Jazz at Massey Hall Toronto, 15-05-1953
Jazz at Massey Hall Toronto, 15-05-1953
Ref.: FA5924

L’enregistrement historique 

Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus et Max Roach

Ref.: FA5924

EAN : 3561302592428

Direction Artistique : Jean Buzelin ; Livret : Franck Médioni

Label :  FREMEAUX & ASSOCIES

Durée totale de l'œuvre : 1 heures 12 minutes

Nbre. CD : 1

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Présentation

Le 15 mai 1953, au Massey Hall de Toronto, cinq figures majeures du bebop se réunissent pour une apparition unique : Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus et Max Roach. Ce concert devenu légendaire saisit le bebop à son apogée, entre rigueur architecturale et liberté brûlante. Parker et Gillespie y déploient une inventivité fulgurante, portés par une rythmique souple et puissante. Publié en parallèle de l’ouvrage de 234 pages Jazz at Massey Hall, par la plume de Franck Médioni, cet album dépasse le simple document historique : instantané aux propriétés quasi divines, il affirme une modernité radicale. Par la réunion de ces sommités musicales, il demeure sans conteste l’un des plus grands concerts de l’histoire du jazz.
Patrick FRÉMEAUX



THE QUINTET OF THE YEAR
1 Perdido 8’15
2 Salt Peanuts 7’39
3 All the Things You Are 7’11
4 52nd Street Theme 0’41
MAX ROACH SOLO
5 Drum Conversation 4’34
BUD POWELL TRIO
6 Cherokee 4’52
7 Embraceable You 4’22
8 Jubilee (= Hallelujah) 3’59
9 Sure Thing 2’10
10 Lullaby of Birdland 2’31
11 I’ve Got You Under My Skin 3’00
THE QUINTET OF THE YEAR
12 Wee (Allen’s Alley) 6’48
13 Hot House 9’09
14 A Night in Tunisia 7’36

Dizzy Gillespie (trumpet) Charlie Parker (alto saxophone) Bud Powell (piano) Charles Mingus (double bass) Max Roach (drums)

