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ANTON Tchékhov 
LA DAME AU PETIT CHIEN  et autres nouvelles
TEXTE INTÉGRAL lu par PATRICK CHESNAIS
 

Production déléguée : Adeline Defay  







TCHEKHOV - La Russie au scalpel 
Quand on sort d’un travail sur Edgar Poe pour lire Anton Tchékhov, une différence essentielle saute immédiatement aux yeux. Poe ne nous apprend rien sur les Américains parmi lesquels il vit. Ses histoires se passent en de nombreux pays, parfois sous la mer et dans les airs, à l’occasion aux États-Unis. Mais vraiment peu de chose sur la manière dont se comportent ses contemporains. Tchékhov, tout à l’opposé, se cantonne à la seule Russie et consacre son talent à montrer différents aspects de son pays d’origine. Sa vie lui a permis de connaître tous les milieux : les paysans (les fameux moujiks), les bourgeois, les hobereaux ou la haute aristocratie, le monde des employés, des journalistes ou des artistes. Ces milieux, il les fait revivre dans ses nouvelles ou son théâtre, souvent au travers d’anecdotes significatives, parfois en se contentant de décrire un marché ou une partie de pêche. Nous voyons se dérouler la vie au quotidien en même temps qu’apparaissent en filigrane, ou parfois nettement explicitées, les angoisses et les espoirs du peuple russe.

Tchékhov connaîtra aussi une perpétuelle oscillation entre la province et la grande ville, Moscou en l’occurrence. Ce continuel va-et-vient se retrouve dans nombre de ses textes et en constitue parfois l’ossature. L’homme ou la femme de province piaffe contre l’ennui, la médiocrité, l’absence d’horizon. L’habitant de la grande ville aspire à des rapports simples, espère une vie plus large à l’image des grands espaces, rêve d’une promenade parmi les bouleaux.  Cet ancrage dans la culture russe n’empêche cependant pas l’œuvre d’atteindre à l’universalité. Les tribulations de l’amour et de l’ambition, la grande question «Que faire de sa vie?», l’angoisse de la mort, la difficulté des rapports familiaux, la morgue des puissants, les affres de la création ne sont pas, en effet, d’un pays ou d’une époque.

S’extirper du servage
Quand on est né d’un grand-père serf, à une époque où le servage n’avait pas encore été aboli, il est difficile de ne pas y rester englué. Un extrait d’une lettre à Souvorine, indirectement autobiographique, laisse percevoir que Tchékhov avait le  sentiment d’avoir échappé, à force de volonté, à une sorte de viscosité sociologique :  «Ce que les écrivains de la  noblesse prenaient à  la nature pour rien, les roturiers  l’achètent au prix de leur jeunesse. Essayez donc d’écrire une nouvelle sur un jeune homme, fils de serf, ci-devant boutiquier, chantre d’église, collégien et étudiant élevé dans le respect des galons, de la  main du pope tendue au baiser, dans l’adoration des idées qui ne lui appartiennent pas, jeune homme qui devait remercier pour chaque morceau de pain, souvent fouetté, allant donner des leçons les pieds trempés, qui s’est souvent barré, qui tourmentait  les bêtes, aimait  dîner chez des parents riches, hypocrite vis-à-vis de Dieu et des hommes, sans nécessité, uniquement par conscience d’être une quantité négligeable – décrivez comment  ce jeune homme exprime lui-même, goutte à goutte, l’esclave, et comment, se réveillant un beau matin, il  sent que dans ses veines coule non plus un sang d’esclave, mais un sang véritablement humain.»  

Je n’ai pas eu d’enfance
On rencontre souvent des personnes qui trouvent mille excuses pour le ratage de leurs ambitions ou même celui de leur vie. Les parents étaient comme ceci, le milieu social comme cela, la chance n’était pas au rendez-vous… Tchékhov aurait eu plus que tout autre des excuses pour ne rien faire. Mais il y a des gens qui ont du caractère et d’autres qui n’en ont pas. Son père, comme l’avait été son grand-père, est un tyran domestique. Le genre du monsieur qui fait un scandale et traite sa femme d’imbécile parce que la soupe est trop salée. Il bat ses enfants comme plâtre, boit, impose à tout le monde son fanatisme religieux, accumule les dettes.  Anton est battu avec férocité dès l’âge de cinq ans, comme le sera l’enfant personnage principal de la nouvelle intitulée «Vanka». Lui, pourtant si discret sur sa vie personnelle, avouera plus tard qu’il en était resté irrémédiablement marqué. Jusque très avant dans l’âge adulte, il lui arrivait de se demander un instant, au lever du jour, dans cet état semi-comateux qui sépare le sommeil de la veille : «Serai-je battu aujourd’hui?» Autre influence marquante. Le père impose son fanatisme à ses enfants. Ils sont réveillés avant l’aube pour participer aux offices religieux, passent tout le temps, qui pour d’autres est consacré aux jeux, en cérémonies, chants  religieux, prières. Tchékhov expliquera plus tard que, de ce fait, il ne pouvait plus passer devant une église sans presser un peu le pas.

