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Frémeaux & Associés
L’Historial de la Grande Guerre
L’Institut des archives sonores
la grande guerre 1914-1918 Vol. 2

Der Erste Weltkrieg /
The great war


 


Les témoignages enregistrés des personnalités de l’époque
Clemenceau - Léon Daudet - Déroulède - Foch - Doumergue - Joffre - Pétain - Poincaré - Weygand - Churchill - Reine Elisabeth de Belgique - Franz-Joseph Hidenburg - Lénine - Wilhellm II - Pershing - Trotski - Tzara - De Vlaminck...

Dernière permission du Poilu Ange Mélique en avril 1916.
Il sera tué à Verdun en juillet 1916.

LA GRANDE GUERRE
Après le coffret “La grande guerre” coédité en 1999 par l’Historial  et Frémeaux & Associés avec le concours de Radio France offrant une mise en perspective de documents phonographiques de l’époque avec des témoignages de poilus, il était logique de continuer ce travail de muséographie sonore à destination du public en éditant le travail réalisé par l’Institut des Archives Sonores avec le concours de l’INA, qui présente près de quatre heures d’enregistrements permettant d’entendre pour la première fois la majorité des acteurs historiques de l’époque.
Philippe CHEVAL (Président de l’Historial de la Grande Guerre)
Patrick FREMEAUX (Président de Frémeaux & Associés)

CD 1
Avant 1914
1 - (1’13) Adolphe MESSIMY (1869-1935, ministre de la guerre) (PN)
Vous savez que ce serait une guerre moderne. Vous savez que ce serait trois millions d’hommes envoyés à la frontière, que ce serait la suspension instantanée de toute activité économique, industrielle, commerciale, agricole. Et même si la victoire, comme j’en avais et j’en ai la confiance, devait couronner les efforts du pays, ne voyez-vous pas quelles ruines seraient accumulées sur la Nation, qui n’aurait pas craint de recourir ainsi à la force des armes pour une cause qui ne vaudrait pas une telle catastrophe ni un tel cataclysme ! A un conflit sanglant dont l’issue eût été la mort de milliers de Français, nous avons préféré l’arrangement qui vient d’être l’objet de si vives et si violentes critiques. Nous avons cédé sans doute, en Afrique équatoriale, des territoires considérables par leur diversité. Mais que valaient-ils ? Pas grand chose, je vous l’avoue.

2 - (1’01) Frederick Sleigh ROBERTS (1832-1914, maréchal anglais) (IAS)
La responsabilité immédiate appartient indiscutablement aux gouvernements et aux politiciens des deux partis qui n’ont rien fait pour faire comprendre à la nation la nature des changements en Europe et dans le Monde, concernant la guerre et les préparatifs pour la guerre. Par contre, il est vrai de dire que chaque nation est gouvernée par le régime qu’elle mérite : dans une démocratie où le gouvernement est devenu représentatif au sens propre du terme, théoriquement il est simplement l’agent de la volonté nationale. C’est enfin à la nation elle-même que la responsabilité ultime incombe.

3 - (49”) Paul DEROULEDE (1846-1914, écrivain et député) (PN) 
Le Clairon (extrait)

4 - (28”) Joseph BATTLE (1894-1990, aviateur) (S.H.A.A)

1914
5 - (1’04) Charles CORBIN (1881-1970, diplomate) (INA)

Monsieur de Schoen est arrivé et il a lu une note par laquelle le gouvernement allemand invitait expressément la France à déclarer sa neutralité dans un conflit éventuel entre l’Autriche et la Russie. L’entrevue n’a duré que 20 ou 25 minutes et a été émouvante. Monsieur Viviani avait peine à se contenir, quant à Monsieur de Schoen, qui était assez sanguin de tempérament, je me rappelle l’avoir vu sortir du cabinet du ministre rouge et congestionné. J’ajoute que Monsieur de Schoen n’a pas du tout été troublé par les manifestations, car il parcourait à pied le trajet de la rue de Lille jusqu’au ministère sans être inquiété.

6 - (1’12) Walter NICOLAI (Membre de l’état-major allemand) (DRA)
Le 26 juillet, j’ai ordonné un renforcement du service des informations, afin qu’il se tienne prêt en cas de tensions politiques extraordinaires. Ceci nous permit d’être informés avec certitude, de la mobilisation générale en Russie le 31 juillet. C’est cette information qui amena le général von Moltke à demander à Sa Majesté l’Empereur de prononcer l’état de danger de guerre. Alors, le général von Moltke rassembla notre état-major dans la bibliothèque des bâtiments de l’état-major et lui annonça cette décision. Il ajouta alors : « Messieurs ! Prononcer l’état de danger de guerre signifîe : si la plus petite chance de conserver la paix ne se réalise pas, la mobilisation générale sera pour demain et avec elle, la guerre. Maintenant, Messieurs, retournez à votre travail. je sais que le peuple allemand peut compter sur son état-major ».

7 - (20”) Léon DAUDET (1867-1942, journaliste et écrivain) (IAS)
Le 31 juillet 1914, Hermann Müller, chef de la sociale démocratie boche jurait aux députés Jaurès, Bedouce et à leurs collègues que la sociale allemande refuserait les crédits de guerre. Müller et la sociale allemande les votaient 48 heures plus tard.

8 - (40”) Pierre RENAUDEL (1871-1935, homme politique, député) (IAS) 
« Allons dîner au plus près, au Croissant » dit-il, «nous y serons davantage entre nous». Il est déjà 21h40, on va remonter au journal pour l’article. Tout à coup, le brise-bise s’agite brutalement et se déplace. Une main s’avance vers la tête de Jaurès. Un scintillement de nickel. Deux éclairs, deux claquements. Le premier, Jean Jaurès s’est incliné doucement vers le côté gauche. Une clameur déchirante et aiguë de Marguerite Poisson : « Ils ont tué Jaurès ! Ils ont tué Jaurès!».

9 - (32”) Anna ESTORGES dite Rirette MAITREJEAN (Anarchiste, compagne de Joseph Bonnot) (INA)

10 - (39”) Maurice GENEVOIX (1890-1980, écrivain) (INA) 
Nous abandonnions un monde qui avait, non pas ses tabous, mais ses croyances, ses fois, ses critères, un monde qui était bâti sur tout un ensemble de réalités sociales et morales. Du jour au lendemain, tout cela avait basculé et était remis en question. je me rappelle de ceux qui ont traversé ces épreuves, tel ancien combattant disant : « Celui qui n’a pas compris avec sa chair, celui-là ne peut en parler, C’est intransmissible ». Malheureusement, sans quoi il n’y aurait plus jamais de guerre. Nous, à 30 ans quand nous nous retournions, nous ne voyions plus que des fantômes et des morts.

11 - (2’03) Major von NIDDA (Membre de l’état-major allemand) (DRA) 
Une forte pluie se met à tomber. Le plan de Schliefen : vaincre et s’imposer. Le premier coup tombe près de Liège. La frontière est de la France est renforcée. Nous devons traverser. L’objectif est donc, avec notre aile droite, de passer la frontière belge. Là encore, le chemin n’est pas vraiment libre. Les fortifications belges de Liège contrôlent la Meuse, les voies ferrées et l’avancée de l’aile allemande vers la frontière hollandaise. Les premières lignes abattent des kilomètres. Notre aide ? Ludendorff. C’est à lui que revient, en tant que chef des opérations, la décision de commencer la bataille. Et, ce jour d’août 1914, le moment est arrivé. Ce que le cerveau de l’armée a conçu, le glaive du soldat l’accomplir. Le 1er août au matin, je me rappelle l’ambiance de ce jour comme si c’était hier. Cinq Sturmführer à la tête de cinq brigades de Berlin, traversent la frontière : l’Allemagne en pleine ébullition. Nous nous tenons dans le train, calmes, conscients de notre responsabilité, mais fiers d’être les premiers sur les lieux de la bataille. On demande aux troupes de se surpasser.Nous passons ainsi les ponts, au grand étonnement de la population qui, en rangs serrés, regardait évoluer notre marche vers les hauteurs ouest de la citadelle. Ludendorff, debout dans une auto, frappe du manche de son sabre les portes de la ville. Plusieurs centaines de soldats lèvent les bras pour se rendre. Par ce coup de sabre contre la porte, Ludendorff signifie la mort de la Belgique. Mais, un point nouveau nous permet enfin d’ouvrir définitivement le chemin. L’artillerie lourde allemande ouvre le chemin de la victoire, elle laisse pantois l’Allemagne et le monde entier.

12 - (1’06) Reine ELISABETH de Belgique (1876-1965, épouse du Roi Albert 1er) (INA)
Je me souviens que le gouvernement français a décerné au Roi Albert le 10 août 1914 la médaille militaire française, nous en avons été très heureux. Après la chute de Liège, le Roi et moi-même avons quitté Korbeek-Lo, où le Roi avait son quartier général pour suivre le gouvernement qui quittait Bruxelles pour s’établir à Anvers. Le Roi a toujours conservé son optimisme, réconfortant son entourage. Par sa présence au milieu de ses troupes, il a donné l’exemple d’une morale élevée et de la confiance. Le Roi me mettait au courant de la situation militaire et me donnait volontiers ses impressions au jour le jour. Il était continuellement au contact de l’armée dont il suivait les opérations ; il payait même de sa personne.

13 - (58”) Ancien combattant belge (IAS)

14 - (59”) Gaston SOTY (né en 1891) (IAS)

15 - (34”) Monsieur RENARD (Responsable cheminot à la gare de l’Est) (INA)

16 - (1’04) Marcel QUINTANAS (du Chacal hurlant, théâtre aux armées) (PN)
 
« La Madelon » a capella (extrait)

17 - (1’11) WILHELM II (1859-1941, Roi de Prusse et Empereur d’Allemagne) (IAS)
Peuple allemand! Maintenant, le glaive doit trancher. En pleine paix, l’ennemi nous attaque. Aux armes! Toute hésitation, tout tremblement constitue à présent une trahison envers la patrie. Il s’agit d’être ou de ne pas être à la hauteur de l’Empire que nos pères ont fondé. Il s’agit d’être ou de ne pas être cette force allemande et cette âme allemande. Nous allons nous défendre jusqu’au dernier souffle de nos hommes et de nos chevaux, et nous sortirons vainqueurs de ce combat, même contre un monde d’ennemis. jamais l’Allemagne n’a été vaincue lorsqu’elle était unie. Tous, avec Dieu qui sera à nos côtés, comme il l’a été avec nos pères !

18 - (52”) Momcilo GAVRIC (Témoin serbe) (IAS)
Je m’appelle Momcilo GAVRIC, le plus jeune sergent de la première guerre mondiale. Je suis né sous la montagne Gucevo, dans le village Trbusica, près de Drina, et de Loznica. En juillet 1914, j’avais 8 ans et 2 mois, puisque je suis né le 1er mai 1906. Quand les Austro-Hongrois arrivaient en traversant la Drina, ils tuaient tous les enfants, les vieux, ils brûlaient tout. Quand ils sont arrivés dans notre village, le temps d’aller voir mon oncle et de revenir, les Austro-Hongrois ont tué mon père et ma mère ainsi que mes 7 frères et sœurs. Ils ont brûlé la maison et tout, autour. Sans pleurer ni crier, je me suis mis à fuir parce qu’une heure ou deux auparavant, j’avais vu notre armée se retirer. C’était la division de Drina, le 6e régiment d’artillerie. Quand je suis arrivé chez eux, j’avais les pieds et les mains en sang. Je leur ai demandé : «Monsieur, donnez-moi un canon pour que je tue les austro-hongrois qui ont tué toute ma famille». J’ai obtenu un uniforme après la bataille de Cer. C’est ainsi que je suis devenu caporal, avant d’avoir mes 9 ans.

