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INTÉGRALE HENRI SALVADOR 1942-1948
MALADIE D’AMOUR








C'est en 1994 qu'Henri Salvador se décida non pas à publier son autobiographie, mais à livrer quelques uns de ses souvenirs, comme ça, en vrac, sans trop se préoccuper de chronologie et de petits détails. L'ouvrage sortit aux éditions Jean-Claude Lattès sous le titre Attention ma Vie. En vérité il était grand temps, mais pour quelqu'un qui se plaît à signaler l'existence d'une langue polynésienne "où les verbes ne se conjugent jamais au passé ou au futur, mais toujours au présent", c'est en somme tout à fait normal. Et puis, on ne peut pas écrire ses mémoires à vingt ans, ce ne serait pas sérieux. Or, Henri Salvador, l'un des fantaisistes les plus débridés qu'ait connu la chanson et le music-hall français, est un homme éminemment sérieux. Une preuve ? Il est tout de même le seul qui ait eu à cœur d'adapter en rock deux jeunes auteurs prometteurs encore qu'injustement méconnus, Jean Racine et Pierre Corneille... Le livre une fois refermé - après lecture assidue, bien sûr -, on a comme l'impression d'un manque, ou plutôt d'une absence. Comme si, dans l'acte même de se dévoiler, Salvador se voilait encore davantage. Evidemment, les étudiants en philosophie (on prétend qu'il y en a encore) ont l'habitude de ce genre de jeux de passe-passe, eux qui connaissent par cœur les tours pendables que l'Etre joue au Temps dans le Sein und Zeit d'Heidegger. Mais tout le monde n'est pas étudiant en philosophie. Et puis, oserons-nous l'avouer, Henri est tout de même plus marrant que Martin. Jean-Paul Sartre en conviendrait volontiers... Bref, et bien qu'il donne là nombre d'indications précieuses sur ses origines, son papa, sa maman, sur ses goûts et dégoûts, sur sa car_rière, sur ses amis et ennemis, sur sa passion pour le jeu et pour la pétanque, sur son enthousiasme des plus limités pour les militaires, Henri Salvador, au bout du compte, nous reste presque un inconnu...

Henri Salvador, qui êtes-vous ?
Comme si une seule réponse, bien franche, bien carrée, pouvait suffire... Henri Salvador, pour les uns, c'est le monsieur tendre qui se rappelle les chansons que lui chantait sa maman (Le Loup, la Biche et le Chevalier) ou qui fredonne, nostalgique, des textes rêveurs (Syracuse). Pour d'autres, c'est le pote à Boris Vian qui lui concocta quelques succulents rocks (Rock And Roll Mops, Rock-Hoquet, Va t'faire cuire un Œuf, Man...) et d'héroïques grosses charges (Faut rigoler, Le Blouse du Dentiste, La Java mondaine, Moi J'préfère la Marche à Pied, Le Taxi, Le Fêtard, Oh! Quand les Saints...), où vient parfois se mêler comme un parfum de douce amertume (Le Gars de Rochechouart, Le Gosse) et d'optimisme mélancolique (J'ai vingt Ans). Quelques uns le préfèrent caressant le blues et la guitare (Salvador Plays The Blues) ou rendant à Count Basie flanqué de sa belle machine à swing l'hommage qui leur est dû (Lil' Darlin'). Certains ne jurent que par son prodigieux tonus comique trouvant à s'exprimer dans de fabuleux accès de fou-rire, dans de croustillantes parodies de saucissons à la mode du jour (Buenas Noches mi Amor, Bon Voyage, Ça c'est d'la Musique, Colonel Bogey, Gondolier, Je n'peux pas rentrer chez Moi, Hoy-Tong-Chi, les trois rocks cornéliens et le rock racinien mentionnés plus haut...), ou encore dans cette aisance à adopter cet accent aimable et chantant des Antilles qui se plaît à omettre si opportunément l'encombrante et bien inutile consonne "r" (Je n'peux pas travailler, Si y avait pas ton Père, Ça pince, Faut rigoler...) Sans oublier ceux, innombrables, qui attendent, haletant, que Zorro arrive enfin pour rendre sa justice sous un chêne et mettre un peu d'ordre dans le n'importe quoi ambiant. Bref, ça fait un monde fou. Et tout ce tas de Salvadors réunis en un Henri idéal, ça fait trop pour qu'un seul recueil de souvenirs, aussi judicieux qu'ait pu être leur choix, puisse jamais l'épuiser. Tant pis. Ou plutôt tant mieux. Comme ça, chacun aura SON Salvador et, si l'envie lui en prend, pourra toujours cligner de l'œil en direction du Salvador des autres. Trente-six Salvadors valent mieux qu'un seul, surtout dans un monde où, sans doute l'aurez-vous remarqué, on a tendance à s'emmernuyer de plus en plus. Et puis trente-six Salvadors, c'est cela, justement, qui fait qu'Henri est vareuse... euh... qu'il est unique. On peut naturellement se demander si tous ceux qu'attire plus particulièrement l'une des facettes ci-avant mentionnées de notre héros ne vont pas se retrouver dépaysés - voire déçus - à l'écoute des gravures anciennes de ce premier recueil. Car, admettons-le, si le facétieux petit génie pointe déjà fortement ici et là le bout de son museau malin hors de la lampe merveilleuse, les "grandes options" qui feront de lui l'une des énormes vedettes du music-hall international sont encore dans l'œuf. La berceuse que lui chantait sa maman est certes au prochain tournant, de même que Ma Doudou, mais les chansons antillaises pour rire sont encore loin. Les parodies de "tubes" ne pourront véritablement distiller leur verve joyeuse qu'à l'ère glorieuse du 45-tours Roi, c'est-à-dire à la fin des années 50. En 1946-48, Boris Vian se consacre encore davantage à la trompinette hot et à la littérature qu'à l'écriture de complaintes folles sur mesures pour copain Henri. Quant à Zorro chevauchant son noir destrier, il lui faudra tout de même encore un bon bout de temps avant d'arriver, comme le beaujolais nouveau, sur les plateaux des pick-up des radios dans le vent...

Pourtant, gageons que, une fois passée la surprise, les salvadorolâtres et même les autres y retrouveront leurs petits et seront ravis. Car, aucun doute sur la question, Henri est déjà bien là, même quand il ne prononce que quelques mots (choisis, cela va de soi) : Henri tout entier, tendre et rigolo, sarcastique et cinglé, un et multiple, tel qu'il le fut d'entrée de jeu et se plut à le rester. Et puis il y a là, dans ces faces oubliées de la période 1942-1948, des choses d'une grande rareté, comme ces émissions de la radio suisse qui ne furent diffusées qu'une seule fois en leur temps, ou comme ces acétates enregistrés à Bruxelles en 1947 au cours d'une prolifique séance, miraculeusement sauvés par Iwan Frésart. Quant aux gravures destinées à être commercialisées, on peut dire qu'à l'exception du premier disque d'Henri sous son nom (Clopin Clopant, Maladie d'Amour), des deux jolies chansons de Paul Misraki (Le petit Souper aux Chandelles, Le Portrait de Tante Caroline), de celle de Mireille et Jean Nohain (Parce que ça me donne du Courage), de quelques titres avec l'orchestre Ray Ventura (Maria de Bahia, Monsieur de la Palice, La Samba de là-bas...), repris voici des lustres en microsillon, l'ensemble que ce l'on trouvera ici n'a guère connu les honneurs de la réédition. Certes, il y a dans le tas des choses d'un intérêt contestable, comme par exemple La Muchica ou Les Yeux des Muchachos, tous deux passablement ringards, et d'autres dans lequelles Salvador, lâché au milieu des autres vocalistes, n'a droit qu'à la portion congrue (L'Alphabet, Chanson d'un Sou, Elle est laide, Les Six petits Œufs, Monsieur de la Palice...). Mais une intégrale est une intégrale !. On a également inclus plusieurs échantillons de l'art de Salvador guitariste en ne sélectionnant que des titres où, nous semble-t-il, il prend quelques mesures en soliste (My Guy's Come Back, Jam Session, On The Sunny Side Of The Street...). Il doit en exister d'autres, mais ils sont demeurés obstinément introuvables. Quelques uns nous reprocheront sans doute d'avoir ratissé un peu large en alongeant la sauce avec ces faces considérées comme anecdotiques et en aucun cas indispensables. Evidemment. De toute façon, les mêmes nous reprocheraient de ne pas les avoir mises si nous avions opté pour leur exclusion !... Comme il faut bien commencer un jour quelque part, Henri Salvador choisit la date du 18 juillet 1917 : "un jour relativement important dans ma vie", écrit-il, "car il est celui de mon entrée en gare. Autrement dit de mon arrivée sur cette planète où je me prélasse avec tant de bonheur...". Laissons-le encore préciser : "Pendant sa grossesse, ma mère m'avait enseigné quelques notions de géographie (...) Je déduisis aussitôt que je n'étais probablement pas d'ascendance auvergnate et que je débarquais dans un département tropical lointain. Toutefois et contrairement à de faux renseignements dont on gratifie souvent ma céleste biographie, ce n'était ni La Guadeloupe ni La Martinique, mais La Guyane, où depuis 1852, la France expédiait ses bagnards, pour de longs séjours touristiques. Je naquis dans la rue de la Liberté, au numéro 19, dans un beau quartier de Cayenne".

Ses parents, nous dit Henri, contrairement à certaines apparence trompeuses, appartiennent à cette "race" que l'on dit blanche ("cette peau blanche dont Jules Renard signalait qu'elle était jolie, mais qu'elle a le défaut d'être salissante"). Papa, prénommé Clovis, est natif de la Basse-Terre, en Guadeloupe, et descend d'une famille espagnole installée en Amérique du Sud deux siècles plus tôt. Maman, née Antonine Paterne et à Saint-Claude, est une pure Indienne, une Inca... Le père, un brin sévère avec ses moustaches en guidon de vélo, est franc-maçon, percepteur des impôts et possède une superbe automobile Ford achetée d'occasion. La maman, elle, a "une voix aussi douce que son caractère et me chantait des airs du folklore créole. Ces chansons, qu'on appelait des falbalas, m'ont appris simultanément le goût des jolies mélodies et la nécessité du swing." C'est ainsi que le petit Henri prit contact avec la musique. De toute façon, il y avait à Cayenne bien d'autres occasions d'en entendre : à l'église, au cinéma, au kiosque à musique et aussi lors des enterrements, qui se déroulaient presque comme ceux de La Nouvelle Orléans. Il signale en outre que, garçon bagarreur et turbulent,  il fut à l'école un fort bon élève, toujours premier de la classe, encore qu'à toutes les Fables du bon La Fontaine ou à La Chanson de Roland il ait, dans le domaine littéraire, de loin préféré le catalogue de la Samaritaine, que le grand magasin envoyait chaque année et dont les gravures le faisaient rêver d'un Paris idéal. Le Paris qu'il découvrit en 1924 en débarquant avec sa famille de la gare Saint Lazare ne ressemblait guère à celui qu'il s'était imaginé et il le prit en grippe. Du moins au début, car au bout de peu de temps, la magie de ce qui était encore une vraie capitale (cette "Reine du monde" que chantait Mistinguett à l'époque) eut raison de ses réticences de gamin curieux, avide de nouveauté et de bruit. Les copains du quartier (la famille s'était installée rue Monge, sur la rive gauche), parmi lesquels un titi parisien plus vrai que nature prénommé Arsène, furent sans doute pour beaucoup dans cette rapide acclimatation du petit provincial. Désormais, Henri ne put plus se passer de la Ville Lumière qu'il parcourut en tout sens avec son pote pour guide. Il en délaissa l'école où, pourtant, il s'était jusque là montré si brillant. A l'âge de quatorze ans, on finit tout de même par lui donner son certificat d'études primaires (avec mention) et il s'en tint là. Il y a dans tout cela quelque ironie, lorsque l'on sait que le papa s'était mis à la retraite anticipée et avait trimballé sa maisonnée de la Guyane jusqu'à Paris pour permettre à sa progéniture de suivre des études dignes d'elle dans la capitale !. Dans ses souvenirs, Henri Salvador parle souvent de ses parents, de ses copains, ainsi que d'un sien cousin qui l'appelait toujours "mon Henri" et qui lui fit découvrir le jazz en lui prêtant des disques d'Armstrong et d'Ellington. En revanche, il ne mentionne que fort rarement l'existence d'un grand frère et d'une petite sœur et n'indique même pas leurs prénoms. On ne sait ce qu'il advint de la fille, mais l'aîné, André, fut lui aussi guitariste et chanteur. Il arriva parfois que les deux frères jouassent ensemble à la fin des années 30, mais leurs carrières respectives prirent rapidement des directions divergentes. André tourna quelques films oubliés et la ressemblance était tellement frappante avec celui que l'on avait déjà pu voir sur l'écran dans Mademoiselle s'amuse et Nous irons à Paris (deux productions de Ray Ventura où l'orchestre de celui-ci tenait la vedette), que certains se demandèrent si les responsables de ces pellicules ne s'étaient pas trompés de prénom ! Il n'en était rien. La voix, quant à elle, rappelait également celle d'Henri, en moins chaude peut-être. André Salvador paraît avoir disparu de la circulation vers la fin des années 50... Papa Clovis rêvait de faire de ses fils des Docteurs en droit ou en médecine. A la place, il eut deux saltimbanques au talent sûr. Il n'y perdit certes pas au change et le monde y gagna beaucoup.

