« Ces faces deviennent indispensables » par Jazz Hot

« L'orchestre de Woody Herman, qui survit à son chef, a fait preuve d'une grande longévité et fait mentir le cliché de la fin des big bands après ladite Swing Era. Dans cette période 1939-1962, l’œuvre de Duke Ellington et Count Basie, ainsi que la virgule aussi dynamique que créative du big band de Dizzy Gillespie en 1946-49, nous semblent plus indispensables que celle de Woody Herman (avis non partagé par feu Leonard Feather). L'orchestre n'a d'ailleurs pas un «son» personnel comme ceux signalés et celui de Jimmie Lunceford si l'on excepte la couleur trois sax ténor+1 baryton à partir de 1947. Le clarinettiste Woody Herman, pas ridicule, n'a pas la virtuosité de Benny Goodman et d'Artie Shaw ni l'étrange créativité de Pee Wee Russell. Mais aujourd'hui, où d'infiniment plus virtuoses que ces Herds qui sont pourtant, à leur époque, avec les éléments de Stan Kenton parmi les maîtres de la technique, sont incapables d'émettre un phrasé balancé, ces faces deviennent indispensables. (…) »
Par Michel LAPLACE – JAZZ HOT