« Humour potache et goût des anachronismes » Le Monde

« Quand Charles Trenet monte à Paris, en octobre 1930, à 17 ans, il hésite entre le journalisme, la peinture ou la scène. Lui, qui a déjà livré au Coq catalan ses premiers textes, a même écrit une fiction où s’expriment son humour potache et son goût des anachronismes. Il tente de la faire éditer. En vain, malgré l’attention de Max Jacob et de Jean Cocteau. Cru perdu à jamais, le manuscrit réapparaît lors d’une vente aux enchères en 2021, pour être aujourd’hui publié. Brassant références livresques fortement reformulées et invention farcesque, le roman se scande en trois livres : le premier invente un roi mérovingien indolent, Heuleule, dont la paresse s’affiche sans hypocrisie, le deuxième élit Charles VI, dont le règne sombre vite dans la folie, le troisième campe un jeune empereur imaginaire qui finit par embrasser l’éternité, un Browning sur la tempe… La morale de Je chante (1946) n’est pas loin. » 
Par Philippe Jean CATINCHI – LE MONDE