Cinglé de cinéma, le jeune Henri consacrait la quasi totalité de son argent de poche à l'exploration des salles obscures. Les films américains de gangsters l'impressionnèrent particulièrement, au point que, bien que ceux-ci mourussent en général à la fin, il caressa le projet d'embrasser une carrière de cet ordre, mais fort heureusement, il finit par se dégonfler. Il voulut aussi apprendre le violon, "dont les sonorités célestes et aériennes (le) faisaient rêver". Au lieu d'un émule de Django, on aurait pu avoir un collègue de Grappelli et de Warlop, mais papa n'a pas voulu parce que fiston séchait l'école. Il préférait le cirque Médrano, fiston, où un clown appelé "Rhum" le convainquit "que faire rire est la plus noble des missions". Ce magicien savait en un clin d'œil transformer les gens venus de tous horizons, les faire communier dans la même franche et saine rigo_lade, ce qui, en ce début plutôt maussade et agité des années 30, représentait un sacré tour de force. De toute évidence "Rhum" colla au gamin de quinze ans le virus de la scène et du métier. L'ayant entendu rire plus fort que les autres - et l'on sait ce que cela peut donner quand Henri Salvador se fend la poire, quelle tornade cela peut déclencher! Quelques-uns de ses rires émaillent d'ailleurs, on l'a dit, le présent recueil -, "Rhum" le fit venir dans sa loge pour le remercier et, mine de rien, lui donna de précieuses indications. A ce moment-là, libéré de ses obligations scolaires, Henri fit des tas de petits boulots dans un monde en crise, un peu comme Louis Armstrong vingt ans plus tôt à La Nouvelle Orléans. Satchmo l'avait tellement impressionné que la passion de la trompette vint remplacer celle du violon, mais là non plus il ne put s'offrir des leçons. Plus tard, pour interpréter Trompette d'Occasion (encore une chanson de Boris Vian), il apprendra un chorus facile mais susceptible de donner l'impression qu'il maîtrise parfaitement l'instrument. En attendant, il lui arriva de faire la manche à la terrasse de bistros de la rive gauche, non pas encore en jouant de la musique, mais en racontant déjà des histoires drôles, en improvisant des sketches qu'il reprendra par la suite sur les scènes des plus grands music-halls. C'est vers cette époque que Django, à défaut de Zorro, est arrivé dans la vie d'Henri Salvador, via les ondes et la T.S.F. Le coup (de foudre) fut aussi fort qu'avec Louis et Duke et, après le violon et la trompette, ce fut au tour de la guitare de devenir l'instrument de prédilection. Cette fois-là fut la bonne, d'autant que papa accepta enfin de payer à son rejeton une guitare modeste sur laquelle celui-ci s'entraîna illico pendant des heures et des mois. Il affirme avoir appris la guitare en autodidacte complet, sans l'aide d'aucun professeur ni la moindre méthode : "J'ai tout appris par l'oreille. J'écoutais des guitaristes dans des disques ou à la T.S.F. et je reconstruisais les accords, les harmonies, en cherchant la meilleure sonorité."... Henri précise également que s'il voua un culte au flamboyant soliste que fut Django Reinhardt, celui-ci ne lui servit point de modèle et qu'il s'inspira davantage de l'Américain Al Casey, qui jouait tout en accord et dont certains disques, gravés avec le "Rhythm" de Fats Waller, étaient disponibles en France (voir à ce sujet le volume de la collection "The Quintessence" consacré au Roi du piano "stride", Thomas "Fats" Waller : Frémeaux FA 207).

Bals et dancings étaient alors si nombreux que le débutant n'eut guère de mal à trouver de l'embauche dès qu'il se lança sur le marché du travail. Après un premier engagement de trois mois à Boulogne-sur-Mer dans l'orchestre du violoniste russe Paul Raïs, Henri se retrouva sur le pavé parisien à peu près au moment où éclata le Front Populaire. Les grêves paralysaient le pays, l'industrie... mais pas l'activité des boîtes de nuits, notamment celles de Pigalle et de Montparnasse, où les fêtards en habit continuaient d'affluer comme de si rien n'était. En réalité, nous dit Henri, ils n'affluaient guère au "Jimmy's", le nouveau club ouvert par un Italien au numéro 6 de la rue Huyghens, à deux pas du "Dôme" et de "La Rotonde" aux terrasses desquels notre guitariste faisait naguère la manche. Il jouait là en quartette en compagnie du pianiste Marcel Maselin, du bassiste Emmanuel Soudieux (futur partenaire de Django), ainsi que d'un batteur hollandais et néanmoins noir appelé Martin, "qui parlait le français avec un accent inoubliable, mélange délicieux d'accents teuton et africain : Amsterdam et le Cameroun réunis sur une seule corde vocale"... Encore un tour de force : le bar, là où il était situé, aurait dû attirer les foules dès le premier soir, or aucun consommateur n'en franchit le seuil durant les deux semaines qui suivirent son ouverture !. Les musiciens n'en avaient cure, qui se livraient toute la nuit à une jam-session échevelée devant des tables vides. Mais le patron, bel homme élégant, séducteur-né dont les revenus plutôt considérables étaient en bonne part dûs à son charme auprès du sexe dit faible, leur intima un soir désertique comme tous les précédents l'ordre de faire venir le monde, faute de quoi ils pourraient dire adieu à leur cachet de trente francs par soirée. Pour connaître la suite de l'aventure, lisez les souvenirs d'Henri Salvador, ou reportez-vous aux notes accompagnant le volume 10 de l'intégrale consacrée à Django Reinhardt, où l'histoire des débuts du "Jimmy's" est narrée. Disons simplement ici que l'écurie de courses dont le bel Italien était propriétaire ainsi que quelques fers à cheval porte-bonheur furent décisifs dans l'arrivée soudaine de la clientèle, devenue du jour au lendemain trop nombreuse. On refusa du monde, Henri connut pour la pre_mière fois le succès, non seulement avec la musique, mais aussi avec ses sketches et puis, parvenu en la ving_tième année de son âge, se trouva contraint d'aller servir la Patrie. Tout comme son futur copain Vian (en_core citoyen de Ville-d'Avray, en ce temps-là, et fort occupé avec ses frangins à faire renaître de ses cendres encore chaudes la "belle jaze-bande"), Henri semble sinon franchement anti-militariste, du moins farouchement pro-civil!. Il partit néanmoins mais fut bientôt catalogué comme "mauvaise tête" et finit par être porté déserteur. Vian savait-il cette histoire quand il écvrivit une vingtaine d'années plus tard, au début de la guerre d'Algérie, la chanson portant ce titre ? En tous cas, Henri n'en fut point l'interprète... Entretemps, le patron du "Jimmy's" dont les affaires allaient de mieux en mieux avait engagé Django Reinhardt et un guitariste d'accompagnement. Toutefois ce dernier partit au bout de peu de temps et Henri retrouva momentanément sa place, cette fois auprès de son idole. Il n'existe malheureusement aucun témoignage enregistré de cette brêve rencontre. Brêve, car l'armée, en cette période difficile, finit par remettre la patte sur lui et par l'envoyer moisir parmi d'autres déserteurs ou repris de justice en tous genres. L'un d'eux, le fameux truand marseillais Carbone qu'Henri avait souvent diverti au "Jimmy's", le prit fort heureusement sous sa protection. Finalement, les choses s'arrangèrent et le déserteur amateur fut rapatrié à la caserne. Il ne la quitta que pour s'en aller-t'en-guerre, car celle-ci fut déclarée peu après. Inutile de revenir sur ce passé peu glorieux.

Envoyé à Soissons avec son régiment, Henri Salvador finit par se retrouver à Biarritz grâce à un vieux vélo sans dérailleur miraculeusement récupéré à l'heure de la débâcle. Libéré, il ne remonta à Paris que quelques jours, sûr qu'il était de trouver du travail à Biarritz où existait une annexe du "Jimmy's Bar". L'orchestre dans lequel il tint la guitare au début nous semble quelque peu mystérieux quant à ses autres membres. Henri cite en effet parmi eux le saxophoniste ténor noir américain Don Byas. Outre qu'à ce moment-là les musiciens américains avaient pour la plupart regagné la Mère-Patrie - les rares d'entre eux qui commirent l'imprudence de rester en France occupée s'y trouvèrent bloqués quand leur pays entra en guerre et furent souvent emprisonnés -, on se demande bien ce qu'aurait pu faire ici Don Byas (qui commençait tout juste à être connu aux U.S.A. en ce temps-là), lui qui ne mit pour la première fois les pieds en Europe (en qualité de membre de l'orchestre Don Redman) qu'en 1946... Henri doit confondre avec une rencontre plus tardive. Ce qui est sûr en revanche c'est qu'un autre guitariste, Guy-Guy Tilche, faisait partie de la bande. Ce qui est tout aussi sûr c'est que c'est lors de cet engagement qu'Henri signa "la plus grosse connerie de son existence", ainsi qu'il l'admet lui-même dans la plus grande simplicité. A la suite d'un pari stupide avec Tilche, il convola pour la première fois en justes noces. Il se refuse jusqu'à donner le nom de l'épousée, convenant néanmoins qu'elle eut assez de charme pour partager sa vie jusqu'en 1947, ajoutant qu'il était fasciné par l'intelligence et la culture d'une dame qui avait fait de longues et prestigieuses études, lui qui avait eu bien du mal à décrocher son certif' à quartoze ans ! Nonobstant ce funeste événement, Salvador continua de jouer à Biarritz, caressant toutefois le projet de passer en zone "nono", car comme toute la côte Atlantique, la ville se trouvait en zone occupée et les uniformes vert-de-gris y pullulaient. Via l'Espagne, il gagna Marseille puis Nice, où le violoniste/chef d'orchestre Bernard Hilda l'engagea dans un groupe se produisant au "Maxim's" et comptant dans ses rangs Tilche, le bassiste Fred Harmelin et Albert Lasry, futur pianiste accompagnateur de Charles Trénet. Il semble qu'Hilda plus que les précédents employeurs d'Henri ait laissé à celui-ci toute l'attitude au déploiement de ses talents de fantaisiste. C'est ainsi qu'il put mettre au point une série de sketches fondés sur le mime, comme Les Portraits de Famille, Le Portefeuille, L'Homme invisible ou Le Bûcheron. L'orchestre se produisit également à Cannes, où Ray Ventura venue l'entendre un soir proposa à Salvador un poste de guitariste, chanteur et comédien dans un groupe remanié, prêt à s'embarquer pour une longue tournée en Amérique du Sud._Hilda lui conseilla d'accepter. Lui-même, prévoyant que la zone soi-disant "libre" ne le resterait plus très longtemps, se préparait d'ailleurs à passer en Espagne et à y demeurer jusqu'à la fin des hostilités.