Le résultat est exactement le contraire de celui attendu. La contradiction entre le comportement inhumain du père et son formalisme religieux feront irrémédiablement de Tchékhov un athée. Il estimait d’ailleurs n’être pas le seul dans ce cas : «Ce n’est pas pour rien que tant d’athées sont sortis des séminaires et des institutions religieuses.» De son vivant même sortait d’un séminaire un homme nommé Joseph Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le nom de Staline.  Afin de ne pas aller en prison pour dettes, le père doit vendre la demeure familiale à l’«ami» qui a satisfait ses créanciers et se réfugier à Moscou. Cet ami de la famille accepte de conserver Anton dans la maison qui avait été la sienne. On peut imaginer l’état psychologique du jeune homme, très tôt obligé d’aller jouer au répétiteur en différents endroits de la ville pour gagner quelques kopecks. Bref, Tchékhov avait tout contre lui, situation qu’il résume d’une manière laconique : «Dans mon enfance, je n’ai pas eu d’enfance.» 

Un homme malade
La santé de Tchékhov ne sera jamais bonne. Dès sa jeunesse, il souffre de maux de gorge, de migraines, d’hémorroïdes. Par la suite, il est atteint de la phtisie, ce que l’on appelle aujourd’hui la tuberculose. On ne guérissait pas cette maladie et Tchékhov qui était médecin le savait plus que tout autre. Il était seulement possible d’en ralentir l’évolution en allant vivre dans des endroits au climat plus sain que celui de Moscou. D’où les voyages en France et en Italie, et l’installation, pour la fin de la vie, sur les bords de la mer Noire.  Il semble, qu’en ce domaine, Tchékhov ait été très tôt résigné. L’un de ses amis raconte que, rencontrant dans un train un homme manifestement tuberculeux, il lui expliqua savamment tout ce qu’il devait faire pour améliorer sa santé. Autant de conseils précis et précieux qu’il n’appliquait pas à lui-même.  
      
Pour quelques kopecks de plus
Quand, ses études de lycée terminées, Tchékhov débarque à Moscou, c’est pour y trouver une famille démunie qui subsiste tant bien que mal. Il s’inscrit à des études de médecine qui seront menées à leur terme, et, pour gagner un peu d’argent, envoie des textes aux journaux. Il suit en cela l’exemple de l’un de ses frères qui avait réussi à placer quelques papiers.  Cette prose est payée à la ligne, fort mal, mais elle est aussi vite écrite, bâclée même parfois. Tchékhov se cache derrière un pseudonyme comme l’avait fait pour leurs premiers textes Balzac ou Maupassant. L’objectif est avant tout de ramasser quelques roubles pour faire vivre sa famille et payer ses études. Plus tard, quand, devenu célèbre, il établit l’édition de ses œuvres complètes, il laisse de côté nombre de ces textes du début, conscient qu’il était de leur caractère hâtif.  N’apparaît pas au début, comme chez Baudelaire, Mallarmé, Flaubert, Poe, Rilke, ou d’autres, cet engagement entier dans la littérature considérée comme une religion à laquelle il faut tout sacrifier. Paradoxalement, l’impulsion vient de l’extérieur. En général, l’écrivain se prend très tôt au sérieux et consacre une bonne partie de sa vie à convaincre ses contemporains qu’il a raison de le faire. Ici, le processus paraît inverse. Ce sont les lecteurs, et plus spécialement les confrères, qui vont conduire Tchékhov à penser qu’il est peut-être autre chose qu’un plumitif aux abois. Tel est du moins le sentiment que l’on éprouve, car, en matière d’écriture plus encore qu’ailleurs, nul n’a le pouvoir de sonder les reins et les cœurs.

Grigorovitch, le premier, lui écrit pour exprimer le sentiment qu’il possède un vrai talent et qu’il devrait travailler avec moins de hâte « Laissez tomber le travail pressé » lui dit-il, quitte à avoir faim. Cette lettre provoque un choc dont témoigne la réponse de Tchékhov : «Votre lettre m’a frappé comme un coup de foudre, j’ai failli pleurer, tout retourné, et maintenant je sens qu’elle a laissé en mois une trace profonde.»  De son côté, Mikhaïlovski lui écrit : «Vous n’avez pas le droit de n’être dans la littérature qu’un amateur. Vous devez lui donner une âme.» Par la suite, Gorki et même Tolstoï se joindront au chœur des louangeurs. Tchékhov est bien obligé d’en prendre son parti. Il a du talent et peut-être même du génie. 

