Roots of Rap 1922-1973
Roots of Rap 1922-1973
Ref.: FA5918

Spirituals • Talking Blues • Signifying • Quadrille • Square Dance • Callers • DJ Radio

Golden Gate Jubilee Quartet • Nemours Jean-Baptiste • Allen Ginsberg Oscar Brown • Bo Diddley • Tex Williams • Duke Ellington

Ref.: FA5918

EAN : 3561302591827

Direction Artistique : BRUNO BLUM

Label :  FREMEAUX & ASSOCIES

Durée totale de l'œuvre : 2 heures 29 minutes

Nbre. CD : 2

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Présentation

Le rap est né avec la parole. Ses racines caribéennes et états-uniennes ont été enregistrées dès le début du XXe siècle : discours enflammés et prêches exaltées, negro spirituals, folk ou poètes marquant le rythme. Mais les étonnants enregistrements réunis ici montrent avant tout comment les commandeurs de quadrille se sont métamorphosés en disc jockeys animant les pistes de danse au micro, posant ainsi les bases de la culture hip hop. D’autres aspects des authentiques racines du rap comme les DJ radio, le talking blues et le jazz sont commentés ici par Bruno Blum.
Patrick FRÉMEAUX



DISC 1 - ROOTS OF HIP HOP : SPIRITUALS : 1. PUKKUMINA 3 CYMBALS - PUKKUMINA CONGREGATION 2’18 • 2. EARLY IN THE MORNIN’ - 22 AND GROUP 4’41 • 3. DRY BONES IN THE VALLEY - REVEREND JAMES M. GATES 3’43 • 4. PREACHER AND THE BEAR - GOLDEN GATE JUBILEE QUARTET 2’49 • 5. NOAH - GOLDEN GATE JUBILEE QUARTET 2’35 • 6. DID NOT OUR HEARTS BURN WHILE HE TALKED BY THE WAYSIDE - REV C. L. FRANKLIN 6’47 • 7. SCHACHARIT FOR WEEK DAYS – RABBI 2’16. SPOKEN WORD : 8. DEATH TO VAN GOGH’S EAR - ALLEN GINSBERG 9’16 • 9. BABYLON DID IT - MARCUS GARVEY 2’16 • 10. ETHIOPIA SHALL STRETCH FORTH HER HANDS UNTO GOD - MARCUS GARVEY 3’08. FOLK : 11. JAMAICA ALPHABET - LOUISE BENNETT 1’43. QUADRILLE, CALLERS, COMMANDEURS : 12. QUADRILLE FIGURES 1 & 2 - CHIN’S CALYPSO SEXTET 1’55 • 13. TURKEY IN THE STRAW - KESSINGER BROTHERS 2’55 • 14. CACKLING HEN - JESS HILLARD & HIS ACES 2’53 • 15. 1. 2. 3. A LA VANDE - SOSSO PÉ-EN-KIN 3’02 • 16. CONTRE DANSE N. 2 - NEMOURS JEAN BAPTISTE 3’17 • 17. CONTRE DANSE N. 4 - NEMOURS JEAN-BAPTISTE 2’16 • 18. QUADRILLE 1ST & 2ND FIGURES - ARTHUR MASTERS 2’17 • 19. FOUR CORNERS - KING STITT 3’08 • 20. L’ÉTÉ - ENSEMBLE DE QUADRILLE GUADELOUPÉEN 5’14 • 21. PANTALON - ENSEMBLE DE QUADRILLE GUADELOUPÉEN 2’56.

DISC 2 - FORERUNNERS OF RAP : 1. JE NE SUIS PAS BIEN PORTANT – OUVRARD 3’12. RADIO DJ : 2. ROCKET SHIP SHOW - JOCKO HENDERSON 0’34 • 3. THE MOONDOG SHOW - ALAN FREED 0’46. TALKING BLUES : 4. THE AMERICAN WOMAN AND WEST INDIAN MAN PT. 2 - SAM MANNING 2’55 • 5. SPECIAL STREAM LINE - BUKKA WHITE 2’53 • 6. SMOKE! SMOKE! SMOKE! THAT CIGARETTE - TEX WILLIAMS 2’54 • 7. SUSPICION - TEX WILLIAMS 2’55 • 8. KILLER DILLER - GENE COY 2’50 • 9. HOT ROD RACE - RAMBLIN’ JIMMY DOLAN 2’32 • 10. MARIE LAVEAU - PAPA CÉLESTIN 6’36 • 11. COPS AND ROBBERS - BOOGALOO 3’00 • 12. CLOTHES LINE - BOOGALOO 2’24 • 13. STRANDED IN THE JUNGLE - THE JAYHAWKS 2’50 • 14. JOHN L’S HOUSE RENT BOOGIE - JOHN LEE HOOKER 4’23 • 15. SIGNIFYING BLUES - BO DIDDLEY 4’28. JAZZ : 16. ZAJJ’S DREAM - DUKE ELLINGTON 3’03 • 17. READINGS FROM “ON THE ROAD” AND “VISIONS OF CODY” - JACK KEROUAC 3’30 • 18. MANHATTAN - GEORGE RUSSELL W/JON HENDRICKS 10’33 • 19. DRIVA’ MAN - MAX ROACH 5’15 • 20. BID ‘EM IN - OSCAR BROWN 1’31 • 21. JE SUIS UN SAUVAGE - ALFRED SANVI PANOU ET L’ART ENSEMBLE OF CHICAGO (SOUS LICENCE SARAVAH) 4’12• 22. C’EST NORMAL - BRIGITTE FONTAINE ET ARESKI (SOUS LICENCE SARAVAH) 4’23.

