Ref.: FA5084

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Artistic Direction : JEAN BUZELIN

Label : Frémeaux & Associés

Total duration of the pack : 3 hours 56 minutes

Nbre. CD : 4

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  • - ƒƒƒƒ TÉLÉRAMA

This 4-CD set is a proper dictionary of classial jazz. It features 80 masterpieces of 80 jazzmen – including an 80 pages dictionary booklet that presents each of the artists. Dictionaries of Jazz music already exist, but this CD set mix together the written knowledge of a scientific dictionary with the true artistic emotion of the original oper.

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Petit dictionnaire du jazz FA5084

Il existe, bien sûr, des dictionnaires du jazz, bien gros et fort documentés.
Mais si l’on n’a pas un disque au moins de chacun d’eux, comment reconnaître tous ces musiciens cités ?
Comment les resituer dans leur époque ?
Identifier leur style ?
Bref, à quoi ressemble la musique de tel musicien, dont je connais le nom, mais qui ne figure pas dans ma discothèque ?
L’ambition modeste de notre petit dictionnaire sonore est donc de proposer 80 illustrations musicales à travers une sélection de musiciens parmi les plus connus et importants de l’histoire du jazz de1921 à 1952.
Jean Buzelin (directeur artistique chez Frémeaux & Associés)
Ce coffret réalisé par Jean Buzelin à partir du catalogue Frémeaux & Associés regroupe 80 chefs-d’œuvre de 80 jazzmen majeurs sur 4 CD et un dictionnaire alphabétique de 80 biographies dans un livret de 80 pages.
Henry “Red” Allen
Albert Ammons
Louis Armstrong
Count Basie
Sidney Bechet
Bix Beiderbecke
Chu Berry
Barney Bigard
Claude Bolling
Dave Brubeck
Don Byas
Cab Calloway
Benny Carter
Ray Charles
Charlie Christian
Nat King Cole
Miles Davis
Johnny Dodds
Tommy Dorsey
(& Frank SINATRA)
Roy Eldridge
Duke Ellington
Ella Fitzgerald
Erroll Garner
Stan Getz
Dizzy Gillespie
Benny Goodman
Dexter Gordon
Lionel Hampton
Coleman Hawkins
Fletcher Henderson
Woody Herman
Earl Hines
Johnny Hodges
Billie Holiday
Milt Jackson
Illinois Jacquet
James P. Johnson
J.J. Johnson
Lonnie Johnson
& Eddie Lang
Pete Johnson
& Big Joe Turner
Louis Jordan
Stan Kenton
John Kirby
Andy Kirk
Lee Konitz
Tommy Ladnier
Jimmie Lunceford
Jay McShann
Glenn Miller
Lucky Millinder
(& Rosetta Tharpe)
Thelonious Monk
Jelly Roll Morton
Gerry Mulligan
Fats Navarro
Jimmie Noone
King Oliver
Kid Ory
Charlie Parker
Oscar Peterson
Bud Powell
Ike Quebec
Django Reinhardt
(& Stéphane Grappelli)
Sonny Rollins
Bessie Smith
Stuff Smith
Willie “The Lion” Smith
Rex Stewart
Art Tatum
Lennie Tristano
Sarah Vaughan
Fats Waller
Dinah Washington
Ethel Waters
Chick Webb
Ben Webster
Dickie Wells
Paul Whiteman
Cootie Williams
Teddy Wilson
Lester Young
Bob Zurke
J’entends déjà le téléphone sonner pour me reprocher les choix de Jean Buzelin. En toute confidence, je serais d’accord avec tous les plaignants, quand à la sélection différente que l’on aurait pu faire. Personnellement, je n’aurais pas mis Bob Zurke et j’aurais laissé autre chose qu’un strapontin à Stéphane Grappelli.
C’est bien pour cela qu’il s’agit d’un “petit” dictionnaire où l’exhaustivité a été remplacé par le classement subjectif de Jean Buzelin connu par tous pour sa passion pour le jazz, son caractère scientifique et pointilleux, le tout associé à une simplicité et une humilité rare dans ce monde d’amateurs avertis et intransigeants.
Je lui rends donc hommage de s’être ainsi exposé, et, contrairement à nos habitudes de communiquer toutes les réclamations à nos auteurs, nous informons ici, notre aimable clientèle qu’aucun courrier désagréable ne sera retransmis à Monsieur Jean Buzelin.

Patrick Frémeaux & Claude Colombini
Les éditeurs.


Il existe, bien sûr, des dictionnaires du jazz, bien gros et fort documentés. Mais si l’on n’a pas un disque au moins de chacun d’eux, comment reconnaître tous ces musiciens cités ? comment les resituer dans leur époque ? Identifier leur style ? Bref, à quoi ressemble la musique de tel musicien, dont je connais le nom, mais qui ne figure pas dans ma discothèque ?
L’ambition modeste de notre petit dictionnaire sonore est de proposer 80 illustrations musicales à travers une sélection de musiciens parmi les plus connus et importants de l’histoire du jazz de 1921 à 1952.
De Red Allen à Bob Zurke, voilà donc, par ordre alphabétique, 80 noms – même un peu plus avec les duos et associations – essentiels de l’histoire du jazz, depuis ses débuts (la Nouvelle-Orléans, le piano stride, le blues classique…) jusqu’à ses développements les plus modernes (bebop, jazz cool…), c’est-à-dire tout ce qui a fait le jazz sous toutes ses formes et constitue encore, un demi-siècle plus tard, l’essence, l’esprit, la forme, le répertoire de toutes les musiques qui en sont issues.
Pour composer notre petit dictionnaire du jazz, nous avons d’abord cherché à attribuer chaque lettre de l’alphabet à un ou plusieurs noms de musiciens (à l’exclusion des noms de groupe). Si cela s’est révélé aisé pour beaucoup de lettres abondamment pourvues – on ne compte plus tous les Johnson et tous les Smith –, il nous a été absolument impossible de dénicher le moindre représentant des lettres I, U et X, hormis quelque nom obscur non représenté par un disque (ou un solo significatif) personnel. Et si le pianiste Bob Zurke, peu connu du public, se trouve dans notre sélection, c’est parce que c’était le seul possible commençant par un Z ! Mais peut-on concevoir un dictionnaire qui n’irait pas de A à Z ?
Tous les grands noms qui ont marqué le jazz ont évidemment leur place, ceux qui sont entrés définitivement au panthéon de l’histoire comme ceux qui n’ont fait que la traverser, ceux qui, parfois oubliés à présent, furent de grandes vedettes à leur époque et ceux dont l’importance musicale s’est manifestée par la suite.
Il fallait également que tous les genres et toutes les périodes soient représentés : les créateurs de la Nouvelle-Orléans, les premiers musiciens blancs de valeur, les big bands (grands orchestres) noirs et blancs de l’époque Swing, les petites formations, les trios, les pianistes solistes, les chanteurs et chanteuses, le jazz mainstream dans sa quintessence, la rupture du bebop et la continuité des formes classiques, le jazz gai, le jazz poignant, le jazz populaire, le jazz plus difficile, le jazz pour flirter, le jazz pour danser, celui pour écouter, l’un n’empêchant pas l’autre… Pour que notre éventail soit le plus ouvert possible, on trouve, à côté de figures historiques universellement reconnues et appréciées, des noms plus controversés, mais fort populaires en leur temps, qui se situent parfois à la “limite” du jazz (Paul Whiteman, Glenn Miller, Stan Kenton, Dave Brubeck), des musiciens peu connus du grand public mais musicalement importants (Lennie Tristano), de jeunes solistes encore à l’aube de leur carrière (Ray Charles, Dexter Gordon, Milt Jackson, Lee Konitz, Oscar Peterson, Sonny Rollins). Enfin, si nous nous sommes limités aux musiciens américains, nous avons aussi, exceptionnellement, fait jouer l’exception culturelle française ! Bien sûr, pour respecter la diversité des styles, des morceaux, des instruments, il a fallu faire des choix que rendait nécessaires la composition harmonieuse du dictionnaire. Ainsi, parmi les big bands présentés, nous aurions pu inclure ceux d’Erskine Hawkins ou d’Artie Shaw qui méritaient leur entrée, voire celui de Billy Eckstine, chanteur et instrumentiste mo­deste mais qui occupe une place stratégique dans l’histoire ; il nous a coûté d’écarter Jonah Jones, Mary Lou Williams, Jimmy Rushing, Jack Teagarden, Oscar Pettiford, etc. Quant à ceux qui, universellement reconnus, ont peu, ou n’ont pas encore, publiés de disques sous leur nom, vous les découvrirez en parcourant les plages du dictionnaire : les trompettistes Buck Clayton, Charlie Shavers, Howard McGhee, Jonah Jones, Bill Coleman, Chet Baker… les trombonistes Tricky Sam Nanton, Charlie Green, Kai Winding… les clarinettistes Albert Nicholas, Buster Bailey, Omer Simeon… les saxes Herschel Evans, Harry Carney, James Moody, Lucky Thompson… le pianiste John Lewis, le violoniste Joe Venuti, les bassistes Slam Stewart, Jimmy Blanton et Charles Mingus en début de carrière, et tous les merveilleux batteurs qui ont fait l’histoire, Baby Dodds, Jo Jones, Big Sid Catlett, Cozy Cole, Kenny Clarke, Max Roach et, déjà, Art Blakey.
Enfin, le voisinage de l’ordre alphabétique permet des rapprochements amusants, voire audacieux quand se succèdent Miles Davis et Johnny Dodds, tous les Johnson, Konitz et Ladnier, Monk, Morton et Mulligan, Navarro et Noone, Rollins et Bessie Smith… Et si cette cohabitation forcée pouvait servir justement à provoquer les rencontres et à permettre à chacun de découvrir, grâce à toute cette diversité et à ces oppositions, ce qui fait la force, la grandeur, la richesse et, en fin de compte, la spécificité et l’unité du jazz, cette musique créée par les Noirs d’Amérique et désormais transmise à tous ?
Jean Buzelin
ALLEN, Henry “Red” (1908-1967) trompette et chant.
Né à la Nouvelle-Orléans d’un père chef du New Orleans Brass Band, il débute dans divers orchestres locaux et joue sur des riverboats (bateaux à roues) avec notamment Fate Marable (1928-29). En 1927, King Oliver l’appelle à New York où il s’installe et grave ses premiers disques. En 1929-32, il joue dans l’orchestre du pianiste Luis Russell qui accompagne Louis Armstrong, puis en 1933-34 dans celui de Fletcher Henderson. En 1934-37, il se distingue avec succès au sein du Mills Blue Rhythm Band puis rejoint le big band d’Armstrong en 1937-40. À cette date, il forme un sextette qu’il dirigera jusqu’en 1965. Basé à New York, Henry Allen a effectué deux tournées européennes.
Bien qu’il ait longuement fréquenté Louis Armstrong, Red Allen ne l’a jamais imité. En avance sur son époque harmoniquement et rythmiquement, il maîtrise avec hardiesse toutes les techniques et effets de son instrument et développe un jeu lyrique et attachant.
Voir CD Ballad in Jazz, FA 022.
AMMONS, Albert (1907-1949) piano.
Né à Chicago, il est chauffeur de taxi et arrondit ses fins de mois à la fin des années 20 en jouant du piano boogie dans les parties. En 1934-38, il monte un petit orchestre et effectue des tournées. Invité à se produire au Carnegie Hall de New York pour le concert historique “From Spirituals to Swing” en décembre 1938, il joue avec ses confrères Meade Lux Lewis et Pete Johnson et forme avec ce dernier un sensationnel duo de pianos.
Puissant et doté d’une main gauche solide au swing et au tempo intraitables, Albert Ammons représente l’archétype d’un style, le boogie-woogie, qu’il a porté à la perfection.
Voir CD Boogie Woogie Piano, FA 036, Rhythm and Blues, FA 050, Rock ‘n‘ Roll 1938-46, FA 352..
ARMSTRONG, Louis “Pops” ou “Satchmo” (1901-1971) cornet puis trompette et chant.
Ayant appris le cornet dans un foyer d’enfants défavorisés, il reçoit les conseils de King Oliver qu’il remplace, en 1918, dans l’orchestre de Kid Ory. Ayant navigué sur un riverboat avec Fate Marable de 1918 à 1921, il rejoint Oliver à Chicago en 1922 et grave ses premiers disques avec lui l’année suivante. Sa réputation ayant couru jusqu’à New York, il devient la vedette de l’orchestre de Fletcher Henderson (1924-25) et accompagne sur disques les plus grandes chanteuses de l’époque, Bessie et Clara Smith, Ma Rainey, etc. Il retourne à Chicago pour jouer avec sa femme, la pianiste Lil Hardin, et Erskine Tate. En 1925-26, il réunit les Hot Five pour une série d’enregistrements qui vont marquer à jamais le jazz et toute son histoire. Il récidive en 1927 avec les Hot Seven. En 1929, Louis Armstrong devient le leader de l’orchestre de Luis Russell, joue à Broadway, à Harlem, tourne son premier film et parcourt le pays de long en large. Il vient en Europe dès 1932, puis de 1933 à 35, enregistrant et se produisant à Paris à la salle Pleyel. Tout en maintenant son grand orchestre jusqu’en 1942, Satchmo est devenu une immense vedette populaire et apparaît dans de nombreux films et comédies musicales. En 1947, il réunit un All Stars, sextette avec lequel il participe au festival de Nice en 1948 et commence à tourner inlassablement dans le monde entier.
Considéré comme l’une des plus grandes figures musicales du XXe siècle, connu et ad­miré par toutes les générations, Louis Armstrong a été le premier grand soliste du jazz et celui qui demeurera à jamais le symbole de cette musique. Trompettiste à la sonorité éclatante, pleine et chaleureuse, il possède une aisance et une articulation hors du commun. Quant au chanteur, chacun reconnaît sa voix rauque inimitable dès les premières paroles ! Louis Armstrong est le jazz et, bien au-delà, le visage éclatant de toute la communauté afro-américaine.
Voir CD Louis Armstrong, The Quintessence, FA 201 et 221.
À écouter aussi avec King Oliver, Kid Ory, Bessie Smith.
BASIE, William “Count” (1904-1984) piano, chef d’orchestre.
Né dans le New Jersey, le jeune Basie commence à jouer à New York en 1924 puis, en 1928, gagne Kansas City et intègre les orchestres du bassiste Walter Page puis, en 1929, du pianiste Bennie Moten. À la mort de celui-ci, il réunit les meilleurs musiciens de cette formation et bâtit son propre big band. Après des engagements à Chicago en 1936, il gagne New York l’année suivante. C’est le début d’une carrière florissante qui instal­lera l’orchestre parmi les plus belles machines à swing de toute l’histoire du jazz. Hormis une période maigre, vers 1950, où il ne réunit qu’un groupe de six ou huit musiciens, Count Basie remontera en 1952 une grande formation qui triomphe en Europe (Salle Pleyel en 1954) puis sur toutes les scènes du monde entier. À partir des années 60, son orchestre est devenu, à l’égal de celui de Duke Ellington, une véritable institution.
Avec la “meilleure section rythmique du monde” : Freddie Green (g), Walter Page (b), Jo Jones (dm), et son jeu de piano économe et percutant, Count Basie représente le balancement du swing dans son évidence même. Toujours proche des racines et de l’esprit du blues, s’appuyant sur des arrangements qui privilégient les effets de masse, l’orchestre fait découvrir, à la fin des années 30, de merveilleux solistes (Buck Clayton et Harry Edison (tp), Dickie Wells (tb), Earle Warren, Herschel Evans et Lester Young (saxes) et les chanteurs Jimmy Rushing, Billie Holiday puis Helen Humes) qu’encadrent des riffs (petites formules répétitives) destinés à relancer sans cesse la machine et à faire monter la tension.
Voir CD Count Basie, The Quintessence, FA 202, Lester Young, The Quintessence, FA 210 & 233.
À écouter aussi avec Lester Young.
BECHET, Sidney (1891 ou 97-1959) clarinette et saxo soprano.
Durant son adolescence à la Nouvelle-Orléans, Sidney, d’origine créole, joue avec de nombreux orchestres dont ceux des trompettistes pionniers Freddie Keppard et Bunk Johnson, et du pianiste Clarence Williams (1914). En 1916, il joue avec King Oliver puis, en 1919, s’embarque pour l’Europe avec l’orchestre de Will Marion Cook (il joue à Londres et à Paris). Retour à New York et Bechet accompagne des chanteuses et enregistre en 1925 avec Louis Armstrong pour Clarence Williams. En 1925, il traverse à nouveau l’océan avec la fameuse “Revue Nègre” qui lancera Joséphine Baker au Casino de Paris. Durant plusieurs années, il va parcourir l’Europe avant de regagner New York et de devenir membre, plus ou moins régulier, de l’orchestre de Noble Sissle (1932-38). En 1932-33, il organise, avec Tommy Ladnier, les New Orleans Feetwarmers, enregistre avec le clarinettiste Mezz Mezzrow et participe au concert du Carnegie Hall en 1938. En 1939-40, il enregistre avec Jelly Roll Morton et à nouveau Louis Armstrong. Invité au festival de Paris en 1949, il décide de rester en France.
Clarinettiste et, surtout, saxophoniste soprano virtuose doté d’une sonorité puissante et unique, Sidney Bechet fit évoluer la tradition néo-orléanaise pour en faire une musique joyeuse, dansante et accessible à tous. À l’instar des grandes vedettes de la chanson, il fut durant les dix dernières années de sa vie, une véritable idole en France.
Voir CD Sidney Bechet, The Quintessence, FA 206.
À écouter aussi avec Tommy Ladnier.
BEIDERBECKE, Leon “Bix” (1903-1931) cornet.
Il étudie le piano classique durant son enfance avant de se mettre tout seul au cornet à l’âge de 15 ans. Après avoir entendu King Oliver à Chicago en 1921, il forme un orchestre d’étudiants qui devient les Wolverines en 1923. Ils jouent pour la danse, sur les bateaux du lac Michigan et gravent leurs premiers disques en 1924. Il entre dans le grand orchestre de Jean Goldkette où il rencontre Frankie Trumbauer qui joue du saxo­phone en Ut. Les deux musiciens vont s’associer et fréquemment enregistrer ensemble vers 1926/27. Tous les deux entrent chez Paul Whiteman en 1927 où, après la mort de Bix, des suites d’une pneumonie, Frankie restera jusqu’en 1937.
La vie mouvementée et la mort prématurée de Bix Beiderbecke vont faire de lui un personnage légendaire. Avec son jeu doux, raffiné et inspiré, le cornettiste sut échapper à l’emprise de Louis Armstrong pour devenir le premier jazzman blanc original.
Voir CD Bix Beiderbecke, The Quintessence, FA 215.
À écouter aussi avec Paul Whiteman.
BERRY, Leon “Chu” (1910-1941) saxophone ténor.
Ayant débuté en 1929, Chu Berry arrive à New York l’année suivante et joue dans plusieurs orchestres avant de faire partie de quelques-unes des plus grandes formations de l’époque : Benny Carter et Charlie Johnson (1932-33), Teddy Hill (1933-35), Fletcher Henderson (1935-37) et Cab Calloway (de 1937 à sa mort due à un accident de voiture). Son expérience de soliste de big bands ne l’empêche pas de participer à de nombreuses séances en petites formations sous la direction de Red Allen, Teddy Wilson, Count Basie, Lionel Hampton et autres.
Si, comme tous les ténors, son style part de Coleman Hawkins, il développe un jeu souvent véhément, plus volubile, au vibrato serré, conduisant un discours nerveux, tendu, swinguant, constamment inspiré et équilibré avec une maîtrise parfaite de la sonorité. À côté d’Hawkins et de Lester Young, on considère Chu Berry comme le troisième très grand saxo ténor de l’avant-guerre.
Voir CD Roy Eldridge, The Quintessence, FA 231, Jazz, 36 Masterpieces2, FA 059).
À écouter aussi avec Cab Calloway, Lionel Hampton, Fletcher Henderson.
BIGARD, Albany “Barney” (1906-1980) clarinette et saxophone ténor.
Originaire de la Nouvelle-Orléans, il débute au saxophone dans sa ville natale auprès d’un clarinettiste fameux, Albert Nicholas. En 1924 il est à Chicago auprès de King Oliver, en 1927-28 avec Luis Russell avant d’intégrer l’orchestre de Duke Ellington dont il deviendra l’un des principaux solistes jusqu’en 1942. De 1947 à 1955, il est le parte­naire de Louis Armstrong. Il monte un petit groupe puis joue un peu partout, retrouvant Satchmo en 1960/61.
Prolongeant les grands clarinettistes louisianais, Lorenzo Tio Jr, Jimmie Noone et Buster Bailey, Barney Bigard possède une superbe sonorité sur un instrument qu’il maîtrise avec une rare élégance, alternant le moelleux dans les médiums et les graves ou attaquant avec tranchant dans les aigus. Il demeure l’un des grands “classiques”de la clarinette.
Voir CD Duke Ellington, The Quintessence, FA 204 & 236, Plaisir d’Ellington, FA 170.
À écouter aussi avec Duke Ellington, Rex Stewart, Ben Webster, Cootie Williams.
BOLLING, Claude (né en 1930) piano, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.
Musicien de formation classique, il remporte un concours d’amateurs en 1944 et, l’année suivante, forme un petit orchestre et, dès 1948, accompagne de nombreux musiciens américains en France : Roy Eldridge, Rex Stewart, Albert Nicholas, Lionel Hampton, etc. Il constitue son premier big band en 1955. Se produisant en club, en concert, à la radio, à la TV tant en trio qu’avec son grand orchestre depuis près de 50 ans, Claude Bolling a également une intense activité de compositeur de musiques de films, de télévision et de chanson, et a obtenu une audience internationale, en particulier aux Etats-Unis, pour ces œuvres de crossover music, suites écrites pour de grands solistes classiques.
Pianiste brillant et de grande tradition, il a su parfaitement assimiler les apports d’Earl Hines comme d’Art Tatum ou de Teddy  Wilson. Mais c’est de Duke Ellington qu’il se rapproche le plus, surtout dans son travail d’écriture orchestrale. De par ses diverses activités et sa grande notoriété, Claude Bolling est l’un des grands vulgarisateurs du jazz en France.
Voir CD Claude Bolling Live at the Méridien, FA5042, Rolling with Bolling, FA 5029.
BRUBECK, Dave (né en 1920) piano, compositeur.
Après des études musicales classiques auprès de Darius Milhaud et d’Arnold Schoenberg, Dave Brubeck fonde un octette expérimental en 1946. Il joue ensuite en trio (1949) puis constitue en 1951 avec le saxophoniste Paul Desmond, son partenaire depuis les débuts, un quartette qui connaîtra une immense et mondiale célébrité avec Take Five en 1959. Après la dissolution du groupe en 1967, il joue avec Gerry Mulligan (1968) puis avec ses fils à partir de 1972.