Henri lui aussi transita de nouveau par l'Espagne et, malgré un certain nombre de contretemps, finit par s'embarquer à Cadix avec le reste de l'orchestre en direction de Rio de Janeiro, dont la baie magnifique fut en vue quelques jours avant Noël 1941. C'est au Casino de la Urca que la bande des Français devait dès son arrivée faire ses premiers pas sur le sol brésilien. La vue de ce lieu ultra-chic, ultra-snob, ne manqua pas de terrifier l'équipe, davantage habituée aux salles plus modestes, plus familiales : "A côté de ça, écrit Henri, les Folies-Bergère avaient l'air d'une salle de patronnage". C'était la catastrophe assurée... sans l'intervention de Salvador, que tout le monde, Ventura, "Coco" Aslan, Paul Misraki (principal compositeur et arrangeur avec qui Henri avait beaucoup sympathisé), s'accordait à trouver miraculeuse. Catapulté sur la scène pour tenter de dérider une assistance glaciale, il interprèta plusieurs de ses sketches, dont Le Portefeuille, Les Portraits de Famille et surtout Popeye, imitation des plus réussies du fameux personnage de dessins animés, grand dégustateur d'épinards devant l'Eternel, imaginé par les frères Fleischer (également créateurs de la coquine Betty Boop). En un clin d'œil la situation fut retournée et le cataclysme initial se mua en triomphe. Les journaux du lendemain  titrèrent sur Salvador "ou Popeye, le phénomène français" et la bande à Ventura fut assurée d'un solide succès au Brésil pour longtemps... Certains collectionneurs affirment que plus tard, lors du retour en Europe, Henri donna son Popeye à la radio et qu'il existerait un enregistrement. C'est possible, encore que l'on puisse se demander quel impact devait avoir la version radiophonique d'une chose essentiellement visuelle. En tous cas, si enregistrement il y a, nous ne l'avons hélas pas retrouvé. Plus de deux années durant, l'orchestre sillonna les routes de l'Amérique du Sud et, outre le Brésil, fit des haltes plus ou moins longues en Uruguay, au Chili et surtout en Argentine. C'est dans la capitale de ce pays-là, Buenos-Aires, haut-lieu du tango où tout ce monde débarqua le 12 juillet 1942, que la série des disques reprit pour Raymond Ventura. De l'automne 42 au printemps 44 une quarantaine de faces fut ainsi gravée pour l'importante firme Odéon, dont Ray et ses Collégiens avaient fréquenté jadis, de 1929 à 1931, la branche française. Quelques titres seront également enregistrés à Rio au cours de l'été 1944, mais le "phénomène français" ne s'y fait guère entendre. Au demeurant, et bien qu'il soit l'une des vedettes incontestées du groupe, on ne peut pas dire qu'on l'entende très souvent non plus dans les faces argentines, Henri... Son succès étant essentiellement dû à des effets scéniques, il est probable que dans les studios du phonographe il passait au second plan, cédant le micro aux anciens, notamment Aslan et Misraki, qui reprirent quelques uns de leurs "tubes" d'avant guerre (Chez Moi, Tiens, tiens, tiens, Une Charade...), auxquels vint s'ajouter un nombre appréciable de nouveautés, comme Insensiblement ou le Ménilmontant de Charles Trénet (réédité au volume 4 de l'intégrale consacrée au Grand Charles : Frémeaux FA 084)... Quelques célébrités locales furent également conviées à inciser dans la gomme-laque (et dans la langue de Cervantes) une quantité non négligeable de productions tout aussi locales du moment... Dans l'ensemble, il appert qu'Henri ne se trouva sollicité qu'à deux reprises, mais comme il ne nous a pas été permis d'écouter près d'une dizaine de ces faces eu égard à leur rareté, il se peut qu'il soit présent dans certaines d'entre elles. La plus ancienne où il intervient - par là même, le tout premier témoignage que nous possédions de lui - n'est autre que la chanson-titre de l'un des films les plus populaires en France sous l'Occupation, Premier Rendez-vous (1941), dont la vedette était la charmante Danielle Darrieux, l'in_génue (souvent délicieusement perverse) numéro un du cinéma nationnal, née la même année qu' Henri, mais dont la carrière était déjà bien plus remplie, puisque ce film-ci était son vingt-huitième... Danielle, interprète dans l'immédiat avant-guerre de plusieurs jolies chansons de Paul Misraki (Dans mon Cœur, Une Charade...), roule parfois gentiement les «r» en chantant. Influença-t-elle Henri ? Mimétisme ? Toujours est-il que lui aussi, dans cet essai initial, ne se prive pas d'en faire autant... L'autre chanson, C'est la Première Fois, signée Misraki, restera plus longtemps au répertoire de l'orchestre et Henri aura l'occasion de la réenregistrer sous une forme assez différente lors du retour à Paris. Les discographies passablement fragmentaires en notre possession nous apprennent qu'une autre version de cet air, gravée sous le numéro de matrice C 12432 et publiée sur le disque Odéon 286081, fut confiée à la cire au cours d'une séance antérieure. Cette fois, le titre est donné en espagnol : Es la primera Vez. Nous n'avons pu l'entendre et ne pouvons donc affirmer que c'est bien Henri Salvador qui la chante dans une langue qui devait tout de même lui être un poil moins familière... Outre ces deux premières tentatives vocales dans le cadre du grand orchestre, il ne nous a pas semblé inutile d'ajouter trois faces instrumentales en comités plus réduits, datant de la même période, dans lesquelles Henri fait montre de ses qualités de guitariste. Après tout, Ventura l'avait engagé autant comme musicien que comme chanteur.

Jam Session (alias Sweet Georgia Brown) réunit à l'automne de 1943, quelques «as français et argentins du jazz», ainsi que l'indique l'étiquette de ce disque rare de la firme locale «Syncopa Ritmo». Les Argentins (les saxophonistes Dante et Henrique Varella) ne nous sont guère familiers, mais les Français, Pierre Allier à la trompette, Eugène d'Hellemmes au trombone, Louis Vola à la basse, Henri à la guitare, comptent parmi les musiciens «hot», habitués du jazz, de l'orchestre Ventura. Une «jam» trop courte (durée du 78 tours oblige...), dans laquelle Henri a juste le temps de glisser quelques mesures en soliste... Ce qu'il ne fait malheureusement pas dans l'autre face (un morceau intitulé Narcisse), interprêtée en plus grande formation. Paul Misraki m'a affirmé avoir assisté à la séance en spectateur (c'est lui qui m'a fourni la date) et croyait se rappeler que le saxophoniste noir nord américain Booker Pittman, qu'il connaissait depuis des années, y avait lui aussi participé. Mais peut-être, s'il n'y a pas confusion de sa part, ce musicien n'intervient-il que dans Narcisse ?.. Louis Vola, qui fut de 1934 à 1939 le contrebassiste le plus régulier du Quintette à cordes du Hot Club de France (avec Stéphane Grappelli et Django), jouit très rapidement en Argentine, où l'avaient précédé nombre de galettes parisiennes de cette étonnante petite formation déjà mondialement connue, d'une notoriété de bon aloi. En 1943, la branche argentine de la maison RCA-Victor l'invita à faire sous son nom des disques calqués sur le modèle français (aux U.S.A., RCA avait publié de nombreuses gravures du Quintette du H.C.F.) On raconte même qu'au tout début, Vola avait carrément demandé que les disques en question fussent livrés aux amateurs sous le nom de : Louis Vola et son Quintette du Hot Club de France. La firme tiqua et préféra un libellé légèrement différent, nettement plus exact : Louis Vola du Quintette du Hot Club de France. Après tout, il était bien le seul des cinq à avoir appartenu au vrai quintette !  Les trois guitaristes dont le remarquable soliste Luis Silva étaient argentins et le superbe violoniste Hernàn Oliva était un Indien originaire du Chili... Je me souviens que lorsque je travaillais chez RCA France (de 1972 à 1987, tout de même !), Pierre Lafargue projettait d'éditer dans la collection "Black & White" l'intégrale des enregistrements de Louis Vola en Argentine - des disques extrêmement rares qui, sous leur forme originale 78 tours, n'avaient jamais été diffusés en Europe ou en Amérique du Nord. L'idée était excellente et plusieurs lettres furent expédiées à Buenos-Aires, demandant des précisions de dates, de numéros de matrices et aussi des copies du matériel galvanoplastique conservé en archives. Le projet ne vit jamais le jour, car nos amis argentins ne daignèrent point répondre à ces demandes pressantes. Peut-être ne possédaient-ils plus le moindre document relatif à ces vieilles choses ? Mais dans ce cas, pourquoi ne pas le dire franchement ?... Finalement, c'est Vola lui-même qui fournit par la suite quelques bribes d'informations - pas assez néanmoins pour sortir un trente-trois tours, trente centimètres, comportant une quinzaine de titres... A défaut de ce disque désespérément resté virtuel (pour user d'un mot à la mode), on pourra trouver ici au moins deux faces de cette belle formation. Henri Salvador ne participa pas aux séances de 1943 et du début 44. C'est seulement lorsque Silva abandonna l'équipe, à l'été de 1944, qu'il se glissa dans la place. Ce qui ne signifie pas qu'il soit le soliste dans les faces réalisées à partir de cette époque. Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'il y ait eu plusieurs solistes dans ces morceaux. Ainsi les deux interventions de guitare de My Blue Heaven ne nous semblent pas nécessairement dûes au même musicien. Henri qui, on le sait, aimait à jouer en accords, est certainement l'auteur de l'introduction et de la coda de Pop Corn Man. D'autres titres par la même formation existent, que nous n'avons pu décortiquer, notamment un Django's Blues ( Victor 60-0685). Une petite cassette de rien du tout serait la bienvenue (avec l'autre face aussi, bien entendu)... Un vrai solo de guitare par Henri Salvador ? Il en a enregistré de fort bons dans les années 50, en particulier sur Salvador Plays The Blues ou Stompin' At The Savoy, mais pour ce qui concerne cette époque plus ancienne, on peut conseiller, avec Ventura lors de la deuxième séance Polydor de 1946, My Guy's Come Back, composition de Benny Goodman, Ray McKinley et Mel Powell au titre joliment évocateur de l'ambiance du temps, dans laquelle il prend quelques mesures douces, tranquilles, comme un gars heureux de retrouver enfin sa ville natale après des années de séparation.

