Fremeaux.com
Français d’Amérique
Canada (Québec - Nouveau-Brunswick - Île-du-Prince-Édouard - Nouvelle Écosse - Ontario) États-Unis (Louisiane - Wisconsin – Maine – Dakota du Nord) 
Enregistrements réalisés entre 1928 et 2004







L’implantation française en Amérique du Nord commença en 1604 avec la fondation de l’Acadie par Pierre Dugua de Mons, suivie par la fondation de la ville de Québec en 1608 par Samuel de Champlain. A partir de cette base, les Français créèrent, au cours du XVIIe siècle, un véritable empire, qui s’étendait du Grand Nord jusqu’au Golfe du Mexique : la Nouvelle-France. Bien sûr, malgré l’immensité de ces terres, les colons étaient peu nombreux, quelques milliers tout au plus. Une poignée de “coureurs de bois” sillonnaient les grandes plaines américaines, où ils commerçaient avec les premiers habitants des lieux, les Amérindiens.
Le XVIIIe siècle fut marqué par la lutte entre Anglais et Français pour la domination de l’Amérique du Nord. Plus précisément, les guerres engagées sur le sol européen se transposèrent sur le sol américain, la Nouvelle-France étant frontalière avec les Treize Colonies anglaises de la Côte Est. En 1713, le Traité d’Utrecht concéda déjà une grande partie des régions côtières de l’Acadie aux Anglais. Puis, en 1763, à l’issue de la Guerre de Sept Ans, le Traité de Paris enfonça le clou. La France, défaite, sauva les meubles en Europe, mais perdit ses possessions en Amérique du Nord. Napoléon Bonaparte récupéra bien un temps la Louisiane, passée sous domination espagnole, mais il s’empressa de la vendre en 1803 à une nation naissante, les Etats-Unis d’Amérique.
Ainsi, à partir de cette époque, si l’on met à part l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon (présenté dans le volume 9 de cette collection, consacré à la France d’outre-mer), tous les francophones d’Amérique du Nord furent soit des sujets de la Couronne Britannique (dans le Canada actuel), soit des citoyens américains. 
Une seule province allait rester jusqu’à nos jours majoritairement francophone : il s’agit bien sûr du Québec. Les Québécois, catholiques et francophones dans un Canada protestant et anglophone, étaient voués à l’assimilation. Il n’en fut pourtant rien. Les autres francophones du continent sont majoritairement les Acadiens. Originaires des Provinces Maritimes (Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard, qui comptent encore aujourd’hui de nombreux francophones), beaucoup en furent chassés par les Anglais au milieu du XVIIIe siècle lors du “Grand Dérangement”. Certains, au bout de longs et éprouvants voyages, finirent par s’installer dans les bayous de Louisiane (alors propriété espagnole). Ils y rencontrèrent d’anciens esclaves noirs affranchis, francophones et catholiques, venus bien souvent de Saint-Domingue (Haïti). Ils devinrent les “Cajuns” (déformation du mot “acadien”).
Les musiques traditionnelles pratiquées par les francophones d’Amérique sont le fruit de cette histoire. Très inspirées par l’héritage des provinces de l’Ouest de la France (notamment les chansons), elles sont métissées et ont également puisé leur inspiration dans toutes les autres musiques arrivées avec les immigrants sur le continent américain. Ainsi, les musiques à danser québécoises ou acadiennes doivent beaucoup à l’influence britannique et irlandaise. Les Cajuns de Louisiane ont emprunté leur accordéon aux immigrants d’Europe centrale, et beaucoup de leur rythmes aux descendants d’esclaves ou aux Amérindiens, entre autres…

- Pour chaque morceau sont indiqués, à la suite du titre : l’interprète, l’instrument pratiqué, la date et le lieu d’enregistrement, ainsi que le nom du collecteur.
- Pour une identification plus précise de la provenance de chaque extrait (fonds d’archives, publications précédentes), ainsi qu’un minutage précis, on se reportera en fin de livret, à la rubrique Provenance des enregistrements.
 - En ce qui concerne les titres dans une langue autre que le français, il a été choisi de respecter la graphie de la source d’origine (publication antérieure, référencement dans le centre d’archives).
- On trouvera sur le site Internet www.fremeaux.com le texte intégral des chansons, ainsi que l’identification de celles-ci dans le Répertoire des chansons françaises de tradition orale Coirault-Delarue, le Catalogue de la chanson folklorique française Laforte et le Répertoire du patrimoine ethnomusicologique RADdO-Ethnodoc (http://www.raddo-ethnodoc.com/).