19 - (24”) Louis TRUCHON (né en 1898) (IAS)

20 - (1’02) Madame SONEZ (née en 1908) (IAS)

21 - (51”) Roger BROHART (né en 1899) (IAS)

22 - (1’48) Alexandre KERENSKI (1881-1970, homme politique russe) (INA)
La Russie, au commencement de la guerre, était coupée presque complètement de tous les liens économiques avec le monde. C’était la situation d’un énorme empire avec une armée de presque une dizaine de millions, au commencement. Après c’était plus grand avec l’industrie qui n’était pas préparée pour la guerre des machines comme le disait Lloyd George. Les chemins de fer et les mers de la frontière occidentale étaient coupés par l’Allemagne, par l’Austro-Hongrie et par la Turquie (les Dardanelles). Et si vous voulez, cette Révolution - objectivement, il faut dire “révolution économique”, était très peu prévue, parce qu’on n’était pas sûr que les Dardanelles soient fermées... Et alors toutes les usines et toute l’industrie qui produisaient pour le marché intérieur les marchandises emballées et les produits agricoles étaient peu à peu transformées pour faire des obus, des machines, des canons... D’autre part, dès le commencement de la guerre, on a supprimé complètement le commerce de la vodka.

23 - (48”) Jean GUEHENNO (1890-1978, écrivain) (INA)
Mais je me souviens de ce qui a été, de ce qui fut pour moi peut-être la plus grande épreuve de la guerre. Ce ne fut pas du tout de me battre. Ce fut de faire, une fois, un discours. Comme je sortais de l’Ecole Normale, mon colonel jugea tout naturel de faire appel à ce bavard que j’étais. Et je me vois encore, monté sur une table, au milieu d’une cour de caserne, encourageant au départ tous les soldats qui devaient partir le soir. Lorsque j’ai fait ce discours, je suis sûr de n’avoir pas menti. je suis sûr de n’avoir dit que ce que je pensais, mais je ne peux pas dire comme ce discours a pu être pour moi douloureux.

24 - (1’09) Eugène LEGUILLER (né en 1898) (IAS)

25 - (30”) Marcel BOUDET (INA) « Le chant du départ » (extrait)

26 - (1’35) Henri JAUNEAUD (1892-1976, aviateur) (S.H.A.A)

27 - (46”) Heinrich SCHNEE (1871-1946, gouverneur de l’Afrique de l’est allemande) (DRA)
L’Angleterre a déclaré la guerre à notre patrie. Allemands d’Afrique de l’est, le combat qui, sans doute, a déjà commencé en Europe, exige de nous les plus hauts sacrifices en action et en sang. De nous aussi, bien que nous soyons loin de la patrie, il est attendu que nous défendions fidèlement et courageusement le sol est-africain, même jusqu’à la mort. Chacun doit remplir son devoir pour l’honneur de notre peuple.

28 - (1’06) Monsieur TELLIER (INA)

29 - (47”) Maxime WEYGAND (1867-1965, militaire) (INA)
Joffre prescrit alors aux 5e et 6e armées d’arrêter leurs retraites dès qu’elles ne courront plus le risque d’être accrochées et aux 3e et 4e de rompre le combat et de se retirer sur la ligne de Reims à Vouziers. Ce jour-là, le maréchal French accepte de prendre part à la bataille, mais il y met de telles conditions que son concours demeure incertain. D’autre part, Joffre demande au gouvernement de retarder le départ du gouvernement pour Bordeaux afin de ne pas démoraliser le pays.

30 - (1’14) Chauffeur d’un Taxi de la Marne (INA)

31 - (50”) Général von TISCHOWITZ (Membre de l’état-major allemand) (DRA)
La bataille de la Marne en septembre 1914 fut bien différente. Nous avons alors durement ressenti, lorsque l’aile droite de notre armée dut battre en retraite, la faille de cette croyance en l’invincibilité de l’armée allemande. Mais que cette défaite marquât le début de la défaite finale, aucun de nous ne l’a pensé.

32 - (42”) Paul Von HINDENBURG (1847-1934, chef de l’état-major allemand) (IAS)
Soldats de la huitième armée ! Les nombreux combats qui ont eu lieu dans les grandes plaines séparant Allenstein de Neidenburg ont pris fin. Vous avez remporté une victoire foudroyante sur 5 corps d’armées et 3 divisions de cavalerie. Plus de 90.000 prisonniers, d’innombrables armes et munitions, plusieurs drapeaux et beaucoup d’autres bannières de guerre sont entre nos mains. Les quelques lambeaux de l’armée russe de Narrow, évacués par l’encerclement allemand, fuient vers le sud pour passer la frontière. L’armée russe de Wilna a sonné la retraite pour quitter Koenigsberg.
Vive Sa Majesté l’Empereur et Roi ! Hourra !

33 - (51”) Ephraïm GRENADOU (1897-1993) (INA)

34 - (52”) André VACHER (né en 1894, aviateur) (S.H.A.A.)

35 - (1’45) jean POUYER (1885-1981, mar‡in et aviateur) (S.H.A.A.)

36 - (1’30) Paul DESCHANEL (1855-1922, Président de l’Assemblée Nationale) (PN)
Les Germains nous ont envahi plus de vingt fois. Vingt fois depuis la Révolution. De là, pour nous, les devoirs essentiels : commandement de la patrie, rester unis, mieux connaître l’Allemagne, faire mieux connaître la France, ne plus oublier, prévoir. Écoutons la voix des tranchées et des tombes. Ce qui vient de là est un cri d’amour. Jamais la famille française n’a été plus unie. Les Français suivaient des chemins différents, ils se sont rejoints au sommet. Même dévouement, même idéal, les héros qui affrontent la mort, savent qu’avant de s’éteindre, leurs vies, flammes, braises, en allument une autre immortelle. Et l’ennemi ne comprend pas que, ce qui nous déchirait, est ce qui nous unit : la passion du droit.

1915
37 - (1’23) Denis BESSON (1891-1997) (IAS)

38 - (1’00) Paul GAMBIER (1888-1981, aviateur) (S.H.A.A.)

39 - (1’33) Gaston SOTY (né en 1891) (IAS)

40 - (1’11) Edward DWYER (Militaire britannique) (IAS)
On marchait entre 35 et 45 kilomètres par jour et nous avions rempli nos sacs à dos avec des biscuits pour les manger en route. Il n’y avait qu’une chose pour nous remonter le moral pendant la marche, c’était le chant. On chantait des refrains de Tipperary, inventés par les gars. (il chante).

41- (25”) GAS SHELL BOMBARDMENT (IAS)

42 - (58”) Roland DORGELÈS (1885-1973, écrivain) (INA)
Il ne fallait pas espérer d’autres distractions dans ces mornes villages de l’arrière, pas une jolie fille à qui sourire, rien que des vieilles à fichus qui vous vendaient du mauvais vin en rechignant. Alors, faute de cabaret, on se réunissait à la cuisine roulante et pendant que le cuistot, debout sur sa machine, touillait la soupe avec un échalas, nous écoutions avec méfiance les cyclistes du colon et les téléphonards débiter de surprenantes nouvelles : Notre régiment était envoyé aux Dardanelles, les conseils de guerre étaient supprimés, on attendait le renfort des Sénégalais pour déclencher l’offensive. Parfois on les faisait taire : « C’est du bourrage, tu nous prends pour des glands ». Mais s’ils annonçaient quelque chose d’heureux, on y croyait quand même un peu.  Les journaux aussi nous trompaient. Quand, arrivant en repos après une attaque meurtrière, nous lisions dans le communiqué que nos pertes avaient été légères, les imprécations éclataient: « Et ceux qui sont restés en haut de la crête, on n’en parle pas et ceux qu’on a jetés dans la fosse, ils ne les ont pas comptés, ces salauds-là ».

43 - (1’34) Albert DUVAL (1891-1991, aviateur et marin) (S.H.M.)

44 - (1’07) Louis de DIESBACH de BELLEROCHE (1893-1982, aviateur et homme politique) (S.H.A.A.)
Si on veut faire un parallèle entre les deux, à mon sens, je trouverais à dire qu’au début, c’est-à-dire en 1915, 16 et même en 17, les avions étaient relativement rares dans le ciel. Ce qui fait qu’il n’y en avait pas des quantités comme en fin de 1917 et surtout en 1918. Donc, quand on avait la chance d’en trouver un, on tâchait de le descendre, on s’accrochait à lui quoi qu’il arrive ; c’est le cas de Guynemer. Que l’Allemand tire sur lui ou pas, il arrivait dessus et, à dix mètres, il lâchait sa rafale de mitrailleuse ; tandis que Fonck, un peu plus tard, a eu la chance d’avoir beaucoup plus d’avions face à lui. Il avait un coup d’œil extraordinaire. Une exception – je crois que c’est la seule exception dans l’aviation du monde – il n’a reçu dans toute sa vie qu’une seule balle dans son avion, ce qui n’est le cas ni de Guynemer ni, du côté allemand, de Galland ou d’autres. C’est l’exception.

45 - (37”) joseph BATTLE (1894-1990, aviateur) (S.H.A.A.)

46 - (1’25) Léon DEMANGE (Mémorial du Linge)

47 - (26”) François TISSERAND (1898-1981) (Mémorial du Linge)

48 - (1’14) Marcel JOANNÈS (1896-1989, aviateur) (S.H.A.A.)

49 - (1’48) Tom BROMLEY (né en 1897, soldat britannique) (IAS)

50 - (43”) Denis BESSON (1891-1997) (IAS) « La Valse des barbelés » (extrait)

51 - (1’19) Raymond POINCARÉ (1860-1934, Président de la République) (PN)
De quoi demain serait-il fait s’il était possible qu’une paix boiteuse vînt jamais s’asseoir essoufflée sur les décombres de nos villes détruites. Un nouveau traité draconien serait aussitôt imposé à notre lassitude et nous tomberions pour toujours dans la vassalité politique, morale et économique de nos ennemis. Industriels, cultivateurs, ouvriers français seraient à la merci de rivaux triomphants et la France humiliée s’affaisserait dans le découragement et dans le mépris d’elle-même. Qui donc pourrait s’attarder un instant à de telles visions ? Qui donc oserait faire cette injure au bon sens public et à la clairvoyance nationale ? Il n’est pas un seul de nos soldats, pas un seul citoyen, pas une seule femme de France, qui ne comprenne clairement que tout l’avenir de notre race, non seulement son honneur mais son existence même, sont suspendus aux lourdes minutes de cette guerre inexorable.

52 - (1’01) Louisa BLANCHARD (née en 1896) (IAS)

53 - (1’22) Louis DUKEINE (né en 1904) (IAS)

54 - (1’16) Elie BLONCOURT (1896-1978, soldat guadeloupéen, homme politique) (INA)
En 1915, j’avais donc 19 ans, j’ai été mobilisé et incorporé avec ma classe d’âge. J’ai donc quitté la Guadeloupe où j’étais né pour venir en France comme combattant de la Grande Guerre 14-18. Nous avons été embarqués sur le paquebot Champagne : c’était un bateau d’ailleurs spécialement affecté au transport des recrues antillaises, ceux qui avaient été mobilisés en Martinique et en Guadeloupe.  Alors, ma foi, nous avons fait nos classes à Bordeaux et puis, trois mois après, beaucoup d’entre nous avons été dirigés : le baptême du feu nous l’avons eu en orient, aux Dardanelles. On parle d’héroïsme, on parle des héros de la guerre 14-18 ; au fond, c’est une expression qui ne me paraît pas strictement conforme à la réalité. Non, quand on est un homme, quand on tient à la vie, indiscutablement, on a quelquefois quelques appréhensions. Moi, je serais surpris si un combattant de la guerre de 14-18 m’affirmait qu’il n’a jamais eu peur.

