Paris Musette Vol 3
Paris Musette Vol 3
Ref.: LLL217

VENT D'AUTOMNE

Ref.: LLL217

Direction Artistique : PATRICK TANDIN, FRANCK BERGEROT, DIDIER ROUSSIN

Label : LA LICHERE / FREMEAUX & ASSOCIES

Durée totale de l'œuvre : 50 minutes

Nbre. CD : 1

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Présentation

Paris Musette Vol 3 : Vent d'automne.


Marcel Azzola, Eric Bouvelle, Daniel Colin, Jean Corti, Daniel Denécheau, Serge Desaunay, Valérie Guérouet, Armand Lassagne, Alain Musicchini, Martin O’Connor, François Parisi, Jo Privat, Joe Rossi, avec les guitares de Didi Duprat et Didier Roussin et Emmanuel Bex, Alain Bouchaux, Jean-Pierre Chaty, Jean-Michel Davis, Kidi Desplat, Michel Esbelin, Pierre Guignon, Daniel Huck, Philippe Jacquet, Jacques Mahieux, Jacques Quézin, Yves Rousseau, Robert Santiago, Yves Torchinsky, Frank Tortiller, Jean-Philippe Viret


“Paris Musette” élargit son répertoire au musette des origines, reconstitutions sur instruments d’époque, recréations poétiques. Et toujours les classiques de la valse swing. Le dernier disque de la trilogie légendaire produite par Franck Bergerot et Patrick Tandin pour le Label La Lichère.

« Paris Musette » enlarges its repertoire with original accordion music, re-creations on period instruments, poetical re-creations and the classics of the swing waltz as usual.

Patrick Frémeaux & Jean Pierre Tandin

Paris musette • Indifférence • Modulante • Les nocturnes • Avec entrain • La valse des barreaux verts • Brise napolitaine • Vent d’automne I • Vent d’automne II • La vicieuse • Miliana • Roger le vénitien • La ritale • Rue de la chine • Titine • Alhambra.
'Paris Musette est l’indispensable des indispensables. (...) un disque qui marquera l’histoire.'
P.B. - Compact
C’est rare, la perfection.'
Les disques de l’année - Le Monde 


Production : Label La Lichère - Spectacles et productions Patrick Tandin.
Propriétaire des droits : Groupe Frémeaux Colombini SAS (La Librairie Sonore - Notre Mémoire Collective à écouter sur CD).
Concert : Denis Leblond - Tempo Spectacles.

Les disques de référence de l'accordéon musette initiés par Franck Bergerot avec la complicité de Didier Roussin pour le compte du label créé par Patrick Tandin.
L'enjeu était de donner les meilleures conditions d'enregistrements aux artistes majeurs d'un genre délaissé qui pourtant n'était rien d'autre que la World musique française d'avant et d'après guerre. Paru en 1990 pour le volume 1, 1993 pour le volume 2, et 1997 pour le volume 3,  ces disques furent un phénomène, relançant l'accordéon en France, au sein même des formations de World music, de jazz que de chansons françaises. Origine retrouvée, relégitimée dans un héritage populaire anobli, Paris Musette s'exporta aux Etats-unis, au Canada et en Asie, avec de nombreuses tournées internationales , plus de 100 000 disques vendus et une licence au japon exploité par Sony.
A tribute to the "bal musette" from traditional and modern masters of french accordion.
Patrick Frémeaux



MARCEL AZZOLA • ÉRIC BOUVELLE • DANIEL COLIN • JEAN CORTI • VALÉRIE GUÉROUET • ARMAND LASSAGNE • ALAIN MUSICCHINI • FRANçOIS PARISI • JO PRIVAT • JOE ROSSI • DANIEL DENÉCHEAU • SERGE DESAUNAY • MARTIN O’CONNOR • DIDI DUPRAT • DIDIER ROUSSIN • YVES ROUSSEAU • YVES TORCHINSKY • JEAN-PHILIPPE VIRET • ALAIN BOUCHAUX • PIERRE “TI’ BOUM” GUIGNON • JACQUES MAHIEUX • ROBERT SANTIAGO • EMMANUEL BEX • JEAN-PIERRE CHATY • JEAN-MICHEL DAVIS • KIKI DESPLAT • MICHEL ESBELIN • DANIEL HUCK • PHILIPPE JACQUET • JACQUES QUÉZIN • FRANCK TORTILLIER. Paris musette • Indifférence • Modulante • Les nocturnes • Avec entrain • La valse des barreaux verts • Brise napolitaine • Vent d’automne I • Vent d’automne II • La vicieuse • Miliana • Roger le vénitien • La ritale • Rue de la chine • Titine • Alhambra.