1. La banane à N’Onc Adam (two-step)
Isom J. Fontenot (harmonica)
Enregistré le 30 juillet 1970 à Mamou (Louisiane, Etats-Unis) par Roger Mason.
Le jeu d’Isom J. Fontenot était très inspiré par le style des accordéonistes cajuns. Ce musicien autodidacte jouait des deux côtés de la langue, à l’octave, avec une grande énergie. Réparateur de tondeuses à gazon de profession, il possédait une caisse pleine d’harmonicas, offerte par un grand fabriquant suite à un festival de folklore où il s’était fait remarquer. Il disposait ainsi d’un instrument dans chaque tonalité. Il interprète ici un two-step très connu, popularisé par l’accordéoniste Nathan Abshire.  

2. J’ai fait l’amour chez l’onc Bab (une livre de tabac)
Dewey Balfa (violon et chant), Will Balfa (violon) et  Rodney Balfa (guitare)
Enregistrés le 31 mars 1972 à Basile (Louisiane, Etats-Unis) par Jean-Pierre Bruneau.
Les frères Balfa sont sans doute les musiciens cajuns les plus connus à travers le monde. Leur succès doit beaucoup à la personnalité de Dewey (1927-1992), violoneux et chanteur, qui se partageait entre ses activités d’agriculteur, de conducteur de bus scolaire, d’agent d’assurances… et de musicien ! Avec ses frères Will et Rodney (tous deux décédés dans un accident en 1979), il enregistra une douzaine d’albums. Ils tenaient cette chanson de leur père Charles. Elle raconte l’histoire d’un galant malheureux, éconduit malgré son cadeau d’une livre de tabac destinée à “flatter les vieux”…

J’ai fait l’amour chez l’onc Bab
Ça m’a coûté une livre de tabac.
(bis)

L’onc Bab a fumé jusqu’à
Sa vieille pipe est ‘venue rouge.
(bis)

Tante Bab a chiqué jusqu’à
Son vieux menton est ‘venu vert.
(bis)

Clémentine m’embêtait
Et Ida veut pas de moi.

Oh Prince, allons s’en aller
Moi j’attrape les capots
Et toi tu manges les poteaux.

RADdO : 06398. 

3. Reel turlutté
Lederie Saint-Cœur (chant)
Enregistrée le 23 avril 1976 à Fairisle (Nouveau-Brunswick, Canada) par Laurent Comeau.
La turlutte est une interprétation vocale d’airs traditionnels à partir d’onomatopées sans signification particulière. Les sons sont produits par le roulement rapide de la langue sur le palais. Un interprète rompu à cette technique peut ainsi faire danser sans difficulté, avec la même efficacité qu’un instrument. 

4. Reel Malouin
Aimé Gagnon (violon) et Cécile Gagnon (piano)
Enregistrés en 1992 à Saint-Louis-de-Lotbinière (Québec, Canada).
Aimé Gagnon (1921-1997) était issu d’une famille de violoneux. Lui-même se mit très jeune à l’instrument, de même que ses frères avec lesquels il se partageait le seul violon de la maisonnée, celui du père ! Il joua d’abord dans un cadre familial ou local, avant de monter en 1950 un trio avec sa femme au piano et son beau-frère Marcel Lemay à l’accordéon. Ils se produisirent dans les fêtes et anniversaires pendant plus de 20 ans. A la fois fermier, menuisier, commerçant et négociateur pour l’Office des producteurs de bois de la région de Québec, il trouvait toujours du temps pour la musique. Après avoir été enregistré par Luc Lacourcière, il fut souvent invité dans différents festivals d’Amérique du Nord. Il joue ici, accompagné au piano par sa cousine Cécile Gagnon, un reel issu du répertoire du violoneux Fortunat Malouin. 

5. Marguerite est dans sa chambre (la blanche biche) 
Allan Kelly (chant)
Enregistré en 1983 à Newcastle (Nouveau-Brunswick, Canada) par Ronald Labelle.
Les origines d’Allan Kelly, enregistré ici alors qu’il avait 80 ans, étaient mixtes. Il avait hérité du répertoire irlandais de son père, mais avait également appris des centaines de chansons en français, principalement de sa mère. Il interprète ici l’une des pièces du répertoire traditionnel francophone les plus emblématiques : l’histoire d’une fille changée en biche et chassée par son frère. Ce thème a été beaucoup mieux conservé au Canada, notamment au Nouveau-Brunswick et dans l’Est du Québec, qu’en France.