Une fiancée abusive
Les biographes de Tchékhov parlent parfois de Lydia Avilova comme d’une «veuve abusive». L’expression ne convient qu’à peu près puisque cette dernière n’a jamais été mariée à Tchékhov. Fiancée ou amoureuse abusive conviendrait mieux. Cette romancière va, en effet, faire de ses relations avec l’auteur de La Cerisaie un vrai roman. Elle interprète à sa manière le texte des lettres, voit des signes de connivence dans certaines phrases du théâtre, et finit par croire ce qui n’est pas. Après la mort de Tchékhov, tronquant la correspondance pour les besoins de la cause, elle publie des souvenirs qui continuent de laisser croire à un grand amour impossible. Un examen de cette correspondance, qu’elle a eu l’honnêteté de ne pas détruire, montre que cette grande passion du grand écrivain n’a existé que dans sa propre imagination. Tchékhov était courtois, indulgent, sensible à l’admiration, mais, en l’occurrence, pas amoureux.  

Les hauts et les bas de la gloire
Il ne faut cependant pas imaginer la carrière de Tchékhov comme une ascension progressive et sans à-coups. Le succès de ses nouvelles, consacré par le Prix Pouchkine en 1887, lui vaut critiques et inimitiés. On lui reproche, par exemple, ses rapports chaleureux avec Souvorine, directeur de journal entreprenant, mais jugé douteux par l’intelligentsia. Cependant, son talent pour les textes courts n’est pas contesté. Il n’en va pas de même au théâtre. Ses premières pièces sont des demi-échecs ou des fours. L’échec de La Mouette à Pétersbourg, en 1896, sera peut-être le plus dur à accepter pour son auteur. Il contribuera certainement à la dégradation de sa santé déjà très mauvaise à l’époque. Dès les répétitions, Tchékhov est atterré. Il en fait des cauchemars. Les acteurs ne connaissent pas leur texte, ne comprennent rien à la pièce, mettent de l’emphase là où il ne faut que le parler ordinaire de gens ordinaires. Ils sont, en fait, mal préparés à cette pièce qui prend à contre-pied tous les poncifs. De plus, trois jours avant la première, l’actrice principale tombe malade et doit donc être remplacée au pied levé. Cela apparaît au demeurant un bien, la remplaçante paraissant mieux inspirée que la titulaire.

Le 17 octobre 1896, jour de la première, quand le rideau tombe sur le premier acte, quelques applaudissements sont immédiatement couverts par les sifflets et les cris de protestation. Le second acte se déroule dans le chahut. L’entracte est pour l’auteur un terrible moment à passer. Les choses ne s’arrangeant pas ensuite, il n’attend pas la fin de la représentation et part seule dans la ville, errant jusqu’à deux heures du matin. Ses amis inquiets le voient rentrer avec soulagement. Il est brisé, bien décidé à ne plus jamais écrire pour le théâtre. Le lendemain, il prend le train pour Moscou et rejoint ensuite son «duché» de Melikhovo. L’éreintement dont la pièce est l’objet dans les journaux les jours qui suivent n’était pas pour le faire changer d’avis.  La pièce connaît un succès relatif après la première représentation, mais cela ne change pas l’état d’esprit de l’auteur qui écrit à Souvorine : «Le 17 octobre 1896, ce n’est pas ma pièce qui a échoué, c’est moi-même.» Que faut-il entendre par ce propos un peu laconique. Daniel Gillès, auteur d’une bonne biographie intitulée Tchékhov ou le spectateur désenchanté nous l’explique : «Il avait été frappé ce soir-là, de voir que ceux qu’il considérait comme ses amis, ceux à qui il avait donné des preuves de son dévouement, avaient eu devant son échec «une expression étrange, terriblement étrange...» Ce n’était donc pas sa réussite que l’on n’aimait pas, c’était lui-même, et c’était moins devant l’insuccès que devant le visage de ses faux amis, brusquement démasqués et pleins de mauvaise foi, qu’il avait fui.» La revanche vient deux ans plus tard. La pièce est jouée à Moscou par le Théâtre d’art qui est, cette fois, entré dans les vues de l’auteur. L’un des directeurs de ce théâtre raconte ainsi la soirée du 17 décembre 1898 :  «Il arriva ce qui n’arrive au théâtre qu’une seule fois en des dizaines d’années : le silence, un profond silence, dans la salle et sur la scène. Là-bas, tout le monde semblait figé, ici on ne comprenait pas encore... cela dura longtemps... Et soudain, ce fut comme une digue qui se rompt, comme une bombe qui éclate : une explosion assourdissante d’applaudissements. Tous applaudissaient, amis et ennemis.»  Le succès se confirme d’acte en acte, mais, cette fois, Tchékhov est absent. Cela va de soi, il revient sur sa décision de ne plus écrire pour le théâtre, ce qui nous vaudra La Cerisaie.  

