Fremeaux.com
L'aventure spatiale
L’AVENTURE SPATIALE
Une histoire radiophonique de l’aventure spatiale franco-européenne du XXe siècle
80 archives sonores de l’INA sur l’histoire spatiale

A history of the french-european space adventure from french 20th century public radio archives





L’Observatoire de l’Espace du Cnes
L’Observatoire de l’Espace du CNES (Centre National d’Etudes Spatiales) élabore et conduit depuis l’année 2000, la politique culturelle de l’établissement. Il a pour volonté de susciter des réflexions autour de l’Espace en diffusant les connaissances et les représentations liées au domaine spatial. L’Observatoire de l’Espace contribue ainsi à un dialogue renouvelé entre chercheurs, médiateurs et publics, en mobilisant un grand nombre de partenaires sur l’ensemble du territoire et dans de multiples thématiques. Seule une telle démarche est à même de révéler aux publics les richesses, les surprises et les beautés des sciences et des techniques contemporaines et susciter ainsi de nouveaux intérêts. L’Observatoire de l’Espace développe ainsi une présence innovante dans le champ culturel. Son ambition est de révéler aux publics les plus diversifiés que l’Espace, et plus généralement les technologies et les découvertes qui y sont associées dans de nombreux domaines de la science et de la société, concerne véritablement chacun dans ses activités et son imaginaire.

L’institut national de l’audiovisuel 
Première banque mondiale d’archives numérisées, l’Institut national de l’audiovisuel conserve, depuis 1974, les archives télévisées et radiophoniques des sociétés nationales de programmes. En 1992, la mission de dépôt légal de radio télévision lui a été confiée. Outre son action de collecte, de sauvegarde, de restauration et de commercialisation des archives audiovisuelles, l’Ina est également un laboratoire de recherche et le premier centre européen de formation (professionnelle et initiale) aux métiers de l’audiovisuel et du multimédia. Enfin, l’Institut produit des documentaires et développe une politique de valorisation du fonds à des fins culturelles et éducatives.

Frémeaux & Associés
Frémeaux & Associés se consacre depuis 1991 à la production et à la diffusion du patrimoine sonore aussi bien musical, que littéraire, philosophique ou scientifique du XXe siècle. Avec plus de 800 distinctions pour 700 références, Frémeaux & Associés est l’un des labels les plus primés au monde au nombre de références et s’attache à défendre la diversité culturelle par des produits de qualité réalisés par les plus grands spécialistes, en utilisant les meilleures technologies de restauration et en apparentant chaque livret explicatif à un véritable appareil documentaire critique. Frémeaux & Associés a reçu en Novembre 2001, le grand prix in Honorem de l’Académie Charles Cros, décerné pour la première fois à un éditeur pour son œuvre éditoriale.

Direction éditoriale : Gérard Azoulay, Observatoire de l’Espace du CNES. Collaborateurs : Jacques André, Miléna Donato, Judith Pargamin, David Redon, Boyd Vincent.
Coordination INA : Béatrice Montoriol. Collaborateurs : Philippe Chaligné, Jean-François Pontefract.
Co-production : CNES - INA.
Fabrication et distribution : Frémeaux & Associés.

Fragments pour une histoire de l’aventure spatiale franco-européenne au travers des archives radiophoniques publiques du XXe siècle
La société de l’information, par la répercussion et la construction médiatique des événements du monde qu’elle produit, est intimement liée aux développements de l’histoire spatiale. Cette dernière engendre une production permanente de commentaires qui constituent autant de sources et de perspectives nouvelles dont témoignent les documents sonores des chaînes de radio publiques françaises (notamment de France Inter depuis les années 60) sur la genèse et le développement des activités spatiales en France, en Europe et dans le monde depuis plus d’un demi-siècle et conservés par l’Ina. L’antériorité de ce média sur la télévision et Internet a conduit à la production d’un ensemble complet et privilégié de matériaux sonores, devenus archives, pour quiconque s’intéresse à l’histoire de l’aventure spatiale, d’un public de curieux à l’historien du temps présent. Détaché de la fascination de l’instant, ce matériau offre à chacun la possibilité de revisiter l’histoire d’une activité trop souvent desservie tant par la complexité des disciplines qui la constituent que par les événements spectaculaires qui la rythment.

Les extraits présentés dans ce coffret ont été organisés selon trois thématiques pour faciliter la perception et l’accès à un tel ensemble : politique et symbolique, stratégique et économique, et enfin scientifique. D’évidence, il faut préciser que la réflexion historique ne peut s’effectuer sans un travail sur des types de sources multiples, provenant des différentes entités et organisations impliquées dans l’objet d’étude. Il s’en suit que les fragments sonores rassemblés ici n’ont nullement la prétention de présenter une histoire de l’espace, mais tout au contraire une partie des matériaux nécessaires à son écriture. D’ores et déjà, les tensions dans les éléments sonores sélectionnés, que la construction thématique révèle, soulignent la nécessité d’un réel travail historique qui croiserait tant les thèmes cités qu’une histoire de leur médiatisation. L’existence de certains extraits scindés entre deux thèmes ou encore l’épaisseur historique suggérée dont la complexité ne saurait être développée ici montrent en contrepoint la richesse des matériaux réunis. Nous avons chaque fois tenté de retrouver les différents auteurs des extraits présentés. Que ceux que nous avons omis, faute d’informations disponibles suffisantes, nous pardonnent cet oubli.

Les extraits proposés ici dessinent un champ historique qui s’étend des origines de l’Espace franco-européen jusqu’à la fin du XXe siècle. La construction de cette chronique doit se comprendre en fonction de trois critères, chacun avec ses amplifications et ses limites. Le premier, le plus déterminant, est lié à l’existence et à la disponibilité des sources à l’Institut national de l’audiovisuel car les radios publiques françaises ont des contraintes inhérentes à leur production, leur archivage, leur décryp-tage ou leur informatisation ; le deuxième est relatif à l’attention particulière que nous avons voulu porter à l’origine et aux développements des institutions spatiales françaises et européennes, ce qui était inhérent à la genèse même de ce projet. Le dernier est lié aux choix des repères sonores internationaux où une certaine subjectivité était inévitable pour les sélectionner. Il s’agissait d’inscrire en effet l’histoire de l’aventure spatiale française et européenne dans un contexte international, depuis l’année 1957 où fut lancé le premier satellite artificiel Spoutnik par les soviétiques jusqu’aux enjeux contemporains des programmes d’accès à l’espace. Suivant une approche “multiscalaire”, soit un jeu permanent entre les échelles nationales, européennes et internationales, notamment américaines et soviétiques, la sélection des enregistrements fait entrer en résonance les principales étapes du développement des activités spatiales. Cette construction radiophonique de l’Espace possède plusieurs vertus, tant par la spécificité des sources convoquées que par la condensation spatio-temporelle résultant de leur assemblage : d’une part, elle ravive une mémoire à ceux qui en ont été les spectateurs ou auditeurs et leur fait redécouvrir l’inaperçu de l’époque, et, d’autre part, elle offre un voyage dans le temps à ceux nés après la phase héroïque de cette aventure. Pour une première approche plus historique, un tableau synoptique de ces séries thématiques, accompagné de quelques repères historiques clés, invite l’auditeur à prolonger par lui-même les croisements et les passerelles esquissés dans les notices, tant les enjeux de différents types semblent parfois se mêler et vouloir démentir toute classification trop académique en ce domaine. En définitive, les fragments radiophoniques rassemblés dans ce programme demeurent une contribution à une histoire culturelle de l’Espace qui reste largement à écrire. 
Gérard AZOULAY
pour l’Observatoire de l’Espace / CNES

English notes
Excerpts for a history of the French-European space adventure from French 20th century public radio archives
The radio archive excerpts on this audio CD are inspired by three guiding themes: political and symbolic; strategic and economic; and scientific. They do not pretend to chart the history of space, but rather provide some of the material required to write it, covering the period from the beginnings of France and Europe’s space programme to the end of the 20th century. In putting this chronicle together, the authors took three criteria into account: the availability of source material at INA, France’s national audiovisual institute; a focus on the early years of French and European space institutions; and a subjective selection of international archive material. The aim is to place the history of France’s and Europe’s space adventure in an international context, from the launch of the first Sputnik man-made satellite by the Soviets in 1957 to the contemporary challenges facing today’s space access programmes. The recordings establish an interplay between national, European and international events, especially in the United States and the former Soviet Union, highlighting the key milestones that have marked the development of space activities. To allow listeners to pursue the cross-references in the notes in detail, a table with key dates provides a more historical outline. In the final analysis, these sound recordings are a contribution to the cultural history of space that largely is still to be written.