Marguerite est dans sa chambre, elle pleure et elle soupire (bis)
Sa mère s’en va la voir : “Oh, qu’as-tu Marguerite ?”
“Ah ! Je peux bien pleurer, oh car j’ai le coeur triste. (bis)
Le jour je suis fille, et la nuit tant blanche biche. (bis)
Tous les chiens du château, tous les soirs me poursuivent. (bis)
Sont ceux de renaud, sont ceux qui sont les pires. (bis)
Allez-y donc chère mère, allez-y donc lui dire.” (bis)
“Renaud, arrêt’ tes chiens, c’est ta soeur Marguerite !”
Renaud prit son sifflet ; au bois il s’en va vite. (bis)
Il a sifflé trois coups, sans qu’ses chiens purent entendre. (bis)
Du quatrième coup, la blanche biche est prise. (bis)
Ils l’emmènent su’ l’ cuisinier, pour qu’ils la faisiont cuire. (bis)
Quand ça v’nut au souper, au nom de Marguerite,
Quand ça v’nut pour le souper, au nom de Marguerite.
“Soupez, soupez, mon sieur, je suis la première en table. (bis)
Mon corps est dans vos plats, mon âme réjouie. (bis)
Entre deux plats d’argent, mes pieds, mes mains sont mises.” (bis)
Quand renaud entend cela, il recula les vivres.
Quand Renaud a entendu cela, il recula les vivres.
“Ceux qui mang’ront d’ce souper mangeront des martyres.” (bis)
Renaud a pris son sabre ; en trois coups z-il se frappe. (bis)
Renaud a tombé mort, il tombe à la renverse.

Coirault : 8910 La blanche biche.
Laforte : I, B-01 La blanche biche.
RADdO : 01463.

 
6. La grande gigue simple
Louis “Pitou” Boudreault (violon)
Enregistré en août 1974 à Chicoutimi (Québec,  Cana­da) par John Wright et Catherine Perrier.
Louis “Pitou” Boudreault (1905-1988), natif de Chicoutimi, avait appris son répertoire de son père Pius Boudreault, ainsi que d’autres violoneux des alentours. Il joua dans les années 1920 et 1930 dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, avant d’arrêter la musique pendant près de 35 ans. En 1973, il s’inscrivit à un concours de violoneux qu’il remporta. Il reprit son activité dans la foulée et devint un modèle pour les amateurs de musique traditionnelle, du fait de son style à la fois personnel et ancien. On put l’entendre dans de nombreux festivals, où il agrémentait ses prestations de nombreuses histoires sur la vie rurale d’autrefois. Par la suite, un accident de moto le contraignit à s’arrêter de jouer. On entend ici sa version de la fameuse grande gigue simple. Si ce morceau était connu de tous les violoneux québécois, aucun ne le jouait comme lui. Son interprétation se distingue par son monnayage du rythme. 

7. Aux Natchitoches
Bee Deshotels (chant)
Enregistré en 16 février 1972 à Reddell (Louisiane, Etats-Unis) par Jean-Pierre Bruneau.
Bee Deshotels, comme son frère jumeau Ed, était né au début des années 1920 et tenait une bonne partie de son répertoire de son père Marcelus (violoniste, accordéoniste chanteur et conteur). Les deuxième et troisième couplets de Sur le Natchitoches se retrouvent dans une chanson connue dans toute la francophonie sous l’incipit Réveillez-vous belle endormie (voir la version interprétée en Normandie par Denise Sauvey dans le volume 2 de cette anthologie, consacré à la France de l’Ouest).

Sur le Natchitoches, il y a z’une brune
A qui je veux lui faire fortune.
J’ai que mes dimanches pour aller la voir. (bis)

Et par un beau matin je me “feutre” allé
Je l’ai trouvée sur son lit couchée.
“Dormez belle, sommeillez-vous ?
Belle et nos amours, je ne pense qu’à vous.”

“Oh non ni je dors ni je sommeille.
Tout toute la nuit je suis privée.
Mon cher amant, je ne pense qu’à vous
Mon cher amant, tu marilleras nous ?”

“J’irai me faire bâtir un ermitage
Et yoù que mon manger serait d’herbages
Et que ma boisson ce seraient des pleurs
Pour deux amours qui vit en langueur.

Et si que vous avez un z’habit à prendre
Prenez le donc couleur de cendres.
Parce que c’est la plus triste couleur
Pour deux amours qui vit qu’en langueur.” 

Coirault : 2605 Réveillez-vous belle endormie I & 4710 d° III.
Laforte II, E-22 Réveillez-vous belle endormie.
RADdO : 02479.