Presse
Entre 1930 et 1950, la vogue de l’accordéon  parisien est à son zénith. Succédant au musette, le « swing à soufflet » fait rage dans les couches populaires ! Alors même qu’en « Amérique », mère-patrie du jazz, la « squeeze-box » syncopée est bien loin de connaître un tel succès. Il est vrai qu’avec l’arrivée des musiciens tziganes dans le monde fermé du bal musette se profile, dès le début des années trente, un jazz bien français ! Les manouches, traditionnellement rompus à l’improvisation, vont amener dans leur sillage « Sa Majesté le Swing et son cortège de chorus et de syncopations ». Un véritable vent de tempête va souffler sur les guinches de Paris et de sa proche banlieue ! De plus ; rappelons-le, depuis presque une décennie, bon nombre d’artistes noirs américains (dont la musique est souvent plus appréciée  en France que dans leur pays d’origine) viennent  régulièrement se produire dans la Capitale, quand ils n’y sont pas déjà installés. Effluves de jazz et bruits de paixC’est à la toute fin de la Première Guerre Mondiale que les premières bouffées de cette nouvelle musique née dans les moiteurs louisianaises viennent flotter sous le ciel de Paris. Dès son apparition sur le continent américain, ce jazz avait donné naissance à une multitude de pas de danse parmi lesquels le fox-trot (trot du renard), appellation plus policée de Bunny Hug (étreinte du lapin) plus rarement employé, sans doute en raison de sa connotation plus directement sexuelle. Son arrivée dans notre beau pays lui vaudra d’ailleurs, dans un premier temps, de gagner, à l’écrit, un « t » supplémentaire disparu sur les étiquettes de 78 tours de la décennie suivante. Dans son bel ouvrage « Les bals de Paris », André Warnod, flâneur, écrivain et chroniqueur le décrit ainsi : « Il y a de la marche triomphale, de la charge à la baïonnette et du combat de boxe dans un fox-trott bien enlevé ! » A cette époque, riche d’une nouvelle musique née au tournant du siècle d’entre les plis de son soufflet, le musette, l’accordéon est bien implanté dans les quartiers populaires. Agé de près de quatre-vingt-dix ans et pourtant loin d’être au faîte de sa gloire, il a déjà produit ses grandes stars (Emile Vacher, les frères Péguri, Casimir Coïa, Guérino…) mais il faudra attendre le début des années vingt pour que cette première vague de « musique sauvage » en provenance des U.S.A. fasse ouvrir aux « laborieux du dépliant » une oreille d’abord curieuse, puis enfin intéressée. La Préhistoire ou quand swinguent les lames de Cro-MagnonL’industrie du disque naissante s’étant très vite mise au service de la mode, les grands créateurs du musette, inféodés aux labels Pathé, Idéal, Perfectaphone, durent enregistrer des fox-trot à tour de bras. Ainsi, les Péguri, Vacher et quelques autres, en gravèrent avec plus ou moins de bonheur. Ce fut, en fait, avec les deux plus grandes vedettes « médiatiques » de l’époque, Maurice Alexander et Fredo Gardoni, que le fox-trot connut sa plus grande popularité. Nés respectivement en 1898 et 1900, ces deux accordéonistes étaient loin, tant s’en faut, s’être des monstres de swing. Ils surent cependant se choisir des accompagnateurs  dotés d’une solide formation musicale, et dont les oreilles avaient, de toute évidence, traîné du côté des dancings et des boîtes de nuit où les sons discordants du jazz-band faisaient la conquête d’un public grandissant. Un certain « Jiungo Renard » (Django Reinhardt) gravera ainsi deux titres au banjo derrière Alexander, pour la firme Henry en 1928. La même année, on le retrouve sur dix titres derrière Marceau et quatre au côté de Vaissade. Virtuoses, ces deux grands accordéonistes ne maîtrisèrent pas plus que les autres ce swing mystérieux. Ni Jean Vaissade (1911-1979), qui restera toute sa vie fidèle au répertoire du bal musette, ni Marceau Verschueren, alias V. Marceau (1902-1990) qui, pourtant, jouait des ragtimes et des cake-walk, ayant très tôt écouté les premiers disques de fox-novelty (succédané populaire du ragtime), des premiers grands accordéonistes américains comme Pietro Frosini, les frères Pietro et Guido Deiro. Quelques autres, toutefois, parvinrent à balancer d’assez jolie façon tel Albert Carrara (1903-1968), notamment dans « Je ne saurai jamais dire ça » accompagné par le banjoïste Roger Chaput, futur guitariste du Quintette du Hot Club de France, ou Georges Sellers, au sein de l’orchestre d’Eudore Rancurel dans « Accordéon Marmelade ». Les pionniers ou la « Ruée vers l’Hot »Il faut attendre les années 1930 pour voir apparaître les premiers accordéonistes swinguants. Curieusement, ceux-ci ne vont pas forger leur style sur le modèle américain, ignorant complètement qu’il puisse même y avoir des accordéonistes de jazz Outre-Atlantique, mais vont donc développer un type spécifique de « Swing à la Française » qu’on pourra qualifier de jazz-musette. Les premiers à jouer « hot », comme on disait alors, seront Raymond Marquet, dont on ne connaît aucun enregistrement à ce jour, et Jean Salimbeni, dit « Jean le Boutonneux », dont on peut saisir, bien que très brièvement, le sens certain du swing dans « Si j’aime Suzy » et « Hot Accordéon ». Ils ouvraient la voie aux grands accordéonistes de swing qui allaient marquer les décennies suivantes. Louis Richardet : du soufflet à la gachette Né en 1911, ayant débuté par l’apprentissage du piano classique, il se tournera définitivement vers le jazz et la variété quelques neuf ans plus tard. Pionnier du Swing français, s’exprimant dans un style inspiré d’Earl Hines, ce sera en même temps le premier pianiste parisien à se produire avec les Cubains et les Antillais, (sous le pseudonyme de Louis de Riquez). Tombant par hasard sur un accordéon à clavier piano, lors d’un remplacement, il s’y initie en autodidacte, s’inspirant des disques des vedettes du moment. Dès 1932, il forme un quintette swing. En 1935, il grave trois titres, « Strange Harmony », « Sérénade » et « Double Trouble », au côté du violoniste de jazz Michel Warlop. Il y dispense un swing tranquille, se montrant néanmoins fort inspiré et prodiguant un phrasé décontracté « à l’américaine ». Il continuera à enregistrer pour les firmes Brunswick, Polydor, Swing et Decca jusqu’au début de la Seconde Guerre Mondiale qui mettra fin à sa carrière musicale. Désabusé, il quittera progressivement le métier pour se consacrer à des activités sportives et journalistiques. Promoteur du Ball-trap en France, il en sera longtemps un des arbitres internationaux