« La chanteuse anglo-argentine Manu Le Prince mêle avec énergie jazz et musiques brésiliennes. Depuis qu’elle a osé interpréter ses propres textes sur des compositions de Wayne Shorter, avec la bénédiction du regretté saxophoniste américain (l’album Children of the Night, 2022), on sait de quel courage est capable Manu Le Prince. La chanteuse anglo-argentine, éprise depuis trente-cinq ans du Brésil, où elle passe un tiers de son temps, continue de produire des projets ambitieux, dans l’artisanat du jazz hors des majors — elle est soutenue par le label Frémeaux & Associés. Son nouvel album, Terra canta, a ainsi été enregistré entre Paris et Rio, avec deux groupes différents et une foule d’invités, soit une vingtaine de musiciens, au fil de trois répertoires répartis en quatorze titres : des standards de jazz américains, des reprises des Brésiliens Milton Nascimento, Hermeto Pascoal (qui fut son ami) et Marcos Valle, ainsi que des compositions spécialement dédiées par Giovanni Mirabassi ou Arnaud Dolmen. « Ce sont des musiques qui peuvent sembler très différentes mais qui me ressemblent », explique Manu Le Prince, pour qui la difficulté — surmontée haut la main — fut de concevoir son album de façon qu’il « baigne dans le même climat », lié par la thématique des quatre éléments (terre, eau, air, feu), formant une ode à la nature, menacée par la crise climatique. Une belle version des Fourmis rouges, de Michel Jonasz, constitue la cerise sur ce gâteau aussi copieux que digeste, par une chanteuse qui se « remet en cause tout le temps » et finit par concéder, après qu’on a insisté : « Oui, j’ai été courageuse. » »
Par Éric DELHAYE - TELERAMA
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