Johnson prêt à raccrocher sa guitare. Peu de producteurs auraient eu l’audace d’enregistrer des blues ultra-sentimentaux et à l’atmosphère alors très datée en même temps que des pièces de Rhythm & Blues musclé par un Wynonie Harris ou un Roy Brown! Mais l’intuition de Nathan allait se révéler très juste puisque dès le début de 1948, Johnson «cartonne» dans les hit-parades noirs avec une pièce sucrée comme Tomorrow night.

What a real woman: La suite du précédent, ce blues présente Lonnie à la guitare électrique avec une section rythmique complète.

Falling rain blues: Durant sa période pour King, Lonnie Johnson a ré-enregistré nombre de ses premiers succès. Falling rain blues n’est qu’une version, très swinguante, d’un morceau gravé à de nombreuses reprises par Johnson depuis 1925! Bien que le sens de ce blues ait substantiellement évolué avec le temps, passant d’une complainte sur la misère aux ravages dus aux inondations.
Gérard HERZHAFT
Auteur de «La Grande Encyclopédie du Blues» (Fayard)
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1998

SOURCES:
COHN (Larry), Ed..- Nothing but the blues.- Abbeville Press, 1993
DANCHIN (Sebastian).- B.B. King.- Limon, 1993
GOVENAR (Alan).- Meeting the blues.- Taylor, 1988
GREGORY (Hugh).- 1000 Great guitarists.- Miller Freeman, 1994
Divers numéros de Guitar Player, Guitar World, Guitarist, Soul Bag, Blues Unlimited.Notes de pochettes et de livrets de Billy Altman, Keith Briggs, Jean Buzelin, Jacques Morgantini, Stephen Calt, Stefan Grossman, Woody Mann, Paul Oliver, Per Notini, Chris Smith.Transcriptions par Per Notini et Gérard Herzhaft

Avec tous mes remerciements à Pick Boy pour son aide précieuse dans l’élaboration de ce coffret.

english notes
The influence of Lonnie Johnson, described by both critics and his peers as “the creator of modern blues guitar playing”, extends from Robert Johnson (cf. Robert Johnson FA 251), through Blind Willie McTell, Josh White, Charlie Christian, Merle Travis, Chet Atkins, Buddy Guy to many others. Even today many guitarists still copy his solos note for note.This boxed set retraces the career of this giant of 20th century music, revealing his outstanding gifts in many different musical areas: jazz, ballads, pop music and blues, although he refused to be classed as a bluesman, a term he considered limiting, almost derogatory.

FROM NEW ORLEANS TO SAINT LOUIS
Born Alonzo Johnson on 8 February 1894 in New Orleans, from an early age he played in the local band led by his father. After starting out on violin, he moved on to piano and then guitar, but also learnt banjo, mandolin and bass!As a boy Lonnie met a variety of local musicians, including black and white minstrels, brass band musicians, the first jazz men, ragtime pianists... even members of the City Opera Orchestra. A very different environment from that in which most bluesmen learnt their music!In 1908 we find Lonnie with Kid Ory. Then, two years on, he formed a duo with his pianist brother James “Steady Roll” Johnson, playing in bars and bordellos and providing the music for silent films. Drafted into the army in 1917, he served in France and England, joining a Negro band to entertain the troops. Concentrating increasingly on the guitar, he began to develop the solo role of his instrument.On returning to New Orleans in 1919 he found that most of his family had died in a Spanish ‘flu epidemic so he decided to move on. First to Dallas, where he soon infiltrated the local music scene that included street musicians such as Little Hat Jones, Texas Alexander, Bind Lemon Jefferson, etc., while bar clients were listening to the likes of Bobby Cadillac, Bessie Tucker, Lillian Glinn, pianists Alex Moore and Sammy Price and the future jazz guitarist Eddie Durham. Johnson’s bold style did not fail to attract attention and he was to have not a little influence on the developing Texan blues. But Lonnie was a wandering man. He took a job with Charlie Creath’s riverboat band on the St. Paul, plying the Mississippi, then on the S.S. Capitol with Fate Marable, before deciding to settle in St. Louis around 1923-24.