 Date Repères historiques / Politiques et symboliques / Stratégiques et économiques / Scientifiques
1927 L’astronautique de Robert Esnault-Pelterie  
1933 Hitler au pouvoir en Allemagne   
1936 Peenemünde : 1re base spatiale nazie de V2 / La fusée à étage   
1942 Premiers lancements de fusées V2   
1947 Crise de Berlin – Début de la guerre froide / Les bases spatiales en Algérie 
1948 La souveraineté nationale  
1949 Les techniques de propulsion 
1950 Les V2 / Les débuts de l'astronautique
1950 Le Ceres / Les perspectives de l’astronautique
1953 Mort de Staline   
1957 Premier satellite artificiel / Les satellites soviétiques Spoutnik / Année géophysique internationale
1957 Traité de Rome - Construction d'une Europe politique / La chienne Laika
1958 Création de la NASA aux USA / Le satellite américain Explorer   
1958 Ch. de Gaulle président de la Ve République / L’exposition  internationale “Terre et Cosmos”   
1959  La sonde soviétique Luna II / La Sereb / Expériences en fusées sondes
1961 Premier homme dans l'espace / Moscou - Youri Gagarine / Le rat Hector
1961 Accord de coopération spatiale France-USA / L’organisation des recherches spatiales   
1961 JF Kennedy, président des USA (discours sur la Lune) / Création du Centre National d’Etudes Spatiales   
1961  Conférence spatiale européenne   
1962 Indépendance de l'Algérie / L’astronaute américain John Glenn / Eurospace 
1962  1re liaison télévisée transatlantique par satellite  
1962  1er échange téléphonique transatlantique par satellite,   
1963  La cosmonaute soviétique Valentina Tereschkova /  La physiologie spatiale
1964 Crise de Cuba et destitution de N. Khrouchtchev  / L’étude de la haute atmosphère
1965  Paris - Alexis Leonov / La fusée Diamant / Le satellite FR1
1965  Hergé, auteur de bandes dessinées  
1965  La fusée Diamant  / Télémétrie laser
1965  Le satellite A1   
1965  L'exploration lunaire  
1966  Le Centre Spatial Guyanais / Le satellite D1
1966 Accord de coopération spatiale France-URSS / L’Europe spatiale  
1967 Traité de l'ONU sur l'exploration pacifique de l'espace   
1968 R.Nixon, président des USA / Le Centre Spatial Guyanais 
1969 L’astronaute américain Neil Armstrong  
1969 Richard Nixon  
1971 Échec du lanceur Europa 2 
1973 L’Europe spatiale  
1974 Le satellite de télécommunications Symphonie / La Géodésie spatiale
1975 Dégel des relations américano-soviétiques / Rencontre Apollo-Soyouz  
1977 La Météorologie spatiale
1979 Le lanceur Ariane 1 / Le lanceur Ariane 1 
1981 R. Reagan, président des USA, relance la guerre froide / La Métallurgie
1982 1er vol orbital franco-soviétique   
1983 Le marché des satellites de télécommunications 
1984 R.Reagan opère des réductions budgétaires des programmes spatiaux / 1er vol commercial du lanceur Ariane 
1985 La télévision par satellite / La comète de Halley
1986 Crise de la NASA / Accident de la navette américaine / Accident de la navette américaine 
1986 La Sonde Giotto / L'observation de la Terre 
1987 L’infrastructure orbitale européenne   
1988 Le lanceur Ariane 4 
1989 Les systèmes Argos et Sarsat-Cospas /  La sonde américaine Voyager 2
1989
 Chute du mur de Berlin – Fin de la Guerre froide / Le satellite d’astrométrie Hipparcos
1989 La coopération franco-soviétique / Le télescope Sigma d’astronomie gamma
1991 1re guerre du golfe / Le système de localisation Argos
1991 Fin de l'URSS / Le satellite radar Ers1
1992 L’infrastructure orbitale européenne / Le marché des lancements 
1992 La coopération franco-américaine / Le satellite d'océanographie Topex-Poséïdon
1995 Le satellite militaire Hélios / Le satellite militaire Hélios / Le satellite infrarouge Iso
1996 Echec du lanceur Ariane 5   
1998 Troisième vol d’Ariane 5   
1999 Le télescope Hubble
En gras : extraits sonores correspondants à des événements internationaux

L’Espace : un enjeu politique et symbolique
L’aventure spatiale, dans le cadre de la guerre froide (1947-1991), constitue un enjeu politique et symbolique majeur qui lui vaut alors la désignation de “course aux étoiles”, métaphore évidente de l’embellie technologique qui caractérise le développement rapide et considérable des activités spatiales. L’affrontement entre les deux superpuissances étasuniennes et soviétiques, de même qu’il se reporte sur des conflits armés qui ne voient jamais les deux grands s’opposer directement, de même qu’il se traduit dans les légendaires parties d’échecs, se transpose dans cette course effrénée aux premières satellisations, à l’envoi de l’homme dans l’espace, à l’alunissage. Les réussites technologiques et scientifiques dans le domaine spatial sont alors présentées comme le reflet de la réussite des modèles de société prônés par les deux pays ennemis. C’est dans cet espace symbolique que se situe la politique d’indépendance technologique et stratégique développée par le Général de Gaulle (1958-1968) et poursuivie par le gouvernement Pompidou (1969-1974). Parallèlement à la mise en œuvre de moyens indépendants dans les domaines de l’aéronautique avec Airbus, Concorde, de l’atome avec la création du Cea et de la force de dissuasion nucléaire, de l’informatique, l’Etat français développe, au travers du Cnes, ses propres moyens spatiaux civils - lanceurs et satellites - tandis qu’il s’associe aux Etats-Unis et à l’URSS pour envoyer les premiers “français” dans l’espace ou réaliser des programmes scientifiques novateurs comme Topex-Poséidon ou Sigma. Cette politique trouvera ensuite son prolongement au sein d’une structure européenne, d’abord balbutiante, et qui peinera à trouver sa forme opérationnelle, puis ensuite en 1975 au sein de l’Agence Spatiale Européenne qui permettra sous l’impulsion du Cnes, la réussite du programme Ariane, mais aussi des grandes missions scientifiques et technologiques comme celle de la sonde Giotto. L‘exploration des archives radiophoniques françaises de l’Ina amène un éclairage contrasté sur les différents enjeux d’une activité spatiale qui fut, en particulier durant la période de la guerre froide, le vecteur symbolique de l’affrontement entre les systèmes communistes et capitalistes, mais aussi celui de l’indépendance de la France puis de l’Europe à l’égard de ces deux modèles sociétaux. Les témoignages des pionniers de l’astronautique, les théories qu’ils développèrent, les perspectives nouvelles que revêtaient alors l’arrachement à l’attraction terrestre et la découverte d’un nouveau milieu permettent tout autant de renouer avec une dimension imaginaire parfois oblitérée par la prédominance des aspects stratégiques, technologiques et économiques des activités spatiales.

CD N°1
Plage 1 : Interviewé en 1967, l’ingénieur Louis Damblanc (1889-1969) revient sur sa contribution à l’avancée des technologies spatiales. Il a été le premier à élaborer une théorie des fusées à étages dont il dépose les brevets à partir de 1936. / French engineer Louis Damblanc conceived and patented solid-fuel multistage rockets.

Plage 2 : La visite du ministre des Armées, Paul Coste-Floret, en 1948 au Cepa à l’arsenal de Puteaux, est l’occasion de présenter les premières recherches françaises dans le domaine des fusées. En France, le professeur Henri Moureu crée le Cepa à l’issue de la guerre où il travaille en particulier à analyser la structure de fusées V2 récupérées lors des bombardements parisiens en octobre 1944. / France’s Cepa research centre did pioneering early work on rockets after the war.

Plage 3 : Réaction des Etats-Unis, enregistrée par le journaliste Pierre Crenesse, à la suite des lancements en 1957 des Spoutnik, premiers satellites artificiels de la Terre dont l’un embarquait le 1er  être vivant, la chienne Laïka, lancés par les Soviétiques à l’occasion de l’année géophysique internationale. Dans le cadre de la guerre froide, après l’annonce d’un programme de satellites par les deux grandes puissances en 1955, ces événements ouvrent concrètement l’ère de la “course aux étoiles”. La frustration américaine aura pour conséquence directe la réorganisation de la recherche spatiale, jusqu’alors dispersée entre différents organismes, et in fine la création de la Nasa en 1958. / The launch of Sputnik in 1957 spurred the USA to reorganize its space research effort, forming Nasa in 1958.

