L’Etranger - Albert Camus
L’Etranger - Albert Camus
Ref.: FA5052

Lu par ALBERT CAMUS EN 1954

Ref.: FA5052

Direction Artistique : PATRICK FREMEAUX

Label : Frémeaux & Associés

Durée totale de l'œuvre : 2 heures 50 minutes

Nbre. CD : 3

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Présentation

Texte intégral lu par Albert Camus en Avril 1954
en accord avec Gallimard et l'Institut national de l'Audiovisuel..

En juin 1942, paraît un court roman L’Etranger. L’auteur est un inconnu de 28 ans qui allait non seulement modifier l’histoire de la littérature française, mais aussi celle de la philosophie du XXe siècle avec la formulation du sentiment de l’absurdité du destin humain.
Les 7, 8 et 9 avril 1954, Albert Camus enregistre l’intégralité de son texte pour la radio nationale (O.R.T.F). Il reçoit le prix Nobel en 1957.
Frémeaux & Associés et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) en accord avec Gallimard ont décidé de restaurer cet enregistrement et de mettre à la disposition du public, la lecture sonore de ce chef-d’oeuvre par son auteur.
Recruté par Albert Camus comme journaliste à Combat, auteur d’une biographie intellectuelle sur Camus et éditeur de son oeuvre complète en 9 volumes, grand prix de littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre, Roger Grenier a réalisé le Livret accompagnant ce coffret sonore de 3 compact disques.
Cet enregistrement attachant, révèle l’importance de notre patrimoine sonore permettant l’écoute de la pensée des grands intellectuels de l’histoire contemporaine.
Patrick Frémeaux
Coffret 3 cd avec livret historique rélisé par Roger Grenier.
Droits : Frémeaux & Associés en accord avec Gallimard, Succession Camus, Ina.

(Philosophie à écouter, livres audio, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, Frémeaux traiteur)



Texte intégral lu par l'auteur.