et s’éteindra en 1988.Charley Bazin : Corde et lameNé en 1912, René « Charley » Bazin (« d’Arcachon », titre de noblesse que son ami Jo Privat aime à lui donner) démarre très jeune sur un modèle diatonique puis passe au chromatique, s’initie à la guitare, à la trompette et finalement entre au Conservatoire de Nice. Il en sortira pour mener une double carrière d’accordéoniste et de guitariste. Ayant commencé le métier dès 1928, il écumera les bals musette de Paris et sa banlieue ainsi que nombre de cabarets et dancings. Il travaillera un temps au sein de grands orchestres de variété, tels ceux de Ray Ventura, Raymond Legrand ou Jacques Hélian. En 1935, il monte un quartette swing et se produit dans les boîtes de nuit. En 1950, sorti vainqueur du tournoi radiophonique « Swing contre musette », il acquiert une audience plus médiatique et entame une seconde carrière, animant galas et soirées dansantes dans toute la France. Marginal ayant longtemps refusé d’enregistrer les tubes de l’époque, sa discographie est sensiblement réduite par rapport à celle des autres accordéonistes de sa génération. Subtil improvisateur et arrangeur de grand talent, son style rageur et inspiré est à rapprocher de celui de son cadet Gus Viseur.Gus Viseur : les anches du swingBelge par son père, marinier et accordéoniste amateur, Gustave, Joseph « Gus » Viseur, dit « Tatave » est assurément le plus virtuose des accordéonistes du swing français. Dès sa sixième année, il fait l’apprentissage de l’instrument. Très vite il fait la manche sur les marchés de la banlieue parisienne, puis se produit dans les cafés de Ménilmontant et entre enfin au bal musette. Il débute sa carrière discographique en 1935 tenant le second accordéon dans l’orchestre de « Médard Ferrero & ses Clochards ». En 1937, il enregistre ses deux premiers standards de jazz : « Some of these days » et « Dinah » pour la marque Pagode. C’est le début d’une longue série de disques de swing sous les labels les plus divers : Pathé, Columbia, Swing, Polydor, La Voix de son Maître, Decca, Pacific, Ducretet-Thomson, Barclay, Vogue, etc… Avec ses amis Murena et Privat, il sera un des grands créateurs de la valse swing. On lui doit : « Flambées montalbanaises » et « Swing valse ». Gus Viseur élève l’accordéon-swing à son plus haut niveau. Il est à l’accordéon ce que Django Reinhardt est à la guitare.     Tony Murena (1916-1970) : la passion du swingNé en Italie, le petit Antonio viendra très tôt à Paris. Exceptionnellement doué, il n’a que neuf ans lorsqu’il commence à se produire en public. Bientôt, de bals musette en cabarets et casinos, il se taille une solide réputation de swingman. Dès 1939, il enregistre pour a firme Odéon. Plus que les standards, il jouera des swings de sa composition, tels « Kiwi », « Etude swing », « Ciro’s », « Pré Catelan », etc… Paradoxalement, la couleur dominante de ses enregistrements tient davantage que ceux de ses collègues, du swing américain, notamment par l’emploi du piano et de la clarinette qui le rapprochent de l’univers d’un Benny Goodman, alors très en vogue en Europe. Improvisateur inspiré, son jeu reste plus aéré que celui de Viseur. Jo Privat : lame tziganeBenjamin du lot, Georges Privat est né en 1919 en plein quartier de Ménilmontant. Gosse de la rue et grand argotier devant l’éternel, celui que l’on appellera désormais « Jo », deviendra, au-delà de sa musique, un personnage haut en couleur et une figure emblématique du monde du bal musette, des mauvais garçons et des truands de haute volée qui composent une grande partie de sa clientèle. Compositeur du célèbre Balajo, du nom du bal où il restera près de cinquante années consécutives, il écrira certaines des plus belles valses manouches. Elles auront pour titre « Mystérieuse », « Rêve bohémien », « Sa préférée », « Brise sablaise », « Impression gitane », etc…Swingman accompli, plus que les autres il puisera son inspiration dans le terreau tzigane. Amoureux du couple accordéon/guitare, cette formule fera chez lui figure de symbole. Amis de guitaristes manouches, il les emploiera presque tous. Toujours en activité, il se produit et enregistre encore abondamment, tant dans le domaine du swing que celui du musette et de la variété. La swing (suite)A l’aube de la seconde guerre mondiale, alors que Bazin, Viseur, Murena et Privat sont les maîtres incontestés de l’accordéon swing, les émules apparaissent. Né en 1915, Emile Carrara, dit « Milo », fait son premier bal à neuf ans. A partir de 1941, il grave de nombreux swings pour la firme Pathé. Ce n’est pourtant pas là, malgré tout, qu’il donne le meilleur de lui-même, plus à l’aise dans un répertoire traditionnel de valse musette à couleur manouche telle que « Volubilis », une de ses plus belles compositions, ou encore dans « Mon amant de St Jean » qu’il a si joliment popularisé. Ayant  joué dans nombre de bals, cabarets, dancings et brasseries, il s’éteindra en 1973. Les ignorés du swingNé en 1923, Georges Dalibon, alias Géo Daly, fera swinguer son accordéon jusqu’en 1946, date à laquelle il deviendra le grand vibraphoniste que l’on sait. Charles Verstraete, né en 1924, est plus connu à l’heure actuelle comme tromboniste au sein des orchestres de jazz et de variété. Pourtant, en 1945, on pouvait l’apprécier à la tête d’un quartette « à la Viseur » s’y exprimant avec fougue et imagination. Né en 1924, lui aussi, au sein d’une famille de musiciens itinérants, le tzigane Tony Fallone, de même que son cousin Tieno, sera parmi les rares accordéonistes d’une ethnie dont les membres ont préféré de tout temps le violon et la guitare. Le premier est actuellement directeur d’une école d’accordéon  en Bourgogne, tandis que l’on perd la trace du second après un disque supposé en compagnie du guitariste Tchan-Tchou. Restent les plus obscurs, tels Jean Fréber, né en 1918, qui mena une bonne partie de sa carrière dans l’orchestre de Bernard Hilda, et dont on saura apprécier la fougue dans certains de ses très rares enregistrements, et Pierre Thiébat qui dirigeait un bon orchestre swing en 1941. Tous ces défricheurs de la jungle des anches de la syncopation firent école et nombre d’accordéonistes des générations suivantes n’allaient pas manquer (ô combien !) de s’en inspirer. Le jazz américain est à présent plus solidement implanté et les disques circulent plus facilement. Les nouveaux jazzmen de l’instrument s’en imprègnent d’autant plus que les enregistrements d’accordéonistes américains tels ceux de