Deux concerts enregistrés à Paris, à I'Olympia, devant une salle visiblement bondée, d'un public enthousiaste : ça siffle de plaisir, ça crie, ça applaudit : on est venu écouter du vrai jazz et on met l'ambiance ! Le répertoire est typique de la belle époque du swing. Beaucoup de boogie woogies, pas mal de blues, sur des riffs prétextes créés pour l'occasion (10 Rue Caumartin, Flying At The Olympia), de vieux standards indémodables (Alexander's Ragtime Band, On The Sunny Side Of The Street...) ou une chanson de Bruno Coquatrix pour faire plaisir au directeur de la salle. L'orchestre est en place avec quelques solos réussis, et un bon chanteur de blues pour le deuxième concert, Pinocchio James. Lionel Hampton est dans son rôle, il chauffe la salle et le big band, joue de son vibraphone à deux baguettes - des lignes donc et pas d'accords, avec un son clair qui le place devant l'orchestre et pas mal de vibrato comme c'était la coutume à l'époque. Un swing et une technique qui peuvent sembler un peu mécaniques si on les a trop entendus : on retrouve des tournures connues, mais avec plus d'inventivité et de bonheur dans le second concert que dans le premier.
Yvan Amar – Jazz Magazine