Presse
Les bibliothèques sonores regroupent les livres audio, le théâtre sonore, les disques parlés pour enfants, les discours des hommes politiques, les enregistrements historiques et les cours des philosophes.Livraphone, Le Livre qui parle, Thélème et La Voix des femmes ont été les premiers éditeurs de livres enregistrés. Frémeaux & Associés, Gallimard et Audiolib ont ensuite ouvert le livre audio au grand public.
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LA LITTERATURE EN LIGNE par Valérie Marin La Meslée « C’est dans une rue de Vincennes, à quelques mètres du château, que, derrière une galerie d’art du même nom, la ruche Frémeaux s’active au passé, au présent et surtout à l’avenir de l’édition sonore. Voici douze ans que Patrick Frémeaux a créé les éditions phonographiques qui portent son nom, dont le site donne à voir l’étendue du catalogue, musical, historique, littéraire et en direction de l’enfance. On y découvre aussi deux manifestes, qui témoignent du combat que l’éditeur mène sans relâche pour la reconnaissance du support audio comme moyen de transmission « de l’émotion et des savoirs ». Patrick Frémeaux milite d’autre part pour la sauvegarde du patrimoine sonore menacé d’altération, en éditant sur CD des pièces rares ou jamais diffusées, cours, allocutions, lectures (de L’Etranger par Camus) et en produisant à partir de ces trésors, souvent dispersés, des anthologies : celle qui paraîtra en mars, réunissant les plus grandes voix des philosophes du XX ème siècle est un morceau de choix. Pourquoi écouter un texte plutôt que le lire ? : « Le son véhicule quelque chose d’unique et d’irremplaçable, la présence de la voix, celle de Paul Léautaud, par exemple, au micro de Robert Mallet, qu’aucune transcription ne pourra jamais rendre »,  explique l’éditeur. « Et les plus belles pages de Primo Levi ne pourront faire entendre ce qui passe dans le témoignage sonore d’un rescapé. » Il cite encore l’exemple d’un cours improvisé de Jankélévitch, dont le discours limpide est un moyen d’accès plus abordable pour tous que son écriture. Chaque projet (des heures d’enregistrement avec Françoise Dolto à venir, mais encore les Fables de La Fontaine) demande des négociations complexes auprès des ayants droit et s’effectue avec une direction d’acteurs, un réalisateur, et entraîne la rédaction d’un livret si nécessaire. La rencontre entre une voix et un texte est une alchimie qui doit aboutir à créer chez l’auditeur un « tracé affectif », tel celui que Fernandel a pu associer aux Lettres de mon moulin. Le succès des livres sonores ne fait que croître et sur 550 000 titres vendus par Frémeaux & Associés l’an dernier dans 32 pays, 175 000 CD étaient littéraires, philosophiques et poétiques pour adultes. La vente sur Internet par correspondance s’avère fructueuse, et notamment pour le marché américain à tel point qu’un site anglophone lui a été spécialement dévolu : les romans français lus par un comédien remportent outre Atlantique la palme des ventes (500 euros par jour) ! Si le marché français reste un peu à la traîne comparé à d’autres pays européens, dont l’Allemagne, l’éditeur a pu noter l’effet de nos trente-cinq heures sur la disponibilité d’un public qui ne se cantonne plus à celui des mal voyants et des automobilistes et s’avérerait donc de plus en plus… à l’écoute. A bon entendeur, nouveaux plaisirs. » MAGAZINE LITTERAIRE
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PERCHE’FREMEAUX & ASSOCIES ? Esiste una bella collezione di cofanetti CD prodotti dall’etichetta francese Frémeaux, nei quali probabilmente vi siete già imbattuti. Ogni titolo mira ad essere una fonte di riferimento nei campi della cultura musicale, storica e geografica. Il fondatore dell’etichetta, Patrick Frémeaux, è un pragmatico visionario che ha costruito un catalogo considerevole documentando la cultura audio. Il concept che sta dietro al raggruppamento di una tale collezione appartiene all’ambito del controllo editoriale; alcuni progetti sono accuratamente scelti, altri derivano da ghiotte proposte. Il filo conduttore comune che lega il catalogo è la memoria collettiva, sia essa sotto forma di musica o di “spoken word”, e ogni proposta viene considerata in base alla sua rilevanza con il concept base. L’intero catalogo ammonta a circa 800 titoli, un risultato considerevole per un business attivo da 20 anni, il cui fonda-tore ha appena 38 anni. Le vendite annuali complessive di tutto il catalogo ammontano a circa un milione di unità, con un grande divario di successo commerciale a seconda dei titoli: si passa da titoli che vendono diverse migliaia di copie l’anno ad altri che ne vendono poche centinaia in un decennio. Tutto ciò è tutt’altro che trascurabile ed è in debito di gratitudine con i retailers che hanno supportato nel tempo l’impresa apprezzando la qualità dei contenuti proposti e la loro rilevanza in termini di patrimonio culturale. Anche l’utente finale può ritenersi soddisfatto, avendo fatto in moltissimi casi un saggio investimento. Testi, oratorie, musica… Le fonti da cui si attinge sono numerosissime: collezioni fonografiche, registrazioni pubbliche e private. La banca dati dell’I.N.A. (French National Library for the Audiovisual Works) è enormemente significativa dal punto di vista sociale, culturale e musicologico. Infatti spoken word e discorsi hanno lo stesso spazio della musica all’interno delle produzioni della Frémeaux. Incisioni come L’Etranger di Camus letto dallo stesso Camus, o le registrazioni storiche di Celine, o i discorsi del Generale De Gaulle, o la Contre histoire de la Philosophie di Michel Onfray (200.000 copie vendute) offrono un tipo di approccio sensoriale radicalmente differente da quello che si può evincere da un semplice testo scritto. Riporta alla maniera in cui riceviamo le informazioni da bambini, attraverso racconti, tramite la tradizione orale. L’etichetta ha iniziato le publicazioni con un box set intitolato The accordion vol. 1, coprodotto con la «Discothèque des Halles», la più importante Biblioteca Civica parigina. L’incisione fu una pietra miliare della storia musicale e culturale della capitale francese, rappresentando qualcosa di simile al modo in cui la Samba si relaziona con Rio de Janeiro o il Tango con Buenos Aires. Il progetto fu immediatamente un grande successo, tant’è che le maggiori compagnie discografiche ne seguirono l’esempio attraverso la pubblicazione di compilation analoghe. Ciò fu solo l’inizio della Frémeaux & Associés e, da allora, la crescita è stata organica e graduale. Da parte della compagnia c’è l’intenzione di privilegiare l’attenzione nei confronti di culture scarsamente rappresentate. Per esempio negli Stati Uniti, per quanto strano possa sembrare, la storia del patrimonio storico americano registrato non è sufficientemente documentato dagli stessi americani, nonostante l’esistenza di alcune importantissime raccolte in tal senso. Patrick Frémeaux : “Gli Stati Uniti sono un paese che non presta molta attenzione alla propria storia, specialmente quella più recente. Molte delle raccolte tematiche da noi prodotte hanno ottenuto un maggior successo proprio negli Stati Uniti.E questo è sempre stato per noi motivo di grande sorpresa. Grazie al lavoro di ricercatori e collezionisti a noi associati, abbiamo potuto produrre volumi ben documentati. Infatti tutti i nostri cofanetti sono accompagnati da esaurienti libretti e strumenti di documentazione critica che sono concepiti per essere dei veri e propri studi su temi specifici o rappresentare dei punti di osservazione originali”. La musica tradizionale e popolare necessita di un supporto più ampio e di una più approfondita conoscenza delle proprie origini, influenze ed evoluzione… Traduzione : Franco RATTI
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WARUM FREMEAUX & ASSOCIES ? Das französische Label Fremeaux hat eine beachtliche Anzahl von CD-Sets veröffentlicht, von denen Sie einige vielleicht schon einmal gesehen haben. Jede Veröffentlichung aus den Bereichen Musik, Geschichte oder regionaler Kulturen ist eine repräsentative Dokumentation des jeweiligen Themas. Das außergewöhnliche Engagement des Label-Gründers Patrick Fremeaux hat zu der Veröffentlichung einer beachtlichen Zahl von Tondokumenten geführt. Das Konzept für diese umfangreiche Kollektion ist ein verlegerischer Ansatz. Während einige Projekte besondere Anliegen waren, hat in anderen Fällen auch der Zufall seine Hand im Spiel. Über allem steht als wichtigste Überlegung der dokumentarische Wert, sowohl im Bereich Musik als auch beim gesprochenen Wort. Der Katalog umfaßt derzeit ungefähr 800 Titel, ein beeindruckendes Ergebnis für zwanzig Jahre Arbeit, umso mehr, wenn man bedenkt, daß der Firmengründer gerade 38 Jahre alt ist. Im Jahr werden circa 1 Million Sets verkauft, wobei die Stückzahlen von mehreren Tausend pro Titel und Jahr bis zu einigen Hundert pro Titel innerhalb eines Jahrzehnts variieren. Dieses ist wahrlich ein beachtliches Ergebnis, und besonderer Dank gilt dem Fachhandel, der die Qualität der Inhalte dieser Veröffentlichungen und ihre kulturelle Bedeutung erkannt hat, und damit dieses Projekt unterstützt hat; natürlich auch dem Endverbraucher, der durch den Kauf eine weise Entscheidung getroffen hat. Für die Veröffentlichungen wird auf die verschiedensten Quellen zurückgegriffen, das sind Schallplatten-sammlungen, Radioaufnahmen und private Mitschnitte. Die Datenbank des I.N.A. (Französische National-Bibliothek für audiovisulle Aufzeichnungen), ist unter sozialen, kulturellen und auch musikwissenschaftlichen Aspekten äußerst wichtig. Hörbücher und die Veröffentlichung von historischen Reden machen ungefähr die Hälfte des Gesamtkataloges aus. L’Etranger von Camus, von ihm selbst gelesen, oder auch Celine’s historische Aufnahmen. General de Gaulles Reden, Michel Onfrays Contre histoire de la Philosophie (mehr als 100.000 mal verkauft) bieten dem Hörer einen ganz anderen Zugang als das simple Lesen des gedruckten Textes. Dieses ist zurückzuführen auf die Art und Weise, wie uns als Kindern Informationen näher gebracht wurden; durch Erzählungen, durch mündlich Überlieferungen. Die erste Veröffentlichung von Fremeaux war The Accordion Vol 1, veröffentlicht in Zusammenarbeit mit der ‚Discotheque des Halles‘, der größten Stadtbücherei. Diese stellt in der musikalischen und kulturellen Geschichte Paris in den Mittelpunkt, so wie es bei der Veröffentlichung ‚Samba‘ Rio de Janeiro und bei ‚Tango‘ Buenos Aires ist. Diese Veröffentlichung war von Beginn an ein so großer kommerzieller Erfolg, daß alle großen Tonträgerfirmen mit ähnlich konzipierten Veröffentlichungen folgten. Das war der Anfang von Fremeaux & Associes und führte bis heute zu einem substantiellen Wachstum. Es ist Teil der Firmenphilosophie, die Prioritäten bei den Veröffentlichungen auf Kulturen zu richten, die sehr unterrepräsentiert sind. Zum Beispiel. die Vereinigten Staaten von Amerika, denn so eigenartig es erscheint, ist die amerikanische Kultur wenn man von den beachtenswerten Sammlungen des Smithonian Institue oder der Alan Lomax Collection absieht, kaum dokumentiert. Patrick Fremeaux : Es herrscht kein Geschichtsbewußtsein, insbesondere der neueren Geschichte. Viele unserer thematischen Veröffentlichungen sind die kommerziell erfolgsreichsten für das jeweilige Genre in den USA. Das überrascht uns jedesmal aufs neue. Dank der mit uns zusammen arbeitendenForscher und Sammler konnten wir diverse Box-Sets veröffentlichen. Selbstverständlich sind alle unsere Veröffentlichungen mit ausführlichen Booklets versehen, deren fundierte Informationen als Basis für weitere Forschungen genommen werden können. „ Traditionelle und Popularmusik braucht mehr Unterstützung und mehr Verständnis für seine Ursprünge, Einflüsse und Entwicklungen... Übersetzung : Thomas FENN & Manfred SCHEFFNER