Joe Mooney, Art Vandamme, Charlie Magnante, et d’autres encore ont commencé à circuler. Hormis Marcel Fréber, né en 1926 et frère cadet de Jean qui, évoluant dans le circuit des cabarets tziganes, s’est toujours exprimé dans le plus pur style swing hérité de Gus Viseur, les nouveaux venus mâtinent leurs chorus d’une touche toujours plus grande de modernité. Jean-Pierre Coustillas, né en 1927, fera une carrière on ne peut plus discrète tant à l’accordéon qu’à la contrebasse et au bandonéon. Notamment dans l’orchestre de gala de Marcel Azzola. Né en 1929, Jean Cortinovis, alias Jean Corti, surnommé « Nany », suivra un chemin aussi discret, accompagnant toutefois le grand Jacques Brel durant près de sept années. Armand Lassagne, né en 1934, travaillera au sein d’orchestres de variété, tel celui de Raymond Legrand, puis accompagnera les vedettes de la chanson des années cinquante et soixante. Jo Maurage, né en 1931, se dit à la fois influencé par Viseur et Murena, tandis que Tony Jacques, Jacques Faivre de son vrai nom, se réclame de Privat, qu’il aura souvent l’occasion de remplacer. Reste quelques marginaux comme Marc Favot, mort en 1992, jouant swing et musette dans les bars et les cafés proches du marché aux Puces, et entrevu dans un festival Django Reinhardt à Samois, en 1983. Raymond Siozade, compte de Vergerac (1930-1986) mènera, pour sa part, une carrière de vedette de l’accordéon, sillonnant la France au gré des galas. On le remarquera au sein d’un quartette de swing manouche, en compagnie des guitaristes Patrick Saussois et Didier Roussin, ainsi que du défunt contrebassiste Pascal Chebel, aux « Bastille Days » de Milwaukee (Wisconsin) en 1984. Tous ces ignorés du swing ont en commun la particularité de n’avoir jamais, malgré leur talent incontestable en ce domaine, enregistré de disque de jazz dignes de ce nom. Certains, bien que confidentiellement, furent plus heureux, sans toutefois « faire exploser les bacs ». Quelques traces de swingMarginal et ne se réclamant de personne, Fernand Verstraete (1925-1992), réputé par sa technique foudroyante et son sens harmonique très développé, a surtout été connu comme trompettiste, en dépit d’un 33 tours mythique car introuvable à l’heure actuelle. Roger Etlens, quant à lui, gravera quelques faces chez Polydor dans les années quarante. Louis Corchia et Marcel Azzola sont, quant à eux, élèves de Marco Ferrero virtuose et professeur réputé qui, en 1942, s’était par ailleurs essayé au swing lors d’une séance chez Polydor en gravant « Je voudrais manger du swing » accompagné par l’Orchestre Rawson. Le premier, né en 1935, mène une carrière fructueuse dans la variété et n’a laissé qu’un 45 tours enregistré sous le nom de Lewis Corson, qui témoigne d’une belle veine improvisatrice dans le style middle jazz. Quant au seconde, né en 1927, ce n’est qu’en 1982 pour qu’il enregistrera un disque de jazz (avec Marc Fosset et Patrick Caratini), se retrouvant ainsi parmi les artisans du renouveau du jazz à l’accordéon. La mort du swing (suivie de sa renaissance…)La vague « yéyé » surgie d’outre-Atlantique avait sonné le glas de l’accordéon en général et de son « excroissance swing » en particulier. Il faudra attendre les années quatre-vingts pour que la bête se réveille, et que surgissent les jeunes loups du jazz moderne, tels que Richard Galliano, Françis Varis, Daniel Colin… mais nous sortons là du domaine du swing pour entrer dans celui du jazz moderne qui n’est pas notre propos dans cet article. L’accordéon swing : le RetourCependant, certains jeunes accordéonistes nés dans les années quarante, cinquante et soixante sont restés attachés à un style proche de celui de la grande époque. Parmi eux, une femme Claudine Valadier, excellente « swingwoman », Gaston Michel, (né en 1948), dans le quartette du manouche Chela Weiss. D’autres, sous la double influence du « revival » de l’accordéon et de la musique manouche apparue à la fin des années quatre-vingt, se sont trouvé séduits par cette esthétique déjà bien oubliée, une bonne dizaine d’années avant leur naissance, tels que Jean-Claude Laudat du groupe « Swing Valse », François Parisi (né en 1962), que l’on peut apprécier dans les CD « Paris-Musette-Volumes 1 et 2 », Thierry Borne, réunionnais membre du collectif « La Soufflette », François Belleau (né en 1958) au côté du guitariste Patrick Saussois ou Jean-Luc Chanroux, adepte du clavier-piano, à la tête de son propre trio. Du folk au swing. Suite à cette sorte de « Django craze », évoquée plus haut, on constante qu’une partie grandissante des accordéonistes du monde de la musique trad. se risque, souvent avec bonheur, dans l’univers manouche. C’est la cas de Serge Desaunay passant de plus en plus du diatonique au chromatique pour « rabouiner » au sein de son « Cocktail swing » ou de Frédéric « Gazman » Lambierge qui « fait craquer les bois » à la fois de sa guitare manouche et de son diatonique trafiqué. Sous le swing des manouchesOn a vu que les guitaristes tziganes, Django Reinhardt en tête, étaient les grands responsables du passage du banjo à la guitare dans les bals musette. Devenus de ce fait, les tout premiers artisans de la rénovation du répertoire accordéon, ils surent inspirer tous les grands stylistes des années trente et quarante. Adeptes inconditionnels de cette fameuse guitare à pan coupé de modèle « Selmer », ils en firent leur instrument-roi. Peu d’entre-eux pratiquèrent d’autres instruments. Hormis Guérino, dont les origines tziganes restent toutefois contestées, et, plus tard les Fallons, aucun accordéoniste manouche n’émarge vraiment de cette première moitié du siècle. Il faut attendre les années soixante pour voir se profiler quelques individualités isolées. Citons Pipy et Laté Adel, qui n’ont malheureusement jamais enregistré, Knike Lagrène et Marcel Loeffler, tous deux de l’est de la France,  et Fred Grünigel, de la « Tribu Grünigel ».Coda (provisoire)Après presque trente ans d’une immense popularité, l’accordéon swing tombera en désuétude pendant près de vingt ans. Depuis une dizaine d’années environ, il repointe le pli de son soufflet pour reprendre sa place au milieu des autres instruments de musique en faisant bien attention de ne pas gêner ses petits camarades. Touchons du bois… ou de la nacre, il apparaît qu’une nouvelle génération de musiciens de jazz aimerait l’accordéon  sans arrière pensée : c’est bon swing !Dider ROUSSIN - TRAD MAG