55 - (32”) Otto Paul RAKOWSKY (Sous-marinier allemand) (IAS)
Le 30 avril 1915, le sous-marin U-20 est sorti du port de Wilhelmshafen pour une mission lointaine dans la Manche. On le toucha entre la première et la seconde cheminée. Le commandant regarda encore au-dessus et dit : “C’est le Lusitania qui maintenant va couler”. Ce n’est qu’après 3 ou 4 heures que nous avons émergé. Nous étions bien loin de toute terre. Du naufrage, il ne restait plus aucune trace.

56 - (1’23) Lady RONDDHA (J. Bernard)
A New York, pendant les semaines précédant le dernier voyage du Lusitania, on parlait beaucoup des sous-marins. Les Allemands ont annoncé qu’ils allaient tout essayer pour faire couler le grand navire, ayant pour but d’installer un règne de terreur dans le monde entier. On devait arriver à Liverpool le samedi 8 mai et nous avons tous imaginé qu’une attaque arriverait pendant la dernière nuit dans la mer d’Irlande. On avait tort. Le vendredi après-midi, vers 14 heures, nous étions à quelque distance de la côte sud-ouest d’Irlande. Le vieux cap de Kinsale était visible devant nous quand arriva un bruit sourd, pas très fort mais de toute évidence une explosion. C’est une sensation horrible de rester dans l’entrepont d’un navire en train de couler, même pour quelques instants, mais malgré cela je devais contrôler mon instinct et d’abord aller dans ma cabine pour chercher mon gilet de sauvetage et puis me rendre sur le pont. Pendant que je montais l’escalier en courant, le navire était déjà en train de sombrer.

57 - (1’23) joseph Von HABSBURG-LOTHRINGEN (1872-1962, commandant autrichien) (IAS)
Voilà aujourd’hui un an que, dans sa très grande Grâce, Sa Majesté m’a confié le commandement du 7e corps et que j’ai emmené le commando vers les Carpates. Ces combats dans les Carpates ont renforcé la puissance des Russes. Nos camarades qui maintenant reposent dans les lointaines plaines de l’Empire russe, ont mérité leur part d’immortalité par ces avancées victorieuses. Sans ces grands combats dans les Carpates, Gorliz et la grande marche en avant n’auraient pas non plus abouti. Nous avons dû quitter le cortège de la victoire pour nous replonger dans une autre mission sur les Carpates autrement plus difficile que cette dernière bataille. Il s’agissait de soutenir avec toutes nos forces armées ces citoyens allemands qui avaient trahi, de laisser notre front saigner et seulement lorsque nous aurions dompté la population, nous porterions secours au front. Au nom de Dieu vous vaincrez et parviendrez à préserver la patrie prise en otage par les traîtres et à lui imposer la paix !

58 - (1’03) Franz ROHR (Commandant autrichien) (IAS)
Soldats de la frontière alpine ! L’Italie a enfin arraché son masque trompeur. Elle se révèle sous les traits de ce vieil ennemi, perfide et fourbe. De durs combats attendent les nôtres, mais la marée enflammée de nos ennemis doit trouver en nous une solide falaise. Soldats ! Dans nos cœurs brûle encore l’esprit du père Radetzky, l’esprit du grand duc Albrecht, l’esprit de ces grands héros dont les noms ont, de tous temps, fait trembler le monde. Chaque fois que les Italiens ont pris le pouvoir, notre vaillante minorité s’est érigée en seigneur à leur encontre. Rappelez-vous ceux de Sainte Lucie, Moldara, Novare, Saint Martin, Redecca, rappelez-vous les traîtres de Cutoza, de Nice !

59 - (1’06) joseph BATTLE (1894-1990, aviateur) (S.H.A.A.)

60 - (20”) Emprunt : « Donnez votre Or ! » (IAS)

61 - (1’09) Louisa BLANCHARD (née en 1896) (IAS)

62 - (24”) Antoine PINAY (1891-1994, homme politique) (INA)
J’étais chef de pièce dans un régiment d’artillerie de campagne et j’étais à mon poste quand les obus se sont mis à tomber un peu de tous les côtés et à un moment donné, il en est tombé un sur ma pièce 4 de servant qui m’a blessé assez grièvement au bras droit. J’ai toujours eu le bras cassé.

63 - (24”) FRANZ JOSEPH Ier (1830-1916, Empereur d’Autriche-Hongrie) (IAS)
J’accompagne de tous mes vœux l’action des veuves de militaires autrichiens et le fonds des orphelins de guerre. Puisse ce noble effort contribuer au bien-être de mes braves soldats restés en arrière des lignes !

CD 2
1 - (58”) Eduard von BÖHM-ERMOLLI (1856-1951, commandant général allemand) (IAS)
Au début de l’année 1915, la seconde armée était encore en Pologne russe après que, par son audace et sa perspicacité, elle ait contré l’offensive ennemie dans la Silésie prussienne et qu’elle ait fortement soutenu les troupes allemandes. Puis, dans l’hiver des Carpates, vint cette offensive incomparablement rude et sanglante pour libérer Przemysli. Nous fûmes brisés par les profondes douleurs que peuvent occasionner la neige et la glace. Dans des combats glorieux, la seconde armée a tenu le coup jusqu’à ce que l’ennemi soit totalement saigné. Puis a commencé notre série de victoires dans les Carpates vers la Galicie. Nous avons pris Tarnow et, dans une dernière bataille, nous avons rejeté l’ennemi au-dessus de la Vistule. La victoire de Grodeck fut brillante et nous reprîmes Lemberg.

1916
2 - (1’10) Franz Salvator von HABSBURG-LOTHRINGEN (    -1929, commandant autrichien) (DRA)
Sa Royale et impériale Majesté Apostolique m’a chargé du poste de responsable du volontariat sanitaire pour l’année 1915 ce que j’acceptais avec soumission et dévotion. je m’occupais donc des sociétés de la Croix-Rouge en Autriche, Hongrie et Bosnie-Herzégovine et devais leur apprendre le noble amour du prochain et les devoirs qui méritent la plus haute reconnaissance. Très touché par l’immense honneur de cette fonction qui unissait la Croix Rouge à notre armée héroïque, je tiens ici à exprimer ma plus haute reconnaissance à Sa Majesté qui aide, non seulement tous les fonctionnaires du service des volontaires sanitaires mais aussi ces innombrables aides ponctuelles auxquelles nous devons la réalisation de nos plans et qui nous permettent de remplir nos devoirs.

3 - (1’05) Roland PONCHARD (né en 1898) (IAS)

4 - (1’19) Clément COMPERE (né en 1897) (IAS)

5 - (39”) Tristan TZARA (1896-1963, écrivain) (INA)
Dada est né en Suisse en 1916. Le nom a été choisi au hasard dans un dictionnaire pour que justement il ne signifie rien et qu’il ne nous engage à aucun dogmatisme. Ce moyen d’expression était cependant artistique ou littéraire, mais nous ne voulions pas que cela devienne une école littéraire, dans le sens classique du terme. Personnellement je n’avais que 20 ans et nous tous, Arp, Ball, etc., qui faisions partie du mouvement, nous étions révoltés contre toutes ces fausses valeurs, contre cette fausse morale, contre ce faux Art avec un A majuscule...

6 - (1’00) Alfred von TIRPITZ (1849-1930, homme politique et marin allemand) (DRA)
L’Angleterre considère le monde comme un citron qu’elle seule, avec son monopole, peut presser. Avant que nous ayions un grand pouvoir sur la mer, avant qu’il y ait une flotte allemande de poids, un pouvoir politique s’était créé en Angleterre dont l’adage était «Germania est delenda» (« L’Allemagne doit être détruite »). Les intentions de blocus sous-marin que nous avions affichées n’étaient pas une mesure de revanche, bien que l’on ait pu les comprendre ainsi car l’Angleterre défiait brutalement toutes les lois de la mer. Notre blocus sous-marin était bien plus légal. L’Allemagne se bat pour un grand idéal. C’est pourquoi, je veux en appeler aux sentiments patriotiques de chacun. Allemagne, lève-toi, l’heure de ton destin a sonné !

7 - (1’10) jean ROUMENS (né en 1896, aviateur) (S.H.A.A.)

8 - (1’13) Roger BROHART (né en 1899) (IAS)

9 - (1’07) Karl von PFLANZER-BALTIN (1855-1925, général en chef de l’armée d’Autriche-Hongrie) (IAS)

Dans l’armée dont j’assure le commandement, toutes les nationalités ont combattu ensemble : des régiments des Alpes, de Silésie, de Bohême, de Pologne, de Hongrie, de Croatie et de Bosnie. Tous ont été admirables au combat et ont fait preuve de sens du sacrifice. Dans la Bucovine et dans la Galicie de l’est, ces troupes, par leur action commune face au danger, même dans les temps les plus rudes, dans le dénuement le plus angoissant, ont, non seulement illustré cette devise «viris unitis» («par l’union des hommes»), mais lui ont offert sa signification la plus profonde, et furent un exemple pour tous les peuples. Un résultat dont on se souviendra. Cette armée était animée par le seul idéal d’un dévouement total et d’un sacrifice de soi sans borne.

10 - (1’05) Monsieur CHAPSAL (INA)

11 - (59”) Clément COMPERE (né en 1897) (IAS)

12 - (1’30) jean FABRY (1876-1968, militaire, journaliste et homme politique) (IAS)

Sous sa carcasse de fer, il avait forgé la Marne, l’Yser, Verdun et la Somme, un cœur continuait à battre, c’était le cœur d’un homme bon et généreux. C’est ce Joffre que j’ai eu souvent devant mes yeux. J’ai passé en tête à tête avec lui près de 18 mois où il ne m’a rien caché de ses pensées. Nous avons vécu ensemble toutes les journées de la guerre. Il part pour Paris, peut-être, le 27 mars 1916. Il entre dans la salle de la conférence, de son pas pesant, sa taille lourde un peu fléchie à gauche, il commence à lire de sa voix légèrement voilée, d’ordinaire très douce et presque grêle pour son grand corps, mais qui devenait gutturale dans l’effort qu’il s’imposait pour parler devant son auditoire. Tout porte à croire, dit-il, que si les offensives d’ensemble que la coalition a résolues de prendre dans un bref délai réussissent, un heureux dénouement de la guerre suivra après l’échéance. La France, pour le moment, ne peut mieux faire que de défendre pied à pied le territoire national en économisant autant que possible ses effectifs, et en préparant son offensive future. La Russie, l’Italie, l’Angleterre doivent concentrer sur les théâtres d’opérations principaux le maximum de leurs moyens et de leurs effectifs et pousser jusqu’à l’extrême dans le moindre pan, la préparation des attaques où elles engageront leurs derniers hommes et leurs derniers canons. L’heure est venue d’appliquer la doctrine de la concentration des efforts laquelle ne va jamais sans comporter certains risques sur les théâtres secondaires. Une victoire en France rétablira tout et fera tout.

13 - (1’04) Lindasse WOULANA (Soldat comorien) (INA)
Matricule 7865. Au 1er (...) en Somalie, au premier régiment colonial, à la 40e division du Maroc. J’ai été mobilisé ici à Moroni, après je suis passé à Madagascar, à Diego Suarez. Après je pars en France, sur le bateau Gymna. J’arrive dans le sud de la France. je passe à Marseille et à Saint-Raphaël. Après ça, je passe au 15e bataillon, bataillon malgache. Après cela, je passe en Alsace et Lorraine au front, en première ligne dans les tranchées. je suis resté en Alsace peut-être un an. Après je suis passé au bataillon de Somalie avec les autres Comoriens. je passe au front en Alsace (...) en Lorraine.