DIRECTION ARTISTIQUE & DISCOGRAPHIE : JEAN BUZELIN
LIVRET : FRANCK MEDIONI 

Presse
« Dans l’Amérique des années 1950, où le racisme se lovait comme une ombre tenace dans les rues du Sud comme dans les recoins du Nord, cinq hommes noirs montèrent sur la scène du Massey Hall, à Toronto, le 15 mai 1953. Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus et Max Roach – cinq flammes du bebop – ne venaient pas seulement jouer : ils venaient affirmer, dans un éclat de notes et de silences complices, une dignité que le monde blanc s’obstinait à leur refuser. » C’est Patrick Frémeaux, l’éditeur de cet album et de ce livre, qui résume ainsi l’importance de ce concert qui, pour la première et la seule fois, réunissait ces grands du jazz. Mais tout le monde s’accorde à le dire. Au-delà de l’impact politique de cette réunion, la soirée fut exceptionnelle. « Ce concert fait partie de l’histoire », écrit Franck Médioni. « Il vaut son pesant de cacahuètes salées (Salt Peanuts est un des morceaux joués ce soir-là, NDLR). Il donne à entendre la magie du jazz, salée, sucrée. Aucun chantage à l’émotion, la musique pure. » Et encore : « Ce soir-là, au Massey Hall, ils se retrouvent. Il y a la grande joie des retrouvailles et le plaisir de l’instant de la musique dans l’urgence du dire. Le jazz est une musique de l’urgence, puissamment urgente. Mais ses acteurs, par pudeur, par simplicité, par intelligence, feignent la légèreté. » Dans Jazz at Massey Hall, le livre, Franck Médioni raconte ce concert, cette musique qui « jaillit avec une intensité brute, une spontanéité vertigineuse, une invention collective qui défie les lois du possible ». Et en même temps raconte le bebop, ce jazz rythmé, énergique, aux grilles harmoniques fournies et mouvantes, enthousiasmant et lancinant, qui est né de la lassitude du swing policé et des big bands des ballrooms, et de la radio. Ces cinq-là en sont les créateurs et en forment l’essence même. Dans Jazz at Massey Hall, l’album, on découvre ce concert. Il avait été enregistré. C’est un document historique et bien plus que cela : c’est de la joie pure. En sept morceaux, le quintet affirme sa modernité radicale : Perdido, Salt Peanuts, All the Night You Are, 52nd Street Theme, Wee, Hot House et le célébrissime Night in Tunisia. « Très probablement un des plus grands concerts de jazz jamais enregistrés », dit Franck Médioni.  L’éditeur y a ajouté la prestation solo du batteur Max Roach et le concert du trio Bud Powell, avec Charles Mingus et Max Roach, de la même soirée. On se trouve donc, à l’ écoute, comme au Massey Hall, il y a 73 ans. Moins l’ambiance, la sueur, la fièvre. Mais la musique est toujours aussi belle, aventureuse, forte, surprenante, magique, sincère et créative à tout instant. Avec cette puissance de l’invention collective, de l’interactivité permanente et le jaillissement éblouissant des solos de Parker, Gillespie, Powell sur la pulsation de Mingus et Roach. Certes, cet enregistrement n’a pas la qualité technique de ceux d’aujourd’hui. Mais qu’importe, ce qui compte c’est la spontanéité, la fulgurance, l’incandescence, la joie. Et là, on est vraiment magnifiquement servis. » Par Jean-Claude VANTROYEN - LE SOIR
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« Parmi les moments privilégiés qui ont marqué l’imaginaire des amateurs de jazz figurent le concert de Benny Goodman au prestigieux Carnegie Hall de New York (1938), ceux de Louis Armstrong au Town Hall (1947), de Dizzy Gillespie à la Salle Pleyel (1948), d’Ella Fitzgerald dans la pinède de Juan-les-Pins (1964) et de Keith Jarrett au Blue Note de New York (1998). À cette liste non exhaustive s’ajoute celui présentant sur la scène du Massey Hall de Toronto, le 15 mai 1953, un quintet de rêve constitué des maîtres du bebop : le saxophoniste alto Charlie Parker, le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Bud Powell, le contrebassiste Charles Mingus et le batteur Max Roach. C’est cet instant de légende qu’évoque d’une plume alerte Franck Médioni dans un livre intitulé fort justement « Jazz at Massey Hall« . Organisé par des amateurs passionnés de la New Jazz Society (NJS), le concert se déroula sans une campagne de publicité préalable devant un public clairsemé, nombre de spectateurs potentiels étant restés devant leurs postes de télévision pour voir la retransmission, depuis le Stadium de Chicago, du championnat du monde de boxe poids lourds opposant Rocky Marciano à Jersey Joe Walcott. Si la réussite commerciale de cette téméraire initiative ne fut pas au rendez-vous, sa qualité artistique fut époustouflante comme le montre l’enregistrement du concert proposé ici dans son intégralité avec le « solo absolu » de batterie de Max Roach (Drum Conversation) et les versions complètes de Perdido et Wee. Une précision : Comme le signale Jean Buzelin, Charles Mingus, qui avait récupéré les bandes du concert pour les publier sur son label Debut, réenregistra en studio sa partie de contrebasse jugée peu audible qu’il mixa en overdubbing au matériau d’origine. Si on peut regretter l’absence d’une bibliographie mentionnant des références historiques sur le sujet comme « Quintet of The Year » de Geoffrey Haydon (Aurum Press, 2002) ou « Cool Blues. Charlie Parker in Canada, 1953 » de Mark Miller (Nightwood Editions, 1989), des chapitres présentant fort utilement la genèse du bebop et la carrière des acteurs du concert, ajoutent encore à la qualité de l’ensemble. Tout aussi bienvenus sont les commentaires de musicien(ne)s interviewés par l’auteur comme Franck Amsallem, Antoine Berjeaut, Laurent bataille, Joe Lovano, Christophe Monniot, Alexandra Grimal, Christophe Marguet, Fabrice Moreau, Matthieu Donarier, Enzo Carniel, Stéphane Kerecki qui apportent sur cet instant unique de l’histoire du jazz un éclairage fort précieux. Bref, nous avons là le jazz dans sa liberté, sa splendeur et sa magie. » Par Alain TOMAS – COULEURS JAZZ
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Liste des titres
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    Perdido
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Juan Tizol
    00:08:15
    1953
  • 2
    Salt Peanuts
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Dizzy Gillespie
    00:07:39
    1953
  • 3
    All The Things You Are
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Jerome Kern
    00:07:11
    1953
  • 4
    52nd Street Theme
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Thelonious Monk
    00:00:41
    1953
  • 5
    Drum Conversation
    Max Roach
    Max Roach
    00:04:34
    1953
  • 6
    Cherokee
    Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Ray Noble
    00:04:52
    1953
  • 7
    Embraceable You
    Bud Powell
    George Gershwin
    00:04:22
    1953
  • 8
    Jubilee (Hallelujah)
    Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Vincent Youmans
    00:03:59
    1953
  • 9
    Sure Thing
    Bud Powell
    Bud Powell
    00:02:10
    1953
  • 10
    Lullaby Of Birdland
    Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    George Shearing
    00:02:31
    1953
  • 11
    I’ve Got You Under My Skin
    Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Cole Porter
    00:03:00
    1953
  • 12
    Wee (Allen’s Alley)
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Denzil Best
    00:06:48
    1953
  • 13
    Hot House
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Tadd Dameron
    00:09:09
    1953
  • 14
    A Night In Tunisia
    Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bud Powell, Charles Mingus, Max Roach
    Dizzy Gillespie
    00:07:36
    1953
Livret