Qu’allait-il faire au bagne de Sakhaline?
Qu’allait-il faire au bagne de Sakhaline?», s’interroge Elsa Triolet dans la bonne synthèse qu’elle a écrite sur Anton Tchékhov. C’est sans doute la question que se posèrent tous les proches de l’auteur quand il annonça en 1889 son intention d’aller visiter ce bagne éloigné de Moscou de 4500 verstes. La verste, comme tout le monde le sait, équivaut à environ un kilomètre, 1067 mètres exactement. La question se posait d’autant plus qu’il était gravement malade à cette époque. On pouvait se demander si ce tuberculeux qui crachait le sang reviendrait d’une telle expédition.  Sans consulter les archives, il est possible d’apporter des réponses plausibles. Se lancer dans l’action, pour un angoissé, est une manière de recourir au divertissement dont parle Pascal. La mort de son frère Nicolas avait encore accentué ce désir de se divertir. Une rupture de ce type a aussi le mérite de vous faire échapper aux contraintes de la gloire (les sollicitations, les visites, les milles obligations). Enfin, Tchékhov est las de l’éternel bavardage de ceux qui constituent l’intelligentsia. Il y a du Voltaire en lui dans son désir de contribuer à l’amélioration du sort des hommes autrement que par des mots. Il prépare soigneusement son voyage et, le 21 avril 1890, part pour le Cayenne russe. Arrivé le 9 juillet, il ne se laisse pas détourner de son but par les autorités et entreprend une enquête minutieuse. À l’en croire, il aurait interrogé tous les bagnards sans exception.

La réalité qu’il découvre est effroyable. Les condamnés sont fouettés parfois jusqu’à la mort. Le jeu et la prostitution sont de règle dans tout le bagne. Prostitution à laquelle sont mêlés les enfants qui accompagnent les parents ou sont nés sur place. Partout l’arbitraire, l’inhumanité.  Le 13 octobre 1890, il quitte l’île avec des dossiers solidement étayés. Le retour par Honk-Kong, Singapour, Ceylan est plus paisible que l’aller. Sa santé ne s’est pas dégradée, mais ne s’est pas arrangée non plus. Il a pourtant  l’impression de n’avoir pas tout à fait perdu son temps. Suite à son rapport, des mesures importantes seront prises pour rendre plus humaine la vie de ceux à qui il a rendu visite. Au fond de lui, il a le sentiment d’avoir ainsi mieux soulagé la misère humaine que par les milliers de pages qu’il a publiées depuis son arrivée à Moscou.  Il y trouve la confirmation de ce qu’il écrivait à l’un de ses correspondants : «L’important est que nous soyons juste et tout le reste suivra.»  Ce qu’il espérait peut-être de cette entreprise quasi démente : l’expérience l’a mûri. Il ne peut plus voir les choses comme avant. Les éternelles palabres des intellectuels lui paraissent dérisoires. Même Tolstoï est perçu comme décalé du réel. «Avant mon voyage, la Sonate à Kreutzer était pour moi un événement et maintenant elle me paraît ridicule et me semble embrouillée et niaise.» 

Du sang de moujik
Il existe chez Tolstoï et chez d’autres intellectuels russes une tendance à sanctifier le paysan russe. Tchékhov s’y refuse. Il les a suffisamment vus de près, en particulier quand il allait les soigner, pour savoir les ravages de l’alcoolisme et de la misère sur l’esprit même de ces paysans. Ce refus d’une idéalisation apparaît en plusieurs endroits et spécialement dans une lettre à Souvorine de mars 1894 : «Dans mes veines coule du sang de moujik et ce n’est pas avec des vertus de moujik qu’on peut m’étonner.» Ce qu’on a traduit d’une manière plus large ainsi : «Je suis né à la campagne et on ne me fera pas le coup des vertus paysannes.»   

Ecrivain engagé?
Le mot engagement a été mis au goût du jour après la guerre par Sartre dans Qu’est-ce que la littérature? (1948 en volume, 1947 en revue). Sartre estimait qu’il était du devoir de l’écrivain de prendre parti dans les luttes politiques de son temps. Celui-ci devait s’engager pour plus de liberté et plus de dignité. Le sujet devint un pont-aux-ânes des examens et concours. Il fut un temps où 50% des sujets de bac portaient sur cette question actuellement un peu passée de mode.  Le problème s’était posé avec acuité durant l’Occupation, mais il n’était pas neuf. On le retrouve tout au long du XIXe siècle dans les débats littéraires. Même si Tchékhov avait voulu l’éviter, il y aurait été ramené par les confrères ou la critique.  Différentes tentations existaient pour lui. Les populistes décidaient de travailler en pleine pâte et de se mêler à la paysannerie russe comme des étudiants français, avant ou après 68, iront travailler en usine. D’autres estiment qu’ils doivent faire passer directement leurs thèses dans leur production littéraire. La littérature, glissant vers la propagande, y perd. Lorsque Gorki écrit contre les pogroms, Tchékhov approuve de tout son cœur, mais regrette néanmoins que ce plaidoyer soit mal écrit.

