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LE NÉGATIONNISME
ENTRETIENS SOUS LA DIRECTION DE JEAN-MARC TURINE
DIFFUSÉS SUR FRANCE CULTURE







LE NÉGATIONNISME (1948-2000)
LIVRET PRÉFACÉ PAR SIMONE VEIL

Préface par Simone Veil
D’ici quelques années, les générations de la Shoah auront disparu, l’histoire sera alors livrée aux historiens : elle sera ce qu’ils en feront. C’est pourquoi même si les «négationnistes» n’ont pas eu jusqu’ici l’écho qu’ils espèrent, il est important que leurs thèses mensongères soient dénoncées et privées de toute crédibilité, non seulement par les historiens les plus reconnus dans ce domaine, mais également par les témoignages directs des derniers survivants des camps d’extermination.
La série d’entretiens diffusés par France-Culture et regroupés dans le présent coffret répond à ces préoccupations : sous la direction de Jean-Marc Turine, les historiens Valérie Igounet, Pierre Vidal-Naquet et Jacques Tarnero répondent, point par point, à chacune des assertions mensongères des négationnistes. Outre un historique très précis du «mouvement négationniste», ces entretiens présentent une analyse approfondie des motivations d’ordre personnel ou idéologique de ses porte-parole les plus signi­ficatifs. C’est en France en 1948 que le discours négationniste prend forme sous la plume de Maurice Bardèche, beau-frère de Robert Brasillach qui a été fusillé en 1945 pour faits de collaboration. Celui-ci est rapidement rejoint par d’autres nostalgiques du passé qui cherchent à travers la négation de l’extermination des Juifs à réhabiliter le nazisme et le fascisme. L’extrême droite n’est pas seule à mener ce combat. Outre quelques transfuges de la gauche comme Paul Rassinier, dont il est difficile d’appréhender les motivations tant elles sont ambiguës, quelques figures de l’extrême gauche n’hésitent pas à entrer dans leur jeu et à les cautionner. Pour eux, dès lors qu’il s’agit de nier la réalité du génocide des juifs privant ainsi l’Etat d’Israël de ce qui a constitué l’un de ses fondements historiques, il n’est pas illégitime, sous couvert de liberté d’expression, de mêler leurs voix à celles de l’extrême droite.

Français ou non, historiens ou non, la plupart sont des personnalités plus ou moins marginales. La provocation et la violence de leur discours leur permettent d’accéder à une notoriété qui favorise la diffusion de leurs ouvrages. En 1978, un grand hebdomadaire n’a pas hésité, consciemment ou non, à titrer sur des formules négationnistes particulièrement agressives et odieuses extraites de l’interview d’un ancien nazi notoire qui ne pouvait espérer une telle tribune. Cette publication n’était même pas accompagnée d’un commentaire susceptible de mettre en garde les lecteurs et d’en limiter la portée. Si les négationnistes n’ont pas suscité au coeur de l’Université et de l’Education les sympathies et relais qu’ils escomptaient, ils ont trouvé avec Internet des réseaux puissants et efficaces pour la diffusion de leurs idées. Aussi certains professeurs s’inquiètent-ils de l’intérêt porté par des élèves à ces messages qui contredisent ce qui leur est normalement enseigné. La multiplication de sites sur la Shoah est sans doute le moyen le plus apte à contrecarrer l’influence de ces réseaux - le présent coffret fournira à ceux qui le souhaitent tous les arguments utiles pour dénoncer le négationnisme. Il peut paraître inutile, voire dérisoire de se mobiliser ainsi contre quelques personnages de piètre renommée, soutenant des thèses aussi contraires à une réalité reconnue et assumée par l’ensemble de la Communauté Internationale. Il serait cependant dangereux de traiter par le mépris des contrevérités, diffusées par des réseaux bien organisés qui trouvent dans le négationnisme la possibilité de donner du grain à moudre à tous ceux qui se plaisent encore à croire au «complot juif international».

La Shoah reste, par son ampleur, son organisation planifiée et ses méthodes scientifiques, un phénomène d’extermination sans exemple dans l’histoire de l’Humanité. Comment croire que des événements aussi monstrueux aient pu être commis en plein XXème siècle par des «hommes ordinaires» à l’encontre d’autres êtres humains ? Que ces faits aient été commis en Europe, dans un pays réputé pour le rayonnement de sa culture, les font paraître encore plus incroyables. L’ampleur de cette extermination et l’impossibilité matérielle de sa mise en œuvre figurent parmi les arguments majeurs avancés par les négationnistes pour faire prospérer leurs mensonges. Il est vrai que nous-mêmes, en déportation, savions que si, par miracle, nous devions survivre et nous retrouver libres, nous nous heurterions à beaucoup de scepticisme en racontant ce que nous avions vu. Primo Lévi dès 1947 exprimait de telles craintes. C’est surtout à l’indifférence qu’il s’est heurté. Même son talent et la force de son témoignage n’ont pu briser le mur du silence qui a été édifié pour étouffer les récits dérangeants des survivants. Aussi je m’en voudrais de ne pas citer ce qu’il écrivait alors dans la préface de «Si c’est un homme» qui reste la référence incontournable de ce qu’il faut retenir à propos d’Auschwitz : «Le besoin de raconter aux «autres», de faire participer les «autres» avait acquis chez nous, avant comme après notre libération, la violence d’une impulsion immédiate, aussi impérieuse que les autres besoins élémentaires ; c’est pour répondre à un tel besoin que j’ai écrit mon livre ; c’est avant tout en vue d’une libération intérieure».

N’ayant cessé depuis 1945, d’éprouver les mêmes sentiments, j’ai toujours cherché, comme d’ailleurs beaucoup de mes camarades, à parler. Encore fallait-il être réellement écoutée, ce qui le plus souvent ne fut pas le cas. C’est pourquoi j’ai volontiers accepté de préfacer ce coffret qui permettra à un large public d’être parfaitement informé des méthodes suivies par les négationnistes pour falsifier l’Histoire. N’étant pas historienne, je n’entrerai pas dans le débat purement historique qui appartient aux spécialistes. Je me bornerai à ajouter mon témoignage d’ancienne déportée à ceux très précieux qui figurent déjà dans ces cassettes. Sachant ce qu’il en coûte à chacun d’entre nous de revenir sur ce passé, je tiens à leur exprimer ma reconnaissance. Est-il besoin de dire que pour nous qui avons été déportés à Auschwitz Birkenau, immense camp où la plupart des convois de déportés arrivaient venant de France, de Belgique, des Pays-Bas comme de Pologne, de Grèce ou de Hongrie et bien d’autres pays, le discours négationniste est particulièrement intolérable. Puisque nous étions condamnés à mourir à plus ou moins longue échéance, les SS ne prenaient aucune précaution pour nous cacher ce qui se passait à Birkenau. Au contraire, ils prenaient plaisir à nous montrer la fumée sortant des cheminées en disant qu’elle provenait des corps brûlés de ceux que nous avions aimés, après qu’ils aient été gazés. C’est pourquoi nous nous sentons tenus de répondre non directement aux auteurs de cette propagande nauséabonde mais en nous adressant à ceux qui, de bonne foi, peuvent ignorer les faits et risquent de se laisser impressionner par des insinuations ou des affirmations négationnistes.

C’est pour eux que ces cassettes ont été réalisées, afin de leur faire prendre conscience non seulement de l’inanité du discours négationniste sur le plan historique, mais aussi de son caractère odieux sur le plan humain, face aux témoignages des survivants. C’est à leur intention, que j’évoque mon arrivée à Birkenau dans la nuit du 12 au 13 avril 1944. J’étais avec ma mère, âgée de 43 ans et une sœur qui avait 21 ans. J’allais avoir 17 ans. A la descente du wagon à bestiaux où nous avions passé trois jours avec une centaine d’enfants, de femmes et hommes de tous âges, un médecin SS, le Dr MENGELE procédait à une sélection : les uns étaient mis de côté parce que trop jeunes, trop vieux, trop gros, trop maigres, ou parce qu’ils étaient accompagnés d’enfants. Ils étaient alors dirigés vers des camions soi-disant prévus pour les emmener au camp ; en fait, ils étaient tous conduits vers une chambre à gaz. Personne, à l’exception de ceux qui étaient chargés de les faire se déshabiller avant de les conduire vers les chambres à gaz ne les a jamais revus, ni à Auschwitz ni ailleurs. Ils ont tous totalement disparu, sans laisser de trace. Les personnes jugées valides se rendaient à pied jusqu’au camp, après qu’hommes et femmes aient été séparés sans même pouvoir se dire au revoir. La plupart ne se sont jamais revus.  Quelques heures après, dès l’aube, rassemblées dans un immense bloc, nous avons été sommées de nous déshabiller complètement. La plupart ont été tondues et rasées sur tout le corps. Ensuite, le numéro qui devait se substituer désormais à notre identité a été tatoué sur notre bras gauche. Ce numéro était fixé d’après l’ordre d’arrivée dans le camp depuis son ouverture. Ainsi en avril 1944, j’étais la 78.651ème femme enregistrée à Auschwitz-Birkenau alors que plusieurs centaines de milliers et même davantage y étaient arrivées des camps et ghettos dispersés à travers toute l’Europe soumise à la domination des nazis. Que sont-ils tous devenus, ces enfants, ces vieillards, ces femmes et hommes qui ont ainsi disparus en quelques heures sans laisser aucune trace? Dans ce convoi n° 71, nous étions 854 femmes, parmi lesquelles de nombreux enfants, notamment ceux qui avaient été arrêtés à la Maison d’Izieu peu de jours auparavant. Soixante-dix femmes, généralement des adolescentes, ont survécu et sont rentrées. De la plupart qui ne sont même pas rentrées dans le camp, nous n’avons jamais rien su que ce que des anciennes du camp nous ont dit quelques heures après notre arrivée en nous montrant la fumée qui sortait de la grande cheminée en brique d’un bâtiment voisin : «voici ce que sont devenus vos parents, vos enfants, vos proches et vos amis». Sur le moment, horrifiées, nous n’avons pu les croire.

Ce convoi n’était qu’un parmi d’autres. Plus de quatre-vingt sont partis de France, la plupart vers Auschwitz. Leur histoire est toujours la même, même si la proportion de ceux et celles qui sont entrés dans le camp variait, selon qu’il y avait ou non de la place dans les baraques de Birkenau. Les arrivants avaient davantage de chance d’entrer dans le camp s’il y avait eu une forte mortalité auparavant.  Au cours des mois de mai et juin 1944, les convois venant de Budapest se succédaient à un rythme si rapide que très vite, il n’y eut presque plus de place dans le camp. Dès lors, c’est au compte-gouttes, selon je ne sais quel critère, que les déportés hongrois étaient admis dans le camp. De nos blocs, nous voyions tous les trains arriver, tous leurs occupants descendre et la plupart disparaître. A cette époque, j’ai travaillé à des travaux de terrassement pendant quelques jours près d’une chambre à gaz : un convoi avait dû arriver peu de temps auparavant : tous les vêtements étaient encore là sur une pelouse bordée de pensées : il y avait aussi des biberons, des poussettes et des jouets d’enfants, des béquilles et des cannes, des objets de toutes sortes. C’est tout ce qui restait de ceux qui étaient arrivés dans la nuit. Ces souvenirs sont très précis. Pourtant, même pour nous il est difficile de croire que des hommes et des femmes, par ailleurs bons pères et mères de famille, aient pu, apparemment sans état d’âme, conduire vers la mort des êtres humains de tous âges y compris des bébés et des vieillards simplement parce qu’ils étaient Juifs ou Tziganes. En ce qui nous concerne, nous ne devions pas survivre. Tout était fait pour ne laisser aucune trace. La fin de la guerre est arrivée, trop vite sans doute pour laisser aux SS le temps de nous anéantir et d’effacer leurs crimes. Ils espéraient ainsi emporter une dernière victoire sur les Juifs. Ça n’a pas été le cas. Mais Hitler pourrait encore avoir gagné si l’histoire n’accordait pas à la Shoah la place qui lui revient. Il ne s’agit pas seulement de ce que l’on saura et dira dans dix, vingt ou même cent ans. Ce qui importe, c’est ce qui en restera pour toujours dans l’Histoire de l’Humanité. La longue Histoire des peuples se fait par ceux qui la vivent et la transmettent, oralement ou par des écrits, avant que les historiens ne s’en emparent.

