« Remarquable anthologie » par Culture Blues

« Nous sommes le 27 mai 2026, et comme chaque année à cette date qui marque la commémoration de la seconde abolition de l’esclavage en Guadeloupe en 1848, je publie un article en rapport avec cet événement. Au plus fort de la traite atlantique aux XVIIe et XVIIIe siècles, la déportation des Africains va concerner toute la Caraïbe, l’Amérique du Nord et du Sud, et dans une moindre mesure l’Amérique centrale. Il s’agit bien d’esclavage aux Amériques vers les colonies européennes outre-Atlantique. Dans mon article du 27 mai 2024 à la même occasion, j’avais cité parmi les documents à consulter la remarquable anthologie « Slavery in America – Redemption Songs 1914-1972 – Musiques issues de l’esclavage aux Amériques » (2014, Frémeaux & Associés), qui comprend 72 chansons réparties sur trois CD pour un total de 3 heures et 32 minutes de musique. Je ne m’étais toutefois pas arrêté dans le détail sur cette réalisation essentielle, et je vous propose aujourd’hui de le faire avec une sélection de 27 morceaux commentés qui en sont extraits. La préface du livret de 48 pages est signée Christiane Taubira et on doit le texte parfaitement documenté à Bruno Blum.

– Chant d’invitation à la danse en 1933 par Maboudana & Badolo. Il s’agit d’un enregistrement de terrain (field recording) réalisé pour les Archives de la parole à Paris, par des artistes de la république du Congo (ou Congo-Brazzaville).

– Driva’ Man en 1960 par Max Roach. Le batteur de jazz Max Roach est ici magnifiquement accompagné : Abbey Lincoln (voc), Booker Little (tp), Julian Priester (tb), Walter Benton (ts), Coleman Hawkins (ts) et James Schenk (b).

– The Slave en 1962 par Slinger Francisco aka Mighty Sparrow. Né en 1935 à la Grenade, le chanteur Mighty Sparrow vit à Trinidad depuis 1937. On le surnomme le roi du calypso mais c’est également un adepte de la soca.

– Early in the Mornin’ en 1947 ou 1948 par 22 and group. « 22 », « Little Red », « Tangle Eye » et « Hard Hair » sont des prisonniers de Parchman Farm, le tristement célèbre pénitencier d’État du Mississippi, ici enregistrés par l’ethnomusicologue Alan Lomax.

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– To Wa Bac a Way the Indian Race en 1956 par Mardi Gras Indians. La tradition des Mardi Gras Indians demeure très vivace en Louisiane, et ses représentants sont demandés par les plus grands festivals et tournent dans le monde entier. On doit cet enregistrement à un autre grand historien de la musique, Sam Charters…

– Macumba de Oxossi en 1940 par Zé Espinguela e Grupo do Rae Alufa. Enregistrée à Rio de Janeiro, cette formation brésilienne est emmenée par deux spécialistes de la samba, Ernesto Joaquim Maria dos Santos aka Donga et José Gomes da Costa aka Pai Alufá aka Zé Espinguela.

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– Freedom vers 1961 par Clancy Eccles. Le thème de la liberté est bien sûr récurrent dans les textes des chansons inspirées par l’esclavage. Le chanteur jamaïcain Clancy Eccles est un pionnier important du ska et du reggae.

– Free en 1958 par The Paul Bley Quintet with Ornette Coleman. Du free jazz pour compléter l’offre de cette anthologie, par une des formations les plus édifiantes du genre, avec, outre Paul Bley (p) et Ornette Coleman (as), Don Cherry (tp), Charlie Haden (b) et Billy Higgins (d).

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Par Daniel LEON - CULTURE BLUES