Quand il part à Sakhaline, Tchékhov se range du côté des populistes qui privilégient le travail sur le terrain. Mais il lui arrive souvent de souligner les limites d’une telle attitude. C’est l’un des points sur lesquels il s’écarte de Tolstoï.  En revanche, il ne se ralliera jamais à l’idée d’une littérature à thèse. Avant son départ au bagne, comme s’il avait éprouvé le besoin de faire le point avant un voyage qui pouvait être sans retour, il s’exprime avec clarté sur cette question dans quelques lignes souvent citées (lettre à Souvorine du 1er avril 1890): «Vous me grondez pour mon objectivité que vous appelez indifférence au bien et au mal, absence d’idéaux et d’idées. Vous voulez qu’en représentant un voleur de chevaux, je dise : «Le vol des chevaux est un mal.» Mais cela fait longtemps qu’on n’a plus besoin de moi pour le savoir; que les jurés les jugent, mon affaire est seulement de les montrer tels qu’ils sont…»  Et d’expliquer pourquoi, ce qui pourrait être souhaitable d’un point de vue moral est techniquement impossible : «Bien sûr, il serait agréable d’associer l’art et le prêche, mais pour moi personnellement, cela est extraordinairement difficile et presque impossible pour des raisons de technique, car pour peindre des voleurs de chevaux en sept cents lignes, je dois sans cesse parler et penser dans leur ton et sentir à leur manière ; autrement, si j’ajoute de la subjectivité, les personnages seront trop diffus et le récit ne sera pas aussi compact que doit être un court récit : quand j’écris, je m’en remets complètement au lecteur, je pense qu’il ajoutera lui-même les éléments subjectifs qui manquent dans le récit.»

Il répond en de nombreuses occasions aux correspondants qui lui reprochent de ne pas choisir plus nettement son camp. Parlant de l’un des personnages de son théâtre, un confrère lui écrit : «Ce n’est pas ainsi que les jeunes filles vont à la révolution.» Tchékhov se contente de lui répondre : «Il y a divers chemins pour y aller.»  La bonne conscience de l’intelligentsia l’irrite : «Il est facile d’être pur quand on sait haïr le diable qu’on ne connaît pas ou d’aimer Dieu dont on ne doute pas par manque de cerveau.» Si on le pousse dans ses retranchements, il admet modestement : «Eh bien alors, je ne sais pas mordre ou je ne suis qu’une puce.» Tchékhov est un moraliste qui refuse de devenir un moralisateur. Il brosse un tableau des conduites humaines, mais répugne à faire la leçon. Dire la vérité suffit : «L’homme deviendra meilleur quand nous l’aurons montré à lui-même comme il est.»  

La vérité, l’âpre vérité
«La vérité est révolutionnaire» disait Marx. Balzac confirme cet aphorisme. En politique, il est légitimiste et donc rangé du côté de la réaction. Et pourtant ses romans, par le travail de dévoilement qu’ils opèrent, contiennent d’extraordinaires ferments révolutionnaires.  Il en va de même avec l’œuvre de Tchékhov. Cet homme discret écrit des textes discrets. Il a été dit qu’ils l’étaient tellement que leur sens échappait à ceux qui ne pensaient pas comme lui. Il est vrai que, dans quelques cas, le caractère explosif de ce qui lui était soumis a échappé à la censure. Pourtant, il est bien difficile, même au pire des réactionnaires, de ne pas subir l’impact de cette prose.  Dire les choses comme elles sont, décrire le monde tel qu’il est suffit. L’artiste pose les questions, mais n’a pas pour rôle d’apporter les réponses. Tchékhov l’explique bien dans une lettre à Souvorine : «En exigeant de l’artiste d’être conscient par rapport à son travail, vous avez raison, mais vous confondez deux concepts : la solution d’une question et la façon juste de la poser. Pour l’artiste, il n’est indispensable que de la poser. Aucune question n’est résolue ni dans Anna Karénine, ni dans Onéguine, mais ces œuvres vous satisfont pleinement, rien que parce que toutes les questions y sont posées avec justesse.»

