"Aussi documenté qu'enjoué" par Jazz Magazine

Entrée, plat, plateau de fromages et farandole de desserts, soit : note de l'éditeur, biographie par l'auteur, cinq témoignages de batteurs, dictionnaire critique ou amoureux de Daniel Humair. Intimidé, après la brillante préface apéritive d'Alain Gerber, j'ai commencé par picorer le dessert : de A comme Akiyosh (Toshiko) à V comme Vitraux (ceux du Temple protestant de Junas) en passant par Barclay (Eddie), Byas (Don), Coffe (Jean-Pierre), Croûte au fromage (et autres recettes), Gagnaire (Pierre), Getz (Stan), Jambe dans le plâtre, Jones (Elvin), Ma batterie de cuisine, etc. Tantôt passionnant, amusant voire dispensable : aurait mérité relecture, tri et corrections. Le texte principal de Julien Le Gros est aussi documenté qu'il est enjoué, plein de ces allers-retours et à-côtés chronologiques qu’impose une carrière de sideman, même s'il extrait Humair de cette catégorie. De nombreux témoignages et citations éclairent la dimension proprement musicale, complétés par quatre petits portraits par Matthieu Chazarenc, Gautier Garrigue, André Ceccareli et, le plus lumineux, Fabrice Moreau, avec en guise de trou normand, un hommage élégamment technique et sans flagornerie de Simon Goubert. Attirons enfin l'attention sur les mots de Bruno Chevillon des pages 193 à 194, qui disent exactement pourquoi nous spectateur, nous aimons Humair mieux que nous ne saurons jamais le dire.

 Franck Bergerot - Jazz Magazine