Biodiversité et agriculture(s) - Institut Technique de l’Agriculture et de l'Alimentation Biologiques
Biodiversité et agriculture(s) - Institut Technique de l’Agriculture et de l'Alimentation Biologiques
Ref.: FAL3275

Edition par Patrick Frémeaux et Dominique Bourg - Préface d'Allain Bougrain-Dubourg

Ref.: FAL3275

EAN/ISBN : 9782382832752

Auteur : ITAB ; B. Dallaporta, N. Sautereau

Direction Artistique : Patrick Frémeaux & Dominique Bourg

Label :  FREMEAUX & ASSOCIES

Nb de pages : 200 PAGES

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Présentation

« L’agriculture conventionnelle est vulnérable à un effondrement en raison de sa dépendance aux énergies fossiles, de l’érosion des sols, du changement climatique et de la perte de biodiversité. (…) La surexploitation des ressources en eau et les tensions sociales aggravent cette instabilité. Nous devons opérer une transition vers l’agroécologie et la permaculture pour renforcer la résilience du système agricole et restaurer une partie de la biodiversité. »
Pablo SERVIGNE, Comment tout peut s’effondrer (Frémeaux - Seuil)

L’agriculture biologique favorise la biodiversité en interdisant l’usage des pesticides de synthèse, et des engrais chimiques. À l’inverse, l’agriculture conventionnelle appauvrit les écosystèmes en impactant directement les espèces végétales et animales. Par ailleurs, la diminution des haies, le développement de la monoculture et l’usage intensif de produits chimiques réduisent les habitats et les ressources alimentaires des espèces animales, accélérant leur déclin. Cette perte de biodiversité affaiblit les services écosystémiques vitaux pour l’agriculture elle-même, comme la pollinisation et la régulation des ravageurs.
Patrick FRÉMEAUX, Forêts et Campagnes d’Avenir

Après le livre « Santé et agriculture(s) » présentant le rapport dirigé par Natacha Sautereau (ITAB) en collaboration avec l’INRAE et l’INSERM, cet ouvrage synthétise 139 études scientifiques sur les principales externalités de l’agriculture biologique concernant la biodiversité, en référence aux pratiques principalement mises en oeuvre en agriculture conventionnelle. Rapport sous la direction de Natacha Sautereau, rédigé par Bastien Dallaporta, agronome, avec l’appui en relectures d’experts de la biodiversité [Clélia Sirami, Christian Bockstaller, Lucile Muneret, Lionel Ranjard (INRAE) et Vincent Bretagnolle (CNRS)], il est enrichi d’un bas de page lexical de 120 termes. Ce travail constitue une référence sur l’ensemble des connaissances scientifiques concernant les interactions entre l’activité agricole et la biodiversité.
Patrick FRÉMEAUX

L’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture et de l’Alimentation Biologiques) est un acteur clé de la recherche expérimentation en agriculture biologique en France depuis 1982. Qualifié comme Institut Technique Agricole (ITA) et Institut Technique Agroalimentaire (ITAI), il favorise des approches multi-acteurs et interdisciplinaires pour produire des connaissances, développer des innovations et accompagner la transition agroécologique. INRAE analyse la durabilité agricole et la sécurité alimentaire. L’ISARA forme des ingénieurs en agronomie et agroalimentaire. L’INSERM mène des recherches biomédicales sur la santé et l’environnement. 