14 - (1’10) KARL FRANZ JOSEPH (1887-1922, Empereur d’Autriche à partir de 1916) (IAS)
J’ai été sur tous les fronts, j’ai visité toutes les troupes de notre glorieuse armée. J’ai vu toutes les nationalités de la monarchie blanche étroitement unies vers un même but : restaurer une paix glorieuse. Dans les yeux de tous les soldats, on pouvait lire la joie du combat et l’assurance de la victoire. De la bouche de chacun de ces héros s’exprime un grand amour envers nos chefs de guerre tout puissants et adorés et une confiance sans borne en notre Dieu. Les héros de l’arrière sont tout aussi dignes de notre admiration. Ces martyrs silencieux qui ont parfois perdu celui qu’ils avaient de plus cher à la guerre ou qui vivent dans la peur continuelle et la crainte d’y perdre un des leurs. En ces temps difficiles, les soins aux victimes de la guerre sont une chose essentielle. Là où l’on ne peut défendre soi-même la patrie, épée au poing, on peut, par une infinité de bonnes actions, soulager les lourdes souffrances de nos braves combattants : « viris unitis » (« par l’union des hommes »).

15 - (48”) Louis DUKEINE (né en 1904) (IAS)

16 - (36”) Clément COMPERE (né en 1897) (IAS)

17 - (1’18) Alexandre von LINSINGEN (1850-1925, commandant allemand de la Bugarmee) (DRA)

La tâche la plus difficile que je dus accomplir, fût l’offensive de Brussilow qui commença le 4 juin 1916 et continua jusqu’en octobre. Les deux lignes de l’est, celle de Brody et celle de Luck, les 1re et 4e armées austro-hongroises, avaient été repoussées par les Russes, en grande partie décimées et faites prisonnières. Il s’agissait alors avant tout de garder en place les restes de ces deux armées sur la rive ouest de Storan, de les réorganiser et de les mêler à des troupes allemandes, pour pouvoir résister aux victoires des ennemis. Il fallait l’empêcher d’atteindre son but : Brest-Litowsk.

18 - (1’00) Kurt HESSE (Membre de l’état-major allemand) (DRA)
A l’époque, j’étais sous les ordres du général en chef Deimling. Il nous fallait attaquer sur le front est. La surprise était notre seule chance de succès. Mais la pluie et la neige se mirent à tomber: une tempête apocalyptique. Nous nous enfoncions chaque jour, de plus en plus, dans la boue. L’effet de surprise pouvait-il encore fonctionner ? La tension était à son comble dans les quartiers des officiers et plus encore dans les troupes ; l’ordre d’attaque fut perçu par tous comme un grand soulagement. Les troupes se jetèrent sur les positions ennemies comme à Liège. Les premiers et seconds postes furent pris immédiatement. Douaumont tomba. Le fort de Vaux fut pris après de rudes combats. je vois encore son brave commandant. Le Kronsprinz lui laissa son épée. L’attaque continua.

19 - (1’30) Sylvain RAYNAL (IAS)

20 - (25”) Nerucito RAWALE (Soldat sénégalais) (INA)
 
A la bataille de Verdun, tous les Empereurs d’Allemagne étaient là, Guillaume et son fils aîné, tous étaient là. C’est là qu’on avait cantonné tous nos efforts. On a vu des fois qu’ils nous bombardaient pendant 24 heures de suite. Et puis, en montant à l’assaut, il n’y avait rien à faire. On voit que, toujours, les tirailleurs sénégalais existent.

21- (27”) Monsieur FAISLER (J. Bernard)

22 - (54”) Marcelle CULOT (née en 1904) (IAS)

23 - (1’25) René CRETEL (né en 1902) (IAS)

24 - (55”) Pierre TRIPET (né en 1901) (IAS)

25 - (1’12) Bernard FLORIAN (né en 1896) (S.H.A.A.)

26 - (1’30) Monsieur COCOTIER (INA)

27 - (48”) Erich von LUDENDORFF (1865-1937, général en chef de l’armée allemande) (J. Bernard)
Dans cet article par lequel je prenais congé, je rappelais aux peuples que, de même que la guerre mondiale avait surpassé en ampleur et en horreur toutes les précédentes guerres, de même, quelque soit le destin de l’Allemagne et de la Hongrie désarmées, la prochaine guerre mondiale surpasserait dans tous les domaines ce qu’a vécu l’Allemagne entre 1914 et 1918 et entraînerait les peuples de façon terrible et inimaginable dans des situations pitoyables. Ce n’est pour eux qu’une maigre consolation de voir que ceux qui tirent les ficelles au plan planétaire et leurs infâmes complices vont connaître ce même destin tant sur le plan intérieur, extérieur que sur celui de la chrétienté.

28 - (27”) Paul L. KÖNIG (Sous-marinier allemand) (DRA) 
Servir le commerce pacifiste au milieu de la guerre mondiale, aider les cœurs vibrants à l’esprit allemand aux Etats-Unis, prouver que, malgré les difficultés, la puissance de l’Allemagne reste intacte, qu’elle tient à son idéal et lutte pour la liberté des mers : ceci est et restera notre plus cher devoir, même lors des voyages les plus lointains.

29 - (1’14) Gaston DOUMERGUE (1863-1937, homme politique) (PN) 
Elle a fait surgir des profondeurs où elles paraissaient endormies, où certains les disaient éteintes, où nos ennemis les croyaient à jamais mortes, les qualités et les vertus les plus nobles de notre race. Toutes celles qui aux époques les plus critiques et les plus angoissantes de notre histoire, alors que l’existence même de la patrie semblait irrémédiablement compromise, ont su chaque fois réaliser le miracle d’assurer son salut, d’augmenter ses trésors de gloire et de répandre plus largement son rayonnement dans le monde en même temps que le sentiment de sa force accrue et de son génie plus anobli. Ce miracle qui, dès la première heure, a donné l’ordre unanime de fraternité et de confiance, a rapproché tous les Français divisés la veille par des dissensions dont beaucoup, espérons-le, ne renaîtront pas après la guerre, jusque là renouvelé tous les jours depuis que celle-ci a commencé et que le Barbare souille notre sol.

30 - (50”) Gaston SOTY (né en 1891) (IAS)

31 - (1’07) jean RAGAINE (INA)

32 - (49”) Franz CONRAD von HOTZENDORF (1852-1925, commandant autrichien) (IAS)
La guerre catastrophique que nous vivons actuellement aura eu cette conséquence intéressante de voir se renforcer le regroupement intime de toutes les nations sous notre monarchie avec la solide volonté de protéger des ennemis cette patrie chère à nous tous. Ce n’est que si chacun remplit son devoir particulier en gardant devant les yeux l’intérêt de tous que nous pouvons espérer la victoire. C’est par ce libre exercice du devoir de chacun que tous les peuples de notre vaste royaume se sont retrouvés sous le pouvoir des armes. Depuis maintenant bientôt quinze mois, tous les ennemis relèvent la tête victorieusement. L’avenir reste préservé grâce à ce regroupement qu’il nous faut conserver pour toujours et qu’il nous faut renforcer. C’est le fondement le plus solide afin de conserver notre position.

33 - (40”) Kurt von LERSNER (Membre de l’état-major allemand) (DRA)
Le gouvernement allemand et l’armée avaient fondé beaucoup d’espoir dans les propositions de paix que le chancelier Bethmann-Hollweg, le 12 décembre 1916, présenta au parlement avant de les envoyer aux responsables de l’Entente. Et ce fut une immense déception de l’Empereur, du Chancelier et des chefs de l’armée, particulièrement Hindenburg et Ludendorff, lorsque cette tentative échoua. Le rapide rejet, par les alliés, des propositions de Bethmann, n’eut pas seulement des conséquences dramatiques pour nous, mais aussi pour le monde entier.

34 - (1’00) Simone HEQUET (Alif Productions)

35 - (1’23) joseph de VALICOURT (Alif Productions)

36 - (1’23) TSANG KUONG PIO (Alif Productions)
En Chine, on ne savait pas que j’allais à Hong Kong, puis en France comme combattant. je suis venu en 1916, je me suis sauvé. Quand je suis parti à Hong Kong, papa et maman croyaient que j’allais chez ma sœur. je n’y suis pas allé. je suis parti à Hong Kong et tout de suite, j’ai rencontré quelqu’un qui cherchait des gens pour partir en France... Le bateau, je connais : on entrait, ils nous donnaient à manger. Pour monter dans le bateau, il y avait beaucoup de monde. Le bateau, c’est grand. Il fallait 40 jours pour venir. A 24 heures de Marseille, le bateau a sauté. Il y a eu beaucoup de morts.

37 - (10”) Simone HEQUET (Alif Productions)

1917
38 - (48”) Théobald von BETHMANN-HOLLWEG (1856-1921, chancelier allemand) (DRA)
Cette guerre a enfanté une ère sanglante et un peuple nouveau : un type humain ébranlé au plus profond de sa sensibilité par de si monstrueuses expériences, un peuple, que pourraient décrire les mots saisissants d’un poète aux idées tragiques en rappelant que son fils le plus pauvre lui est aussi le plus fidèle, une nation qui a éprouvé maintes fois chaque jour que seules les forces unies peuvent résister et vaincre un danger venant de l’extérieur. Messieurs, voilà des forces vives qui ne se laissent encadrer par aucun parti politique, qu’il soit de droite ou de gauche.

39 - (55”) Alexandre KERENSKI (1881-1970, homme politique russe) (INA) 
Nous avons accepté pour l’intérêt de la Russie et pour la fin victorieuse de la guerre, de reconstruire l’activité militaire sur le front russe pour arrêter la concentration des armées allemandes sur le front franco-anglo-italien. Cela, nous l’avons réussi.  Cette grande chose était nécessaire pour la Russie et pour les alliés. Ludendorff a écrit dans ses mémoires que l’offensive et l’activité du front russe pendant le régime Kerenski-Brussilow ont ruiné tous ses plans sur le front occidental.

40 - (3’40) Georges MAYEUR (1888-1986, aviateur) (S.H.A.A.)

41 - (1’06) Alexandre RIBOT (1842-1923, Président du Conseil) (PN)

C’est un fait historique d’une importance sans égale que l’entrée en guerre avec nous et nos alliés de la démocratie la plus pacifique qu’il y ait au monde. Après avoir souffert pour affirmer son attachement à la terre, la grande nation américaine déclare solennellement qu’elle ne peut rester neutre dans cet immense conflit entre le droit et la violence, entre la civilisation et la barbarie. Le drapeau étoilé va flotter à côté du drapeau tricolore. Nos mains vont se joindre et nos cœurs battre à l’unisson. Pour nous ce sera, après tant de souffrances héroïquement supportées, tant de plaintes et tant de  ruines, le renouveau des sentiments qui nous ont animés, soutenus par de si longues épreuves. L’aide puissante, décisive que nous apportent les États-Unis ne sera pas seulement un soutien matériel, ce sera surtout une aide morale et un véritable réconfort. Le gouvernement de la République française adresse au gouvernement et au peuple des États-Unis, avec l’expression de sa reconnaissance, ses vœux les plus ardents.

42 - (27”) Cecil B. de MILLE (1881-1959, cinéaste américain) (IAS)
La première guerre mondiale est déclarée. Hollywood avait organisé le 51e régiment de Californie sur Hollywood boulevard et beaucoup d’hommes étaient entraînés pour la guerre. Hollywood leur a dit au revoir avec des drapeaux flottants, de la musique d’orchestre, des sourires courageux et quelques larmes secrètes. Hollywood envoyait ses fils au plus grand drame qu’on ait jamais joué. Quelques-uns d’entre eux ne sont jamais revenus.