Certes, ce que retiendra l’Histoire sera quelque peu différent de ce qu’elle fut et même de ce dont nous nous souvenons aujourd’hui. Les événements seront réduits, peut-être amplifiés, ou déformés, mais il importe d’en préserver l’essentiel. L’essentiel, ce sont la planification de l’extermination et les méthodes d’assassinat collectif. Mais les faits eux-mêmes n’auraient guère de signification si l’on devait ignorer l’idéologie qui a entraîné le génocide des Juifs. Bien des voies sont encore à explorer pour les historiens afin de comprendre comment, au XXème siècle, un peuple parmi les plus civilisés du monde a pu en arriver, non seulement à concevoir «la solution finale», mais à la mettre en œuvre avec autant d’efficacité. Même s’il est dangereux de prendre des paris avec l’Histoire, je ne puis imaginer que les thèses négationnistes puissent, à l’avenir, prospérer. Aucune institution ou autorité, internationale ou nationale, ni aucun historien sérieux, ne s’y sont jusqu’à ce jour prêtés. La repentance officielle des églises, à l’initiative du Pape Jean-Paul II, est à cet égard sans équivoque et déterminante.

Pour ma part, je m’inquiète au regard de l’avenir et de la place que l’Histoire réserve à l’holocauste, d’une dérive bien plus insidieuse qui est celle de l’amalgame ou de la banalisation. Il n’a pas fallu attendre longtemps après la fin de la seconde guerre mondiale pour que le nom d’Auschwitz, devenu symbole de l’extermination des Juifs, soit accolé à celui des bombardements d’Hiroshima et ou de Dresde pour tenter de faire croire que les alliés s’étaient comportés de façon quasi-similaire. Déjà ces comparaisons étaient loin d’être neutres. Si tout le monde avait été coupable, pourquoi stigmatiser les uns plus que les autres. L’extermination des Juifs n’était qu’un drame de la guerre parmi d’autres. Depuis, à vouloir dénoncer et combattre de la même façon les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre ou la violation des droits de l’homme, on est entré dans l’ère de la confusion la plus pernicieuse : amalgame entre les faits dénoncés et leurs conséquences, sous-estimation du contexte politique et historique des situations en cause. Une telle démarche, justifiée au nom de l’universalité des droits humains, mais qui tend à ignorer la particularité de chacun de ces drames et le poids de l’Histoire peut s’avérer dangereuse. En ignorant ces réalités, on risque en effet de banaliser tous les événements et de les condamner ainsi à l’indifférence ou l’oubli. La Shoah aussi bien que le génocide arménien, celui du Cambodge ou du Rwanda, s’inscrivent dans une histoire qui leur est propre. Toutefois leur objectif d’extermination d’une communauté toute entière, ne permet pas de les comparer à des crimes de guerre, ni à l’épuration ethnique perpétrée dans l’ex-Yougoslavie. Ceux qui ont survécu à ces événements en sont marqués pour la vie. Ils ont besoin non seulement d’en transmettre la mémoire, mais que les faits soient reconnus et appréhendés dans leur spécificité idéologique et tels qu’ils se sont concrètement passés. Comme pour les grandes persécutions du passé, je pense aux guerres de religion, les descendants des survivants de la Shoah attendent de la Communauté Nationale qu’elle lui fasse place dans l’Histoire. Non seulement par son idéologie de haine et de mort, mais par ses méthodes, l’extermination des Juifs, identifiés par leur religion ou celle de leurs ascendants plus ou moins éloignés, reste une catastrophe dans l’Histoire de l’Humanité dont nul ne pouvait ima­giner qu’elle soit possible au XXème siècle. C’est bien ce qui explique le questionnement d’ordre métaphysique et moral que ces faits ont suscité et que certains ont pu dire qu’Auschwitz est une rupture dans l’histoire de l’humanité. Après quelques décennies, le mal absolu qu’a été la volonté d’extermination des Juifs au seul motif de leur naissance et de leur appartenance n’est plus considéré que comme une tragédie parmi d’autres. Si l’on n’y prend pas garde, elle risque de tomber dans l’oubli. Il y a dans le négationnisme comme dans cette banalisation, déjà fort répandus, une démarche non seulement inacceptable par rapport aux six millions de victimes mais aussi lourde de dangers. Elle ouvre en effet la porte à une vision extraordinairement réduc­trice de l’Histoire ainsi occultée. Ce changement des mentalités oblige à faire preuve de la plus grande vigilance. L’édition de ces cassettes participe de l’éducation nécessaire à cette prise de conscience. Que tous ceux qui y ont apporté leur concours en soient remerciés.
Simone VEIL
© 2001 SIMONE VEIL / FRÉMEAUX & ASSOCIÉS


REFLEXIONS DE L’EDITEUR
PAR PATRICK FREMEAUX
“Il n’y a pas de bonheur sans liberté, ni de liberté sans vaillance” Thucydide

POURQUOI L’EDITION DE CE COFFRET SUR LE NEGATIONNISME ?
Ce coffret est l’enregistrement  des émissions produites en novembre 2000 par Jean-Marc Turine pour France Culture (avec le concours de l’INA) traitant du Négationnisme. L’édition de ces émissions sur compact disques désormais disponibles pour les établissements scolaires et le grand public est la suite logique de la commercialisation des coffrets “La déportation” et “Crime contre l’humanité” en septembre 2000. Le coffret “La déportation” sous la direction de Pierre Guérin regroupe sur quatre  compact-disques des témoignages de déportés juifs ou non, résistants ou non, ayant tous vécu la déportation, témoins pour la majorité d’entre eux de la solution finale. La voix enregistrée possède une force évocatrice liée au rapport intime qu’il crée avec le témoin. Cet ouvrage sonore a la volonté de pérenniser le témoignage oral de la déportation et de la Shoah, en offrant un substitut aux nombreuses interventions d’anciens déportés dont l’âge avancé ne leur permet plus de se déplacer et de témoigner en milieu scolaire. Le deuxième coffret “Crime contre l’humanité” réalisé par Jean-Marc Turine à partir  du fonds INA, confronte la propagande antisémite des médias officiels pendant la guerre (dont la légèreté et l’assurance sont terrifiantes) avec des récits de déportés enregistrés et conservés par l’INA. Ces ouvrages, véritables premières dans la vulgarisation historique de l’Histoire du XXème siècle, ont été salués par les médias comme des œuvres indispensables à l’égal des meilleurs livres de vulgarisation sur le sujet (Ainsi Laurent Joffrin a invité sur France Inter dans le cadre d’un débat sur le devoir de mémoire, Henri Rousso - Président de l’Institut d’Histoire du Temps Présent et Serge Klarsfeld, l’historien majeur de la Shoah qui a réalisé un historique du crime juif au sein de l’ouvrage sonore). Ce travail qui contribue à la diffusion de la connaissance historique sur cette période était dans la logique du travail d’un éditeur qui s’attache à la transmission de notre patrimoine sonore, c’est ainsi que fin 2000, ces deux coffrets audios ont reçu le Grand Prix de la Parole Enregistrée de l’Académie Charles Cros. Dès leurs parutions, à ma grande surprise, nous avons reçu des appels téléphoniques, des lettres anonymes qui nous ont renforcés dans l’idée que ce travail de production radiophonique et éditorial était nécessaire.

REVISION ET REVISIONNISME
Le terme révisionniste couramment utilisé dans cet ouvrage est employé pour ceux  qui entendent réviser l’Histoire dans un sens prédéterminé susceptible de justifier leur  a priori négationniste. Pourtant la Révision en tant que telle, est à la base de toute recherche historique d’une part et de son contrôle historiographique d’autre part. En effet, réviser c’est contribuer à la lumière de nouveaux faits découverts ou connus, à ne pas sacraliser l’Histoire, mais à la reconsidérer dans un seul but : la recherche de la  vérité. Serge Klarsfeld en exploitant les archives et en retraçant le parcours de nombreux dé­portés, est par définition un acteur de révision puisqu’il arrêta le nombre de déportés juifs à un chiffre bien inférieur à celui qui était déterminé par d’autres historiens moins consciencieux. Et c’est justement ce mode épistémologique de recherche en quête de faits nouveaux qui servent à éclairer le regard que nous portons sur le passé, qui est le meilleur moyen de lutter contre le négationnisme. Les négationnistes ont toujours su prendre appui sur tel ou tel détail historique erroné pour instiller le doute sur l’ensemble de l’holocauste. Le fait est que le mot “révisionnisme” est désormais devenu en France une démarche intellectuelle visant à remettre en cause d’une part l’existence même de la shoah et d’autre part les effets dévastateurs du nazisme. Si la révision est donc toujours à combattre quand il vient s’attaquer à des faits historiques dûment établis et prouvés scientifiquement, elle est plus que jamais nécessaire à en juger par bien des exemples récents. C’est ainsi que la relecture historique sur la guerre de 14-18, la guerre d’Algérie et les  événements d’octobre 1961, ont fait l’objet d’une révision de la part des historiens qui ont obligé notre pays à admettre que son histoire était plus complexe et parfois moins glo­rieuse que la version qui en était présentée jusqu’alors. De même, le travail d’archives et de témoignages réalisé scientifiquement par Serge Klarsfeld a permis de mettre en lumière la responsabilité du gouvernement français et des fonctionnaires de police dans l’arrestation des juifs de France, crime jusqu’alors imputé exclusivement aux allemands. La démocratie suppose le débat, débat sur le présent, l’avenir mais aussi sur le passé dans la mesure où la démocratie s’ancre dans notre mémoire commune. Le débat sur le passé ne doit pas conduire à légitimer la démarche révisionniste, mais la lutte contre le révisionnisme ne doit pas conduire à refuser le débat sur le passé.
Patrick FREMEAUX
L’éditeur
© 2001 Frémeaux & Associés


LE NEGATIONNISME
ou l’abus d’oubli sous la direction de Jean-Marc Turine en collaboration avec Valérie Igounet