Pianiste guère apprécié des amateurs, Dave Brubeck est avant tout un compositeur original qui a su habilement utiliser le contrepoint, la fugue, le rondo et autres formes classiques dans l’univers du jazz.
Voir CD Cool Jazz, FA 179.
BYAS, Carlos “Don” (1912-1972) saxophone ténor.
Né d’un père espagnol et d’une mère Cherokee, Don Byas débute à Kansas City à la fin des années 20 auprès de Bennie Moten et de Walter Page. Il joue ensuite avec Lionel Hampton en Californie (1935) puis, à partir de 1937, dans diverses formations new-yorkaises. Mais il retrouve le parfum de Kansas City auprès d’Andy Kirk (1939) puis de Count Basie chez qui il remplace Lester Young de 1941 à 43. Il fréquente la 52e Rue à New York où se forgent les nouvelles tendances du jazz et fait partie du premier quintette de Dizzy Gillespie (1944) avant de connaître le succès avec Laura. Il enregistre beaucoup, puis, venu en Europe avec Don Redman et séduit par le bon vin, s’installe définitivement sur le Vieux Continent.
Armé d’une technique accomplie, doté d’une sonorité enveloppante et voluptueuse et pourvu d’un sens mélodico-harmonique très sûr, Don Byas est un ténor lyrique extrêmement séduisant qui se situe exactement au point de convergence entre le classi­cisme et la modernité.
Voir CD Erroll Garner, The Quintessence, FA 229.
CALLOWAY, Cab (1907-1994) chanteur, comédien et chef d’orchestre.
Ayant pris la tête de l’orchestre des Missourians en 1928, Cab Calloway obtient un véritable tube en 1931 avec Minnie The Moocher qui popularise ses onomatopées délirantes. Son orchestre fait alors les beaux jours du Cotton Club de Harlem avant de tourner en Europe en 1934. Jusqu’en 1948, il dirigera avec un rare sens du spectacle son big band qui comprendra de fameux solistes tels que Dizzy Gillespie et Jonah Jones (tp), Ben Webster, Chu Berry puis Ike Quebec (ts) et le grand batteur Cozy Cole. Se tournant ensuite vers la comédie musicale, il devient l’un des principaux interprètes de “Porgy and Bess”, l’opéra de George Gershwin (1952-54). Il tourne des films dont “Blues Brothers” qui relance sa carrière dans le monde entier.
Avant tout amuseur excentrique et showman irrésistible aux tenues invraisemblables, véritable inventeur du style zazou, Cab Calloway fut l’un des grands personnages du monde musical noir amé­ricain.
Voir CD Cab Calloway, FA 5014, Cotton Club, FA 074.

CARTER, Benny (né en 1907) saxophone alto, clari­nette, trompette, arrangeur et chef d’orchestre.

L’un des rares musiciens à avoir vécu toute l’histoire du jazz, Benny Carter débuta en 1925 puis forma son premier orchestre en 1928. En 1929-31, il travaille avec Fletcher Henderson et Chick Webb, en 1931-32, il dirige les McKinney’s Cotton Pickers et les Chocolate Dandies avant de monter en 1933 son propre big band tout en continuant à fournir des arrangements pour d’autres orchestres. Il tente l’aventure européenne en 1935 et devient même le chef d’orchestre du Bœuf sur le Toit à Paris, où il enregistre avec Django Reinhardt, Alix Combelle, Coleman Hawkins, etc. De retour à New York, il dirige l’orchestre du Savoy et enregistre beaucoup. Installé en Californie à partir de 1943, il écrit des musiques pour le cinéma et la télévision tout en participant régulièrement à des tournées internationales.
Avec ses talents, sa culture, son expérience et son sens de l’écriture, en particulier dans le domaine des sections de saxophones, Benny Carter a beaucoup apporté au jazz et à son évolution. Mais il ne faut pas oublier que, maîtrisant parfaitement divers instruments, il est également, avec Johnny Hodges, l’un des grands altistes du jazz classique, conjuguant la rigueur avec le sens de la note juste et de la phrase chantante.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces, FA 016.
Ici avec Coleman Hawkins, à écouter aussi son arrangement pour Chick Webb.
CHARLES (Robinson), Ray (né en 1930) chant, piano, saxophone alto, chef d’orchestre.
Ayant perdu la vue à 7 ans, le petit Ray apprend la musique dans un institut pour aveugles avant de se produire très tôt dans sa région natale, la Géorgie. En 1948, on le retrouve à Seattle où il monte le Maxin Trio sur le modèle du King Cole Trio. Influencé également par le populaire chanteur-pianiste Charles Brown, il se tourne de plus en plus vers le blues, accompagne les chanteurs Lowell Fulson (1950), Big Joe Turner, Guitar Slim… avant de former, en 1953, un orchestre qui va progressivement s’imposer dans le circuit du rhythm and blues. Il est le premier à mêler avec succès le blues, le gospel et le jazz et triomphe en 1954 avec I Got A Woman. Puis il étoffe son orchestre, y ajoute un chœur féminin, les Raelets et récolte un succès mondial en 1959 avec What d’I Say. Il effectue sa première tournée européenne en 1960 puis met sur pied un big band avec lequel il écume, depuis, les plus grandes scènes de la planète.
Avec sa voix tragique et douloureuse aux intonations déchirantes, et reconnaissable entre toutes, Ray Charles, également excellent pianiste, est reconnu comme l’une des plus grandes voix du XXe siècle, qu’il chante des blues, de la country music, des standards de la grande variété américaine ou des airs pop à succès.
CHRISTIAN, Charlie (1916 ou 19-1942) guitare.
S’essayant sur divers instruments avant de choisir la guitare, Charlie Christian quitte son Texas natal pour circuler dans tout le Midwest. En 1937, jouant dans l’orchestre d’Alphonso Trent, il est l’un des premiers à expérimenter la guitare électrique. Remarqué par le critique et producteur John Hammond qui va bientôt organiser ses désormais célèbres concerts du Carnegie Hall de New York (où Christian se produira en 1938), il est engagé en 1939 par Benny Goodman, enregistrant abondement avec les formations mixtes (blancs et noirs) du clarinettiste ainsi qu’avec Lionel Hampton. En dehors de son travail régulier avec Goodman, Charlie Christian est un pilier des jam sessions du Minton’s dans la 52e Rue, élaborant avec Thelonious Monk, Dizzy Gillespie, Don Byas, Kenny Clarke, etc., des nouvelles formes qu’il n’aura pas le temps d’expérimenter longtemps, victime très jeune de la tuberculose.
Malgré une carrière très courte, Charlie Christian a eu le temps de mettre en place un langage élaboré et quasi définitif sur cet instrument encore jeune dans le jazz qu’était la guitare électrique. Avec un phrasé époustouflant, une articulation particulièrement précise, un sens remarquable de l’équilibre, une sonorité parfaitement maîtrisée et, par-dessus tout, un jeu d’une audace mélodique et harmonique rare, il demeure sur son instrument le modèle de tous les guitaristes venus après lui.
Voir CD Charlie Christian, The Quintessence, FA 218.
À écouter avec Benny Goodman.

COLE, Nat “King” (1917-1965) piano et chant.

En 1936, il joue dans l’orchestre de son frère Eddie puis se produit en solo en Californie. C’est en 1939 qu’il forme, avec notamment le guitariste Oscar Moore, son King Cole Trio dont la formule (piano-guitare-contrebasse) fera son succès et inspirera de nombreux trios du même genre : Art Tatum, Charles Brown, Oscar Peterson, Ray Charles, etc. En 1940, Lionel Hampton les rejoint pour quelques disques, premier des invités que le Trio accueillera entre ses passages en clubs, ses émissions de radio et ses tournées internationales jusqu’en 1956. Devenu une véritable star hollywoodienne, Nat King Cole délaisse le jazz et son piano pour privilégier sa carrière de chanteur de charme sur les scènes de Broadway et les dans les hôtels de Las Vegas.
S’il eut beaucoup de succès avec sa voix de crooner suave et embrumée, Nat King Cole reste dans l’histoire comme un superbe pianiste nourri des apports d’Earl Hines et de Teddy Wilson, et qui ne sera pas sans influence  par son apparente décontraction et son sens de l’espace et de la respiration.
Voir CD Nat King Cole, The Quintessence, FA 208 & 227.

DAMERON, Tadd (1917-1965) piano, compositeur et arrangeur.

Il débute en 1938 avec le trompettiste Freddie Webster puis on le retrouve, entre 1942 et 45, pianiste et arrangeur dans l’orchestre d’Harlan Leonard. À New York, il écrit pour Charlie Parker, Dizzy Gillespie, joue avec le chanteur fantaisiste Babs Gonzales et forme un quintette en 1948 avec Fats Navarro. Il participe, avec Miles Davis, James Moody et Kenny Clarke, au festival de Paris 1949, joue en 1951-52 avec le saxophoniste-chanteur Bull Moose Jackson puis monte un nonette en 1953 avec le trompettiste Clifford Brown. Il se consacra ensuite essentiellement à la composition et à l’arrangement.
Pas toujours reconnu à sa valeur car il ne dirigea jamais longtemps d’orchestre régulier, Tadd Dameron sut profiter des acquis laissés par Duke Ellington et Sy Oliver pour élaborer un nouveau type d’arrangements pour les big bands bebop.
Voir CD Kenny Clarke, The Quintessence, FA 235, Cool Jazz, FA 179.
À écouter avec Fats Navarro.
DAVIS, Miles (1926-1991) trompette.
Ayant appris la trompette à 13 ans, Miles Davis commence à se produire vers 1941-43. En 1944, le chanteur Billy Eckstine, de passage à St-Louis avec son big band qui comprend dans ses rangs Charlie Parker et Dizzy Gillespie, l’engage pour quelques concerts. Il retrouve tout ce beau monde, plus Coleman Hawkins, Benny carter, Thelonious Monk… à New York en 1945. À partir de cette date et jusqu’en 1948, il joue et enregistre avec Charlie Parker puis met sur pieds un nonette à l’instrumentation inhabituelle dont les arrangements, qui préfigurent le jazz cool, sont confiés à Gil Evans, Gerry Mulligan ou John Lewis. En 1949, il joue à Paris avec le Tadd Dameron/Kenny Clarke Quintet puis enregistre à New York en différentes compagnies. En 1955, Miles forme un quintette dans lequel figure le jeune saxophoniste John Coltrane. En 1957, il enregistre à Paris la musique du film “Ascenseur pour l’Échafaud“. Au début des années 60, il réalise plusieurs disques avec des grandes formations dirigées par Gil Evans et prend la tête d’un quintette qui verra défiler dans ses rangs au fil des années des musiciens à l’aube de belles carrières : Cannonball Adderley, Wayne Shorter, Sam Rivers (sax), Bill Evans, Herbie Hancock, Chick Corea, Joe Zawinul, Keith Jarrett (claviers), Ron Carter, Dave Holland (basse), Tony Williams, Jack De Johnette (batterie), etc. Se tournant vers le jazz rock, il élargit son public en se produisant dans les grands festivals. Après une retraite de six ans, il réapparaît avec un succès jamais démenti au cours des années 80.
Avec une sonorité étrange, feutrée, voilée et particulièrement prenante lorsqu’il utilise la sourdine, Miles Davis, avec ses limites techniques, a su créer un climat unique, fait d’envolées et de silences qui ont séduit de nombreux musiciens et amateurs. Toujours à l’écoute des sons de son temps, il est passé avec une égale réussite par tous les genres musicaux qui ont traversé la seconde moitié du XXe siècle : bop, cool, néo-bop, free rock, fusion, etc.
Voir CD Miles Davis, The Quintessence, FA 238, Cool Jazz, FA 179.
À écouter aussi avec Lee Konitz.
DODDS, Johnny (1892-1940) clarinette.
Né à la Nouvelle-Orléans, il joue beaucoup avec Kid Ory durant les années 10 avant de se retrouver, avec son frère, le grand batteur Baby Dodds, à Chicago en 1920 avec King Oliver. En 1924, il fait partie de l’orchestre du tromboniste Honoré Dutrey avant de monter sa propre formation qu’il dirigera jusqu’en 1938. En 1925-27, il est de l’aventure discographique des Hot Five et Hot Seven de Louis Armstrong et enregistre également avec Jelly Roll Morton, la pianiste Lovie Austin et des chanteuses. En 1938, il enregistre à New York avec le trompettiste Charlie Shavers puis regagne Chicago où il retrouve son frère.
Spécialiste de l’improvisation collective telle qu’on la pratique à la Nouvelle-Orléans, Johnny Dodds tisse, avec sa sonorité sèche et dure, de superbes contrepoints aux parties de cornet et de trombone. C’est un merveilleux interprète de blues.
Voir CD Jazz New Orleans, FA 039, Chicago South Side, FA 5031.
À écouter aussi avec King Oliver, Kid Ory.
DORSEY, Tommy (1905-1956) trombone, chef d’orchestre.
Vers 1925, il monte des petits groupes avec son frère Jimmy, saxophoniste et commence à enregistrer. Après quelques passages dans différents orchestres, il rejoint celui de Paul Whiteman (1927-28) avant de former le Dorsey Brothers’ Orchestra en compagnie des meilleurs musiciens blancs de l’époque. D’abord formation de studio, l’orchestre commence à se produire régulièrement à partir de 1934. L’année suivante, Tommy se sépare de son frère et monte un nouveau big band qu’il maintiendra jusqu’en 1950. C’est dans ses rangs que se révèle Frank Sinatra, promis à une brillante carrière de chanteur et d’acteur. Très populaire aux Etats-Unis durant la vogue Swing, l’orchestre joue dans les plus grands hôtels, à la radio et dans des films. En 1953, Tommy retrouvera Jimmy pour une dernière mouture des Dorsey Brothers.
Très bon technicien qui conjugue habilement les apports noirs comme blancs, Tommy Dorsey s’offrit les services d’excellents arrangeurs noirs comme Sy Oliver pour son big band.
Voir CD Ballads in Jazz, FA 022, Swing Era Big Band, FA 078.
À écouter aussi avec Ethel Waters.  