Lénine raconte qu’après avoir lu le terrible Salle 6, il fut en proie à la peur et éprouva le besoin de sortir de la pièce où il avait achevé sa lecture : «J’avais l’impression d’être enfermé dans la “Salle 6”.» Parlant de la même nouvelle, Elsa Triolet écrit justement : «Aucun texte théorique n’aurait pu remuer ainsi le cœur de millions d’hommes et de femmes». D’où il découle une esthétique de la transparence. Il est impossible de peindre la totalité du réel dans sa prolifération. Il faut filtrer et ne conserver que l’essentiel. L’artiste reste en retrait, mais fait ressortir les types, les situations caractéristiques, les linéaments de l’âme. Le lecteur fait le reste et il en reste marqué. Celui qui a lu Tchékhov ne voit plus tout à fait les passants d’un même œil. 

L’enterrement du grand écrivain
Le destin a parfois des ironies. L’enterrement de Tchékhov sera plus tchékhovien que nature. Le tragique et le grotesque s’y côtoient comme ils le font  dans le théâtre ou les nouvelles de cet écrivain. Quand les parents et amis se rendent à la gare, ils ont la surprise de voir arriver le cercueil dans un wagon verdâtre sur lequel est écrit en grandes lettres «Transport d’HUÎTRES». Quelques-unes des personnes présentes penseront peut-être à cet instant à la nouvelle «Les Huîtres» parue en 1884. La dérision ne s’arrête pas à cet incident. Ceux qui suivent le corbillard, étonnés de l’importance donnée à la musique militaire pour les funérailles d’un écrivain, finissent par se rendre compte qu’ils se sont trompés de cortège et qu’ils sont en train de suivre la dépouille du général Keller, tué en Mandchourie, et dont le corps a été rapatrié dans la même gare. Gorki écrit à ce propos : «La vulgarité s’était vengée. La tache vert-sale de ce wagon me semble être justement le large sourire de la vulgarité, triomphante de son ennemi épuisé.» En dépit de ce qui se passait à la gare Nicolaiev, cette mort est profondément ressentie dans toute la Russie comme l’exprime bien Kourine :  «Je me rappelle son enterrement comme si c’était un rêve. Un Pétersbourg froid et tout gris, les erreurs  des télégrammes, un petit groupe de gens à la gare, le «wagon à huîtres», les fonctionnaires de la gare qui n’ont jamais entendu parler de Tchékhov et qui ne voyaient  dans son corps que du fret. Ensuite – comme un contraste – Moscou, la douleur universelle, des milliers d’hommes et de femmes comme autant d’orphelins, les visages en larmes.»  

Un homme bien élevé
Musil, dans l’un de ses essais, dit, en substance : parler de soi est considéré comme malpoli ; notre société a donc trouvé un moyen de tourner la difficulté, l’écrivain. La formule ne s’applique pas à Tchékhov. Il nous parle évidemment de lui, mais toujours à son corps défendant. Pour lui, un homme bien élevé doit être discret.  Dans ses dernières années, ses furieuses quintes de toux finissent, une nuit, par alerter un ami qui dort dans la chambre d’à côté. Celui-ci vient voir ce qui se passe et le découvre crachant le sang. Tchékhov lui dit alors simplement : «J’ai troublé votre sommeil, pardonnez-moi cher Tikhonov.» On l’imagine bien disant la même chose à la postérité. Tchékhov a le sens de la dignité humaine. C’est-à-dire de ce que l’on se doit et de ce que l’on doit aux autres. Il admire Zola qui, dans le cadre de l’affaire Dreyfus, a publié un texte qui restera comme un moment de la conscience humaine. De Nice, il écrit à Souvorine : «Ici tout le monde a le sentiment qu’un Zola nouveau est né, un Zola meilleur. Son procès l’a nettoyé comme la térébenthine, qui enlève les taches de graisse superficielles, et Zola a pris pour les Français un éclat nouveau.» 

Il ne pardonne pas au même Souvorine de vilipender Zola alors poursuivi par la justice. Il est des choses qu’un homme bien élevé ne fait pas. L’amitié peut résister à tout sauf à ces situations de crise où l’on découvre soudain que nos conceptions de l’homme divergent radicalement. Parce qu’il n’a jamais dévié de cette ligne du respect qu’il faut accorder à l’être humain, Tchékhov pourra dire à la fin de sa vie : «Je n’ai jamais écrit une seule phrase dont je devrais avoir honte aujourd’hui.»  «L’homme tel qu’il est quand il est amoureux, indique à l’homme comment il devrait être toujours.» Cette formule de Tchékhov n’est surprenante qu’au premier regard. Amoureux, le pire des hommes devient bon, le pire des pingres parmi les pingres s’avère généreux, libérant ce qu’il y a de bon en lui, oubliant ses grandes peurs et ses petites précautions. S’il fallait résumer en deux mots ce que fut Tchékhov, les mots discrétion et générosité viennent sous la plume. Cela vaut pour l’homme comme pour l’artiste, l’un et l’autre étant toujours indissociables chez les créateurs authentiques.