Notes préliminaires
Ce coffret reproduit une série d’entretiens diffusés par France Culture du 6 au 10 novembre 2000 dans le cadre des émissions Les Chemins de la Connaissance. Le négationnisme nie le génocide juif. Discours né après la Seconde Guerre Mondiale, il n’a cessé de se structurer, de se répandre et de trouver de nombreux adeptes. Ce discours a donc une histoire. Les hommes qui le diffusent depuis plus de cinquante ans ont des motivations idéologiques précises. Et les enjeux de cette rhétorique, métamorphose moderne de l’antisémitisme, sont nombreux. J’assume tout ce qui est dit et qu’il soit compris que ces entretiens sont une manière de combattre les négationnistes. Il peut et il doit y avoir une réponse citoyenne aux thèses négationnistes : plus d’histoire, plus de travail sur les archives, nombreuses, qui proviennent  des nazis eux-mêmes, comme nous le dit l’historien Maxime Steinberg. Les chercheurs doivent faire leur travail, mais le cercle de leurs lecteurs est sans doute réduit, c’est pourquoi les enseignants aussi ont une part de responsabilité dans la façon dont les jeunes peuvent entendre ce qui a été un crime majeur du XXème siècle. Notre coffret les aidera peut-être à communiquer le refus de la haine, du racisme ; le refus du rejet de l’autre. Si aucune place n’est  accordée aux négationnistes dans le montage sonore, il n’en va pas de même dans le livret. Peut-on comprendre la manière de “travailler” de personnes qui s’autoproclament “historiens” si l’on ne reproduit pas quelques-uns de leurs propos, si l’on ne reproduit pas quelques uns de leurs tracts ou écrits abjects ? On ne peut pas dénoncer un mensonge si l’on ne dit pas en quoi il y a mensonge et en quoi, de façon sous-jacente, il y a incitation à la violence raciale. L’éditeur et moi-même mesurons le “risque” qui consiste peut-être à troubler la conscience de certains. Cependant, ce n’est pas en cachant ce qui existe que le fléau néonazi sera dénoncé avec efficacité. Modestement, ce travail se veut un appel à la vigilance : pour ce qui s’est passé hier et la façon dont les négationnistes ont interprété et continuent d’interpréter et ont donc falsifié et continuent de falsifier les faits et les documents qui disent la réalité des crimes nazis; mais vigilance aussi par rapport à ce qui se passe aujourd’hui et qui se passera encore demain.  Souvenons-nous d’un slogan quasiment européen lors de manifestations dans les années soixante-dix et quatre-vingts Le fascisme ne passera pas. Hélas, il vit  encore au sein de quelques sectes, même s’il ne passe pas.  La bête immonde n’est pas éteinte, ni réellement endormie, ni surtout terrassée. Elle vit, bancale sans doute, perverse et criminelle sûrement, ne désarmant pas. Quand elle s’affaiblit ici, l’extrême droite renaît là-bas. Même amoindrie, l’internationale négationniste fait parler d’elle.  La majorité des personnes proclament Plus jamais ça ! Un petit groupe haineux dit Cela n’a pas eu lieu.  Des hommes politiques les relaient. Rappelons-nous les paroles de Jean-Marie Le Pen, Président du Front National, en 1987 sur les chambres à gaz, un détail de la Seconde Guerre Mondiale et, plus récemment, celles de Jörg Haider, à la tête du parti d’extrême droite autrichien Un génocide ? C’est vous qui le dites. Enfin, ce coffret propose une perspective : soyons à l’écoute des derniers témoins de l’extermination programmée des Juifs d’Europe. Soyons à l’écoute veut dire : devenons des témoins à la place de ceux qui, bientôt, ne pourront plus témoigner. Car il faut considérer les négateurs de la Shoah pour ce qu’ils sont : des criminels. Pierre Vidal-Naquet (historien), Jacques Tarnero (chercheur associé au CNRS), Maxime Steinberg (historien attaché à l’Université de Bruxelles) et Valérie Igounet (historienne) ont accepté de participer à ces entretiens. De même, Simone Lagrange, rescapée d’Auschwitz-Birkenau et témoin central au procès de Klaus Barbie.  Le “choix” des intervenants a été déterminé par un objectif d’efficacité et par des impératifs de production. Ce choix est forcément limité et incomplet. Deux autres rescapés, Anita Lasker Wallfisch (1) et Haïm Vidal Sephiha, nous accompagnent en quelques moments au long de ces heures. Leurs témoignages datent de mars 2000, lorsque je me suis rendu avec eux à Auschwitz-Birkenau pour un autre travail radiophonique.  Que chacun soit ici remercié.
Jean-Marc TURINE


Le négationnisme est un discours pseudo-historique 
qui nie l’extermination des Juifs d’Europe
dans les chambres à gaz par les nazis.

Dans son livre Les Assassins de la mémoire, Pierre Vidal-Naquet écrit J’appellerai ici “révisionnisme” la doctrine selon laquelle le génocide pratiqué par l’Allemagne nazie à l’encontre des Juifs et des Tsiganes n’a pas existé mais relève du mythe, de la fabulation, de l’escroquerie. (2) Pour Maxime Steinberg, le “révisionnisme” est un discours non pas d’histoire, mais sur l’histoire (...) Le discours idéologique du “révisionnisme” est à cet égard un cas-limite. La moindre ambiguïté du document ou de ses lectures successives lui sert à en pervertir le sens et à en dénaturer l’histoire qui y est saisie au moment où elle s’accomplit. (3) Que dit Robert Faurisson, un des principaux négationnistes français ? Ou bien la Shoah a existé avec les chambres à gaz, et alors les Allemands, dans cette affaire, se sont comportés en fieffés criminels. Ou bien cette Shoah, ces chambres à gaz n’ont pas existé, et les Juifs se comportent, dans cette affaire, comme de fieffés menteurs. C’est l’un ou l’autre. Et, pour moi, puisque cette Shoah, ces chambres à gaz n’ont jamais existé, j’en conclus que, dans cette affaire, les juifs depuis cinquante ans se comportent en fieffés menteurs.  (4) Le message est clair : les Juifs ont menti. Ils n’ont jamais été exterminés par les nazis. Pourquoi ce mensonge ? Pour culpabiliser l’Occident, accabler l’Allemagne et permettre ainsi la création d’un Etat juif, véritable assise territoriale, première base de leur future domination mondiale. Le vieux mythe du “complot juif” resurgit. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’année de la création d’Israël (1948) voit les premières manifestations négationnistes. Il s’agit alors de se déclarer contre l’existence de l’État juif. On devient “antisioniste”, mot qui n’est dans ce cas qu’un substitut de la haine des Juifs et qui permet de réintroduire l’antisémitisme dans le contexte d’un après guerre hanté par le souvenir du génocide et ainsi, fermé à toute résurgence de haine à l’égard des Juifs. Les enjeux du négationnisme sont rapidement perçus par ses propagateurs. Le discours évolue en fonction du contexte international. A peine vingt ans plus tard, avec la guerre des Six jours (1967), il connaît une nouvelle évolution discursive. Les Allemands, désignés dans la première phase du discours négationniste comme les principales victimes de la “mystification juive” pour l’argent qu’ils versent à Israël en vue des réparations, laissent leur place de victimes privilégiées aux Arabes qui subissent directement le joug d’Israël ; les Juifs restant les bourreaux et les spoliateurs puisqu’ils se seraient arrogé le droit à une terre en le légitimant sur un mensonge. Cette double dénonciation/accusation trouvera une très claire formulation avec Robert Faurisson affirmant sur les ondes d’Europe 1, le 17 décembre 1980, que les prétendues “chambres à gaz” hitlériennes et le prétendu “génocide” des Juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico financière dont les principaux bénéficiaires sont l’État d’Israël et le sionisme international et dont les principales victimes sont le peuple allemand - mais non pas ses dirigeants - et le peuple palestinien tout entier.

Dans les notes qui suivent, nous utiliserons les mots “négationnisme” et “négationnistes” plutôt que “révisionnisme” et “révisionnistes” car, pour reprendre l’explication d’Henry Rousso, le négationnisme relève d’un  système de pensée, d’une idéologie et non d’une démarche scientifique ou même simplement critique. Il ne s’agit pas d’une simple bataille de mots. Les négationnistes ne peuvent prétendre opérer une révision de l’histoire. En se dénommant révisionnistes, ils instaurent le doute quant à leurs intentions et tirent partie de l’ambiguïté du terme révisionnisme pour diffuser leurs thèses. Pendant longtemps, la notion de révisionnisme a été associée à d’autres questions, notamment politiques : dans les discussions entre les tenants du marxisme et ceux du léninisme ou, encore, au moment de l’affaire Dreyfus, pour désigner les partisans de la révision du procès. (5) Le négationnisme est concomitant du nazisme puisque la mise en oeuvre de la solution finale était “secret d’état” et que les S.S., au moment de la débâcle, tentèrent d’éliminer les preuves de leurs crimes. Dès l’après guerre, des voix s’élèvent pour nier l’horreur du crime. La France a le triste privilège d’être l’initiatrice de ce discours. L’histoire du négationnisme débute quelques années après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Deux hommes vont représenter la première génération du négationnisme, Maurice Bardèche et Paul Rassinier.  Le premier trouve dans la condamnation à mort de son beau-frère Robert Brasillach (fusillé pour faits de collaboration le 6 février 1945) l’impulsion qui le lance dans l’action politique. Il refuse une société qu’il juge “meurtrière” et déverse sa rancoeur sur ceux qu’il juge coupables, les Juifs. En 1948, Maurice Bardèche “inaugure” le révisionnisme historique avec son ouvrage Nuremberg ou la Terre Promise. Sa thèse est simple - voire simpliste - les camps nazis sont une invention des Alliés qui se dédouanent ainsi de leur propres crimes. Les Juifs ont déclaré la guerre à l’Allemagne, ils falsifient l’histoire et espèrent ainsi faire admettre la barbarie de l’Allemagne. La Shoah est un mensonge, une invention, qui doit permettre aux Juifs d’obtenir une assise territoriale réclamée depuis longtemps. Les lignes qui suivent illustrent la ”pensée” de Maurice Bardèche : Nous vivons depuis trois ans sur une falsification de l’histoire. Cette falsification est adroite : elle entraîne les imaginations, puis elle s’appuie sur la conspiration des imaginations. On a commencé par dire : voilà tout ce que vous avez souffert, puis on dit : souvenez-vous de ce que vous avez souffert. On a même inventé une philosophie de cette falsification (...) On eut la bonne fortune de découvrir en 1945 ces camps de concentration dont personne n’avait entendu parler jusqu’alors, et qui devinrent la preuve dont on avait précisément besoin, le flagrant délit à l’état pur, le crime contre l’humanité qui justifiait tout. On les photographia, on les filma, on les publia, on les fit connaître par une publicité gigantesque, comme une marque de stylo. La guerre morale était gagnée. La monstruosité allemande était prouvée par ces précieux documents. Le peuple qui avait inventé cela n’avait le droit de se plaindre de rien. Et le silence fut tel, le rideau fut si habilement, si brusquement dévoilé, que pas une voix n’osa dire que tout cela était trop beau pour être parfaitement vrai.