DIRECTION ARTISTIQUE : BRUNO BLUM

Presse
« Directeur de collections chez Frémeaux depuis quelques années déjà, l’érudit Bruno Blum (auteur en 2009 de l’essai “Le Rap Est Né En Jamaïque”, chez le même éditeur), propose à présent d’établir la genèse d’un genre devenu dominant (et en passe d’aborder bientôt son second demi-siècle). Il retrace ses origines depuis la contredanse et le quadrille importés aux Antilles par les colons européens, en passant par la scansion des field-hollers au cœur des pénitenciers du Sud du Mississippi, puis bien entendu par le prêche enflammé du gospel et des spirituals, avant de transiter par le spoken word des poètes beat (puis des Last Poets new-yorkais) jusqu’en Louisiane et dans les Caraïbes (où éclot la tradition du talking blues), pour finir par polliniser le blues, le western-swing, le doo-wop et le rock n’ roll. Cette remarquable sélection de 43 titres abonde ainsi d’exemples significatifs, depuis certains dance commanders guadeloupéens et haïtiens jusqu’à nos propres Ouvrard et Brigitte Fontaine – avec Areski – en passant par Allen Ginsberg, Tex Williams, Bukka White, Max Roach, Louise Bennett, Duke Ellington, John Lee Hooker, Jack Kerouac, Oscar Brown Jr., Ramblin’ Jimmy Dolan et Bo Diddley, sans oublier d’historiques radio DJs tels qu’Alan Freed et Jocko Henderson. La dimension émancipatrice et militante inhérente aux prémices du rap s’illustre notamment par les voix de Marcus Garvey et du poète et cinéaste béninois Alfred Sanvi Panou (accompagné de l’Art Ensemble Of Chicago), et le copieux livret ci-inclus complète judicieusement cette pertinente introduction à un courant dont le cheminement jalonne ainsi le siècle écoulé. Comme le démontra également le coffret “Roots Of Punk Rock” (dans la même série), aucun genre musical, aussi iconoclaste fût-il, n’émerge jamais sui generis, et Blum s’emploie avec le brio qu’on lui connaît à en dresser la passionnante exégèse. » Par Patrick DALLONGEVILLE – PARIS MOVE
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Liste des titres
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    Pukkumina 3 Cymbals
    Pukkumina Congregation
    Traditionnel
    00:02:18
    1956
  • 2
    Early in the Mornin’
    22 and Group
    Traditionnel
    00:04:41
    1946
  • 3
    Dry Bones in the Valley
    Reverend James M. Gates
    Clarence LaVaughn Franklin
    00:03:43
    1927
  • 4
    Preacher and the Bear
    Golden Gate Jubilee Quartet
    Traditionnel
    00:02:49
    1937
  • 5
    Noah
    Golden Gate Jubilee Quartet
    Traditionnel
    00:02:35
    1939
  • 6
    Did Not Our Hearts Burn While He Talked by the Wayside
    Rev. C. L. Franklin
    Clarence LaVaughn Franklin
    00:06:47
    1962
  • 7
    Schacharit for Week Days
    Rabbi
    Traditionnel
    00:02:16
    1961
  • 8
    Death to Van Gogh’s Ear
    Allen Ginsberg
    Allen Ginsberg
    00:09:16
    1959
  • 9
    Babylon Did It
    Marcus Garvey
    Marcus Garvey
    00:02:16
    1920
  • 10
    Ethiopia Shall Stretch Forth Her Hands Unto God
    Marcus Garvey
    Marcus Garvey
    00:03:08
    1920
  • 11
    Jamaica Alphabet
    Louise Bennett
    Traditionnel
    00:01:43
    1957
  • 12
    Quadrille Figures 1 & 2
    Chin’s Calypso Sextet
    Traditionnel
    00:01:55
    1955
  • 13
    Turkey in the Straw
    Kessinger Brothers
    Ernest Legg
    00:02:55
    1928
  • 14
    Cackling Hen
    Jess Hillard & His Aces
    Jess Hillard
    00:02:53
    1931
  • 15
    1, 2, 3, À la Vande
    Sosso Pé-En-Kin
    Solange Pé-En-Kin
    00:03:02
    1939
  • 16
    Contre Danse No. 2
    Nemours Jean-Baptiste
    Traditionnel
    00:03:17
    1955
  • 17
    Contre Danse No. 4
    Nemours Jean-Baptiste
    Nemours Jean-Baptiste
    00:02:16
    1958
  • 18
    Quadrille 1st & 2nd Figures
    Arthur Masters
    Arthur Masters
    00:02:17
    1961
  • 19
    Four Corners
    King Stitt
    Winston George Sparks
    00:03:08
    1962
  • 20
    L’Été
    Ensemble de Quadrille Guadeloupéen
    Traditionnel
    00:05:14
    1972
  • 21
    Pantalon
    Ensemble de Quadrille Guadeloupéen
    Traditionnel
    00:02:56
    1972
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    Je ne suis pas bien portant
    Ouvrard
    Georges Konyn
    00:03:12
    1933
  • 2
    Rocket Ship Show
    Jocko Henderson
    Douglas Henderson
    00:00:34
    1953
  • 3
    The Moondog Show
    Alan Freed
    Aldon Freed
    00:00:46
    1954
  • 4
    The American Woman and West Indian Man, Pt. 2
    Sam Manning
    Porter Grainger
    00:02:55
    1928
  • 5
    Special Stream Line
    Bukka White
    Booker T. Washington White
    00:02:53
    1940
  • 6
    Smoke! Smoke! Smoke! (That Cigarette)
    Tex Williams
    Merle Travis
    00:02:54
    1947
  • 7
    Suspicion
    Tex Williams
    Lester William Polsfuss
    00:02:55
    1948
  • 8
    Killer Diller
    Gene Coy
    Eugene Coy
    00:02:50
    1948
  • 9
    Hot Rod Race
    Ramblin’ Jimmy Dolan
    George Wilson
    00:02:32
    1950
  • 10
    Marie Laveau
    Papa Célestin
    Robert L. Gurley
    00:06:36
    1954
  • 11
    Cops and Robbers
    Boogaloo
    Kent Levaughn Harris
    00:03:00
    1956
  • 12
    Clothes Line
    Boogaloo
    Kent Levaughn Harris
    00:02:24
    1956
  • 13
    Stranded in the Jungle
    The Jayhawks
    James Johnson
    00:02:50
    1956
  • 14
    John L’s House Rent Boogie
    John Lee Hooker
    John Lee Hooker
    00:04:23
    1951
  • 15
    Signifying Blues
    Bo Diddley
    Ellas Otha Bates McDaniel
    00:04:28
    1960
  • 16
    Zajj’s Dream
    Duke Ellington
    Edward Kennedy Ellington
    00:03:03
    1957
  • 17
    Readings from On the Road and Visions of Cody
    Jack Kerouac
    Jean-Louis Lebris de Kerouac
    00:03:30
    1959
  • 18
    Manhattan
    George Russell with Jon Hendricks
    Lorenz Hart
    00:10:33
    1958
  • 19
    Driva’ Man
    Max Roach
    Maxwell Lemuel Roach
    00:05:15
    1960
  • 20
    Bid ’Em In
    Oscar Brown
    Oscar Brown Jr.
    00:01:31
    1960
  • 21
    Je suis un sauvage
    Alfred Sanvi Panou & The Art Ensemble of Chicago
    Alfred Sanvi Panou
    00:04:12
    1969
  • 22
    C’est normal
    Brigitte Fontaine & Areski
    Brigitte Fontaine
    00:04:23
    1973
Livret