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  A l’automne 1988, Patrick Tandin, producteur de jazz et homme de radio, lance le label La Lichère, maison de production phonographique dédiée au jazz et la world music qui présentera : Okay Témiz, John Greaves, Richard Raux, Debora Seffer, Marcel Azzola, Raul Barboza, Benoît Blue Boy, Senem Diyici, Didi Duprat, Les Primitifs du Futur, La Campagnie des musiques à ouïr, Michel Godard, Jean-Charles Capon, Richard Galliano, Jo Privat et le concept mondial du revival accordéon Paris Musette. Juillet 2000, Patrick Tandin nous quitte à 55 ans. Le label La Lichère, est alors repris par son frère Jean-Pierre Tandin, qui assure une politique dynamique, en co-édition avec Frémeaux & Associés, dédié à une relecture originale et créative du patrimoine musical : Spice Bones, Rodolphe Raffalli, le tentet de Stan Lafferière, Annie Papin, Isabelle Carpentier, Les frères Ferret avec Alain Jean-marie, Capon et Escoudé… Pour la première fois dans le disque, la direction artistique est assurée par un comité d’écoute collégial (Franck Bergerot, Julien Dellifiori, Pascal Anquetil, Antoine Tandin, Jean-Pierre Tandin et Patrick Frémeaux) permettant de servir la logique de ce label indépendant ; être un espace de liberté et d’expression pour les musiciens contemporains, un espace d’accueil de tous les métissages à l’abri des modes et de l’air du temps. En décembre 2005, Jean-Pierre Tandin et Antoine Tandin cèdent à Frémeaux & Associés le catalogue La Lichère. Le comité d’écoute collégial conserve son aptitude à proposer des productions mais la direction artistique est désormais assurée par Patrick Frémeaux en collaboration avec Benjamin Goldenstein. Avec pour double objectif de continuer à faire vivre la carrière phonographique des artistes maisons, Rodolphe Raffalli, Raul Barboza… et d’ouvrir les portes aux artistes dont la culture est à mi-chemin entre le jazz et les musiques traditionnelles, conservant ainsi l’esprit de La Lichère, Christophe Lartilleux (Latcho Drom), Gadjo Combo, un film sur l’accordéon par Pierre Barouh, Patrick Favre, Jacques Bolognesi, Emy Dragoï…Parallèlement, Denis Leblond, au sein de ‘Tempo Spectacle’, poursuit l’organisation de concerts des artistes La Lichère (Primitifs du Futur, Paris Musette, John Greaves, Raul Barboza…) et produit les deux derniers disques de Benoît Blue Boy. Enfin, La Lichère accueille dans son catalogue le travail de Jean-Louis Wiart – AxolOtl, producteur indépendant, dont la politique artistique est proche de celle initiée par Patrick Tandin (Guillaume de Chassy, Patrick Favre, Lee Konitz, Cesarius Alvim…).Claude Colombini Frémeaux In autumn 1988, jazz producer and radio personality, Patrick Tandin created the La Lichère label, a record company specialising in jazz and world music such as Okay Témiz, John Greaves, Richard Raux, Debora Seffer, Marcel Azzola, Raul Barboza, Benoit Blue Boy, Senem Diyici, Didi Duprat, Les Primitifs du Futur, La Compagnie des musiques à ouir, Michel Godard, Jean Charles Capon, Richard Galliano, Jo Privat and the international revival of Paris Musette accordion music.  In July 2000, Patrick Tandin passed away at the age of fifty-five.  Today, the dynamic La Lichère label, having been taken over by his brother Jean Pierre Tandin, with the collaboration of Frémeaux & Associés, specialises in an original and creative review of the musical heritage :  Spice Bones, Rodolphe Raffalli, Stan Laffériere’s tentet, Annie Papin, Isabelle Carpentier, the Ferret brothers with Alain Jean-Marie, Capon and Escoudé etc.  For the first time in the history of recorded music, the artistic direction is handled by a collegial committee (Franck Bergerot, Julien Dellifiori, Pascal Anquetil, Antoine Tandin, Jean Pierre Tandin and Patrick Frémeaux), enabling this independent label to give freedom and expression to contemporary musicians and to open doors for artists who do not enter specific musical categories. Since 2006, the catatalog is owned by Frémeaux & Associés.Patrick Tandin, une pleine vieJe me souviens d’un drôle de mec sur Jazz à Fip, qui parlait du jazz comme on croque une pastèque, avec du jus plein les joues. Il avait quitté FIP pour créer Jumbo Jazz sur une radio indépendante et avait choisi pour générique Le retour de la baleine bleue d’Eddy Louiss. Je me souviens d’y avoir entendu Bernard Lubat et André Minvielle faire le bœuf à l’improviste devant les micros. Je me souviens de son hameau en Ardèche, La Lichère. Sous sa fenêtre, il y avait un couple de crécerelles qu’il appelait Geoges et Georgette. Le samedi, on se peignait les oreilles en bleu et on descendait faire la fanfare en ville. Une année, Eddy Louiss tenait la grosse caisse. Le soir, on remontait dans les montagnes faire le bal. On jouait Eddy soit bon ; Eddy jouait la série tango. Je me souviens qu’à La Lichère, il y avait la place Billie-Holliday, le pont Sonny-Rollins…Eddy, Didi Duprat et Hermeto Pascoal avaient inauguré leurs propres plaques. Je me souviens que lorsqu’il créa le label La Lichère, il avait loué le Bataclan un mardi soir, pour que les enfants qui n’avaient pas d’école le lendemain puissent venir. L’invitation disait : «  Venez avec des fleurs ». Jamais on avait vu le Bataclan aussi fleuri. Je me souviens que le 22 Mars, il essayait toujours de sortir un disque, ou d’être en studio, pour commémorer l’étincelle qui déclancha Mai 68. Je me souviens des disques : Senem Diyici, François Chassagnite, Richard Raux, Ecume, Cesarius Alvim, Data Error, Richard Galliano et Jean-Charles Capon, Michel Godard, John Greaves, Benoît Blue Boy, Paris-Musette, Raul Barboza, Les Primitifs du Futur, Okay Temiz et Sylvain Kassap, La Campagnie des musiques à ouïr…Je me souviens qu’il avait toujours un instrument de musique entre les mains, qu’il chantait Viens de Gilbert Bécaud, La Folle Complainte de Charles Trenet et Sweet Home Chicago de Robert Johnson. Je me souviens qu’il voulait amener le jazz dans les villages, qu’à cette intention il avait monté le festival des Vans et des trois vallées avec une poignée de bénévoles, deux bouts de ficelles, sa bite et son couteau. Je me souviens qu’on s’était moqué de lui, mais aujourd’hui, aux Vans, on lit Jazzman au salon de coiffure et le fils du coiffeur fait huit heures de saxophone par jour. Je me souviens que, lorsque Jo Privat avait vu sa trogne ronde et cramoisie de soleil et d’appétit de vivre, il l’avait surnommé « La Tomate ». Je me souviens que quelques jours avant sa mort, il avait la tête comme un radis et le teint terreux, qu’on ne voyait plus que ses dents de croqueur de pastèque qui disaient en riant « c’est rien, on va continuer ». Avant de partir, le 12 Juillet 2000, comme un pied de nez à la mort, Patrick a confié à son fils Antoine et à son frère Jean-Pierre le soin de continuer les productions du label la Lichère en partenariat avec Frémeaux & Associés. « C’est rien, on va continuer ».Franck BERGEROT  © JAZZMAN                                       Mort du producteur de disques Patrick TandinPatrick Tandin est mort le 12 Juillet des suites d'un cancer à l'âge de 53 ans à Montpellier. Homme de radio (FIP...) et de spectacles (le Festibal de Vans en Ardèche), il avait surtout exercé la fonction de producteur de disques, créant notamment le label La Lichère (Paris Musette, les Primitifs du Futur, Raul Barboza...)© LIBERATION