SAINT LOUIS BLUES
Lonnie would leave his mark on the St. Louis musical scene, just as he had in Dallas. In 1925, things really seemed to be looking up for him. Apart from his marriage to talented young blues singer Mary Smith, he won first prize in a music contest at the Booker Washington Theater – a recording contract with OKeh. After beginning on violin with Charlie Creath, he turned in the Mr. Johnson’s Blues  included here on which he plays guitar as it had never been played before! Its success meant that Lonnie was able to continue recording over the next seven years. OKeh were quick to realise his potential and he appeared alongside many contemporary artists: Bertha Chippie Hill, Helen Humes, Merline Johnson, Victoria Spivey, Red Nelson, Jimmie Gordon among others. His work as accompanist is just as important as his solo recordings. During his time in St. Louis he again played a major role in the development of a local blues style, based on piano-guitar duos.In August 1927, OKeh took Johnson to New York where they combined his extremely sophisticated guitar with the rough, primitive voice of Texas Alexander, resulting in the superb Levee Camp Moan, a classic recording (cf. Blues, 1927-42, FA 033).

BACK IN THE STUDIOS
This New York trip was also a chance for Johnson to make himself known around Harlem. He lived for a time in Manhattan, playing in several clubs and recording both under his own name and various pseudonyms. He became very popular with the notoriously choosy Harlem audiences and could have made a comfortable living in New York but he could never settle in one place for long. By Christmas 1927 we find him in Chicago where he recorded some memorable jazz guitar solos behind Louis and Lil Armstrong, solos that were later to influence Charlie Christian. Lonnie was bringing out a new 78 every six weeks, travelling between New York, St. Louis, Chicago, Memphis…His gifts as a jazz musician led him to record with Duke Ellington in October 1928 but, from November of the same year, it was his association with guitarist Eddie Lang that was to have such a profound effect on his contemporaries and disciples. They cut a number of wonderfully inspired duos, full of daring harmonies and an innovative use of arpeggios and bass line, that are still considered masterpieces. We have included here Guitar Blues, Bull Frog Moan, Deep Minor Rhythm Stomp and Hot Fingers.

On several of these sessions Eddie Lang used the name Blind Willie Dunn, in order to disguise the fact that he was white!These sides had a great impact at the time on both black and white audiences, selling well not only in the States but throughout the world, especially in Europe where Eddie Lang insisted that his real name appear.Lonnie was hugely popular. He seems to have been the first black artist to have his own radio programme in New York: “The Lonnie Johnson Show, introducing the king of guitar”. He appeared in several black touring revues, including Midnight Steppers alongside Bessie Smith, with whom he is reputed to have had a brief affair. In the early 30s his marriage was breaking up and this is reflected in his increasingly bitter, pessimistic blues, at times almost misogynist.

FIVE EMPTY YEARS
Moreover it was these blues that sold best, a fact that Lonnie Johnson lamented for he was clearly happy to get out of the blues straitjacket and interpret Variety numbers, notably his brilliant duos with singer Clara Smith (What Makes You Act Like That?), with Spencer and Clarence Williams (Wipe It Off) and his brilliant Winnie The Wailer, derived from Cab Calloway.Johnson was never an easy man to deal with. He had a high opinion of his own talent and refused to sign the type of unfair contract that so many of his contemporaries accepted. In 1932, he fell out with producer Lester Melrose who controlled most of the blues market. Coupled with the disastrous effect of the Depression on record sales this kept Johnson out of the recording studios for five years.After he and Mary divorced he took to the road again but times were hard. Gigs were hard to come by and, for the first time in his life, Johnson had to take jobs outside music. Many contemporary artists would have disappeared from the musical scene for ever but luck was on his side.

At week-ends, he played in Chicago clubs, particularly the Three Deuces with Baby Dodds. His talents as a guitarists were noticed by Decca, new-comers on the black music market. In 1937, Johnson was back in the studios, backing Alice Moore, Peetie Wheatstraw, Georgia White, as well as under his own name. After a few solo attempts that, while artistically good (Swing Out Rhythm) did not sell well, he adopted a formula popular at the time: guitar, piano, bass. Henceforth, he played mainly in trio, his career taking off again in 1939 with a series of hits: sophisticated blues, whose bitter-sweet lyrics appealed to black audiences. Johnson was one of the first blues musicians to record on electric guitar (behind Peetie Wheatstraw in October 1938: cf. Peetie Wheatstraw, FA 255).