ELDRIDGE, Roy (1911-1989) trompette.

Ses débuts professionnels datent de 1927, année où il monte son premier ensemble à Pittsburgh. En 1928, il joue chez Horace Henderson puis, en 1930 à New York, dans divers orchestres. Avec son frère Joe, saxophoniste, il dirige un groupe en 1933 puis se fait remarquer dans quelques big bands de renom :  McKinney’s Cotton Pickers (1933), Teddy Hill (1934-35), Fletcher Henderson (1935-36) avant de diriger sa propre grande formation de 1937 à 41. Il est ensuite engagé comme guest star par les chefs d’orchestres blancs Gene Krupa (1941-43 et 49) et Artie Shaw (1944-45) avant d’entammer des tournées dont l’une, avec Benny Goodman, l’amène à Paris en 1950. Devenu soliste reconnu et invité sur toutes les scènes, il co-dirige un quintette avec Coleman Hawkins en 1952 et accompagne Ella Fitzgerald de 1963 à 65.
Doté d’un tempérament bouillonnant, Roy Eldridge est un véritable cascadeur de la trompette capable de prendre tous les risques en passant sans transition des graves aux suraigus. Trompettiste majeur de l’histoire du jazz, on le situe comme étant le chaînon qui relie Louis Armstrong à Dizzy Gillespie.
Voir CD Roy Eldridge, The Quintessence, FA 231.
À écouter aussi avec Chu Berry, Fletcher Henderson.

ELLINGTON, Edward “Duke” (1899-1974) piano, compositeur et chef d’orchestre.

Né à Washington, il suit des études artistiques avant de choisir la musique en 1918. En 1924, il rassemble ses premiers Washingtonians [Arthur Whetsol (tp), Otto Hardwicke (as), Sonny Greer (dm)…] qui constitueront l’ossature de son futur orchestre, lequel s’étoffe en 1925-27 avec l’arrivée de Bubber Miley (tp) et Tricky Sam Nanton (tb), spécialistes de la sourdine wa-wa et grands artisans de la période jungle. En 1927, l’orchestre est engagé au célèbre Cotton Club où il restera jusqu’en 1931. En 1933, il donne ses premiers concerts à Londres et à Paris. Durant cette décennie, Duke Ellington met au point des formules concertantes qui mettent en valeur ses solistes : Cootie Williams et Rex Stewart (tp), Johnny Hodges (as), Harry Carney (bs), Barney Bigard (cl), etc., qu’il accompagne sur leurs disques en petite formation. Après sa rencontre avec l’arrangeur Billy Strayhorn, l’orchestre expérimente de nouvelles formes tout en s’inscrivant dans l’ère du Swing et faisant découvrir de nouveaux solistes comme Ray Nance (tp, vln), Ben Webster (ts) ou l’extraordinaire Jimmy Blanton (b), mort hélas trop tôt. Les années 40 sont celles où le Duke commence à écrire ses grandes suites orchestrales qui fourniront les morceaux de choix de ses concerts dans le monde entier avant qu’il n’aborde le domaine de la musique sacrée.
Duke Ellington a réussi la gageure d’inventer et de faire connaître partout une musique à la fois savante et popu­laire qui représente, en quelque sorte, la synthèse admirable de tout l’art musical afro-américain, des sonorités brutes et sombres du blues aux arrangements complexes et sophistiqués. Son big band, qui comprit dans ses rangs quelques-uns des plus grands solistes du jazz et qui, tous, ont enrichi une pa­lette sonore flamboyante, reste le modèle inimitable vers lequel tout chef d’orchestre et tout arrangeur se tourne. Avec Louis Armstrong, Duke Ellington est considéré comme le plus grand musicien de jazz.
Voir CD Duke Ellington, The Quintessence, FA 204 & 236, Plaisir d’Ellington, FA 170, Johnny Hodges, The Quintessence, FA 216.
À écouter aussi avec Barney Bigard, Johnny Hodges, Ben Webster, Cootie Williams.
FITZGERALD, Ella (1918-1996) chant.
À 16 ans, elle remporte un concours d’amateurs à Harlem et est engagée en 1935 par Chick Webb comme chan­teuse. Avec des thèmes à succès, elle devient la véritable vedette de l’orchestre jusqu’à la mort du chef en 1939. Elle prend alors la direction du big band qu’elle maintiendra jusqu’en 1942. Sa célébrité augmente bientôt sur scène comme sur disques où elle chante avec les vedettes de l’époque, les Ink Spots, Louis Jordan, Dizzy Gillespie, etc. Elle entame alors une carrière de concer­tiste et donne des récitals dans le monde entier, accompagnée par des trios que dirigent des pianistes comme Oscar Peterson, Hank Jones ou Tommy Flanagan, ce qui ne l’empêche pas de se produire dans les festivals et d’enregistrer avec Louis Armstrong, Duke Ellington ou Count Basie.
Dotée d’un registre vocal très étendu, d’un timbre frais, presque enjoué, et d’une technique accomplie qui lui permet  toutes les audaces, elle déploie des dons d’improvisatrice rares dans son domaine, utilisant notamment le scat (onomatopées) qui contribue à l’installation d’un swing irrésistible. Ella Fitzgerald reste la chanteuse la plus populaire de l’histoire du jazz.
Voir CD Ella Fitzgerald, FA 232, Chick Webb, The Quintessence, FA 214.
Ici avec l’orchestre de Bob Haggart.
GARNER, Erroll (1921-1977) piano.
Enfant, il apprend à jouer d’oreille et, après quelques expériences locales, il effectue ses premiers enregistrements en solo à New York en 1944 avant de remplacer l’année suivante Art Tatum dans le célèbre trio que dirige à présent le bassiste Slam Stewart. Il forme bientôt son propre trio, a l’occasion d’enregistrer avec Charlie Parker en 1947, et est invité au festival de Paris en 48. Le succès arrive très vite et Garner travaille rapidement pour son propre compte, multipliant, accompagné par deux ou trois accompagnateurs discrets, les récitals sur les scènes et les chaînes de télévision du monde entier.
Apprécié par un très large public qui dépasse de loin les amateurs de jazz, Erroll Garner est un pianiste que l’on reconnaît entre tous avec ses deux mains légèrement décalées qui produisent un swing naturel et contagieux. Improvisateur intarissable, il parsème son jeu de nombreuses formules, tant rhapsodisantes qu’humoristiques, qui s’inscrivent dans son discours avec autant de logique que de spontanéité.
Voir CD Erroll Garner, The Quintessence, FA 229.
À écouter aussi avec Don Byas.
GETZ, Stan (1927-1991) saxophone ténor.
Il débute à l’âge de 15 ans à New York avant d’être engagé en 1943 par le tromboniste Jack Teagarden. Il joue ensuite dans différents orchestres dont celui de Stan Kenton et, installé sur la côte Ouest en 1947, il entre dans l’orchestre de Woody Herman, lequel constitue ses Four Brothers, quatre ténors dont Jimmy Giuffre au début et Zoot Sims. Son solo sur Early Autumn en 1948 l’installe à la pre­mière place du jazz cool. En 1949, il forme un quartette qui tourne longuement en Scandinavie en 1951. Après une carrière qui se partage des deux côtés de l’Atlantique, Stan Getz obtient, en 1961, un énorme succès en mêlant le jazz à la bossa nova. Puis, entouré souvent de jeunes musiciens américains ou européens, il sera l’une des grandes vedettes du jazz à se produire dans tous les grands festivals.
Grand styliste du saxophone ténor qui conjugue les apports du bebop à la sonorité de Lester Young, Stan Getz séduit par ses idées et facilités mélodiques et par son jeu souvent tendre et feutré qu’il sait aussi rendre plus rude.
Voir CD Stan Getz, The Quintessence, FA 239, Cool Jazz, FA 179.
À écouter aussi avec Woody Herman.

GILLESPIE, John “Dizzy” (1917-1993) trompette, chant, compositeur et chef d’orchestre.

Après avoir pris de cours de trompette, il entre à 18 ans dans l’orchestre de Teddy Hill avec lequel il vient en Europe en 1937 (à Paris au Moulin Rouge). En 1939-41 il est avec Cab Calloway et en 1942-43 avec Earl Hines chez qui il rencontre Charlie Parker, Sarah Vaughan et Billy Eckstine qu’il suit lorsque le chanteur monte son propre big band en 1944. En 1945, Dizzy est de toutes les réunions improvisées du Minton’s et des clubs de la 52e Rue de New York en compagnie de Parker, Bud Powell, Milt Jackson, des bassistes Oscar Pettiford et Ray Brown, et du batteur Max Roach. Il enregistre avec son quintette les premières faces historiques du bebop. En 1946, il tente, avec l’aide de l’arrangeur Gil Fuller, l’aventure d’un grand orchestre bop qu’il pré­sente en Europe en 1948. Malgré ces concerts mémorables, Dizzy doit dissoudre son big band en 1950 et ne dirige plus que de petites formations qu’il emmène dans des tournées avec succès, reconstituant occasionnellement un big band lors de quelque grand festival et effectuant de nombreux enregistrements au sein des compagnies les plus diverses.
Personnage haut en couleur des scènes du jazz où il stupéfiait le public lorsqu’il gonflait ses joues pour faire jaillir des sons inouïs de sa trompette coudée avec une rapidité confondante, c’était aussi un chanteur très drôle qui prolongeait Cab Calloway. Dizzy Gillespie a aussi été le premier à injecter les rythmes afro-cubains dans le jazz et le bebop. Virtuose d’exception, il a su, grâce à son sens de la communication, rendre accessibles des musiques difficiles, jouant, avec un succès presque égal, un rôle comparable à celui de Louis Armstrong vingt ans avant.
Voir CD Dizzy Gillespie, The Quintessence, FA 224,    Charlie Parker, The Quintessence, FA 225..
À écouter aussi avec Charlie Parker.
GOODMAN, Benny (1909-1986) clarinette, chef d’orchestre.
Débute à 13 ans à Chicago où il fréquente le milieu des jeunes musiciens blancs. En 1925, il joue avec Ben Pollack qu’il suit en 1928 à New York. Membre du groupe du trompettiste Red Nichols en 1929, il commence également à travailler pour la radio et les théâtres. C’est en 1934 qu’il monte son grand orchestre qui devient rapidement très populaire et lancera la Swing Era. Jusqu’en 1941, il saura s’entourer des meilleurs arrangeurs comme Fletcher Henderson et de solistes noirs et blancs de premier ordre comme Harry James et Cootie Williams (tp), Johnny Guarnieri (p), Charlie Christian (g), Dave Tough et Gene Krupa (dm). Avec ce dernier, Lionel Hampton et Teddy Wilson, il constitua l’une des premières formations mixtes à se produire sur les scènes nord-américaines. Il se produit au Carnegie Hall en 1938. Après la guerre, il tente de remonter son big band (1945-50), mais la vogue du Swing et des grandes formations est passée. Il devient alors l’un des ambassadeurs du jazz, se produisant notamment en URSS dès 1962.
Remarquable technicien influencé par Sidney Bechet, Barney Bigard et Buster Bailey, il imposa un jeu de clari­nette soliste très pur mais non dépourvu d’attaque. C’était également un très bon conce­rtiste de musique classique.
Voir CD Charlie Christian, The Quintessence, FA 218, Lionel Hampton, The Quintessence, FA 211, Swing Era Big Bands, FA 078.
À écouter aussi avec Charlie Christian.
GORDON, Dexter (1923-1990) saxophone ténor.
Il apprend le ténor à 15 ans et, au début des années 40, entre chez Lionel Hampton. Trois ans après, il fait un pas­sage dans celui de Louis Armstrong puis, en 1944, rejoint les futurs boppers de l’orchestre de Billy Eckstine. Présent sur la côte Ouest en 1945, il joue avec Charlie Parker et Miles Davis et forme son premier quartette. Il enregistre avec Dizzy Gillespie, Fats Navarro, J.J. Johnson, Tadd Dameron, et forme un fameux duo de ténors avec Wardell Gray en 1947. Après une décennie plus calme, il réapparaît en 1960 et s’ins­talle au Danemark deux ans plus tard. Malgré quelques retours périodiques aux Etats-Unis, l’Europe restera son port d’attache. Dexter Gordon est la vedette du film “Autour de Minuit” de Bertrand Tavernier.
Avec une sonorité chaleureuse, il conjugue le jeu viril de Coleman Hawkins avec celui plus décontracté de Lester Young. Il est l’un des premiers grands ténors du bebop.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces 2, FA 059, Bud Powell, Budd Powell,, The Quintessence, FA 234, Birth of Be Bop, FA 046.
Également aux côtés d’Illinois Jacquet avec Lionel Hampton.
HAMPTON, Lionel (1909-2002) vibraphone, batterie, piano, chant, chef d’orchestre.
Sa carrière fut particulièrement longue puisque, originaire du Kentucky, il jouait déjà dans un orchestre à Chicago en 1920. Il suit des cours de musique en Californie dans les années 20, chante dans un disque dès 1929 et, l’année suivante, alors qu’il joue de la batterie dans l’orchestre du saxophoniste Les Hite, il enregistre son premier solo de vibraphone derrière Louis Armstrong. Il forme son premier groupe à Hollywood avant d’être recruté par Benny Goodman en 1936. Jusqu’en 1940, il réalise de nombreux  disques avec les plus grands solistes qui constituent la quintessence du jazz mainstream en petite et moyenne formation. Au début des années 40, il monte un big band torride dont le succès auprès de la communauté noire va entraîner la vogue du rhythm and blues. Dans cet orchestre qui chauffe les salles, vont défiler des musiciens comme Joe Newman, Cat Anderson, Clifford Brown, Quincy Jones (tp), Earl Bostic (as), Illinois Jacquet et Arnett Cobb (ts), Milt Buckner (p, arr) ainsi que Wes Montgomery (g) et Charles Mingus (b) à leurs débuts. Il tourne beaucoup, notamment en France où il enregistre souvent et maintiendra jusqu’à un âge canonique un orchestre qui fera le bonheur des festivals du monde entier.
Batteur spectaculaire, véritable inventeur du vibraphone dans le jazz, Lionel Hampton est d’abord un des plus grands swingmen que cette musique ait donné. Son orchestre, toujours sous tension et qu’il dirigeait sans le moindre temps mort, déchaînait littéralement les foules.
Voir CD Lionel Hampton, The Quintessence, FA 211.
À écouter aussi avec Louis Armstrong, Illinois Jacquet.
HAWKINS, Coleman (1904-1969) saxophone ténor.
Lorsque le jeune Coleman choisit le saxophone ténor à l’âge de 9 ans pour étudier la musique classique, tout reste encore à inventer sur cet instrument dans le jazz. Il s’y met pourtant et, dès 1920, il joue à Kansas City avant d’accompagner en tournée la chanteuse Mamie Smith, grande vedette de l’époque (1922-23). En 1922, lorsque Fletcher Henderson, à New York, essaie de constituer le premier grand orchestre noir, il est déjà dans le coup et, jusqu’en 1934, c’est lui qui, au sein de l’orchestre, fera véritablement découvrir son instrument à tous, public et jeunes musiciens qui vont s’empresser de suivre ses traces. Sa renommée traverse l’Atlantique et il est même engagé par le chef d’orchestre anglais Jack Hylton. Resté en Europe, il aura l’occasion de jouer un peu partout en soliste jusqu’en 1939 où il regagne les Etats-Unis. Il monte un orchestre et, en 1944, n’hésite pas à jouer avec de jeunes musiciens comme Dizzy Gillespie, Thelonious Monk, Fats Navarro, Max Roach ou Milt Jackson. À partir de 1946, il effectue de nombreuses tournées (festival de Paris 49).
Premier soliste important au ténor, il imposa une sonorité pleine, rude et riche et en même temps souple et chantante. Très lyrique et rhapsodisant sur les ballades, il savait jouer avec force sur les morceaux rapides qu’il enlevait avec beaucoup de générosité. Coleman Hawkins, qui demeure l’un des Grands du jazz, exerça évidemment une influence considérable sur la plupart des grands saxophonistes ténors : Chu Berry, Herschel Evans, Ben Webster, Don Byas… jusqu’à Sonny Rollins et Archie Shepp.
Voir CD Coleman Hawkins, The Quintessence, FA 213.
À écouter aussi avec Benny Carter.
HENDERSON, Fletcher (1897-1952) piano, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.
Il apprend le piano à 6 ans et, en 1920, il est déjà l’un des musiciens importants de New York. Dès 1921, il accompagne Ethel Waters et de multiples chanteuses de blues. En 1924, il a réuni son premier big band qu’il fera tourner pendant dix ans. Puis il fournit des orchestrations à nombre de big bands blancs (Goodman, Dorsey, etc.) et peut reformer son orchestre en 1936. En 1939, il travaille essentiellement avec Benny Goodman et tentera plusieurs fois durant les années 40 de reconstituer son big band. Les plus grands solistes du jazz “classique”firent, un moment ou un autre, partie de son orchestre : Louis Armstrong, Tommy Ladnier, Rex Stewart, Roy Eldridge, Red Allen (tp), Charlie Green, Jimmy Harrison, Dickie Wells, J.C. Higginbotham (tb), Coleman Hawkins, Benny Carter, Chu Berry, Buster Bailey, Ben Webster (anches), John Kirby (b), Kaiser Marshall, Cozy Cole (dm).
Avec la complicité de Don Redman, saxophoniste et, surtout, premier grand arrangeur du jazz, il a véritablement créé le langage du grand orchestre bâti sur quatre sections : trompettes, trombones, saxophones et rythmique, tel qu’il sert encore de modèle de nos jours. Bon pianiste et arrangeur, son frère Horace Henderson collabora souvent avec lui.
Voir CD Fletcher Henderson, The Quintessence, FA 219, Coleman Hawkins, The Quintessence, FA 213.
À écouter aussi avec Bessie Smith.