Dans une longue lettre, Tchékhov explique à son frère qui sombre dans  l’alcoolisme, ce qu’est un homme bien élevé : «Les hommes bien élevés respectent l’être humain, c’est pourquoi ils sont toujours indulgents, doux, polis, accommodants… Ils ne se révoltent pas pour une question de marteau et de gomme perdue. Vivant avec quelqu’un, ils ne font pas comme si c’était uniquement pour rendre service, et, partant, ils ne disent pas : «La vie avec vous est impossible!» Ils pardonnent et le bruit et le froid, et les plaisanteries, et la présence d’étrangers dans la maison… Ils sont charitables, pas seulement pour les mendiants et les chats. Ils souffrent aussi des choses qui ne se voient pas à l’œil nu… Ils sont sincères et craignent le mensonge comme le feu… » Il faudrait tout citer. Si vous avez envie de savoir plus complètement ce qu’est un homme bien élevé, reportez-vous à ce courrier de 1886.
Lucile BRUNET, Paul DESALMAND
© Groupe FREMEAUX COLOMBINI SA, 1999.


                                                                                             CHRONOLOGIE 
1860   17 janvier : naissance à Taganrog ville située au bord de la mer d’Azov.

1861
   Abolition du servage en Russie. Le grand-père de Tchékhov était un serf qui, grâce à ses économies, avait réussi à racheter sa liberté et celle de sa famille. Tchékhov, irrité par les discours édulcorés des intellectuels sur les moujiks, dira, par la suite, qu’il avait du sang de moujik et qu’il ne fallait pas lui en conter sur ce point.  Dans les années qui suivent, milieu familial difficile du fait d’un père tyrannique et qu’on dirait aujourd’hui caractériel. Études dans une école grecque puis au lycée.

1875
   Goût précoce pour le théâtre comme spectateur ou acteur amateur. Commence d’écrire pour le théâtre à quinze ans.

1876
   Son père, afin de ne pas aller en prison pour dettes, doit vendre sa maison à l’un de ses pensionnaires qui a payé ses 500 roubles de dettes. La famille part pour Moscou, laissant Anton comme pensionnaire dans la maison qui avait été la sienne jusqu’à la fin de ses études de lycée. Celui-ci gagne un peu d’argent comme répétiteur à domi­cile.

1879
   Rejoint sa famille à Moscou. Entreprend des études de médecine. Ses premiers textes paraissent dans des journaux sous le pseudonyme Antocha Tchékhonté. Son frère Nicolas, bon dessinateur et caricaturiste, illustre parfois ses nouvelles. Cette production prend de plus en plus d’importance au fil des années.

1881
   Assassinat du tsar Alexandre II laquelle est suivie d’une vive réaction. En particulier renforcement de la censure.

1884
   Fin des études de médecine. Entreprend une thèse qu’il ne mènera pas à son terme. Son travail sur le bagne de Sakhaline a peut-être correspondu dans son esprit à un remplacement de cette thèse.

1886
   Début d’une collaboration avec Souvorine directeur des Temps nouveaux. La correspondance entre les deux hommes est précieuse pour connaître Tchékhov.  Lettre importante de Grigorovitch qui l’encourage à prendre la chose littéraire au sérieux. Cette lettre produit sur lui une forte impression. À partir de cette époque, il signe ses textes Anton Tchékhov.

1887
   De retour à Taganrog, il note la médiocrité de la vie provinciale.  Représentation d’Ivanov qui n’est pas un succès.

1888
   Publie La Steppe, récit plus long que ceux qu’il publie habituellement. Le texte est bien reçu par la critique.  Prix Pouchkine pour son recueil de nouvelles Dans le Crépuscule.  Première de L’Ours.

1889
   Mort de son frère Nicolas.  Rencontre de Lydia Avilova, romancière qui, prenant ses désirs pour des réalités, croit au grand amour. Cette fiction sera prolongée dans ses souvenirs, mais ne résiste pas à l’examen.  La pièce intitulée L’Esprit de la forêt qui deviendra par la suite Oncle Vania est boudée par la critique.  Tchékhov annonce à ses amis son intention de se rendre au bagne de Sakhaline.

1890
   Continue de publier des nouvelles dans la presse. Parution d’un recueil de nouvelles sous le titre Des gens moroses.  Départ pour Sakhaline (avril), séjour au bagne (de juillet à octobre) et retour par voie de mer (Vladivostok, Singapour, Ceylan, Canal de Suez, Constantinople, Odessa).