Maurice Bardèche n’entretient pas que de la haine à l’égard des Juifs. Il les trouve inassimilables, dangereux et désire que le peuple juif trouve quelque part la patrie qui lui permettra de se regrouper. Selon lui, le IIIème Reich n’a jamais voulu les exterminer, il a voulu les regrouper, les déplacer vers l’Est. Les chambres à gaz ? Elles n’ont servi qu’à exterminer les poux : Si la délégation française trouve des factures de gaz nocifs, elle se trompe dans la traduction et elle cite une phrase où l’on peut lire que ce gaz était destiné à l’”extermination”, alors que le texte allemand dit en réalité qu’il était destiné à l’”assainissement”, c’est-à-dire à la destruction des poux dont tous les internés se plaignaient en effet ... En 1952, l’auteur de Nuremberg ou la Terre promise est condamné à un an de prison ferme et à 50.000 francs d’amende pour “apologie du crime de meurtre”. Auréolé de sa condamnation, il acquiert un nouveau statut au sein de l’extrême droite française et internationale et entre par la grande porte chez les fascistes. Son livre est traduit en allemand chez Presse Verlag, mais aussi en néerlandais dans une traduction de Karel Dillen dès l’année de sa publication en France. Le même Karel Dillen, qui se réclame ouvertement de Rudof Hess, créera à la fin des années soixante-dix, en Belgique, le parti flamand d’extrême droite, Vlaams Blok. Il faut également noter que Maurice Bardèche et Karel Dillen participèrent en 1951 à Malmö, en Suède, à la création du Mouvement Social Européen (MSE), le premier réseau international néo fasciste européen. Maurice Bardèche s’active en décembre 1952. Il lance Défense de l’Occident. Ses collaborateurs rendent compte de la tendance néofasciste de la revue et des différents courants de l’extrême droite. En novembre 1954, paraît le premier article négationniste sous le titre Les exterminations des Juifs pendant la guerre, tandis qu’en 1955, par un article intitulé Israël n’est pas viable en Palestine, la revue trace sa ligne antisioniste. Quelques années plus tard, en 1961, Maurice Bardèche  écrit : Je suis un écrivain fasciste. On devrait me remercier de le reconnaître : car c’est au moins un point établi dans un débat dont les éléments se dérobent. Karel Dillen, encore lui, crée en 1956, en Flandre, une revue intellectuelle Dietsland-Europa qui s’inspirait ouvertement de la revue fondée par Maurice Bardèche. Ce périodique doctrinal publie en 1985 un numéro spécial consacré à l’oeuvre et à la personne de Julius Evola (1898-1975), un théoricien raciste italien proche de l’idéologie de la S.S. et qui reste actif après la guerre. Des articles à la mémoire du baron Evola sont écrits par le sociologue flamand Piet Tommissen, l’un des premiers animateurs de la Nouvelle Droite en Belgique et par Roeland Raes, l’idéologue du Vlaams Blok. (6)

Maurice Bardèche est mort le 30 juillet 1998. A ses obsèques assistent, entre autres, les négationnistes Pierre Guillaume et Henri Roques. Jean-Marie Le Pen, absent, s’associe par voie de presse à l’hommage rendu à l’écrivain fasciste ; il salue le grand écrivain, l’historien d’avant-garde et un indéfectible compagnon de route du combat national. Une fois de plus, Jean-Marie Le Pen décide d’accréditer ouvertement la négation de l’histoire au nom de son parti. (7) Quant à Paul Rassinier, (1906 - 1967), il connaît un destin tragique, pour reprendre les mots de Pierre Vidal-Naquet. Militant socialiste, il adhère au Parti Communiste avant d’en être exclu. Membre de la SFIO, il devient le secrétaire de la fédération socialiste de Belfort et rejoint la tendance pacifiste de Paul Faure. Paul Rassinier dénonce le pacte germano-soviétique. Au début de l’Occupation, il participe à un journal clandestin La IVème République avant d’être arrêté par la Gestapo fin 1943. Torturé, il est déporté à Buchenwald et à Dora, deux camps de concentration. Libéré en 1945, Paul Rassinier est déclaré invalide à 100%. Ne pouvant  reprendre son métier d’instituteur, il revient à la fédération socialiste de Belfort. Élu député socialiste en 1946, à la seconde Constituante, il est battu aux élections législatives de novembre 1946. Il se retire alors de la vie politique pour s’investir dans l’écriture. (8) En 1949, Paul Rassinier publie Passage de la ligne, récit de son “expérience vécue” dans les camps de concentration. Un an plus tard, Le Mensonge d’Ulysse, sous-titré Regard sur la littérature concentrationnaire, critique cette même littérature. Dans son ouvrage, l’ancien déporté écrit : Il est encore trop tôt pour prononcer un jugement définitif sur les chambres à gaz : les documents sont rares, et ceux qui existent, imprécis, incomplets ou tronqués, ne sont pas exempts de suspicion. Je suis persuadé, pour ma part, qu’un examen sérieux de la question, avec les matériaux qu’on ne manquera pas de découvrir si la bonne foi préside aux recherches, ouvrira des horizons nouveaux en ce qui les concerne. Alors, on sera étonné par le nombre des gens qui en ont parlé et par les termes dans lesquels ils en ont parlé. (...) Mon opinion sur les chambres à gaz? Il y en eut : pas tant qu’on le croit. Des exterminations par ce moyen, il y en eut aussi : pas tant qu’on l’a dit. Le nombre, bien sûr, n’enlève rien à la nature de l’horreur, mais le fait qu’il s’agisse d’une mesure édictée par un État au nom d’une philosophie ou d’une doctrine y ajouterait singulièrement. Faut-il admettre qu’il en a été ainsi? C’est possible, mais ce n’est pas certain. (p. 166-170-171) Ses propos vont évoluer rapidement. D’un scepticisme, Paul Rassinier va passer en quelques années à la négation des chambres à gaz. Sa rencontre avec des hommes d’extrême droite, dont Maurice Bardèche et Albert Paraz, sera déterminante. Car les écrits de Paul Rassinier représentent une aubaine pour ces hommes dont l’idéologie est compromise depuis la fin de la guerre. Rapidement, Paul Rassinier côtoie l’extrême droite française et internationale et travaille pour elles. Ses écrits suivent le même chemin.

En 1959, Le Mensonge d’Ulysse, est traduit en allemand pour les éditions de Karl Heinz Priester, ancien S.S., un des piliers de la propagande de Malmö. En 1960, l’ancien dé­porté entreprend une tournée de conférences en Allemagne et s’exprime devant un auditoire néonazi. En 1961, dans son nouveau livre Ulysse trahi par les siens, Paul Rassinier affine son entreprise de révision-négation : il parle de l’irritante question des chambres à gaz, il évoque l’inanité des témoignages et rappelle l’inexistence de documents attestant des ordres d’extermination de Hitler. A ses yeux, la solution fi­nale du problème juif  consiste en un déplacement massif des juifs. En juin 1963, on annonce la tenue à Francfort du procès des gardiens d’Auschwitz. Paul Rassinier veut s’y rendre et entreprend les démarches nécessaires pour assister au procès. Il doit rendre compte de cet événement dans Rivarol, journal d’extrême droite judéophobe qui, dès sa création, a trouvé lecteurs et sympathisants en Belgique (où il y eut une section de l’Association des Amis de Rivarol). Sa collaboration s’effectue sous une pseudonyme. Malgré des papiers en règle, Paul Rassinier est jugé indésirable par les autorités allemandes pour cause d’appartenance à un groupe international de ten­dance fasciste. Il est reconduit à la frontière. Entre temps, sa première chronique est paru dans Rivarol. Elle sera suivi d’autres. Si Paul Rassinier a sans aucun doute épousé l’idéologie d’extrême droite, il faut savoir que pendant ces années, cet homme côtoie des tendances de l’extrême gauche française. Membre de la Fédération anarchiste, il écrit dans des revues de cette mouvance. Des protestations arriveront certes, mais tardivement. En 1964, l’idéologie de l’homme est sans aucune ambiguïté. C’est l’année où sort son livre Le Drame des Juifs européens  dans lequel il déclare que le drame des juifs européens n’est pas que six millions d’entre eux ont été exterminés comme ils le prétendent mais seulement dans le fait qu’ils l’ont prétendu (...) Car on ne ment pas impunément et voici venir le temps de l’expiation. Il ne faut, en effet, pas oublier que c’est pour se procurer les fonds nécessaires à l’édification de l’État d’Israël (indemnisations allemandes proportionnées au nombre de victimes juives) que ce mensonge a été commis. L’évolution de la pensée de Paul Rassinier par rapport à l’histoire du génocide juif est à son terme. (9) Cette même année est également le moment où le parcours de Paul Rassinier apparaît aux yeux de beaucoup comme pitoyable. Le procès opposant Bernard Lecache, président de la Lica, et le pseudo-historien discrédite totalement l’homme. Paul Rassinier meurt en 1967. Ses obsèques sont à l’image de sa vie, équivoques puisqu’à Paris, l’extrême droite lui rend hommage et qu’à Bermont, son village natal, des amis de la gauche le font. Des publications comme Rivarol, Défense de l’Occident ou La voie de la paix lui rendent hommage. Il devient un exemple et un maître pour l’équipe du mensuel de Maurice Bardèche, (...) c’est une nécessité primordiale pour l’hygiène du jugement que de garder la tête froide et de concentrer toute son attention sur les rares ”chasseurs de mensonge” qui œuvrent encore obstinément. (...) Rassinier fut un de ces êtres d’exception que l’amour exclusif de la vérité guida toute sa vie loin des légendes et de tous les conformismes alimentaires (...) il avait réellement la nature profonde d’un historien de grande race, anachronique, égaré dans notre époque de lâche facilité, d’opportunisme inavouable  et de “journalisme” au pire sens du terme. Il aura eu l’insigne honneur de frayer un chemin que bien d’autres pourront suivre grâce à lui.

Les fondements rhétoriques du négationnisme sont posés. Reste à trouver un nouveau messie. Un professeur de lettres va se présenter comme l’héritier spirituel de Paul Rassinier. Il se nomme Robert Faurisson. La motivation, il l’a : l’amour exclusif de la vérité, telle serait l’une de ses obsessions. Universitaire, Robert Faurisson ne cessera d’utiliser cette caution scientifique, gage soi-disant de respectabilité. Il lit Maurice Bardèche. Il découvre Paul Rassinier. Il “décortique” Rimbaud, Lautréamont et Apollinaire. Homme brillant et cultivé, il n’en est pas moins un provocateur. Pendant les années soixante-dix, Robert Faurisson travaille. Il ébauche sa méthode historico-littéraire. Il se rend aux archives d’Auschwitz. Sa négation va s’y construire. Elle repose sur un fait réel : la chambre à gaz du camp d’Auschwitz I est une “reconstitution”, puisqu’elle a servi d’entrepôt pour les médicaments des S.S. et d’abri antiaérien après la mise en service des chambres à gaz d’Auschwitz II-Birkenau ; ce qu’il a pu voir (et ce que l’on peut encore voir) est une chambre à gaz supposée. C’est indéniable. Il n’empêche que pour Robert Faurisson, il s’agit d’une supercherie dont les Juifs sont les auteurs.  Robert Faurisson veut à tout prix faire part de sa découverte. De Vichy, où il demeure, il envoie des papiers, des articles, des tracts. Il tente de se faire publier pour annoncer la bonne nouvelle, comme il dit. A la fin des années soixante-dix, Robert Faurisson y parvient. Tout d’abord, dans la revue d’extrême droite Défense de l’Occident où l’on peut lire : L’intention criminelle que l’on prête à Hitler n’a jamais pu être prouvée. Quant à l’arme du crime, personne, en fait, ne l’a jamais vue. On se trouve là devant une réussite particulière de la propagande de guerre et de haine. (...) Il n’a pas existé une seule chambre à gaz dans un seul camp de concentration allemand : telle est la  vé­rité. Cette inexistence des “chambres à gaz” est à accueillir comme une bonne nouvelle qu’on aurait tort de tenir plus longtemps cachée. (...) Dénoncer les chambres à gaz comme un mensonge historique, ce n’est pas s’en prendre aux déportés. C’est répondre au devoir d’être vrai.  Fin 1978, un article de Robert Faurisson parait dans Le Monde. Entre temps, l’affaire Darquier de Pellepoix, du nom de l’ancien commissaire aux questions juives sous Vichy, a éclaté. La publication, dans L’Express, de l’entretien de Louis Darquier de Pellepoix A Auschwitz, on a gazé que les poux en est l’origine. Scandale en France. Robert Faurisson profite de ce contexte pour envoyer de nouveau un “article”. “Le problème des chambres à gaz” : ou “La rumeur d’Auschwitz” est publié dans Le Monde le 29 décembre 1978. Le même jour, le quotidien répond par Abondance de preuves. Mais Pierre Vidal-Naquet s’insurge, du jour où Robert Faurisson, universitaire dûment habilité, enseignant dans une grande université, a pu s’exprimer dans Le Monde, quitte à s’y voir immédiatement réfuté, la question cessait d’être marginale pour devenir centrale. En décidant de révéler Robert Faurisson, les médias exposent les thèses de la négation de l’histoire au grand jour, espérant qu’elles s’annihileraient d’elles-mêmes. L’effet inverse se produit. Robert Faurisson peut prétendre au droit de réponse dont il usera le 16 janvier 1979. Nous sommes en pleine affaire Faurisson.