En réalité, Henri hésita un petit peu avant de rentrer. Il semble que l'équipe apprit le débarquement de Normandie à la fin du printemps 1944, alors qu'elle se produisait de nouveau à Rio au toujours ultra snob Casino de la Urca._Misraki se rappelait en revanche que la nouvelle de la libération de Paris leur parvint fin août à Buenos-Aires. Les gens, dans les rues, chantaient La Marseillaise et faisaient la fête. Les engagements se faisant de plus en plus rares, Ventura préféra, puisque l'exil touchait à son terme, dissoudre l'orchestre et donner à chacun de quoi regagner le pays. Trois de ses musiciens n'avaient pas attendu jusque-là : le trompettiste Adrien Termes, le tromboniste Jean Mellet, le pianiste Alain Romans avaient rejoint les Forces Françaises libres dès la fin de 1943. Aujourd'hui retraité, Termes habite à deux pas de chez moi, mais Mellet n'eut pas sa chance qui fut tué au combat. Quand à Romans, il fut fusillé pendant l'été 1944. Il n'en vécut pas moins quarante-quatre ans de plus, jusqu'en 1988. Les gentils tueurs, sans doute dérangés par quelques vilains avions alliés, n'avaient pas eu le temps de donner le coup de grâce... Malgré six ou sept balles (il ne se souvenait plus !) mal placées encore que non mortelles, à peine rétabli il put, moins d'un an plus tard, entrer sur l'un des premiers chars français dans les décombres de Berlin... Au cours des années suivantes, Alain Romans enregistra pour Pathé une copieuse série de solos de piano, accompagné par une guitare et une contrebasse ou une batterie. En 1947-48, Salvador participa à plusieurs de ces séances, jouant en accords, comme il aimait. Il ne prend pas de solos, raison pour laquelle nous avons décidé de ne point inclure ici ces faces. La plus grosse partie de l'orchestre Ventura regagna donc la France dès la fin de l'an 44, alors que Ray lui-même et Paul Misraki firent halte aux U.S.A., du côté d'Hollywood, où le compo_siteur de Tout va très bien fut chargé d'écrire une nouvelle partition pour le "remake" américain de Battements de Cœurs, grand succès en 1939-40 du cinéma hexagonal (et vingt-septième film de Danielle Darrieux), dont il avait déjà signé la musique originale. Malgré les propositions des studios Yankees de le garder, Misraki préféra retrouver Paris en 1945, mais cette intéressante expérience décida de l'orientation future de sa carrière en faisant de lui un véritable musicien de films. Quelques autres membres de l'orchestre enfin, Jean d'Arco, Eugène d'Hellemmes, Amédée Charles, Louis Vola et Henri, trouvant de l'embauche en Amérique latine, différèrent leur départ. Toujours fort demandé, Vola continua de diriger son petit groupe, se maria, eut des enfants et ne regagna la France que dans le courant des années 70... Henri se produisit principalement au Brésil, dans la région du Minas Gerais puis à Rio, jusqu'à l'automne de 1945. A cette époque Ventura, rentré à Paris et prêt à lancer un nouvel orchetre, l'invita à y reprendre sa place. Salvador sauta sur l'occasion, mais ne put participer aux répétitions en novembre. Il fut néamoins bien là, du 6 au 10 décembre 1945, pour les soirées d'ouverture, à la Salle Pleyel. Paris ne fut pas bien long à découvrir quel nouveau talent explosif se trouvait désormais en ses murs... Ce n'est cependant pas accompagné par le sus-mentionné nouveau grand orchestre que nous découvrons d'abord Henri Salvador de retour sur la terre de ses ancêtres les Gaulois. Ce n'est du reste pas en Gaule, mais en Helvétie, que fut enregistré ce document peu connu. Un sketch sans musique et sans trop d'effets visuels - donc parfaitement compréhensible pour les auditeurs de la T.S.F. -, où Henri, introduit par le patron en personne, se plait à imiter avec sa verve coutumière trois célébrités de la scène parisienne, Louis Jouvet (de retour lui aussi des Amériques), Raimu et Sacha Guitry. Le dernier cité s'y trouve épinglé, non sans un brin de cruauté, pour son attitude passablement ambigüe durant l'Occupation, laquelle lui valut à la Libération quelques démélés avec les comités d'épuration. Tout cela était encore très frais fin 1945, alors que Guitry restait frappé d'interdiction. A l'endroit de ce comédien-né, inconscient, imprudent, toujour en représentation, c'était peut-être injuste. Salvador, en tous cas, ne dut pas garder longtemps ce sketch de circonstances à son répertoire. D'autant que Raimu eut la mauvaise idée de fausser compagnie à ses admirateurs en 1946 et que, quitte à évoquer sa mémoire, il valait mieux que cela fût de manière moins acide... Puisqu'il est question de dates d'enregistrements suisses, précisons que, touchant l'autre titre de même provenance, Elle est laide, le mois de décembre 1948 indiqué par nos amis collectionneurs de là-bas nous paraît tardif. Les deux airs interprètés sur les ondes ce jour-là, Chanson des sept Jours et Elle est laide, appartiennent en effet au répertoire de l'orchestre de la période 1941-1947 et ne furent plus guère joués par la suite. Fin 48, Ventura aurait sûrement offert au public des chose plus récentes, voir même quelques nouveautés prévues pour être incorporées à un film en préparation, destiné à voir le jour l'année suivante : Nous irons à Paris... D'autre part, fin 1948, Ventura ne disposait plus, depuis près de deux ans, d'un orchestre régulier (nous en reparlerons) et ne réunissait les musiciens que pour les séances de disques, les films et quelques galas exceptionnels à Paris - plus de question, en tous cas, de tournées lointaines... Voilà pourquoi j'ose penser que l'enregistrement en question fut plutôt réalisé vers la fin de 1946, quand la bande était encore par monts et par vaux (terminologie parfaitement adaptée aux paysages suisses). Il est toutefois possible que la diffusion ait eu lieu longtemps après l'enregistrement...

Les galas parisiens terminés, l'orchestre se retrouva lancé sur les routes - comme d'habitude. Cette fois, ce furent celles de la vieille Europe en ruines._On joua ainsi en Suisse, en Autriche, notamment à Vienne où Salvador fit un tabac auprès des très sévères officiers soviétiques des troupes d'occupation. Ensuite, la Manche fut franchie et l'orchestre de Ray Ventura s'autorisa un moment de détente à Londres. Ce n'était pas la première fois : dès 1932, les "Collégiens" y avaient remporté un franc succès et y avaient enregistré des tas de disques pour la maison Decca. Ils étaient revenus en 1938. Bien des choses avaient changé et les petits nouveaux ne connaissaient guère l'atmosphère de la capitale de l'Empire. Decca - vieux souvenir ? - leur fit graver en juin 1946 quatre faces, dont deux ne furent jamais éditées. Salvador est la vedette de Hey Ba-Ba Re-Bop, gros "tube" de Lionel Hampton arrivé récemment de chez les jitterbugs fous. Avec sa merveilleuse insoucience, il s'en tire comme un chef, mais les ventes de la galette resteront des plus confidentielles. Une bonne occasion de redécouvrir Henri Salvador en vrai cinglé de jazz "hot"... La Belgique, toujours fort entichée de jazz pas cool, accueillit également un groupe dont les affaires n'allaient pas si bien. Une première séance, organisée pour la marque Victory par Félix Faecq, l'un des plus anciens propagateurs du jazz outre-Quiévrain, ne donna pas grand chose - du moins pour ce qui concerne Henri. En revanche, il est fort à l'honneur, le citoyen Salvador, au cours de la copieuse séance bruxelloise réalisée un an plus tard, le 24 mars 1947, dont Iwan Frésart eut jadis la chance, on l'a dit, de récupérer la quasi-intégralité, acétates d'essai compris. A ce moment là, l'orchestre, de moins et moins demandé malgré son dynamisme, était déjà à peu près condamné et ses membres le savaient. Ray Ventura, qui fut toujours parfaitement correct avec les musiciens de ses groupes successifs, qui commençait à se fatiguer des tournées incessantes depuis la fin des années 20, qui réalisait enfin son vieux rêve en devenant producteur de cinéma et qui n'arrivait plus à faire vivre une grande formation mi-jazz, mi-variétés, à une époque où la mode en était passée, Ray Ventura avait donc annoncé à sa troupe qu'elle ne passerait pas l'été. De fait, le couperet tomba très exactement, nous apprend Jacques Hélian dans son ouvrage consacré aux grands orchestres de music-hall en France (Filipacchi Edit., 1984), le 27 mars 47, soit trois jours après les exploits de Bruxelles. On ne sait si la dissolution eut lieu là-bas ou ici, dans l'ex-ville-lumière, mais il est sûr que le patron proposa à sa troupe de la reprendre pour toutes les séances de disques que, par contrat, il devait à la firme Polydor. Il la reprit également pour les films en chantier, à commencer par Mademoiselle s'amuse. Le chant du cygne, la longue séance du 24 mars 47, dont la petite firme belge Magic ne sortit que quelques bribes, permit à des tas de gens de bénéficier du soutien de l'orchestre Ray Ventura à son dernier matin, ou presque... Ainsi, "Coco" (devenu "Grégoire") Aslan, vieux routier, fantaisiste numéro un de l'équipe dans les années 30, ayant décidé de se reconvertir dans le théâtre et le cinéma, fut au rendez-vous pour l'enregistrement d'un unique titre. Rudy Hirigoyen, spécialisé dans les espagnolades en fit autant. La chanteuse Inez Cavanaugh et le trompettiste "Peanuts" Holland, tous deux membres du grand orchestre de Don Redman - la première formation noire américaine de ce type à jouer en Europe après la guerre - prêtèrent leur concours à la gravure, l'une de Five Minutes More, l'autre, en qualité de vocaliste, de Hey Ba-Ba Re-Bop. Estimant sans doute que l'accent harlémite du monsieur était meilleur que le sien, Salvador lui céda volontiers la place. Toujours galant, il laissa aussi la chanteuse belge Viviane Chantel s'attaquer à son C'est la première Fois (dont il venait d'ailleurs de tourner à Paris une nouvelle mouture ici reproduite). Quant à lui, il se contenta de cette autre chanson, J'aurais bien donné dix Ans de ma Vie, tirée de l'opérette La bonne Hôtesse et déjà enregistrée là encore quelques mois plus tôt chez Polydor. On trouvera ici cette version initiale, la prise choisie pour l'édition de la version bruxelloise et une gravure d'essai provenant de la même séance... A défaut d'Hey Ba-Ba Re-Bop réquisitionné par "Peanuts", Henri Salvador put se rattraper tout son saoul avec Open the Door, Richard !, autre scie made in U.S.A. conçue  suivant les mêmes canons de ce que l'on commençait à appeler là-bas le "Rhythm'n Blues". Nous avons choisi de livrer le premier essai et la prise (numérotée "2") utilisée pour l'édition publique. Il existe une prise marquée "1", mais elle n'offre guère de différences par rapport à celles retenues pour la présente sélection._On se délectera, à la fin du morceau (surtout dans l'essai), de la crise de désespoir submergeant le pauvre hère que ne peut pas rentrer chez lui (déjà !) et annonçant avec une confortable avance les sanglots hystériques du génial Gertrude... Le 78 tours original fut édité sous le nom bidon de "Glenn Powell and his Orchestra", peut-être parce que le pianiste Mel Powell faisait partie, en 1944-45, de l'orchestre de Glenn Miller ? En tous cas, à coup sûr, pour ne point trop attirer l'attention de la maison Polydor, avec laquelle Ray Ventura était (théoriquement) en exclusivité. Les autres disques de la série furent crédités aux "Collégiens de Paris", ce qui, évidemment, ne trompa personne. D'autant moins qu'Henri, le crooner Billy Toffel et le fantaisiste/batteur Max Elloy (repreneur du rôle de "Coco" Aslan) étaient immédiatement reconnaissables !... Henri et Elloy se partagent, comme à l'accoutumée, Maria de Bahia, cette samba que Misraki avait composée en Amérique du Sud (c'est bien normal) et qui avait, dit-on, déjà été utilisée dans un film local, où une fillette jouait le rôle de Carmen Miranda ! L'aria fera long feu qui sera, nantie de paroles françaises, casée dans une autre pellicule, bien gauloise cette fois, Mademoiselle s'amuse... Pour s'amuser justement, car ces laques n'étaient évidemment pas destinées à la commercialisation, on fit aussi un peu de jazz en petit comité, avec Henri à la guitare, fort à son aise sur On the Sunny Side Of The Street et Chinatown, My Chinatown, deux standards honorés jadis par Armstrong (entre autres). A la fin de Chinatown, alors que la laque continue sa course sous le graveur, on à la surprise d'entendre "Coco" Aslan dire un petit poème malicieux de son cru, après que le rire mythique, énaurme, d'Henri Salvador eut résonné sous les voutes vénérables... Au fait, tant que nous y sommes, cette rencontre entre Salvador et Don Byas dont il a été question, ne serait-ce pas plutôt à ce moment-là qu'elle eut lieu ? En effet, sur On The Sunny Side, ce n'est point la clarinette de Gérard Lèvèque que l'on perçoit, mais bien un saxophone ténor, l'instrument dont jouait Byas, lequel était lui aussi arrivé avec l'orchestre Don Redman... De là à supposer qu'il ait accompagné ses copains au studio...