1891
   Voyage en Italie et en France (Côte d’Azur) en partie pour des raisons de santé.  Fait envoyer des livres à Sakhaline, contribue à la lutte contre la fa­mine comme il le fera durant les années qui suivent. Continue d’écrire pour les journaux (Le duel), pour le théâtre (Le jubilé, Oncle Vania).

1892
   Organise les secours contre la famine. Achat d’une propriété à Mélikhovo au sud de Moscou. Il y travaille, reçoit beaucoup, et multiplie les allers-et-retours entre son «duché» et Moscou.  Ses soins aux malades (à la famine s’est ajouté le choléra) ne lui laissent pas de temps pour écrire.  Parution de la nouvelle Salle n°6 qui est l’objet de diverses interprétations (certains y voient un tableau symbolique de la Russie qui aurait échappé à la censure).

1894
   Voyage en Italie et en France.

1896
   Première de La Mouette qui tourne à la catastrophe. Mais succès par la suite.

1897
   Tchékhov crache le sang, et, en tant que médecin, il sait à quelle menace cela correspond.  La nouvelle Les moujiks peut paraître après les concessions faites à la censure. Le texte de La Mouette avait déjà dû être modifié pour les mêmes raisons.  Voyage en France (Sud-Ouest, Sud, et Paris)

1898
   Voyage en France. Il admire l’attitude de Zola dans l’affaire Dreyfus et va se fâcher avec Souvorine à ce propos.  Publie entre autres choses L’homme à l’étui dont la source remonte peut-être à ses souvenirs de lycée.  Représentation de La Mouette par le Théâtre d’Art de Moscou. La pièce obtient un grand succès.  Achat d’un terrain près de Yalta. Ce déplacement géographique est la conséquence de ses ennuis de santé.

1899
   Vend Mélikhovo.  Première d’Oncle Vania. Succès moyen.  Travaille à la mise sur pied d’un sanatorium pour les nécessiteux.

1900
   Voyage dans le Caucase. Élu académicien d’honneur de la section Belles-lettres de l’Académie des Sciences.

1901
   Première des Trois sœurs.  Mariage avec Olga Knipper. Cette comédienne est souvent retenue à Moscou par son travail. Cela ne gêne que moyennement Tchékhov qui trouvait pesant de retrouver chaque jour une épouse avec la régularité avec laquelle on retrouve la lune. Cette séparation a pour l’historien l’intérêt de susciter une abondante correspondance.

1902
   Séjour avec Morozov, milliardaire. Tchékhov voit les limites du paternalisme. Il réussit à faire diminuer la durée de la journée de travail (qui était de douze heures).  Abandonne son titre d’académicien pour protester contre l’annulation autoritaire de l’élection de Gorki. Il ne tenait pas particulièrement à ce titre et quand il l’avait reçu avait dit qu’il serait encore plus heureux quand il pourrait s’en défaire.

1903
   Sa santé périclite : deux crises cardiaques.

1904
   Première de La Cerisaie. Grand succès. Cette histoire d’une maison qu’une famille doit quitter fait évidemment penser à la maison que le père de Tchékhov avait dû vendre afin d’éviter la prison pour dettes. Voyage en Allemagne (Forêt noire). Il meurt à Badenweiler en juillet. Il avait dit en s’embarquant : «Je pars pour crever.» 


                                                            Dates de première publication  des textes choisis 
La dame au petit chien / Revue La Pensée russe n°12, 1899. 
Chez la maréchale de la noblesse / Revue Les Éclats n°10, 1885, sous le pseudonyme A. Tchékhonté. 
L’œuvre d’art / Revue Les Éclats n°50, 1886. 
L’homme à l’étui / Revue La Pensée russe n°7, 1898. 
Les relégués / Revue L’Illustration universelle n°20, 1892. 
Après le théâtre / Le Journal de Pétersbourg n°94, 1892.

TCHEKHOV   COFFRET 1  CD 1 
La dame au petit  chien - 19 (Denis Roche, Une  banale histoire, p. 167, Pléiade III, 886)
Chez la maréchale de la noblesse - 5 (Denis Roche, Salle 6, p. 235-244, Pléiade  I, p. 858)
L’Œuvre d’art - 4 (Denis Roche, L’Homme à l’étui, p. 238-243, Pléiade, I, 1409) 

TCHEKHOV   COFFRET 1 CD2
 
L’homme à l’étui - 14 (Denis Roche, L’Homme à l’étui,, tome II, p.1-20, Pléiade, III, 763) 
Les relégués - 10 (Denis Roche, L’Homme à l’étui, tome II, p.263-276, Pléiade-titre  «En déportation», III,7)
Après le théâtre - 4 (Denis Roche, Récit d’un inconnu, p. 171-179, Pléiade, III,3)  

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