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Roots of Rap

1922-1973

Par Bruno Blum

Il existe quantité de traditions, de pratiques et d’enre­gistrements où la voix parle en rythme. Cela est-il pour autant « du rap » (bavarder, parler en anglais) ?

Quelles sont les véritables origines de la culture hip hop, toujours ancrée dans la danse ? Quelles sont les racines du rap, un style qui déferle sur la musique populaire américaine et mondiale depuis les années 1980 ? Cette anthologie donne des pistes pour tenter de répondre à ce questionnement sur un courant de musique populaire devenu majeur et durable. Et ce dès le début des années 1970 car il faut y inclure les DJ jamaïcains, véritables fondateurs du rap moderne[1].

---------- DISQUE 1

QUADRILLE

Cette modeste sélection nous aiguille vers les authentiques racines du rap et ses précurseurs. Ses sources remontent aux professeurs de danse de la contredanse (dérivée de la country dance anglaise), de la mazurka et du quadrille français, dont les chorégraphies étaient créées à la cour de Louis XIV dès le XVIIème siècle. Quatre couples se faisaient face et dansaient une série de cinq figures imposées : L’été, pantalon, la poule, la pastourelle et la finale. Ces artistes instructeurs indiquaient oralement les figures effectuées au fil de la danse par les aristocrates. Les colons ont emporté avec eux ces musiques et danses à la mode aux Amériques ; et les profs de danse se sont métamorphosés en commandeurs (callers en anglais) dans le quadrille créole de jadis. Initialement esclaves produisant un divertissement voulu « européen » pour leurs maîtres, les commandeurs dirigeaient ces danses françaises en parlant en rythme. La tradition est restée ; elle a contribué à façonner les musiques et danses américaines et caribéennes. Écouter ici le commandeur Guadeloupéen Sosso Pé en Kin dans 1. 2. 3. La Vande en 1939 et le Haïtien Nemours Jean-Baptiste, qui créa le fameux konpa direk (Contredanse n. 2), dérivé de la contredanse dans les années 1950, créolisa aussi ce style de façon exquise : « prenez vos dames Messieurs, et fixez la dame aux yeux Messieurs » (introduction à Contredanse n. 4)[2].

On retrouve cette tradition, appelée square dance (flat foot dance) chez les Américains blancs, dans tout l’est (sud des Appalaches) et le sud des États-Unis : ici les Kessinger Brothers et Jess Hillard & His Aces (Virginie Occidentale). Selon le caller, banjoïste des Green Grass Cloggers, professeur de danse flat foot et musicologue Phil Jamison, ce sont d’abord des Noirs qui ont lancé la tradition du caller dans la musique old time américaine[3].

Le quadrille est appelé haute taille en Martinique. Il existait encore sous une forme folklorique aux Antilles françaises, dans les Appalaches, à la Réunion et ailleurs en 2025. Elie Cologer, dernier grand violoniste guadeloupéen du genre, brille ici avec l’Ensemble de Quadrille Guadeloupéen en 1972.

Longtemps populaire, il a été supplanté en Jamaïque par les disques de blues, le jazz puis le ska et le reggae. La tradition du quadrille y a disparu vers la fin des années 1960 après quelques rares enregistrements (Chin’s Calypso Sextet : Quadrille Figures 1 & 2 vers 1955 (sans commandeur) puis le McBeth Orchestra (avec le caller Arthur Masters au micro). Quand le quadrille est tombé en désuétude, les commandeurs jamaïcains ont continué à animer les danses dans leurs soirées dancehall où l’on écoutait des disques à la mode diffusés par les sound systems. Mais cette fois ils utilisaient un microphone. Les danseurs des années 1950 appréciaient les disques américains (puis jamaïcains) de blues « shuffle », comme ici avec le live jive du DJ King Stitt (avec un écho à bande sur sa voix), puis dans les années 1960, de ska et de reggae. Cette pratique a commencé dès 1950[4] sur les dancehalls de Jamaïque mais ce style vocal n’a véritablement rencontré le public qu’avec les premiers disques du genre, « Fire Corner » de King Stitt ou « Righteous Ruler » de U-Roy en duo avec Peter Tosh (1969). Par le truchement de cette innovation les DJs jamaïcains ont inventé le rap moderne, où le rappeur parle en rythme, sur fond de rythmique instrumentale, en s’adressant à un public de danseurs et danseuses. Les DJs jamaïcains ont exporté leurs pratiques d’animation de danses et de DJ rappeurs dans le Bronx à New York, où le Jamaïcain Kool Herc et son sound system Herculoid avec Coke La Rock au micro furent les précurseurs du rap américain dès 1973. Les Last Poets, qui les précédèrent, étaient plutôt des poètes qui déclamaient leurs paroles militantes sur fond de tambours, et non sur des pistes de danse. Ils ont donc presque été les véritables premiers rappeurs mais c’est encore un Jamaïcain, le DJ Dillinger, qui grava en 1976 le premier véritable succès international du rap, « Cocaine in my Brain » basé sur une rythmique funk américaine très populaire (« Do It Any Way You Wanna » de People’s Choice) modifiée et réenregistrée avec Sly Dunbar & Robbie Shakespeare à la demande de Dillinger[5]. Mais revenons-en aux racines du rap.