Ray Ventura avait fait ses disques les plus célèbres de 1935 à 1940 pour la maison Pathé. A son retour, il n'eut pas envie de renouer avec la vieille firme du coq et préféra signer chez Polydor, boîte issue de la Deutsche Grammophon A.G. et rendue à la liberté fin 1944, pour laquelle il avait fait quelques faces à la sauvette vers 1930... La direction avait, on s'en doute, changé du tout au tout, mais les techniciens officiant pendant l'Occu_pation étaient toujours là, en particulier Robert et Lucien Sergent, lesquels, disons-le sans méchanceté, ne comptaient pas parmi les meilleurs de la corporation. La qualité sonore des faces de 1946-47 s'en ressent passablement. Par chance , à la fin de 1947, le vieux routier Georges Cailly, ancien de chez Columbia et Pathé-Marconi, les remplaça avantageusement, tandis que le studio vétuste se trouva transféré dans l'enceinte de la salle Chopin-Pleyel. Tout ceci n'a aujourd'hui qu'une importance relative, mais peut tout de même expliquer la différence très sensible existant entre les premiers disques et les suivants. Ajoutons que la pâte utilisée pour les pressages est à peu près aussi mauvaise que celle employée sous l'Occupation. On ne s'étonnera donc pas d'être loin de la "hi-fi" (bien que celle-ci ait déjà été mise au point à l'époque). Nous n'avons bien entendu réuni ici que les seules faces concernant de près ou de loin Henri Salvador, mais il en existe quantité d'autres. Outre ce qu'il exécute en soliste (C'est la première Fois, J'aurais bien donné dix Ans de ma Vie, Silence, On tourne), il a droit, on l'a signalé, à des interventions plus ou moins longues, entre celles dévolues à Billy Toffel, Paul Matteï, Ginette Giner et surtout Max Elloy, sur  tous les autres titres. Nous ne les détaillerons pas, préférant vous laisser le plaisir de la découverte. Quelques jalons, cependant : dans Les six petits Oeufs, Henri conte l'his_toire de l'œuf dur-de-dur, acoquiné avec une petite mayonnaise fort bien tournée; dans Chanson d'un Sou, il évoque la passion brêve et malheureuse du pauvre petit sou percé, ancien combattant, pour une pièce de dix sous dorée et infidèle ; sur Comme ça, la gentille valse de Marc Lanjean, il tient le rôle de Gégène, çui qu'a pas un veston en pure laine; dans Armstrong, Duke Ellington, Cab Calloway il ne peut tout naturellement que personnifier le dernier cité, le Roi du "Hi-de-ho" (la version du film, plus farfelue, plus tonique, nous paraît supérieure à celle du disque)... A vous de chercher le reste. Cen n'est pas toujours facile, surtout dans le cas de chansons comme Maria de Bahia où, suivant  les versions (il n'y en a pas moins de trois ici), il n'intervient pas néces_sairement aux mêmes endroits !... L'un de ces Maria de Bahia (le dernier) provient de la bande-son du film Mademoiselle s'amuse, dont on trouvera plusieurs extraits avec, en prio_rité, ceux faisant intervenir Salvador (Maria..., Bon appétit, Mademoi_selle, Armstrong...). Depuis les années 30, Ray Ventura rêvait de s'occuper de cinéma. Sans la guerre et l'Occupation, il y serait sans doute parvenu plus tôt._Fondée fin 1946, sa maison "Hoche-Productions" resta active jusque dans les années 60 et permit la réalisation de films parfois ambitieux, encore qu'elle se soit surtout consacrée à la fabrication (soignée) de gentilles comédies (musicales ou non) sans prétentions mais bien rythmées, dont Mademoiselle s'amuse, mis en scène par le prolifique Jean Boyer, constitue l'un des meilleurs exemples...

Bien que convalescente et plutôt fauchée, la maison Polydor-France put se permettre de proposer dans les ultimes moments de l'an 1947 un petit contrat d'enregistrement à Henri (noté à l'époque "Henry" sur l'étiquette des 78 tours). C'était le premier du genre et, après tout, il devait encore être dans les prix que la firme pouvait y mettre ! Salvador avait beau être déjà la vedette incontestée, reperée par les connaisseurs, d'un orchestre réputé, il n'avait jusqu'alors - du moins en Europe - jamais fait cavalier seul. Son succès chez Ventura n'impliquait pour autant qu'il continuerait lorsque notre homme se déciderait à faire de la scène et des disques en dehors de ce cadre. On sait aujourd'hui qu'il n'y avait aucune crainte à avoir !... Le contrat sera reconduit, y compris quand Polydor passera sous le contrôle de Philips, presque jusqu'à la fin des années 50, ce qui facilitera grandement les rencontres entre Henri et Boris Vian, devenu en 1955 l'un des directeurs artistiques les plus actifs de la maison. Lorsque Ventura se sépara de son orchestre, Salvador fut jusqu'à l'automne de 1948 parmi les plus assidus à lui prêter main forte pour les séances de disques (le contrat de Ray ne prit fin qu'en octobre1951), bénéficiant ainsi parfois du soutien de la formation au complet, comme dans le délirant - et si parfaitement juste! - Silence, on tourne... L'un des grands Salvador de ce temps-là. Pour les autres faces sous son nom, il préféra l'accompagnement plus discret de sa seule guitare (Clopin Clopant, Maladie d'Amour, Le petit Souper aux Chandelles, Le Portrait de Tante Caroline) ou d'un trio doux (Tout ça, Mon Ange, Parce que ça me donne du Courage). Les chansons de son premier disque, Henri les enregistra à deux reprises, d'abord le 12 décembre 1947, puis le 15 janvier 48, à la suite de Armstrong..., Comme ça et La Muchica avec Ray Ventura. Ce sont ces secondes versions qui furent finalement retenues pour l'édition et se trouvent ici reproduites. Clopin Clopant, de Pierre Dudan et Bruno Coquatrix, fut un des beaux "tubes" du moment, avec nombres d'interprètes à la clef. Henri paraît lui préférer sa chanson, Maladie d'Amour, qui, dit-il, devint un succès mondial : "Rien qu'aux Etats-Unis, elle eut droit à plus de trois mille enregistrements différents"... En revanche, il semble que le Polydor 560076 couplant Chanson surréaliste et Salvador s'amuse fit un joli "flop", à en juger par la rareté de la galette (merci Anne et Jean-Christophe !). Admettons que cette "chanson surréaliste" dut plutôt paraître "lettriste" aux auditeurs (son véritable titre est en effet "I", tout simplement - oui, la neuvième lettre de l'alphabet) et que Salvador s'amuse, trois minutes de fou-rire homérique, privé de l'image et des mimiques indispensables, resta incompris d'un public de marbre. Pourtant, Henri affirme que quand il créa ce numéro assez casse-gueule sur la scène de l'A.B.C., tout le monde se prit à se gondoler, comme jadis à Médrano avec le génial clown "Rhum". Henri ajoute que c'est sûrement là - juste avant - qu'il connut le plus beau trac de sa carrière... Depuis que Ray n'est plus chef d'orchestre, Salvador vole en effet de ses propres ailes. Ses débuts à Bobino, en "vedette américaine", sont prometteurs et, après avoir refusé de faire l'ouverture de l'Olympia, il passe à l'A.B.C. et "Chez Carrère". L'engre_nage... Dans la foulée, il obtient en 1949 deux grands prix du disque : prix de charme avec Le Portrait de Tante Caroline, prix de fantaisie avec Parce que Ça me donne du Courage. Celui-ci, le second, il dut sans doute le partager ex-aequo avec Yves Montand c'est du moins ce que laisse supposer l'étiquette du disque Odéon sur lequel Montand donne sa version person_nelle de la même ironique ritour_nelle!...

Yves Montand, il est justement en octobre 1948 Le Chevalier Bayard, héros sans peur et sans reproche d'une comédie musicale loufoque en quatorze tableaux représentée sur la scène de l'Alhambra, mêlant allègrement costumes et époques dans une suite ininterrompue d'anachronismes savoureux. Concoctée par Paul Misraki (musique), André Hornez (lyrics et livret) et Bruno Coquatrix (livret), cette opérette à grand spectacle qui fit le bonheur de ses interprètes (Montand, Ludmilla Tcherina, Félix Oudart et... Henri Salvador) sans cesse en proie à de folles crises de rigolade, dont la critique et le public se régalèrent, qui promut le second degré au rang des arts nobles, ne tint pas l'affiche un mois! Les réservations se faisant rares, il fallut arrêter le massacre avant de devoir se produire devant une salle déserte... "Le nonsense n'est pas encore à la mode, ou ne l'est plus. Fred Pasquali, le metteur en scène, ne voit d'autre explication à ce chavirement incompréhensible." (extrait du Tu vois, Je n'ai pas oublié, par Hervé Hamon & Patrick Rotman - Seuil/Fayard, 1990). Comme le spectacle devait obligatoirement marcher et tenir le bon bout des mois, voire des années, la compagnie Odéon s'empressa d'en faire emburiner par Montand deux airs, Flâner tous les deux et Champion du Monde, dont les ventes ne furent point à la hauteur des espérances. Quant à Salvador, il grava lui aussi, accompagné par la formation de studio venturesque et avec Max Elloy pour compère, l'une des chansons qu'il donnait sur scène : La Samba de là-bas. Le ton résolument malicieux et rigolard des paroles d'Hornez, parfaitement en phase avec la personnalité de l'interprète, fait regretter encore d'avantage que tout cela ait injustement et trop vite sombré dans l'oubli... Cette Samba de là-bas (Au Brésil, Paul Misraki s'était entiché de cette danse bouillonnante et avait beaucoup contribué à son acclimatation sous nos cieux) fut l'ultime face enregistrée par Henri Salvador chez Ray Ventura. On comprendra aisément pourquoi nous avons choisi de conclure en sa compagnie ce premier recueil : ce qui a commencé sous le signe de Ray Ventura doit se clore sous le signe de Ray Ventura - c'était écrit!.. Désormais trop pris par ses activités multiples en solitaire heureux, Henri n'aura plus le temps de venir prêter main forte à son ancien chef. D'autant qu'il vaut mieux, puisque le temps en a décidé ainsi, tourner la page... Henri et Ray ne se sont fort heureusement pas fâchés pour si peu. La preuve? Monsieur Ventura, producteur de cinéma, invitera bientôt son ex-guitariste, fantaisiste, chanteur, à tourner en sa compagnie un petit bout de pellicule portant titre Nous irons à Paris. Espérons que nous irons en même temps qu'eux pour pouvoir les écouter...
Daniel NEVERS
(c) FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/ GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2000

