« Un superbe petit bouquin (moins de 200 pages) sur un innovateur qui n’a que rarement atteint la notoriété à laquelle il pouvait prétendre en plus de 50 ans de carrière musicale. Trop en avance ? Surtout trop décalé, résolument intimiste, et sans concession dans l’exposé de ses idées qu’il n’a eut que peu l’occasion de partager, choisissant l’exigence et la recherche (souvent intérieure) plutôt que ‘le chant des sirènes’.
Pour nous parler de son parcours, deux auteurs, assidus de l’artiste, ont retroussé les manches.
Philippe Carles, rédac-chef de ‘Jazz Magazine’, producteur à France Musique et co-auteur (avec J.L. Comolli) de deux ouvrages fondamentaux : ‘Free Jazz et Black Power’ et le Nouveau Dictionnaire du Jazz’.
Daniel Baillon, professeur de lettres, souvent à l’étranger où il a pu assouvir sa passion du jazz nourrie par son amitié avec André Jaume et Philippe Carles.
En mai 68, P. Carles publie dans Jazz Mag, l’un des rares essais (occupant ici une trentaine de pages) consacré à J.G. intitulé : « Jimmy joue free », jeu de mots, transcription exacte en français du nom du sujet (bien) traité. Cette étude, écrite à rebours, saisit J.G. sur un point de bascule entre reconnaissance ancienne et solitude nouvelle, prix à payer pour sa liberté. Période de découverte du ‘free’, qui n’est pas que rupture et fureur, mais aussi retenue et dépouillement.
Seconde partie de Baillon, écrite en 2026, qui reprend l’aventure où Carles l’avait laissé, jusqu’aux derniers témoignages musicaux de J.G., avec retours en arrière pour éclairer chaque trace de pas dans le sillon creusé par l’inventeur lunaire et (souvent) solitaire, architecte du fragile.
(…)
Enfin, une longue liste des musiciens faisant hommage à l’œuvre de J.G., reprenant certains morceaux ou inspirés par ses travaux, parmi eux, citons : Ran Blake, Anthony Braxton, Michael Brecker, Mark Turner, Julian Lage, Bill Frisell, Barre Phillips… et tant d’autres, et tant d’autres à venir, incapable de rester indifférents aux trouvailles de ce génie encore bien trop sous-évalué.
Un fameux bouquin qui croise dans le temps, dans les musiques qui s’inventent, qui glorifie la découverte d’un style à part : le ‘jazz de chambre’, un courant irréductible, toujours ouvert à l’aventure… »
Par Alain FLECHE – ACTION JAZZ