8. Bonsoir Moreau
lphonse “Bois Sec” Ardoin (accordéon et chant), Canray Fontenot (violon) et Rodney Balfa (guitare)
Enregistrés le 17 février 1972 à Basile (Louisiane, Etats-Unis) par Jean-Pierre Bruneau.
Ici accompagnés par Rodney Balfa, Alphonse “Bois Sec” Ardoin (1914 ou 1915-2007) et Canray Fontenot (1922-1993) ont joué ensemble dès 1948, gravant leur premier disque en 1966. Ces deux musiciens noirs étaient au croisement des musiques cajuns et créoles, et sont des grands noms du style dit zarico, inspiré à la fois par le style cajun, le blues et le rhythm’n’blues.

Oh bonsoir Moreau, oh bonsoir Moreau
Oh j’connais c’est l’heure j’m’en vas
Oh bonsoir Moreau
On a eu un bon temps
Un bon temps toute la nuit
Oh j’connais c’est l’heure j’m’en vas
Oh bonsoir Moreau
Oh, la lune après s’coucher
Et le soleil après lever
Et Caillette est pas tirée
Oh bonsoir Moreau !
 
9. I went to Market
Alfred Vandertie (chant)
Enregistré en octobre 1980 à Algoma (Wisconsin, Etats-Unis) par Claude Flagel et Françoise Lempereur. 
De 1852 à 1860, plus de 7 000 Wallons du Brabant et du Namurois s’installèrent au bord du Lac Michigan, au Nord-Est du Wisconsin. Ils y firent souche et créèrent une petite communauté américano-belge. Au moment des enquêtes de Claude Flagel et Françoise Lempereur, en 1980, le wallon était encore parlé par les anciennes générations (mais presque supplanté par l’anglais chez les jeunes) et il fut possible d’enregistrer de nombreuses chansons. Celle-ci est interprétée par Alfred Vandertie, patron cafetier septuagénaire dont la famille était originaire de Charleroi. Une version, bilingue celle-là, de cette chanson trilingue (anglais-français-wallon) a été popularisée au Québec par Gilles Vigneault. 

I went to market with a pania volant
The first one I met (was) one fèye (d’) on-avocat
And I love you èt d’totes les manires
And I love you mais vos vos m’aimez pas.

The first one I met (was) one fèye (d’) on-avocat
I asked her fifty cents and she said : “Je n’avos pas.”

I asked her fifty cents and she said : “Je n’avos pas.”
She went upstairs po li trover sè papa

She went upstairs po li trover sè papa
She came downstairs : le bounhomme I n’èst pus là

She came downstairs : le bounhomme I n’èst pus là
I squeezed her so hard that I cassé les deux bras

I squeezed her so hard that I cassé les deux bras
And it cost me five hundred for to get-er les deux bras

RADdO : 06399.
J’allais au marché en pans de chemise
La première personne que j’ai rencontrée était la fille d’un avocat.
Et je vous aime, de toutes les manières
Et je vous aime, mais vous vous ne m’aimez pas.

La première personne que j’ai rencontrée était la fille d’un avocat.
Je lui ai demandé 50 cents et elle m’a dit qu’elle ne les avait pas.

Je lui ai demandé 50 cents et elle m’a dit qu’elle ne les avait pas.
Elle est montée à l’étage pour aller voir son père.

Elle est montée à l’étage pour aller voir son père.
Elle est redescendue : le bonhomme il n’est plus là.

Elle est redescendue : le bonhomme il n’est plus là.
Je l’ai serrée si fort que je lui ai cassé les deux bras.

Je l’ai serrée si fort que je lui ai cassé les deux bras.
Et ça m’a coûté 500 pour lui remettre les deux bras.


 

10. N’av’nèn vèyu mi p’tit musicyin ?
Arthur Renard (chant et one-man-band)
Enregistré en octobre 1980 à Marchand (Wisconsin, Etats-Unis) par Claude Flagel et Françoise Lempereur.
Arthur Renard, agriculteur à Marchand, animait les fêtes locales de la communauté wallonne du Wisconsin. Sous le nom de “Zeke”, il jouait son one-man-band, composé d’une grosse caisse, d’un charleston, d’un accordéon  diatonique, d’un harmonica et d’un kazoo, et chantait à l’occasion. 

N’av’nèn vèyu mi p’tit musicyin ?
A l’dicauce (bis)

N’av’nèn vèyu mi p’tit musicyin ?
A l’dicauce c’èst s’nom.

Il èstot d’dja on bon gamin
Mins I n’ choûteûve nén.

Dj’a sayî à l’fé choûter
Mins I n’ v’leûve nén.

Dj’ l’a voyî aus tchamps avou lès (sès) vias
Il a v’nu pire qui l’twa.

Adon ‘l a stî après les coméres
Mins dj’ennè p’leûve rén.