Plage 4 & 5 : A l’occasion du lancement du premier satellite américain Explorer en 1958, les journalistes Jacques Simon et Constantin Zarneko rapportent les points de vue américain et soviétique. En réponse au lancement des Spoutnik, les Américains avec leurs satellites Explorer prennent une position dominante dans le champ des expériences scientifiques, notamment dans l’atmosphère et la magnétosphère. Les trois premiers Explorer permettront la découverte des ceintures de radiations de Van Allen. / Explorer was the USA’s response to Sputnik in the Cold War space race with the Soviets.

Plage 6 : Fernand Lot, journaliste, présente la première exposition consacrée, en 1958, uniquement à l’espace. Cette exposition internationale révèle la fermeté du gouvernement dans sa volonté de développer les activités spatiales. Elle regroupe tous les organismes participant à ces activités, tant militaires que civils. On y trouve ainsi présentée la famille de fusées sondes Véronique qui donnent à la France les premiers moyens d’exploration extra-atmosphériques. / The first international space exhibition in 1958 demonstrated France’s firm commitment to space.

Plage 7 : Nicolas Vichney, journaliste, commente le lancement de la deuxième sonde soviétique vers la Lune à l’occasion de la visite de Nikita Khrouchtchev aux USA en 1959. Après la réussite de la mise en orbite des premiers satellites artificiels, la compétition se porte vers un objectif encore plus ambitieux, la Lune. L’aboutissement de cette compétition sera l’alunissage des astronautes américains en 1969. / After the first man-made satellites, the two space powers shift their attention to the Moon, culminating in the USA’s lunar landing in 1969.

Plage 8 : Discours du premier cosmonaute soviétique, Youri Gagarine, sur la Place Rouge à Moscou après son vol spatial. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine effectue une révolution d’1 h 48 autour de la Terre à bord du vaisseau Vostok-1 et devient ainsi le premier homme dans l’espace. / Yuri Gagarin in Moscow’s Red Square after becoming the first man in space in 1961.

Plage 9 : En 1961, Pierre Piganiol, délégué général de la Dgrst, évoque la structuration des recherches spatiales qui débute en France par la constitution d’une structure de réflexion, le Crs, en 1958. Cette volonté d’organisation de la recherche s’inscrit dans une politique globale qui vise au renforcement de la position de la France au plan international. / France forms a Space Research Committee in 1958 as part of a broad strategy to reorganize its science effort.

Plage 10 : Claude-Paul Pajard, journaliste, présente la loi-programme de décembre 1961 portant création d’un organisme de recherches spatiales indépendant et civil. Les travaux préparatoires du Crs amènent la création du Cnes sur un modèle proche du Cea. Grâce à l’accord franco-américain de mars 1961, le Cnes bénéficie durant sa phase de démarrage de la transmission des connaissances et des savoir-faire des ingénieurs de la Nasa dans le domaine des satellites. / Founded in 1961, France’s space agency Cnes drew on Nasa’s satellite expertise in its early years.

Plage 11 : La France et le Royaume-Uni s’engagent dans une première coopération bilatérale spatiale dès les années 1960. Celle-ci est à l’origine de la première tentative de coopération européenne dans le domaine spatial qui se traduit par l’organisation de la 1re conférence intergouvernementale de Meyrin en Suisse où se met en place la Copers. François de Rose, chef de la délégation française, est interrogé par José Kuhlman, journaliste. Les travaux préparatoires aboutissent à un accord portant création de la première organisation spatiale européenne, le Cecles-Eldo qui développera la fusée Europa. / Cooperation in space between France and the UK in the 1960s laid the early foundations for Eldo and development of the Europa rocket.

Plage 12 : Le 20 février 1962, l’astronaute américain John Glenn, 10 mois après Gagarine, effectue un vol spatial de 4 heures et 55 minutes que commente Jean Piazza, journaliste. / Ten months after Gagarin, US astronaut John Glenn makes a spaceflight of nearly 5 hours.

Plage 13 : Lors de la première liaison télévisée par satellite, un technicien du Cnet, M. Envierra, explique au journaliste Samy Simon l’originalité du programme Telstar. Un accord signé en 1961 entre la Grande Bretagne, la France et les Etats-Unis, portant sur les projets de satellites de télécommunications à défilement Telstar et Relay permet à la France, sous l’impulsion de René Marzin, directeur du Cnet, de recevoir sur le site de Pleumeur-Bodou en Bretagne l’antenne de réception du satellite de télécommunication américain Telstar. Le 10 juillet 1962, la France devient ainsi le premier pays à effectuer une liaison télévisuelle transatlantique par satellite. / Following an agreement with the UK and the USA, France is the first nation to set up a transatlantic satellite TV link in 1962.

Plage 14 : Retransmission en 1962 de la première conversation téléphonique franco-américaine par satellite entre Jacques Marette, ministre des Postes et Télécommunications et le secrétaire d’état américain. Les premiers lancements des satellites de télécommunications (Telstar, Early Bird) mettent en avant l’enjeu des télécommunications spatiales et encouragent la France et les états européens à s’engager dans cette voie. / After the first satellite phone call between France and the USA in 1962, Europe follows the US lead in developing civil satellite telecommunications.

Plage 15 : Francis Mercury, journaliste, relate les perceptions de la population américaine lors du vol de près de 3 jours de la première femme cosmonaute Valentina Terechkova le 16 juin 1963 à bord de Vostok-6. L’envoi de femmes dans l’espace constitue une nouvelle étape de la guerre indirecte et symbolique que se jouent américains et soviétiques. / Valentina Terechkova becomes the first female cosmonaut in 1963, marking a new phase in the US-Soviet space race.

Plage 16 : Les Soviétiques remportent une nouvelle victoire sur les Etats-Unis en réussissant le 18 mars 1965 la première sortie d’un homme dans le vide spatial pendant douze minutes. Le cosmonaute soviétique Alexis Léonov, colonel de l’Armée Rouge, est interviewé à l’occasion de sa visite en France. / In 1965, Aleksey Leonov becomes the first man to perform a spacewalk - another first for the Soviets.

Plage 17 : En 1965, l’auteur de bandes dessinées, Hergé revendique une antériorité des représentations des lanceurs et des véhicules lunaires réalisées pour Objectif Lune  en 1953. Sa fusée se rapprochait néanmoins plus des V2 mono étage que des fusées Saturn V américaines. Après Une femme dans la Lune de Fritz Lang tourné en 1928 et le programme Man in space que von Braun conçoit avec Walt Disney en 1955, cet essaimage de l’expérience allemande consacre sa position dans l’imaginaire spatial. / In 1965, comic strip author Hergé stakes his claim as the first to depict launchers and lunar vehicles.

Plage 18 : Bernard Dorleac, directeur de la Sereb, lors du premier lancement de la fusée Diamant. Travaillant au développement des vecteurs balistiques de la force de dissuasion nucléaire, la Sereb conçoit dans le même temps le premier lanceur civil français, Diamant. Le 26 novembre 1965, avec le premier lancement réussi de Diamant, la France devient la 3e puissance spatiale. Après 4 tirs réussis de la base d’Hammaguir, le programme est transféré au Cnes dès 1966, devenant alors le premier programme civil de lanceurs. / With the first successful launch of Diamant in 1965, France becomes the world’s third space power.

Plage 19 : En 1965, le lancement de la première fusée Diamant permet de satelliser en orbite basse la capsule technologique française A1 (Astérix) d’un poids de 42 kilogrammes. Par Jacques Garat, journaliste. / The first Diamant launch places a small technological capsule into low-Earth orbit.

Plage 20 : A l’occasion d’une tournée en Europe en 1965, Werhner von Braun, directeur du Centre spatial de vol Marshall, présente le programme spatial américain. A l’issue de la seconde guerre mondiale, Werhner von Braun (1912-1977), père des V2 nazies, est engagé par les Etats-Unis où il deviendra en quelques années le père de la fusée Saturn V, des programmes Gemini et Apollo. / Werhner von Braun, designer of the German V-2 rocket, was later the driving force behind the US space launch programme.