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Dans un autre registre, signalons à la suite de la discographie précédente (voir La Salida n°34) les volumes 2 et 3 de Paris Musette qui raviront les mélomanes par une incursion dans le swing manouche et les danseurs par la présence de Marcel Azzola. Toutes ces interprétations sont nouvelles.LA SALIDA
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Le label La Lichère change de distributeur. A cette occasion, Frémeaux remet sur le marché trois CD réalisés par Patrick Tandin entre 1990 et 1997, qui revisitent le répertoire de la valse swing et manouche. Trois CD qui réunissent la fine fleur du musette français (entre autres, les accordéonistes Azzola, Crti, Rossi, Galliano, Barboza, Perrone, Lassagne, et les guitaristes Didi Duprat et Didier Roussin). Trois CD d’une grande richesse musicale qui ont été couverts de prix. Pour la revue Compact, Paris Musette est le disque « par qui le musette ne peut être taxé de ringard. Le souffle nouveau de l’accordéon ».JE CHANTE
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Expression d’un petit peuple parisien fortement métissé, le musette est né dans le quartier Bastille, à Paris, en 1867, de père et de mère Auvergnats, arrivés par la gare d’Austerlitz. C’était le temps béni de la cabrette, une petite cornemuse dont Paris raffola immédiatement. Les Italiens, quant à eux, arrivèrent par la gare de Lyon. Avec pour viatique un instrument d’origine Allemande, l’accordéon. Il devança la cabrette, grâce à ses modulations, conquérant l’hexagone tout entier. Marcel Azzola, RaulBarboza et autres Richard Galliano rendent hommage au piano à bretelles dans un CD d’anthologie.LE REPUBLICAIN LORRAIN
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Swing et Manouche. Alléluia ! Que les mânes de Gus Viseur et Django se réjouissent ! Ces albums légendaires sont de retour ! Magnifiquement enregistrés, ils contribuèrent avec d’autres à remettre à la mode la tradition de l’accordéon jazz et la musique manouche. Quatorze accordéons, un saxophone soprano et un bandonéon se relaient pour refaire valser et claquer des doigts.REPERTOIRE
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Le temps enfoui, le temps retroussé…La nostalgie comme prétexte à s’inventer des émotions au présent. Attention, œuvre de salut public. Comme un manifeste du poids culturel des musiques populaires. Jo Privat, bien sûr, qui ouvre le bal ; et Didi Duprat, dont la guitare fut aussi essentielle au musette de Paris que celle de Freddie Green au swing de Count Basie ; et encore Didier Roussin, l’encyclopédiste activiste qui fut l’âme de ces trois volumes à mettre en joie un congrès de neurasthéniques. Tous trois disparus à quelques semaines d’intervalles et dont la vie plaide pour le futur de cette musique à trois temps qui joue la valse aux étiquettes. Car il s’agit aussi bel et bien de création, de bijoux d’arrangements (Les Nocturnes, Titine), de virtuosité ahurissante (Martin O’Connor dans Indifférence, Marcel Azzola dans Rue de la Chine), de préhistoire restituée (La valse des barreaux verts), de contrepoints enchanteurs ((Brise Napolitaine, Alhambra), d’humanité sentimentale (Vent d’automne), de nouveaux talents (Eric Bouvelle et Alain Musicchini ébouriffants sur la suite des frères Peguri),de musicalité pure (le duo d’accordéons de Miliana), d’expérimentations (Roger le Vénitien), d’hommages tendres (La Ritale)…Ce vent-là a la douceur fantasmatique d’une peau de pêche en plein hiver.Alex DUTILH – LE MONDE DE LA MUSIQUE
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 « Avis donc aux tenants de la “pureté” à tout crin qui se lamentent sur les “méfaits” des métissages sonores : la world music n’est pas une invention nouvelle ! Les amateurs de world parisienne version début de siècle se délecteront aussi à écouter la réédition des trois volumes (particulièrement le premier) de la série Paris Musette, née d’une collaboration entre le journaliste Franck Bergerot et le producteur Patrick Tandin, disparu cet été. » Eliane Azoulay – Télérama. Ce disque a reçu la distinction 3 clefs Télérama.
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“Paris Musette” élargit son répertoire au musette des origines, reconstitutions sur instruments d’époque, recréations poétiques. Et toujours les classiques de la valse swing. “Ne manquez pas ce document unique si vous ne le possédez déjà pas dans vos collections.” Gilles PIERRET, ÉCOUTER VOIR
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Liste des titres
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    PARIS MUSETTE
    PARIS MUSETTE
    00:03:05
    1997
  • 2
    INDIFFERENCE
    PARIS MUSETTE
    00:03:27
    1997
  • 3
    MODULANTE
    PARIS MUSETTE
    00:03:52
    1997
  • 4
    LES NOCTURNES
    PARIS MUSETTE
    00:04:32
    1997
  • 5
    AVEC ENTRAIN
    PARIS MUSETTE
    00:02:49
    1997
  • 6
    LA VALSE DES BARREAUX VERTS
    PARIS MUSETTE
    00:03:30
    1997
  • 7
    BRISE NAPOLITAINE
    PARIS MUSETTE
    00:02:47
    1997
  • 8
    VENT D AUTOMNE
    PARIS MUSETTE
    00:02:27
    1997
  • 9
    VENT D AUTOMNE REPROCHE BOURRASQUE
    PARIS MUSETTE
    00:04:53
    1997
  • 10
    LA VICIEUSE
    PARIS MUSETTE
    00:02:34
    1997
  • 11
    MILIANA
    PARIS MUSETTE
    00:02:03
    1997
  • 12
    ROGER LE VENITIEN
    PARIS MUSETTE
    00:03:14
    1997
  • 13
    LA RITALE
    PARIS MUSETTE
    00:03:30
    1997
  • 14
    RUE DE LA CHINE
    PARIS MUSETTE
    00:02:05
    1997
  • 15
    TITINE
    PARIS MUSETTE
    00:03:21
    1997
  • 16
    ALHAMBRA
    PARIS MUSETTE
    00:02:49
    1997
Livret