HERMAN, Woody (1913-1987) clarinette, saxophone soprano et alto, chant, chef d’orchestre.

Ayant appris le saxophone à 11 ans, il joue dans diverses formations à partir de 1928, d’abord dans le Milwaukee puis à Brooklyn. C’est là qu’il forme son premier grand orchestre qui obtient un certain succès à la fin des années 30. L’ère du Swing étant passée, il monte en 1946 un nouveau big band qu’il baptise The Second Herd et qui pré­sente la particularité d’aligner quatre saxophones ténors, les Four Brothers. Installé en Californie en 1947, l’orchestre crée l’Ebony Concerto qu’Igor Stravinsky a spécialement composé pour lui. En 1949, Herman passe à la petite formation puis reforme un Third Herd de 1955 à 1959. Mais il a du mal à garder son personnel et, à partir des années 60, il n’engage plus que de jeunes musiciens issus des orchestres universitaires.
Woody Herman, qui dirigea peut-être le meilleur big band blanc de l’époque, n’a jamais obtenu le succès commercial de ses concurrents. Toujours disponible pour les expérimentations, il est passé du swing au bebop et a permis à de nombreux solistes de se révéler.
Voir CD Stan Getz, The Quintessence, FA 239, Cool Jazz, FA 179, Swing Era Big Bands, FA 078, Birth of Be Bop, FA 046.

HINES, Earl “Fatha” (1903-1983) piano, chef d’orchestre.

Il commence par jouer du cornet avant de se mettre au piano à partir de 9 ans. Il fait ses débuts professionnels en 1922 à Pittsburgh puis circule un peu avant d’atterrir à Chicago. Dès 1927, il enregistre avec Louis Armstrong avec les seconds Hot Five puis joue en 1928 avec Jimmie Noone. Il forme la même année un grand orchestre qu’il maintiendra à Chicago jusqu’en 1947, année où il rejoint les premiers All Stars de Louis Armstrong. Il participe au festival de Nice l’année suivante et quitte Armstrong en 1951 pour diriger plusieurs ensembles. Il s’associe à Jack Teagarden, autre compagnon
fidèle d’Armstrong, en 1957, puis effectue en soliste ou en quartette de nombreuses
Son apprentissage du cornet et sa fréquentation de Louis Armstrong lui ont permis de créer le trumpet-piano style. Pour cela, il a brisé la structure régulière du piano stride en adoptant un jeu de main gauche syncopé et en libérant la main droite, jouant des trémolos et des phrases chargées de notes qui ouvriront la voie à tous les pianistes modernes.
Voir CD Earl Hines, The Quintessence, FA 237.
À écouter aussi avec Jimmie Noone.
HODGES, Johnny (1906-1970) saxophone alto et soprano.
Conseillé par Sidney Bechet, il débute dans de petits orchestres avant d’être engagé, en 1928, par Duke Ellington auprès de qui il passera toute sa vie, excepté la période 1951-55 où il dirigera un petit ensemble avec un certain succès. À partir de 1937, il enregistrera souvent sous son nom entouré d’une phalange ellingtonienne.
Johnny Hodges possède l’un des plus beaux sons d’alto qui soient. Il maîtrise parfaitement son instrument et son émission est coulée et limpide. Ses improvisations chaleureuses, souvent très “préparées” d’ailleurs, sont un modèle d’équilibre, de grâce mélodique et de lyrisme. C’est un des grands “classiques” du jazz.
Voir CD Johnny Hodges, The Quintessence, FA 216, Plaisir d’Ellington, FA 170.
À écouter aussi avec Duke Ellington, Ben Webster, Cootie Williams.

HOLIDAY, Billie (1915-1959) chant.

Au début des années 30, elle débute dans des bars new-yorkais. John Hammond l’entend en 1933 et la fait enregistrer avec Benny Goodman. En 1935 elle participe à un court-métrage avec Duke Ellington puis grave  des disques avec Teddy Wilson la même année. En 1936 paraissent les premiers sous son nom. En 1937, Billie entre dans le big band de Count Basie et l’année suivante dans celui du clarinettiste blanc Artie Shaw. À partir de 1939, elle se produit dans les plus grands clubs de New York, de Chicago, de Los Angeles… tout en continuant d’enregistrer souvent avec Teddy Wilson. En 1944, elle commence à apparaître dans des concerts prestigieux et, en 1946, tourne dans le film “New Orleans” avec Louis Armstrong. Menant une existence chaotique, elle est néanmoins acclamée sur la plupart des scènes américaines et européennes durant les années 40/50.
Malgré une amplitude vocale limitée, Billie Holiday a l’art de toucher l’auditeur au plus profond grâce à une diction expressive, tragique et sensuelle bouleversante. Elle demeure une chanteuse unique dans l’histoire du jazz par sa force émotionnelle et l’authenticité de son message.
Voir CD Billie Holiday, The Quintessence, FA 209 & 222, Lady Day & Pres, FA 013.
Ici avec l’orchestre d’Eddie Heywood.

JACKSON, Milt (1923-1999) vibraphone, compositeur.

Après des études musicales, il joue en 1942 dans des orchestres de Detroit, sa ville natale. En 1945, Dizzy Gillespie le découvre dans un petit club new-yorkais et lui fait rencontrer les principaux acteurs musicaux de la 52e Rue. La même année, Milt Jackson effectue ses premiers enregistrements avec la chanteuse Dinah Washington puis fait partie, en 1947-48, du grand orchestre de Dizzy Gillespie où il rencontre le pianiste John Lewis. Il enregistre avec Tadd Dameron, Thelonious Monk, Charlie Parker… et forme, toujours en 48, un All Stars avec le batteur Kenny Clarke. En 1950 il est de nouveau avec Gillespie tandis qu’en 1951 paraît le premier disque du Milt Jackson Quartet (avec Lewis et Clarke) qui va devenir en 1954 le Modern Jazz Quartet. Pendant vingt ans, cet ensemble prestigieux va triompher dans le monde entier. Après dix ans d’interruption, il renaît en 1984.
Le style naturellement swinguant de Milt Jackson au vibraphone vient à la fois du gospel et du bebop. Avec une sonorité plus feutrée, une frappe plus souple et un large usage du vibrato, il a su se démarquer de l’influence de Lionel Hampton.
Voir CD Cool Jazz, FA 179.
À écouter aussi avec Thelonious Monk, Dinah Washington.
JACQUET, Jean-Baptiste “Illinois” (né en 1922) saxophone ténor.
Né en Louisiane, il débute à l’alto dans des orchestres texans en 1939-40 avant de faire partie, en 1941-43, du grand orchestre de Lionel Hampton où il triomphe avec son solo de Flying Home. En 1943-44, il passe chez Cab Calloway et commence à figurer en soliste dans des concerts renommés. Il est chez Count Basie en 1945-46 puis dirige ses propres formations. Après une carrière remarquée, Illinois Jacquet monte, en 1984, l’un des derniers big bands s’inscrivant dans la grande tradition du jazz.
Saxophoniste exubérant, Illinois Jacquet a su puiser avec bonheur chez les grands maîtres du ténor. Il sait se montrer âpre et prenant sur le blues, lyrique et généreux dans les ballades et survolté sur les tempos rapides lorsque, à grand renfort de “hurlements”, il chauffe une salle à blanc.
Voir CD Lionel Hampton, The Quintessence, FA 211.
Ici avec l’orchestre de Lionel Hampton.
JOHNSON, James Price (1894-1955) piano, compositeur.
Ayant pratiqué le ragtime et la musique classique euro­péenne, James P. Johnson obtient ses premiers engagements professionnels en 1912 et perfore ses premiers rouleaux de piano mécanique dès 1916. Il joue à New York dans les clubs et voyage même en Europe en 1920. Il tourne ensuite avec des revues et autres spectacles musicaux et, à partir de 1923, accompagne les plus grandes chanteuses de l’époque, Ethel Waters, Bessie et Clara Smith, etc. À la fin des années 20, il se consacre essentiellement à l’écriture de rhapsodies, de concertos et d’un opéra blues. Il revient sur les scènes du jazz en 1938 et forme un groupe l’année suivante.
Fondateur de l’École de Harlem, James P. Johnson est le premier pianiste à rompre avec le ragtime pour élaborer le style stride où, soutenue par la “pompe”régulière de la main gauche, la main droite improvise librement avec souplesse et nuances. Avec ses connaissances musicales poussées, Johnson avait une approche orchestrale du piano qui marquera de nombreux pianistes comme Fats Waller, Duke Ellington, Count Basie, Teddy Wilson, Erroll Garner et Thelonious Monk.
Voir CD Swing Piano Bar, FA 011.
JOHNSON, James “Jay Jay” (1924-2001) trombone compositeur et arrangeur.
Il devient professionnel en 1941 et rencontre Fats Navarro l’année suivante. Il joue dans les orchestres de Benny Carter (1942-45) puis de Count Basie (1945-1946). À partir de 1946-47, il joue et enregistre beaucoup avec Sonny Stitt, Charlie Parker, Cecil Payne, Bud Powell, Max Roach et, durant deux ans (1947-49) avec Illinois Jacquet qu’il avait côtoyé chez Basie. De 1949 à 52, il fait partie des orchestres de Woody Herman, de Dizzy Gillespie et du bassiste Oscar Pettiford. Avec Kai Winding, son alter ego blanc du bebop, il fonde un Jay & Kai Quintet qui fera parler de lui en 1954-56. À partir des années 60, J.J. Johnson délaisse son instrument pour se consacrer de plus en plus à la composition et aux arrangements (cinéma, TV). Il effectue son retour sur les scènes en 1987.
Considéré comme le premier tromboniste bebop, J.J. Johnson joue, avec une justesse, une précision et une vélocité rares sur son instrument, des phrases rapides et complexes empreintes d’une parfaite musicalité.
Voir CD Jazz, 36 Masterpiecess 2, FA 059, Bud Powell, The Quintessence, FA 234, Cool Jazz, FA 179.

JOHNSON, Alonzo “Lonnie” (prob. 1894-1970) guitare et chant.

Il joue très jeune de la guitare et du violon à la Nouvelle-Orléans avant de se retrouver à Londres au sein d’une revue en 1917. De retour au bercail en 1919, il se fixe à St-Louis en 1921, joue dans des orchestres locaux comme celui de Charlie Creath avec lequel il enregistre au violon en 1925. Un concours remporté la même année lui offre la possibilité d’enregistrer à la guitare avec Louis Armstrong, Duke Ellington, des chanteuses, en duo avec son confrère Eddie Lang et sous son nom où il obtient de grands succès dans le blues jusqu’en 1932. Lonnie réapparaît comme chanteur-guitariste de blues à Chicago en 1937 puis, dans les années 40, adopte la guitare électrique et obtient, à partir de 1948, plusieurs hits dans le rhythm and blues. Disparu de la scène musicale, il est redécouvert dix ans plus tard et tourne en Europe en 1963.
Doté d’une technique remarquable pour l’époque (il improvisait note par note), Lonnie Johnson est considéré comme le premier soliste de la guitare jazz et blues. Son apport fut considérable tant auprès des guitaristes de blues urbain (comme T. Bone Walker ou B.B. King) que des jazzmen, Charlie Christian en tête.
Voir CD Lonnie Johnson, The Quintessence, FA 262.
JOHNSON, Pete (1904-1967) piano.
D’abord batteur dans différents orchestres de Kansas City (1922-1926), Pete Johnson commence à se produire comme pianiste soliste dans les clubs en 1926. Associé au chanteur Big Joe Turner, il est invité avec lui au concert du Carnegie Hall en 1938 où les duettistes triomphent. Il forme alors un duo de piano à succès avec Albert Ammons, les deux maîtres du boogie-woogie se complétant parfaitement. En 1947/49, il dirige de petits orchestre sur la côte Ouest, retrouvant souvent Turner. Installé à Buffalo en 1950, il s’en échappe pour des passages en clubs et des tournées.
Avec une approche plus souple du boogie-woogie que les purs spécialistes du genre, Pete Johnson apporte ce parfum Kansas City qu’on retrouve chez Mary Lou Williams, Count Basie ou Jay McShann. Ses improvisations variées de la main droite s’appuient sur une main gauche particulièrement mobile et swinguante.
Voir CD Boogie Woogie Piano, FA 036, Rhythm & Blues, FA 050.
JORDAN, Louis (1908-1975) saxophone alto et ténor, chant, chef d’orchestre.
Ayant débuté en 1929, Louis Jordan enregistre en 1934 à New York avec Clarence Williams avant d’entrer dans l’orchestre de Chick Webb en 1936. En 1938, il monte un petit orchestre, les Tympany Five qui va devenir, grâce à la personnalité et à la gouaille de son chef, la formation noire la plus populaire des États-Unis durant les années 40 avec des titres comme Caldonia qui annonce, dix avant, le rock ‘n’ roll. Le saxophoniste-chanteur partage l’affiche avec Louis Armstrong, Bing Crosby et est la vedette de plusieurs longs métrages.
Héritier du Rhythm de Fats Waller mais avec un accent bluesy plus prononcé, Louis Jordan distille avec drôlerie de véritables petites histoires dans une langue imagée et des formes qui évoquent parfois le rap avant la lettre. Saxophoniste-alto à la sonorité pleine, il construit des phrases simples et accrocheuses qu’il lance avec beaucoup d’attaque.
Voir CD Louis Jordan, FA 5017.
Présent aussi dans l’orchestre de Chick Webb.

KENTON, Stan (1912-1979) piano, compositeur, arrangeur et chef d’orchestre.

Il se fait connaître dès le début des années 30 en travaillant comme pianiste et arrangeur dans divers orchestres, pour la radio et le cinéma. Il reprend des études musicales poussées en 1937 puis organise son propre orchestre en 1940. On l’entend avec les chanteurs Bob Hope, Anita O’Day et June Christy et, en 1946, son Artistry in Rhythm Orchestra rafle tous les prix. Kenton dirige l’année suivante un Progressive Jazz Orchestra puis, poursuivant dans un genre hybride et boursouflé, monte en 1950 un orchestre de 43 musiciens : Innovations in Modern Music. Revenant à une forme plus modeste de big band en 1952, il tourne en Europe l’année suivante et poursuivra une carrière controversée mais originale.
Pour son orchestre, qui tournait à la perfection et comprit de très bons solistes, Stan Kenton su, à côté de ses “expériences” et ses tentatives de rapprochement avec la musique classique, s’entourer d’arrangeurs au métier accompli comme Bill Russo, Pete Rugolo, Gerry Muligan, Shorty Rogers ou Bill Holman.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces 2, FA 059, Swing Era Big Bands, FA 078.
KIRBY, John (1908-1952) tuba puis contrebasse.
Il débute au tuba à New York à l’âge de 17 ans puis entre dans l’orchestre de Fletcher Henderson où il adopte la contrebasse à cordes en 1933. Entre 1934 et 36, il joue également avec Chick Webb et, en 1937, monte un sextette qui, dans les clubs et à la radio, va s’affirmer comme la plus belle petite formation de l’époque jusqu’en 1942. Subissant divers changements de personnels, Kirby aura du mal, à partir de 1946 et malgré la présence de Sarah Vaughan, à retrouver l’unité et la cohésion de son groupe.
Contrebassiste souple et puissant, John Kirby eut la chance d’avoir auprès de lui de brillantes individualités qui surent se fondre au sein d’un ensemble à la mise en place et à la musicalité parfaites : le trompettiste Charlie Shavers, par ailleurs compositeur et arrangeur principal, le clarinettiste Buster Bailey, le saxo alto Russell Procope et le pianiste Billy Kyle.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces, FA 016, Sarah Vaughan, The Quintessence, FA 228, Cool Jazz, FA 179.
Présent aussi dans l’orchestre de Fletcher Henderson.
KIRK, Andy (1898-1992) saxophone baryton, chef d’orchestre.
En 1919, il commence par le tuba et le saxo basse et enregistre dès 1920. Après avoir joué à Dallas dans l’orchestre de Terrence Holder, il remplace le chef en 1929 à Kansas City. Il forme les Clouds of Joy avec le soutien musical essentiel de la pianiste et arrangeur Mary Lou Williams et obtient le succès à New York au Cotton Club et là l’Apollo. Il dissout son orchestre en 1948 pour devenir organisateur de concerts et de séances avant de s’occuper des archives du syndicat des musiciens.
L’orchestre d’Andy Kirk fut, aux côtés de ceux de Count Basie, d’Harlan Leonard et de Jay McShann, l’un des meilleurs issus du riche vivier de Kansas City. Après le départ de Mary Lou Williams en 1942,  il donna sa chance à un jeune trompettiste et arrangeur, Howard McGhee, et s’entoura de solistes comme Don Byas et Fats Navarro.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces 2, FA 059, Cotton Club, FA 074.
KONITZ, Lee (né en 1927) saxophone alto.
Né à Chicago, il étudie avec Lennie Tristano et joue avec l’orchestre de Claude Thornhill (1947-48) et le nonette de Miles Davis (1949-50). Dès 1949, il enregistre sous son nom avec le saxophoniste ténor Warne Marsh, autre élève de Tristano, puis visite l’Europe en 1951. Après un passage dans le grand orchestre de Stan Kenton (1952-54), il forme un quartette, joue et enregistre avec Gerry Mulligan, Gil Evans et Tristano qu’il retrouve fréquemment. À partir de 1967, ses talents de soliste sont souvent sollicités pour dialoguer avec des musiciens de tous horizons, des boppers classiques aux avant-gardistes, d’Elvin Jones à Martial Solal ou d’Anthony Braxton à Michel Petrucciani.
Grand improvisateur, Lee Konitz a toujours justifié son statut de musicien libre, ouvert, aussi rigoureux que près à toutes les aventures.
Voir CD Miles Davis, The Quintessence, FA 238, Cool Jazz, FA 179..
À écouter aussi avec Miles Davis, Lennie Tristano.
LADNIER, Tommy (1900-1939) trompette.
Il fréquente Bunk Johnson à la Nouvelle-Orléans avant d’émigrer à Chicago en 1917. Il tourne avec divers orchestres dont celui de King Oliver en 1924, puis part pour l’Europe avec l’orchestre de Sam Wooding en 1925. En 1926, il entre chez Fletcher Henderson dont il retrouvera le pupitre des trompettes après un nouveau et long séjour européen avec Wooding puis avec Noble Sissle qui le ramènera à New York.  En 1932, il fonde les New Orleans Feetwarmers avec Sidney Bechet rencontré en Russie ! Après une année d’existence, le groupe est dissous et Ladnier laisse tomber la musique jusqu’à ce que le clarinettiste Mezz Mezzrow et le critique Hugues Panassié le convoquent, ainsi que Bechet, pour quelques mémorables séances en 1938.
Trompettiste expressif et puissant, parfaitement maître de son jeu qu’il conduit avec rigueur à l’essentiel, Tommy Ladnier fut surnommé le Roi du Blues, ce qui chez un instrumentiste prend toute sa valeur.
Voir CD Sidney Bechett, The Quintessence, FA 206.