‘L’a pris pa l’ djambe, ‘l l’a foutu su l’lét
Po qwè fé, vos l’savoz bén !

Après ça, il l’a r’pèté
Ça, ça n’ payeûve nén.

Après ça, ‘l a ieû on gamin
Sav’ bén c’èst qu’èle l’a lomé ?
N’av’nèn vèyu mi p’tit musicyin ?
A l’dicauce c’èst s’nom.

RADdO : 06400.
N’avez-vous pas vu mon p’tit musicien ?
“A la fête”

N’avez-vous pas vu mon p’tit musicien ?
“A la fête” c’est son nom.

Il était déjà un bon garçon
Mais il n’obéissait pas.

J’ai essayé de le faire obéir
Mais il ne voulait pas.

Je l’ai envoyé aux champs avec les veaux
Il est devenu pire que le taureau.

Alors, il a couru après les femmes
Mais je n’y pouvais rien.

Il l’a prise par la jambe, l’a jetée sur le lit
Pour quoi faire, vous le savez bien !

Après ça, il l’a engrossée
Cela n’était pas payant.

Après ça, il a eu un garçon
Savez-vous comment elle l’a nommé ?
N’avez-vous pas vu mon p’tit musicien ?
“A la fête” c’est son nom.

 

11. Par-derrière chez mon père (la claire fontaine)
Alma Barthélémy (chant)
Enregistrée le 24 juillet 1970 à Diamond (Louisiane, Etats-Unis) par Roger Mason.
A la différence des autres interprètes louisianais présents sur ce disque, Alma Barthélémy n’était pas cajun. Originaire du sud de La Nouvelle-Orléans, ses origines familiales sont un saisissant résumé de l’histoire du peuplement de la Louisiane : elle était ¼ amérindienne, ¼ descendante d’esclaves noirs, ¼ espagnole et ¼ “créole” (les descendants des premiers colons français). Elevée dans un milieu totalement francophone, elle parlait un français très pur, sans toutefois savoir lire ni écrire. Elle a transmis un abondant répertoire à plusieurs collecteurs, dont Harry Oster et Roger Mason. Elle nous livre ici une savoureuse version d’un thème très répandu dans tout le domaine français (souvent connu sous l’incipit M’en revenant de noces) et dont le fameux A la claire fontaine est une version standardisée répandue en milieu scolaire, basée sur celle publiée par Gagnon.

Par derrière chez mon père,
En allant nous nous promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je me suis baigné, oh hé

Y a longtemps que je t’aime, jamais je t’oublierai, oh hé
Y a longtemps que je t’aime, jamais je t’oublierai


J’ai trouvé l’eau si belle que je me suis baigné
A la plus haute branche, le rossignol chantait, oh hé

Y a longtemps…

A la plus haute branche, le rossignol chantait
“Chante, rossignol, chante, toi qu’as le cœur si gai, oh hé

Toi qu’as le cœur si gai, moi je l’ai t’à pleurer
Pour un bouton de rose que je l’ai refusé, oh hé

Pour un bouton de rose que je l’ai refusé
Je voudrais que la rose fuit encore au rosier, oh hé

Je voudrais que la rose fuit encore au rosier
Et ma chermante belle fuit dans mon lit couché, oh hé

Je voudrais que ma belle fuit dans mon lit couché
Par un baiser de bouche que je l’ai réveillée, oh hé ”

Coirault : 3415 En revenant des noces.
Laforte : I, G-10 A la claire fontaine.
RADdO : 00004.

 
12. Les poutines dans l’potte
Irène Arsenault (chant)
Enregistrée en 1972 à Wellington Station (Île-du-Prince-Édouard, Canada) par Georges Arsenault. 
On ne connaît pas d’autre version de cette petite chanson, au rythme dansant. Serait-on en présence d’une composition locale ou familiale ? Les paroles, sans queue ni tête (comme c’est souvent le cas pour les chants à danser), semblent évoquer les poutines râpées, un plat local à base de pommes de terre râpées et bouillies, et consommé au moment de Mardi gras.

Les poutines dans l’potte
Tadiyatahé
J’ai pris une fourchette
Tadiyataho   
C’est pour les tremper
Tadiyatahé
Elles n’étiont pas cuites
Tadiyataho 

RADdO : 06401.
  