SPIRITUALS & GOSPEL

Outre les commandeurs devenus DJs qui ont formé le tronc des origines du rap, d’autres éléments ont apporté de l’eau au moulin de cette musique tournée vers l’oralité. Voyons par conséquent les différents rhizomes qui ont alimenté les racines du rap et bientôt, ses différentes branches.

Le rap trouve naturellement son origine dans l’art de la parole. Les discours, gravés très tôt sur des disques 78 tours, étaient des vecteurs de diffusion de la voix et des idées dès les années 1910, comme ici l’influent politicien jamaïcain et nationaliste noir Marcus Garvey. Babylon Did It et Ethiopians Have Stretched Forth Their Hands Unto God, deux extraits d’une furieuse allocution publique (estimée à 1920-1922), enflammée, scandée, martelée, où il prêchait l’autodétermination raciale, sont inclus ici.

Ces enregistrements ont notamment marqué le mou­vement anticolonial Rastafari dans son pays, la Jamaïque, et l’on peut y voir les racines d’un ancrage militant des DJ rappeurs jamaïcains des années 1960-90 comme U-Roy, Big Youth, I-Roy, Dillinger, U-Brown, Buju Banton, Bounty Killa, Capleton et des centaines d’autres[6]. Catholique, Garvey y cite la Bible de façon analogue à des prêches protestantes, comme dans Dry Bones in the Valley du Révérend Gates à Atlanta en 1926 et Did Not Our Hearts Burn (homélie de Luc 24:32) par le Révérend Franklin (père d’Aretha) en 1962. Les religions chrétiennes (méthodiste, pentecôtiste, apostolique, adventiste, baptiste, etc.) ont été essentielles pour construire les cultures caribéennes et afro-américaines qui, ségrégation raciale oblige, se sont développées dans des temples protestants réservés aux Noirs. Les expressions vocales de la Bible ont aussi donné des enregistrements de groupes vocaux « jubilee» de spirituals comme le Golden Gate Quartet, où le lien prosodique avec le rap moderne est frappant[7].

Les racines de ces spirituals sont à chercher dans les transes animistes afro-caribéennes, où chant et « rap » alternent selon l’inspiration émanant des esprits (début
du « rap » à 0’ 25, disque 1, morceau 1 par une congré­gation pukkumina jamaïcaine[8]). Un autre dérivé de ces spirituals animistes se trouve dans les chants de travail des esclaves (Early in the Mornin’) ; ici des forçats purgeant leurs peines dans d’anciennes plantations du sud états-unien, où en 1947 presque rien n’avait changé depuis l’abolition de l’esclavage 82 ans plus tôt.

Selon un précepte biblique, les Juifs sépharades (espagnols, portuguais et nord-africains) convertis­saient d’abord leurs esclaves au judaïsme et les libéraient au bout de six ans :

Qu’il ne t’en coûte pas trop de le renvoyer libre de chez toi, car il a gagné deux fois le salaire d’un mercenaire en te servant six années; et l’Éternel ton Dieu, te bénira dans toutes tes entreprises.

- Deutéronome 15:18 (éditions Colbo, 1989)

Leurs descendants, parmi lesquels des Juifs noirs de New York, et comme le célèbre pianiste de jazz « stride » et
boogie-woogie métis Willie « The Lion » Smith (dont le père était un Juif blanc), étaient souvent implantés dans le Bronx et Brooklyn où le rap américain s’est développé. Ils se mélangeaient aux Juifs blancs, qui observaient des traditions très anciennes de lecture de la Torah en hébreu. Ces lectures très rythmées, comme ici dans un extrait de Schacharit for Week Days (prières du matin) précédant la derashat (l’homélie, l’explication) sont accompagnées d’une coutume de balancement du corps d’avant en arrière, le mouvement shoklen. La scansion et le rythme du poème radical d’Allen Ginsberg, Death to Van Gogh’s Ear, « dédié à l’Amérique de 1959 », porte peut-être en lui cet atavisme rythmique – mais sur un thème bien différent.

---------- DISQUE 2

ANIMATEURS DE RADIO

Le rap plonge aussi ses racines dans le style de certains animateurs de radio américains, notamment celui du légendaire poète Jocko Henderson, un des premiers Afro-américains à contribuer au micro à une émission de radio américaine, le Rocket Ship Show. Son collaborateur, le célèbre Alan Freed du Moondog Show (avec au générique un morceau avant-gardiste de Moondog[9]) diffusait à la radio du rock noir autant que du rock blanc depuis le début des années 1950[10]. Il a été brisé en 1959, six ans après l’exécution des Rosenberg, par un scandale de pots-de-vin aux relents racistes et antisémites. Alan Freed, qui a lancé le terme « rock ‘n roll », reste indissociable de la popularisation du rock à la radio aux États-Unis ; comme Jocko, il a influencé les DJs de toute l’Amérique et même la Jamaïque avec ses émissions très écoutées.

TALKING BLUES

I’m a gonna take a just-a one step more
Cause I feel like bombin’ a church
Now now that you know that the preacher is lyin’
So who’s gonna stay at home
When when the freedom fighters are fighting?

