« Passionnant » par Les notes de l’instant

« Il faut ici signaler deux livres qui, une nouvelle fois, viennent de paraître chez cet éditeur, – je veux dire ici « Frémeaux et Associés – sans lequel on se demande où en serait aujourd’hui le moindre ouvrage consacré au jazz ! (à quelques exceptions près, heureusement).

(Il faudrait d’ailleurs se poser la question pour quelques autres disciplines, que ce soit l’Histoire, la philosophie et puis encore, on ne sait trop le dire. Un jour il faudra décerner un prix qui n’existe pas encore à cette Maison Frémeaux et Associés. Comme le serait par exemple, un « Nobel du Jazz ». Patrick Frémeaux n’écoute en effet, ni le vent, ni les marées qui, de nos jours, sont mauvais mais qui sont ceux qui voudraient nous pousser toujours un peu plus vers un avenir détestable – à moins qu’il faille dire un présent, ce qui serait plus précis et plus juste. Même, il est vrai, s’il faudrait citer quelques autres éditeurs qui font un travail remarquable alors que certaines grandes entreprises du livre, celles que l’on dit encore parfois « de référence », pour des raisons économiques ou idéologiques, semblent bien avoir perdu la boussole la plus évidente, se laissant emporter par les courants les plus erratiques).

Il n’y a pas grands discours à faire sur l’un et l’autre de ces ouvrages : il suffit d’en dire l’intérêt, premier en quelque sorte, parce qu’ils répondent, l’un et l’autre et sans aucun doute, à un nombre suffisamment important d’amateurs du jazz (et aussi de « professionnels » – mais quel musicien n’est pas d’abord un amateur, ce qui, ici, ne signifie rien d ‘autre qu’un amoureux ou une amoureuse bien sûr !)

(...)

Le deuxième livre qu’il faut aujourd’hui signaler est, quant à lui, consacré à « Daniel Humair » (c’est tout simplement son titre – toujours chez Frémeaux et Associés comme il a été dit). Il est signé par Julien Le Gros. Ce dernier est journaliste spécialisé dans le jazz (il a écrit pour Le Monde, Le Point et travaillé pour d’autres médias comme TSF Jazz. Il est aussi un historien remarquable en particulier à propos de la déportation dans les camps de concentration de la Deuxième Guerre mondiale.)

Son travail concernant Humair est passionnant. Il est précédé d’une note, signée par Patrick Frémeaux lui-même, qui est un texte très attachant et même important, car il nous fait découvrir très avant, l’un et l’autre, le musicien et l’éditeur, passionnés comme pas un. Quant à Alain Gerber que l’on retrouve aussi dans ce livre, il en a signé la préface. Celle-ci nous révèle la personnalité du musicien et peintre de grand talent, les rapports qu’ils entretiennent depuis un lustre au moins, et ce qu’est l’art de la batterie et peut-être même l’art tout entier.

Les pages signées de Julien Le Gros sont en outre suivies d’autres textes : on signalera particulièrement « La révolution Caroline » par Simon Goubert et « Humair Essentiellement Humair » par Frédérick e Grasser Humair.

Gageons que cet ouvrage soit « la référence » livresque sur l’un des musiciens (et artiste peintre, il faut le redire) qui, en Europe, a le plus et surtout « le mieux », marqué l’histoire de tous ceux et toutes celles qui aiment le jazz. Avec, heureusement !, quelques autres à ses côtés.

Par Michel ARCENS – LES NOTES DE L’INSTANT