THE POST-WAR YEARS
America’s entry into the war in December 1941, plus the Petrillo ban, stopped all recordings between 1942 and 1944. Again this could have been fatal for Lonnie Johnson, now a fifty-year-old musician who would not necessarily be popular with a younger black population, newly-arrived from the South. He fell back on cabaret and restaurant work but he found it hard to resurface again after 1945. He made the odd record for small independent labels before signing up with King in Cincinnati in 1947. At first, Johnson’s bitter, disillusioned blues were overshadowed by the label’s new Rhythm & Blues stars, such as Wynonie Harris. But then, in 1948, he had a huge hit with Tomorrow Night, an old-fashioned, somewhat syrupy ballad, paving the way for a surprising come-back. Yet again, the 50s were to prove difficult for Lonnie Johnson. He returned to England in 1952 but his style of blues did not suit growing interest in, and demand for, “ethnic” blues. Once more he dropped out of the public eye, only to bounce back in 1963 when “re-discovered” by critic/producer Chris Albertson. He cut several LPs for Prestige-Bluesville and joined the 1963 American Folk Blues Festival tour of Europe, where he made an excellent album in Denmark with that great pianist Otis Spann.He spent the last years of his life in Toronto, working regularly in a local club. As the result of a road accident in March 1969 he could no longer play guitar but he did appear one last time at Toronto’s Massey Hall, Bobby Bland and Buddy Guy backing the old master’s vocals, where he received a standing ovation! He died on 16 June 1970.

AN INVENTIVE GUITARIST
With his long, slender fingers, light touch, boundless imagination, Lonnie Johnson was one of the very first guitarists to change the role of the instrument from that of mere accompanist to a solo instrument in its own right. In spite of poor recording conditions at the time, we cannot fail to be astounded by the volume of sound he managed to produce on an acoustic guitar. He favoured a 12-string guitar, but also sometimes reverted to a 9, 10 or even 6-string instrument. While credited with being an “inventor” of the flatpicking style, on most of his earlier recordings (CD 1) he appears to use fingerpicking (thumb + index finger). However, one cannot be categorical about this for he used a variety of techniques and different keys, employing harmonic and numerous double stops, an approach adopted by later blues and jazz guitarists. Bull Frog Moan and Hot Fingers are masterly examples of all these techniques, with their undeniable “pre-echoes” of Charlie Christian, Django Reinhardt and B.B. King.In his early career, Johnson usually played in the key of D, rarely tuning his guitar in the standard manner but, from 1937 on, notably on his trio numbers, he almost never used D, nor resorted to special tuning, and we find little trace of his earlier inventiveness. It is not clear why he abandoned this innovative approach, welcomed so enthusiastically both by his peers and the public, for a more routine one. Unfortunately, he never gave any in-depth interviews about his style and technique.Be that as it may, Lonnie Johnson remains one of the great guitar innovators who inspired dozens of guitarists, not only in the realm of blues but also in those of jazz and country.
Adapted by Joyce Waterhouse from the French text of Gérard HERZAFT
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 1998

With special thanks to Pick boy for his invaluable help in putting together this boxed set.

CD 1
1. Mr Johnson’s blues  9435-A          2’400
2. Mean old bedbug blues  81214 (J.Davis)        2’530
3. Blues in G  400280            2’470
4. Guitar blues  401865 (Johnson-Lang)        3’130
5. Bull frog moan  401866 (Johnson-Lang)   3’150
6. From now on, make your whoopee at home  402439 3’00
7. Deep minor rhythm stomp  403039 (Johnson-Lang)         3’03
8. Hot fingers  403043 (Johnson-Lang)            2’57
9. Wipe it off  403598 (C.Williams)       3’17
10. I got the best jelly roll in town # 2  403671  3’29
11. Sam, you can’t do that to me  404438      3’00
12. What makes you act like that?  150928 (C.Smith/Johnson)    3’07
13. Let all married women alone  404561       3’17
14. Beautiful but dumb  404946  3’00
15. Sleepy water blues  405098          3’01
16. Cat, you been messin’ around  152061 2’55
17. Winnie the wailer  152142 (Gaskill-Bernie)          3’09
18. There is no justice  152143 (Broonzy)    2’42