Talkin’ blues (talkin’ blues), talkin’ blues (talkin’ blues)

- Bob Marley, Talkin’ Blues, 1974

Les enregistrements véritablement précurseurs du rap sont des titres de la tradition talking blues, où les couplets sont parlés sur un rythme marqué. On les trouve à peu près partout, du « Rock Island Line » de Leadbelly à Johnny Cash ; des Caraïbes (The American Woman And West Indian Man Part 2) au blues du Mississippi (Special Stream Line de Bukka White et House Rent Boogie de John Lee Hooker) jusqu’en Aquitaine avec l’énorme succès humoristique Je ne suis pas bien portant (« j’ai la rate qui s’dilate ») d’Ouvrard en 1934 ! Tout aussi séduisants, les irrésistibles Smoke! Smoke! Smoke! That Cigarette et Suspicion de Tex Williams, qui a connu un grand succès à la fin des années 1940 avec ses morceaux western swing drôles, finement écrits. Même esprit pour le proto-rockabilly Hot Rod Race de Ramblin’ Jimmy Dolan en 1950.

Dans Marie Laveau, le trompettiste Oscar «Papa» Célestin conte la légende de la reine du vaudou à la Nouvelle-Orléans. Avec ce talking blues de 1954 il inscrit en quelque sorte le jazz dans la tradition des griots, conteurs ouest-africains. Killer Diller de Gene Coy (1948) était un talking « blues shuffle » noir, un favori des premiers sound systems jamaïcains, ce qui renforça le lien entre le commandeur de quadrille et le talking blues, précurseur du style DJ à venir[11]. Boogaloo & the Gallant Crew a publié deux excellents titres méconnus, Cops and Robbers (enregistré par Bo Diddley puis les Rolling Stones) et Clothes Lines (bientôt plagié par les Coasters pour leur chef-d’œuvre « Shoppin’ For Clothes »[12]) ; on observe que le rap a connu des antécédents prestigieux. Bo Diddley a lui-même écrit Signifying Blues dans l’esprit des dirty dozens des quartiers noirs, où des protagonistes se ridiculisaient l’un l’autre par jeu, les dialogues du signifying, en haussant de plus en plus le ton (un avant-goût du « boasting » et des joutes verbales du hip hop, que l’on retrouve chez les DJ jamaïcains comme dans le calypso de la Trinité-et-Tobago)[13]. Bo Diddley est également représenté avec Ride on Josephine, où il alterne « rap » et chant. Quant à l’humoristique Stranded in the Jungle, c’est une rare évocation de l’Afrique dans le rhythm and blues[14]. Les Cadets et les New York Dolls ont repris ce classique du R&B créé par les obscurs Californiens The Jayhawks.

JAZZ

Parallèlement au talking blues, le monde du jazz a lui aussi utilisé le mot parlé en rythme. En voici quelques exemples : le géant Duke Ellington est devenu narrateur d’une émission de télévision (A Drum Is a Woman) pour laquelle il créa les personnages de Carribee Joe et de la vamp Madame Zajj. Il les évoque ici dans Zajj’s Dream, qui se déroule à New York et Congo Square à la Nouvelle-Orléans. Cependant comme ici avec Jack Kerouac, ces expériences sont proches de la poésie lue, typique de l’esprit intellectuel et littéraire de la beat generation des années 1950. Elles sont par conséquent à bien distinguer d’une volonté de divertir un public de piste de danse, ce qui est une condition pour être pleinement affilié au « hip hop »[15]. Admettons donc qu’elles font partie des « racines » mais n’en sont pas des précurseurs proprement dits.

En revanche, Oscar Brown et Abbey Lincoln avec Max Roach qui évoquent l’esclavage avec dureté, ou George Russell avec Jon Hendricks (Manhattan), dont les interventions sont écrites, sont à rapprocher du style scat (chant improvisé en onomatopées, souvent sans paroles, comme une improvisation sur un instrument). On retrouve le scat avec le Golden Gate Quartet (à la fin de Preacher and the Bear), une formation qui interprétait les spirituals et le gospel dans un style marqué par le jazz. En cela ils se rapprochaient de l’esprit de danse libre du jazz originel, souvent joué pour des pistes de danse, les dancehalls , comme celui du Savoy Ballroom où se développaient les danses acrobatiques comme le lindy hop[16], précurseur avéré des danses hip hop.

Né à Lomé au Togo, Alfred Sanvi Panou est un poète béninois et cinéaste engagé dont Je suis un sauvage accompagné par l’Art Ensemble of Chicago est à la fois un lien francophone avec les Last Poets précurseurs du rap new-yorkais et un titre avant-coureur du militantisme afro en France. Quant à C’est Normal de Brigitte Fontaine & Areski, c’est un clin d’œil typique du délire des années hippies où les histoires parlées sur des rythmes qui portent les voix étaient dans l’air du temps (Big Youth « Hip Ki Do », Pierre Vassiliu « Film » ou Serge Gainsbourg « Pamela Popo », tous en 1973).

Bruno Blum, août 2025.
© 2026 Frémeaux & Associés

Merci à Yvonnick Ageneau, Big Youth, Giulia Bonacci, Dominique Bourron, Yves Calvez, Chris Carter, Dillinger, Clement «Coxson» Dodd, Frédéric Francis, I-Roy, Phil Jamison, King Stitt, Bunny Lee, Bernard Loupias, Jean-Pierre Meunier, Philippe Michel, Rosalie Montlouis-Gabriel, Norbert Nobour, Véronique Polomat, Frédéric Saffar, Gilbert Shelton, Roger Steffens & Olivier Vala.

[1]. Lire Le rap est né en Jamaïque (Castor Astral, 2009) par Bruno Blum.

[2]. Lire le livret et écouter Haiti - Meringue & Konpa 1952-1962 annoté par Bruno Blum dans cette collection).

[3]. Phil Jamison, Hoedowns, Reels, and Frolics: Roots and Branches of Southern Appalachian Dance (University of Illinois Press, 2015)

[4]. Steve Barrow & Peter Dalton, The Reggae Rough Guide (Rough Guides, Penguin Books, deuxième édition, 2001).

