Bonheur grave et surprise insensée. Cela se nomme Octaèdre par Le Monde

Octaèdre, un hommage à Cortázar. Après tout, rien n’interdit de commencer l’écoute d’un disque par son point de fragilité, Round Midnight, par exemple. Tusques le commente : « C’est l’époque où j’apprenais le piano en regardant presque tous les soirs les doigts de Bud Powel s’aligner sur le clavier au Blue Note ». Nous sommes, comme dirait Cortázar, « dans la nuit primitive et délicate de Thelonious Monk ». Il le joue avec la touche de celui qui a beaucoup joué et sait recommencer. Cet album est un carnet de notes d’une fraîcheur inconnue. Le piano sonne bien. Les derniers instants de chaque pièce sont autant d’instants justes. On finit par un tango métaphysique que Julio eût aimé – avec Isabel Juanpera, Cesar Stroscio au bandonéon et Bernard Vitet – et par quelques mots de sa voix. Bonheur grave et surprise insensée. Cela se nomme Octaèdre.
Par F.M. – LE MONDE