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 Ascenseur pour le Jazz invite Patrick Frémeaux                Julien Delli Fiori, France Inter"Vous aimez les belles histoires ? Attachez vos ceintures, fermez les yeux, ouvrez grand les oreilles et préparez-vous pour un vol sans escale vers le Pays aux Merveilles. Rien ne lui fait peur. Ni la Bible, ni l'Iliade, ni l'Odyssée. Et encore moins l'intégrale de Django Reinhardt (plus de 30 CD). Ce soir, Patrick Frémeaux prend les commandes de l'Ascenseur et entraîne le liftier en chef dans des contrées, grâce à lui, sauvées de l'oubli. Depuis 1991, sa société Frémeaux et Associés, créée avec Claude Colombini, vulgarise le patrimoine sonore mondial. Défricheur insatiable, il a sauvé plus de dix mille enregistrements promis à la destruction, collecté des cylindres, des rouleaux acétates ou des disques soixante-dix-huit tours ; le tout nettoyé grâce à des technologies sophistiquées et préservé définitivement avec le numérique. Pour Patrick Frémeaux, la dimension culturelle de tous ces trésors l'emporte sur sa réalité économique et la diversité doit rester l'exigence suprême. Les disques édités par Frémeaux et Associés ont plusieurs axes : jazz, blues, gospel, country, musiques du monde et chanson française. Mais ce n'est pas tout. La mémoire des grands témoins contemporains est également mise à contribution par le biais d'entretiens avec des philosophes (Michel Serres, Michel Onfray...) ou l'édition discographique de cours comme ceux de Vladimir Jankélévitch. Mais ce serait cacher une partie des trésors si on ne parlait pas des CD de sons de la nature, de disques culturels pour enfants, des livres sonores ou d'enregistrements historiques. Alors place à la musique, aux réactions et aux mots de Patrick Frémeaux !" par Julien DELLI FIORI - Ascenseur pour le jazz (France Inter)
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« La voix de ses maîtres » par La Tribune  Patrick Frémeaux "Avec plus de 25 000 titres de documents sonores édités, Patrick Frémeaux a bâti une véritable librairie du patrimoine sonore. Il redonne voix à ces maîtres – anciens ou non – qui ont marqué l’histoire, politique ou culturelle, française mais pas seulement. Des voix qui auraient pu rester, sans vie, sur des bandes magnétiques empilées dans des salles d’archives, ou sur des disques vinyles sortis depuis longtemps des circuits commerciaux pour cause de déréférencement. Lui, c’est Patrick Frémeaux, créateur de Frémeaux & Associés, une maison d’édition que l’on peut présenter comme la librairie du « patrimoine sonore ».    À tout juste 17 ans et son bac en poche, Patrick Frémeaux se lance dans la production de spectacles. Organise des tournées, notamment pour le jazzman Claude Bolling. À 24 ans, il crée sa société, Frémeaux & Associés. Associés au pluriel. Parce qu’il y a Claude Colombini, cofondatrice. Parce qu’il y a aussi tout un réseau d’associés, des chercheurs, des collectionneurs et des institutions comme l’INA, Institut national de l’audiovisuel. Aujourd’hui, installé à Vincennes (94) non loin du château, le tout jeune quadra Patrick Frémeaux règne sur ses piles de documents et ses milliers de titres gravés sur CD (il compte plus de 25 000 titres édités), des œuvres qui valident le patrimoine sonore de l’humanité – français mais pas seulement, sa démarche est mondiale – dans ce qui relève de l’histoire (la Grande Guerre et ses quelque 180 témoignages dont les voix de Foch, Lénine ou encore de simples Poilus, etc.), de la politique (les entretiens de Pierre Mendès France avec Jean Lacouture…), de la littérature (l’Étranger lu par Albert Camus), de la musique (du jazz à la world en passant par le classique et autres gospel ou country), de la jeunesse et même des enregistrements de sons de la nature. Claude Colombini et Patrick Frémeaux présentent le meuble Frémeaux - GallimardPlonger dans le catalogue Frémeaux & Associés, c’est prendre un sacré coup de modestie quant à la culture que l’on croit posséder. Parce que si ces disques renvoient bien à l’histoire, cette histoire-là est quasiment en direct puisque ce qui est gravé sur le disque vient, souvent, de la naissance même du premier enregistrement. C’est une autre dimension que le livre, évidement. Entendre Michel Bouquet donnant son cours au Conservatoire national passionne. Marcel Pagnol interprétant lui-même la Gloire de mon père surprend. On comprend les succès rencontrés par de nombreux titres comme les volumes Contre-histoire de la philosophie, de Michel Onfray (plusieurs centaines de milliers vendus), ou l’Intégrale Django Reinhardt. Des prix, l’éditeur en reçoit à la pelle, Académie Charles-Cros et autres. Ce qui lui permet d’afficher une force tranquille quand on aborde le sujet de documents surtout destinés aux malvoyants : « Ce sont des produits culturels à part entière. Le son fait partie de notre patrimoine. Ils ne sont donc pas des destinés spécialement aux malvoyants. » Et il ne cache pas son plaisir quand des maisons comme Gallimard se lancent sur ce créneau. Patrick Frémeaux est très organisé. Toute sa culture d’entreprise fait l’objet d’un document en 25 points rappelant sa philosophie et les politiques afférentes : son ambition muséographique française avec sa politique de non-déréférencement ou sa vision de la diversité culturelle avec sa politique du principe économique de l’indépendance. Un vrai programme de politique internationale. Rare." Jean-Pierre Bourcier – La Tribune       -----------Par Jazz Hot"Votre oeuvre donne en effet le vertige : parce que c'est un travail infini (ivresse de l'altitude), mais aussi parce qu'il est rare et qu'on craint toujours qu'elle puisse disparaître (peur du vide)."Yves SPORTIS - JAZZ HOT
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Hachette Livre se lance sur le marché du livre audio             Le Monde du 05.06.07                                   Les grandes manoeuvres commencent sur le marché français du livre audio. Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre, Francis Esmenard, PDG d'Albin Michel, et Jörg Hagen, président de France Loisirs - filiale du groupe allemand Bertelsmann -, ont décidé, lundi 4 juin, de créer une société commune en vue de l'édition de livres audio, sous forme de CD. L'objectif est de faire paraître les premiers titres juste avant les fêtes de Noël, puis d'atteindre un catalogue de 30 à 50 titres d'ici à la fin 2008, avec une offre variée, allant des romans aux livres de bien-être, en passant par les policiers. Les maisons d'Hachette (Grasset, Fayard, Lattès, Stock, etc.) et celles d'Albin Michel vont apporter leurs catalogues respectifs. France Loisirs, numéro un des clubs de livres en France, dispose déjà d'un savoir-faire dans l'édition des livres audio. Depuis 2004, elle réalise ses propres enregistrements et a créé la société Audible, qui vend du téléchargement de livres audio. Le club distribue par ce canal environ 70 titres par trimestre. Audible reste cependant à l'écart de la nouvelle société, qui sera une filiale du Livre de poche (détenue à 60 % par Hachette et à 40 % par Albin Michel) dans laquelle France Loisirs prend une participation minoritaire.La France, une exception"C'est clairement un pari sur l'avenir", explique Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre, qui, avec ses filiales anglaises et américaines, réalise déjà un chiffre d'affaires de près de 10 millions d'euros sur ce marché à l'étranger. Les trois nouveaux associés n'entendent toutefois pas gagner d'argent avant deux ou trois ans. Avant cela, il faut que le marché du livre audio se structure.Car, aujourd'hui, la France fait à la fois figure d'exception au sein des pays industrialisés et de terre de mission pour le livre audio. Ce marché balbutiant ne concerne qu'1 % du total des ventes de livres, alors qu'en Allemagne, les livres audio atteignent 3 % des ventes et en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, le double (6 %).Jusqu'à présent, ce sont pour l'essentiel des petites maisons comme les éditions Frémeaux, Thélème, spécialisées dans la littérature classique, ou encore De Vive Voix qui ont investi ce secteur dont le Syndicat national de l'édition estime "le potentiel considérable". A l'exception notable de Gallimard, qui a lancé la collection "Ecoutez lire" en 2004, aucun éditeur de poids n'avait suivi. L'arrivée d'un nouvel entrant aux moyens importants devrait contribuer à doper le marché.Alors qu'aux Etats-Unis, il est courant pour les automobilistes d'écouter des livres pendant les trajets ou les embouteillages et qu'en Allemagne, les enfants, dès leur plus jeune âge, sont initiés aux livres audio, en France, selon un préjugé tenace, ces livres sont destinés, au mieux, aux malvoyants.Un deuxième enjeu porte sur le référencement de cette catégorie de livres dans les librairies, les enseignes culturelles ou les grandes surfaces, afin qu'ils soient bien repérés par les acheteurs potentiels. Alain Beuve-Méry – LE MONDE© 2007 Le Monde Communiqué de presse DU 06/06/07 de Frémeaux & Associés :Frémeaux & Associés félicite Hachette Livre (Fayard, Lattès, Stock, Grasset) et Albin Michel de donner un nouvel élan au Livre audio en lançant leurs propres collections avec France Loisirs. La parution de nouveautés viendra structurer et légitimer ce nouveau marché initié par Frémeaux & Associés – La Librairie Sonore et Gallimard. Cette démarche de la part de majors du livre (Lagardère) va aider la réhabilitation du disque littéraire. En effet, depuis 1999, Frémeaux & Associés a tenté de relancer l’audio book - ou livre sonore - qui n’était présent que dans une cinquantaine de librairies. En réalisant des ouvrages haut de gamme et patrimoniaux, Frémeaux & Associés a conquis aujourd’hui 1 800 libraires qui ont soit un rayon livre audio soit un compte mouvementé par des commandes clients. Frémeaux & Associés a créé la marque La Librairie Sonore qui a diffusée à ce jour plus de 400 meubles présentoirs et créé son propre site web de vente par correspondance au public par Internet. La généralisation du livre audio avec l’arrivée de nouveautés des plus grands catalogues va aider au changement des mœurs et d’usage en redonnant au sonore sa vertu de transmission des émotions et du savoir. Frémeaux & Associés souhaite la bienvenue et bonne chance à Hachette Livre et Albin Michel. Patrick Frémeaux et Claude Colombini – Fondateurs de La Librairie SonorePour mémoire : Editeurs indépendants précurseurs du livre audio : Livraphone, Livre qui parle, Didakhé, Les Editions des Femmes, Thélème, VDB, Auvidis (Naïve), Les Grandes Heures (INA - Radio France), De Vive Voix, KFP, La Voix des Nôtres, Lire dans le noir.                                 