Plage 21 : Le général Robert Aubinière, directeur général du Cnes, donne les raisons du choix de Kourou. Après une étude sur 14 sites de par le monde, la Guyane française est retenue par le Cnes pour implanter son champ de tir de lanceurs civils sur une zone de 96 000 hectares. Le site est sélectionné pour des critères physiques, climatiques, sismiques et humains. En 1966, le conseil de l’Eldo choisit la base de lancement de Kourou, en Guyane française, pour lancer les fusées Europa. / Cnes chooses Kourou, in French Guiana, as the site for France’s civil launch base in 1964.

Plage 22 : La conférence de l’Eldo à Paris où Alain Peyrefitte, ministre de la recherche, représente la France, solutionne provisoirement les problèmes de l’organisation spatiale européenne. De 1962 à 1966, l’Eldo travaille à la conception d’un lanceur lourd de satellites en orbite basse. Or, les avancées des deux grandes puissances spatiales dans le domaine des télécommunications spatiales mettent rapidement en évidence le besoin de lanceurs capables d’atteindre l’orbite géostationnaire, à 36 000 km de la terre. Les Européens sont donc amenés à réorienter leur programme de lanceur et à rechercher une base compatible avec les lancements géostationnaires, tandis qu’est voté le développement du nouveau lanceur Europa 2. / Europe shifts the focus of its launch programme to geostationary orbit and chooses France’s new Kourou site as its base.

Plage 23 : Le 21 juillet 1969 à 03h56, heure de Paris, l’astronaute américain Neil Armstrong, est le premier homme à mettre le pied sur la Lune. De là, il prononcera la fameuse phrase : “C’est un petit pas pour l’homme, mais un pas de géant pour l’humanité”, difficilement audible dans cet extrait. La mission Apollo 11 avait décollé le 16 juillet 1969 de Cap Canaveral. / On 20 July 1969, US astronaut Neil Armstrong is the first man on the Moon.

Plage 24 : Richard Nixon, président des Etats-Unis, s’entretient avec Neil Armstrong sur la Lune. Élu l’année précédente, il trouve avec cet événement, suivi par plus d’un demi milliard de téléspectateurs, une plate-forme d’expression mondiale. Les Américains surpassent définitivement les Russes dans cette étape symbolique de la guerre froide. / US President Richard Nixon links up with Neil Armstrong on the Moon, a symbolic milestone in the Cold War space race between the USA and Soviet Union.

Plage 25 : Jean Charbonnel, ministre du Développement industriel et scientifique, explique la satisfaction de la France face aux conclusions de la conférence de Bruxelles de 1973. Suite à l’échec du programme Europa, à la dissolution des organisations de l’Eldo et de l’Esro, cette conférence représentait alors la dernière possibilité pour l’Europe de développer une activité spatiale autonome. Les trois grandes puissances européennes réussissent, par le biais d’un échange de bons procédés, à faire accepter leurs programmes respectifs. Enfin, la conférence engendre la création de l’Esa qui voit le jour en 1975. / At the Brussels conference in 1973, Europe seizes the last chance to develop its own space capability.

Plage 26 : Dans le cadre de la guerre froide, le dégel des relations américano-soviétiques se traduit dans l’espace par la poignée de mains entre les cosmonautes Leonov et Stafford le 17 juillet 1975 à 200 km au-dessus de la ville de Metz en Lorraine. Cet événement représente un tournant dans la course aux étoiles jusqu’alors présentée comme une compétition acharnée. Désormais, l’aventure spatiale se déroulera dans un cadre coopératif entre les deux grands. / The handshake in space between Aleksey Leonov and Thomas Stafford in 1975 signals a warming of Cold War relations.

Plage 27 : Après l’échec du lanceur Europa 2, le Cnes se lance dans une réflexion sur un lanceur de substitution visant l’orbite géostationnaire. Ce lanceur de trois étages, appelé d’abord L3S, puis rebaptisé Ariane, est validé par le gouvernement avant d’être proposé à l’Europe lors de la conférence de Bruxelles en 1973 où il est approuvé. Ariane est développée sous la maîtrise d’oeuvre du Cnes qui recourt à des industriels européens. Le 24 décembre 1979, la réussite du premier lancement effectué de la base du Csg, permet à l’Europe de devenir à son tour la troisième puissance spatiale et d’acquérir son indépendance dans le domaine des lanceurs. Par Michel Polacco, journaliste. / In 1979, the first successful flight of Ariane, developed by Cnes and European industry, gives Europe an independent launch capability.

Plage 28 : Hubert Curien, président du Cnes, s’exprime à l’occasion du 1er vol franco-soviétique. La France s’appuie, pour former ses premiers cosmonautes, sur une coopération avec l’URSS qui remonte à l’année 1966, puis sur un accord conclu en 1977. En 1980, les pilotes d’essais Jean-Loup Chrétien et Patrick Baudry sont sélectionnés pour participer au vol de la mission soviétique Saliout. Un an plus tard, Jean-Loup Chrétien s’envolera le 25 juin 1982, pour une mission de 189 heures, devenant ainsi le premier spationaute français. / Cooperation with the USSR leads to the first flight of a French astronaut, Jean-Loup Chrétien, in 1982.

Plage 29 : Jean-Luc Hees, journaliste, relate l’explosion de la navette américaine Challenger, le 28 janvier 1986, qui a constitué un tournant décisif dans l’histoire de l’aventure spatiale. Cette catastrophe marque un coup d’arrêt pour les programmes spatiaux américains et entraîne une interruption de 20 mois des vols. / The US Challenger shuttle disaster marks a turning point in the space adventure.

Plage 30 : Lors du passage près de la comète de Halley de la sonde européenne Giotto, le ministre Hubert Curien inscrit cette mission scientifique d’envergure conduite par l’Europe dans son environnement international. Giotto est une des six missions internationales menées sur l’étude des comètes et des origines du système solaire. Son passage, le 10 mars 1986, au plus près du noyau de la comète – 500 km – fit qu’elle reçut un accueil médiatique très important et fût associée à l’inauguration de la Cité des Sciences et de l’Industrie à Paris. / Europe’s Giotto probe catches the world’s attention, coming within just 500 km of Comet Halley in 1986.

Plage 31 : Frédéric d’Allest, directeur général du Cnes, se félicite des conclusions de la conférence de La Haye en 1987, qui dote l’Europe d’une infrastructure orbitale. S’inscrivant dans la volonté d’indépendance européenne dans le domaine de l’homme dans l’espace, la France développe Hermès, un projet de navette spatiale associé au développement du nouveau lanceur Ariane 5 et au module européen Columbus de la station spatiale internationale. / France’s Hermes spaceplane project tied in with decisions at The Hague in 1987 to develop a European orbital infrastructure.

Plage 32 : A l’occasion d’un entretien sur le télescope Sigma, Jacques Paul, un des créateurs de l’instrument, revient sur le cadre de la coopération franco-soviétique sans lequel ce programme n’aurait pu exister. Le télescope Sigma d’astronomie gamma a été lancé le 1er décembre 1989 à bord du satellite russe Granat, propulsé par une fusée Proton depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan. / The Sigma gamma-ray astronomy telescope was made possible by French-Soviet cooperation.

Plage 33 : A la suite de la conférence de La Haye, le Cnes, Aérospatiale et Dassault se lancent dans des études coûteuses de la navette Hermès, dans un contexte où le développement du lanceur Ariane 5 grève déjà considérablement les budgets. En 1992, à Grenade, le programme Hermès est abandonné par les Etats européens pour des raisons financières. Par Bruno Rougier, journaliste. / Europe’s member states drop the Hermes programme in 1992 for cost reasons.

Plage 34 : A l’occasion du lancement du satellite d’océanographie spatiale Topex-Poséïdon, le 10 août 1992, Hubert Curien, ministre de la recherche et de l’Espace, commente le cadre de coopération franco-américain dans lequel ce programme a émergé. Définie dans le cadre d’une interaction étroite et précoce avec la communauté scientifique internationale pour observer la circulation océanique, cette mission a été réalisée et exploitée en coopération par le Cnes et la Nasa. / The Topex/Poseidon space oceanography satellite launched in 1992 was the result of close cooperation between Cnes, Nasa and the international scientific community.

Plage 35 : Le lancement du satellite militaire d’observation de la Terre, Hélios, le 7 juillet 1995, est l’occasion pour Francois Fillon, ministre des Technologies, de l’information et de la Poste, de commenter l’indépendance politique que représente un outil d’observation spatial pour des décisions géopolitiques. Hélios marque la première étape d’une Europe de la défense. / The Helios military satellite launched in 1995 gives France a valuable tool to support geopolitical decision-making.