LANG, Eddie (Salvatore Massaro) (1902-1933) guitare.

Fils d’émigrés italiens, il apprend d’abord le violon puis le banjo et la guitare en 1920. En 1924, il joue avec les frères Dorsey puis tourne en Angleterre et s’associe, à partir de 1926, avec le violoniste Joe Venuti. Parallèlement à leur duo qui aura une influence certaine sur celui que formeront en France Django Reinhardt et Stéphane Grappelli, il joue dans l’orchestre de Paul Whiteman (1927-29) puis de Bing Crosby (1931-33) et enregistre avec de nombreux chanteurs et musiciens noirs et blancs. C’est en 1928-29 qu’il grave ses duos de guitare avec Lonnie Johnson.
Excellent accompagnateur, technicien très sûr de son instrument et, donc, recherché en studio, Eddie Lang est considéré comme “l’autre” pionnier de la guitare. Son influence sera grande auprès des guitaristes de jazz.
Voir CD Lonnie Johnson, The Quintessence, FA 262, Bix Beiderbecke, The Quintessence, FA 215.
À écouter avec Lonnie Johnson et aussi avec Bix Beiderbecke.

LUNCEFORD, Jimmie (1902-1947) chef d’orchestre.

Il joue brièvement du saxophone dans différents orchestres à partir de 1922 avant de former un big band à Memphis en 1927. La notoriété de l’orchestre, où figure le trompettiste et arrangeur Sy Oliver, lui permet de remplacer celui de Cab Calloway au Cotton Club en 1934. Durant la seconde moitié des années 30, il est à son sommet, devançant même les institutions comme Duke Ellington et les machines à swing comme Chick Webb ou Count Basie. Mais, malgré une tournée européenne en 1937, sa renommée va régulièrement baisser avec le départ de ses meilleurs éléments dont Oliver en 1939. Il produira pourtant encore de belles choses jusqu’en 1947.
S’appuyant sur d’excellents arrangeurs qui surent mettre en valeur la souplesse, l’élasticité, le swing et une naturelle décontraction, Jimmie Lunceford a illustré une devise que nul n’aurait pu lui contester : Rhythm is our Business.
Voir CD Jimmie Lunceford, The Quintessence, FA 212.
McSHANN, Jay “Hootie” (né en 1909) piano, chef d’orchestre.
Après avoir tourné avec différents orchestres dans le Midwest, il s’installe à Kansas City et joue dans les clubs avant de former un premier orchestre en 1937 dans lequel figure le tout jeune Charlie Parker. De 1940 à 1943, sa formation, qui a pris les dimensions d’un big band, joue à New York et effectue de nombreuses tournées. Installé à Los Angeles en 1945, McShann dirige ensuite un petit groupe dans l’esprit rhythm and blues, retourne à Kansas City et, à partir de la fin des années 60, tourne souvent en Europe.
Trop souvent connu uniquement comme ayant découvert Charlie Parker, Jay McShann, au demeurant excellent pianiste de jazz et de blues, dirigea un des meilleurs big bands issus du riche terroir de Kansas City.
Voir CD Charlie Parker, The Quintessence, FA 225, Birth of Be Bop, FA 046.
MILLER, Glenn (1904-1944) trombone, chef d’orchestre.
Il joue dans des orchestres scolaires du Colorado puis, avec Ben Pollack rencontré en 1926 en Californie, se rend à New York. Au tournant des années 20/30, il travaille dans divers orchestres à Broadway auxquels il fournit des arrangements, joue et enregistre beaucoup avec Red Nichols, Benny Goodman, les Dorsey Brothers, etc. et sous son nom. Il monte sans succès un premier big band en 1937 avant de récidiver l’année suivante. Cette fois est la bonne et l’orchestre, aidé par une excellente promotion, dépasse toutes les formations Swing en popularité, notamment sur les radios. Engagé en 1942, Glenn Miller dirige l’Air Force Orchestra en Angleterre en 1944. À la fin de l’année, Miller s’envole de Londres pour rejoindre Paris où il est attendu à l’Olympia. Il n’arrivera jamais…
Typique de la Swing Era, le big band de Glenn Miller qui compta de très bons musiciens était d’abord un excellent orchestre de danse plutôt que de jazz. Son In The Mood fait partie des airs les plus populaires du XXe siècle.
Voir CD Glenn Miller, FA 192, Swing Era Big Bands, FA 078.
MILLINDER, Lucious “Lucky” (1900-1966) chef d’orchestre.
À la fin des années 20, il officie comme Master of Ceremonies dans les bals et clubs de Chicago avant de diriger plusieurs orchestres dont un se produit à Monte-Carlo en 1933. En 1933, il reprend les rênes du Mills Blue Rhythm Band jusqu’en 1939 avant de se produire sous son propre nom et de devenir très populaire à New York, notamment au Cotton Club, jusqu’en 1952.
L’orchestre de Lucky Millinder représente à merveille le big band noir qui savait mettre en valeur des numéros scéniques appréciés du public. Avec ses chanteurs et chanteuses Rosetta Tharpe puis Wynonie Harris et Annisteen Allen, il s’orienta adroitement vers le rhythm and blues.
Voir CD Cotton Club, FA 074, Birth of Be Bop, FA 046.
MONK, Thelonious “Sphere” (1917-1982) piano, compositeur.
À New York au début des années 30, il accompagne au piano sa mère qui chante à l’église et joue dans les bars et les parties. Après avoir rencontré Mary Lou Williams, il devient le partenaire de Kenny Clarke en 1939 et, avec lui, fréquente les clubs new-yorkais où s’élaborent les nouvelles formes musicales. Durant les années 43-46, il fait ses armes dans les orchestres de Coleman Hawkins, de Cootie Williams (pour qui il écrit ‘Round Midnight) et Dizzy Gillespie. En 1947, il enregistre et se produit sous son nom (à Paris en 1954) puis forme un quartette à New York en 1957 où figurent tour à tour les ténors John Coltrane, Johnny Griffin puis Charlie Rouse (de 1959 jusqu’à 1970). Tout en faisant jouer de temps en temps sa musique en big band, c’est avec son quartette qu’il fait de nombreuses tournées internationales.
Thelonious Monk est l’un des pianistes et compositeurs les plus singuliers du jazz, jouant sur les dissonances, les silences et ruptures rythmiques et les audaces harmoniques. Tout révolutionnaire soit-il, il possède un profond sens du blues et a longuement étudié James P. Johnson et le stride, Art Tatum et surtout Duke Ellington pour l’architecture orchestrale du clavier.

MORTON, Ferdinand “Jelly Roll” (1885 ou 90-1941) piano, compositeur.

Créole de la Nouvelle-Orléans, il se proclamait l’inventeur du jazz et du swing ! Dès 1902, il est le professor, comme on appelait le pianiste des “maisons” du quartier de Storyville. Il prend la route dès 1912 et atterrit à Chicago en 1922 où il constitue un orchestre et enregistre en solo et en duo (avec King Oliver entre autres). En 1926, il crée les Red Hot Peppers qui représentent la quintessence du jazz New Orleans arrangé, c’est-à-dire où les improvisations collectives sont recréées et organisées. Cet ensemble grave une merveilleuse série de disques avec des solistes comme Red Allen, Johnny et Baby Doods et Albert Nicholas. Mais il doit réduire ses activités à partir de 1930. En 1938, Morton raconte, en musique et en chansons, toute son histoire et celle du jazz devant les micros de la Bibliothèque du Congrès et reforme un orchestre à New York qui enregistre en 1939 et 40.
Personnage extraordinaire, Jelly Roll Morton, au-delà de son image parmi les plus pittoresques et extravagantes de l’histoire du jazz, est l’un des grands créateurs de cette musique. Remarquable pianiste, il fut l’un des premiers à mettre en forme toute une organisation musicale qui a donné l’orientation définitive du jazz.
Voir CD Jelly Roll Morton, The Quintessence, FA 203.
MULLIGAN, Gerry (1927-1996) saxophone baryton, piano, compositeur et arrangeur.
Ayant appris l’écriture musicale, il débute avec Gene Krupa en 1946 puis travaille avec Claude Thornhill, rencontre Gil Evans et écrit des compositions et arrangements pour le nonette de Miles Davis en 1949. Il joue également avec Stan Getz, Kai Winding et effectue ses premiers enregistrements personnels en 1951. Installé sur la côte Ouest en 1952, il propose des arrangements à Stan Kenton et forme un quartette avec un jeune trompettiste, Chet Baker, promis à un grand mais tragique destin. En 1954, il tourne en Europe et joue à Paris avec un autre quartette comprenant le tromboniste Bob Brookmeyer. En 1955, il dirige un sextette où figure Zoot Sims, en 1958 un quintette avec le bugliste Art Farmer et monte son Concert Jazz Band en 1960. Gerry Mulligan est resté très actif durant les dernières décennies du siècle.
Gerry Mulligan est, après Harry Carney, le soliste le plus connu sur le saxophone baryton. Son jeu, très mélodieux, est fait de phrases souples et vivaces qui ne contredisent jamais la gravité de l’instrument.
À écouter aussi avec Miles Davis.
NAVARRO, Theodore “Fats” (1923-1950) trompette.
Il commence à jouer de la trompette vers 1941 et, en 42, entre dans l’orchestre d’Andy Kirk où il côtoie Howard McGhee. En 1945-46, il prend la place de Dizzy Gillespie chez Billy Ekstine et fréquente les clubs de la 52e Rue. En 1947-48, il est avec Illinois Jacquet puis, après un pas­sage chez Lionel Hampton, s’associe à Tadd Dameron en 1948-50. Sa trop courte carrière s’achèvera au moment où il commence à apparaître en soliste sur les scènes importantes.
Dix petites années de pratique ont suffi à Fats Navarro pour en faire l’un des grands solistes d’un instrument qu’il maîtrisait parfaitement, sachant conserver l’équilibre même dans les passages les plus risqués et les improvisations les plus audacieuses.
Voir CD Kenny Clarke, The Quintessence, FA 235, Bud Powell, The Quintessence, FA 234..
Ici avec Tadd Dameron, à écouter aussi avec Bud Powell.
NOONE, Jimmie (1895-1944) clarinette et saxophone.
En 1910, à la Nouvelle-Orléans, il prend des leçons aux côtés de Sidney Bechet puis débute professionnellement auprès de Freddie Keppard en 1913. L’année suivante il forme le Young Olympia Band avec le trompettiste Buddy Petit puis rejoint l’original Creole Band de Keppard à Chicago en 1917 avant de jouer avec King Oliver. Il fait partie de l’orchestre de Doc Cooke en 1920-26 puis forme un ensemble où figure Earl Hines. Il se produit essentiellement à Chicago ainsi qu’à New York et retourne jouer à la Nouvelle-Orléans en 1938. En 1943, Kid Ory l’appelle sur la côte Ouest.
Jimmie Noone est l’un des plus grands clarinettistes créoles, possédant une superbe technique et une très belle sonorité. Son jeu délié mais plein qui savait prendre toute sa place dans les “collectives” ne sera pas sans influence sur Omer Simeon, Barney Bigard, Buster Bailey et Benny Goodman.
Voir CD Earl Hines, The Quintessence, FA 237, Jazz New Orleans, FA 039, Chicago South Side, FA 5031.

OLIVER, Joe “King” (1885-1937) cornet, compositeur et chef d’orchestre.

Né à la Nouvelle-Orléans, Il commence à jouer du cornet vers 1900 et se produit avec le pianiste Richard M. Jones en 1912. Vers 1915, il joue dans l’orchestre de Kid Ory puis gagne Chicago en 1918 pour rejoindre le bassiste Bill Johnson. En 1922, il fonde son Creole Jazz Band qui grave ses premiers disques en 1923 avec Louis Armstrong et quelques-uns des meilleurs musiciens néo-orléanais. Après ces enregistrements, devenus historiques, King Oliver forme ses Dixie Syncopators qu’il essaiera de maintenir, avec plus ou moins de réussite, tant à Chicago qu’à New York avant de finir dans la misère.
Premier “Roi” du jazz, King Oliver a largement contribué à répandre (jusqu’en Europe par ses disques) les musiques authentiques de la Nouvelle-Orléans, et a été le premier à structurer avec des arrangements les improvisations collectives. Compositeur de “classiques” du genre, instrumentiste puissant et allant à l’essentiel, il a directement influencé Louis Armstrong et Tommy Ladnier.
Voir CD King Oliver, The Quintessence, FA 220, Jazz New Orleans, FA 039.

ORY, Edward “Kid” (1886-1973) trombone, compositeur.

Créole de la Nouvelle-Orléans, il forme son premier orchestre dès 1913-14  avec le trompettiste Mutt Carey. Johnny Dodds, King Oliver et Louis Armstrong en feront partie. En 1919, il émigre en Californie et, en 1922, son orchestre est la première formation de jazz New Orleans à enregistrer : Ory’s Creole Trombone qu’il reprendra avec les Hot Five d’Armstrong. Après avoir joué avec Johnny Dodds, King Oliver (en 1927), il abandonne la musique en 1933. Il effectue son retour à Los Angeles avec Barney Bigard en 1942 et, grâce aux émissions de radio d’Orson Welles, reconstitue avec succès un orchestre. Dans les années 50, il effectue plusieurs tournées aux Etats-Unis et en Europe avant de diriger son propre club à San Francisco en 1961. Dix ans plus tard il faisait une der­nière apparition au New Orleans Jazz Festival.
Kid Ory est l’exemple même du trombone New Orleans. Avec une technique archaïque compensée par une attaque franche et sonore, il intervient brillamment, à grands renforts de glissandos, au sein des collectives.
Voir CD Jazz New Orleans, FA 039, Louis Armstrong, The Quintessence, FA 201.
À écouter aussi avec Jelly Roll Morton.

PARKER, Charlie “Bird” (1920-1955) saxophone alto et ténor.

Né à Kansas City, il devient musicien professionnel en 1937 en entrant dans l’orchestre de Jay McShann avec lequel il grave ses premiers disques à New York en 1941. Il se fait alors remarquer lors des fameuses jam sessions de la 52e Rue et entre en 1943 dans l’orchestre d’Earl Hines puis dans celui de Billy Eckstine. Associé à Dizzy Gillespie en 1944-45, il forme un groupe sur la côte Ouest et est programmé comme soliste dans de prestigieux concerts. En 1947, à New York, son quintette comprend notamment Miles Davis, le pianiste Duke Jordan et le batteur Max Roach. Il est invité au festival de Paris en 1949 et effectue, l’année suivante, une tournée en Scandinavie. Les dernières années de sa carrière sont une suite de moments de réussite et de déchéance.
Considéré comme l’un des génies de la musique afro-américaine, Charlie Parker a eu sur tous les musiciens qui sont venus après lui une influence comparable à celle d’Armstrong pour les générations précédentes. Saxophoniste-alto extraordinaire, l’un des plus grands de l’histoire du jazz, il est aussi reconnu comme le musicien improvisateur qui a bouleversé et révolutionné le langage harmonique à partir d’une connaissance accomplie du blues et du jazz. Son discours, servi par une technique époustouflante qui lui permet de négocier à merveille les accords de passage sur des tempos ultra rapides, reste étonnement cohérent et maîtrisé grâce à une pensée créa­trice immédiatement exprimée. Avec Dizzy Gillespie, Parker est le véritable inventeur du bebop.
Voir CD Charlie Parker, The Quintessence, FA 225, Miles Davis, The Quintessence, FA 238, Erroll Garner, The Quintessence, FA 229.

PETERSON, Oscar (né en 1925) piano.