Communiqué de presse DU 11/06/07 DE Frémeaux & Associés :Le magazine interprofessionnel Livres Hebdo du 08/06/2007 suggère une dualité d’intérêts entre les grands éditeurs (propriétaires de catalogues) et des indépendants comme Frémeaux & Associés. Frémeaux & Associés tient à rappeler que le marché audio est extrêmement vaste et que les objectifs recherchés sont différents :- La filiale de Hachette / Albin Michel / France Loisirs annonce miser clairement sur le caractère fonctionnel d’une autre approche sensorielle de la lecture, en permettant au lecteur de devenir auditeur.- Frémeaux & Associés a pour mission de mettre à la disposition du public le patrimoine sonore dans sa globalité et dans sa légitimité d’« œuvre sonore ». Le livre audio est un format de création sonore qui participe à la promotion de l’oralité mais ne constitue pas une fin en soi pour le Groupe Frémeaux Colombini.Les objectifs semblent être différents mais se complètent par la volonté d’encourager une approche auditive de la culture. Patrick Frémeaux & Claude Colombini
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Un livre audio est un livre dont on a enregistré la lecture ou l’interprétation à haute voix. Le lecteur devient auditeur. Disponible sous la forme de fichiers numériques en téléchargement, principalement aux formats MP3 ou Audible (numilog...) et malgré le bon démarrage des ventes d'Audible et iTunes, le support CD reste toutefois le plus répandu sur le marché. Les principaux éditeurs à ce jour sont : Frémeaux & Associés (La Librairie sonore), Gallimard, Livraphone, Livre qui parle, didakhé, Les Editions des Femmes, Thélème, VDB, Auvidis (Naïve), Les Grandes Heures (INA – Radio France), De Vive Voix, KFP, La Voix des Nôtres, Lire dans le noir, Autrement dit...A ce jour, Frémeaux & Associés est le leader indépendant sur le marché avec pour double vocation de promouvoir le patrimoine sonore parlé et de sensibiliser le grand public aux vertus de l’oralité.Patrick Frémeaux & Claude Colombini© 2007 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS (livres audio, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter), "Le Livre Lu" est une marque déposée par Groupe Frémeaux Colombini SAS à l'INPI 
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Qu'est-ce que La Librairie Sonore ?LA LIBRAIRIE SONORE : L’ensemble des disques parlés, et des enregistrements historiques sur support sonore mis à la disposition du public au travers des librairies et des disquaires culturels.LIVRE LU* ou LIVRE AUDIO (LIVRE SONORE) : Lecture contemporaine ou historique d’un grand texte compatible avec l’oralité et réalisé par un comédien reconnu sous la direction d’un metteur en scène audio, associé à un travail de montage pour aboutir à une véritable œuvre sonore, transformant un écrit en un témoignage authentique. Certaines œuvres peuvent être lues par leurs auteurs quand leurs compétences d’interprète le permettent (Ex. L’étranger par Albert Camus). *Le livre lu est une marque déposée par Frémeaux & Associés.THÉÂTRE SONORE : Œuvres théâtrales créées ou adaptées pour le phonogramme ou la radiodiffusion. (Ex. Caligula par Camus ou Knock par Jules Romains).LIVRE SONORE JEUNESSE : Dans la grande tradition des contes et œuvres sonores pour enfant, un ou plusieurs grands comédiens raconte(nt) dans une mise en scène sonore et musicale un texte appartenant à notre patrimoine collectif. PATRIMOINE RADIOPHONIQUE : L’ensemble des enregistrements provenant du patrimoine de la radiodiffusion couvrant un siècle de témoignages et de création sonore (en coédition avec l’INA, Radio France, France Culture, France Inter, Europe 1…).ENTRETIENS : Entretiens historiques provenant de l’histoire de la radiodiffusion et conservés par l’INA (comme les entretiens Léautaud-Mallet) ou entretiens réalisés par Frémeaux & Associés sans contrainte de durée (comme les entretiens avec Serge Klarsfeld, ou les entretiens Rony Brauman - Hubert Védrine).ARCHIVES ORALES : Ensemble des témoignages officiels ou non d’acteurs incontournables de l’histoire du XXème siècle (Ex. Discours du Gal de Gaulle) ou collectage populaire (Ex. Paroles de gueules noires). La conservation de ses archives sonores et leurs mises à disposition auprès du public est la première mission d’intérêt public que Frémeaux & Associés développe au sein de sa collection de disque parlé. COURS CONFÉRENCES : Cours où l’oralité sert de véhicule à la transmission des savoirs et de l’émotion (Ex. Conférences de l’université de tous les savoirs, cours de Michel Onfray sur une histoire accessible de la philosophie).
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 L'institut national de l'audiovisuel L’Institut national de l’audiovisuel (INA) est un établissement public français à caractère industriel et commercial, responsable de l’archivage des productions radiophoniques et audiovisuelles françaises à l’instar de la bibliothèque nationale de France (BNF) pour le livre.Pour financer ses activités l’Ina commercialise son fonds auprès des médias et perçoit une partie de la redevance audiovisuelle. La phonothèque de l’Institut national de l’audiovisuel conserve, restaure et met en valeur les archives de la radio publique depuis 1933. Ces archives constituent la mémoire sonore de l’histoire radiophonique contemporaine.L’INA (dirigé depuis 2001 par Emmanuel Hoog) et Frémeaux & Associés assurent en partenariat, une politique de sauvegarde patrimoniale et de mise à disposition du public des lectures, entretiens, œuvres sonores, dont l’intérêt culturel et historique dépasse l’histoire de la radiophonie pour révéler celle de l’oralité.Claude Colombini-FrémeauxDes cylindres aux CDDès qu’il en a eu la possibilité technique, l’homme a adoré s’enregistrer ! Sur un cylindre de 1891, Gustave Eiffel a saisi les pépiements de ses enfants. L’universitaire Ferdinand Brunot (1860-1938), lui, s’est consacré aux anonymes : en 1911, il crée les Archives de la parole et, financé par Emile Pathé, projette de constituer un atlas linguistique phonographique. Sillonnant les routes de France dans une limousine de 30 CV, il s’arrête dans les villages des Ardennes, du Berry ou de Bretagne pour recueillir ce qui doit être gardé : voix de paysans ; expressions de patois, récits de vie, musiques traditionnelles et sons des terroirs. Ce sont les plus vieux enregistrements de terrain effectués sur des disques plats de 25 centimètres de diamètre. Le disque 78 tours connaîtra une deuxième génération dans les années 20, bénéficiant des bienfaits de la « fée électrique ». Les labels et les répertoires peuvent alors se multiplier. Les initiatives aussi. La firme Pathé invite les hommes politiques à venir  enregistrer leurs grands discours devant le micro. Paul Deschanel, président de la Chambre des députés en 1914, grandiloquent comme ce n’est plus permis, est au bord de l’apoplexie quand il salue les soldats de 1914 qui « offrent leur vie gaiement. A la française ! ». Les années 30 constituent un tournant : une quinzaine de stations de radio peut être enregistrée à partir de 1933. L’INA conserve 276 000 de ces disques d’enregistrements radio effectués entre 1933 et le seuil des années 50. Mais c’est après guerre que les améliorations seront les plus spectaculaires, et permettront le développement et la diversification des genres phonographiques. Au mitan du siècle, la bande magnétique encourage l’archivage et, en 1953, les journaux parlés font l’objet d’enregistrements réguliers. Ce ne sont pas forcément les documents les plus anciens qui sont les plus fragiles. Des cylindres de 1910 sont parfois plus lisibles que des bandes magnétiques deuxième génération des années 80. » Télérama.« Le tout-archives auguré par l’ère numérique est à double tranchant. (…) Aujourd’hui, la technologie incite à tout garder, quelle que soit la nature de l’objet concerné. Jadis fruit d’un effort, de nos jours évidente et presque automatique, la conservation ne vient plus consacrer une valeur établie par ailleurs ; à la limite, elle prétend même la lui octroyer après coup par son geste. (…) Puisque tout est conservable, tout est à conserver. (…) Tout est archives. Tout fait mémoire. » Emmanuel Hoog, Mémoire année zéro, 2007, Paris, Le Seuil.
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« (...) La lecture de L’Etranger l’été dernier m’avait ébahi. J’ai découvert à cette occasion qu’Albert Camus avait enregistré l’intégralité du roman paru en juin 1942, pour la radio nationale (O.R.T.F), les 7, 8 et 9 avril 1954. Frémeaux & Associés et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) ont restauré l’enregistrement. Ecoutez les dix premières minutes. Le texte lu par la voix limpide, lancinante, équilibrée, profonde, d’Albert Camus accompagne l’auditeur vers l’un des sommets de la philosophie contemporaine. » Par Bruno PFEIFFER - LIBERATION
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« Si le centenaire de la naissance d’Albert Camus a été l’occasion d’hommages et d’articles nombreux et passionnants, il n’y a toutefois rien de plus émouvant, à vrai dire bouleversant, que de pouvoir aujourd’hui réentendre la voix d’Albert Camus lui-même lisant deux de ses livres auxquels il attachait une importance toute particulière : le récit de L’Etranger et la pièce de théâtre Caligula. Enregistrés en live par France 4 Haute Fidélité en avril 1954, soit trois ans avant de recevoir le prix Nobel et six ans avant l’accident mortel dont il fut victime, la lecture de ces deux ouvrages révèle non seulement une écriture incomparable par sa limpidité, mais aussi l’importance d’un patrimoine sonore permettant l’écoute de la pensée des grands intellectuels de l’histoire contemporaine. En s’expliquant sur le personnage de Meursault, Camus dit simplement ceci : « il refuse de mentir. Mentir n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. (…) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’Etranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité ». Quant à Caligula, dont il affirme dans une lettre à son amie Christiane Galindo qu’ « il est capital que cela soit une réussite, il constitue, dit-il encore, avec l’Etranger, le premier stade de ce que maintenant je n’ai pas peur d’appeler mon œuvre. Stade négatif et difficile à réussir mais décidera de tout le reste. » L’on comprend ainsi la raison essentielle pour laquelle il a désiré enregistrer lui-même ces deux œuvres fondamentales auxquels il pouvait lui seul, et lui seulement, donner le ton qu’il voulait. Et le timbre de sa voix, si particulier et percutant, y ajoute une intensité comme on ne saurait jamais ni la trouver ni la lire. Sont ajoutés deux interviews, datant de 1955 et 1958, dans lesquels Camus répond aux questions de Jean Mogin et Jacques Marcerou. »Par Jean BOREL – L’ECHO MAGAZINE