L’extrême droite française applaudit cet homme et ne va cesser d’encourager la cause négationniste. Plus étonnant, une frange marginale de la politique française, l’ultra-gauche, apporte une aide inestimable à Robert Faurisson sur un point fondamental de son discours : la négation des chambres à gaz. Incarnée par Pierre Guillaume (fondateur de la librairie La Vieille Taupe), cette ultra-gauche soutient le négationnisme pour des  raisons consubstantielles à son idéologie comme le droit à la liberté d’expression, la contestation de la vérité officielle, etc. Surtout, ces hommes voient en Robert Faurisson un nouveau moyen de faire la Révolution. Pour eux, la situation est simple. L’antifascisme occulte totalement la théorie révolutionnaire. Pour que cette dernière puisse apparaître de nouveau, il faut détruire l’antifascisme, idéologie d’après-guerre légitimée par les chambres à gaz. Donc, si les chambres à gaz n’ont pas existé, l’antifascisme n’a plus lieu d’être, et la Révolution redevient possible. De plus, en annulant la spécificité du nazisme, on met également sur le même plan les démocraties bourgeoises et les régimes tota­litaires.  Ils ajoutent un combat, commun à l’ensemble des négationnistes : la lutte contre Israël. Selon eux, depuis sa fondation, Israël n’a cessé d’utiliser le génocide pour asseoir son état et son pouvoir. La caution d’une ultra-gauche française apportée à Robert Faurisson est considérable puisque Robert Faurisson peut, par elle, avoir un semblant de légiti­mité. Pendant l’affaire Faurisson, on peut lire dans la presse française, par exemple, une lettre de Jean-Gabriel Cohn-Bendit soutenant le négationniste pour une question de principe, la liberté d’expression. Le linguiste américain Noam Chomsky préface un ouvrage de Robert Faurisson. Serge Thion, chercheur au CNRS, écrit un ouvrage de soutien au négationniste. (10) Moins surprenant est le soutien du Front National au négationnisme. Dès sa création (1972), le parti de Jean-Marie Le Pen accrédite les thèses faurissoniennes. François Duprat, numéro 2 du parti jusqu’en 1978, se fixera même comme un de ses principaux objectifs de diffuser la propagande négationniste au sein de la France entière. Après son assassinat, le FN poursuit la tâche entreprise par l’idéologue. Peu à peu, le parti d’extrême droite utilise ouvertement le discours faurissonien. Le négationnisme d’extrême droite conteste en priorité le droit à l’existence de l’État d’Israël. Cet antijudaïsme déguisé permet aux ultras de se transformer en défenseurs des Palestiniens, population opprimée par un peuple qui pratique à son égard une véritable politique de génocide. L’amalgame rhétorique du sionisme au nazisme parachève l’édifice négationniste élaboré pendant toutes ces années. Il faut attendre les années 1985-1986, puis la guerre du Golfe, pour que le parti de Jean-Marie Le Pen affiche officiellement son soutien aux Palestiniens. Nier les chambres à gaz, banaliser le IIIème Reich, réhabiliter Vichy et s’appesantir sur les crimes communistes constituent une relecture de l’histoire sans précédent et dange­reuse. Les négationnistes parviennent ainsi à exprimer le fait qu’Hitler n’est, en aucun cas, un assassin, un criminel pire que les autres ; l’existence du goulag vient contre­balancer l’horreur de ses crimes. (11)

Tandis qu’en France, les années quatre-vingts, troisième âge du négationnisme, voient monter l’extrême droite, il n’est pas sans intérêt de considérer ce qui se passe ailleurs, en Europe. Sous la plume de Guido Caldiron (12), nous apprenons que l’agression négationniste est devenue incontournable dans la bataille politique quotidienne, en Italie. Il faut se rappeler qu’en 1994, le gouvernement de Silvio Berlusconi, avait dans ses rangs des responsables du Mouvement Social Italien (MSI) fondé peu de temps après la guerre par des responsables du régime fasciste de la république pro-nazie de Salo. Plus qu’à de grandes thèses, écrit Guido Caldiron, le “révisionnisme italien” a eu recours à la polémique médiatique ou à des lieux commun tels que “les Italiens sont des braves gens” jamais responsables, prêts à oublier rapidement. Les livres de Paul Rassinier sont traduits et publiés par des éditeurs proches du MSI, de même le Mein Kampf de Hitler, Les Protocoles des Sages de Sion et les textes de Julius Evola sont diffusés. Le premier signe, bien que limité, de l’apparition de ces thèses (négationnistes) sera en 1979, la publication dans Storia Illustrata, mensuel italien à grand tirage d’une série d’articles de Robert Faurisson, traduits ensuite en France par La Vieille Taupe. La question “révisionniste” trouve alors une nouvelle visibilité et sa prise en considération par l’extrême droite évolue. (...) D’une certaine manière l’extrême droite commence à sortir de son isolement et, pour partie, choisit le révisionnisme comme terrain de chasse privilégiée. (13) Des revues naissent de la rencontre d’anciens militants des noyaux durs de l’extrême droite italienne, citons Orion, Synergie Européenne, Avanguardi, L’Internazionalista ou L’Uomo libero.  A Parme, Claudio Mutti, un éditeur proche des fascistes n’hésite pas à éditer Carlo Mattogno qui manifeste une volonté certaine de “hisser” le négationnisme italien à la hauteur de ses homologues étrangers. Claudio Mutti  est aussi le dirigeant de Giovane Europa, la section italienne du Nouvel Ordre Européen (NOE), et le traducteur des textes antisémites de l’idéologue Corneliu Zelea Codreanu, le chef historique de la garde de fer roumaine. Claudio Mutti diffusa, par exemple ce tract :

          Italiens ! Unissez-vous à nous sous notre symbole, la croix celtique
          qui représente le nazi-fascisme qui renaît aujourd’hui en Italie.
          Italiens ! Luttez avec nous contre les communistes,
          les Juifs, les invertis afin de purifier notre Patrie de la subversion
          qui veut la détruire (...) Traçons l’infamante étoile de David
          sur les commerces juifs (...) EUROPE : UNIE, GRANDE, LIBRE
          sous la croix celtique du nazi-fascisme européen.
          Nous vaincrons ! Vive Mussolini ! Heil Hitler ! (14)

Les textes de Paul Rassinier, de Serge Thion et de Robert Faurisson sont traduits. Bien sûr des voix s’élèvent contre ces écrits, dont celle de Rossana Rossanda qui publie dans Il Manifesto du 10 mars 1995 un article intitulé La Vérité historique dans lequel on peut lire Il y a une vérité des faits qui est gravée dans l’être et inscrite dans la vie de millions d’hommes qui ont souffert dans leur chair ; le nier ne relève pas du “doute” méthodique mais de la provocation. (15)

Le quatrième âge du négationnisme commence avec une nouvelle affaire : l’affaire Roques en 1986 du nom de cet homme qui s’est vu décerné le titre de docteur après la soutenance d’une thèse aux relents négationnistes, à l’université de Nantes. Un an plus tard, le procès de Klaus Barbie s’ouvre à Lyon.  De nouveau, le contexte travaille pour les négateurs. L’offensive négationniste bat son plein. Des tracts antisémites sont distribués et des courriers anonymes sont envoyés aux familles des victimes, à des magistrats, à des personnalités juives et aux habitants d’Izieu. Écoutons le témoignage de Simone Lagrange qui a reconnu son bourreau en 1972 et qui, dès ce moment, a vécu avec les menaces et les insultes des négationnistes. Des tracts signés L’Aigle Noir, pseudonyme d’Alain Guionnet (créateur du bulletin antisémite Revision) ou par La Vieille Taupe ou par le Collectif lycéens Lyon-Nancy-Strasbourg circulent. Une information judiciaire contre X est ouverte. Les diffuseurs, à l’exception d’Alain Guionnet, interpellé par la police, n’ont pas été identifiés. Dans le même temps, Pierre Guillaume met en vente le premier numéro des Annales d’Histoire Révisionniste, contrefaçon des Annales fondées par Lucien Fèbre et Marc Bloch, le grand historien torturé à Lyon et fusillé par les nazis. Le quotidien Libération est victime d’un piratage par des éléments de la Guerre Sociale qui, avec la complicité d’un rédacteur, font passer de fausses lettres de lecteurs constituées d’extraits de leur revue niant les chambres à gaz. Robert Faurisson écrit dans la revue de Pierre Guillaume Pendant le procès Barbie, la vie devint difficile pour les révisionnistes, en particulier à Lyon où les policiers montaient la garde. A plusieurs reprises la police me convoqua mais je refusai de me rendre à ses convocations et déclarai que je préférais la prison plutôt que de “collaborer avec la police et la justice française dans la répression du révisionnisme”.  (16)

Le 4 juillet 1987, Klaus Barbie est condamné à la réclusion à perpétuité. A la fin du mois, plusieurs millions de Français regardent Shoah de Claude Lanzmann diffusé pour la première fois à la télévision. En parallèle, les tracts faurissoniens anti-Shoah “Ouvrez les yeux cassez la télé !” circulent à Paris. A la rentrée, Jean-Marie Le Pen réinstalle la thématique négationniste au-devant de la scène publique. Alors qu’il s’exprime à la télévision, il parle des chambres à gaz comme d’un détail de la Seconde Guerre mondiale. Il offre ainsi une nouvelle tribune aux négationnistes et à leurs thèses. Une négation radicale voit le jour, portée par la quatrième génération du négationnisme. Une nouvelle histoire est en train de naître, débarrassée des scories idéologiques et portée par des jeunes hommes qui, pour la plupart, se reconnaissent dans l’extrême droite la plus dure. Des structures se créent et d’autres se perpétuent. Le Front National s’enlise sous le combat de ses chefs. Internet apparaît dans l’histoire des technologies modernes et annonce une internationalisation croissante du négationnisme. Conscients de cet enjeu, notamment vers le monde arabe, puissance financière et politique indéniable, les négationnistes redoublent d’efforts pour y imposer leur discours. Roger Garaudy, par exemple, a trouvé en Égypte un soutien inespéré pour son livre Les Mythes fondateurs de la politique israélienne.