Plage 36 : Interrogé par Bruno Rougier, journaliste, Yvan Illief, président du conseil de l’Esa, s’exprime sur l’échec du premier vol de qualification du lanceur européen Ariane 5, le 4 juin 1996, 57 secondes après son lancement. Conçu pour être beaucoup moins complexe et coûteux, le lanceur Ariane 5 fait suite au lanceur Ariane 4. Son développement puis sa qualification connaissent des difficultés dans un contexte international où la concurrence s’accroît sur le marché du lancement des satellites de télécommunications. L’échec de ce premier vol de qualification entraînera une enquête technique et une résolution du problème qui durera un an avant le lancement suivant. / Faced with an increasingly competitive market, Europe’s Ariane 5 launcher overcame a series of obstacles during development and qualification.

Plage 37 : La réussite du 3e lancement d’Ariane 5, le 28 octobre 1998, offre à l’Europe un lanceur beaucoup plus puissant pouvant emporter des charges utiles allant jusqu’à 5 tonnes. Par Bruno Rougier, journaliste. / The launch success of Ariane 5 on its 3rd attempt in 1998 gives Europe a heavy-lift capability.

L’Espace : un enjeu stratégique et économique
L’histoire de l’aventure spatiale prend ses racines dans un berceau belliciste, celui de la seconde guerre mondiale et du développement des fusées V2 par les nazis à partir des années 1936. Ces engins autopropulsés ont permis le développement de technologies de propulsion liquide, de guidage et d’électronique de bord qui allaient se révéler fondamentales dans la conception des premiers engins spatiaux. A l’issue de la guerre, américains, soviétiques et français se partagent inégalement les ingénieurs, techniciens et matériels allemands. De leur savoir-faire, naissent les premières technologies spatiales dans le domaine des lanceurs. Dans les années 50, la naissance des lanceurs spatiaux français est indubitablement liée au développement des missiles de longue portée, vecteurs de la force de dissuasion nucléaire. On enregistre alors une confusion sémantique révélatrice puisque l’on parle d’engins spéciaux pour désigner aussi bien les missiles balistiques que les premières fusées. En France, les forces armées créent en 1947 le Ciees, Centre interarmées d’essais d’engins spéciaux, puis sous l’impulsion gaulliste, la Sereb (Société d’études et de recherches pour les engins balistiques) en 1959, à l’origine du missile et lanceur Diamant, à la fois vecteur de la force de frappe française et premier lanceur spatial (1965). Les applications de l’espace, dans le domaine des télécommunications et de l’observation spatiale de la terre, représentent très tôt un autre enjeu stratégique pour les forces armées et les gouvernements, l’observation aérienne et spatiale permettant de surveiller donc de contrôler aussi bien son propre territoire que le territoire de l’autre.

Le développement des applications spatiales, en France dans les années 60, s’inscrit dans un contexte historique où les Etats-Unis commencent à développer les usages de l’espace pour satisfaire les besoins civils. Les réussites qu’ils enregistrent alors avec le lancement des premiers satellites de télécommunications Telstar et Early Bird mettent sur le devant de la scène l’enjeu économique des télécommunications spatiales et encouragent la France et les Etats européens à s’engager eux aussi dans cette voie en dépit des difficultés initiales rencontrées avec le programme franco-allemand Symphonie. La France débute une réflexion sur la réalisation de programmes de satellites de télécommunication, de météorologie et d’observation de la terre, à l’échelle nationale, en coopération bilatérale, avec les Etats-Unis, puis l’Allemagne, ou enfin en coopération européenne. L’aboutissement de ces programmes engendre la création de consortium assurant la gestion opérationnelle des différents systèmes ainsi que la commercialisation des services (Eutelsat, Eumetsat...). Dans le même temps se créent et se développent des industries spécialisées dans les différents segments spatiaux (propulsion, lanceur, satellites, imagerie spatiale,…). Dans les années 80, l’essor des satellites de télécommunications crée un véritable marché sur lequel Ariane, le lanceur européen, va prendre une place prépondérante.

Plage 38 : En 1961, quelques semaines avant la création du Cnes, les principaux spécialistes de l’astronautique reviennent sur l’oeuvre théorique de Robert Esnault-Pelterie (1881-1957). C’est l’occasion pour son collaborateur, André-Louis Hirsch, de présenter les travaux de ce grand précurseur de l’astronautique en France qui, dès 1907, commença à s’intéresser à la propulsion par réaction et aux possibilités offertes par les fusées pour les voyages interplanétaires qu’il formalisa durant une conférence en 1927 à la Société Astronomique de France. / Robert Esnault-Pelterie pioneered astronautics research in France with his work on jet propulsion and rockets.

Plage 39 : Français d’origine russe, Alexandre Ananoff (1910-1992) est un vulgarisateur acharné de l’astronautique en France. Il se consacre à la promotion des activités spatiales auprès de la communauté scientifique et du grand public. Il a organisé de multiples conférences dont le 1er Congrès mondial d’astronautique (IAF), à l’université de la Sorbonne à Paris, du 30 septembre au 2 octobre 1950./ Alexandre Ananoff is the first to popularize astronautics and bring it to the attention of the scientific community.

Plage 40 : Lors de la visite organisée au Ciees en 1956 pour dévoiler les avancées des Armées dans le domaine des engins guidées et propulsées, Claude Adyas, journaliste militaire, revient sur les avancées françaises dans le domaine des “engins spéciaux” après 10 ans de travaux. Le Casdn, conscient des enjeux stratégiques des fusées pour les forces armées, développe un programme de recherches et crée 2 organismes, un centre de recherches et d’essais, le Laboratoire de Recherches Balistiques et Aérodynamiques (Lrba) et un centre de lancement, aux portes du désert du Sahara, près de la ville de Colomb-Béchar. / The Lrba laboratory and the launch base on the verge of the Sahara supported France’s strategic rocket research programme.

Plage 41 : Après la réussite américaine de l’envoi d’un V2 amélioré en orbite basse, le colonel Jean-Jacques Barré (1901-1978), ingénieur militaire spécialiste des fusées, s’exprime en 1949 sur les techniques de propulsion. Durant l’occupation, il met clandestinement au point la première fusée à ergols liquides française, la EA-41 dont le premier essai en vol se déroule le 15 mars 1945 près de Toulon. La fusée explose 5 secondes après le décollage. La cinquième tentative, le 6 juillet suivant, permet d’atteindre 60 km. / During the German occupation, military engineer Jean-Jacques Barré secretly develops France’s first liquid-fuel rocket, the EA-41.

Plage 42 : En 1963, le commandant Estienne, commandant du Ceres, rappelle le rôle du centre de l’île du Levant créé en 1950, alors qu’il s’apprête à récupérer, à la suite des accords d’Evian, une partie des activités du Ciees pour devenir le Cem. Certaines expériences scientifiques pilotées par le Cnes et l’Esro y seront lancées sur des fusées sondes. / Sounding rockets carrying science experiments for Cnes and Esro launched from France’s Ceres test and research centre.

Plage 43 : En 1991, Pierre Usunier, 1er directeur de la Sereb, revient sur la genèse de cette société créée en 1959 par convention entre plusieurs laboratoires et entreprises industrielles pour développer les vecteurs de la force de frappe nucléaire. Elle fusionnera avec d’autres industriels, à la fin des années 70, pour former le groupe Aérospatiale. / Sereb, created in 1959 to develop France’s nuclear deterrence capability, merges with other firms in the late 1970s to form Aérospatiale.

Plage 44 : Fernand Vinsonneau, secrétaire général d’Eurospace, présente en 1962 son bilan à la presse. La réalisation des programmes de lanceurs et de satellites européens entraîne une européanisation des activités industrielles. Avec une volonté de compétitivité et l’ambition de combler le retard à l’égard des deux grands, les grandes entreprises se regroupent au sein d’Eurospace. Le groupement comprend dès le début d’autres secteurs fondamentaux comme l’électronique. / To stay competitive and close the gap with the two major space powers, Europe’s leading firms band together within Eurospace.

Plage 45 : Charley Attali, ingénieur à la Sereb, s’exprime à l’occasion du 1er lancement de Diamant. Durant les années 1959-1965, la Sereb met en œuvre une famille de lanceurs mono-étage, la série des “pierres précieuses”, qui aboutissent au premier lanceur spatial multi-étages français Diamant. Après 4 tirs réussis de la base d’Hammaguir, le programme Diamant est transféré au Cnes, dès 1966, qui améliorera les performances du lanceur. / From 1959-1965, Sereb developed a series of single-stage launchers, culminating in the successful launch of France’s Diamant multistage rocket.