english notes
In 1994 Henri Salvador decided to unveil a handful of his souvenirs without for so much writing an autobiography.  This sudden gush of memorabilia, somewhat neglectful when it came to chronology and details, was entitled Attention ma Vie.  However, after reading the book, it would seem that something is missing.  In the process of self-revelation, Salvador has managed to tuck himself away even further.  Despite certain details pertaining to his origins - his parents, his likes and dislikes, his career, his friends and enemies and so on, Henri Salvador still remains an enigma.  Mr Salvador, who exactly are you ? As if one simple answer could suffice.  For some, Henri Salvador is the tender gentleman who recalls the songs mummy used to sing (Le Loup, la Biche et le Chevalier) or who nostalgically hums dreamy melodies (Syracuse).  For others, he is Boris Vian’s chum who rustled up several succulent rock numbers for him (Rock And Roll Mops, Rock-Hoquet, Va t’faire cuire un Oeuf, Man ...) and some heroic deeds (Faut rigoler, Le Blouse du Dentiste, La Java mondaine, Moi j’préfère la Marche à Pied, Le Taxi, Le Fêtard, Oh ! Quand les Saints ...) which occasionally have a sweetly bitter flavour (Le Gars de Rochechouart, Le Gosse) and melancholic optimism (J’ai vingt Ans).  Some people prefer his blues on the guitar (Salvador Plays The Blues) while others swear by his hilarious, parodic side (Buenos Noches mi Amor, Bon voyage, Ca c’est d’la Musique, Colonel Bogey, Gondolier, Je n’peux pas rentrer chez Moi, Hoy-Tong-Chi, three rock versions of author Pierre Corneille, and one of Jean Racine) and other fans fall for his easy-going West Indian accent (Je n’peux pas travailler, Si y avait pas ton Père, ça pince, Faut rigoler...).  Then, of course, there are many who impatiently await for Zorro to come along and tidy things up. So many Salvadors reunited in one personage may appear confusing, but there is at least one of his facets which may appeal to each and every one.  Those who are particu?larly struck by one of his personae could eventually be disappointed by this first volume.  For if during these early days the genie sometimes pokes his nose out of the magic lamp, Henri’s veritable brilliance which would make him a celebrated star of the international music-hall had not yet been unearthed.  The lullabies were perhaps not far off, but the humorous West Indian numbers were still distant and his parodies of ‘hits’ had to wait for the era of the E.P.’s, i.e.  at the end of the fifties. But Henri is nevertheless wholly present right from the start, even when he simply utters a few words.  He is already tender and funny, sarcastic and crazy, and houses a host of personalities.  In this 1942-48 period, we find some extremely rare recordings such as the programmes on Swiss radio, broadcast just once at the time and the miraculously saved records from a 1947 session in Brussels.  Most of the included titles had never been previously reissued.  Some pieces may be of apparently mediocre interest (e.g. La Muchica and Les Yeux des Muchachos) and some find Salvador rather lost amongst other vocalists (L’Alphabet, Chanson d’un Sou, Elle est laide, Les six petits Oeufs, Monsieur de la Palice) but this is, after all, the complete works !  We have also included several samples of Salvador’s talents as a guitarist, retaining the titles where he is found landing the solo seat (My Guy’s Come Back, Jam Session, On The Sunny Side Of The Street..)  Others no doubt exist, but have not yet been traced.

Henri Salvador’s story began on 18th July 1917 in Cayenne, French Guiana, which had served as a penal colony since 1852.  His father, Clovis, originated from Basse-Terre in Guadeloupe and was of Spanish descent whereas his mother was a true Inca and gave Henri his initial tasting of music, singing him Creole folk songs, known as ‘falbalas’.  He claims he was an excellent albeit turbulent pupil at school, though he preferred dreaming of  Paris rather than concentrating on his studies. He, along with his family, arrived in the French capital in 1924 to find it quite different from the Utopia he had imagined but the youngster soon became hooked on the City of Light and rambled around with his pals, again neglecting his schooling which he gave up for good at the age of fourteen. In his recollections, Henri Salvador often speaks of his parents, his friends and of a cousin who enabled him to discover jazz by lending him Armstrong and Ellington discs.  However, he rarely mentions his elder brother and younger sister.  We ignore the girl’s outcome but his brother, André, was also a guitarist and singer.  Towards the end of the thirties, the brothers sometimes played together but their respective careers were to shortly part in different directions.  André appeared in a few forgotten movies, but the likeness with his brother was striking.  His voice also resembled that of Henri, with maybe a degree less warmth.  It would seem that André Salvador disappeared off the scene in the late fifties.  Old Clovis had dreamt of making his sons into lawyers or doctors, but instead ended up with a couple of showmen.  Just as well for the rest of the world. The young Henri was a flick-fiend and most of his pocket money went into cinema outings ; he particularly appreciated American gangster movies and even considered following a career along these lines.  In the thirties he was also keen to learn the violin but his father refused as he had been playing truant.  Henri was also a fan of the Médrano circus where a certain clown named “Rhum” convinced him that ‘making people laugh was the most noble of missions’.  One fine day “Rhum” heard Henri guffawing the loudest and bid him come to his dressing-room in order to thank him, and also managed to pass on a few tips. With his studies out the way, Henri got on with loads of odd jobs, a little like Louis Armstrong in New Orleans, twenty years before.  Satchmo had greatly influenced him to the extent that a passion for the trumpet replaced that for the violin, but he was still unable to afford lessons.  Meanwhile, he passed the hat around on café terraces, telling funny tales and improvising sketches.  It is around this time that Henri discovered Django Reinhardt via the wireless wavelengths and in his bedazzlement, the guitar replaced the violin and trumpet as favourite instrument.  This time he turned up trumps - Clovis bought him a modest guitar and Henri set about teaching himself to play it and boasts never having followed lessons.  He also points out that despite his devotion to Django as a flamboyant soloist, he did not use him as a model, but was more inspired by American Al Casey who liked playing in chords.

There was an abundance of dance-halls during this period and Henri soon found a three-month contract in the orchestra of Russian violinist Paul Raïs in Boulogne-sur-Mer.  He returned to the capital as the Popular Front were creating havoc and numerous activities were affected by striking, though the night-life of clubs was untouched and Henri joined a quartet in the new Montparnasse club, ‘Jimmy’s’, playing with pianist Marcel Maselin, bassist Emmanuel Soudieux (a future partner of Django) and a black Dutch drummer called Martin.  There was, however, one slight hitch.  The club was well-placed but remained devoid of custom for the first fortnight after opening !  Thankfully, the seductive Italian owner demanded a solution to this predicament and rapidly the spot became over-patronised.  For those interested in the details of this tale, please refer to Henri Salvador’s memoirs or else to the Complete Django Reinhardt Volume 10 (Frémeaux FA 310), but let’s say that a few lucky horse shoes came in handy.  Henri was successful for the first time, scoring with his music and also with sketches.  Then, however, at the grand age of twenty, he was expected to serve the country despite his totally anti-military, or rather fiercely pro-civilian attitude.  He finally deserted and returned to ‘Jimmy’s’ where he had the temporary opportunity of accompanying his idol Django Reinhardt.  Alas, there is no recorded trace of this brief encounter which ended when the inopportune military claws returned to carry their prey off to sojourn with other wrong-doers. Eventually, the amateur deserter was allowed to return to his barracks, and then only left when war broke out shortly after. Henri was sent to Soissons with his regiment but the Germans were advancing so rapidly that he ended up in Biarritz near the Spanish border.  Once liberated after Armistice, he returned to Paris merely for several days, as he was certain of finding work in Biarritz where there was an annexe of ‘Jimmy’s Bar’.  It is unsure as to the composition of the orchestra in which he first played the guitar.  Henri recalls there being the black American saxophonist Don Byas, but he was undoubtedly confusing this encounter with one at a later date as during these troubled times the majority of Americans had returned to their homeland.  What we do know, however, is that another guitarist was in the band, named Guy-Guy Tilche, who egged Henri on to ‘make the biggest blunder of his life’, that was to get married.  He refuses to give the name of the chosen dame, but she was doted with enough charm to share his life until 1947. Salvador continued playing in Biarritz, though dreamt of stepping into non-occupied territory as the town was plagued with grey-green uniforms.  He finally made it to Nice where he was hired by violinist/band leader Bernard Hilda to play in an orchestra in ‘Maxim’s’.  The same set-up also appeared in Cannes where Henri was spotted by Ray Ventura, who was on the point of extensively touring South America.  Ventura offered him work as guitarist, singer and comedian and with Hilda’s backing, and despite a number of hitches, Henri eventually set off for Rio de Janeiro, arriving in its magnificent bay just before Christmas 1941.  The first Brazilian performance was to be in the incredibly chic Casino de la Uros whereas the apprehensive team was more used to more modest and homely surroundings.  Luckily the ice was broken by Salvador who came out with some sketches including Le Portefeuille, Les Portraits de Famille and the spinach-glutting Popeye.  What had appeared to be a tricky situation turned out to be a triumph and Ventura and Co. were able to enjoy a successful stay in Brazil.

For over two years, the orchestra winded its way across South America, stopping off in Uruguay, Chile and especially in Argentina.  It was in the capital of this country, Buenos Aires, that Raymond Ventura began a forty-side long recording stint for the Odeon label, lasting from autumn ’42 to spring ’44.   Several titles were also cut in Rio in summer ’44, but Henri, or the ‘French phenomenon’ as he was otherwise known, can hardly be heard.  Not that he is prominent in the Argentinean recordings - his success came principally from the visual effects of his stage-show.  It would appear that Henri was only handed the microphone on a couple of occasions, the first being in the title-song of French film Premier Rendez-Vous (1941) starring the charming Danielle Darrieux. The second song was Paul Misraki’s C’est la première Fois which remained in the orchestra’s repertory for a long while, and which Salvador was to record again in Paris using a different style.  The discographies would have it that another version of this tune was cut at a previous date, with the Spanish title Es la primera Vez (issued on Odeon 2286081).  Not having heard it, however, we cannot confirm whether Henri Salvador was singing. Henri’s competence as a guitarist is demonstrated in the three instrumental numbers included.  Jam Session (alias Sweet Georgia Brown), recorded in autumn ’43, reunites both French and (unfamiliar) Argentinean jazz artists.  Amongst the French tribe we find Pierre Allier (trumpet), Eugène d’Hellemmes (trombone), Louis Vola (bass) and Henri (guitar) ; some of Ventura’s ‘hot’ jazz regulars. Louis Vola (of the String Quintet of the Hot Club Of France fame in the ‘34-’39 period) found his acclaim spreading as far as Argentina and in 1943 the country’s subsidiary of RCA-Victor invited him to cut some discs in his name.  He was initially accompanied by three Argentinean guitarists, including the remarkable soloist Luis Silva and superb violinist Hernàn Oliva.  It was only when Silva left the group in summer ’44 that Henri Salvador slid in to replace him, without for so much being the unique soloist.  Thus, the two guitar interventions in My Blue Heaven are not necessarily interpreted by the same musician.  Henri was most certainly behind the introduction and coda of Pop Corn Man, but the majority of his truly worthy solos came later in the fifties.  Of interest, however, is his tranquil and contented participation in Benny Goodman’s composition My Guy’s Come Back interpreted by Ventura in the second Polydor session in 1946 which found the team in Paris once again.

