« Le tentet de Laurent Cugny nous émerveille » par Citizen Jazz

« Disons-le tout de go : la publication d’un album de Laurent Cugny est toujours un événement et Zeitgeist ne déroge pas à la règle. On retrouve bien des éléments qui caractérisent un certain nombre d’albums et de projets menés antérieurement avec l’ONJ ou le Big Band Lumière, pour ne citer que ceux-ci, et c’est très certainement une explication de la jubilation qui s’empare de l’auditeur à l’écoute des neuf pistes de ce tentet.

On retrouve une musique pleine de groove, les claviers électriques – en l’occurrence ceux de Pierre de Bethmann et de Laurent Coulondre en plus de ceux de l’hôte de l’orchestre –, et l’âme d’un band directement hérité de ce qu’a réalisé auparavant Gil Evans. On a beaucoup dit que Laurent Cugny en est un héritier et il faudra le redire et le répéter tant c’est évident, mais on trouve surtout un orchestre qui déroule avec beaucoup d’élégance des morceaux qui prennent exactement le volume nécessaire. C’est peut-être ce mot - exactement - qui correspond le mieux à la musique de Laurent Cugny : tout est là, dans la mesure qui convient. Ce n’est jamais tape-à-l’oeil, jamais sur la réserve non plus. C’est toujours exactement là où ça doit être, avec l’intensité qui convient.

À propos de Zeitgeist, on dira aussi qu’on y retrouve une esthétique qui peut faire penser à Weather Report sous certains aspects – d’ailleurs « Boogie Woogie Waltz » qui figure ici est une composition de Joe Zawinul – et de manière plus générale à cette magie tirée des années 1970. On dira surtout qu’à travers les neuf compositions, dont sept reprises d’un répertoire qui va de Michel Jonasz à Duke Ellington en passant par les Beatles et Miles Davis, le tentet de Laurent Cugny nous émerveille, et le terme est encore en-deçà de la réalité. »

Par Gilles GAUJARENGUES – CITIZEN JAZZ