43 - (43”) Débarquement Américain (disque descriptif) (IAS)
Les gars, je voudrais vous dire quelques mots avant de débarquer. Ceci est un événement mémorable dans l’histoire de l’Amérique. C’est la première fois qu’une force militaire américaine met le pied sur le sol ancien de la France. Quand nous nous battions pour notre indépendance, il y a longtemps, en 1876, la France nous a envoyé quelques-uns de leurs braves gars sous le commandement du Général Lafayette pour nous aider dans notre lutte pour la liberté. Aujourd’hui, vous êtes les représentants d’une grande République, les États-Unis d’Amérique.

44 - (48”) Cours de Français (IAS) 
Have you seen any American soldiers ? : Avez-vous vu des soldats américains ?  
Where are our headquarters ? : Où est notre quartier général ?  
I want to find my regiment : je veux rejoindre mon régiment.  
Have you seen the enemy ? : Avez-vous vu l’ennemi ?
I’m short of cartridges : Il me faut des cartouches.
Can you give me any information about the enemy ? : Pouvez-vous me donner des renseignements sur l’ennemi ?
We are going to attack : Nous allons attaquer.  
Look out, a shell ! : Attention, un obus !

45 - (36”) Canadien de VIMY (IAS)
La situation était terriblement confuse le premier jour. On ne savait pas où l’on était. Nous avons cru dépasser notre objectif parce que certains de nos propres obus nous tombaient dessus ; on n’avait aucun moyen de le signaler à nos artilleurs. On nous a donné des fusées éclairantes pour montrer aux avions la position générale de la ligne mais elles n’étaient pas visibles parce qu’il neigeait à ce moment-là : même si les avions volaient bas, ils ne pouvaient pas les voir.

46 - (26”) Canadien de Vimy (IAS)
En haut de cette arête on ne voyait que des trous d’obus à moitié remplis d’eau et l’eau était rouge avec le sang des Allemands. Il y avait des cadavres allemands partout ; on ne pouvait pas se reposer sans bouger sinon on s’enfonçait dans la boue. je me rappelle m’être assis sur un Allemand mort pour manger mon repas. C’était le seul endroit où j’étais en sécurité.

47 - (1’54) Louis Henry Cardinal LUÇON (1842-1930, archevêque de Reims) (J. Sourillan)
A l’intérieur le feu gagne les portes latérales. Il consume dans le tambour où était roulé le magnifique tapis du char de Charles X. Il dévore les portes massives et dégrade les célèbres galeries de statues en mi-relief qui les encadrent. Les splendides verrières des XIIIe et XIVe siècles sont criblées par les éclats de la mitraille et arrachées de leurs fenêtres. Elles pendent lamentablement en lambeaux à leurs armatures. Toute la ville est sur pied. Sur la place du parvis, dans les rues, aux fenêtres des maisons, tous les regards sont fixés sur le spectacle terrifiant. Riches et pauvres, civils et militaires, croyants et non-croyants, tous sont là, debout les yeux fixés, les yeux pleins de larmes, frémissants de douleur et d’indignation, mais impuissants. Et depuis ce jour-là, notre chère cathédrale est restée sous nos veux attristés comme une ruine au milieu des ruines, mutilée, meurtrie, démantelée, sans toiture, sans porte, sans fenêtre, ouverte à tous les vents comme une demeure abandonnée. Les orgues sont muettes et les voûtes ne retentissent plus que du fracas des projectiles. Les cloches, après avoir exhalé dans les airs un dernier et douloureux gémissement, sont tombées fondues parmi les débris de leur beffroi carbonisé.

48 - (38”) Louis TRUCHON (né en 1898) (IAS)

49 - (1’00) Marcelle CUL0T (née en 1900) (IAS)

50 - (1’00) René VIVIANI (1863-1925, homme politique) (PN)
Je sais bien qu’à l’heure actuelle, au milieu des Empires Centraux, se trouve un monarque absolu qui rattache à lui par les liens d’une fatalité de fer d’autres peuples. On a dit que c’était le signe de la force, ce n’en est que l’apparence dérisoire. Et, en effet, il y a quelques semaines, à la veille du jour où l’Amérique frémissante allait se dresser de tout son élan, au lendemain du jour où la révolution russe, fidèle au pacte d’alliance rappelait en même temps les soldats aux armes et le peuple à l’indépendance, on a vu ce monarque absolu trébucher sur les degrés de son trône sentant passer sur sa couronne le souffle des premières tempêtes. Et il s’est abaissé vers ce peuple et, afin de le gagner, il est allé emprunter aux nations libres, leurs institutions suprêmes en promettant à ses sujets le suffrage universel.

51 - (1’02) Eddie RICKENBACKER (1890-1966, aviateur américain) (IAS)
J’ai commencé à penser à Dieu et à moi-même parce qu’il ne restait qu’un seul magnéto et que s’il ne marchait pas, quand j’essaierai de démarrer le moteur, je serai perdu. je revenais en planant pensant que, même si je rencontrais des pilotes allemands, décollant de la base allemande en route pour le front, je serai bien derrière eux ; je devais rester inaperçu. Cela s’est passé exactement comme ça. Ils étaient 3 chasseurs ennemis. je suis arrivé à 200 ou 300 mètres derrière le dernier de la formation quand les Allemands, au sol, m’ont vu. Leurs antiaériens ont tiré des obus noirs devant le premier chasseur, ce qui voulait dire : avions ennemis à proximité!

52 - (1’07) Charles DHEILLY (né en 1896) (IAS)

53 - (2’38) Marc DESACHE (1892-1982, aviateur et homme politique) (S.H.A.A.)

Le Chemin des Dames en 1917. Il faisait un temps épouvantable. J’étais moi-même affecté au corps colonial et le général, commandant l’armée du corps colonial me dit : « On ne voit pas très bien, on ne peut pas régler, les avions ne peuvent pas sortir ». Je lui dis : «Moi non plus». Mais j’ajoutais : «Je suis monté, et jai vu une chose. C’est que le Chemin des Dames a deux versants : le plateau est bien nettoyé par votre artillerie mais la contre-pente, on ne la voit pas. je ne peux pas vous dire ce qu’il y a et il y a certainement quelque chose : soit des mitrailleuses sous abris bétonnés soit des contre-défenses en fil de fer barbelé ». Le général commandant le corps d’armée m’a fait appeler et m’a dit : « je vous emmène à l’armée ». Il m’a emmené à l’armée et m’a mis en présence d’un général qui savait ce qu’il voulait et de quoi il parlait : c’était le général Mangin. Le général Mangin m’a dit : « Il paraît que vous émettez des  doutes sur l’efficacité de nos destructions ?». Je lui ai dit : «Oui, mon général», très ému,  «j’émets un doute parce que je ne vois rien, je ne vois rien arriver à quatre ou cinq cents  mètres. Je me suis fait plaquer au sol et les avions ne peuvent pas sortir». il m’a dit : «Bon, j’enregistre ce que vous me dites. Repartez, et remontez tant que vous pourrez». C’était impossible. Le jour de l’attaque du Chemin des Dames, j’ai dit : «Allons de l’avant, on va voir», et j’ai vu de loin, je n’étais même pas à deux kilomètres des lignes. J’ai vu l’armée française progresser sur le chemin des Dames. je l’ai vu tomber en contre-pente sur les fils de fer barbelés et des abris de mitrailleuses qui se croisaient et qui ont fauché une partie de l’armée française. C’est là où il y a eu toutes les mutineries qui ont été connues en 1917, le départ du général Nivelle et la venue du Maréchal Pétain commandant l’armée française.

54 - (51”) Rudolf von RAVENSTEIN (1857-1923, président de la Reichsbank) (DRA)
Et maintenant Messieurs, j’en appelle à vous personnellement pour votre collaboration au succès de notre 7e emprunt de guerre avec tout ce que cela entraîne. Nos emprunts de guerre font aussi partie de notre combat qui va décider de l’avenir de notre peuple allemand ; combat que nous allons gagner avec notre force de travail, notre économie tout autant qu’avec nos armes. Elles aussi font partie des actions et des heures décisives de notre histoire qui s’ajoutent l’une à l’autre en ces années de lutte du peuple. C’est pourquoi, Messieurs, je dirais comme notre Empereur à Riga l’a crié à ses troupes : «Sus à l’ennemi!». Pour que nous nous battions d’un cœur joyeux et d’une volonté de fer et que nous vainquions, signez l’emprunt de guerre !

55 - (1’09) Gaston SOTY (né en 1891) (IAS)

56 - (44”) Publicie LEDEZ (née en 1901) (IAS)

57 - (1’26) Emil FISCHER (1852-1919, Allemand, Prix Nobel de chimie en 1902) (DRA)
Bien qu’il soit difficile de prévoir l’évolution de la recherche, je pense pouvoir affirmer que le rapprochement de la chimie organique avec la biologie va avoir tendance à s’intensifier et porter ses fruits. Surtout, j’espère avec confiance que grâce à la production de la synthèse organique, nous allons parvenir, par la chimie, à exercer une influence radicale sur le développement de l’individu et provoquer des transformations qui dépasseront de loin tout ce à quoi on peut prétendre par la seule culture. La recherche scientifique allemande et la technique, qui en de nombreux points lui est très liée, connaissent une grande évolution et ont, depuis le début de la guerre, été l’objet de mépris de la part des pays ennemis.

58 - (44”) Luigi CADORNA (1850-1928, chef d’état-major de l’armée italienne) (IAS)
Que les soldats d’aujourd’hui puissent être conscients de la tâche austère, grave et glorieuse qui leur est confiée. Que chaque commandant, chaque soldat, sache son devoir sacré : lutter, vaincre, sans reculer, même d’un pas. Nous sommes décidés, sur nos positions nouvelles, sur le Piave et au Stelvio à défendre l’honneur et la vie de l’Italie. Que chaque combattant sache quel est le cri et l’ordre jaillissants de la conscience du peuple italien tout entier : «Mourir! Ne pas se replier!» Le chef d’Etat Major de l’Armée, Général Cadorna.

59 - (52”) Léon BOURGEOIS (1851-1925, homme politique, Prix Nobel de la Paix en 1920) (PN)
C’est cette paix que, grâce à une telle armée nous devons promettre, non seulement à ceux qui rentrent de là-bas dans notre France, non seulement à ceux qui au-delà de la barrière de feu souffrent et résistent encore, mais encore et surtout à ceux qui ont succombé, et qui au moment où leurs yeux se fermaient, sous ce ciel de France qui depuis 3 ans, hélas, ne reflétait plus les couleurs françaises, ont eu certainement cette dernière pensée, ce dernier vœu : « Fasse que mon sacrifice ne soit pas inutile, fasse que mes douleurs soient portées au compte de la justice, fasse que nos souffrances et notre mort aient cette vertu que nos enfants ne connaîtront pas dans les générations futures de pareilles souffrances ou de pareilles morts ».

60 - (1’11) Commandant NUSILLARD (Officier de la censure, alias Anastasie) (INA)

CD 3
1 - (2’00) Pierre CHICHET (1894-1982, aviateur) (S.H.A.A.)

2 - (57”) Elefthérios VENIZELOS (1854-1936, homme politique grec) (IAS)
Je peux vous assurer que pendant cette longue et douloureuse tragédie, la grande majorité du peuple grec n’a jamais approuvé cette politique de trahison. L’attitude favorable de votre grand empire est un modèle précieux pour le peuple grec. Les Grecs ont toujours cherché leur voie dans l’excellente leçon que la vie politique, en Angleterre, propose. Quand l’Allemagne a provoqué cette guerre, les démocraties du monde entier attendaient la réaction de l’Angleterre. Tout le monde sera soulagé une fois que l’agression allemande sera arrêtée par la résistance britannique.