13. Le reel à Joe Bibienne
Delphine Arsenault (violon) et Zélie-Anne Poirier (harmonium)
Enregistrées en 1973 à Summerside (Île-du-Prince-Édouard, Canada) par Georges Arsenault.
Delphine Arsenault (1912-1983) était membre de la grande famille musicale des Arsenault d’Abram-Village, comprenant pas moins de 16 enfants musiciens ! Elle jouait aussi de l’harmonica et de l’harmonium. Elle tenait ce reel de son père, Joe “Bibienne” Arsenault, qui l’avait sans doute appris au Québec, où il avait vécu dans sa jeunesse. 

14. En arrière de chez mon père (la fille aux oranges)
Caesar Vincent (chant)
Enregistré en 1957 à Abbeville (Louisiane, Etats-Unis) par Harry Oster.
Le folkloriste et musicien Harry Oster fut parmi les premiers à enregistrer la musique des Cajuns de Louisiane dans le cadre d’enquêtes de terrain. Il rencontra notamment Caesar Vincent, prolifique chanteur d’Abbeville, qui lui donna cette version de La fille aux oranges. Une autre chanson enregistrée à l’époque auprès de M. Vincent connut une postérité et un succès tout à fait inattendus : il s’agit du fameux Travailler c’est trop dur. Réinterprétée par le groupe folk français Grand Mère Funibus Folk en 1974, elle passa ensuite au répertoire de Zachary Richard, puis de Julien Clerc, qui en fit un tube en 1978, et enfin d’Alpha Blondy & The Wailers.

En arrière de chez mon père, il y a t’un oranger, le voilà (bis)
Nous irons, nous boirons, nous tarirons les verres et nous les remplirons (bis)

L’en était tellement chargé que les branches en touchent terre, le voilà (bis)
Nous irons, nous boirons…

Elle passe de branche en branche, elle choisit la plus belle, le voilà (bis)

Le premier qui m’les marchande, c’est le fils de l’avocat, le voilà (bis)

Il m’en achète une douzaine, il m’les a jamais payées, le voilà (bis)

Il m’envoie de chez la banque et la banque était fermée, le voilà (bis)

Il m’envoie chez l’avocat, chez le fils de l’avocat (bis)

Et le fils de l’avocat, l’en était tellement pas là, le voilà (bis)

Je me moque de la banque et le fils de l’avocat, le voilà (bis) 

Coirault : 2205 La marchande d’oranges chez l’avocat.
Laforte : I, H-1 La fille aux oranges.
RADdO : 00336.

 
15. Reel
Azade Benoit (guimbarde)
Enregistré le 18 août 1958 à Sheïla (Nouveau-Brunswick, Canada) par Luc Lacourcière.
La guimbarde est un petit instrument, généralement en métal, composé d’une armature et d’une languette. C’est la vibration de cette dernière, dans la cavité buccale, qui provoque le son. Peu répandue en France dans la tradition, on la retrouve plus fréquemment en Amérique du Nord, où les anglophones la connaissent sous le nom de jew’s harp. M. Benoit joue ici un reel avec un sens du rythme étonnant. 

16. C’est dans le premier jour de l’an
Lawrence Keplin (chant)
Enregistré à l’été 1989 à Washington (Etats-Unis) par Anne Piraud, avec André Gladu et Catherine Perrier lors du Smithsonian Folklife Festival.
Les coureurs de bois français (appelés aussi voyageurs quand ils possédaient un permis officiel) parcouraient la Nouvelle-France pour commercer avec les tribus amérindiennes. Ils furent souvent les premiers Européens à parcourir des régions non encore colonisées, pour en ramener de précieuses fourrures. Beaucoup prirent une femme amérindienne et firent souche. On rencontre aujourd’hui encore des métis descendant de ces unions. Dans le Dakota du Nord, on les appelle mitchifs. Au début du XXe siècle, ceux-ci parlaient un mélange de cree et de français. Peu à peu, avec la scolarisation obligatoire, l’anglais s’est imposé. Pourtant, certains, comme le violoneux Lawrence Keplin (principalement anglophone) avaient gardé en mémoire les chansons en français de leurs ancêtres.

Passage parlé :
“Attendez voir… You mean you want me to sing the whole song ?”
“No, just a verse, just a verse…”
“Oh…”

L’est dans les temps du premier jour de l’an
Mais pour les fêtes en parents
J’ai rempli mon verre
Pour qu’i’ nous réveille
T’as bien faite la ronde, t’as pas beaucoup baissé
Si ça ça contine j’crés qu’ça va bien aller
J’haïs la boisson, j’haïs la boisson
Mais j’haïs pas d’en prendre un p’tit coup
Un p’tit coup à boire
Pour qu’i’ nous réveille
T’as bien faite la ronde t’as pas beaucoup baissé
Si ça ça contine y aura personne de saoul


Passage parlé : 
“That means if it keeps on there will be nobody drunk !”