[5]. Écouter le podcast de Bruno Blum en vingt épisodes « Le rap est né aux Caraïbes » (La 1ère Musique).

[6]. Retrouvez la voix de Marcus Garvey dans les coffrets Africa in America - Rock jazz & calypso 1920-1962 et Slavery in America - Redemption Songs 1914-1972 (Frémeaux-Musée du Quai Branly) annotés par Bruno Blum dans cette collection.

[7]. Lire le livret de Bruno Blum et écouter The Indispensable Doo Wop – Vocal Groups 1934-1962 et Golden Gate Quartet – Gospel 1937-1941 dans cette collection.

[8]. Lire le livret de Bruno Blum et écouter Jamaica Folk Trance Possession – Roots of Rastafari 1939-1961 dans cette collection.

[9]. Lire le livret de Bruno Blum et écouter Moondog dans Avant-Garde 1888-1970 - Musique expérimentale, génies, visionnaires, révolutionnaires, incompris et innovateurs excentriques, dans cette collection. Retrouvez aussi Moondog sur Roots of Pop dans cette collection.

[10]. Écouter également Race Records, Black rock ‘n roll forbidden on U.S. Radio dans cette collection.

[11]. En 1961 Clue J & The Blues Blasters ont enregistré cette composition en Jamaïque sous le nom de « Milk Lane Hop ». Lire le livret de Bruno Blum et écouter Jamaica-USA Roots of Ska – Rhythm and Blues Shuffle 1942-1962 dans cette collection.

[12]. « Shoppin’ For Clothes » des Coasters est inclus dans The Indispensable Doo Wop – Vocal Groups 1934-1962 dans cette collection.

[13]. Une version différente de Signifying Blues est incluse dans le coffret Bo Diddley 1955-1960 (volume 1) dans cette collection, annoté par Bruno Blum.

[14]. Lire le livret de Bruno Blum et écouter Africa in America – Rock, Jazz & Calypso 1920-1962 dans cette collection.

[15]. Lire le livret de Bruno Blum et écouter Beat Generation – Hep Cats, Hipsters & Beatniks 1936-1962 coédité par le Centre Pompidou dans cette collection.

[16]. Lire le livret de Jacques Morgantini et écouter The Savoy Ballroom – House Bands 1931-1955 dans cette collection.

Roots of Rap

1922-1973

DISC 1 – ETHNOLOGIC ROOTS OF HIP HOP

--------- SPIRITUALS

  1. PUKKUMINA 3 CYMBALS - Pukkumina congregation

(traditional, unknown)

Unknown musicians. Field recordings produced and recorded by Edward Seaga in Kingston, Jamaica 1953-1956. Folk Music of Jamaica, Ethnic Folkways Library FE4453, USA 1956.

  1. EARLY IN THE MORNIN’ - 22 and group

(traditional, unknown)

“22,” “Little Red,” “Tangle Eye,” “Hard Hair”-v, double cutting axes. Recorded by Alan Lomax, Mississippi State Penitentiary (aka Parchman Farm), 590 Parchman 40 Rd, Parchman, Mississippi 38738, 1947 or 1948. Tradition TLP-1020, USA.

  1. DRY BONES IN THE VALLEY - Reverend James M. Gates

(J.M. Gates)

James M. Gates-v; Congregation. Atlanta, Georgia, December 1, 1926. Victor 35810, April, 1927, USA.

  1. PREACHER AND THE BEAR - Golden Gate Jubilee Quartet

(traditional, unknown)

 Willie Johnson-bar. v; William Langford-tenor v; Henry Owens-2nd tenor v; Orlandus Wilson-bass v. Charlotte, North Carolina, August 4, 1937. Bluebird B-7205-A, 1937.

  1. NOAH - Golden Gate Jubilee Quartet

(traditional, unknown)

Willie Johnson-bar. v; William Langford-tenor v; Henry Owens-2nd tenor v; Orlandus Wilson-bass v. Rock Hill, South Carolina, February 2, 1939. Bluebird B-8160-B, 1939.

  1. DID NOT OUR HEARTS BURN WHILE HE TALKED BY THE WAYSIDE (excerpt)

(Clarence LaVaughn Franklin)

Reverend Clarence LaVaughn Franklin-v ; Congregation. New Bethel Baptist Church Detroit, Michigan. Battle 6110, USA, 1962

  1. SCHACHARIT FOR WEEK DAYS (morning prayer)

(Bible reading)

 Anonymous Rabbi-v. Massachussets, circa 1961.

--------- SPOKEN WORD

  1. DEATH TO VAN GOGH’S EAR - Allen Ginsberg

(Allen Ginsberg )

New York City, 1959.

  1. BABYLON DID IT - Marcus Garvey

(Marcus Garvey)

United States, possibly New York City, circa 1920.

  1. ETHIOPIA SHALL STRETCH FORTH HER HANDS UNTO GOD - Marcus Garvey

(Marcus Garvey)

United States, possibly New York City, circa 1920.

--------- FOLK

  1. JAMAICA ALPHABET - Louise Bennett

(traditional, unknown)

Louise Bennett-v; unknown-g. Kingston, Jamaica, circa 1957. Children’s Jamaican Songs and Games, Folkways FC 7250, USA, 1957.

--------- QUADRILLE, CALLERS, COMMANDEURS

  1. QUADRILLE FIGURES 1 & 2 - Chin’s Calypso Sextet

(traditional, unknown)

Alerth Bedasse-g. Aaron Carr or Peck-rumba box; unknown-vln; Cheston Williams-bj; Everard Williams-perc; Produced by Ivan Chin. Kingston, Jamaica, 1955. Decca or Pye Records, circa 1955.

  1. TURKEY IN THE STRAW - Kessinger Brothers

(Ernest Legg)

“Fiddle and guitar with dance calls” Ernest Legg-v; Clark Kessinger-fdl; Luke Wilber Kessinger as Luches Kessinger-g. Ashland, Kentucky. Brunswick 235, 1928.