3 - (1’00) LENINE (1870-1924, homme politique russe (IAS) / Création de la Troisième Internationale en mars 1917
Au mois de mars 1917 s’est tenu à Moscou le Congrès International des Communistes. Ce Congrès a fondé la Troisième Internationale Communiste, l’union des travailleurs du monde entier tendant à instaurer le pouvoir soviétique dans tous les pays. La Première Internationale fondée par Marx a existé de 1864 à 1872. La défaite des travailleurs héroïques de la célèbre Commune de Paris mettait fin à cette Internationale. Elle est inoubliable, elle est éternelle dans l’histoire de la lutte des ouvriers pour leur libération. Elle a posé les fondements de l’édifice de la république mondiale que nous avons maintenant le bonheur de construire. La Deuxième Internationale a existé de 1889 à 1914, jusqu’à la guerre.

4 - (48”) Léon TROTSKi (1879-1940, homme politique russe) (J. Bernard) 
Camarades ! La vieille Russie tsariste était un bloc unifié par un système reposant sur la violence et l’arbitraire. Au cours de la première guerre mondiale qui fut si cruelle, ce système a décliné, s’est effondré et a entraîné dans sa chute la vieille Russie tsariste. Il a semblé à beaucoup que plus jamais le peuple de Russie ne pourrait être uni à nouveau. Et voici que sous nos yeux s’accomplit le grand miracle historique : le pouvoir soviétique rassemble dans l’unité les peuples de la vieille Russie tsariste.

5 - (26”) Témoin serbe (IAS) 
Quand le soldat français obtient deux gâteaux, il en mange un et il offre le deuxième au soldat serbe. Les soldats français obtenaient deux litres de vin par jour et les serbes un litre. Alors, les Français demandaient en serbe : « Serbe ima li vina ? » («Y a-t’il du vin ?»). Puis les Serbes secouaient leur gourde vide et disaient qu’elle était vide. Le Français versait alors du vin de sa gourde dans celle du Serbe. Après, ils portaient un toast ensemble disant « Vive la Serbie ! » et «Vive la France ».

6 - (1’00) Philippe PETAIN (1856-1951, militaire et homme politique) (IAS)
De tous les soldats qui participèrent à cette épopée, le fantassin de Verdun fut celui vers qui tout se ramenait et de qui tout dépendait. Premier artisan de la victoire qu’il a conquise à force de souffrance, à placer au plus haut dans le respect reconnaissant de la nation. Mais, d’autres types de soldats sont entrés avec lui dans la légende, qui méritent aussi notre admiration : les coureurs, les ravitailleurs, les canonniers, les aviateurs, les brancardiers. Tous, il faudrait vous nommer, soldats de Verdun, soldats de l’avant et soldats de l’arrière, car si je mets à l’honneur, comme il se doit, ceux qui tombaient au premier rang de la lutte, je sais que leur courage eût été vain sans le labeur obstiné, de jour et de nuit, poussé jusqu’à l’extrême limite des forces de ceux qui assuraient la montée régulière des renforts, des munitions et des vivres, ou l’évacuation des blessés, conducteurs des camions de la Voie Sacrée, sapeurs des chemins de fer, ambulanciers.

7 - (1’27) Poème corse (IAS) Le Troisième de ligne (enregistré dans un camp allemand pendant la guerre)
Adieu le Troisième de ligne
Et adieu ses jolies filles
Et nous rentrerons chez nous
Où il y en a de plus belles !
Et nous attendent gentiment
Nos petites demoiselles.

Dès que nous fûmes rendus là-bas
Dedans le port de Saint-jean
Sitôt l’on nous dépouilla
Et chacun changea d’habits
On nous y lut le rapport
Chacun en prit pour trois ans.

Lorsque j’arrivai là-bas
Dans la cour du quartier
Et j’y vis tant de soldats
Que cela me soulagea
Me disant : « Il y en a tant
J’y pourrai rester aussi ».

Le matin vers les cinq heures
On sonne l’heure du café
Une louche d’eau bouillie
Colorée de chicorée
C’est amer comme fiel
Et du sucre point n’en a.

Puis arrive le sergent
Et dit : « Astiquez-moi ça ! »
Et puis vient le caporal
Qui ordonne les corvées
On supporte la fatigue
Le pis est « L’emmerdement »

On obéit à un caporal
Plus encore qu’à sa maman
Les caporaux et les Sergents
Toujours sur le dos des soldats !

Adieu le sac à brosses
Avec tout le tremblement
Je le quitte sans regret !
J’en ai eu tout mon content
Quant au « bleu » qui le relève
Que meilleure soit sa chance.

1918
8 - (30”) John J. PERSHING (1860-1948, général américain) (IAS)
A 5.000 kilomètres d’ici, une armée américaine se bat pour vous. Tout ce à quoi vous tenez est en jeu. Seules les frappes les plus dures peuvent être efficaces contre l’ennemi que nous combattons. L’armée évoque l’esprit de nos ancêtres en vous demandant votre concours jusqu’au bout afin que les grandes valeurs qui sont le fondement des Etats-Unis puissent continuer à exister sur cette terre.

9 - (27”) Louis TRUCHON (né en 1898) (IAS)

10 - (58”) Heinrich MORF (1854-1921, professeur de romanistique à Berlin) (IAS)
Je ne crois pas, en général, que le patriotisme ait rien à démêler avec la science. Je professe absolument et sans réserve cette doctrine que la science n’a d’autre objet que la vérité, la vérité pour elle-même, sans aucun souci des conséquences bonnes ou mauvaises, regrettables ou heureuses que cette vérité pourrait avoir dans la pratique. Celui qui par romantisme patriotique, religieux, et même moral, se permet dans les faits qu’il étudie, dans les conclusions qu’il tire la plus petite dissimulation ou l’altération la plus légère, n’est pas digne d’avoir sa place dans le grand laboratoire où la probité est, en titre, la mission plus indispensable que d’habitude. Ainsi comprises les études communes poursuivies avec le même esprit dans tous les pays civilisés forment aussi les nationalités restreintes diverses et trop souvent hostiles qu’aucune guerre ne souille, qu’aucun concurrent ne menace, où les âmes trouvent le refuge et l’unité que la cité de Dieu leur a donné en d’autres temps.

11- (1’00) Harry LAUDER (Chanteur) (IAS)
Je suppose que cela vous change de m’entendre parler plutôt que de chanter. Pendant ma visite au front, les gars m’ont dit : « Qu’est-ce que vous allez faire pour nous après la fin de la  guerre? ». J’ai demandé ce qu’ils voulaient que nous fassions. Alors ils ont dit : « Ecoutez : l’homme qui rentre sain et sauf sera trop fier et honnête pour demander de l’assistance. Mais, c’est pour les hommes qui sont blessés et mutilés qu’on veut que vous fassiez quelque chose ». je suis rentré et je me suis mis immédiatement au travail pour lancer une souscription afin d’accumuler un million des livres pour aider les mutilés de guerre.

12 - (1’22) Henri LEMERY (1874-1972, homme politique) (INA)
« Monsieur le président de la République je désire beaucoup que ce soit vous qui rendiez  compte au Conseil de ce qui s’est passé à Doullens ». Poincaré a aussitôt remercié et a pris la parole; il nous a raconté ce qui s’était passé à Doullens, les questions qui avaient été posées, les réponses qui avaient été faites, soit par le Président du Conseil de France, soit par Foch aux membres de cette réunion. Il l’a fait avec sa méthode habituelle. Je dirais presque avec des notes sous les yeux comme quand il plaidait.  Clemenceau n’a fait que conclure ; il a dit : « Je n’ai rien à ajouter à l’exposé qui vous a été fait par le Président de la République. Je peux seulement dire que Foch a été admirable, il a dit tout ce qu’il fallait dire, il a même dit, si nous avons à reculer, eh bien, nous reculerons, mais reculer ce n’est pas s’en aller et fuir, c’est s’accrocher au terrain » et il faisait les gestes avec ses mains, avec une volonté... C’est un homme qui veut la victoire et qui l’aura.

13 - (39”) Chant serbe « Les bateaux partent » (IAS)

14 - (1’06) Erich FRAHNERT (Militaire allemand) (DRA)
Nous avions demandé à Krupp de créer un canon qui nous permette une puissance largement supérieure à celle dont nous avions effectivement besoin. Lors d’un essai de tir, à Mapen, alors qu’un responsable de l’état-major était présent, un télégramme arriva d’une commune située largement hors du champ de tir, qu’un obus était parvenu dans le champ d’un paysan. L’idée d’utiliser une telle force de tir nous vint immédiatement et Krupp reçut la commande de construire un canon capable de tirer à 100 kilomètres. D’entrée, nous avions dans l’esprit que nous allions utiliser ce canon pour tirer sur Paris. En effet, la cible d’un tel tir devait être assez large car il ne pouvait être exact.

15 - (53”) Un fidèle de SAINT GERVAIS (INA)

16 - (1’46) Fernand HEDERER (1889-1984, contrôleur général de l’Air) (S.H.A.A.)

17 - (58”) Ernst JUNGER (1895-1997, écrivain allemand) (INA)
La grande offensive de Ludendorff nous avait donné des ailes pour ainsi dire. Mais nous n’avons pas réussi à percer jusque la Manche; ainsi tout tombait à l’eau. En outre, il y a de cela deux ans, on a érigé à Péronne un monument aux morts de la première guerre mondiale. J’étais invité et des journalistes m’ont demandé : « Quelle a été votre plus terrible expérience pendant la première guerre mondiale ? ». J’ai répondu : « Que nous l’ayions perdue ». Cela a beaucoup déconcerté les gens, mais enfin pour un soldat c’est une réponse évidente.

18 - (46”) Louis TRUCHON (né en 1898) (IAS)

19 - (50”) Ephraïm GRENADOU (1897-1993) (INA)

20 - (1’39) Roger EBRARD (1897-1998, sportif) (IAS)

21 - (57”) François NINE (Soldat sénégalais) (INA)

22 - (1’30) Louis Adrien BOULANGER (né en 1898) (IAS)

23 - (24”) Marius PELTIER (1897-1983, officier de Marine) (S.H.M.)

24 - (1’56) Ephraïm GRENADOU (1897-1993) (INA)

25 - (49”) Louis Adrien BOULANGER (né en 1898) (IAS)

26 - (30”) Marius PELTIER (1897-1983, officier de Marine) (S.H.M.)

27 - (1’24) Louis CORDIER (INA)

28 - (30”) Louis Félix FRANCHET D’ESPEREY (1856-1954, militaire) (J. Bernard)
Les Poilus d’orient ont l’impression qu’en France et à Rethondes, il n’a pas été tenu un compte suffisant de leurs efforts et leurs succès, qui, en moins de deux mois, les ont amenés des bords de la mer Egée jusqu’au nord de Szeged en pleine Hongrie. Pourtant, 45.000 Français ont payé de leur vie la victoire de leurs camarades.

29 - (1’32) Georges CLEMENCEAU (1841-1929, homme politique) (J. Bernard)
Je viens vous demander ce que vous voulez faire pour aider la France, pour protéger la démocratie. A deux reprises différentes, sur ce sol de l’Amérique, nous avons livré ensemble de magnifiques batailles qui ont abouti aux plus brillants succès. Et voilà que cette visite, qui est la gloire de nos deux peuples, l’occasion s’est présentée pour vous de nous la rendre : vous l’avez fait avec une générosité vraiment américaine. Notre urgent besoin était d’avoir l’Amérique à nos côtés pour la bataille. Nous avons attendu longtemps, vous êtes venus. Bientôt, sous le commandement direct du général Pershing, 22 divisions de 25.000 hommes chacune, avec l’aide de 4 divisions françaises s’emparaient de la boucle de Saint-Mihiel, après une dure bataille qui restera comme l’une des plus belles de la guerre. Le général Pershing était récompensé, nous étions tous récompensés de l’effort. La France n’a pas été seulement envahie, elle a été dévastée, svstématiquement, cruellement, avec une méthode de sauvagerie qui même dans les temps les plus barbares ne s’était pas rencontrée.