CD N°2
Plage 1 : Yves Sillard, responsable au Cnes de la construction du Csg, s’exprime en 1968 à ce sujet. En 1966, le conseil de l’Eldo choisit la base de lancement de Kourou, en Guyane française, pour lancer les fusées Europa. A la différence des bases militaires, fonctionnant dans une relative autarcie, le Csg entretient, depuis son installation, des interactions permanentes avec l’environnement socio-économique guyanais, tant et si bien que le développement du département est aujourd’hui inextricablement lié à celui du centre spatial. / Unlike military launch bases, the Kourou space centre is today a key element driving development in French Guiana.

Plage 2 : Michel Forgit, journaliste, commente, en 1971, l’échec d’Europa 2, notamment causé par une absence de maîtrise d’oeuvre unique. Cet événement marque la fin de l’organisation européenne Eldo. Le lanceur européen comportait un premier étage anglais, le Blue Streak, un second français, Coralie, et un troisième allemand, Astris. Après 11 lancements infructueux, le programme Europa 2 est abandonné. Les acquis de cet échec seront fondamentaux dans la réussite du programme Ariane. / The lessons learned from the abandoned Europa 2 programme were fundamental to the future success of Ariane.

Plage 3 : André Lebeau, directeur des programmes au Cnes, présente en 1974 les fonctionnalités de Symphonie, premier satellite de télécommunications franco-allemand et revient sur la limitation de son utilisation opérationnelle qui entre en contradiction avec les accords Intelsat. Ce différend avec les Américains a permis de sensibiliser la communauté spatiale européenne à la nécessité stratégique pour l’Europe de se doter d’un accès indépendant à l’espace. / Disagreement with the USA over the Intelsat accords brings home to Europe’s space community the need to develop its own launch capability.

Plage 4 : Yves Sillard, directeur général du Cnes, revient sur l’enjeu économique et stratégique pour l’Europe de disposer d’un accès indépendant à l’espace. Le 24 décembre 1979, la réussite du premier lancement d’Ariane permet à l’Europe de devenir la troisième puissance spatiale. La construction des lanceurs fait apparaître des enjeux économiques importants pour les industriels. Durant les années 80, le programme Ariane permettra une certaine répartition des contrats à l’échelle européenne, calculée en fonction de la participation financière des Etats au programme. / In the 1980s, work-sharing on the Ariane programme reflected the strategic economic importance of launcher construction to Europe’s member states.

Plage 5 : A l’occasion de ce 7e vol réussi d’Ariane le 18 octobre 1983, Hubert Curien, président du Cnes, souligne l’importance du lancement d’Intelsat 5, satellite non européen, qui permettra à la société Arianespace de remporter, dès la phase commerciale, de nombreux contrats avec l’organisation Intelsat. Cette confirmation, lors de ce “vol de promotion”, assure au lanceur européen la confiance de futurs clients internationaux. / The successful launch of Intelsat 5 by Ariane in 1983 secures a series of contracts for Arianespace and boosts future international customers’ confidence.

Plage 6 : Frederic d’Allest, PDG d’Arianespace, se félicite de la réussite du 9e lancement d’Ariane qui inaugure le 22 mai 1984 la première ligne commerciale de “transport spatial”. Le 1er client est Spacenet, un satellite américain, au grand dam des opérateurs de lancement américains. Ce vol inaugure une série de contrats qui permettra à la société Arianespace de prendre une place prépondérante dans le marché des lancements. / The launch of the Spacenet satellite in 1984 puts Arianespace in prime position to compete with US launch operators.

Plage 7 : René Duval, directeur de la communication à Tdf, explique en 1985 les fonctionalités des premiers satellites de télévision TDF et TV-SAT. Issus d’une coopération franco-allemande, ces deux satellites ouvrent la voie à la télévision par satellites. L’accroissement des compétences de l’industrie française dans le domaine des satellites de télécommunications lui a permis de remporter face aux constructeurs américains de nombreuses maîtrises d’œuvre avec le Brésil, l’Inde ou l’Arabie Saoudite. / The TDF and TV-SAT satellites pave the way for satellite TV, while growing French expertise in telecommunications satellites leads to contracts in Brazil, India and Saudi Arabia.

Plage 8 : En 1986 Hubert Curien, ministre de la recherche, s’exprime sur l’explosion de la navette Challenger qui, au-delà de la tragédie humaine, représente un événement pivot dans l’histoire du marché des lancements de satellites. Les Etats-Unis qui avaient fait le choix du “tout navette” contre les lanceurs traditionnels se voient privés provisoirement de moyens de lancement. Ariane et la société Arianespace deviennent ainsi leaders du marché des satellites. / The Challenger shuttle disaster leaves the USA without a launch capability, clearing the way for Ariane and Arianespace to lead the market.

Plage 9 : Les premières images du satellite d’observation de la Terre, Spot, permettent à Gérard Brachet, directeur général de Spot-Image, d’en souligner les enjeux stratégiques. Spot-1 est lancé le 22 février 1986 par le dernier modèle de la série Ariane-1, qui réalise pour la première fois un lancement de satellite sur orbite basse polaire. La société Spot-Image, créée en juillet 1982, engage l’exploitation du premier système commercial de télédétection spatiale français. Spot-1 a collecté près de 2,7 millions d’images distribuées dans le monde entier. / Launched on the last Ariane 1, Spot-1 becomes the first satellite to offer commercial remote-sensing services.

Plage 10 : Le nouveau lanceur Ariane 4, développé dès la fin des années 70 représente l’ultime évolution de la famille Ariane et permet de satelliser des charges utiles pesant jusqu’à 4 tonnes. Il a nécessité la construction d’un nouveau pas de tir sur la base de lancement de Kourou. Dès la fin des années 80, sa construction est industrialisée sur une série de 50 exemplaires. Le dernier lancement a lieu en février 2003, date à laquelle il est remplacé par Ariane 5. Par Michel Forgit, journaliste. / From the late 1980s, 50 Ariane 4 launchers roll off the production lines and operate from a new launch pad in Kourou before retiring from service in 2003.

Plage 11 : Le naufrage des navigateurs Eric Tabarly et Jean Morel en 1989 met en évidence l’utilité et l’efficacité des système de sauvetage par satellite. Les balises Argos font désormais partie de l’équipement standard des bouées ancrées aussi bien que des engins dérivants déployés par les océanographes. Au-delà de l’importance des systèmes spatiaux de collecte de données pour différentes applications en biologie, océanographie, gestion de flottilles, etc., le système Argos est à l’origine du programme Galiléo. Par Michel Forgit, journaliste. / The Argos system, which has proven a vital aid for yachtsmen, moored and drifting buoys, is also a precursor for Europe’s Galileo programme.

Plage 12 : A l’occasion du 100e contrat de lancement d’Ariane en 1992, Charles Bigot, PDG d’Arianespace, revient sur les perpectives économiques de la première société privée de transport spatial, Arianespace, créée en 1980. Dès la qualification du lanceur Ariane, elle s’engage dans un développement économique rapide porté par un contexte commercial favorable où les Etats et les opérateurs de télécommunications témoignent d’une forte demande de lancements. / Arianespace wins its 100th launch contract in 1992, capping rapid growth in its business fuelled by strong demand from telecommunications operators.

Plage 13 : En 1995, le lancement du premier satellite militaire d’observation spatiale de la terre, Hélios, consacre la prise de conscience par la Défense de l’intérêt stratégique de l’imagerie spatiale au regard de l’observation aérienne. En 1991, le rôle fondamental joué par les images du satellite civil Spot dans la guerre du golfe avait déjà convaincu les militaires de l’intérêt de disposer d’un tel observatoire. Par Michel Polacco, journaliste. / The launch of the first Helios military satellite confirms the new strategic importance of satellite imagery for defence purposes.

L’Espace : un enjeu scientifique
Du premier congrès d’astronautique (1950) réuni à Paris grâce au père de la vulgarisation de l’astronautique, Alexandre Ananoff, en passant par l’Année Géophysique internationale de 1957 qui voit le lancement du premier satellite artificiel Spoutnik, jusqu’aux récentes missions d’océanographie, de planétologie, de biologie ou d’astrophysique, l’espace est un nouveau territoire qui s’est ouvert à la communauté scientifique, tout autant milieu d’études que laboratoire ou encore plate-forme d’observation du cosmos et de la Terre. L’aventure spatiale en s’affranchissant de l’atmosphère terrestre a permis de prolonger les observations au sol et d’approfondir notre connaissance de l’Univers. A côté d’un ciel paisible où tout était immuable, la conquête des domaines X et gamma a révélé un ciel violent, où des phénomènes extrêmement énergétiques se déroulent – supernovae, pulsars, trous noirs – bouleversant déjà notre appréciation de l’Univers. L’observation dans le domaine infrarouge a permis de traverser les zones denses de poussières opaques au rayonnement visible et a dévoilé de véritables pouponnières d’étoiles.