  1. CACKLING HEN - Jess Hillard & His Aces

(Jess Hillard)

Jess Hillard-v, g; possibly Jess Johnston-fdl; possibly Nelson Hillard- mandolin. Richmond, Indiana, September 11, 1931. Champion S-16333, 1931.

  1. 1. 2. 3. A LA VANDE - Sosso Pé-En-Kin et l’Orchestre du Bal Bill Amour

(Solange Pé-En-Kin)

Solange Pé-En-Kin as Sosso Pé-En-Kin-v; Michel Berté-cl; possibly Anany-perc; g. Paris, France, February 1939. Polydor 514-312, 1939.

  1. CONTRE DANSE N. 2 - Nemours Jean-Baptiste

(traditional, unknown)

Julien Paul-lead v; possibly André Dorismond-v; vocal chorus; Nemours Jean-Baptiste- arr., leader, ts ; possibly Wébert Cicault as Wébert Sicot -as; tp; tb; Richard Duroseau-acc; b ; congas; hand drums; graj scrape percussion. Produced by Joe Anson & Fritz G. Anson. Possibly recorded by Ricardo Widmaïer, Radio HH3W studio, Port-au-Prince circa 1955. Haïti Meringues aux Calebasses, Anson 823.

  1. CONTRE DANSE N. 4 - Nemours Jean-Baptiste

(Nemours Jean-Baptiste)

Julien Paul-v; Nemours Jean-Baptiste-arr., leader, ts; Richard Duroseau-acc; b, graj scrape percussion, congas. Produced by Joe Anson, recorded by Fritz G. Anson, Port-au-Prince circa 1958.

  1. QUADRILLE 1ST & 2ND FIGURES - Arthur Masters W/The McBeth Orchestra

(Arthur Masters)

Arthur Masters-v; McBeth-bj; Ruben White-tp; Melburn Reynolds-ts; Cleveland Reynolds-b; Edga Murry-g; Neville Johnson-d. Kingston, Jamaica, circa 1961.

  1. FOUR CORNERS - King Stitt W/Clue J & The Blues Blasters

(Winston George Sparks aka King Stitt, Clement Dodd, Rolando Alphonso)

Winston George Sparks as King Stitt-v; Rolando Alphonso-ts; Jerome Haynes as Jah Jerry-g; Aubrey Adams-org; Cluett Johnson-b; Arkland Parks as Drumbago-d. Produced by Clement “Coxson” Dodd, Federal Studio, Kingston, Jamaica, 1962. Studio One, circa 1962.

  1. L’ÉTÉ - Ensemble de Quadrille Guadeloupéen
  2. PANTALON - Ensemble de Quadrille Guadeloupéen

(traditional, unknown)

Ambroise Gouala-v; Élie Cologer-v; Donnadié Monpierre-b; g, perc. Produced by Raymond Célini. Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, 1972.

DISC 2 – FORERUNNERS OF RAP

  1. JE NE SUIS PAS BIEN PORTANT - Ouvrard

(Georges Konyn aka Géo Koger, Vincent Baptiste Scotto, Gaston Ouvrard)

Gaston Ouvrard-v; Orchestre Ultraphone, Maurice André, dir. Ultraphone U, AP725, 1933.

--------- RADIO DJ

  1. ROCKET SHIP SHOW - Jocko Henderson

(Douglas Henderson aka Jocko Henderson)

Douglas Henderson aka Jocko Henderson-v; Alan Freed-v. WADO Radio, a Black station in New York City, 1953. Recorded by Roger Steffens.

  1. THE MOONDOG SHOW - Alan Freed

(Aldon Freed aka Alan Freed)

Aldon Freed as Alan Freed-v.

Cleveland, Ohio, WJW Radio, April 6, 1954.

Please note: background music by Moondog.

--------- TALKING BLUES

  1. THE AMERICAN WOMAN AND WEST INDIAN MAN PT. 2 - Sam Manning & Anna Freeman

(Porter Grainger)

Sam Manning, Anna Freeman-v; Porter Grainger-p. Brunswick 7028.

New York City, March 19, 1928. Brunswick 7028, 1928.

  1. SPECIAL STREAM LINE - Bukka White

(Booker T. Washington White aka Bukka White)

Booker T. Washington White as Bukka White-v, slide g; washboard. Vocalion 05526, 1940.

  1. SMOKE! SMOKE! SMOKE! THAT CIGARETTE - Tex Williams and His Western Caravan

(Merle Travis, Sollie Paul Williams aka Tex Williams)

Tex Williams with Jack Marshall’s Music

Sollie Paul Williams as Tex Williams-v; Johnny Weis el. g; Eugene

Rogers as Smokey Rogers-ac. g; Earl Murphey as Joaquin Murphey-pedal steel g; Manny Klein-tp; Paul Featherstone as Spike Featherstone-harmonica; Larry DePaul as Pedro DePaul-accordion; Andrew Soldi as Cactus Soldi, Harry Sims, Rex Call, fiddles; Ossie Godson-p; Deuce Spriggens-b, v; Milton Berry as Muddy Berry-d. Produced by Leland James Gillette as Lee Gillette. Radio Recorders, Los Angeles, March 27, 1947. Capitol 40001, May, 1947.

  1. SUSPICION - Tex Williams and His Western Caravan

(Lester Williams Polsfuss aka Les Paul, Foster Carling)

Same as above. Capitol 2897, 1948.

  1. KILLER DILLER - Gene Coy & His Killer Dillers

(Eugene Coy aka Gene Coy)

Eugene Coy as Gene Coy-v; tp, ts; Ann Coy-p; Sonny Jay-b; d. New York, June 30, 1948. Regent 129-A, USA, 1948.

Please note : in 1961 Clue J & The Blues Blasters recorded this composition in Jamaica for producer Clement “Coxson” Dodd who renamed it “Milk Lane Hop”.