30 - (1’00) Frederik WILLIAMS (Soldat noir-américain) (Miles Film Productions)
Nous avons commencé à grimper la pente de la forêt d’Argonne : c’était l’enfer. La compagnie M d’un côté, les diables de Français de l’autre. La compagnie C grimpe la colline et charge au signal. On a alors commencé à grimper la colline. La plupart des hommes ont été touchés tout de suite. On a gagné la guerre et on a bouté les Allemands hors de France.

31 - (42”) Albert VEYRENG (Officier) (Miles Film Productions)

32 - (1’10) Melville MILLER (Soldat noir-américain) (Miles Film Productions)
Chaque homme était accompagné d’un soldat français. Ils étaient ensemble mais personne ne se comprenait. Quand on patrouillait la nuit avec les Français, on appelait les Allemands les boches. Lorsqu’ils entendaient quelque chose, ils disaient : «Chut ! des boches ! ». Mais, parfois, ils disaient : « Chut ! » et nous étions tous excités. Nous, les gosses de New-York, tout à coup, nous nous retrouvions dans une guerre avec la trouille. Chaque fois qu’on voyait bouger un brin d’herbe, on tirait dessus, mais les Français disaient : « C’est pas les boches ! ». Il semblait qu’ils étaient très discrets, mais ce n’était pas à cause des boches. En fait, ils chassaient le sanglier qui arrivait dans la forêt d’Argonne, mais nous n’en savions rien. Donc, ils restaient discrets, et tout à coup ils tiraient et tuaient le sanglier. Plus tard, on a fait un barbecue et coupé des morceaux si bien qu’on avait à manger.

33 - (1’06) Henri GOURAUD (1867-1946, militaire) (IAS)
A côté d’eux, la classe 18, il s’est passé quelque chose de très curieux pendant la guerre. La classe 17 n’a pas été bonne, ou du moins, elle a été moins bonne que les autres. C’est peut-être par suite de circonstances intérieures puisque Poincaré appelle l’année 17, l’année trouble. L’année 18 au contraire, magnifique. Je ne vous en donnerai qu’un petit exemple : je suis allé un jour à la Main de Massiges, les allemands venaient de faire un coup de main et nous les avions arrêtés et repoussés. Le général m’a dit : « Il y a un soldat qui a tout fait, un jeune, il en a pris 18 à lui tout seul » (...) Le dit soldat était là et je lui ai dit en le voyant : «Jeune! De quelle classe êtes-vous mon p’tit?» Il faut voir l’air dont il m’a  dit : « Mais, classe 18 mon général», comme si on ne pouvait pas en douter.

34 - (1’52) Jacques ARMANO (Aviateur italien) (S.H.A.A.)

35 - (22”) PHILIBERT de SAVOIE, duc d’AOSTE (IAS)
Combattants de l’Isonzo, du Carso, du Gorizia, du Piave, la victoire décisive, qu’avec une foi jamais ébranlée, vous avez cherchée dans les plus aptes combats, est enfin à nous ! La joie indicible de ce triomphe prodigieux nous récompense de toutes les douleurs, des souffrances et des chagrins passés.

36 - (45”) Général Armando DIAZ (1861-1928, général en chef italien) (IAS)
La guerre contre l’Autriche-Hongrie, que l’armée italienne, inférieure en nombre et en moyens, a commencée le 24 mai 1915 sous le Haut Commandement de Sa Majesté le Roi, Commandant Suprême et qu’elle a poursuivie âprement et sans interruption pendant 41 mois avec une foi inébranlable et une valeur tenace, est gagnée. La bataille titanesque engagée le 24 octobre dernier par 51 divisions italiennes, 3 divisions britanniques, 2 divisions françaises, 1 division tchécoslovaque et un régiment américain, contre 63 divisions autrichiennes, est terminée.

37 - (19”) Pietro BADOGLIO (1871-1956, commandant en chef italien) (IAS)
Le 3 novembre 1918, la victoire éclatante de l’armée italienne sur l’armée d’Autriche-Hongrie était solennellement et légalement reconnue à Villa Giusti.

38 - (1’56) Francis ABONNAT (INA)

39 - (15”) Caporal SELLIER (Clairon) (IAS)

40 - (28”) Marceau TARLIER (IAS)

41 - (58”) joseph PAUL-BONCOUR (1873-1972, homme politique) (IAS)
Quand le 11 novembre 1918, tout à coup, sur toute l’étendue de l’immense front qui barrait l’Europe d’un rideau de fils de fer barbelés de la mer du Nord aux Dardanelles, se furent apaisés les tonnerres, quand la sonnerie des cloches a seule rompu le silence, une immense espérance a traversé nos cœurs. Cette espérance, elle était faite du sentiment général et profond que c’était la dernière des guerres. Que ceux qui étaient morts, étaient morts pour que cela soit la dernière. Que jamais plus le monde ne reverrait cette hécatombe. Et ce n’était pas seulement l’espérance des vivants. C’était la promesse suprême qui avait été faite à nos morts, à tous ceux qui étaient tombés sur les champs de bataille et dans les yeux desquels, quand ils se fermaient pour toujours, on aurait pu lire leur protestation suprême contre la guerre.

42 - (1’42) Monsieur TREIME (Soldat réunionnais) (INA)

43 - (1’35) Djama HAÏD (Soldat de la Côte française des Somalies) (INA)
Nous avons débarqué en France, au mois de juin 1916. Les premières attaques avec le bataillon de Somalie c’est le 23 octobre 1916 à Verdun (...). Une deuxième étape, c’est sur le front de Champagne en 1917 à La Malmaison - Chemin des Dames et puis, j’ai été blessé, de la terre est tombée sur moi dans les tranchées (...). Ce jour là, à Pacy-sur-Eure, quand ils ont arrêté la guerre (...). A Pacy-sur-Eure, ils ont (...) tout le monde, les civils, les militaires ont fait la fête. Et il a compris toute la leçon des drapeaux et il a jeté des pétards. Danser et théâtre (...) et nous avons continué comme ça et les civils nous ont donné quelque chose, des cadeaux, des militaires qui sont restés là-bas. Cette guerre en 1914-1918, c’est très loin, mais c’est pour moi, c’est un grand souvenir. Dans les quatre ans dans les tranchées, grande amitié entre tous les combattants (...). A l’armistice nous nous sommes retrouvés avec la population civile dans la même amitié.

44 - (59”) John JELLICOE (1859-1935, amiral de la flotte anglaise) (IAS)
Il y a toujours un sens profond de fierté pour le courage, l’abnégation et le sacrifice dont ont fait  preuve les morts et les vivants dans la lutte qui vient de se terminer. Aussi, lors d’un rassemblement comme celui-ci, on se rappelle la formidable camaraderie pendant la guerre. C’était évident sur la mer, sur les champs de bataille, dans les airs et partout dans l’empire où des hommes et des femmes ont travaillé ensemble pour une grande cause.

45 - (1’21) Reynaldo HAHN (1875-1947, compositeur) (INA)
Je suis donc l’un des premiers à apprendre que l’armistice était signé et l’un des premiers à ressentir cette joie délirante qui quelques heures plus tard, s’emparait de la France entière. Aussi, le soir venu, étais-je de ceux qui avaient bu le plus de champagne. Et c’est peut-être pour cela que mes souvenirs de ce jour si beau sont un petit peu brouillés. En tous cas, ce que je me rappelle nettement, c’est qu’à minuit, passant au coin de la rue Mogador et du boulevard Haussmann, je vis devant un café des gens assis autour d’une table sur le trottoir qui chantaient « La Marseillaise ». Mais, ils ne la chantaient pas comme il fallait la chanter. Ils la chantaient trop mollement. je leur criais : « Mais voyons ça ne se chante pas comme ça, «La Marseillaise», voilà comment il faut la chanter ». Et, sautant sur la table, j’entonnais : « Allons enfants de la Patrie... » avec une flamme et une force dont je ne serai plus jamais capable. Entraînés, magnétisés, les assistants et les passants se mirent à chanter avec moi. Nos voix n’étaient pas très belles et tout cela n’était peut-être pas très juste, mais je vous garantis que c’était très beau car c’était chanté du fond de l’âme et je suis sûr, oui je suis sûr que Rouget de Lisle nous aurait tous embrassés.

46 - (1’03) Maxime WEYGAND (1867-1965, militaire) (IAS)
Invités par le maréchal Foch à faire connaître l’objet de leur venue, les Allemands s’efforcent d’éviter de formuler le pénible aveu. « La délégation est là » dit tout d’abord monsieur Erzberger « pour recevoir les propositions des puissances alliées ». Le maréchal répond n’avoir aucune proposition à faire. Le comte Oberndorff exprime l’idée que le mot « conditions » convient peut-être mieux. Cela ne satisfait pas le Maréchal. Monsieur Erzberger biaise encore en faisant lecture d’un texte du président Wilson disant que le Maréchal est autorisé a faire connaître les conditions de l’armistice. « Je suis autorisé à vous faire connaître ces conditions si vous demandez un armistice. Demandez-vous un armistice ? » interroge d’un ton sec le Maréchal. « Oui, nous demandons la conclusion d’un armistice », répondent d’une seule voix et avec une certaine précipitation, monsieur Erzberger et le comte Oberndorff.

47 - (42”) Monsieur FAMECHON (Soldat) (INA)

48 - (58”) Monsieur BLAIN (Marin de Saint-Pierre et Miquelon) (INA)

49 - (35”) URBAN : Phi-Phi (J. Bernard)

50 - (1’17) Winston CHURCHILL (1874-1965, homme politique anglais) (IAS)
Nous avons gagné la guerre d’une manière spectaculaire, par son caractère total et écrasant, mais avant de vraiment nous réjouir, nous devons faire le ménage. Nos usines ont été transformées pour approvisionner nos armées. Elles doivent être remises en état. Trois millions de nos hommes sont répartis dans le monde. Partout ils sont des conquérants; mieux encore, partout ils sont libérateurs et sauveteurs. On veut les ramener chez nous. Nous voulons qu’ils revoient leurs enfants. Quelle tâche nous attend ! Tout ceux qui ont travaillé ensemble pour traverser les années de guerre doivent maintenant travailler ensemble pendant cette prochaine étape. Sinon la victoire pour laquelle on a tant fait de sacrifices sera vaine.
Nous avons gagné la grande guerre, gagnons maintenant la grande paix !

51 - (16”) Ephraïm GRENADOU (1898-1993) (INA)

1919 etc.
52 - (32”) Thomas EDISON (1847-1931, inventeur américain) (IAS)
C’est Edison qui vous parle. La grande guerre restera vivement gravée dans la mémoire des Américains pendant cent ans. J’espère que, quand on rendra hommage à nos soldats tombés en France, nous n’oublierons pas leurs frères d’armes qui portaient les uniformes de nos alliés. je crois que les hymnes nationaux de la France, la Grande-Bretagne, l’Italie et la Belgique doivent  devenir à jamais aussi connus que notre propre bannière étoilée.