L’accès à l’orbite terrestre a également induit une rupture vis-à-vis de notre planète en permettant de franchir la biosphère et de s’intéresser à la Terre au même titre que les autres planètes. Les représentations issues de ces observations ont renouvelé la vision, la perception de la Terre et des phénomènes qui s’y déroulent, modifiant le rapport entre l’Homme et sa planète. Enfin pour ce qui concerne la vie, les premières expériences voulaient simplement montrer que la vie était possible dans ces conditions inconnues qui mélangent des radiations importantes et l’absence de gravité. La réponse positive apportée a permis l’appropriation de l’espace et du voyage spatial qui a conduit l’homme jusqu’à la Lune. Les interrogations vont ensuite porter sur la compréhension des mécanismes biologiques qui provoquent des modifications et ceux qui les rendent réversibles ou corrigent les anomalies. Les médecins utilisent également la micropesanteur pour comprendre comment, d’une façon générale, les organismes vivants fonctionnent, afin d’améliorer la santé des spationautes et conserver leurs performances motrices et intellectuelles au cours de vols qui deviendront de plus en plus longs. Dans le domaine de l’exploration scientifique de l’Espace, l’ambition des objectifs intellectuels et l’ampleur des moyens techniques, financiers et industriels nécessaires pour les satisfaire conduira dans cette fin du XXe siècle, à l’émergence de missions réalisées le plus souvent en coopérations européennes ou internationales.

CD N° 2 (suite)
Plage 14 : A l’occasion du 1er congrès d’astronautique, première rencontre internationale portant sur les sciences spatiales et qui se tient à Paris en 1950, Alexandre Ananoff revient sur les fondements de cette aventure. / Alexandre Ananoff recounts the beginnings of the astronautics adventure at the first international gathering devoted to space science.

Plage 15 : L’année de cette première rencontre internationale portant sur les sciences spatiales, Alexandre Ananoff publie “L’astronautique”, ouvrage dans lequel on trouve un tour d’horizon des avancées des sciences astronautiques mais surtout de leurs perspectives d’évolution. / Alexandre Ananoff’s book published the same year reviews advances and future developments in astronautics.

Plage 16 : En 1957, Marcel Nicolet, secrétaire général de l’année géophysique internationale, explique les différentes expériences scientifiques envisagées grâce à l’utilisation des fusées pour l’étude de l’atmosphère. C’est ainsi que l’organisation de l’année géophysique internationale de 1957 donne aux recherches spatiales une impulsion décisive avec l’utilisation des fusées et des satellites artificiels. / International Geophysics Year in 1957 gives space research a decisive boost, paving the way for the use of rockets and man-made satellites.

Plage 17 : Alors que la chienne Laika vient d’être mise en orbite dans Spoutnik 2, le 3 novembre 1957, Jean Rostand s’enthousiasme de la naissance de la biologie spatiale. Laika est le premier être vivant envoyé en vol orbital autour de la Terre. Engoncée dans une capsule capitonnée, elle était équipée de capteurs destinés à mesurer ses signes vitaux. Quelques heures après le décollage, elle succomba au stress et à la forte température régnant dans l’habitacle. / Laika the dog is the first living being to orbit Earth inside Sputnik 2 in 1957, heralding the birth of space biology.

Plage 18 : Jean Coulomb, directeur de l’Institut de Physique du Globe, qui allait devenir le 2e président du Cnes, revient en 1959 sur les premières expériences françaises en fusées sondes. Dans le cadre de l’année géophysique internationale, le Casdn accepte le financement de fusées Véronique pour l’étude de l’atmosphère. / As part of IGY in 1957, France conducts its first Véronique sounding rocket experiments.

Plage 19 : Le médecin-général Robert Grandpierre, directeur du Cerma, raconte le premier envoi dans l’espace d’un être vivant par une fusée française en 1961. De 1959 à 1967, il coordonne tous les projets de physiologie et biologie spatiale. C’est dans ce cadre que sont lancés, en basse atmosphère, depuis la base saharienne d’Hammaguir, le rat Hector, la chatte Félicette et le macaque Martine par des fusées sondes de la famille Véronique. / From 1959 to 1967, France’s Cerma research facility coordinated space physiology and biology projects, sending animals into space aboard Véronique sounding rockets.

Plage 20 : Le médecin-général Grandpierre, professeur de physiologie à la faculté de Médecine de Nancy, dirigeait le Cerma. Ce laboratoire, créé en 1959 par le Casdn, dans le cadre du premier Programme Scientifique de Recherches Spatiales, est le premier laboratoire à participer à la recherche en biologie et médecine spatiale. / The Cerma aerospace medicine research centre was the first laboratory in France to work on space biology and space medicine.

Plage 21 : Arlette Vassy, chercheuse au Service d’aéronomie du Cnrs, décrit les instruments scientifiques embarqués sur les fusées sondes Véronique lancées de la base d’Hammaguir en Algérie en 1964 et mentionne ses recherches. Sous la direction du professeur Jacques Blamont, le service d’aéronomie devient le moteur de la recherche spatiale qui débute avec l’envoi des fusées sondes destinées à l’observation de l’atmosphère et du Soleil. / The SA aeronomy research laboratory at Cnrs drove forward space research, starting with sounding rockets to observe the atmosphere and the Sun.

Plage 22 : En 1965 le premier satellite français FR-1 est lancé par une fusée américaine Scout depuis la base de Vandenberg. Dédié à l’étude de la propagation des ondes dans l’ionosphère, ce satellite scientifique fait l’objet du premier programme de coopération spatiale entre le Cnes et la Nasa. Il ouvre la voie aux satellites d’application dans le domaine des télécommunications. / France’s FR-1 science satellite, the result of the first Cnes-Nasa joint space programme, paved the way for telecommunications satellites.

Plage 23 & 24 : En 1965, deux scientifiques du Service d’aéronomie du Cnrs, Robert Bivas et Jacques Blamont, également directeur scientifique et technique du Cnes, décrivent l’expérience menée en collaboration avec les Etats-Unis. Durant les années 60, l’observatoire de Haute-Provence se lance dans l’astronomie spatiale en accueillant le premier télémètre spatial laser, un instrument développé par le service d’aéronomie du Cnrs permettant d’envoyer un faisceau laser sur les réflecteurs des satellites américains, Explorer, puis français, Starlette, et de mesurer la distance Terre-Lune. / In the 1960s, the Haute-Provence observatory houses the first laser space rangefinder, used to measure Earth-Moon distances.

Plage 25 : Le général Robert Aubinière, directeur du Cnes, commente la réussite du 2e lancement Diamant du 1er février 1966 et de la mise en orbite du satellite D-1 (Diapason) du Cnes. Conçu comme une plate-forme d’essais technologique, D-1 comporte une expérience de géodésie par mesure d’effet Doppler sur les émissions radioélectriques et une expérience technologique par mesure de l’effet des rayonnements sur les cellules photovoltaïques. / Cnes’s D-1 satellite was a technology testbed designed to measure Doppler effect on radioelectric signals and the effect of radiation on photocells.

Plage 26 : En 1974, Jean Kovalevsky, astronome, explique comment l’étude de la Terre à partir de l’espace ouvre de nouvelles perspectives à la géodésie. Les satellites D-1C et D-1D sont équipés de réflecteurs lasers pour la triangulation géodésique de même que les satellites suivants qui embarquent en plus une horloge. Ils permettent la mise en oeuvre de programmes de triangulation de grande dimension. / The D-1C and D-1D satellites carried a laser reflector, while subsequent satellites in the series also had a clock for large-scale triangulation experiments.

Plage 27 : André Lebeau, directeur général adjoint de l’Esa, explique en 1977 les fonctionnalités du satellite européen Météosat, mis en orbite le 23 novembre 1977 par un lanceur américain Thor-Delta. Ce programme s’insère dans un ensemble de cinq satellites géostationnaires qui observent l’atmosphère tout autour de la Terre. Météosat devient rapidement un grand succès européen, largement popularisé par les bulletins météorologiques de tous les pays qui utilisent ses images. / Europe’s Meteosat is one of five geostationary satellites designed to observe the atmosphere, acquiring imagery that is soon a popular feature of weather forecasts.