Pierre Vidal-Naquet, dans son livre Les Assassins de la mémoire nous explique comment travaillent les négationnistes :
1 - Tout témoignage direct apporté par un Juif est un mensonge ou une fabulation.
2 - Tout témoignage, tout document antérieur à la Libération est un faux ou est ignoré ou est traité de “rumeur”.
3 - Tout document, en général, qui nous renseigne de première main sur les méthodes des nazis est un faux ou un document trafiqué.
4 - Tout document nazi apportant un témoignage direct est pris à sa valeur nominale s’il est écrit en langage codé, mais ignoré (ou sous-interprété) s’il est écrit en langage direct.
5 - Tout témoignage nazi postérieur à la fin de la guerre, qu’il soit porté dans un procès à l’Est ou à l’Ouest (...) est considéré comme obtenu sous la torture ou par intimidation.
6 - Tout un arsenal pseudo-technique est mobilisé pour montrer l’impossibilité matérielle du gazage massif.
(...)
8 - Enfin et surtout tout ce qui peut rendre convenable, croyable, cette épouvantable histoire, marquer l’évolution, fournir des termes de comparaison politique, est ignoré ou falsifié.


A la lecture de ces lignes, nous mesurons la malhonnêteté des négateurs. Dans la démarche d’investigation négationniste, l’inexistence des chambres à gaz n’est plus une hypothèse. C’est un postulat. Robert Faurisson et ses émules ne laissent en aucun cas parler les documents. Ils partent d’une affirmation - les chambres à gaz n’ont jamais servi à exterminer les hommes - et construisent leur raisonnement à partir de celle-ci. Cependant, certains éléments historiographiques du nazisme (Zyklon B, typhus, chambres à gaz ...) ne peuvent être niés. Ils vont alors être tout simplement “réintroduits” dans une nouvelle relation “cohérente” de l’histoire. Les négationnistes reconstruisent l’histoire du génocide des Juifs à partir de ces éléments épars. Indéniablement, ces faits existent. Il faut leur trouver alors un nouvel emploi. Le Zyklon B, on l’utilisait dans les camps allemands pour le gazage des bâtiments afin d’y “exterminer la vermine”; les chambres à gaz ont fonctionné, mais pour l’épouillage ...

Lisons ces quelques phrases émanant de hauts dignitaires nazis :
Il faut agir radicalement. Quand on arrache une dent, on l’arrache d’un coup et la douleur tarde à disparaître. (...) Moi, je me borne à leur dire (aux Juifs) qu’ils doivent s’en aller. S’ils cassent leur pipe en route, je n’y puis rien. Mais s’ils refusent de partir volontairement, je ne vois pas d’autre solution que l’extermination. (...) Il se passera bien trois cents ou quatre cents ans avant que les Juifs reprennent pied en Europe.                                                                                 Hitler à Himmler, le 25 janvier 1942

La question suivante nous a été posée : que fait-on des femmes et des enfants ? Je me suis décidé et j’ai là aussi trouvé une solution évidente. Je ne me sentais pas le droit d’exterminer les hommes - dites, si vous voulez, de les tuer ou de les faire tuer - et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre. (...) J’ai nettoyé de grands ghettos juifs dans les territoires de l’arrière. Dans un ghetto de Varsovie, nous avons eu des combats de rue pendant quatre semaines. Quatre semaines ! Nous y avons démoli environ sept cents bunker.                                                                                                                                    Himmler, le 6 octobre 1943

Quand j’ai été obligé de donner dans un village l’ordre de marcher contre les partisans et les commissaires juifs - je le dis devant cet auditoire, et mes paroles lui sont exclusivement destinées - j’ai systématiquement donné l’ordre de tuer également les femmes et les enfants de ces partisans et de ces commissaires.                                               Himmler, le 16 décembre 1943

Les peuples modernes n’ont donc pas d’autre solution que d’exterminer les Juifs.                                 Goebbels, le 13 mai 1943

L’été 1941 était déjà bien avancé quand Heydrich me demanda de venir le voir. “Le Fürher a donné l’ordre de supprimer les Juifs”. Ce sont exactement les mots qu’il prononça en me recevant ; et pour vérifier l’effet produit, contrairement à son habi­tude, il s’arrêta un long moment. Je m’en souviens encore très bien.                                                  Eichmann, lors de son procès

Mais davantage que ces phrases extraites de discours (Himmler), d’un journal (Goebbels) ou d’aveux (Eichmann), il y a un témoignage capital que les négationnistes ne veulent pas lire c’est le Journal du sous-lieutenant S.S. Johann Paul Kremer, médecin à Auschwitz du 29 août au 18 novembre 1942. Les notes de Kremer furent, dès l’abord, une pièce à conviction et en premier lieu contre leur auteur. L’ancien médecin S.S. fut jugé en 1947, à Cracovie, au procès de quarante membres de la garnison S.S. du camp de concentration d’Auschwitz : le tribunal suprême polonais le condamna à mort. A soixante-quatre ans, criminel d’Auschwitz le plus âgé, il ne fut pas exécuté. Treize ans après, c’était, en République Fédérale, la cour d’assises de Munster qui, à son retour - notes de 1942 à l’appui - le condamnait à dix ans de prison ... (17)

Pour Robert Faurisson (faut-il s’en étonner ?) le Journal de Kremer est un exemple de supercherie historique.

Maxime Steinberg estime, lui, que pour la recherche historique ces notes, toutes lacunaires qu’elles soient, sont la seule trace écrite d’origine nazie relative à la disparition de déportés juifs de France, de Belgique et des Pays-Bas, dès leur arrivée à Auschwitz. (18)

Dans ses notes, Kremer parle de Sonderaktion (action spéciale), ce mot ne signifie rien d’autre qu’extermination dans les chambres à gaz. Voici donc quelques extraits du Journal du médecin S.S. (19)

2.9.1942 
J’ai assisté pour la première fois à une action spéciale à l’extérieur, à trois heures du matin. En compa­raison L’Enfer de Dante m’apparaît presque comme une comédie. Ce n’est pas pour rien qu’Auschwitz est ap­pelé le camp de l’extermination.

5.9.1942 
Aujourd’hui, à midi, à une action spéciale à partir du C(amp de) C(oncentration des) F(emmes) (“Musulmanes”) : le comble de l’horreur. L’adjudant Thilo (médecin militaire) avait raison de me dire aujourd’hui que nous nous trouvions ici à l’anus mundi. Le soir, vers huit heures, j’assiste de nouveau à une action spéciale sur des gens en provenance de Hollande. A cause de la ration supplémentaire distribuée à de telles occasions - consistant en un litre et demi d’alcool, cinq cigarettes, cent grammes de saucisse et pain -, les homme se bousculent pour participer à de telles actions. Je suis de service aujourd’hui et demain (dimanche).

6.9.1942 
Aujourd’hui, dimanche, excellent déjeuner : consommé de tomates, un demi-poulet avec pommes de terre et choux rouge (20 grammes de matières grasse), dessert et magnifique glace à la vanille. Après le repas, souhaits de bienvenue au nouveau médecin de la garnison, le lieutenant Wirths, natif de Waldbröl. (...) dans notre bureau de l’infirmerie S.S., on peut aussi lire cette sentence remarquable : si dans le cours de ta vie, tu touches mille fois la cible en plein, on le remarquera, on t’approuvera du chef et on passera. Mais si un jour tu vises à côté, personne ne l’oubliera, pas même le moindre des roquets. Le soir, je suis de nouveau présent à une action spéciale, à l’extérieur. (20)

10.9.1942 
Le matin, j’ai assisté à une action spéciale (la cinquième fois).

23.9.1942 
Cette nuit, j’étais à mes sixième et septième actions spéciales. Le matin, le général de corps d’armée Polh est arrivé avec sa suite au foyer des Waffen SS. Devant la porte, une sentinelle. Pour la première fois, on me présente les armes.

3.10.1942 
J’ai procédé aujourd’hui à la conservation de matériel vivant provenant de foie et de rate d’hommes ainsi que de pancréas. J’y ai ajouté des  poux conservés dans de l’alcool absolu prélevés sur des malades du typhus. A Auschwitz, des rues entières sont anéanties par le typhus. Aussi, me suis-je fait administrer ce matin, la pre­mière piqûre de sérum contre le typhus abdominal.

7.10.1942 
J’ai assisté à la neuvième action spéciale (gens de l’extérieur et femmes musulmanes).

12.10.1942 
(...) j’ai assisté dans la nuit , à une action spéciale sur des gens en provenance de Hollande (1.600 personnes). Scènes épouvantables devant le dernier bunker ! C’était ma dixième action spéciale.

18.10.1942 
Ce dimanche matin, par temps pluvieux et froid, j’ai assisté à la onzième action spéciale (Hollandais). (21) Scènes horribles avec trois femmes qui suppliaient de leur laisser la vie sauve.

8.11.1942 
Cette nuit par temps d’automne gris et pluvieux, j’ai participé à deux actions spéciales (douzième et treizième). Dans la matinée, j’ai salué à l’infirmerie l’adjudant Kitt, un de mes étudiants originaire d’Essen. Dans l’après-midi, encore une action spéciale, donc la quatorzième à laquelle j’ai participé jusqu’à présent. Dans la soirée, réunion amicale sur invitation de Wirths, maintenant capitaine. Il y eut du vin rouge bulgare et de l’alcool de prunes croate.

1.3.1943 
Étant allé me faire enregistrer chez le cordonnier Grevsmühl, j’y ai vu un tract du Parti socialiste d’Allemagne qui lui avait été adressé et dont il ressortit que nous avions déjà liquidé deux millions de Juifs par balles ou par gaz.

En ne tenant pas compte de ces traces écrites, les négationnistes se débarrassent d’une des sources principales de la Seconde Guerre Mondiale. Quant aux récits des survivants, ils seraient le fruit d’une manipulation idéologique. Un homme comme Robert Faurisson compare les témoignages, relève leurs contradictions et conclut à leur nullité. Pour lui, les témoins mentent. Robert Faurisson ne laisse aucune place au jeu de la mémoire qui ne peut manquer de toucher des témoins et leurs récits.

