« La grande perspective de croissance économique du 21e siècle » The Guardian

Pour Nicholas Stern, auteur de "la révolution climatique" chez Frémeaux LSE, l’investissement dans la lutte contre le changement climatique constitue la grande perspective de croissance économique du XXIe siècle. À l’inverse, poursuivre une croissance fondée sur les combustibles fossiles serait une impasse : les dommages environnementaux et économiques qu’elle engendre finiraient par détruire les conditions mêmes de cette croissance.

L’économiste britannique estime que la baisse spectaculaire du coût des technologies propres, notamment des énergies renouvelables et des véhicules électriques, change profondément les perspectives économiques. Ces innovations peuvent simultanément contribuer à résoudre la crise climatique, relancer la productivité et permettre à des millions de personnes de sortir de la pauvreté.

Stern reconnaît cependant que cette transformation exige des changements majeurs dans les politiques publiques et les investissements. Le contexte géopolitique actuel complique cette évolution, notamment aux États-Unis, où Donald Trump remet en cause la réalité du changement climatique et encourage l'exploitation des hydrocarbures.

Interrogé sur ce qu’il dirait au président américain, Stern insiste sur les risques que les catastrophes climatiques font peser sur les familles, les habitations et les territoires, notamment en Californie et en Floride. Il souligne également que, dans de nombreuses régions du monde, l’électricité solaire est désormais moins coûteuse que celle produite à partir de combustibles fossiles. Il cite notamment le Texas, où les investissements dans l’éolien et le solaire répondent aussi à une logique économique.

Le journaliste rappelle que le rapport Stern de 2006 avait démontré que les coûts de l’inaction climatique dépasseraient largement ceux d'une politique de prévention. Il avait également identifié le changement climatique comme une défaillance majeure du fonctionnement des marchés. Selon Stern, les conclusions de 2006 restent valables, mais les risques se sont aggravés. Les conséquences du réchauffement apparaissent plus rapidement et avec davantage de gravité que prévu. Certains points de basculement climatique, autrefois associés à des températures beaucoup plus élevées, pourraient survenir à des niveaux de réchauffement inférieurs.

Parallèlement, les possibilités économiques de la transition se sont considérablement renforcées grâce aux progrès technologiques.

Le Guardian rapporte notamment les baisses de coûts suivantes sur la décennie précédente :

Technologie / Baisse du coût

Énergie solaire /80 %

Batteries / 80 %

Éolien en mer / 73 %

Éolien terrestre / 57 %

Ces évolutions permettent d'envisager une transformation économique qui ne repose pas uniquement sur la réduction des émissions, mais également sur les gains de productivité, les économies de ressources et l'amélioration de la santé publique. Stern souligne ainsi qu'une ville moins polluée, où l'on peut circuler et respirer plus facilement, est également une ville économiquement plus productive. La transition comme moteur de prospérité. »

Damian Carrington, responsable de la rubrique Environnement du Guardian

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