Oh mes mais, oh tu m’as fait plaisir
D’avoir fait la ronde t’as pas beaucoup baissé
D’avoir fait la ronde
Pour qu’i’ nous réveille
T’as bien faite la ronde t’as pas beaucoup baissé
Si ça ça contine j’crés qu’ça va bien aller


RADdO : 06402.
Passage parlé :
“Attendez voir… Vous voulez dire que vous voulez que je chante la chanson entière ?”
“Non, juste un vers, juste un vers…”
“Oh…”

















Passage parlé :
“Ça veut dire que si ça continue il n’y aura personne de saoul !”









 
  
17. The Cuckoo’s Nest
Simon St.Pierre (violon) et Fred Pike (guitare)
Enregistrés en 1977 à Wilmington (Delaware, Etats-Unis) par les Brandywine Friends of Old time Music lors du Brandywine festival.
De par sa proximité géographique avec le Québec, la Nouvelle-Angleterre accueille de nombreux francophones. Simon St. Pierre, bûcheron d’origine québécoise, s’est ainsi installé pour son travail dans l’état frontalier du Maine. Il avait appris le violon dans sa province d’origine, lors de longs hivers enneigés, en compagnie de collègues. Même s’il a beaucoup écouté la radio une fois installé aux Etats-Unis, et fréquenté des violoneux d’autres origines (des Appalaches, par exemple), son style reste clairement québécois. Né en 1930, il est aujourd’hui retraité et vit toujours dans le Maine.  

18. Par un dimanche au soir (Lisette qui allait s’y baigner)
Jean-Paul Guimond (chant) accompagné par Paul Marchand et Guy Bouchard (guitare) et un chœur d’amis 
Enregistrés en janvier 1993 à Wottonville (Québec, Canada).
Jean-Paul Guimond est né en 1933 à Wottonville, dans la région québécoise des Cantons de l’Est. Il tient son important répertoire de sa famille (de son père Hormisdas, principalement), ses voisins, ses amis… Il chante dans un style ancien, auquel il donne sa touche personnelle, pleine de verve. Cet enregistrement a été réalisé au domicile de Jean-Paul, qui avait invité pour l’occasion de nombreux amis chanteurs et musiciens. Ceux-ci, réunis autour d’une bonne table, répondent aux chansons menées par Jean-Paul, tout en goûtant au vin et à la bière maison.

Par un dimanche au soir, en m’en allant veiller (bis)
J’ai rencontré Lisette qui allait s’y baigner
Gai faluré maridondaine, gai faluré maridondé (bis)

J’ai rencontré Lisette qui allait s’y baigner (bis)
Mit son p’tit pied à l’eau, son p’tit cœur s’est noyé
Gai faluré…

Elle alla s’échouer à l’ombre d’un vert pommier

“Beau pommier, beau pommier, toi qu’es chargé de fleurs

Ça prend qu’un petit vent pour enlever tes fleurs

Ça prend qu’un voyageur pour avoir son p’tit coeur.”

Coirault : 1720 La baigneuse qui dialogue avec le pommier.
Laforte, I, L-1 La fille qui se noie.
RADdO : 02343.

 
19. Les petits Saint Pierre sont plus riches que les évêques (la semaine ouvrière)
Alphonse Morneau (chant)
Enregistré le 4 septembre 1957 à Baie-des-Rochers en Charlevoix (Québec, Canada) par Roger Matton et Félix-Antoine Savard.
Cette chanson fut enregistrée pour la réalisation d’un disque 33 tours, suite à des collectes effectuées en 1955 par Félix-Antoine Savard et Luc Lacourcière. Une autre version de cette chanson, interprétée par une chanteuse du Nord de la France, figure sur le volume 7 de cette collection.

Les petits Saint Pierre sont plus riches que les évêques (bis)
Et le dimanche commencent la semaine
Salutaire fa fa fa, j’ai pas perdu ma femme
Soit dit entre nous, Saint-Pierre est toujours chauve !

Le lundi ils font une fête.

Le mardi, ils ont mal à la tête

Le mercredi, levaient la chopinette.

Le jeudi, ils vont voir les maîtresses.

Le vendredi, ils s’passent la navette.

Le samedi, la semaine est bien faite.

Le dimanche, ils vont à la basse messe.

Quand y ‘ont l’temps, y r’tournent à la grand messe ! 

Coirault : 6414 La semaine ouvrière.
Laforte : IV, Ca-10 La semaine ouvrière.
RADdO : 01230.