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« Depuis plus de vingt ans, Frémeaux et Associés s’est façonné une identité et une vision pluridisciplinaire unique. Retour sur un catalogue exceptionnel par sa diversité, sa qualité et son travail de mémoire. Sauver tout ce qui doit être sauvé, qui n’intéresse ni l’INA, ni les majors, et perdurer, voilà le quotidien de Frémeaux et Associés résumé en quelques mots. Une histoire de passion construite pas à pas, qui débute avec l’édition d’une première anthologie de l’accordéon préfigurant cette envie de conserver, d’expliquer et de mettre en scène la culture et l’histoire.« Nous souhaitions apporter une touche à la fois encyclopédique et scientifique à des genres musicaux, parlés ou artistiques, à qui on ne donnait pas les mêmes clés que pour la musique classique ou le jazz », explique son créateur Patrick Frémeaux. Suivront la biguine, la samba, le fado, la chanson française à texte, les grands du jazz, Elvis Presley ou Hank Williams, édités toujours avec le même souci : « On préfère que des défauts de matrice subsistent sur les enregistrements, mais avoir toutes les harmoniques ». Auquel s'ajoute le soin particulier porté aux livrets accompagnant les disques. Dans ce maelström de rééditions, la maison produit aussi des musiciens actuels travaillant le plus souvent sur une réinterprétation du patrimoine. Leur esprit d'ouverture amène Patrick Frémeaux et sa complice Claude Colombini à traiter d'une diversité de sujets toujours plus exceptionnelle grâce à leur librairie sonore. Aux côtés de nombreux philosophes comme Michel Onfray, qui a vendu plus de 800 000 exemplaires de sa Contre-Histoire de la Philosophie, on peut trouver Léon Blum qui, lui, n’a attiré que 600 curieux en dix ans avec ses discours pourtant historiques, ou Marcel Pagnol lisant sa trilogie, Camus son Etranger, Jacques Gamblin racontant 20 000 lieues sous les mers, François Cluzet Les Contes de Grimm... La partie bioacoustique n’est pas en reste, Frémeaux a aussi capturé une partie du monde vivant : « Si vous voulez entendre la forêt de Bornéo telle qu’elle sonnait il y a 30 ans, c’est à dire une forêt primitive stable depuis 100 000 ans, c’est chez nous ! ». Ainsi que les oiseaux d’Afrique, d’Europe ou d’Asie, les montagnes et les océans… Colossal est son catalogue, entre 7000 et 8000 disques, et pour expliquer sa longévité et sa singularité, son patron, inquiet pour l’avenir, fait preuve d’humour et de réalisme : « Avant, j’aimais un bonbon qui s’appelait Kiss Cool, qui a disparu. J’ai cherché sur internet, j’étais presque prêt à racheter une chaîne de fabrication, glisse-t-il dans un sourire. Il devait y avoir mille personnes qui en achetaient un paquet par semaine, mais ce n’était pas suffisant. Moi, j’inverse le principe. J’estime qu’avoir les chants de Papouasie, c’est important. Le marché est à peu près de 60 ventes par an, cinq par mois. Je dois donc créer un modèle économique qui fait qu’avec cinq ventes par mois, je gagne de l’argent. » Et jusqu’ici, tout va bien… »Par Arnaud CABANNE - MONDOMIX
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Ce regain de la littérature sonore doit être loué pour une raison évidente : en sollicitant l'ouïe plutôt que la vue, celle-ci déplace notre appréhension du texte et ainsi nous apprend toujours autre chose, même s'agissant d'une œuvre que nous pensions connaître parfaitement.Vous voyez encore le style du Camus de L'Etranger comme un exemple d'écriture blanche ? Ecoutez la lecture qu'en fait son auteur (aux éditions Frémeaux & Associés), et la blancheur  que vous prêtiez au style se teindra des ors de la poésie en prose. « Par ses inflexions, Camus nous indique comment comprendre son œuvre  », explique Patrick Frémeaux. Certes, mais la voix de l'auteur n'est pas le seul révélateur. Si la lecture est réussie, un petit miracle se produit. : celui de faire sortir des éléments du texte que seul votre inconscient avait jusqu'alors perçus.Alexis BROCAS – LE MAGAZINE LITTERAIRE
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Camus, alors inconnu, a 28 ans lorsque parait son premier roman « L’étranger ». Cette œuvre magnifique va bouleverser le paysage de la littérature française et de la philosophie, avec la formulation du sentiment de l’absurdité du destin humain. Les 7, 8 et 9 Avril 1954, Albert Camus enregistre pour l’ORTF l’intégralité de son texte, devenu depuis une référence incontournable. Frémeaux & Associés et l’INA ont décidé de restaurer l’enregistrement de ce chef d’œuvre afin de le mettre à la disposition du public. Dans ce même esprit, un travail identique a été réalisé pour la pièce maîtresse de son œuvre théâtrale : « Caligula ». Camus lu par Camus, rien que du bonheur !L’ENSEIGNANT
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Se plonger dans des archives sonores installé dans son canapé, c´est possible ! Dans le catalogue de sa Phonothèque, l`INA propose, en CD, de nombreux enregistrements musicaux (Elisabeth Schwartzkopf, 1954 ; « Don Giovanni » à Aix-en-Provence, 1956) […]. Le catalogue en CD de Frémeaux & Associés (www.fremeaux.com), partenaire de l´INA, est lui aussi formidablement riche : lectures par Marcel Pagnol, Albert Camus, discours de Malraux, entretiens accordés par Paul Léautaud à Robert Mallet, et des anthologies sonores du socialisme, de la Grande Guerre ou des philosophes du XXe siècle…. Tout un monde à portée d´oreilles. [...]Gilles HEURE – TELERAMA
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C’est pour la radio ORTF que Camus lui-même enregistra l’intégralité de ce court roman qui allait révolutionner à la fois la littérature française et la philosophie du XXe siècle, par son introduction de la notion d’absurde. Ce document restauré est des plus émouvants et s’accompagne d’une présentation de Roger Grenier, auteur d’une biographie intellectuelle sur Camus. L’AMOUR DES LIVRES
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"Plus largement, le catalogue de Frémeaux et Associés, « promoteur de la voix », fourmille de pépites sonores aussi diverses que captivantes. On ne recense pas moins de 900 œuvres : de grands entretiens comme celui réunissant Rony Brauman – ancien président de Médecins sans frontières – et Hubert Védrine – ex-ministre des affaires étrangères – qui pendant trois heures, échangent sur l’action humanitaire et la politique internationale. Ils poursuivent leurs réflexions à voix haute, montrent leurs points de convergence et dépassent ainsi de nombreux stéréotypes." Laurence ESTIVAL et Nathalie SAMSON – Paru dans l’Express et dans l’Expansion.
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"L'étranger, comme fable, comme conte moral, comme roman de l'anti-héros, comme manifeste littéraire, comme témoignage de l'Algérie pré-indépendante, comme roman philosophique. Le livre, qui est paru en 1942, continue d'être dans le monde un des livres les plus essentiels de la littérature, et sa première phrase."  Colette FELLOUS    © FRANCE CULTURE
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"Il représentait en ce siècle, et contre l'histoire, l'héritier actuel de cette longue lignée de moralistes dont les oeuvres constituent peut-être ce qu'il y a de plus original dans les lettres françaises. Son humanisme têtu, étroit et pur, austère et sensuel, livrait un combat douteux contre les évènements massifs et difformes de ce temps. Mais inversement, par l'opiniâtreté de se refus, il réaffirmait, au coeur de notre époque, contre les machiavéliens, contre le veau d'or du réalisme, l'existence du fait moral." Jean-Paul SARTRE - FRANCE OBSERVATEUR
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«C'est évidement un document des plus précieux.Il est vrai qu'une telle lecture s'accorde à l'insensibilité de Meursault et au style du récit, dans lequel Roland Barthes voyait une "parole transparente", un "style de l'absence." » MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
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“De sa voix nette, précise, lumineuse à force d’être incisive, rythmée, Camus incarne ici lui-même sa créature, son antihéros, l’étranger, Meursault : cet homme indifférent sur lequel passent la vie, l’amour, l’amitié, le monde enfin, sans jamais vraiment s’y inscrire.” Fabienne PASCAUD - TELERAMA
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“Essentiel et incontournable : un pilier de la philosophie contemporaine.” Lucas FALCHERO ÉCOUTER VOIR
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“On ne peut que se féliciter de cette initiative conjointe de trois éditeurs pour remettre à la disposition du public cette oeuvre, lue par l’auteur lui-même.“ BIBLIOTHEQUE CENTRE POMPIDOU
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Liste des titres
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    GENERIQUE DEBUT
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:01:58
    1954
  • 2
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 1
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:23:05
    1954
  • 3
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 2
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:08:37
    1954
  • 4
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 3
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:12:28
    1954
  • 5
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 4
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:08:23
    1954
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 5
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:18:40
    1954
  • 2
    PREMIERE PARTIE CHAPITRE 6
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:08:31
    1954
  • 3
    DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 1
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:12:00
    1954
  • 4
    DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 2
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:14:21
    1954
  • Piste
    Titre
    Artiste principal
    Auteur
    Durée
    Enregistré en
  • 1
    DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 3
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:23:14
    1954
  • 2
    DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 4
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:14:56
    1954
  • 3
    DEUXIEME PARTIE CHAPITRE 5
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:23:47
    1954
  • 4
    GENERIQUE FIN
    CAMUS ALBERT
    ALBERT CAMUS
    00:00:45
    1954
Livret

