« L’éditeur Frémeaux & Associés s’est lancé depuis quelques temps dans une frénésie de publications littéraires sur la musique. C’est ainsi qu’on a pu lire de nombreux textes réédités et d’autres inédits, mais toujours en lien avec le jazz, ses acteurs historiques et ses problématiques.
Parmi les serial writers en France, il y a le journaliste Franck Médioni, sur de nombreux fronts simultanés. Il y a peu, il s’est rendu chez Michel Portal pour recueillir sa parole, lui faire redire sa vie, le questionner sur sa musique.
Ces paroles sont couchées sur papier, rassemblées dans Le souffle Portal, un livre en huit chapitres qui tracent un portrait fidèle du musicien. Son rapport à l’instrument, à la musique classique, en particulier celle de Mozart, son rapport au jazz, au free jazz de ses débuts, l’improvisation, le métier, tous les sujets sont abordés.
C’est un beau voyage dans le temps aussi, on y croise les grandes figures du jazz. On y apprend que Michel Portal a joué sur le saxophone alto de Charlie Parker et qu’il sentait la cigarette (le saxophone, pas Charlie Parker).
Michel Portal se questionne beaucoup et sur tout. Pourquoi faire de la musique ? Pour qui ? Et il répond souvent qu’il ne sait pas.
Ce qui frappe, dans le fond, c’est qu’avec une si longue carrière (il remporte des concours de clarinette à la fin des années 50) il n’ait pas enregistré plus de disques. Entre 1969 et 2021, une quinzaine d’enregistrements studio dans le domaine du jazz sous son nom. Le reste concerne le classique, la variété et les musiques de films. Portal échappe là encore aux normes habituelles.
On retiendra cette leçon du clarinettiste : « Il faut s’aimer pour faire de la musique. Sinon, c’est la guerre. » »
Par Matthieu JOUAN – CITIZEN JAZZ