Primo Levi exprime avec une grande dignité cette complexité du témoignage :
Le passé leur pèse. Ils éprouvent de la répugnance pour les choses faites ou subies, et ont tendance à leur en substituer d’autres. La substitution peut commencer en pleine conscience. Avec un scénario inventé, mensonger, restauré, mais non moins pénible que la réalité, en répétant cette description à d’autres, mais aussi à eux-mêmes, la distinction entre le vrai et le faux perd progressivement ses contours et un homme finit par croire entièrement au récit qu’il a fait si souvent et qu’il continue à faire encore, limitant et retouchant ici et là les détails les moins crédibles (...) La mauvaise foi initiale est devenue bonne foi. Le passage silencieux du mensonge à autrui à celui qu’on se fait à soi-même est utile : qui ment de bonne foi ment mieux (...), est cru plus facilement par le juge, par l’historien, par le lecteur, par sa femme, par ses enfants. (22)
Primo Levi a vécu les camps d’extermination. Il s’est donné la mort en 1987 à un moment où les négationnistes criaient au “mensonge des Juifs”. “Souviens-toi”.
Valérie IGOUNET et Jean-Marc TURINE
© 2001 Frémeaux & Associés


Chronologie Indicative *
Octobre 1948 Parution de Nuremberg ou la Terre promise de Maurice Bardèche.
Octobre 1950  Parution du Mensonge d’Ulysse de Paul Rassinier.
2 novembre 1951 Paul Rassinier et Albert Paraz sont condamnés par la Cour d’appel de Lyon, à la suite d’un procès intenté par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes “atteinte par les injures et diffamation de l’ouvrage”. Paul Rassinier et Albert Paraz doivent payer solidairement 800.000 francs de dommages et intérêt à la FNDIRP (une relaxe sera prononcée quatre ans plus tard).
19 mars 1952  Maurice Bardèche est condamné pour apologie du crime et meurtre à un an de prison ferme et à 50.000 francs d’amende (il sera amnistié à l’été 1954).
Décembre 1952 Publication du premier numéro de Défense de l’Occident.
Septembre 1965 Ouverture de la librairie La Vieille Taupe.
28 juillet 1967 Mort de Paul Rassinier.
1 juillet 1972 Vote de la loi Pleven.
5 octobre 1972 Création du Front National.
15 décembre 1972  Fermeture de la librairie La Vieille Taupe.
Mars 1974 Robert Faurisson envoie une circulaire : “Les chambres à gaz vous semblent-elles un mythe ou une réalité ?”
Novembre 1975 Une lettre du courrier des lecteurs dans Historama est signée Robert Faurisson.
Mars 1976  Robert Faurisson est à Auschwitz pour la seconde fois.
Janvier 1977 Robert Faurisson est renvoyé du CDJC.
1 août 1977 Une lettre de Robert Faurisson paraît dans Historia.
27 janvier 1978 Robert Faurisson intervient au colloque “Églises et Chrétiens de France dans la Seconde Guerre mondiale” à Lyon. Il fait scandale.
18 mars 1978 Assassinat de François Duprat.
Juin 1978 Publication du “problème des chambres à gaz” de Robert Faurisson dans Défense de l’Occident.
28 octobre 1978 Interview de Louis Darquier de Pellepoix dans L’Express : “A Auschwitz, on n’ a gazé que des poux.”
Novembre 1978 Publication dans la presse française des premiers titres de Robert Faurisson. L’affaire Faurisson débute.
29 décembre 1978 Publication du “problème des chambres à gaz ou la rumeur d’Auschwitz” de Robert Faurisson dans Le Monde.
16 janvier 1979 Publication du premier droit de réponse de Robert Faurisson dans Le Monde.
13 février 1979 Passage du premier épisode d’Holocauste sur Antenne 2.
21 février 1979 Publication de la “Déclaration d’historiens” dans Le Monde.
5 mars 1979 Libération publie “Question de principe” de Jean-Gabriel Cohn-Bendit.
7 mars 1979 Libération publie “Que savent les Français du massacre de Sétif ?” de Pierre Guillaume.
Juin 1979 Des tracts faurissonniens circulent à Lyon. “De l’exploitation dans les camps à l’exploitation des camps” paraît dans La Guerre sociale.
Octobre 1979 Jean-Claude Pressac retourne à Auschwitz.
Avril 1980 Parution de Vérité historique ou Vérité politique ? Le dossier de l’affaire Faurisson. La question des chambres à gaz de Serge Thion (La Vieille Taupe).
Juin 1980 Publication des Redresseurs de morts  de Nadine Fresco dans Les Temps modernes.
Septembre 1980 Parution d’Un Eichmann de papier de Pierre Vidal-Naquet dans Esprit.
3 octobre 1980 Attentat contre la synagogue de la rue Copernic.
Décembre 1980 Parution de Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire. La question des chambres à gaz de Robert Faurisson avec une préface de Noam Chomsky (La Vieille Taupe).
17 décembre 1980 Robert Faurisson déclare sur Europe n° 1 : “Les prétendues “chambres à gaz” hitlériennes et le prétendu “génocide” des Juifs forment un seul et même mensonge historique, qui a permis une gigantesque escroquerie politico-financière dont les principaux bénéficiaires sont l’État d’Israël et le sionisme international, et dont les principales victimes sont le peuple allemand - mais non pas ses dirigeants - et le peuple palestinien tout entier.”
Juillet 1981 Premières condamnations judiciaires de Robert Faurisson.
Novembre 1982 Parution du dernier numéro de Défense de l’Occident.
15 juin 1985 Henri Roques soutient à Nantes sa thèse sur les Confessions de Kurt Gerstein.
Mars 1986 Parution du Mythe d’Auschwitz  (La Vieille Taupe) de Wilhem Stäglich.
Mai 1986 L’affaire Roques débute.
Juin 1986 Ouverture de la librairie Ogmios.
2 juillet 1986 Annulation de la soutenance d’Henri Roques pour irrégularités administratives.
27 janvier 1987 Création de l’Association pour la défense de la libre recherche historique.
9 mai 1987 Parution du premier numéro des Annales d’histoire révisionniste.
11 mai 1987 Début du procès Barbie à Lyon.
28 mai 1987 Libération publie dans sa rubrique courrier deux lettres négationnistes.
4 juillet 1987 Condamnation de Klaus Barbie à la réclusion perpétuelle.
Septembre 1987 Parution des Assassins de la mémoire de Pierre Vidal-Naquet.
13 septembre 1987 Jean-Marie Le Pen, au Grand Jury RTL-Le Monde : “les chambres à gaz sont un point de détail de la Seconde Guerre mondiale. (...) Des historiens (...) débattent de ces questions”.
23 septembre 1987 Première condamnation de Jean-Marie Le Pen prononcée par le tribunal de grande instance de Nanterre (en référé) pour ses propos sur le “détail”. Après plusieurs arrêts et jugements, l’arrêt de la Cour de cassation du 18 décembre 1995 confirmera la condamnation de Jean-Marie Le Pen.
2 septembre 1988 Jean-Marie Le Pen, à l’université d’été du FN du cap d’Agde : “Monsieur Durafour et Dumoulin, obscur ministre de l’ouverture dans laquelle il a d’ailleurs immédiatement disparu, a déclaré “Nous devons nous allier aux élections communales, y compris avec le PC, car le PC perd des forces tandis que l’extrême droite ne cesse d’en gagner”, M. Durafour crématoire, merci de cet aveu.”
Mars 1989 Parution du premier numéro de Revision.
11 août 1989 Jean-Marie Le Pen dénonce dans Présent le rôle de l’”internationale juive”.
Octobre 1989 Création de l’Association normande pour l’éveil du citoyen.
5 décembre 1989 Jean-Marie Le Pen à Lionel Stoleru : ”Est-il exact que vous avez la double nationalité ?”
Janvier 1990 L’affaire Notin débute.
Avril 1990 Parution du premier numéro de la Revue d’histoire révisionniste.
10 mai 1990 Profanation du cimetière de Carpentras.
Juin 1990 Premier numéro de Nouvelle Vision.
13 juillet 1990 Vote de la loi Gayssot.
Octobre 1990 Ouverture de la librairie La Vieille Taupe.
18 avril 1991 Première condamnation (de Robert Faurisson) au titre de la loi Gayssot.
Novembre 1991 Les Cinquante propositions de Bruno Mégret. Certaines abordent directement le négationnisme.
Novembre 1992 Création de l’Association Amnistie Nationale pour les internés et victimes de la loi Gayssot.
Septembre 1993 Parution des Crématoires d’Auschwitz. La machinerie du meurtre de masse de Jean-Claude Pressac (CNRS Editions). Fermeture d’Ogmios.
Novembre 1993 Ouverture de la Librairie.
Avril 1995 Sortie du premier numéro de La Vieille Taupe.
Décembre 1995 Le deuxième numéro de La Vieille Taupe, intitulé Les Mythes fondateurs de la politique israé­lienne, est signé Roger Garaudy. Réédité cet ouvrage sera diffusé à Paris, entre autres, par la Librairie du Savoir, Librairie roumaine et l’AEncre.
Janvier 1996 L’affaire Garaudy devient rapidement une affaire Garaudy-Abbé Pierre.
Avril 1997 Jean-Marie Le Pen déclare dans le New Yorker que “les chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, c’est évident. C’est une évidence.” Révocation de l’enseignant Vincent Reynouard pour cause de négationnisme.
Octobre 1997 Parution du premier numéro d’Akribeia, Histoire, Rumeurs, Légendes. Jean Plantin, le directeur de publication de cette nouvelle revue négationniste, est un ancien étudiant de Lyon-II et de Lyon-III.
5 décembre 1997 Jean-Marie Le Pen déclare à Munich : “les “chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (...) Si vous prenez  un livre de mille pages sur la Seconde Guerre mondiale (...), eh bien les camps de concentration (...) occupent deux pages et le problème des chambres à gaz occupe (...) 10 à 15 lignes. C’est ce qui s’appelle un détail.
18 décembre 1997  Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire à) l’encontre de Jean-Marie Le Pen pour “contestation de crimes contre l’humanité”.
26 décembre 1997 Jean-Marie Le Pen est condamné par le tribunal de grande instance de Nanterre pour ses propos tenus à Munich. Il doit verser 1 franc de dommages et intérêts à 11 des 17 associations civiles et consigner une somme de 300.000 francs pour la publication de son jugement dans la presse.
30 juillet 1998 Mort de Maurice Bardèche.
Décembre 1998 Crise ouverte au Front National entre mégrétistes et lepénistes.
23 et 24 janvier 1999 Congrès de Marignane. Il existe désormais deux  fronts : le Front National pour l’unité française (FNUF) de Jean-Marie Le Pen et le Front national-Mouvement National (FN-MN), présidé par Bruno Mégret.
22 avril 1999 Procès Plantin à Lyon. Une peine d’un an de prison avec sursis et 20.000 francs d’amende est requise devant le tribunal correctionnel de Lyon à son encontre pour avoir mentionné, dans sa revue, des notes de lecture des ouvrages interdits par le ministère de l’Intérieur en raison de leur dangerosité pour la jeunesse (loi de juillet 1949).
Valérie IGOUNET
 
* Sont indiqués ici les principales publications négationnistes en France ainsi que les événements se rapportant directement ou indirectement à la négation de l’histoire. © 2001 GROUPE Frémeaux COLOMBINI

Notes
1 - Anita Lasker, dans le cinquième entretien, parle de l’historien anglais David Irving. Il a été condamné par la Haute Cour de Londres, en avril 2000. Il a été qualifié de négationniste, raciste et antisémite. Lui-même attaquait Deborah Lipstadt, une historienne américaine, parce qu’elle l’avait qualifié de négationniste falsificateur, (...) l’un des plus dangereux négationnistes de la planète.
2 - Pierre Vidal-Naquet, Les Assassins de la mémoire, La découverte, 1987.
3 -Maxime Steinberg, Les yeux du témoin et le regard du borgne, Le Cerf, 1990.
4 - Entretien avec Valérie Igounet, le 9 avril 1996.
5 - Valérie Igounet, Histoire du négationnisme en France, Le Seuil, 2000.
6 - Manuel Abramowicz, Extrême droite et antisémitisme en Belgique, de 1945 à nos jours, éd. EVO, Bruxelles, 1993.
7 - Valérie Igounet, op. cit.
8 - idem
9 - idem
10 - Serge Thion a été révoqué du CNRS par une décision du 4 octobre 2000. Cette décision précise que le chercheur a manqué à l’obligation de réserve par la remise en cause de l’existence des crimes commis contre l’humanité et a ainsi porté atteinte à la dignité des fonctions qu’il occupe, à la considération du corps auquel il appartient, ainsi qu’à la réputation du CNRS. Serge Thion avait réussi un coup d’éclat en obtenant du linguiste américain Noam Chomsky une préface pour le livre de Robert Faurisson Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire.
11 - Valérie Igounet, op. cit.
12 - Guido Caldiron, “Liaisons romaines”, in Négationnistes, les chiffonniers de l’histoire, éd. Golias et Sylleps, 1997
13 - idem
14 - Manuel Abramowicz, op. cit.
15 - Guido Caldiron, op. cit.
16 - Les dossiers de Golias, Les faussaires de l’histoire, Lyon capitale du négationnisme, 1999.
17 - Maxime Steinberg, op. cit.
18 -  idem
19 -  les notes de Krémer reproduites ici sont tirées du livre de Maxime Steinberg.
20 - Environ 564 déportés, arrivés ce jour avec le convoi XXVIII de France, ont été gazés.
21 - Environ 1024 déportés, arrivés ce jour avec le convoi XXVIII de Hollande, ont été gazés. (pour les notes 20 et 21, cfr. Maximme Steinberg).
22 - Primo Levi, Les Naufragés et les Rescapés, quarante ans après Auschwitz, Galimmard, 1989.