L’ETRANGER 

TEXTE INTÉGRAL ENREGISTRÉ en avril 1954 par

albert camus

© GALLIMARD 1942 

“Pour moi, devant ce monde, je ne veux pas mentir ni qu’on me mente.  Je veux porter ma lucidité jusqu’au bout  et regarder ma fin avec toute la profusion de ma jalousie et de mon horreur."

Noces - A. Camus

En juin 1942, paraît un court roman L’Etranger. L’auteur est un inconnu de 28 ans qui allait non seulement modifier l’histoire de la littérature française, mais aussi celle de la philosophie du XXe siècle  avec la formulation du sentiment de l’absurdité du destin humain. Les 7, 8 et 9 avril 1954, Albert Camus enregistre l’intégralité de son texte pour la radio nationale (O.R.T.F). Il reçoit le prix Nobel en 1957. Frémeaux & Associés et l’INA (Institut National de l’Audiovisuel) en accord avec Gallimard ont décidé de restaurer cet enregistrement et de mettre à la disposition du public, la lecture sonore de ce chef-d’oeuvre par son auteur. Recruté par Albert Camus comme journaliste à Combat, auteur d’une biographie intellectuelle sur Camus et éditeur de son oeuvre complète en 9 volumes, grand prix de littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son oeuvre, Roger Grenier a réalisé le livret accompagnant ce coffret sonore de 3 compact disques. Cet enregistrement attachant, révèle l’importance de notre patrimoine sonore permettant l’écoute de la pensée des grands intellectuels de l’histoire contemporaine.

Patrick Frémeaux 

"La tragédie par le quotidien et l’absurde par la logique."

ALBERT CAMUS

L’ÉTRANGER

par Roger Grenier

(auteur de “Albert Camus soleil et ombre”) 

En juin 1942, en pleine Occupation, paraît un court roman au titre très simple : L’Étranger. L’auteur est un inconnu de 28 ans, né dans le Constantinois en 1913, élevé “à mi-chemin de la misère et du soleil”, comme il le dit lui-même, Albert Camus. Il est orphelin de guerre, ni sa mère, ni sa grand-mère, ni son oncle qui l’ont élevé ne savaient lire. Il n’a pu faire des études que grâce à un instituteur qui s’est attaché à lui.  L’Étranger et son auteur sont immédiatement remarqués et Camus va être, avec Sartre et Malraux, un des intellectuels les plus en vue dans la France de la Libération. Meursault, le héros du roman, devient l’incarnation de l’absurde, un mot dont on va user et  abuser. On ignore alors qu’Albert Camus avait déjà publié deux livres à Alger : L’Envers et l’Endroit et Noces, qu’il avait animé deux troupes théâtrales et avait été journaliste aux côtés de Pascal Pia à Alger-Républicain.  

Le trajet d’un manuscrit 

En 1940, peu avant l’offensive allemande, Camus note dans ses Carnets :  “L’Étranger est terminé.” Il y pensait dès 1937.  En 1941, alors qu’il vit à Oran, il fait parvenir à son ami Pascal Pia, qui se trouve à Lyon, les manuscrits de L’Étranger et de Caligula. Entre la zone non occupée et la zone occupée, ils vont suivre un cheminement compliqué. Plusieurs messagers interviennent : André Malraux et son frère Roland, Marcel Arland, Jean Paulhan, avant que les manuscrits aboutissent sur le bureau de Gaston Gallimard.

Le titre

L’Étranger est un titre volontairement banal. Beaucoup d’œuvres s’étaient déjà appelées ainsi. Il y a un poème de Baudelaire, une pièce que va voir le héros de Dickens, David Copperfield, un opéra de Vincent d’Indy… 

L’histoire

Le narrateur, Meursault, employé de bureau à Alger, apprend que sa mère est morte dans une maison de retraite. Il prend le car et va l’enterrer sans larmes, car il trouverait hypocrite de simuler un chagrin qu’il n’éprouve pas. De retour à Alger, il va se baigner avec une jeune fille, Marie Cardona. Ils se rendent ensuite au cinéma et elle devient sa maîtresse. Son voisin de palier, Raymond, mauvais garçon plus ou moins souteneur, lui demande de rédiger une lettre pour lui. Invité par Raymond à passer un dimanche dans le cabanon d’un ami, au bord de la mer, Meursault s’y rend avec Marie. Deux Arabes qui avaient à se venger de Raymond se trouvent là. Il s’ensuit une bagarre et Raymond est blessé. Un peu plus tard, Meursault revoit par hasard les Arabes. Sans savoir pourquoi, il tue l’un d’eux, avec le pistolet qu’il avait enlevé à Raymond. La seconde partie raconte le procès de Meursault. Tous les événements de sa vie, que nous connaissons, sont passés en revue. Son indifférence prouve qu’il a une âme de criminel. On le condamne à mort, sans doute autant parce qu’il n’a pas pleuré à l’enterrement de sa mère que pour avoir tué un homme. Il refuse les consolations de la religion, et meurt en s’ouvrant “pour la première fois à la tendre indifférence du monde”. 

Les sources

Quand il entreprend L’Étranger, Camus n’a pas encore terminé un roman qu’il ne publiera pas de son vivant, La Mort heureuse. Il y puise quelques matériaux pour son nouveau projet. Le héros de La Mort heureuse s’appelle Mersault, celui de L’Étranger Meursault. On trouve par exemple, dans les deux romans, la description d’un dimanche et la réflexion finale : “Encore un dimanche de tiré.” Mais un tel passage, purement anecdotique dans La Mort heureuse, se charge de sens dans L’Étranger. Il souligne l’imperméabilité au monde de Meursault : “J’ai pensé que c’était toujours un dimanche de tiré, que maman maintenant était enterrée, que j’allais reprendre mon travail et que, somme toute, il n’y avait rien de changé.” Même si L’Étranger est une fiction, cela ne signifie pas qu’il s’agisse d’une pure fabrication. Camus a écrit : “Trois personnages sont entrés dans la composition de L’Étranger : deux hommes (dont moi) et une femme.” Mais s’il est un peu vain de chercher les clés d’un roman, on peut voir ce que les expériences du jeune écrivain lui ont apporté. Ainsi décrit-il le procès avec beaucoup de vérité, parce qu’il a été chroniqueur judiciaire à Alger-Républicain. Il s’était fait remarquer par ses articles au cours de trois affaires à résonance politique : l’affaire Hodent, jugée par le tribunal correctionnel de Tiaret, en mars 1939, où, à travers un agent technique accusé d’escroquerie, et innocent, on essayait de mettre en cause les réformes sociales de 1936 ; l’affaire du cheik El Okbi, ouléma jugé en juin 1939, accusé d’avoir inspiré le meurtre du grand mufti d’Alger ; enfin, en juillet 1939, l’affaire des “incendiaires d’Auribeau” douze ouvriers agricoles du Constantinois qui avaient refusé l’embauche pour protester contre des “salaires insultants“ et qui avaient été condamnés aux travaux forcés comme incendiaires. Dans le roman, pendant son procès, Meursault remarque dans la salle des Assises un jeune journaliste. “Et j’ai eu l’impression bizarre d’être re­gardé par moi-même.” Dans ce double de l’accusé, il n’est pas interdit de voir un autoportrait de l’écrivain, comme ceux que les peintres placent discrètement dans un coin du tableau. Quand Meursault se souvient que sa mère lui racontait que son père avait voulu voir exécuter un assassin et qu’il avait vomi au retour, il s’agit là aussi d’un emprunt à la réalité. C’est une des seules choses que Camus connaisse de la vie de Lucien Camus, mortellement blessé à la bataille de la Marne, alors qu’Albert n’avait pas un an. Camus commencera par la même anecdote ses Réflexions sur la guillotine. Ce thème de l’exécution capitale est repris dans La Peste et dans Le premier Homme. 

