La voix de Mahalia est sublime, bien posée, expressive par ABS Magazine

" L'intégrale de Mahalia Jackson s'enrichit d'un nouveau volume reprenant ses enregistrements pour Columbia de 1958 et 1959. On est encore dans une période faste où la chanteuse de plus en plus prisée par le grand public est toujours très populaire aussi dans les milieux africains-américains. Elle peut encore exiger d'être entourée d'un nombre limité d'accompagnateurs - avec de petites chorales parfois contestables pour leur académisme et manque de swing - et graver des morceaux à destination de sa communauté qui paraissent en 45 tours et ne sont pas toujours repris sur les albums.
Dans les années 60, Columbia va la noyer dans de grands orchestres dirigés par Johnny Williams, Marty Paich, Richard Hazard et autres H.B.Barnum qui vont la confirmer dans son statut de diva internationale mais vont la couper progressivement de sa communauté et édulcorer ses productions.
En 1958 et 1959, ce sont les faces à paraître en 45 tours qui sont évidemment les meilleures sur le plan authenticité, rythme et swing comme For my good fortune, Elijah rock, de même que la plupart de celles où Mildred Falls est au piano et Alfred Miller à l'orgue: To me it's so wonderful et Great gettin up morning, en medium, His et I found the answer en tempo lent et God put a rainbow in the sky en medium.
La voix de Mahalia est sublime, bien posée, expressive, chargée d'émotion, de conviction et de charisme. A noter la présence ici de deux superbes morceaux: He's got the whole world in His hands (que Mahalia reprendra lors du festival de Newport en juillet 1958 et qui lui assurera un triomphe mondial) de même que Trouble of the world qu'elle interprète en live à la fin du film "Imitation of Life" de Douglas Sirk.
Comme d'habitude, les notes de Jean Buzelin sont pointues et bien développées. (lisez bien le paragraphe où le côté Dr.Jekyll/Mr.Hyde de Mahalia est dévoilé par l'attitude inqualifiable qu'elle a eue avec Milfred Falls...). Ce cd est fortement recommandé, comme les 8 premiers volumes. "
Robert SACRE - ABS MAGAZINE