Originaire de Montréal, Oscar Peterson apprend à 6 ans le piano classique puis, à partir de 1944, se produit en trio dans sa ville natale et à Toronto. Ses premiers disques, réalisés au Canada, ont un retentissement de l’autre côté de la frontière américaine et, dès 1949, la pianiste entame une carrière internationale. À l’exemple de King Cole et d’Art Tatum, il forme en 1951 un trio fameux sans batterie avec Barney Kessel puis Herb Ellis à la guitare et Ray Brown à la contrebasse, trio qui évoluera jusqu’à la fin des années 60. Depuis une trentaine d’années, Peterson effectue une carrière mondiale de concertiste, jouant et enregistrant également beaucoup en différents contextes.
Influencé par Cole et Tatum, Oscar Peterson développe un jeu virtuose et brillant qui provoque un swing irrésistible. À l’aise dans tous les styles, sa technique et son goût des harmonies raffinées en font un Maître du jazz dans tout son classicisme.
POWELL, Earl “Bud” (1924-1966) piano, compositeur.
Il commence à jouer du jazz à 15 ans, fréquente le Minton’s à New York et se lie d’amitié avec Thelonious Monk dont il prendra la place, en 1942-44, dans l’orchestre de Cootie Williams. Parallèlement il joue avec John Kirby, Dizzy Gillespie, Don Byas, et enregistre ses premiers disques sous son nom en 1947. Il effectue une tournée européenne en 1956 puis s’installe à Paris en 1959 où il se produit régulièrement avec Pierre Michelot (basse) et Kenny Clarke jusqu’en 1962. Sa santé, fragile depuis longtemps, s’étant considérablement détériorée, il effectue un retour difficile aux Etats-Unis en 1964.
Servi par une technique exceptionnelle, Bud Powell reste le plus grand pianiste bebop. C’est un musicien tourmenté qui déploie, avec swing, des phrases surprenantes parfaitement construites en dégageant une profonde émotion. Influencé par Billy Kyle, Tatum et Monk, il marquera durablement les pianistes de l’après bop comme Oscar Peterson, Horace Silver, Bill Evans ou McCoy Tyner.
Voir CD Bud Powell, The Quintessence, FA 234.
À écouter aussi avec Dexter Gordon, J.J. Johnson.
QUEBEC, Ike (1918-1963) saxophone ténor.
Il effectue ses premiers enregistrements au début des années 40 avec des musiciens comme Hot Lips Page, Roy Eldridge, Coleman Hawkins, Benny Carter ou Ella Fitzgerald. De 1944 à 1951, il est, à intervalles irréguliers, le soliste principal du big band de Cab Calloway puis disparaît largement de la scène active. Il revient sur le devant de la scène avec plusieurs albums en leader au début des années 60.
Forgé à l’école Coleman Hawkins-Ben Webster, Ike Quebec, qui cultive une magnifique sonorité et construit des phrases mélodiques riches et inspirées, est un grand “classique” qui peut s’exprimer dans les contextes rhythm and blues voire hard bop.
À écouter aussi avec Roy Eldridge.

REINHARDT, Django (1910-1953) guitare, compositeur.

Musicien européen et français, Django Reinhardt, d’origine tsigane, joue dès l’âge de 12 ans du banjo et de la guitare auprès d’accordéonistes musette. Grièvement brûlé à la main gauche en 1928, il se fabrique alors une technique inouïe et unique. Vers 1931, alors qu’il joue à droite et à gauche et accompagne des chanteurs, il découvre les disques d’Armstrong, d’Ellington et du duo Joe Venuti/Eddie Lang dont il se souviendra lors de la constitution du Quintette du Hot Club de France. C’est en 1934, après la rencontre avec Stéphane Grappelli (1908-1997), que se crée cet orchestre unique entre tous et qui va contribuer largement à rendre populaire le jazz en France (et dans les pays voisins). Les premiers disques du Quintette ont un succès retentissant, y compris aux Etats-Unis, et tous les musiciens américains qui débarquent en France durant les années 30 veulent rencontrer le “phénomène” Reinhardt. C’est ainsi qu’il enregistre avec Benny Carter, Bill Coleman, Rex Stewart, Barney Bigard, Dickie Wells, le violoniste Eddie South et Coleman Hawkins. La déclaration de guerre, en 1939, surprend Reinhardt et Grappelli en Angleterre. Tandis que le violoniste reste à Londres, Django rentre à Paris et forme un nouveau quintette avec le clarinettiste Hubert Rostaing. Il obtient un grand succès avec Nuages en 1940. Après la guerre, il adopte la guitare électrique et rejoue de temps en temps avec Grappelli. Après la mort de Django, le violoniste effectuera une très longue carrière internationale.
Prodigieusement doué et maîtrisant totalement sa technique d’autodidacte infirme, Django Reinhardt est un improvisateur renversant, doué d’un sens mélodique et harmonique rare. Musicien profondément original, il impressionna tous les guitaristes du monde entier même si aucun n’a pu l’imiter. Il reste pour l’éternité le jazzman français n°1.
Voir CD Django Reinhardt, The Quintessence, FA 205 & 226.
À écouter aussi avec Benny Carter, Rex Stewart.     
(Intégrale Django Reinhardt, 20 coffrets sous la direction de Daniel Nevers).

ROLLINS, Theodore “Sonny” (né en 1930) saxophone ténor.

Après avoir débuté très jeune dans des orchestres de rhythm and blues, il enregistre avec le chanteur Babs Gonzales dès 1948 et, l’année suivante, joue avec le batteur Art Blakey. Sa réputation rapide lui fait jouer et enregistrer avec de nombreux musiciens comme Bud Powell et Tadd Dameron en 1950, Miles Davis, Fats Navarro et J.J. Johnson en 1951, etc. En 1955-56, il fait partie du fameux Max Roach/Clifford Brown Quintet, puis joue et enregistre sous son propre nom. Après un retrait de la vie musicale, il réapparaît sur les scènes au début des années 60, développant dans sa musique les airs dansants des Caraïbes et s’aventurant même aux portes du free jazz. Depuis 1970, Sonny Rollins mène une grande carrière internationale et, après la disparition progressive et, hélas, inéluctable des grandes figures historiques, reste l’un des derniers géants du jazz.
Sonny Rollins est un saxophoniste puissant, qui conjugue une sonorité ample dérivée des grands ténors classiques comme Coleman Hawkins avec le jeu moderne du bebop ; d’où le terme de hard bop dont on a qualifié son style (et celui des grands musiciens noirs des années 50/60). S’appuyant constamment sur le rythme, aventureux dans l’improvisation, toujours maître d’un discours volontiers heurté et profondément lyrique, il possède une forte présence scénique.
Voir CD Bud Powell, The Quintessence, FA 234.
À écouter aussi avec Bud Powell.
SMITH, Bessie (1894-1937) chant.
Dès l’âge de 8 ans, elle chante au coin des rues puis est enrôlée dans des tournées de minstrels, spectacles de variétés très populaires à l’époque. Arrivée à New York en 1918, elle fait partie de nombreuses revues et se forge un solide métier en parcourant le circuit des théâtres de la côte Est, du Midwest et du Sud profond. Ses premiers disques, en 1923, font sensation, et elle devient une immense vedette auprès de sa communauté qui la consacre “L’Impératrice du Blues”. Jusqu’en 1930, elle est à l’affiche des plus grands spectacles de music-halls noirs et enregistre des quantités de disques avec les meilleurs musiciens : les trompettistes Joe Smith et Louis Armstrong, le trombone Charlie Green, les pianistes Fletcher Henderson et James P. Johnson, etc. Les changements de mode et la crise économique précipitent son déclin et, malgré une dernière séance en 1933, elle meurt des suites d’un accident d’automobile.
Ayant amené le blues rural informel à une sorte de perfection “classique”, Bessie Smith reste, dans l’histoire, comme la première des grandes chanteuses afro-américaines à une époque où le marché ne faisait pas de différences entre le jazz et le blues. Dotée d’une voix ample et profonde qu’elle maîtrisait parfaitement, elle s’exprimait avec une intensité dramatique, digne des grandes chanteuses réalistes, qui a marqué les plus grandes chanteuses de blues, de jazz et de soul venues après elle.
Voir CD Bessie Smith, The Quintessence, FA 223.
SMITH, Hezekiah “Stuff” (1894-1937) violon et chant.
Il étudie le violon en 1916 puis, à partir de 1924, tourne avec divers orchestres. Au début des années 30, il forme, avec le trompettiste Jonah Jones et le batteur Cozy Cole, un petit ensemble swinguant qui obtient un grand succès tant dans les clubs de New York que ceux de Hollywood. Après 1940, il se produit principalement en trio puis effectue une première tournée européenne en 1957. Après un retour au pays en 1958, il s’établit définitivement en Europe.
Le style expressif de Stuff Smith n’a guère de points communs avec la manière classique dont jouent la plupart des violonistes, y compris dans le jazz. Avec un jeu qui “arrache”, l’emploi de glissandos acrobatiques dans l’aigu et de phrases  audacieuses, il dégage un swing impressionnant et communicatif.
Voir CD Violon Jazz, FA 052, Jazz, 36 Masterpieces, FA 016.

SMITH, Willie “The Lion” (1897-1973) piano, compositeur.

Après des débuts dans les clubs new-yorkais en 1912, il se distingue sur le front pendant la grande guerre, la baïonnette remplaçant le clavier. Dès 1920, il enregistre et se produit dans des comédies musicales. Dans les années 30, il grave des disques avec Clarence Williams, Sidney Bechet, Big Joe Turner… et en solo à partir de 1934. Durant les années 50 et 60, on l’entendra souvent en Europe, son chapeau melon et son cigare devenant populaires sur les scènes des cabarets comme des festivals.
Pianiste de l’école stride, il prend des libertés avec la rigueur métronomique du genre en injectant à son jeu de main droite des ornements mélodiques hérités de son goût pour la musique romantique.
Voir CD Swing Piano Bar, FA 011.
STEWART, Rex (1907-1967) cornet.
Il débute à New York dans les années 20 puis joue de façon intermittente dans les orchestres de Fletcher et d’Horace Henderson entre 1926 et 1933. Puis, après une période intermédiaire où il commence à se faire un nom, il est engagé par Duke Ellington en 1934, dans l’orchestre duquel il deviendra l’un des principaux solistes jusqu’en 1943. Il joue ensuite chez Benny Carter puis, en 1946, forme son Rextette qu’il présente au festival de Nice en 1948. Des activités à la radio et dans les journaux l’occupent alors jusqu’en 1966 où il redonne quelques concerts en Europe et en Californie.
Resté fidèle au cornet, Rex Stewart a su conjuguer les apports dissemblables de Louis Armstrong et de Bix Beiderbecke pour produire un jeu très mélodieux, à la fois expressif et chaleureux.
Voir CD Duke Ellington, The Quintessence 2, FA 236, Plaisir d’Ellington, FA 170, Django Reinhardt, Intégrale 9, FA 309.
À écouter aussi avec Ben Webster.
TATUM, Art (1909-1956) piano.
Presque aveugle de naissance, il joue très jeune dans les clubs, passant professionnel en 1928, devenant l’accompagnateur de la chanteuse Adélaïde Hall en 1932, avant d’enregistrer l’année suivante ses premiers disques qui font sensation par leur virtuosité et leur vitesse d’exécution. Il devient vite, à partir de 1935, une attraction des meilleurs clubs de Cleveland, de Chicago, d’Hollywood, de New York, de Londres (1938)… avant de former un trio sur le modèle de celui de Nat King Cole, avec Tiny Grimes (guitare) et Slam Stewart (basse). Les dix dernières années de sa vie, il se produit surtout en soliste et enregistre sous cette forme ainsi qu’avec Benny Carter, Roy Eldridge, Lionel Hampton ou Ben Webster. Il meurt juste avant d’embarquer pour Paris.
Technicien jamais égalé sur un clavier, Art Tatum est un pianiste unique qui a opéré une sorte de synthèse entre les styles de Fats Waller, d’Earl Hines et des pianistes classiques. Son jeu est un feu d’artifice ininterrompu de notes qu’il fait gicler en grappes somptueuses. Maîtrisant les deux mains avec une égale virtuosité, il les fait courir sur le clavier avec une vitesse vertigineuse sans que jamais l’exploit l’emporte sur la musicalité. Faisant son bonheur des standards, de quelques pièces classiques ou simplement du blues, Art Tatum est aussi un accompagnateur étonnant.
Voir CD Art Tatum, The Quintessence, FA 217.
THARPE, Sister Rosetta (1915-1973) chant et guitare.
Après avoir effectué, depuis son plus jeune âge, des tournées évangéliques avec sa mère, Rosetta Tharpe devient, en 1938, l’une des attractions principales du Cotton Club. À partir de la même année, elle enregistre en soliste essentiellement des negro spirituals et des gospel songs avant d’entrer en 1941 dans l’orchestre de Lucky Millinder. Tout en se produisant dans les cabarets, elle abandonne petit à petit le répertoire profane et obtient de très grands succès dans le domaine du gospel, notamment en compagnie de Marie Knight avec qui elle forme un duo en 1947. Elle fut, avant Mahalia Jackson, la plus grande chanteuse religieuse et a effectué de nombreuses tournées en France et en Europe.
S’accompagnant d’un jeu de guitare électrique cinglant, Sister Rosetta Tharpe chante d’une voix juvénile et acidulée avec un sens rythmique prodigieux. Son expérience de la scène, du jazz et du blues, lui a permis d’injecter énormément de swing dans ses interprétations.
Voir CD Complete Sister Rosetta Tharpe, FA 1301.
À écouter avec Lucky Millinder.
TRISTANO, Lennie (1919-1978) piano, compositeur.
D’origine italienne, Lennie Tristano devient aveugle à 9 ans. Il apprend la musique et le piano dans un institut spécialisé et, à l’âge de 19 ans, dirige un orchestre où il joue du saxophone. En 1943, diplômé de piano et de composition, il joue dans des orchestres de danse et de Dixieland tout en enseignant (Lee Konitz est l’un de ses premiers élèves). Il écrit des arrangements pour Woody Herman et, vers 1946, forme un trio avec notamment le guitariste Billy Bauer. Sa reconnaissance est immédiate : musicien (1947) puis pianiste (1948) de l’année, il entre de plein pied dans le monde des grands du jazz. En 1949-50, il dirige un quintette ou sextette dans lequel fi­gure un autre de ses élèves, le saxo ténor Warne Marsh. En 1951, il monte son propre studio d’enseignement et d’enregistrement et, à partir de 1955, ne fait plus que de rares apparitions publiques, tournant en Europe en 1965.
Peu connu du grand public, Lennie Tristano est un musicien important qui, dépassant les styles bop ou cool, s’est situé à l’avant-garde de son époque. Précurseur de l’improvisation libre, c’est un pianiste remarquable de technique dont l’indépendance des deux mains renvoie à Art Tatum. Il a influencé des pianistes aussi différents que Bill Evans, Martial Solal ou Cecil Taylor.
Voir CD Cool Jazz, FA 179.
TURNER, “Big” Joe (1911-1985) chant.
Barman et videur dans les clubs de Kansas City, Joe Turner pousse volontiers le couplet en travaillant et trouve un partenaire idéal en la personne du pianiste Pete Johnson. Ils vont ensemble à New York en 1938 où le chanteur enregistre de nombreux disques avec lui ainsi qu’avec des pianistes de jazz comme Art Tatum ou Willie “The Lion” Smith. Il s’installe en Californie en 1941 et s’oriente vers le rhythm and blues avant d’intégrer les rock ‘n’ roll shows avec des tubes comme Shake Rattle And Roll (1954). Il revient plus tard à des accompagnements plus jazzy et participe à de nombreux festivals et tournées en Amérique comme en Europe.
Avec Jimmy Rushing (le chanteur de Count Basie), Big Joe Turner est le chef de file des blues shouters (hurleurs du blues). Sa voix puissante et souvent émouvante dont il module admirablement les effets font de lui l’un des plus grands chanteurs de la musique afro-américaine.
Voir CD Rock ’n’ Roll 1938/46, FA 352.
À écouter avec Pete Johnson.
VAUGHAN, Sarah (1924-1990) chant.
Durant sa jeunesse, elle chante et joue de l’orgue à l’église, puis prend des leçons de chant et de piano. En 1943, elle remporte un concours d’amateurs à l’Apollo, reçoit les conseils d’Ella Fitzgerald et entre dans le grand orchestre d’Earl Hines puis, l’année suivante, dans celui de Billy Eckstine. Dès 1944, elle enregistre sous la direction de Dizzy Gillespie qu’elle retrouve en studio l’année suivante ainsi que Charlie Parker, John Kirby et Tadd Dameron. Ses premiers disques sous son nom paraissent en 1946 et, rapidement, elle obtient une grande popularité concrétisée par des passages à la radio et à la télévision. Devenue une vedette, à la fois du jazz et de la musique pop (variété américaine), elle tourne en Europe dès 1951. Durant toute se carrière, elle sera accompagnée sur disques par les meilleurs orchestres, qu’ils soient de jazz ou philharmoniques, privilégiant la formule du trio pour ses concerts.
Dotée d’une amplitude et d’une tessiture exceptionnelles, Sarah Vaughan maîtrise son art à la perfection. Tour à tour sophistiquée dans ses modulations ou exubérante dans ses scats, elle demeure la plus grande chanteuse du jazz moderne.
Voir CD Sarah Vaughan, The Quintessence, FA 228, Miles Davis, The Quintessence, FA 238.
Ici avec Teddy Wilson.
WALLER, Thomas “Fats” (1904-1943)
piano, orgue, chant, compositeur, chef d’orchestre.
Il apprend le piano et l’harmonium avant de débuter très jeune comme pianiste de revues dans les théâtres. Dès 1922, il enregistre des rouleaux de piano mécanique et accompagne des chanteuses de vaudeville blues. Durant les années 20, il enregistre avec Fletcher Henderson, Jack Teagarden, les McKinneys’ Cotton Pickers… ainsi que sous son nom en solo et participe à des comédies musicales dont il écrit des musiques. En 1934, il crée son orchestre : Fats Waller & His Rhythm, petite formation qui, par le disque, la radio et les tournées, va obtenir un immense succès. Il enregistre à Londres en 1938-39 puis, tout en continuant à faire tourner son Rhythm, monte un big band autour de 1940.
Personnalité “énorme” et exubérante, chanteur comique et parodique de rengaines, animateur irrésistible, Fats Waller est aussi l’un des plus grands pianistes du jazz classique qui a développé le stride vers un swing fabuleux. Nombre de ses compositions sont devenues des classiques du jazz.
Voir CD Fats Waller, The Quintessence, FA 207.

WASHINGTON, Dinah (Ruth Jones) (1924-1963) chant.

