Ce dernier opus de Manu Le Prince crée des liens entre jazz et chansons brésiliennes en mettant à l’honneur Marcos Valle ou Hermeto Pascoal. La vocaliste au timbre sûr sait donner une dimension nouvelle aux standards qu’elle touche. Louée par Wayne Shorter ou Roberto Menescal, elle est à l’aise dans beaucoup de registres.
Pour l’accompagner, elle a fait appel à des artistes d’exception. « Poinciana » retrouve sa pulsation originelle grâce au batteur Arnaud Dolmen, brillant aussi sur « Té Ka chanté », l’une de ses compositions. En outre, Manu nous gratifie d’un duo magnifié par le grand David Linx. Sur « Don Quixote » de Milton Nascimento, Baptiste Herbin souffle ses exquises volutes quand Stéphane Belmondo donne à « Here’s to Life » des reflets tendres : l’âme de Shirley Horn n’est pas loin. Giovanni Mirabassi ajoute son jeu pudique sur « Flame », puis Manu Le Prince s’empare des « Fourmis rouges » de Michel Jonasz. Une ode à l’amitié franco-brésilienne.
Philippe Deneuve - Jazz News