La passion de la vérité

Camus s’est expliqué sur le personnage de Meursault, pourquoi celui-ci ne joue pas le jeu : “La réponse est simple : il refuse de mentir. Mentir n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne. (…) On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’Étranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra, après mes explications, que je l’ai dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création.” L’efficacité du roman vient en grande partie de ce que Meursault est naturel et se dé­place dans un monde familier où l’irruption de la tragédie paraît absurde. Dans le chapitre du Mythe de Sisyphe sur Kafka, Camus écrit un commentaire qui peut s’appliquer à L’Étranger : “(…) il est difficile de parler de symbole dans un récit où la qualité la plus sensible se trouve être justement le naturel. Mais le naturel est une catégorie difficile à comprendre. Il y a des œuvres où l’événement semble naturel au lecteur. Mais il en est d’autres (plus rares, il est vrai), où c’est le personnage qui trouve naturel ce qui lui arrive.” C’est ce qui se passe chez Kafka, dans la tragédie grecque et dans L’Étranger. Il s’agit d’exprimer “la tragédie par le quotidien et l’absurde par la logique”. 

Le roman français

Dans un article intitulé L’intelligence et l’échafaud, Albert Camus rappelle que la tradition du roman français est d’aller droit au but. Le prototype en est La Princesse de Clèves. Mme de La Fayette, dont l’héroïne pense que l’amour met l’être en péril et qu’il faut s’en garder, mène sans détours la princesse de Clèves à la retraite. Benjamin Constant pousse Adolphe à la solitude. Le but de Marcel Proust, alors qu’il commence par une phrase innocente, nonchalante, “Longtemps je me suis couché de bonne heure...”, est de conduire finalement son narrateur à cette fête de la vieillesse qu’il découvre dans le salon du prince de Guermantes. Meursault, dans L’ Étranger, va droit de l’enterrement de sa mère à la guillotine. Du moins en principe. Car le récit a beau être d’une logique poussée à l’extrême, il est loin d’être linéaire. On y trouve des digressions. Grâce à quelques figures secondaires, parfois de simples croquis, il est traversé par l’ange du bizarre. Il y a la petite femme automate entrevue au restaurant, ou encore le vieux Salamano qui a remplacé sa femme par un chien qu’il bat et injurie. On n’est plus dans le registre de l’absurde, mais dans celui de la dérision.

Les procédés narratifs

Peindre un type représentatif de notre époque n’aurait peut-être pas suffi pour que L’Étranger entrât dans l’histoire de la littérature. Le génie de l’écrivain aura été de trouver divers procédés narratifs et stylistiques parfaitement adaptés au sujet.  Pour commencer, il eût été naturel qu’une histoire qui montre un homme posant un regard neutre sur le monde et sur lui-même, soit écrite en disant il. Mais Meursault dit je et nous sommes placés au cœur même de son désert intérieur. Camus explique : “Le récit à la première personne qui sert d’habitude à la confidence a été mis pour L’Étranger au service de l’objectivité.” Il n’y a pas que le problème de la personne. “Aujourd’hui maman est morte.” On a l’impression que le récit commence au présent. “Maman est morte” est en fait un passé composé. Mais c’est l’idée de présent, suggéré par “aujourd’hui“ qui l’emporte. Le second paragraphe est même au futur : Meursault imagine comment il ira à l’enterrement. Au troisième paragraphe, on entre dans le récit, avec de nouveau l’emploi du passé composé : “J’ai pris l’autobus à deux heures.” Le passé composé est un présent dans le passé. L’histoire que raconte Meursault va donc se dérouler dans une sorte de présent. Mais attention, le moment où il la raconte se situe à la fin du livre, après la visite de l’aumônier. Ce décalage crée une distance et ajoute au sentiment d’étrangeté.  Les premiers lecteurs de L’Étranger ont été frappés par l’emploi de la technique du comportement, si fréquente dans un certain roman américain. Au lendemain de la guerre, la vogue en France de Hemingway, de Steinbeck, mettait la lumière sur ce type de récit brutal, limité aux faits et gestes des héros, à la reproduction de leurs paroles. Mais Camus employait cette technique en la détournant. Dans L’Étranger, elle ne sert pas à la rapi­dité de l’action, elle permet de décrire un homme sans conscience apparente.  Dans la seconde partie du roman, où Meursault prend conscience de sa situation, la technique américaine est abandonnée. Un autre procédé narratif utilisé par Camus dans son roman trouve une explication dans un passage du Mythe de Sisyphe :  “Un homme parle au téléphone, derrière une cloison vitrée, on ne l’entend pas, mais on voit sa mimique sans portée : on se demande pourquoi il vit. ” La conscience de Meursault joue le rôle de cette vitre. Elle laisse tout passer, sauf le sens de ses gestes. Il y a bien d’autres procédés narratifs dans L’Étranger, par exemple l’emploi, dans certains dialogues, de ce qu’on appelle le Cagayous, une imitation du parler populaire d’Alger, fait de français, d’arabe, d’espagnol et de dialectes méditerranéens. 

Réactions

Parmi les nombreuses réactions à la parution du roman, il faut citer Sartre. Dès février 1943, il publie dans Les Cahiers du Sud, une Explication de L’Étranger : “Un court roman de moraliste, très proche au fond d’un conte de Voltaire.” Sartre écrit aussi : “On m’avait dit : “C’est du Kafka écrit par Hemingway.” J’avoue que je n’ai pas re­trouvé Kafka. Les vues de M. Camus sont toutes terrestres. Kafka est le romancier de la transcendance impossible, l’univers est, pour lui, chargé de signes que nous ne comprenons pas ; il y a un envers du décor. Pour M. Camus, le drame humain, c’est, au contraire, l’absence de toute transcendance.” Camus trouve que l’article de Sartre est “un modèle de démontage”. Il ajoute : “Mais pourquoi ce ton acide ?” Nathalie Sarraute, elle, s’est ingéniée à dénicher du psychologique sous le roman objectif. Certains critiques reprochèrent à Camus d’avoir écrit un livre immoral, ou amoral. Il note dans ses Carnets : “La “Moraline” sévit. Imbéciles qui croyez que la négation est un abandon quand elle est un choix.” En 1943, Elsa Triolet écrit une petite histoire, Qui est cet étranger qui n’est pas d’ici ? ou le mythe de la baronne Mélanie, dont le titre suffit à montrer que le roman de Camus est à la mode. Depuis, les commentaires, les études, les essais, les thèses n’ont cessé.     