PARIS MUSETTE VOL.3 LLL217


QUINZE ANS DEJA...


Ces expressions de recul dans le temps, dont le quantième peut varier de l’immédiat à l’infini selon la durée en cause, sont le plus souvent un retour en direction de quelque évènement marquant, qu’il soit plaisant ou peu agréable. C’est, malheureusement, ce dernier cas que nous évoquerons aujourd’hui, une triste période pour l’accordéon, s’étalant, en fait, sur huit années de 1990 à 1998, mais notamment en 1996 avec les décès successifs en quatre mois de trois musiciens de grande valeur : Jo Privat, Didier Roussin et René « Didi » Duprat, continuateurs du style swing et jazz musette qu’avaient créé deux autres grands disparus Gus Viseur et Tony Murena. Cette triple disparition devait, en outre, entraîner l’arrêt de la série des quatre Cd prévus sous l’appellation Paris musette dont nous avions d’ailleurs donné connaissance dans notre revue.
Début d’un ensemble qui portera d’ailleurs le titre de ce premier volume, ce CD arrive en 1990, Un Paris musette qu’Yves Morlier, l’un de nos plus anciens commentateur, nous révèle « sur la pointe des pieds » au cours d’une inhabituelle « Mention spéciale » (MP N° 234 04/91). En effet, des restrictions du comité de présélection y apparaissent en NDLR : «  Ce CD, sensiblement aux frontières de notre domaine d’activités, a tout de même été présenté, car nous connaissons l’attachement d’un grand nombre de nos adhérents pour l’accordéon… pour l’acquérir, il faudra vous adresser exclusivement à un disquaire… »
Le disque en main et écouté, je reste étonné. Les interprètes sont, tour à tour, ceux que j’ai coutume d’appeler le « dessus du panier ». Aux accordéons chromatiques Marcel Azzola, Räul Barboza, Daniel Colin, Richard Galliano, Armand Lassagne, Jo Privat, Joë Rossi ; aux accordéons diatoniques Daniel Denécheau, Marc Perrone ; à l’accompagnement, guitares et banjo, Didier Roussin, René dit « Didi » Duprat. Certains morceaux, d’un programme qui en comporte vingt trois, sont rarissimes ; le CD dure 68 minutes, le livret fourni fort intéressant et illustré sur le thème Paris ancien. Retraité et désormais provincial, je regrette de ne pas avoir été présent pour défendre un peu mieux cette gravure…
Hors de notre service disque qui nous renseigne habituellement sur l’importance de la demande concernant un CD révélé dans nos colonnes, il faudra attendre… 1998 pour que le texte accompagnant le Vol.3 Vent d’automne, signé du prometteur Patrick Tandin et du producteur Franck Bergerot, nous apprenne que le CD Paris Musette fut un succès ; « …Pour répondre à l’extraordinaire élan de sympathie qui avait accueilli notre premier Paris musette, nous avions décidé de publier trois autres volumes… ».
Notre seconde sortie parue en 1993 s’intitulait Le répertoire Swing et Manouche (MP N° 267 08-09/94, votre serviteur au commentaire). La série devait, par la suite, explorer les pages classiques du Temps des guinguettes et des fameux Cafés, bois, charbons, avant une incursion tentatrice Exotique et moderne en Vol. 4 final.
C’est alors que le destin s’est abattu (on peut même oser acharné) sur l’accordéon et ses meilleurs servants accompagnateurs. Après Christian di Maccio décédé en Août 1993, c’est Joel Rossi, l’un des participants du premier Paris musette qui nous a quittés en Mai 1994, précédant d’un mois André Astier (MP N° 269 11/94). Et ce n’était malheureusement qu’un prélude ! Michel Geney s’écroule en cours d’enregistrement en Suisse le 9 Novembre 1995 (MP N° 282 02/96), quelques jours avant Adolphe Deprince le 26 (MP N° 283 03/96). Mais cette triste année 1996 verra aussi partir successivement les « piliers » principaux de Paris musette, Jo Privat le 3 Avril (MP N° 287 08-09/96), Didier Roussin…47 ans le 5 juillet (MP N° 289 11/96), et Didi Duprat, sorte de fil rouge conducteur autour duquel avait été construite la série, le 8 Août (MP N° 290 12/96).
Les trois derniers décès en quatre mois, s’ajoutant à celui de Joë Rossi, vont obliger les concepteurs du Label producteur La Lichère à annuler le projet paris musette en quatre volumes. Le temps des guinguettes, ainsi que Exotique et moderne, Vol.3 et Vol.4 prévus, sont abandonnés. Cependant, avec des bandes enregistrées à l’avance par les disparus pour le seul plaisir, un Vol.3 sera constitué, un Vent d’automne de consolation, déjà cité au début du troisième paragraphe, lequel comporte la particularité que je pense unique, d’avoir à la suite, dans son programme, les deux valses écrites sous ce titre, celle d’Emile Carrara et celle de Louis Péguri (MP N° 305 09-10/98) « …parce que l’homme résiste à la mort à travers ses œuvres, parce que l’histoire qu’ont écrite les héros du musette continue à travers leurs héritiers… » écrivaient Patrick Tandin et Franck Bergerot au cours du texte accompagnateur.