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Jazz at Massey Hall

Toronto, 15-05-1953

Par Franck Médioni

Toronto, le 15 mai 1953, Massey Hall. Ce qui, à l’origine, n’était qu’un gig de plus, fait désormais partie de l’histoire. Ce concert réunit quelques-unes des figures les plus marquantes du bebop : le saxophoniste alto Charlie Parker, le trompettiste Dizzy Gillespie, le pianiste Bud Powell, le contrebassiste Charles Mingus et le batteur Max Roach. Ce All Stars réuni est une première fois et une dernière.

Cet album Jazz at Massey Hall n’est que la photographie d’un instant, mais c’est un document exceptionnel. « Le plus grand concert de jazz de tous les temps » lit-on ici et là. Pas moins. Les producteurs savent trouver les mots, ont un sens aigu du marketing, mais force est de constater que oui, probablement, très probablement c’est l’un des plus grands concerts de jazz enregistrés. Charlie Parker a rarement été aussi libre que sur ce terrain de jeu à la fois balisé et dérapant.

Il y a une magie Jazz at Massey Hall. Chaque réécoute suscite son lot de plaisirs, d’émotions contrastées, de surprises. Les cinq musiciens sont à la fois extrêmement décontractés tout en étant très concentrés. La musique, puissamment charpentée, finement ciselée, circule librement et apparaît in situ dans une évidence naturelle. Le jazz veut l’instant et l’éternité. Les éclats de l’instant en ses éclaboussures d’éternité.

D’unissons en contrechants, d’improvisations sur le fil du rasoir jetable en solos stratosphériques, Charlie Parker et Dizzy Gillespie font feu de tout bois. De sa basse tellurique, Mingus pose les fondations d’une souple et puissante robustesse, tandis que Max Roach multiplie les accents et les salves polyrythmiques ; ils propulsent l’orchestre dans l’éternel du « swing ». Voilà une musique autant exigeante que débraillée, autant intrépide que virtuose, parfaitement architecturée et joueuse qui touche au cœur de la musique pure. Sa modernité ne réside pas seulement dans sa forme, mais aussi dans son ardeur, sa subversion permanente.

Cette musique ruisselle d’intensité, où l’improvisation se renouvelle d’une manière passionnelle. Le propos est lumineux, et nous gratifie de sa bonne nouvelle : le jazz existe, subsiste, insiste, toujours neuf. Ce disque est la preuve tangible et sonore de cette double exigence d’audace formelle et de liberté radicale. Des thèmes balisés cohabitent avec des improvisations très libres. Il y a là comme un souffle ardent, une insondable liberté qui s’affirme, un fort désir d’expression qui ne se dément pas tout au long du concert. Ce qui surprend aussi et surtout dans la musique jouée ce soir-là c’est, à la fois, l’extrême rigueur musicale et la détente, le grand naturel qui y préside.

Ce concert Jazz at Massey Hall marque la victoire du bebop en son apogée et sa fin historique, le chant du cygne de Bird. Le bebop est une musique effilochée de combat, de rigueur et de liberté. Ce concert du Massey Hall en est comme la quintessence, l’esprit et la lettre. Ce quintette vif argent obéit à un sens très fort de l’architecture et, en même temps, se donne la liberté de s’échapper, à la fois très rigoureux dans la précision du trait et spontané dans le geste musicien. Primauté du jeu, primeur de l’improvisation. Confiance dans l’instant, l’instinct, le désir, et refus des préméditations. Cette musique sonne dans sa force, son invention, son aventure, autrement dit sa beauté.

