« Le mensonge comme une fleur au fusil » par Journal des Arts

Thomas Compère Morel, directeur de l’Historial de la Grande Guerre à Péronne (Somme) à propos de cette réédition, sous forme de CD, d’un roman de Cocteau paru en 1923 : « Lorsque la Grande Guerre éclate, l’orphelin montmartrois, âgé de size ans, se colle un galon et plonge dans le conflit, le mensonge comme une fleur au fusil. Guillaume Thomas de Fontenoy s’invente une nouvelle identité, une nouvelle personnalité […] Avec son thomas l’imposteur, le « caméléon intrigant », prince frivole qui se transforme en ambulancier le temps de la guerre [il est réformé en juillet 1918], compose une œuvre dans la catégorie qu’il nomme « poésie de roman ». Pour lui, le mensonge est une forme de poésie. Et c’est sans doute dans un décor mental de carton pâte où le réel et l’imaginaire coexistent, que l’auteur expérimente 14-18. Du coup, on est loin du fameux ennui des soldats que décrivent tant d’écrivains de la Grande Guerre. On pense plutôt au remarquable « mentir-vrai » d’Aragon et aux ateliers de camouflage qui réinventent alors, souvent avec fantaisie, cet art étrange que la nature a toujours pratiqué. »
JOURNAL DES ARTS