« Une excellente réalisation » par Jazzman

Comme l’explique pertinemment Jean Buzelin, l’année 1954 marque un tournant décisif dans la carrière de Mahalia Jackson. Sous l’égide du label Apollo, la chanteuse a produit ce que les amateurs considèrent comme ses meilleurs enregistrements. Bien que sa popularité ne cesse de croître, ses disques restent essentiellement destinés au public noir. Pour viser un auditoire plus large, il fallait une compagnie de disques disposant de moyens de promotion et de distribution supérieurs à ceux proposés par Apollo : la compagnie Columbia fut donc choisie. Désireux d’exploiter le potentiel commercial de sa nouvelle recrue, le producteur Mitch Miller demanda à Mahalia de graver « A Rusty Old Halo », une sorte de « gospel pop » qui atteignit la première place du Top 40 Pop. Le tour était joué. Fort heueusement, Mahalia enregistra en parallèle d’authentiques « gospel songs » comme « Jesus Met the Woman at the Well » des Pilgrim Travellers qui la montrent à son meilleur. Dans la même veine suivront « Walk Over God’s Heaven » et « I WillMove On Up a Little Higher » dont Mahalia avait gravé une version définitive quelques années auparavant. Ces morceaux figurent dans l’album « The World’s Greatest Gospel Singers » qui reste une référence incontournable. Cédant parfois aux pressions de Columbia, Mahalia continuera d’enregistrer des morceaux un peu édulcorés destinés au grand public (« I See Good ») sans cesser de produire de beaux disques  qui lui vaudront l’admiration des amateurs. Une excellente réalisation.
Alain TOMAS - JAZZMAN