In truth, Henri was slightly hesitant to return to France.  Misraki recalled that they learnt of the liberation of Paris in late August and Buenos Aires buzzed with street parties, everyone singing The Marseillaise.  Contracts were few and far between, so Ventura decided to dissolve the band, giving each the necessary to return home.  Three members had already left in 1943 to join the Free French, but most of the others set sail for France at the end of 1944, excepting Ray himself and Paul Misraki who returned via Hollywood (Misraki’s career in the film world was taking shape).  Jean d’Arco, Eugène d’Hellemmes, Amédée Charles, Louis Vola and Henri also delayed their homeward journey, finding other stints in Latin America.  In fact Vola was only to return to France in the seventies! In autumn 1945, Ventura was back in France and offered Henri a place in the new orchestra he was setting up.  Indeed this proposition spurred his return to Europe and he was present for the opening nights in December of the same year in the Salle Pleyel, Paris.  Just after his participation in this new orchestra, however, we find Salvador in a rare document recorded in Switzerland.  This was in fact a sketch introduced by the boss himself where Henri impersonates three big names of the Parisian stage - Louis Jouvet, Raimu and Sacha Guitry, the latter having been involved in some dubious dealings during Occupation. Following the Parisian galas, the orchestra hit the road once more, finding old Europe in ruins.  They appeared in Switzerland, Austria and then crossed the Channel and headed for London.  This was not Ventura’s first trip to the British capital as in 1932 the ‘Collégiens’ had already made their name there and had cut a pile of discs for Decca.  Then they had returned in 1938.  In June 1946 Decca had them record four sides, two of which have never been issued.  Salvador stands out in Lionel Hampton’s Hey Ba-Ba Re-Bop where his penchant for hot jazz can again be savoured. Belgium also favoured the genre and a first session was organised by Félix Faecq for Victory.  This did not lead to much, at least as far as Henri was concerned.  However, he does sparkle in the hearty Brussels session a year later, on 24 March 1947.  At that point of time, the orchestra was less and less sought after.  Moreover, Ray Ventura felt weary through the never-ending tours since the late twenties and he was at last pursuing his old dream of becoming a film producer.  He thus decided to dissolve the orchestra (though still honouring his unexpired contracts) ; the separation officially took place on 27 March ’47, just three days after the Brussels adventure.  Their swansong, little of which was actually issued by Belgian firm Magic, enabled many to benefit from the Ray Ventura orchestra’s backing - ‘Coco’ (or ‘Grégoire’) Aslan, Rudy Hirigoyen, Inez Cavanaugh and trumpeter ‘Peanuts’ Holland (both members of Don Redman’s big band).  Salvador let Belgian singer Viviane Chantel  attack her C’est la première Fois, himself having made a Parisian version, whereas he contented himself with J’aurais bien donné dix Ans de ma Vie from operetta La bonne Hôtesse.  He also made up for ‘Peanuts’ requisitioning of Hey Ba-Ba Re-Bop with Open The Door, Richard !, two versions of which may be appreciated here.  Both Henri and Max Elloy shared the vocals in Maria de Bahia, Misraki’s samba which he had composed in South America.  Then, for fun, as these sides were not intended for selling, a smaller number of the gang went on to the jazzy On The Sunny Side Of The Street and Chinatown, My Chinatown finding Henri on the guitar.  The latter ends with the legendary burst of Salvador laughter and a short poem recited by ‘Coco’ Aslan.

The sound quality is not always top notch, according to the technicians and the recording material.  And naturally some titles find Henri as soloist and in others he makes the odd appearance of varying lengths - watch out particularly in Les six petits Oeufs, Chanson d’un Sou, Comme ça and Armstrong, Duke Ellington, Cab Calloway for his interventions.  He isn’t always easy to detect as in songs like Maria de Bahia (and here we have included three versions) he may intervene at various moments.  The third example of Maria de Bahia, regrouped with other songs (Bon Appétit, Mademoiselle, Armstrong ...) was from  soundtrack of film Mademoiselle s’amuse, which was one of the best demonstrations of Ray Ventura’s cinema venture, ‘Hoche-Productions’, and which survived until the sixties. Despite lack of funds, the convalescing firm Polydor France was nevertheless able to offer Henri a small contract at the end of 1947.  Meanwhile, Salvador was still giving Ray a mighty hand in his sessions until autumn 1948 (Ray’s contract only expired in October 1951) - such as in Silence, On tourne... (probably one of the finest examples of Salvador’s humour at the time).  As for the sides issued in his name (with Henri modified to Henry), he preferred the discreet accompaniment of his guitar (Clopin Clopant, Maladie d’Amour, Le petit Souper aux Chandelles, Le Portrait de Tante Caroline) or a soft trio (Tout ça, Mon Ange, Parce que ça me donne du Courage).  The first two titles were apparently recorded on two occasions - firstly on 12 December 1947 and then on 15 January ’48, following Armstrong .., Comme ça and La Muchica with Ray Ventura.  Clopin Clopant was a big hit of the day, yet Henri preferred HIS song, Maladie d’Amour.  On the other hand, it would seem that Polydor 560076 finding Chanson surréaliste coupled with Salvador s’amuse was a true flop if one can judge by the rarity of the disc. In October 1948, the loony musical Le Chevalier Bayard was staged at the Alhambra - a concoction of Paul Misraki’s music, André Hornez’ lyrics and libretto and Bruno Coquatrix’ libretto, delighting the interpreters (Yves Montand, Ludmilla Tcherina, Félix Cudart and Henri Salvador) which hummed with a general ambience of hilarity but was billed for only one month as the house remained virtually empty - «Nonsense was not yet or no longer in vogue» was the assumption of director Fred Pasquali.  A couple of airs from the show were recorded by Montand and Salvador waxed the witty La Samba de là-bas, making us regret the short-term billing. This Samba de là-bas was the very last side recorded by Henri Salvador with Ray Ventura.  Henri was spreading his wings and was not to have enough time to help out his old boss.  It was time for a change, though Henri and Ray did not fall out for so much.  In fact Mr Ventura, of cinema renown was soon to invite his ex-guitarist, entertainer and singer for a small role in the reel entitled Nous irons à Paris.  With a bit of luck we’ll be able to cadge a lift with them.
Adapted by Laure WRIGHT from the French text by Daniel NEVERS
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/ GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2000

DISCOGRAPHIE - CD1
01. LE PREMIER RENDEZ-VOUS (R. Sylviano-L. Poterat) (Odeon 45830) C 12438 2’56
02. C’EST LA PREMIÈRE FOIS (P. Misraki) (Odeon 45866) C 12806 3’03
03. JAM SESSION (SWEET GEORGIA BROWN) (Syncopa Ritmo SR3) BAVE 2465 2’36 (Bernie-Pinkard-Casey)
04. MI CIELO AZUL (MY BLUE HEAVEN) (W. Donaldson) (Victor 60-0713) ? 2’45
05. EL VENDEDOR DE POCHOCLOS (THE POP CORN MAN) (Victor 60-0713) ? 2’55 (W. Hudson-J. Marotte)
06. LE COLLABORATIONNISTE (H. Salvador) (Radio/Broadcast) Acetate 2’06
07. LES SIX PETITS ŒUFS (Louiguy-A. Hornez) (Polydor 560000) 6502-3 LPP 3’11
08. MY GUY’S COME BACK (Goodman-McKinley-Powell) (Polydor 560001) 6507-3 LPP 3’00
09. HEY BA-BA RE-BOP (L. Hampton-C. Hammer) (Decca F.8666) DR 10425-2 2’52
10. C’EST LA PREMIÈRE FOIS (P. Misraki) (Polydor 560015) 6554-2 LPP 3’01
11. MONSIEUR DE LA PALICE (P. Misraki-B. Michel) (Polydor 560014) 6555-2 LPP 2’50
12. MARIA DE BAHIA (P. Misraki-A. Hornez) (Polydor 560014) 6556-3 LPP 3’10
13. L’ALPHABET (R. Jacquemain-M. Lanjean) (Polydor 560013) 6561-3 LPP 3’00
14. CHANSON D’UN SOU (P. Misraki-B. Michel) (Polydor 560015) 6564-3 LPP 2’44
15. J’AURAIS BIEN DONNÉ DIX ANS DE MA VIE (Polydor 560017) 6569-1 LPP 2’41 (B. Coquatrix-J.J. Vital-S. Veber)
16. FANTASTIQUE & ELLE EST LAIDE (P. Misraki) (Radio/Broadcast) Acetate 4’41
17. J’AURAIS BIEN DONNÉ DIX ANS DE MA VIE (Magic - test) 5052-? 2’31 (B. Coquatrix-J.J. Vital-S. Veber)
18. MARIA DE BAHIA (P. Misraki-A. Hornez) (Magic - test) 5054-1 3’04
19. OPEN THE DOOR, RICHARD!  (Magic - test) 5055-? 3’12 (D. Fletcher-D. Kapp-J. Mason-J. McVea)
20. OPEN THE DOOR, RICHARD!  (Magic 4053) 5055-2 3’04 (D. Fletcher-D. Kapp-J. Mason-J. McVea)
21. ON THE SUNNY SIDE OF THE STREET (J. McHugh) (Magic - test) Acetate 4’12
22. CHINATOWN, MY CHINATOWN (Jerome-Schwartz) (Magic - test) Acetate 3’16