Tous les titres par Lonnie Johnson sauf lorsque mentionnés
(1) Lonnie Johnson, vcl/g; John Arnold, pno. Saint Louis, Mo 4 novembre 1925
(2) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 11 août 1927
(3) Lonnie Johnson, g. Memphis, Tn 21 février 1928
(4)(5) Lonnie Johnson, g; Eddie Lang, g. New York City, 7 mai 19293
(6) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 11 juin 1929
(7)(8) Lonnie Johnson, g; Eddie Lang, g. 9 octobre 1929
(9) Lonnie Johnson, vcl/g; Clarence Williams, vcl; Spencer Williams, frottoir; James P. Johnson, pno. New York City, 8 janvier 1930
(10) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 23 janvier 1930
(11) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 11 septembre 1930
(12) Lonnie Johnson, vcl/g; Clara Smith, vcl; Alex Hill, pno. New York City, 31 octobre 1930
(13) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 22 novembre 1930
(14) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 16 juin 1931
(15) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 3 décembre 1931
(16) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 12 janvier 1932
(17) Lonnie Johnson, vcl/g; Fred Longshaw, pno. New York City, 17 mars 1932
(18) Lonnie Johnson, vcl/g. New York City, 17 mars 1932

CD 2
1. Swing out rhythm  91343   2’36
2. Blue ghost blues  63523        3’02
3. She’s only a woman  044046    3’08
4. Jersey Belle blues  044050        3’02
5. I’m just dumb  053109   3’04
6. Get yourself together  053111          3’14
7. Crowing Rooster  059205      2’39
8. Somebody’s got to go  059207 (Broonzy-R.Brown)          3’08
9. I did all I could  059211 3’06
10. In love again  059212          2’55
11. Rambler’s blues  074068      2’55
12. Trouble in mind  106/Me 2002 (R.M. Jones)   3’25
13. Keep what you got  D 485          2’57
14. Blues for everybody  D 493   3’05
15. Love is the answer  4006-1   2’47
16. What a woman  K-5311      2’52
17. What a real woman  K-5336  2’39
18. Falling rain blues  K-5350       2’48

Tous les titres par Lonnie Johnson sauf lorsque mentionnés

(1) Lonnie Johnson, g. Chicago, 8 novembre 1937
(2) Lonnie Johnson, vcl/g; Roosevelt Sykes, pno; bs; dms. New York City, 31 mars 1938
(3)(4) Lonnie Johnson, vcl/g; Joshua Altheimer, pno. Chicago, 2 novembre 1939
(5)(6) Lonnie Johnson, vcl/g; anonyme, g/vcl; Alfred Elkins, bs. Chicago, 22 mai 1940
(7)(8)(9)(10) Lonnie Johnson, vcl/g; Lil Armstrong, pno; Andrew Harris, bs. Chicago, 7 février 1941
(11) Lonnie Johnson, vcl/g; Blind John Davis, pno; Andrew Harris, bs. Chicago, 13 février 1942
(12) Lonnie Johnson, vcl/g; Carl Jones, vcl; Bob Shaffner, tpt; alto-sax; Richard M. Jones, pno; bs; dms. Chicago, c. 1945
(13)(14) Lonnie Johnson, vcl/g; Blind John Davis, pno. New York City, 15 juillet 1946
(15) Lonnie Johnson, vcl/g; Blind John Davis, pno; bs. Chicago, 2 juin 1947
(16) Lonnie Johnson, vcl/g; Simeon Hatch, pno; Paul Parks, bs; Nelson Burton, dms. Cincinnati, 10 décembre 1947
(17) Lonnie Johnson, vcl/g; John Hughes, pno; Roy Coulter, bs; dms. Cincinnati, 14 décembre 1947
(18) Lonnie Johnson, vcl/g; Allen Smith, pno; Monte Morrison, bs. Cincinnati, c. 20 décembre 1947

CD Loonie Johnson © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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