  1. HOT ROD RACE - Ramblin’ Jimmy Dolan

(George Wilson)

Jim Dolan as Ramblin’ Jimmie Dolan-v, g; Cameron Hill-g; Eddie Kirk-g; Noel Boggs-steel; Cliffie Stone-b; Tex Atchison-fid. Produced by Ted Nelson. Capitol Recording Studio, 5515 Melrose Ave., Hollywood, California. November 9, 1950.

  1. MARIE LAVEAU - Papa Célestin with Celestin’s Original Tuxedo Orchestra

(Robert L. Gurley)

Oscar Célestin as Oscar “Papa” Célestin-v, tp; Edward Pierson aka Red-tb; Adolphe Alexander-as; Joseph Thomas-cl; Albert French-bjo; Jeannette Kimball-p; Sidney Brown-b; Louis Barbarin-d. New Orleans, Louisiana, April 24, 1954. Regal Records 1201.

  1. COPS AND ROBBERS - Boogaloo & His Gallant Crew

(Kent Levaughn Harris)

Kent Levaughn Harris as Boogaloo-v. Musicians unknown. Crest 1030. Hollywood, 1956.

  1. CLOTHES LINE - Boogaloo & His Gallant Crew

Same as above.

  1. STRANDED IN THE JUNGLE - The Jayhawks

(James Johnson, Al Curry, Ernestine Smith)

James Johnson as Jimmy Johnson-lead v; Dave Govan-bar. v; Carver Bunkum-bass v; unknown musicians, possibly including Carlton Fisher as Carl Fisher, René Beard, Cleo White. Flash Records. Los Angeles, May 1956.

  1. JOHN L’S HOUSE RENT BOOGIE - John Lee Hooker

(John Lee Hooker)

John Lee Hooker-v, g. Hollywood, 1951. Modern 20-814, May 1951.

  1. SIGNIFYING BLUES - Bo Diddley

(Ellas Otha Bates McDaniel aka Bo Diddley)

Bo Diddley-v, g; Jerome Green-v, maracas; Otis Spann-p; Bobby Baskerville-b; Clifton James-d. Bo’s Home Studio, Washington DC, January, 1960. Checker 965, 1960.

--------- JAZZ

  1. ZAJJ’S DREAM - Duke Ellington

(Edward Kennedy Ellington aka Duke Ellington, Billy Strayhorn)

Edward Kennedy Ellington as Duke Ellington-narrator; Margaret Tynes, Joya Sherill, Ozzie Bailey-v; Edward Kennedy Ellington as Duke Ellington-p; Paul Gonsalves-lead ts; Russel Procope-lead cl; Clark Terry, Willie Cook, Cat Anderson-tp; Ray Nance-tp, vln; Quentin Jackson-Britt Woodman-lead tb; John Sanders-tb; Jimmy Hamilton-ts, cl; Johnny Hodges, Rick Henderson-as; Harry Carney-bar, cl, b-cl; Jimmy Woode-b; Sam Woodyard, Terry Snyder-d; Candido Camero-bongos.

New York City, September 17-28, October 22, 23 or December 6, 1956. A Drum Is a Woman, Columbia, CL 951, 1957.

  1. READINGS FROM “ON THE ROAD” AND “VISIONS OF CODY” - Jack Kerouac with Steve Allen

(Jean-Louis Lebris de Kerouac aka Jack Kerouac, Stephen Valentine Patrick William Allen aka Steve Allen)

Jean-Louis Lebris de Kerouac as Jack Kerouac-v; Stephen Valentine Patrick William Allen as Steve Allen-p. The Steve Allen Plymouth Show, NBC Color City Studios, Burbank, California. Broadcast on NBC TV, November 16, 1959.

  1. MANHATTAN - George Russell feat. Jon Hendricks

(Lorenz Hart, Richard Charles Rodgers) George Russell & His Orchestra: Jon Hendricks-v; Art Farmer, Doc Severinsen, Ernie Royal-tp; Bob Brookmeyer, Jimmy Cleveland-tb; Hal McKusick-as; John Coltrane-ts; Sol Schlinger-bar s; Milt Hinton-b; Charlie Persip-d. George Allan Russell-arr., dir. New York, September 12, 1958.

  1. DRIVA’ MAN - Max Roach

(Maxwell Lemuel Roach, Oscar Brown, Jr.)

Abbey Lincoln-v; Booker Little-tp; Julian Priester-tb; Coleman Hawkins-ts; Walter Benton, ts; James Schenck-b; Maxwell Lemuel Roach as Max Roach-d. Produced/supervised by Nat Hentoff, recorded by Bob D’Orleans. Nela Penthouse Sound Studio, New York, August 31, 1960. We Insist! Max Roach’s Freedom Now Suite, Candid CJM 8002, USA.

  1. BID ‘EM IN - Oscar Brown

(Oscar Brown Jr.)

Oscar Brown Jr.-v, possibly perc. June 20/October 23, 1960.

  1. JE SUIS UN SAUVAGE - Alfred Sanvi Panou et The Art Ensemble of Chicago.

(Alfred Sanvi Panou aka Alfred Panou)

Alfred Sanvi Panou as Alfred Panou -v; The Art Ensemble of Chicago: Lester Bowie-tp; Roscoe Mitchell-sax, poss. perc; Joseph Jarman-cl, poss. perc; Malachi Favors Maghostut-b, poss. perc; Claude Delcloo-perc. Daniel Valancien-engineer. Produced by Pierre Barouh, Jean Georkarakos, Jean-Luc Young. Studio Saravah, Paris, France, June, 1969. Saravah SH 40014, October 14, 1969. (sous licence Saravah).

  1. C’EST NORMAL - Brigitte Fontaine & Areski

(Brigitte Fontaine, Areski Belkacem)

Brigitte Fontaine-v; Areski Belkacem-v, perc; Jean Querlier-fl; unknown perc. Studio Saravah, Paris, France, 1973. Produced by Pierre Barouh. Saravah SH 10 041, 1973. (sous licence Saravah).

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