D’abord pianiste et chanteuse de gospel, elle entre dans le big band de Lionel Hampton en 1943 et enregistre ses premiers disques en 1945. Avec un répertoire oscillant entre blues et ballades, elle obtient un succès populaire considérable dans le rhythm and blues auprès de sa communauté qui la surnomme “The Queen of the Blues”. Au début des années 50, se tourne vers un jazz plus pur, enregistrant avec Clifford Brown ou Quincy Jones. À partir de 1959, elle évolue vers la grande variété.
Doté d’un sens musical qui lui permet d’aborder avec bonheur tous les styles, Dinah Washington possède une voix un peu nasillarde, extrêmement flexible et chante avec une parfaite articulation. Son style fera école auprès de nombreuses chanteuses, Esther Phillips, Dionne Warwick et Diana Ross entre autres.
Voir CD Women in Blues, FA 018, Rhythm & Blues, FA 050.
Ici avec l’orchestre de Lucky Thompson.
WATERS, Ethel (1896-1977) chanteuse et comédienne.
Elle débute enfant dans des chorales et des troupes de vaudeville et, dès 1917, chante dans les grands théâtres new-yorkais. Elle entame une fructueuse carrière discographique en 1921 dans le blues, tourne avec Fletcher Henderson et, à partir de 1927, se trouve à l’affiche de nombreuses revues et pièces de théâtre. Elle est en Europe en 1930, enregistre avec Duke Ellington en 1932 et, en 1933, crée la célèbre chanson Stormy Weather sur la scène du Cotton Club. Vedette à Broadway, elle chante avec Tommy Dorsey, Benny Goodman, Bing Crosby, les Mills Brothers, etc. et tourne dans de nombreux films. À partir de 1950, elle se tourne vers la musique religieuse.
Rivale de Bessie Smith dans un registre complètement différent, Ethel Waters est une chanteuse et comédienne accomplie qui, avec une diction claire et précise, a amené la forme et l’esprit du jazz dans la chanson. Lena Horne, Ella Fitzgerald, Billie Holiday et bien d’autres la considèrent comme la première d’entre toutes.
Voir CD Women in Blues, FA 018, Cotton Club, FA 074.

WEBB, William “Chick” (1909-1939) batterie, chef d’orchestre.

Bossu et de très petite taille, il joue dans des fanfares avant d’être remarqué, vers 1925, par Duke Ellington qui l’encourage à monter un orchestre. Et, à partir de 1930, son big band devient l’attraction n°1 du Savoy, le grand dancing noir de Harlem où, durant près d’une décennie, il va terrasser, question swing, tous les big bands, et non des moindres, qui se mesureront à lui. En 1935, il engage la toute jeune Ella Fitzgerald avec laquelle il va obtenir de grands succès.
Avec un jeu puissant et une énorme présence, Chick Webb dirige avec rigueur et souplesse un excellent big band dont il souligne à merveille toutes les nuances. Au ser­vice de la musique, il n’intervient que très peu en solo, ce qui ne l’a pas empêché d’être reconnu comme l’un des plus grands batteurs de l’histoire du jazz. Il a marqué de façon décisive tous les batteurs d’orchestres : Big Sid Catlett, Jo Jones, Cozy Cole, Gene Krupa, Dave Tough.
Voir CD Chick Webb, The Quintessence, FA 214.
WEBSTER, Ben (1909-1973) saxophone ténor.
Après avoir commencé par le piano, il étudie le saxophone avec Budd Johnson et, au début des années 30, commence à fréquenter les meilleurs orchestres de Kansas City dont il est originaire : Bennie Moten (1931-33), Andy Kirk… et d’ailleurs : Fletcher Henderson (1934), Benny Carter, Duke Ellington et Cab Calloway (1936-37). Puis il s’installe plus durablement au sein des big bands d’Henderson (1937-38), de Teddy Wilson (1939-40) et surtout d’Ellington (1940-43 puis 48-49). Il dirige parfois son propre ensemble mais joue également au gré des orchestres de John Kirby, Henry Allen, Jay McShann, Count Basie, etc. tout en étant un soliste très demandé dans les concerts. Il s’installe en Europe en 1965.
À la fois grand mélodiste au jeu feutré et ronronnant dans les ballades, et capable d’une fougue et d’une puissance brutale sur les morceaux chauffants, Ben Webster possède l’une des plus grosses sonorités qui soient. Souvent imité, rarement approché sinon par Arnett Cobb, il demeure l’un des grands saxophonistes ténors classiques dont l’influence s’est fait sentir jusqu’à Archie Shepp.
Voir CD Duke Ellington, The Quintessence, FA 204, Plaisir d’Ellington, FA 170, Ballads in Jazz, FA 022.
Ici avec l’orchestre de Duke Ellington.

WELLS, William “Dickie” (1907-1985) trombone).

Il étudie le trombone à 10 ans et, en 1926, débute dans des orchestres à New York. Il fait ensuite les beaux jours de nombreux grands orchestres : Benny Carter (1932-33), Charlie Johnson, Fletcher Henderson (1933-34), Chick Webb, Teddy Hill (1935-38) avec lequel il vient en Europe (profitant d’être à Paris pour enregistrer sous son nom avec Django Reinhardt), Count Basie (1938-46), Sy Oliver (1946-47)… tout en réalisant des disques en petite formation. Après 1950, on l’entendra avec Jimmy Rushing, Bill Coleman, Earl Hines, Basie à nouveau, Buck Clayton, Ray Charles, Buddy Tate, etc. et en soliste, notamment au festival de Nice en 1978.
Prenant la suite de Jimmy Harrison, Dickie Wells est, avec Vic Dickenson, J.C. Higginbotham et Jack Teagarden, l’un des grands trombonistes du jazz classique. Contrôlant admirablement son instrument, adroit dans les glissandos et maître de son jeu, il se déplace avec aisance sur le temps et fait entendre une magnifique sonorité.
Voir CD Lester Young, The Quintessence, FA 210, Count Basie, The Quintessence, FA 202.
À écouter aussi avec Count Basie.

WHITEMAN, Paul (1890-1967) violon, compositeur et chef d’orchestre.

Fils d’un professeur de musique réputé, il joue en 1912 dans l’orchestre symphonique de Denver. Il monte son orchestre en 1919 et enregistre ses premiers disques en 1920, contribuant à faire largement connaître, aux États-Unis et en  Europe, une musique appelée jazz. En 1921, il joue dans les Ziegfeld Folies, et tourne en Europe dès 1923. En 1924, il crée la Rhapsody In Blue de George Gershwin avec le compositeur au piano, ce qui lui accorde une grande célébrité dans un genre hybride dit “jazz symphonique”. Son orchestre, qui comprend notamment une section de cordes et dépasse largement le format du big band traditionnel, donne des concerts et joue pour la danse dans les plus grandes salles. En 1928, il enregistre le Concerto en Fa de Gershwin et, en 1930, tourne une comédie musicale à succès : “Le Roi du Jazz”. Un peu trop marquée “années folles”, sa musique résiste mal à l’arrivée du style Swing. Très controversé, Paul Whiteman, malgré son surnom de King of Jazz, ne s’est jamais considéré comme un vrai musicien de jazz mais, curieux et ouverts à différents genres de musique, il a su les rendre accessibles à un vaste public. Il engagea de bons musiciens de jazz comme Red Nichols, Bix Beiderbecke, Tommy et Jimmy Dorsey, Frankie Trumbauer, Jack Teagarden, Joe Venuti, Eddie Lang… révéla Bing Crosby et fut l’un des premiers à commander des arrangements à Don Redman et à Fats Waller.
Voir CD Bix Beiderbecke, The Quintessence, FA 215, George Gershwin, FA 152, Jazz Vocal Groups, FA 041.

WILLIAMS, Charles “Cootie” (1910-1985) trompette, chef d’orchestre.

Après avoir joué avec Chick Webb en 1928, il est recruté l’année suivante par Duke Ellington pour remplacer Bubber Miley, le créateur du style jungle et, jusqu’en 1940, il s’imposera comme l’une des vedettes de l’orchestre. En 1940, il est engagé par Benny Goodman dans son sextette puis, en 1942, forme son propre grand orchestre où se révèlent Bud Powell et le saxophoniste-chanteur Eddie Vinson. En 1948, après la dissolution de son big band, il monte une petite formation avec un certain succès. Puis, en 1962, il retourne chez Ellington où il restera jusqu’après la mort du Duke en 1974.
Héritier de Bubber Miley, Cootie Williams est le grand maître de la trompette wa-wa, produisant avec la sourdine des effets puissants, prenants et expressifs en diable, particulièrement dans les atmosphères bluesy. C’est également un excellent trompette “ouvert”qui possède un sens extraordinaire de la note juste ; ses solos sont parfaitement mis en place et articulés.
Voir CD Duke Ellington, The Quintessence 2, FA 236, Plaisir d’Ellington, FA 170, Charlie Christian, The Quintessence, FA 218, Bud Powell, The Quintessence, FA 234, Birth of Be Bop, FA 046.
À écouter aussi avec Barney Bigard, Duke Ellington, Benny Goodman, Johnny Hodges, Ben Webster.
WILSON, Teddy (1912-1986) piano, arrangeur, chef d’orchestre.
Ses premiers engagements professionnels se font à Detroit en 1929, puis en 1931 il remplace Art Tatum dans un orchestre de l’Ohio. En 1933, il joue brièvement avec Louis Armstrong, Jimmie Noone, Benny Carter, en 1934 il enregistre avec le vibraphoniste Red Norvo et, à partir de 1935, réunit régulièrement de petites formations de studio qui accompagnent notamment Billie Holiday. De 1936 à 1939, il est membre des trios et quartettes de Benny Goodman puis dirige son propre big band en 1939/40. Il joue ensuite en sextette, travaille pour les studios et la radio, et effectue des tournées internationales en trio ou encore avec Goodman (en 1962 en URSS).
Technicien accompli, Teddy Wilson apporte une conception nouvelle du piano en rompant avec le stride et en accentuant l’indépendance des deux mains. Son jeu, au toucher délicat, est mélodiquement et harmoniquement très riche. Musicien élégant, racé, c’est également un remarquable accompagnateur qui a influencé de nombreux pianistes modernes.
Voir CD Jazz, 36 Masterpieces, FA 016, Billie Holiday, The Quintessence, FA 209 & 222, Roy Eldridge, The Quintessence, FA 231, Sarah Vaughan, The Quintessence, FA 228.
À écouter aussi avec Sarah Vaughan.
YOUNG, Lester (1909-1959) saxophone ténor, clarinette.
Il joue d’abord de la batterie, vers 1920, puis de divers instruments avant d’adopter le saxo ténor en 1928. Présent à Kansas City dès 1931, il joue avec Bennie Moten, Count Basie, Andy Kirk avant d’entrer, en 1936,  dans le big band de Basie où il restera jusqu’en 1940. Parallèlement, il participe à diverses séances de disques, en particulier avec Teddy Wilson et Billie Holiday. En 1940, il dirige un petit groupe en Californie, retrouve les rangs de l’orchestre de Basie (1943-44), joue avec Dizzy Gillespie puis, à partir de 1946, devient un soliste très demandé sur les scènes et dans les studios. Il séjourna à Paris en 1959.
Lester Young est le premier à avoir rompu avec le style de Coleman Hawkins dont s’inspiraient peu ou prou tous les grands ténors de l’époque (Hershel Evans son collègue chez Basie, Chu Berry, Ben Webster). Il joue de manière beaucoup moins appuyée et véhémente, plus détachée et plus libre vis-à-vis de la mesure, avec un phrasé inouï à l’époque qui marquera profondément les ténors des écoles bop et cool.
Voir CD Lester Young, The Quintessence, FA 210.
À écouter également avec Dickie Wells.
ZURKE, Bob (1912-1944) piano, compositeur et chef d’orchestre.
Enfant prodige, il joue du piano à 3 ans et joue dans de nombreux orchestres avant d’entrer chez Bob Crosby en 1936, devenant l’un des artisans du renouveau du boogie-woogie au sein des big bands Swing. C’est dans cette veine qu’il monte son propre grand orchestre en 1939-40. Il joue ensuite en soliste dans les clubs de Chicago et sur la côte Ouest.
Peu connu du grand public du fait de sa brève carrière, Bob Zurke est un pianiste so­lide qui a su injecter dans le boogie à la fois les apports d’Earl Hines ainsi que des éléments plus exotiques.
Disque 1
(1) Henry “Red” Allen (tp, voc) & His Orchestra avec Jimmy Archey (tb), Albert Nicholas (cl), Luis Russell (p), etc. New York, 1930.
(2) Albert Ammons (p) & His Rhythm Kings : Guy Kelly (tp), Delbert Bright (cl, as), Ike Perkins (g), Israel Crosby (b), Jimmy Hoskins (dm). Chicago, 1936.
(3) Louis Armstrong (tp, voc) & His New Cotton Club Orchestra : big band avec Les Hite (as, bs), Lionel Hampton (dm, vib), etc. Los Angeles, 1931.
(4) Count Basie (p) & His Orchestra : big band avec Buck Clayton, Harry Edison (tp), Dickie Wells (tb), Earle Warren (as), Herschel Evans, Lester Young (ts), Freddie Green (g), Walter Page (b), Jo Jones (dm), Eddie Durham (arr), etc. New York, 1938.
(5) Sidney Bechet (ss) & His New Orleans Feetwarmers : Sonny White (p), Charlie Howard (g), Wilson Myers (b), Kenny Clarke (dm). New York, 1940.
(6) Bix Beiderbecke (ct) avec Frankie Trumbauer  (sax en do) & His Orchestra : Bill Rank (tb), Jimmy Dorsey (cl), Eddie Lang (g), etc. New York, 1927.
(7) Chu Berry (ts) & His Little Jazz Ensemble : Roy Eldridge (tp), Clyde Hart (p), Danny Barker (g), Art Shapiro (b), Big Sid Catlett (dm). New York, 1938.
(8) Barney Bigard (cl) & His Jazzopators : Cootie Williams (tp), Juan Tizol (tb), Harry Carney (bs), Duke Ellington (p), Billy Taylor (b), Sonny Greer (dm). Hollywood, 1936.
(9) Claude Bolling (p) & son Orchestre avec Rex Stewart (ct), Roger Guérin (tp), Benny Vasseur (tb), Roland Evans (cl, as), George Kennedy (as, bs), etc. Paris, 1949.
(10) Dave Brubeck (p) Octet avec Bill Smith (cl), Paul Desmond (as), etc. San Francisco, 1948.
(11) Don Byas (ts) Quartet : Erroll Garner (p), Slam Stewart (b), Harold “Doc“ West (dm). New York, 1945.
(12) Cab Calloway (voc) & His Orchestra : big band avec Irving Randolph (tp), Claude Jones (tb), Chu Berry (ts), Benny Payne (p), Danny Barker (g), Milt Hinton (b), Cozy Cole (dm), etc. New York, 1939.
(13) Benny Carter (as, arr) avec Coleman Hawkins (ts) & His All Star Jam Band : André Ekyan (as), Alix Combelle (ts), Stéphane Grappelli (p), Django Reinhardt (g), etc. Paris, 1937.
(14) Ray Charles (p, voc) avec orchestre. New York, 1952.    
(15) Charlie Christian (g) avec Benny Goodman (cl) & His Orchestra : Cootie Williams (tp), Georgie Auld (ts), Johnny Guarnieri (p), Dave Tough (dm), etc. New York, 1941.
(16) Nat King Cole (p, voc) Trio : Oscar Moore (g), Johnny Miller (b). Los Angeles, 1943.
(17) Miles Davis (tp) Nonet avec  Kai Winding (tb), Lee Konitz (as), Gerry Mulligan (bs, arr), Al Haig (p), Kenny Clarke (dm), etc. New York, 1949.
(18) Johnny Dodds (cl) Washboard Band : Natty Dominique (ct), Honoré Dutrey (tb), Charlie Alexander (p), Bill Johnson (b), Baby Dodds (wbd). Chicago, 1928.
(19) Tommy Dorsey (tb) & His Orchestra : big band avec Bunny Berigan (tp), Fred Stulce (as, arr), Babe Russin (ts), Buddy  Rich (dm), Frank Sinatra & The Pied Pipers (voc), etc. New York, 1940.
(20) Roy Eldridge (tp) & His Orchestra avec  Joe Eldridge (as), Ike Quebec (ts), Harold “Doc“ West (dm), etc. Chicago, 1943
(21) Duke Ellington (p, arr) & His Cotton Club Orchestra : big band avec Arthur Whetsol, Cootie Williams (tp), Tricky Sam Nanton (tb), Barney Bigard (cl, ts), Johnny Hodges (as), Harry Carney (bs), Duke Ellington (p, arr), etc. New York, 1930.

