Pour célébrer ses 20 ans de carrière et la sortie de son huitième album, « O Sinto (Le manouche) », le guitariste Sébastien Kauffmann se produira à l’Aronde de Riedisheim, ce samedi 10 octobre, entouré des artistes qui lui sont chers. Avec la bénédiction du dessinateur Sfar et du compositeur Vladimir Cosma.
Lorsqu’il commence à pincer les cordes de son instrument, seul sur scène, face à la salle vide de l’Aronde, à Riedisheim, les deux employés vaquant à l’étage supérieur arrêtent un instant de travailler, se laissant porter par le rythme. On n’imaginait pas qu’il était possible de chercher des notes aussi profondément dans une guitare. C’est oublier que Sébastien Kauffmann en joue depuis tout gosse, inspiré par son histoire familiale et l’ombre de Django Reinhardt, « 1910-1953, inventeur du style manouche, le seul jazz qui ne soit pas américain ».
Le samedi 10 octobre au soir, l’artiste fêtera ses 20 ans de carrière, même s’il s’est produit pour la première fois dans un groupe, devant 400 personnes, à Murbach, en 2004, s’il n’a enregistré son premier disque qu’en 2012, avec le guitariste Dianito Félix, et fondé son groupe, Le Chinois & Friends, qu’en 2018. Mais le manouche originaire d’Alsace y voit aussi l’occasion d’y célébrer son nouveau disque, le huitième. Ce n’est pas l’album de l’aboutissement, pas plus un album où il assume pleinement ses racines sintis, puisqu’il ne s’en est jamais caché.
« C’est une composition personnelle, plusieurs des morceaux sont chantés et mis en paroles par la chanteuse Heidi Adel, dans notre langue manouche, le romanes. » O Sinto (Le manouche) vient donc de sortir, un album distribué par Frémeaux & Associés qui, particularité, bénéficie d’une pochette illustrée par le dessinateur touche-à-tout Joann Sfar. « Nous avions des échanges via les réseaux sociaux, Joann Sfar appréciant le style manouche. Je lui ai simplement posé la question et il a accepté. Il a travaillé sur une des photos que je lui ai envoyées. » Le résultat, c’est un portrait enlevé, coloré, qui dégage une impression de rythme.
Pour ce huitième album, huit jours de répétition et quatre jours d’enregistrements, le morceau le plus long, Si j’étais une cigarette, durant 6’20”, Sébastien Kauffmann s’est entouré de ses musiciens, le guitariste rythmique Arnaud Winterstein, le contrebassiste Antoine Godey, la chanteuse et compositrice Heidi Adel, le violoniste Manuel Decocq et le pianiste Michaël Lecoq qui, pris par d’autres engagements ce samedi 10 octobre, sera remplacé durant le concert riedisheimois par Jérémy Bruger.
« Tout ce que j’ai fait, jusqu’à présent, c’était super, mais maintenant, c’est encore mieux », se réjouit l’artiste, dont l’album renferme des reprises de standards de Django, une reprise de Luis Mariano, un duo avec sa chanteuse… et une adaptation de Reality, chanson popularisée par le film La Boum. Son créateur, Vladimir Cosma, lui a donné sa bénédiction.
Les étoiles artistiques semblent s’aligner, mais Sébastien Kauffmann reste fébrile à l’idée de ne pouvoir remercier ceux, celles qui l’ont soutenu. Il en aura l’occasion le 10 octobre.
Stéphane Freund - L’Alsace