FORMATIONS, VOCALISTES & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL, VOCALISTS & RECORDING DATES
1 & 2 - RAY VENTURA Y SU ORQUESTRA DE JAZZ 
Adrien TERMES, Jean d’ARCO, Pierre ALLIER (tp); Jean MELLET, ... GUIBAUD, Eugène d’HELLEMMES (tb); Amédée CHARLES, Marcel BAUDRAN, Gustave MOULIN, Alex GAIA (cl, fl & saxes); René SANTÉRINI, Jean VERRIÈRE, Jacques BOULLUT (vln); Alain ROMANS (p); Roger LUCCHESI (g); Henri SALVADOR (g, voc.); Hubert GIRAUD (g, hca); Louis VOLA (b); Max MIRLIROT (dm); Paul MISRAKI (arr); Raymond “Ray” VENTURA (dir). Chant/Vocal : Henri SALVADOR. BUENOS AIRES, Dec. 1942 & Juin/June 1943.
3 - RHYTHM CLUB JAM SESSION (ASES FRANCESES Y ARGENTINOS DEL JAZZ) 
Pierre ALLIER (tp); Eugène d’HELLEMMES (tb); Dante VARELLA ou/or Booker PITTMAN (as); Henrique VARELLA (ts); Ken HAMILTON (p); Henri SALVADOR (g); Louis VOLA (b); Max MIRLIROT (dm). BUENOS AIRES ou/or MONTEVIDEO, ca. 31/10/1943.
4 & 5 - LOUIS VOLA DEL QUINTETO DEL HOT CLUB DE FRANCIA 
Hernàn OLIVA (vln, voc); A. RIVERA, Milton BUSCO, Henri SALVADOR (g); Louis VOLA (b, ldr); Alice BURTON (voc). BUENOS AIRES, Mai ou Juin/May or June 1945.
6 - HENRI SALVADOR (sketch, imitations) & RAY VENTURA (mc). Radio/Broadcast (RSR - Studio de Genève). Genève, fin/late 1945.
7 & 8 - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE 
Adrien TERMES, Henri FRIGARD (tp); Louis DEHAES (tp solo); Gabriel MASSON, André SMIT (tb); Guy PAQUINET (tb, voc); Gérard LÉVÈQUE (cl, ts, arr); Rodolphe CHAPPE, Marcel COESTIER (cl, fl, as); Max HUGOT, Guy MALEYRAERT (ts); Hubert GIRAUD (hca); Claude DENJEAN, Serge MEUNIER, Jacques HURIAUX (vln); Raymond BERNARD (p); Henri SALVADOR (g, voc); Bob KAY (b); Robert SOLAT (dm); Max ELLOY (perc, voc); Paul MISRAKI (arr, voc); Paul MATTEÏ, Billy TOFFEL, Bob JACQUEMAIN Quartet, les “Voix du Rythme” (voc); Ray VENTURA (dir). PARIS, 4 & 14/06/1946 (Studio Polydor, 72-74 boulevard de la Gare, XIIIe arr. - Enregistreur/recorder : prob. Lucien SERGENT).  Chant/Vocal (7) : M. ELLOY, H. SALVADOR, B. TOFFEL, G. PAQUINET, Voix du Rythme.
9 - RAY VENTURA AND HIS ORCHESTRA 
Comme pour 7 & 8 / Same as for 7 & 8. LONDRES/LONDON, 25/06/1946 (Decca Studio, Broadhurst Gardens, London NW6 - Enr./Rec. : poss. Arthur HADDY). Chant/Vocal : Henri SALVADOR & Bob JACQUEMAIN Quartet.
10 à/to 12 - Comme pour 7 & 8 / Same as for 7 & 8. PARIS, 13/11/1946 (Studio Polydor - Enr./Rec. : prob. Lucien SERGENT). Chant/Vocal : (10) : Henri SALVADOR & Voix du Rythme - (11) : Max ELLOY, H. SALVADOR, P. MATTEÏ, Voix du Rythme. (12) : M. ELLOY, H. SALVADOR & Orch.
13 à/to 15 - Comme pour 7 & 8 / Same as for 7 & 8. PARIS, 21/11/1946 (Studio Polydor - Enr./Rec. : prob. Lucien SERGENT). Chant/Vocal : (13) : M. ELLOY, H. SALVADOR, B. JACQUEMAIN, Billy TOFFEL, Paul MISRAKI - (14) : M. ELLOY, H. SALVADOR, P. MATTEÏ, Voix du Rythme -(15) : H. SALVADOR Voix du Rythme & B. JACQUEMAIN.
16 - Comme pour 7 & 8 / Same as for 7 & 8. Radio/Broadcast (RSR - Studio de Genève). Genève, fin/late 1946.  Chant/Vocal : M. ELLOY, H. SALVADOR, orch.; R. VENTURA (mc).
17 à/to 20 - Comme pour 7 & 8 / Same as for 7 & 8. BRUXELLES/BRUSSELS, 24/03/1947. Chant/Vocal : (17) : Henri SALVADOR - (18) : M. ELLOY, H. SALVADOR & chœur/choir - (19 & 20) : H. SALVADOR & Bob JACQUEMAIN Quartet.
21 & 22 - QUINTETTE RAY VENTURA 
Gérard LÉVÈQUE (cl, ts); Raymond BERNARD (cel & p); Henri SALVADOR (g); Bob KAY (b); Max ELLOY (dm); “Coco” ASLAN dit un court poème à la fin de 22 / “Coco” ASLAN says a short poem in French at the end of 22. BRUXELLES/BRUSSELS, 24/03/1947.

DISCOGRAPHIE - CD2
01. J’AURAIS BIEN DONNÉ DIX ANS DE MA VIE (Magic - 4033) 5052-2 2’33 (B. Coquatrix-J.J. Vital-S. Veber)
02. EXTRAIT DU FILM / FILM SOUNDTRACK OF “MADEMOISELLE S’AMUSE” (P. Misraki-A. Hornez) (Hoche Prod.) Film 10’20 a) Générique - b) Elle est laide - c) Maria de Bahia d) Bon Appétit, Mademoiselle & Sans Vous e) Armstrong, Duke Ellington, Cab Calloway
03. CLOPIN CLOPANT (B. Coquatrix-P. Dudan)  (Polydor 560039) 0085-2ACP 2’20
04. MALADIE D’AMOUR (H. Salvador-G. Soime-M. Lanjean) (Polydor 560039) 0086-2ACP 1’50
05. ARMSTRONG, DUKE ELLINGTON, CAB CALLOWAY (Polydor 560034) 0082-1ACP 2’38 (P. Misraki-A. Hornez)
06. COMME çA (M. Lanjean-A. Hornez) (Polydor 560050) 0083-3ACP 2’43
07. LA MUCHICA (Y. Novaro-P. Fortunato-L. Poterat) (Polydor 560050) 0084-3ACP 2’25
08. SILENCE, ON TOURNE... (P. Misraki-B. Michel) (Polydor 560060) 0121-2ACP 2’46
09. LE PETIT SOUPER AUX CHANDELLES (P. Misraki) (Polydor 560060) 0124-1ACP 2’37
10. BON APPÉTIT MADEMOISELLE (P. Misraki-A. Hornez) (Polydor 560088) 0158-3ACP 2’20
11. TOUT çA (B. Coquatrix-B. Michel) (Polydor 560073) 0176-3ACP 2’53
12. MON ANGE (B. Coquatrix-J. Féline) (Polydor 560073) 0177-1ACP 2’50
13. PARCE QUE çA ME DONNE DU COURAGE (version 1) (Polydor 560069) 0202-1ACP 3’25 (Mireille-J. Nohain)
14. LE PORTRAIT DE TANTE CAROLINE (P. Misraki) (Polydor 560069) 0203-1ACP 2’20
15. CHANSON SURRÉALISTE “I” (H. Salvador) (Polydor 560076) 0232-2ACP 2’11
16. HENRY SALVADOR S’AMUSE (H. Salvador) (Polydor 560076) 0233-1ACP 3’07
17. LES YEUX DES MUCHACHOS (M. Lanjean-M. Vandair) (Polydor 560087) 0282-2ACP 2’49
18. AUGUSTIN, Y A QUELQU’UN QUI TE DEMANDE  (Polydor 560088) 0283-2ACP 3’11 (A. Russell-J. Cowen-A. Hornez)
19. LA SAMBA DE LÀ-BAS (P. Misraki-A. Hornez) (Polydor 560102) 0352-3ACP 2’49

FORMATIONS, VOCALISTES & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL, VOCALISTS & RECORDING DATES
1 - LES COLLEGIENS DE PARIS (RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE) 
Adrien TERMES, Henri FRIGARD (tp); Louis DEHAES (tp solo); Gabriel MASSON, André SMIT, Guy PAQUINET (tb); Gérard LÉVÈQUE (cl, ts, arr); Rodolphe CHAPPE, Marcel COESTIER (cl, fl, as); Max HUGOT, Guy MALEYRAERT (ts); Claude DENJEAN, Serge MEUNIER, Jacques HURIAUX (vln); Raymond BERNARD (p); Henri SALVADOR (g, voc); Bob KAY (b); Robert SOLAT (dm); Max ELLOY (perc, voc); Paul MISRAKI (arr); Billy TOFFEL, Paul MATTEÏ (voc); Ray VENTURA (dir). Chant/Vocal : Henri SALVADOR. BRUXELLES/BRUSSELS, 24/03/1947.
2 - Comme pour 1 / Same as for 1. Plus Gisèle PASCAL (voc). PARIS, ca. Juillet/July 1947. Chant/Vocal : Maria de... : M. ELLOY, H. SALVADOR, B. TOFFEL & ch.; Bon appétit & Sans Vous : M. ELLOY, H. SALVADOR, B. TOFFEL, G. PASCAL; Armstrong... : M. ELLOY, H. SALVADOR, B. TOFFEL & Orch.
3 & 4 - HENRY SALVADOR et sa guitare 
PARIS, 15/01/1948 (Studio salle Chopin-Pleyel - 252, rue du Faubourg St-Honoré, VIIIe arr. - Enr/Rec. : Georges CAILLY).
5 à/to 7 - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE (Orch. de studio/Studio band) Formation difficilement identifiable, mais comprenant une partie des membres de l’orchestre de 1946-47 / Personnel not easily identifiable but including several musicians of the previous period. Parmi les présents/among those present : A. TERMES, L. DEHAES, G. PAQUINET, G. LÉVÈQUE, M. COESTIER, R. BERNARD, H. SALVADOR, Bob KAY, M. ELLOY. - Max ELLOY, Ginette GINER, Henri SALVADOR, Paul MATTEÏ (voc.). PARIS, 15/01/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY). Chant/Vocal (5, 6, 7) : M. ELLOY, H. SALVADOR, P. MATTEÏ & Orch.
8 - HENRY SALVADOR avec RAY VENTURA et son orchestre 
Formation comme pour 5 à 7 / Personnel as for 5 to 7. PARIS, 20/02/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY). Chant/Vocal : H. SALVADOR & Orch.
9 - HENRY SALVADOR et sa Guitare 
PARIS, 20/02/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY).
10 - RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE  
Comme pour 5 à 7 / Same as for 5 to 7. PARIS, 2/04/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY). Chant/Vocal : M. ELLOY, H. SALVADOR, P. MATTEÏ & Orch.
11 & 12 - HENRY SALVADOR et son Trio rythmique 
Henry SALVADOR (g & voc); Geo DALY (vib); ? Bob KAY (b). PARIS, 28/04/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY).
13 & 14 - HENRY SALVADOR et ses Rythmes (sic) 
(13) : H. SALVADOR (voc) avec/with piano & basse. (14) : Henri SALVADOR, chant/voc & guitare. PARIS, 18/05/1948 (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY).
15 & 16 - HENRY SALVADOR et sa Guitare (15) / HENRY SALVADOR (16) 
Henri SALVADOR (comment, voc, g sur/on 15, rires/laughing sur/on 16). (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY).
17 à/to 19 : RAY VENTURA ET SON ORCHESTRE 
Comme pour 5 à 7 / Same as for 5 to 7. PARIS, 25/06/1948 (17, 18) & 7/10/1948 (19). (Studio Chopin-Pleyel - Enr./Rec. : G. CAILLY). Chant/Vocal : (17) : P. MATTEÏ, G. GINER, H. SALVADOR - (18) : M. ELLOY, H. SALVADOR, P. MATTEÏ & Orch. -  
(19) : H. SALVADOR, M. ELLOY & Orch.

REMERCIEMENTS : Jean-Christophe AVERTY, Olivier BRARD, Pierre CARLU, Alain DÉLOT, Yvonne DERUDDER, Iwan FRÉSART, Freddy HAEDERLI, Pierre LAFARGUE, Jacques LUBIN, Jean-Pierre MEUNIER, Gérard ROIG, Anne SÉCHERET, Ray VENTURA.

CD INTÉGRALE HENRI SALVADOR 1942-1948 / MALADIE D’AMOUR © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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