Plage 28 : En 1981, Jacques Collet de l’Esa explique l’intérêt de mener des expériences de métallurgie en micropesanteur. Les domaines sur lesquels se sont focalisées les recherches concernent des produits à forte valeur ajoutée, comme les semi-conducteurs utilisés pour la fabrication des microprocesseurs ou les molécules pharmaceutiques encapsulées. / Metallurgy research in microgravity focuses on semiconductors used in microprocessors and on encapsulated pharmaceutical molecules.

Plage 29 : A l’occasion du lancement de la sonde Giotto en 1985, Michel Festou, planétologue, décrit le déroulement scientifique de la mission et les mesures attendues. C’est en 1986 que Giotto s’approcha de la comète de Halley, alors que celle-ci est au plus près du soleil sur sa trajectoire pour prendre des images du noyau, mais aussi en étudier les caractéristiques. / Giotto gets a close-up view of Comet Halley in 1986 at the point on its trajectory closest to the Sun, sending back pictures of the nucleus.

Plage 30 : Alors que la sonde Voyager 2 s’approche de Neptune en 1989, Michel Forgit, journaliste, récapitule les caractéristiques de la mission. Lancée en 1977 par la Nasa, la sonde Voyager 2 avait pour but l’étude des planètes géantes. Elle s’est approchée successivement de Jupiter, Saturne, Uranus et enfin Neptune, avant de quitter le système solaire. Les observations effectuées ont ouvert la voie aux missions européennes Galileo et Cassini-Huygens. / Launched in 1997, Nasa’s Voyager 2 probe visits Jupiter, Saturn, Uranus and Neptune, paving the way for Europe’s Galileo and Cassini-Huygens missions.

Plage 31 : Jean Delhaye, astronome, commente les objectifs du satellite d’astrométrie Hipparcos de l’Esa, lancé le 8 août 1989, et surnommé “l’arpenteur du ciel”. L’astrométrie est la partie de l’astronomie qui se propose de déterminer les positions des astres dans le ciel afin de pouvoir interpréter leurs variations dans le temps. Or, la précision des observations faites par les instruments terrestres est limitée par le caractère fluctuant de l’atmosphère. / Esa’s Hipparcos astrometry satellite, launched in 1989, aimed to determine stars’ positions more precisely than can be achieved through the veil of Earth’s atmosphere.

Plage 32 : Un an après le lancement du télescope Sigma en 1989, Jacques Paul, un des scientifiques du programme, revient sur la moisson de données effectuée par ce nouvel instrument. Mesurant plus de trois mètres de haut et pesant plus d’une tonne, Sigma compte parmi les expériences spatiales les plus imposantes jamais réalisées en France. Il a permis d’accumuler une base de données riche de milliers d’images gamma d’une centaine de champs répartis sur toute la voûte céleste. / One of the biggest space-based instruments ever built in France, the Sigma telescope reaped a rich harvest of gamma-ray images.

Plage 33 : Sophie Bécherel, journaliste, évoque en 1991 les multiples applications du système de collecte de données et de localisation Argos, depuis la surveillance des régates océaniques et l’assistance aux marins en danger, jusqu’à l’étude du comportement des animaux sauvages. Dans le domaine des sciences de la vie, l’impact de cette nouvelle technique permet une amélioration considérable de la connaissance des comportements migratoires des animaux. / As well as tracking yacht races and assisting sailors in distress, the Argos system collects data on wildlife behaviour to significantly advance knowledge about migration patterns.

Plage 34 : Deux semaines après le lancement réussi d’ERS-1 le 17 juillet 1991, Bruno Rougier décrit les premiers succès de ce premier programme européen d’observation de la Terre. Développé par l’Esa, le programme ERS utilise des équipements différents de ceux du programme Spot conçu par la France dont il bénéficie toutefois des acquis. ERS-1 est équipé d’appareillages radar ce qui lui permet de mesurer la hauteur des reliefs et de prendre des images la nuit ou sous couverture nuageuse. / Building on lessons learned from France’s optical Spot programme, Esa’s ERS-1 radar satellite measures elevation and offers a day/night, all-weather imaging capability.

Plage 35 : Lors du lancement du satellite Topex-Poséïdon le 10 août 1992, Hubert Curien, ministre de la recherche et de l’Espace, revient sur les objectifs scientifiques. La précision exceptionnelle du calcul de son orbite, connue avec une erreur radiale inférieure à 5 cm grâce au système français de positionnement Doris, distingue Topex-Poséïdon de toutes les autres missions altimétriques. / The ability to determine Topex/Poseidon’s orbit so precisely, thanks to France’s Doris system, puts it ahead of all other altimetry satellites.

Plage 36 : Roger-Maurice Bonnet, directeur du programme scientifique à l’Esa, parle des objectifs scientifiques de la mission ISO à l’occasion de sa mise en orbite le 16 novembre 1995. Le télescope fonctionne avec succès pendant deux ans et demi. Un des principaux résultats scientifiques est la détection par spectroscopie de traces d’eau dans le système solaire et jusque dans la nébuleuse d’Orion, où elle apparaît extrêmement abondante. / Esa’s ISO spectroscopy telescope operated successfully for two-and-a-half years, detecting traces of water in the Solar System as far away as the Orion nebula.

Plage 37 : En 1999, le journaliste Jacques Tiziou revient sur la troisième mission d’entretien du télescope Hubble, mis en orbite par la Nasa le 25 avril 1990 pour observer l’univers, en raison de la présence des spationautes Jean-François Clervoy et Claude Nicollier. Les images prises par Hubble ont apporté un foisonnement de résultats scientifiques, en particulier dans le domaine de la détection des exoplanètes. / A third servicing mission was flown in 1999 to the Hubble Space Telescope, which has obtained a wealth of scientific results, in particular in the search for exoplanets.

Acronymes
Casdn : Comité d’action scientifique de la défense nationale
Cea : Commissariat à l’énergie atomique
Cecles : centre européen de construction de lanceur d’engins spatiaux
Cem : Centre d’essais de la Méditerranée
Cepa : Centre d’étude des projectiles autopropulsés
Ceres : Centre d’essais et de recherche sur les engins spéciaux
Cerma : Centre d’études et de recherches de médecine aérospatiale
Ciees : Centre interarmées d’essai d’engins spéciaux
Cnes : Centre national d’études spatiales
Cnet : Centre national d’étude des télécommunications
Cnrs : Centre national de la recherche scientifique
Copers : Commission préparatoire européenne pour la recherche spatiale
Crs : Comité des recherches spatiales
Csg : Centre spatial guyanais
Dgrst : Direction générale de la recherche scientifique et technique
Eldo : European launcher development organisation
Esa : European space agency
Esro : European space research organisation
Sereb : Société pour l’étude et la réalisation d’engins balistiques
Tdf : Télédiffusion de France

Ecouter L’AVENTURE SPATIALE (livre audio) © Frémeaux & Associés / Frémeaux & Associés est l'éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical, parlé, et biologique. Récompensés par plus de 800 distinctions dont le trés prestigieux "Grand Prix in honorem de l'Académie Charles Cros", les catalogues de Frémeaux & Associés ont pour objet de conserver et de mettre à la disposition du public une base muséographique universelle des enregistrements provenant de l'histoire phonographique et radiophonique. Ce fonds qui se refuse à tout déréférencement constitue notre mémoire collective. Le texte lu, l'archive ou le document sonore radiophonique, le disque littéraire ou livre audio, l'histoire racontée, le discours de l'homme politique ou le cours du philosophe, la lecture d'un texte par un comédien (livres audio) sont des disques parlés appartenant au concept de la librairie sonore. (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, cours sur CD, entretiens à écouter, discours d'hommes politiques, livres audio, textes lus, disques parlés, théâtre sonore, création radiophonique, lectures historiques, audilivre, audiobook, audio book, livre parlant, livre-parlant, livre parlé, livre sonore, livre lu, livre-à-écouter, audio livre, audio-livre, lecture à voix haute, entretiens à haute voix, parole enregistrée, etc...). Les livres audio sont disponibles sous forme de CD chez les libraires  et les disquaires, ainsi qu’en VPC. Enfin certains enregistrements de diction peuvent être écoutés par téléchargement auprès de sites de téléchargement légal.
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