53 - (1’13) Georges BONNET (1889-1973, homme politique) (J. Bernard)
Après le traité de Versailles, et après les sacrifices terribles que nous avions subis, que la victoire avait comportés pour nous – sacrifices en hommes, en matériel, en argent – la France avait perdu une grande partie de sa liberté et de sa puissance. Il arrive souvent que les héros de la guerre sont souvent les vaincus de la paix. En 1918, le président Wilson (Président de la République des Etats-Unis), Lloyd Georges (Premier ministre et ministre des Affaires étrangères) étaient devenus, en quelque sorte, les patrons. Et vous savez très bien que lorsque monsieur Clemenceau eût à choisir entre ce que lui demandait Foch (des garanties sur la rive gauche du Rhin, des garanties contre l’Allemagne) d’une part, ou au contraire, ce que lui demandaient les alliés (à savoir, renoncer à ces garanties mais se fier totalement à leur concours) nous avons choisi la deuxième hypothèse.

54 - (45”) Kurt von LERSNER (Membre de l’état-major allemand) (DRA)
A Versailles, il y avait un homme en face de nous, le vieux Clemenceau, qui effectivement était le porte-parole de son peuple et de ses vingt-cinq alliés. jamais je n’oublierai ce jour terrible de Versailles, où notre destin politique, trop longtemps fixé par de vieux tigres, où notre misère morale et notre pire déchéance commencèrent. La dernière raison de la conclusion malheureuse que l’on connaît de la guerre, cela ne fut pas la défaillance de l’armée allemande et du peuple allemand, mais l’absence d’un homme d’état exceptionnel. Aucun peuple ne peut longtemps résister s’il n’a pas, à sa tête, un vrai guide.

55 - (53”) Léon DAUDET (1867-1942, journaliste et écrivain) (IAS) 
Après le choc du 21 mars 1918, Hindenburg puissant déjà vainqueur annonçait à un journaliste suisse l’établissement d’une forte paix allemande : « Pax Germanica ». Dans l’esprit de Stresemann, duc de Locarno et comte de Thoiry, la paix, la vraie paix c’est le retour à l’Allemagne de tout ce que lui a enlevé le traité de Versailles, c’est aussi le rattachement de l’Autriche, l’Anschluss. Je note ici, entre parenthèses, que si Stresemann, ou un autre obtient l’évacuation anticipée de la Rhénanie, notre frontière de l’est n’est pas défendue et nous nous trouverons à la merci d’une attaque à laquelle la sociale-démocratie ne s’opposera pas plus qu’en 1914.

56 - (22”) Joseph JOFFRE (1852-1931, militaire) (IAS) 
Je n’ai pas oublié l’accueil enthousiaste que j’ai reçu aux États-Unis d’Amérique, quand j’ai été pour les visiter. Le peuple d’Amérique s’est montré pour la France un véritable ami. Il est venu à notre secours et ce souvenir je le garderai toute ma vie.

57 - (1’52) Publicie LEDEZ (née en 1901) (IAS)

58 - (1’52) Auguste THIN (INA)

59 - (46”) Maurice de VLAMINCK (1876-1958, peintre) (IAS)

60 - (1’59) Philipp SCHEIDEMANN (1865-1939, homme politique allemand) (IAS)
Novembre 1918. Il règne au Parlement dès les premières heures du jour une grande effervescence. Entre le château et le Parlement, il y avait une immense marée humaine qui se mouvait ça et là. Liebknecht veut proclamer la République Soviétique. Quoi ! Maintenant, la situation m’apparaît clairement. L’Allemagne, une province russe, une filiale soviétique ? Non ! Cent fois non ! Aucun doute, si maintenant les attroupements devant le château sont des bolchéviques et ceux devant le Parlement des sociaux-démocrates et s’il parvient à les manœuvrer, il a gagné. La folie russe m’apparaît, la dissolution de la terreur tsariste par la terreur bolchévique. Non ! Non ! Qu’après toutes ces misères, il n’y ait pas encore cette catastrophe qui s’abatte sur l’Allemagne ! je parvins à la fenêtre. Des milliers de bras se levèrent pour soulever leurs chapeaux et leurs bonnets, puis le silence. je ne prononçais que quelques phrases.
« Travailleurs et soldats ! Ces quatre années de guerre ont été terribles, cruels ont été les sacrifices que le peuple a dû subir pour ce qui est de leurs biens et de leur sang. Cette triste guerre est maintenant terminée. Les crimes sont passés. Les conséquences de la guerre, le besoin et la misère vont encore peser sur nous de longues années. La défaite, que nous voulions éviter à tout prix, ne nous a pas été épargnée. Nos propositions d’entente ont été sabotées, nous-mêmes fûmes bafoués et calomniés. Les ennemis du peuple travailleur, ceux qui ont plongé l’Allemagne dans le chaos ont rapidement disparu de la scène. Ce sont ces hommes belliqueux aux volontés de conquête qui hier encore soutenaient leurs droits, menant le combat le plus acharné contre toute réforme de la constitution et plus particulièrement contre toute réforme de cet infâme système de vote prussien. Ces ennemis du peuple, nous en sommes, espérons-le débarrassés à jamais. La vieille monarchie pourrissante est tombée ! Vive la République allemande ! »

61 - (44”) Ferdinand FOCH (1851-1929, militaire) (IAS)
Mes chers camarades de l’American Legion, qu’il me soit permis tout d’abord de saluer votre drapeau, ce drapeau que j’ai vu dès 1917, flotter à côté du nôtre et, en 1918, emporté par des âmes ardentes et des bras vigoureux en des bonds victorieux de la Marne, de la Meuse et de la Moselle, jusqu’aux rives du Rhin. Oui, ce drapeau, en souvenir de ces moments tragiques, je le salue respectueusement.
© GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS (cédant)

Crédits audio : Alif Productions • (D.R.A.) Deutsches Rundfunkarchiv • (I.A.S.) Institut des Archives Sonores • (I.N.A.) Institut National de l’Audiovisuel • (J.B.) Jacques Bernard • (J.S.) Collection José Sourillan • Mémorial du Linde (Charles-Antoine Werlé) • Miles Educational Film Production • (PN) Phonothèque Nationale, Département de la Bibliothèque de France • (S.H.A.A.) Service Historique de l’Armée de l’Air • (S.H.M.) Service Historique de la Marine. Nous remercions tout particulièrement Gérard ROUGERON pour sa participation à la documentation sonore.

Situé dans l’enceinte des fortifications du château de Péronne (Somme, Picardie), l’Historial de la Grande Guerre est un musée international d’histoire comparée. L’approche du conflit y est culturelle, sociale et militaire, avec en toile de fond l’agonie de l’ancien monde et la véritable naissance du XXe siècle. Au travers de deux comparatismes (front/arrière, les trois Empires belligérants), les collections -essentiellement des objets de la vie quotidienne- sont présentées dans de magnifiques espaces conçus par l’architecte Ciriani. Les fonds de l’Historial sont riches de plus de 15 000 objets civils et militaires, complétés par des œuvres d’art (Otto Dix, Zinoviev, Masson, Tribout...) et par de nombreux souvenirs personnels (Georges Duhamel, Fernand Léger...).

L’Historial de la Grande Guerre (03.22.83.14.18) est doté d’un centre de documentation, d’un centre de recherche international (03.22.83.54.13) et d’un service éducatif et culturel (03.22.83.54.14). L’Historial de la Grande Guerre fait partie des lieux de mémoire les plus originaux et les plus émouvants qu’il soit permis de visiter dans le monde.

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UNE AFRIQUE EN RADIO
UNE AFRIQUE EN RADIO
Le présent coffret délivre une approche sonore de l’Afrique par le biais d’une...

TITANIC
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L'Institut des Archives Sonores & Frémeaux & Associés donnent à écouter,...

PAUL CLAUDEL & JEAN AMROUCHE
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Enregistrement intégral en 12 CDs !


PAROLES DE POILUS
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Ces lettres ont été éditées et mises en ondes par Radio France et vous trouverez...

MICHEL ROCARD
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Avec une grande liberté de parole, au travers d’anecdotes révélatrices et de...

MARGUERITE DURAS ET LA PAROLE DES AUTRES
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Entretiens Radiophoniques. Archives de l'INA sous la direction de Jean-Marc Turine. Avec la...

MA GRAND-MERE EST UNE ETOILE
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Une histoire d'enfant cachée par Pascal Delannoy (1940-1944).
Témoignage d'Irène...

LORSQUE L'ENFANT PARAIT INTEGRALE DE L'ANTHOLOGIE RADIOPHONIQUE
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Il y a presque 30 ans, France-Inter, c’était une première, prenait le risque de confier...

LETTRES A SON FRERE THEO lu par MICHAEL LONSDALE
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Lettres de Van Gogh interprété par Michael Lonsdale et présenté par Claude Mettra....

LEON BLUM PRESENTE PAR LIONEL JOSPIN
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Refusant résolument, je le cite : “le contraste entre le faste des uns et le dénuement...

LEAUTAUD - MALLET
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Coffret 10 CD accompagné d'un livret 40 Pages.

Ce coffret présente sur 10 CD...

LE MOYEN ÂGE - LA FRANCE DE LA GUERRE DE CENT ANS - UN COURS PARTICULIER DE CLAUDE GAUVARD
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LA FRANCE DE LA GUERRE DE CENT ANS

Pour la première fois, l’éditeur des...

LE CORBUSIER
LE CORBUSIER
« La renommée de Le Corbusier est telle que son seul nom symbolise une sorte de renaissance...

LA PEINE DE MORT - ROBERT BADINTER
LA PEINE DE MORT - ROBERT BADINTER
Débats historiques à l'Assemblée nationale en Septembre 1981 (coffrets 4 CDs...

LA GRANDE GUERRE Vol2
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Coffret 3 CD avec livret 64 pages.
Clemenceau - Léon Daudet - Déroulède - Foch -...

LA FRANCE RURALE AU PREMIER XXE SIÈCLE
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Ce coffret 3 CD réalisé par l’association Paroles, Images et Sons présente un...

LA FRANCE DU XXe SIÈCLE, 1914 À 1958, UN COURS PARTICULIER DE JEAN-FRANÇOIS SIRINELLI
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Pour la première fois, l’éditeur des savoirs, les Presses Universitaires de France, et la...

L'AFRIQUE LITTERAIRE - POETES, ROMANCIERS ET DRAMATURGES
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L’AFRIQUE DES CULTURES
Poètes, romanciers et dramaturges : 34 grands auteurs pour une...

JACQUES CHIRAC 1995-2007 PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
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De 1995 à 2007, le Président de la République rythme ses mandats de discours...

HISTOIRE DES PHARAONS, IDÉOLOGIE DE L’ÉTAT EN ÉGYPTE ANCIENNE (COLLECTION PUF FREMEAUX)
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Pendant près de trois millénaires, les Pharaons ont régné sur...

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE VOL.6 (COLLECTION PUF-FRÉMEAUX)
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Les Presses Universitaires de France et Frémeaux & Associés proposent des cours...

HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE VOL.4 (COLLECTION PUF FREMEAUX)
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FRANCOIS MITTERRAND - MARGUERITE DURAS
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"Dialogues improvisés autour des grands faits qui ont marqué une époque, ces trois...

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Les éditions sonores Frémeaux et Associés ont pris l'heureuse...

EDITEUR DE GOSPEL (RFI)
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DE GAULLE, MON PERE
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La parution des Mémoires de Philippe de Gaulle chez Plon, créa, tant chez certains hommes...

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Coffret 3 CD de témoignages avec Michaël Barry, Serge de Beaurecueil, Peter Brook, Jacques Dars,...

ANTHOLOGIE SONORE DE LA PENSEE FRANCAISE PAR LES PHILOSOPHES DU XXeme SIECLE
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La contribution majeure des archives sonores au patrimoine intellectuel français !
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ANDRE MALRAUX
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