La mère silencieuse

Revenons à la première phrase, “Aujourd’hui maman est morte.” On met ici le doigt sur la source, sur la racine la plus constante de l’œuvre de Camus, le thème de la mère silencieuse. Dès son premier livre, L’Envers et l’Endroit, et même dès le texte qui en est l’ébauche, Les Voix du quartier pauvre, on voit cette mère qui se taisait toujours. Dans un cahier en moleskine, qui date de la même époque, on peut lire :  “Il semblait qu’entre ces deux êtres existât ce sentiment qui fait toute la profondeur de la mort… Un attachement si puissant qu’aucun silence ne peut l’entamer…” Dans ce fragment, comme dans Les Voix du quartier pauvre et L’Envers et l’Endroit, le fils note une attitude de la mère, “fixant anormalement le parquet”. Murée dans le silence, sans pensée peut-être, et pourtant il ne peut s’empêcher de croire qu’il y a en elle, à ce moment un sentiment de toute la dureté de son existence. De même, dans L’Étranger, Meursault déclare :  “Quand elle était à la maison, maman passait son temps à me suivre des yeux en si­lence.” Peu d’ouvrages de Camus vont échapper à ce thème de la mère silencieuse. Dans Le Malentendu, c’est un silence fondamental entre la mère et le fils qui provoque la tragédie. Jean n’avait qu’à dire : “C’est moi.” Sa femme Maria déclare : “Il aurait suffi d’un mot.” Dans La Peste, ce sont le docteur Rieux et sa mère qui représentent le couple silencieux de la mère et du fils. “Ainsi sa mère et lui s’aimeraient toujours dans le si­lence.” Pour en revenir à L’Étranger, il est plus que probable que Meursault doit à sa mère sa façon d’être sans parole, sans pensée, se contentant des évidences initiales : l’existence, la solitude égale à “l’immense solitude du monde”. On condamne Meursault pour son apparente indifférence, mais c’est celle qu’il a apprise de sa mère, et sur laquelle se fondent leurs rapports. Les juges et le prêtre peuvent lui reprocher son attitude. Ils ne comprennent rien. Il n’a pas besoin de pleurer à l’enterrement pour que celle qu’il appelle “maman”, jamais “ma mère”, soit le seul être avec qui il se sente en communion immédiate, au-delà des mots, de la pensée, des larmes. Au moment où il s’apprête à mourir, Meursault rejoint sa mère : “Si près de la mort, maman devait s’y sentir libérée et prête à tout revivre. Personne, personne n’avait le droit de pleurer sur elle. Et moi aussi, je me suis senti prêt à tout revivre.” C’est comme s’il avait enfin retrouvé “la voix de la femme qui ne pensait pas” qui est la première Voix du quartier pauvre.  Camus rêvera toute sa vie d’écrire une œuvre qui exprimerait “l’admirable silence d’une mère et l’effort d’un homme pour retrouver une justice et un amour qui équilibre ce silence”. Une note pour Le Premier homme, cet ambitieux roman que la mort tragique de Camus, dans un accident de voiture, en janvier 1960, l’a empêché de mener à bien, est comme une prière : “Ô mère, ô tendre enfant chéri, plus grande que mon temps, plus grande que l’histoire qui te soumettait à elle, plus vraie que tout ce que j’ai aimé en ce monde, ô mère pardonne ton fils d’avoir fui la nuit de ta vérité. ” Déjà en 1935, à l’âge de 21 ans, il commence des Carnets, et voici la première phrase qu’il écrit : “Ce que je veux dire : Qu’on peut avoir – sans romantisme – la nostalgie d’une pauvreté perdue. Une certaine somme d’années vécues misérablement suffisent à construire une sensibilité. Dans ce cas particulier, le sentiment bizarre que le fils porte à la mère constitue toute sa sensibilité. ” C’est en avril 1954 (du 7 au 9) qu’Albert Camus a lu la version intégrale de L’Étranger. L’enregistrement a été effectué par France 4 Haute Fidélité.    

Roger Grenier

© 2002 FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 

Roger Grenier a reçu le Prix Femina pour Ciné-Roman et le Grand Prix de Littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre. Recruté par Albert Camus, il a avec lui été journaliste à Combat. Il a écrit sur lui une biographie intellectuelle : Albert Camus soleil et ombre, ainsi que l’album Camus de la Pléiade (Gallimard). Il a édité l’Œuvre complète de Camus en 9 volumes pour le Club de l’Honnête homme, ainsi que, en Italie, les Opere, romanzi, racconti, saggi (romans, nouvelles, essais) pour les Classici Bompiani et les Taccuini (carnets) pour les Tascabili Bompiani. 

CHRONOLOGIE

1913. Albert Camus naît le 7 novembre à Mondovi, département de Constantine.

1914. Son père, Lucien Camus, blessé à la bataille de la Marne, meurt à l’hôpital de Saint-Brieuc. Sa mère Catherine s’installe avec ses enfants, Albert et Lucien, chez la grand-mère et l’oncle Étienne, ouvrier tonnelier. Ils vivent dans deux pièces à Belcourt, quartier populaire d’Alger.

1918-1923. École communale de la rue Aumerat.

1923-1930. Boursier au lycée d’Alger.

1928-1930. Gardien de but du Racing-Universitaire d’Alger.

1930. Premières atteintes de la tuberculose.

1932. Études de Lettres avec pour professeurs Paul Mathieu et Jean Grenier. Premiers articles dans la revue Sud.

1933. Milite dans le mouvement antifasciste Amsterdam-Pleyel.

1934. Mariage avec Simone Hié, brillante étudiante. Adhésion au Parti Communiste où il est chargé de la propagande dans les milieux musulmans.

1935. Exerce divers métiers tout en poursuivant ses études.

1936. Diplôme d’études supérieures sur Plotin et Saint Augustin : Métaphysique chrétienne et Néoplatonisme. En juin, voyage en Europe Centrale et rupture avec Simone. À la même époque, Camus prend en charge la maison de la Culture et fonde le Théâtre du Travail. Pour gagner sa vie, il fait aussi des tournées comme acteur avec la troupe de Radio-Alger.

1937. Le 10 mai paraît L’Envers et l’Endroit. Le jeune homme ne peut se présenter à l’agrégation de philosophie, puisqu’il est atteint d’une maladie contagieuse. L’été, il va se reposer à Embrun, puis visite la Toscane. Ayant quitté le Parti Communiste, Camus remplace le Théâtre du Travail par le Théâtre de l’Équipe.

1938. Pascal Pia, envoyé à Alger pour créer un journal de gauche, Alger Républicain, embauche Camus.

1939. Noces. Enquête, pour Alger Républicain, sur la misère en Kabylie. Quand la guerre  éclate, Camus veut s’engager, mais il est ajourné.

1940. Alger Républicain, en lutte contre le Gouvernement Général, devient Soir Républicain, mais est bientôt interdit. On s’arrange pour que Camus ne puisse plus trouver de travail en Algérie. Il rejoint Pascal Pia à Paris et devient secrétaire de rédaction à Paris-Soir. Au moment de l’invasion allemande, le journal se replie à Clermont-Ferrand, puis à Lyon. Camus y épouse une Oranaise, Francine Faure. Bientôt licencié, il retourne en Algérie. 

1941. À Oran, il enseigne dans un établissement privé qui recueille les enfants juifs exclus de l’enseignement public.

1942. Malade, il obtient l’autorisation de passer l’été dans le Massif Central. Il s’installe près du Chambon-sur-Lignon. L’Étranger paraît en juillet. En novembre, les Alliés débarquent en Afrique du Nord et la zone sud de la France est occupée par l’armée allemande. Camus ne peut rejoindre Oran.

1943. Le Mythe de Sisyphe. Camus gagne Paris où Gallimard lui offre un poste de lecteur et où Pascal Pia le fait entrer dans la Résistance, notamment au journal clandestin Combat.

1944. Le Malentendu est créé au théâtre des Mathurins par Marcel Herrand et Maria Casarès. À la Libération, Combat paraît au grand jour avec Pia pour directeur et Camus pour rédacteur en chef. 

1945. Lettres à un ami allemand. 5 septembre, naissance de Jean et Catherine Camus. Le 26 septembre, Caligula triomphe avec Gérard Philipe.

1946. Voyage aux Etats-Unis.

1947. En proie aux difficultés financières et aux déchirements politiques, l’équipe de Combat passe la main. Huit jours plus tard paraît La Peste, premier grand succès public de Camus.

1948. Échec de L’État de siège, monté par Jean-Louis Barrault.

1949. Voyage en Amérique du Sud qui aggrave son état de santé. En décembre, création des Justes.

1950. Actuelles I. Installation 29, rue Madame.

1951. L’Homme révolté, essai qui provoque une brouille avec Breton et les surréalistes, puis avec Sartre et l’équipe des Temps Modernes.

1952. L’Exil et le Royaume. 

1953. Actuelles II.

1954. L’Été. En novembre commence la guerre d’Algérie.

1955. Camus revient au journalisme, à L’Express. Il milite pour le retour de Mendès-France au pouvoir, en espérant qu’il pourra mettre fin au conflit.

1956. Avec les libéraux des deux camps, il lance à Alger un appel à la trêve civile. C’est un échec. Il est même menacé de mort. La Chute. En septembre, adaptation de Requiem pour une nonne, de Faulkner, avec Catherine Sellers. 

1957. Le 17 octobre, le Prix Nobel de littérature lui est décerné. Il est le plus jeune lauréat après Kipling.

1958. Discours de Suède. Actuelles III, chroniques algériennes. Voyage en Grèce. Achat d’une maison à Lourmarin (Vaucluse).

1959. Création des Possédés, d’après Dostoïevski, au théâtre Antoine.

1960. Le 4 janvier, Albert Camus trouve la mort dans un accident d’auto, à Villeblevin, près de Montereau.

1962. Carnets I.

1964. Carnets II.

1971. La Mort heureuse

1978. Fragments d’un combat (Alger Républicain, Le Soir Républicain.) Journaux de voyage.

1981. Correspondance Albert Camus – Jean Grenier

1987. Albert Camus éditorialiste à L’Express. 1989. Carnets III.

1994. Le Premier homme.

2000. Correspondance Albert Camus – Pascal Pia. 

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