BIBLIOGRAPHIE
en plus des livres déjà cités
Nadine Fresco, Fabrication d’un antisémitisme, Le Seuil, 1999
Olivier Guland, Le Pen, Mégret et les Juifs, La Découverte, 2000
Raul Hilberg, La destruction des Juifs d’Europe, Gallimard, coll. Folio Histoire, 1991
Simone Lagrange, Coupable d’être née, adolescente à Auschwitz, L’Harmattan, 1997
Anita Lasker Wallfisch, La vérité en héritage. Violoncelliste à Auschwitz, Albin Michel, 1999
Tobias Schiff, Retour sur un lieu que je n’ai jamais quitté, Benoît-Jacob, 2000
Georges Wellers, Les chambres à gaz ont existé, Gallimard, 1981

FILMOGRAPHIE
Auschwitz ou l’introuvable sens, d’André Dartevelle et Michel Leblud, TV5, 1988
Autopsie d’un mensonge, le négationnisme, écrit par Jacques Tarnero, 2000
Jean-Marc Turine est producteur à France Culture . Dans le contexte qui nous occupe, il a produit, en 1995,La parole ou la vie  (témoignages de déportés, 3 heures) ; en 1999, une série d’entretiens (2 heures 30) avec Anita Lasker Wallfisch au moment de la sortie de son livre La Vérité en héritage, violoncelliste à Auschwitz, (Albin Michel) ; en 2000, Les cieux étaient nus et vides ... Auschwitz-Birkenau  (2 heures 30) et un coffret de 2CD Crimes contre l’Humanité  (Frémeaux et Associés). En 1988, il a réalisé avec Violaine de Villers un film Monsieur S. et Madame V. (deux témoignages sur la déportation, 52 min.), RTBF, La SEPT. Il a rédigé le témoignage de Tobias Schiff Retour sur un lieu que je n’ai jamais quitté, éd. Benoït-Jacob, 2000.
Valérie Igounet, née en 1970, est titulaire d’un doctorat d’histoire de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle a écrit Histoire du négationnisme en France, éd. du Seuil, et des articles, notamment pour Le Monde Diplomatique, Histoire. Elle a collaboré à l’ouvrage collectif Négationnistes : les chiffonniers de l’histoire., éd. Golias/Syllepse.
Maxime Steinberg est historien, Professeur associé à l’Institut d’études du Judaïsme à l’Université Libre de Bruxelles. Il est également l’auteur de L’Etoile et le fusil, La question juive, 1940-1942, (éd. Vie Ouvrière, 1983, Tome I) ; L’Étoile et le fusil, 1942, Les Cent Jours de la déportation des Juifs de Belgique  (éd. Vie Ouvrière, 1984, Tome II) , ;L’Étoile et le fusil, la Traque des Juifs, 1942-1944, (éd. Vie Ouvrière, 1987, Tome III) ; Le Mémorial de la déportation de Belgique, avec Serge Klarsfeld, Bruxelles-New-York, 1982, et Un pays occupé et ses juifs, la Belgique entre France et Pays-Bas, éd. Quorum, 1998.
Jacques Tarnero, chercheur associé au CNRS a publié aux éditions Milan Le Racisme  (1996), Les Terrorismes  (1998) et Mai 68  (1998).
Les Chemins de la connaissance, Producteur-coordonnateur : Jacques Munier.
Réalisation des entretiens : Bruno Sourcis.
Mixage : Philippe Malidin.


CD 1                                                                                                                                                                                                                 64’41”
Chapitre 1  Généalogie d’un mensonge
1 - (25’40) Simone Lagrange parle d’un livre négationniste qui lui a été envoyé, accompagné par une lettre d’insultes. Ensuite, elle rappelle qu’elle a reconnu Klaus Barbie en 1972 et comment, dès ce moment, les menaces, les injures à son endroit furent fréquentes.
Maxime Steinberg parle de l’extermination des Juifs comme un des thèmes de la propagande et de l’action du IIIème Reich.
Valérie Igounet parle des différentes générations de négationnistes, Maurice Bardèche, Paul Rassinier, Robert Faurisson. Elle rappelle les liens entre négationnisme et extrême droite.
2 - (1’11”)  Lecture d’une lettre d’un officier S.S. à propos de la construction d’une “cave” de gazage.
3 - (44”)  Maxime Steinberg explique pourquoi et comment il y a extermination.

Chapitre 2  Le négationnisme de l’extrême droite à l’ultra gauche
4 - (14’11”) Archive de mars 2000, à Birkenau avec deux rescapés, Anita Lasker Wallfisch et Haïm Vidal Sephiha.
Pierre Vidal Naquet exprime son refus d’ouvrir une discussion avec les négationnistes parce que ce serait reconnaître qu’ils forment une école historique, or ils ne sont que des faussaires. Il montre également la manière de travailler des négationnistes. Enfin, il décrit la collusion entre l’extrême droite et l’ultra gauche.
Jacques Tarnero tente de comprendre le pourquoi du négationnisme. La faute - la Shoah - est telle qu’il est plus simple de nier le crime. Il parle aussi de la culpabilité et de la responsabilité de l’État Français au moment de Vichy.
5 - (12’36”) Archive : Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France
Pierre Vidal-Naquet évoque sa querelle avec Noam Chomsky qui a préfacé un livre de Robert Faurisson.
Valérie Igounet démontre que les négationnistes manipulent les textes par exemple lorsque Robert Faurisson parle de “prétendues chambres à gaz”.

Chapitre 3  Les années 80 les années charnières
6 - (4’33”) Évocation de quelques négationnistes européens.
Jacques Tarnero  explique pourquoi il participé à la production d’un film Autopsie d’un mensonge : le négationnisme. Depuis les années 80, l’entreprise négationniste, qui nie l’existence de la Shoah, se développe.
Archive France Inter à propos de la suspension d’un professeur qui avait tenu des propos négationnistes.
7 - (4’06”) Pierre Vidal-Naquet nous parle des années 80 considérées comme les années charnières.
Valérie Igounet montre comment à partir d’un article paru dans Le Monde, Robert Faurisson est devenu un négationniste à temps complet, abandonnant même son travail à l’université.
8 - (1’38”) Archive France Inter au sujet d’un procès perdu par Robert Faurisson.

CD 2                                                                                                                                                                                                                67’48”
Chapitre  3 (suite)
1 - (14’33”) Valérie Igounet considère qu’à partir d’un postulat a priori, les chambres à gaz n’ont pas servi à tuer les Juifs, Robert  Faurisson ne peut plus (ou ne veut plus) reculer quand Jean-Claude Pressac comprend qu’il s’est trompé en suivant Robert Faurisson.
Jacques Tarnero salue le courage politique de quelques intellectuels palestiniens et arabes qui dénoncent et condamnent le négationnisme dans le monde arabe.
Simone Lagrange parle des jeunes qu’elle rencontre dans les lycées. Ces jeunes qui deviendront à leur tour des témoins.

Chapitre 4   Les preuves nazies du génocide
2 - (0’19”) Lecture du journal de Johann Paul Kremer, médecin S.S. à Auschwitz.
3 - (5’30”) Présentation puis Maxime Steinberg explique pourquoi et comment il s’implique dans “l’affaire Faurisson” dans les années 90. Robert Faurisson a dénaturé le journal du médecin S.S. Johann Paul Kremer.
4 - (2’56”) Lecture d’un document S.S. sur le gazage. Maxime Steinberg développe l’idée selon laquelle dans le révisionnisme il faut nier les chambres à gaz.
5 - (0’36”) Lecture du journal de Johann Paul Kremer.
6 - (11’15”) Maxime Steinberg analyse le journal de Kremer qu’il considère comme une pièce historique capitale pour l’historien.
Pierre Vidal-Naquet, une fois encore, démonte la méthode de Robert Faurisson : ne pas savoir lire.
7 - (0’39”) Lecture du journal de Kremer.
8 - (5’18”) Archive de mars 2000 : Anita Lasker Wallfisch et Haïm Vidal Sephiha commentent les vitrines du Musée d’Auschwitz

Chapitre 5   Faut-il en parler ?
9 - (2’11”)  Archive de mars 2000 : Anita Lasker Wallfisch et Haïm Vidal Sephiha à Birkenau.
10 - (16’05”) Jaques Tarnero, Valérie Igounet et Maxime Steinberg envisagent les moyens de lutter contre le négationnisme : le travail des historiens et des enseignants, être à l’écoute des derniers témoins etc....
Archive de France Culture, le point de vue d’un avocat, Daniel Jacoby, sur la pertinence de la loi Gayssot.
Valérie Igounet pose la question : faut-il une loi ?
11 - (2’26”) Archive France Inter : évocation du procès Faurisson.
12 - (5’58”)  Jacques Tarnero voit dans la démarche psychique des négationnistes une perversion essentielle.
Pierre Vidal-Naquet ne croit pas que la loi Gayssot est pertinente dans la mesure où elle fait des négationnistes des martyres.
Jaques Tarnero défend l’idée de la nécessité d’une loi, car la loi rend plus humaine l’humanité.

Ecouter LE NÉGATIONNISME - ENTRETIENS SOUS LA DIRECTION DE JEAN-MARC TURINE, DIFFUSÉS SUR FRANCE CULTURE (livre audio) © Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Frémeaux & Associés - La Librairie Sonore est partenaire de Radio France, Radio France Internationale, L’Institut National de l’Audiovisuel, l’Assemblée Nationale, l’Historial de la Grande Guerre, le Mémorial de Caen et assure l’édition sonore d’ouvrages en accord avec les ayants droit ou les successions ainsi que les grands éditeurs (les éditions Gallimard, Grasset, Plon, Le Seuil,…). Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires, dans les fnac et virgin, en VPC chez La Librairie Sonore, Audio-archives, Livraphone, Lire en tout sens, Livre qui Parle, Mots et Merveilles, Alapage, Amazon, fnac.com, chapitre.com etc.....Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écouter par téléchargement auprès d'Audible (Audio direct - France loisirs) et d'iTunes (iStore d'Apple) et musicaux sur Fnacmusic.com, Virginméga et iTunes.

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