Après l’arrivée « de justesse » du Vol.1 Paris musette dans nos colonnes en 1990, j’ai quelque peu remis les pendules à l’heure à la fin de mon commentaire pour ce Vent d’automne final en 1998, lequel n’avait pas non plus, à ma connaissance, séduit notre comité de présélection. Mon opinion contraire n’engage que moi. Elle se base sur le fait qu’ainsi que d’autres enregistrements de qualité, les trois CD Paris musette n’ont jamais encombré les bacs des disquaires, qu’ils sont très rarement ensemble, et surtout que je les sais, par ailleurs, recherchés par les vrais connaisseurs. Nulle autre catégorie musicale n’aura connu pareille destinée que l’accordéon entre 1990 et 1998. il me faut cependant encore ajouter, autour de ce projet Paris musette incomplet, le décès, début 2001, de Patrick Tandin qui en fut le promoteur avec Didier Roussin comme conseiller technique (MP N° 320 03-04/01).
Francis Couvreux, journaliste spécialisé de l’accordéon, rédacteur depuis de nombreuses années à) la revue Accordéon et accordéonistes, a rappelé ces tristes évènements au début 2011 dans cette parution. Avec des sous-titres de circonstance que nous apprenons pleinement Pour l’histoire in memoriam, il nous remémore en quatre pleines pages, textes et illustrations la personnalité et la carrière de chacun des trois disparus en 1996. Tout d’abord, écrit-il, « Monsieur » Jo Privat qu’il appelle « le gitan blanc ». On sait l’attachement de Privat pour le monde manouche et ses amis musiciens d’exception, Django Reinhardt, les frères Ferret et tant d’autres. Ce sentiment s’est d’ailleurs matérialisé par un très ancien 33 tours 25 cm Columbia comportant dix titres Manouche partie porté, par la suite, à quatorze sous la même appellation sur un 30 cm finalement transformé en en un CD de dix huit titres Jo Privat, son accordéon et les manouches de Paris que le distributeur du moment DOM refusa de nous fournir malgré nos demandes répétées et mon commentaire élogieux (MP N° 247 08-09/92 avec un NDLR de regret de Georges Sougy). Bien sûr, on peut aussi rappeler cette tranquille cadence régulière que Jo Privat avait créée, sa participation à la célèbre vidéo Le blues du musette que nous avons aussi signalée en son temps et dont Francis Couvreux souhaite une édition DVD. Et comment oublier le Balajo, ce célèbre dancing de la Rue de Lappe, dont il a donné le nom à l’une de ses valses fétiches, avec Mystérieuse,…Sa préférée…et tant d’autres.
Et l’on tourne la page pour retrouver Didi Duprat au début de sa carrière, « poète du médiator » nous dit Francis Couvreux, guitariste gaucher, parisien de « Ménilmuche » né rue de la Chine, titre d’une valse qu’il composera plus tard, en co-auteur avec Marcel Azzola, né au même endroit (peut-être la maternité de l’hôpital Tenon ?). Il accompagnera les plus grands noms de l’accordéon, Gus Viseur, Tony Muréna, Louis Ferrari, mais aussi Django Reinhardt, Michel Warlop, Hubert Rostaing et encore Dalida, Charles Aznavour, Bécaud, Juliette Gréco, Marlène Dietrich. Après avoir été le fil rouge du Blues du musette cité plus haut, avoir participé aux premières prévisions de Paris musette, on peut le considérer comme un continuateur du style des plus grands.
Enfin, Didier Roussin que Jo Privat, virtuose des sobriquets imagés, avait surnommé « Buffalo », lequel mordit à pleines dents dans tous les genres de musique où l’accordéon avait besoin dui soutien de sa guitare ou de son banjo. Collectionneur de 78 tours, de microsillons, de CD, de « petits formats », ces mini partitions musicales illustrées, avec les paroles de la chanson, de milliers de documents, Bufallo était une encyclopédie ambulante qui aimait cependant se réfugier modestement derrière un jugement sans prétention ainsi que nous le dépeint Francis Couvreux dans sa conclusion : « Je n’ai rien à dire. Je ne me sens pas l’âme d’un créateur ». Il reste ce qu’il souhaite que l’on retienne de lui : « Didier Roussin, guitariste, concerts, animations, soirées bals ». Nous rappellerons cependant sa participation au Déchéneau Jâse Musette avec Robert Santiago, Daniel Colin et Michel Esbelin Musette à Paris (MP N° 289 11/96) ainsi que sa collaboration, coauteur avec François Billard du livre Histoire de l’accordéon.
Jo Privat, Didi Duprat, Didier Roussin, trois musiciens hors du commun que nous ne sommes pas près d’oublier bien qu’ils nous aient quittés il y a quinze ans déjà…

Robert BOUTHIER- ASSOCIATION FRANCAISE "MUSIQUE RECREATIVE"

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