BLACK & BLUE L'HISTOIRE

« (...) un catalogue qui reste - et la présente compilation en atteste – un des plus beaux fleurons du blues enregistré de ces trente dernières années. Sans ses trois albums Black & Blue que resterait-il de l’œuvre de Luther Johnson ?

« Peu de labels ont eu autant à subir les foudres de la critique que la marque bordelaise de Jean-Marie Monestier. « Manque de direction », « moyens artisanaux », que n’a-t-on entendu ?, notamment dans la presse anglo-saxonne, sur les limites d’un catalogue qui reste - et la présente compilation en atteste – un des plus beaux fleurons du blues enregistré de ces trente dernières années. Sans ses trois albums Black & Blue que resterait-il de l’œuvre de Luther Johnson ? Y a-t-il enregistrement plus réussi d’Eddie Vinson que cette séance de 1969 où T-Bone, Jay McShann et Hal Singer rivalisent de swing ? Laisser tourner le magnéto au fil des performances solo d’un John Lee Hooker, d’un Johnny Shines ou d’un Robert Lockwood est-il forcément un vice de production ? De brillants musiciens comme Lafayette Leake ou Roy Gaines ont-ils eu beaucoup d’autres occasions de sortir de ce rôle de « session man » dans lequel leur modestie les a souvent confinés ? Luther Allison a-t-il jamais retrouvé en studio le feeling de ce « Love Me Papa » de 77 ? L’orchestre l’accompagnant sur One room country shack n’est pas plus adapté à Buddy Guy que ce conglomérat de rock stars des deniers albums ? Enfin, y a-t-il un catalogue qui puisse proposer autant de batteurs du niveau S.P. Leavy, Paul Gunther, Jo Jones, J.C. Heard, Willie Smith, Oliver Jackson, Odie Payne, Willie Hayes, Panama Francis et Fred Below ? Autant de questions qui trouvent forcément réponse à l’écoute des quatre CD de cette compilation. On sent bien que Jacques Perrin a pris plaisir à concocter un programme où la personnalité des principaux acteurs (J.P. Tahmazian, J.M. Monestier et J. Morgantini) est bien mis en exergue dans le copieux texte de pochette. Emprunts opportuns au versant plus jazz du catalogue (encore qu’avec Lloyd Glenn ou Mighty Flea Conners, la frontière est pour le moins poreuse !) et mise en évidence de jeunes bluesmen comme Billy Branch ou Maurice John Vaughn complètent ces quatre heures et demie d’enregistrements qui font honneur à un patronyme sans qui nombre d’entre-nous n’auraient sûrement pas eu le même accès à cette musique. » Stéphane COLIN – SOUL BAG. Ce disque a reçu la distinction * * * * * Le Pied ! Soul Bag