Franck Médioni

© Frémeaux & Associés 2026

THE COMPLETE JAZZ AT MASSEY HALL

  1. PERDIDO
    (Juan Tizol - Harry Lenk - Ervin Drake) Debut DLP-2
    2. SALT PEANUTS
    (Dizzy Gillespie - Kenny Clarke) Debut DLP-2
    3. ALL THE THINGS YOU ARE
    (Jerome Kern - Oscar Hammerstein II) Debut DLP-2
  2. 52nd STREET THEME
    (Thelonious Monk) Debut DLP-2
  3. DRUM CONVERSATION
    (Max Roach) Design DLP-29
  4. CHEROKEE
    (Ray Noble) Debut DLP-3
  5. EMBRACEABLE YOU
    (George & Ira Gershwin) Debut DLP-3
  6. JUBILEE (= HALLELUJAH)
    (Vincent Youmans - Leo Robin - Clifford Grey)
    Debut DLP-3
  7. SURE THING
    (Bud Powell) Debut DLP-3

10 LULLABY OF BIRDLAND
(George Shearing - George David Weiss) Debut DLP-3

  1. I’VE GOT YOU UNDER MY SKIN
    (Cole Porter) Debut DEB-198
  2. WEE (ALLEN’S ALLEY)
    (Denzil Best) Debut DLP-4
  1. HOT HOUSE
    (Tadd Dameron) Debut DLP-4
  2. A NIGHT IN TUNISIA
    (Dizzy Gillespie - Frank Paparelli) Debut DLP-4

(1-4) The Quintet of the Year : Dizzy Gillespie (tp), Charlie Chan (= Parker) (as), Bud Powell (p), Charles Mingus (b), Max Roach (dm). Massey Hall, Toronto (CAN), May 15, 1953.

(5) Max Roach solo : Max Roach (dm). Same date.

(6-11) Bud Powell Trio : Bud Powell (p), Charles Mingus (b, except on 7, 9), Max Roach (dm, except on 7, 9). Same date.

(12-14) The Quintet of the Year : same as for 1-4. Same date.

Debut DLP-2 © 1953

Debut DLP-3 © 1953

Debut DLP-4 © 1953

Debut DEB-198 © 1955

Debut DEB-124 (=DLP-2 & 4) © 1956

Design DLP-29 © 1957

Fantasy 6003 (=DLP-124) © 1962

Fantasy 6006 (=DLP-3 + DEB-198) © 1962

Notes et imbroglio :

Charles Mingus, peu satisfait de l’enregistrement du concert, car il estimait que son instrument était quasiment inaudible, rejoua en studio sa partie de contrebasse qu’il mixa en overdubbing sur la bande originale et publia le résultat sur son label Debut, d’abord en LP 25 cm (DLP-2 et DLP-4) puis en LP 30 cm (DLP-124). Ceux-ci sont donc considérés comme étant les disques originaux.Notons qu’il n’ajouta rien sur la bande sonore du trio dont il publia d’abord cinq morceaux sur un LP 25 cm (DLP-3), ajoutant le sixième sur un LP 30 cm (Debut-198). Le solo de batterie ne fut publié que dans une compilation (Design DLP-29) mais n’a jamais été intégré dans les rééditions officielles Fantasy (et autres nombreux labels).Or la plupart de celles-ci sont défectueuses. Deux titres nous offrent l’exposé de leur thème de 32 mesures tronqué. On n’entend en effet que les quatre dernières mesures du thème de Perdido (#1), tandis que Wee (#12) est amputé de ses huit premières mesures. Nous présentons ici les deux morceaux dans leur intégralité.

Signalons enfin que les rééditions Fantasy et autres labels sous licence ont ajouté quatre titres du trio de Bud Powell en les présentant comme faisant partie du concert. Or, il s’agit d’enregistrements postérieurs, réalisés à New York en septembre 1953 (avec George Duvivier à la contrebasse et Art Taylor à la batterie). Cette erreur n’a pas été corrigée.

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