 200 pages.
Préface par Allain Bougrain-Dubourg
Édition par Patrick Frémeaux et Dominique Bourg avec facilitation lexicale effectuée par Patrick
FRÉMEAUX et Stéphanie Acquette sur les synthèses scientifiques effectuées par Bastien Dallaporta et Natacha Sautereau de l’ITAB : « Dallaporta B., Sautereau N., Quantification des externalités de l’agriculture biologique, Rapport Biodiversité » pour le compte du Ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Presse
Nous vivons une époque étrange. Jamais la science n’a été aussi précise pour décrire l’effondrement du vivant. Jamais les constats n’ont été aussi partagés par les experts, les institutions internationales, les citoyens eux-mêmes. Et pourtant, jamais la destruction de la biodiversité n’a été aussi rapide, aussi systémique, aussi profondément intégrée à notre modèle de développement. Au cœur de ce paradoxe, il y a notre manière de produire notre nourriture. L’agriculture, loin d’être une activité neutre, est devenue l’un des principaux moteurs de l’érosion de la biodiversité. L’usage intensif de pesticides, d’herbicides et d’engrais chimiques, la standardisation des cultures, la disparition des haies et des zones humides, la pression constante sur les ressources en eau, tout cela contribue à une homogénéisation des paysages et à une raréfaction dramatique des espèces animales et végétales. La nature s’étiole silencieusement sous nos yeux.Depuis plus d’un siècle, la LPO agit pour protéger la nature, en alertant sur les dangers de ce modèle agricole destructeur. Des campagnes de sensibilisation aux actions en justice, des réserves naturelles à l’accompagnement des agriculteurs engagés dans la transition, nous avons fait de la défense du vivant une mission vitale. Avec le programme « Nature en deuil », nous avons dénoncé les libertés croissantes accordées à l’agrochimie et la régression des cadres protecteurs au nom d’une prétendue compétitivité. Car ce sont bien les oiseaux, les insectes, les chauves-souris, les sols vivants qui paient le prix de cette fuite en avant.L’agriculture biologique, elle, trace une autre voie. Elle montre qu’il est possible de nourrir sans détruire, de cultiver en coopérant avec la nature plutôt qu’en la combattant. En interdisant les intrants chimiques, en réintroduisant de la diversité dans les cultures, en protégeant les auxiliaires naturels de culture, elle favorise le retour des pollinisateurs, des vers de terre, des oiseaux champêtres. Elle restaure les équilibres écologiques qui sont aussi des alliés de l’agriculteur. Cette approche n’est pas une utopie verte : elle est aujourd’hui validée, quantifiée, documentée par la recherche scientifique.C’est tout le mérite de cet ouvrage collectif, dirigé par Natacha Sautereau et le chercheur Bastien Dallaporta, que de proposer une synthèse rigoureuse de 139 études scientifiques sur les liens entre pratiques agricoles et biodiversité. Ce travail, mené avec l’appui de chercheurs reconnus – Clélia Sirami, Lucile Muneret, Vincent Bretagnolle, Christian Bockstaller, Lionel Ranjard, issus notamment de l’INRAE et du CNRS – fait la lumière sur ce que l’on sait aujourd’hui : l’agriculture biologique est globalement favorable à la biodiversité, là où l’agriculture conventionnelle tend à l’appauvrir. L’ITAB, que je salue pour son travail de référence, accompagne cette mutation essentielle avec rigueur scientifique et pragmatisme.Cette synthèse s’inscrit dans une dynamique que je soutiens avec conviction : celle de « Forêts et Campagnes d’Avenir », le groupement forestier et rural fondé par Patrick Frémeaux, qui œuvre concrètement à la restauration des écosystèmes et à la résilience des territoires. Revitaliser des vergers endormis, sanctuariser des forêts pour les oiseaux, libérer le foncier pour créer une forêt comestible de 400 arbres au centre de Joigny, mettre en place l’expérience d’une forêt filtrante entre viticultures conventionnelles et habitat, reconstituer des sols vivants, rédiger troisobligations réelles environnementales à joigny pour fixer des programmes de protection du vivant sur un quart de siècle, collaborer avec le CNRS pour la recherche comportementale de l’avifaune : voilà des gestes concrets, utiles, réparateurs.Je veux ici saluer le travail de la maison éponyme, Frémeaux qui ne cesse, depuis des années, de faire dialoguer écologie, philosophie et culture. En publiant les œuvres de penseurs comme Michel Serres, Dominique Bourg ou Pablo Servigne, elle a contribué à faire mûrir les consciences. En partenariat avec les Presses Universitaires de France, elle défend une écologie exigeante, populaire, profondément ancrée dans les savoirs. Oser éditer un travail scientifique de cette ampleur, le rendre lisible à un large public, et l’enrichir d’un lexique de 120 termes, voilà qui demande du courage éditorial et un réel sens de l’intérêt général.Dans un monde où la recherche fondamentale est parfois reléguée au second plan, où la vérité scientifique est relativisée, où les connaissances sont marchandisées, il est essentiel de rappeler le rôle fondamental des institutions comme l’INRAE, le CNRS, l’ISARA, l’INSERM et l’ITAB. Sans elles, nous serions privés de repères, condamnés à piloter à vue.Cette préface est donc un hommage : à la rigueur des chercheurs, à l’engagement des agriculteurs bio, à la lucidité des éditeurs, et surtout, à la nature elle-même, notre matrice commune, notre bien le plus précieux. Car défendre la biodiversité, ce n’est pas défendre « les petits oiseaux » pour quelques amoureux de la nature. C’est défendre la possibilité même de vivre, de respirer, de manger, d’être en bonne santé. C’est défendre l’avenir.Et cet avenir commence ici, avec des savoirs partagés, des pratiques éclairées, des alliances nouvelles entre science, écologie et société.Par Allain Bougrain DubourgPrésident de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO)
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