Disque 2

(1) Ella Fitzgerald (voc) avec Bob Haggart (b) & His Orchestra : Will Bradley (tb), Ernie Caceres (bs), Stan Freeman (p), etc. New York, 1947.
(2) Erroll Garner (p solo). Hollywood, 1947.
(3) Stan Getz (ts) Quartet : Al Haig (p), Gene Ramey (b), Stan Levey (dm). New York, 1949.
(4) Dizzy Gillespie (tp, voc) & His Orchestra : big band avec Howard Johnson (as), James Moody (ts), Cecil Payne (as, bs), John Lewis (p), Ray Brown (b), Joe Harris (dm), Kenny Hagood (voc), Gil Fuller (arr), etc. New York, 1947.
(5) Benny Goodman (cl) & His Sextet : Cootie Williams (tp), Georgie Auld (ts), Charlie Christian (g), Artie Bernstein (b), Dave Tough (dm). New York, 1941.
(6) Dexter Gordon (ts) Quintet : Leonard Hawkins (tp), Bud Powell (p), Curley Russell (b), Max Roach (dm). New York, 1946.
(7) Lionel Hampton (vib) & His Orchestra : Chu Berry (ts), Clyde Hart (p), Allen Reuss (g), Milt Hinton (b), Cozy Cole (dm). New York, 1939.
(8) Coleman Hawkins (ts) & His Orchestra avec Gene Rodgers (p), etc. New York, 1939.
(9) Fletcher Henderson & His Orchestra : big band avec Roy Eldridge (tp), Fernando Arbello (tb), Benny Bailey (cl), Chu Berry (ts), Horace Henderson (p, arr), John Kirby (b), Big Sid Catlett (dm), etc. Chicago, 1936.
(10) Woody Herman (as, cl) & His Orchestra : big band avec Ernie Royal, Shorty Rogers, Red Rodney (tp), Bill Harris (tb), Sam Marovitz (as), Al Cohn, Stan Getz, Zoot Sims (ts), Serge Chaloff (bs), Lou Levy (p), Terry Gibbs (vib), etc. Hollywood, 1948.
(11) Earl Hines (p) & His Orchestra : big band avec Gerry Valentine (tb), Scoops Carey (as), Budd Johnson, Robert Crowder (ts), Mel Powell (arr), etc. New York, 1941.
(12) Johnny Hodges (as) & His Orchestra : Cootie Williams (tp), Lawrence Brown (tb), Harry Carney (bs), Duke Ellington (p), Billy Taylor (b), Sonny Greer (dm). New York, 1939.
(13) Billie Holiday (voc) avec Eddie Heywood (p) & His Orchestra : Freddie Webster (tp), Vic Dickenson (tb), Lem Davis (as), Big Sid Catlett (dm), etc. New York, 1941.
(14) Milt Jackson (vib) & His All Stars : John Lewis (p), Alvin Jackson (b), Kenny Clarke (dm), Chano Pozo (perc). Detroit, 1948.
(15) Illinois Jacquet (ts) avec Lionel Hampton (vib) & His Orchestra : big band avec Ernie Royal, Joe Newman (tp), Marshall Royal (as), Dexter Gordon (ts), Jack McVea (bs), Milt Buckner (p), Irving Ashby (g), etc. New York, 1942.
(16) James P. Johnson (p solo). New York, 1921.    
(17) Jay Jay Johnson (tb) Be Boppers : Cecil Payne (as), Bud Powell (p), Leonard Gaskin (b), Max Roach (dm). New York, 1946.
(18) Lonnie Johnson (g) & Eddie Lang (g). New York, 1929.    
(19) Pete Johnson (p) & Big Joe Turner (voc). New York, 1938.    
(20) Louis Jordan (as, voc) & His Tympany Five : Aaron Izenhall (tp), Josh Jackson (ts), Wild Bill Davis (p), Carl Hogan (g), Po Simpkins (b), Eddie Byrd (dm). New York, 1946.
Disque 3
(1) Stan Kenton (p, arr) & His Orchestra : big band avec Art Pepper (as), etc. Hollywood, 1943.
(2) John Kirby (b) Sextet : Charlie Shavers (tp), Benny Bailey (cl), Russell Procope (as), Billy Kyle (p), O’Neil Spencer (dm). New York, 1939.
(3) Andy Kirk & His Orchestra : big band avec Howard McGhee (tp), Al Sears (ts), Kenny Kersey (p), Floyd Smith (g), etc. New York, 1942.
(4) Lee Konitz (as) Sextet : Miles Davis (tp), Sal Mosca (p), Billy Bauer (g), Arnold Fishkin (b), Max Roach (dm). New York, 1951.
(5) Tommy Ladnier (tp) & His Orchestra : Sidney Bechet (ss, cl), Mezz Mezzrow (cl), Cliff Jackson (p), Teddy Bunn (g), Elmer James (b), Manzie Johnson (dm). New York, 1938.
(6) Jimmie Lunceford & His Orchestra : big band avec Eddie Tompkins, Tommy Stevenson, Sy Oliver (tp), Willie Smith (as, cl, voc), Joe Thomas (ts, cl), Edwin Wilcox (p, arr), Al Norris (g), Moses Allen (b), James Crawford (dm), etc. New York, 1934.
(7) Jay McShann (p) & His Orchestra : big band avec Orville Minor (tp), Joe Baird (tb), John Jackson, Charlie Parker (as), Bob Mabane (ts), Gene Ramey (b), Harold “Doc“ West (dm), Skip Hall (arr), etc. New York, 1942.
(8) Glenn Miller (tb) & His Orchestra : big band avec Johnny Best (tp), Wilbur Schwartz (as, cl), Tex Benecke (ts), Chummy McGregor (p), Jerry Gray (arr), etc. New York, 1940.
(9) Lucky Millinder & His Orchestra avec Rosetta Tharpe (g, voc) : big band avec Freddie Webster (tp), Stafford Simon (ts), Bill Doggett (p), George Duvivier (b), Panama Francis (dm), etc. New York, 1941.
(10) Thelonious Monk (p) Quartet : Milt Jackson (vib), John Simmons (b), Shadow Wilson (dm). New York, 1948.
(11) Jelly Roll Morton (p) Red Hot Peppers : George Mitchell (ct), Kid Ory (tb), Omer Simeon (cl), Johnny St.Cyr (bjo), John Lindsay (b), Andrew Hilaire (dm). Chicago, 1926.
(12) Gerry Mulligan (bs) Quartet : Chet Baker (tp), Bob Whitlock (b), Chico Hamilton (dm). Los Angeles, 1952.
(13) Fats Navarro (tp) avec Tadd Dameron (p, arr) & His Band : Ernie Henry (as), Curley Russell (b), Kenny Clarke (dm). New York, 1947.
(14) Jimmie Noone (cl) Apex Club Orchestra avec Joe Poston (as), Earl Hines (p), Bud Scott (bjo, g), etc. Chicago, 1928.
(15) King Oliver (ct) Creole Jazz Band : Louis Armstrong (ct), Honoré Dutrey (tb), Johnny Dodds (cl), Lil Hardin (p), Bud Scott (bjo), Baby Dodds (dm). Richmond, 1923.
(16) Kid Ory (tb) avec Louis Armstrong (ct) & His Hot Five : Johnny Dodds (cl), Lil Hardin (p), Johnny St.Cyr (bjo). Chicago, 1927.
(17) Charlie Parker (as) Ree-Boppers : Dizzy Gillespie (tp, p), Argonne Thornton (p), Curley Russell (b), Max Roach (dm). New York, 1945.
(18) Oscar Peterson (p) Trio : Auston Roberts (b), Clarence Jones (dm). Montréal, 1947.
(19) Bud Powell (p) Modernists : Fats Navarro (tp), Sonny Rollins (ts), Tommy Potter (b), Roy Haynes (dm). New York, 1949.
(20) Ike Quebec (ts) Quintet : Ram Ramirez (p), Tiny Grimes (g), Milt Hinton (b), J.C. Heard (dm). New York, 1944.

Disque 4

(1) Django Reinhardt (g), Stéphane Grappelli (vln) & le Quintette du Hot Club de France : Roger Chaput, Eugène Vées (g), Louis Vola (b). Londres, 1938.
(2) Sonny Rollins (ts) Quartet : Kenny Drew (p), Percy Heath (b), Art Blakey (dm). New York, 1951.
(3) Bessie Smith  (voc) avec Louis Armstrong (ct), Charlie Green (tb), Fletcher Henderson (p). New York, 1925.
(4) Stuff Smith (vln, voc) & His Onyx Club Boys avec Jonah Jones (tp), Cozy Cole (dm), etc. New York, 1936.
(5) Willie “The Lion“ Smith (p solo). New York, 1939.
(6) Rex Stewart (ct) & His Feetwarmers : Barney Bigard (cl, dm), Django Reinhardt (g), Billy Taylor (b). Paris, 1939.
(7) Art Tatum (p solo). Los Angeles, 1940.
(8) Lennie Tristano (p) Sextet : Lee Konitz (as), Warne Marsh (ts), Billy Bauer (g), Arnold Fishkin (b), Denzil Best (dm). New York, 1949.
(9) Sarah Vaughan (voc) avec Teddy Wilson (p) Quartet : Charlie Ventura (ts), Remo Palmieri (g), Billy Taylor (b). New York, 1946.
(10) Fats Waller (p, voc) & His Rhythm : Herman Autrey (tp), Gene Sedric (cl), Al Casey (g), Charles Turner (b), Yank Porter (dm). New York, 1936.
(11) Dinah Washington (voc) avec Lucky Thompson (ts) All Stars : Milt Jackson (vib), Charles Mingus (b), etc. Los Angeles, 1945.
(12) Ethel Waters (voc) avec Sterling Bose ou Bunny Berigan (tp), Tommy Dorsey (tb), Jimmy Dorsey (cl, as), Joe Venuti (vln), etc. New York, 1933.
(13) Chick Webb (dm) & His Orchestra : big band avec Bobby Stark, Taft Jordan (tp), Sandy Williams (tb), Louis Jordan (as), Benny Carter (arr), etc. New York, 1938.
(14) Ben Webster (ts) avec Duke Ellington (p) & His Famous Orchestra : Wallace Jones, Rex Stewart, Cootie Williams (tp), Tricky Sam Nanton, Lawrence Brown, Juan Tizol (tb), Johnny Hodges, Otto Hardwicke (as), Barney Bigard (ts), Harry Carney (bs), Fred Guy (g), Jimmy Blanton (b), Sonny Greer (dm). Chicago, 1940.
(15) Dickie Wells (tb) & His Orchestra : Bill Coleman (tp), Lester Young (ts), Ellis Larkins (p), Freddie Green (g), Al Hall (b), Jo Jones (dm). NYC, 1943.
(16) Paul Whiteman & His Orchestra : big band avec Bix Beiderbecke (ct), Jimmy Dorsey (as), Frankie Trumbauer (sax en do), Roy Bargy (p), Steve Brown (b), Hal McDonald (dm), Bill Challis (arr), etc. New York, 1928.
(17) Cootie Williams (tp) & His Rug Cutters : Tricky Sam Nanton (tb), Johnny Hodges (as), Barney Bigard (ts, cl), Harry Carney (bs), Duke Ellington (p), Fred Guy (g), Billy Taylor (b), Sonny Greer (dm). New York, 1938.
(18) Teddy Wilson (p) Trio : Al Hall (b), J.C. Heard (dm). Chicago, 1941.
(19) Lester Young (ts) Quartet : Count Basie (p), Freddie Green (g), Rodney Richardson (b), Jo Jones (dm). New York, 1949.
(20) Bob Zurke (p) & His Delta Rhythm Boys : big band. New York, 1939.
Abréviation des instruments :
ct : cornet – tp : trompette – tb : trombone – ss : saxo soprano – as : saxo alto – ts : saxo ténor – bs : saxo baryton – cl : clarinette – p : piano – vln : violon – g : guitare – bjo : banjo – b : contrebasse – dm : batterie (drums) – vib : vibraphone – wbd : washboard - perc : percussions – voc : chant – arr : arrangements – big band : grand orchestre.


1. Henry “Red“ Allen - Roamin’ (Smith) 3’38 • 2. Albert Ammons - Boogie Woogie Stomp (A. Ammons) 3’00 • 3. Louis Armstrong - Shine (F. Dabney - C. Mack - L. Brown) 3’16 • 4. Count Basie - Swingin’ The Blues (E. Durham - C. Basie) 2’47 • 5. Sidney Bechet - Indian Summer (A. Dubin - V. Herbert) 3’07 • 6. Bix Beiderbecke - Singin’ The Blues (C. Conrad - J.R. Robinson) 3’01 • 7. Chu Berry - Sittin’ In (Gabler) 2’12 • 8. Barney Bigard - Stompy Jones (D. Ellington) 2’42 • 9. Claude Bolling - Things Ain’t What They Used To Be (M. Ellington) • 10. Dave Brubeck - You Go To My Head (J.F. Coots - H. Gillespie) 3’03 • 11. Don Byas - Wrap Your Troubles In Dreams (H. Barris - T. Koehler - B. Moll) 3’00 • 12. Cab Calloway - The Jumpin’ Jive (Froeba - Calloway - Palmer) 2’49 • 13. Benny Carter - Crazy Rhythm (J. Meyer - R.W. Kahn) 3’01 • 14. Ray Charles - The Sun’s Gonna Shine Again (R. Charles) 2’36 • 15. Charlie Christian - Solo Flight (C. Christian - B. Goodman - J. Mundy) 2’49 • 16. Nat King Cole - If You Can’t Smile And Say Yes (T. Rogers - Jordan) 3’05 • 17. Miles Davis - Godchild (G. Wallington) 3’09 • 18. Johnny Dodds - Bull Fiddle Blues (J. Dodds) 2’55 • 19. Tommy Dorsey (& Frank Sinatra) - I’ll Never Smile Again (Lowe) 3’11 • 20. Roy Eldridge - The Gasser (R. Eldridge) 2’53 • 21. Duke Ellington - Mood Indigo (D. Ellington - B. Bigard -
I. Mills) 3’06


1. Ella Fitzgerald - Oh, Lady Be Good (G. & I. Gershwin) 3’15 • 2. Erroll Garner - Erroll’s Bounce (E. Garner) 2’59 • 3. Stan Getz - Long Island Sound (S. Getz) 2’56 • 4. Dizzy Gillespie - Oop-Pop-A-Da (D. Gillespie - J. Brown) 3’09 • 5. Benny Goodman - Good Enough To Keep (B. Goodman - J. Mundy - C. Christian) 3’23 • 6. Dexter Gordon - Long Tall Dexter (D. Gordon) 3’02 • 7. Lionel Hampton - Shufflin’ At The Hollywood (L. Hampton - A. Reuss) 3’05 • 8. Coleman Hawkins - Body And Soul (Green - Heyman - Sour - Eyton) 3’00 • 9. Fletcher Henderson - Blue Lou (E. Sampson - I. Mills) 3’06 • 10. Woody Herman - Early Autum (R. Burns) 3’12 • 11. Earl Hines - The Earl (M. Powell) 2’50 • 12. Johnny Hodges - Dooji Wooji (D. Ellington) 2’58 • 13. Billie Holiday - Lover Come Back To Me (S. Romberg - O. Hammerstein) 3’15 • 14. Milt Jackson - In A Beautiful Mood (M. Jackson) 2’49 • 15. Illinois Jacquet - Flying Home (L. Hampton - B. Goodman - S. Robin) 3’13 • 16. James P. Johnson - Carolina Shout (J.P. Johnson) 2’45 • 17. J.J. Johnson - Mad The Bop (J.J. Johnson) 2’43 • 18. Lonnie Johnson & Eddie Lang - A Handful Of Riffs (L. Johnson - E. Lang) 3’06 • 19. Pete Johnson & Big Joe Turner - Roll ‘Em Pete (P. Johnson - J. Turner) 2’49 • 20. Louis Jordan - Let The Good Times Roll  (Spo-De-Ode - F. Moore - S. Theard) 2’48
1. Stan Kenton - Artistry In Rhythm (S. Kenton) 3’20 • 2. John Kirby - Front And Center (C. Shavers - J. Kirby) 2’55 • 3. Andy Kirk - McGhee Special (H. McGhee) 2’51 • 4. Lee Konitz - Ezz-Thetic (G. Russell) 2’52 • 5. Tommy Ladnier - Really The Blues (M. Mezzrow) 3’37 • 6. Jimmie Lunceford - Rhythm In Our Business (S. Chaplin - J. Lunceford - S. Cahn) 3’12 • 7. Jay McShann - Sepian Bounce (A. Hall - J. McShann) 3’13 • 8. Glenn Miller - Tuxedo Junction (W. Johnson - J. Dash - E. Hawkins - B. Feyne) 3’29 • 9. Lucky Millinder (& Rosetta Tharpe) - That’s All (R. Tharpe) 2’37 • 10. Thelonious Monk - ‘Round About Midnight (T. Monk - C. Williams) 3’11 • 11. Jelly Roll Morton - The Chant (M. Stitzel) 3’07 • 12. Gerry Mulligan - Bernie’s Tune (G. Mulligan) 2’53 • 13. Fats Navarro - The Tadd Walk (T. Dameron) 2’52 • 14. Jimmie Noone - Apex Blues (E. Hines - J. Noone) 3’06 • 15. King Oliver - Dippermouth Blues
(J. Oliver - L. Armstrong) 2’29 • 16. Kid Ory - Ory’s Creole Trombone (E. Ory) 3’11 • 17. Charlie Parker - Koko (C. Parker) 2’55 • 18. Oscar Peterson - Smiles (Callaghan - Roberts) 2’33 • 19. Bud Powell - Wail  (B. Powell) 3’06 • 20. Ike Quebec - She’s Funny That Way (R.A. Whiting - Moore) 4’25


1. Django Reinhardt (& Stéphane Grappelli) - Daphné (D. Reinhardt - S. Grappelli) 3’08 • 2. Sonny Rollins - Mambo Bounce (S. Rollins) 2’23 • 3. Bessie Smith - Careless Love (W.C. Handy - Williams - Koenig) 3’15 • 4. Stuff Smith - You’se A Viper (S. Smith) 3’07 • 5. Willie “The Lion“ Smith - Echoes Of Spring (W. Smith) 2’42 • 6. Rex Stewart - Solid Old Man (R. Stewart - B. Taylor - B. Bigard) 3’03 • 7. Art Tatum - Get Happy (H. Arlen - T. Koehler) 2’44 • 8. Lennie Tristano - Intuition (L. Tristano) 2’28 • 9. Sarah Vaughan - September Song (K. Weill - M. Anderson) 3’05 • 10. Fats Waller - It’s A Sin To Tell A Lie (B. Mayhew) 2’54 • 11. Dinah Washington - Rich Man’s Blues (T. Lowe) 2’54 • 12. Ethel Waters - Stormy Weather (H. Arlen - T. Koehler) 3’09 • 13. Chick Webb - Liza (G. & I. Gershwin) 2’48 • 14. Ben Webster - Cotton Tail (D. Ellington) 3’11 • 15. Dickie Wells - I Got Rhythm (G. & I. Gershwin) 4’08 • 16. Paul Whiteman - Dardanella (F. Bernard - J.S. Black - F. Fisher) 3’02 • 17. Cootie Williams - Echoes Of Harlem (D. Ellington - C. Williams) 3’11 • 18. Teddy Wilson - I Know What You Know(V. Youmans - A. Caldwell) 2’23 • 19. Lester Young - Blue Lester (L. Young) 3’24 • 20. Bob Zurke - Cuban Boogie Woogie (B. Zurke) 2’37

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