  
20. Brandy
Gertrude Tremblay (violon)
Enregistrée en 2004 à La Malbaie (Québec, Canada) par Yvon Davy.
Le brandy est une danse giguée, originaire des îles britanniques, connue au Québec dès 1880, et sans doute plus tôt. Il se pratique par couples en formations de colonnes. Cette version a été recueillie auprès d’une violoneuse qui, âgée de près de 90 ans lors de l’enregistrement, fait encore preuve d’un style et d’une énergie tout à fait remarquables. 

21. Derrière chez-nous il y a un joli bocage
Joseph Larade (voix et violon)
Enregistré le 6 août 1957 à Chéticamp (Nouvelle-Ecosse, Canada) par Anselme Chiasson.
On retrouve rarement dans la tradition des chanteurs s’accompagnant eux-mêmes au violon. C’est l’intérêt principal de cet enregistrement, réalisé par le père Anselme Chiasson (1911-2004). Ce fameux ethnographe et folkloriste acadien fonda le Centre d’études acadiennes à l’Université de Moncton (Nouveau-Brunswick), qui porte aujourd’hui son nom.

Derrière chez nous il y a un joli bocage,
Rempli de fleurs et de rosiers d’amour
(bis)

Je te trouve toujours jolie,
Mais pourtant tu n’es pas pour moi
(bis)


“Te souviens-tu la soirée adorable,
Là je t’aimais pour la première fois ?”
 (bis)

Je te trouve toujours jolie…

“Comment veux-tu, cher amant que je t’aime,
Tous mes parents me défendent de t’aimer !”
(bis)

“J’ai fait graver sur l’écorce d’un hêtre,
Ton nom, le mien, ton aimable portrait.”
(bis)

RADdO : 06403.

(Précision de Georges Delarue, en ce qui concerne le catalogage de cette chanson :
Il s’agit d’une des nombreuses chansons aux vers de 10 pieds et à rimes féminines et masculines alternées qui interfèrent toutes entre elles, rendant aléatoire tout ordonnancement typologique.
Coirault rattache la plupart d’entre elles à 120 Derrière chez nous il ya-t-une montagne.
Quant à Laforte, faute d’une table des coupes, impossible de s’y retrouver.)

22. Danse carrée
Aldor Morin (harmonica), Jean Carignan (violon), Edgar Morin (calleur), Bob Hill (guitare), Madame Richard et Gérard Delorier (chant et danse)
Enregistrés en 1951 au Québec (Canada) par Samuel Gesser pour le label Folkways.
La danse carrée est également connue au Québec sous le nom de set carré, set callé ou square américain. Elle se danse sur un modèle très répandu dans la Nouvelle-Angleterre voisine : un “calleur” (de l’anglais caller) dirige les danseurs en annonçant les figures. Parmi les musiciens présents pour cet enregistrement, citons le violoneux Jean Carignan (1916-1988) et l’harmoniciste Aldor Morin (né en 1921), qui accompagna La Bolduc, grande chanteuse québécoise.   

23. Nous sommes trente-trois, tous voleurs d’une bande
Aldéric Perreault (chant)
Enregistré en 1963 à Sudbury (Ontario) par Germain Lemieux.
Près de 350 000 habitants de l’Ontario possèderaient le français comme langue d’usage. Des chansons traditionnelles de langue française ont donc bien sûr été recueillies dans la communauté franco-ontarienne. Le père Germain Lemieux collecta cette belle complainte auprès de M. Perreault, né en 1890 au Québec et installé à Sudbury, la ville d’Ontario comprenant la plus grande proportion de francophones (près de 30 %) dans la province.

Nous sommes trente-trois,
Tous voleurs d’une bande
Et moi le capitaine le maître des voleurs
Je marche à la tête comme un vrai gouverneur.

Un jour me voilà pris
Dedans une embuscade
J’ai beau crier “Alarme” et personne ne m’entend
Avant de me faire entendre dans les prisons je m’fus dedans.

Un jour mes petits enfants
Ils demandent à leur mère
Ma mère ma bonne mère où poupa est allé
V’là bien cinq ou six semaines qu’on n’entend plus parler.

Mes bons petits enfants
Portez-moi patience
Il est à la potence en prison en tourments
Les monsieurs de la justice vont y rendre jugement.

J’ai trois barriques d’or
Portez-les-t-au roi d’France
Et au roi de Paris
Enfin qu’il prenne soin de ma femme mes petits enfants aussi.

J’ai trois petits enfants
D’une tendre et jolie femme
D’une tendre jolie femme qu’est parfaite en beauté
Si elle a eu du malheur c’est d’m’avoir rencontré.

Coirault : 9502 Le libertin.
Laforte : II,A-62 Le voleur dans les églises.
RADdO : 00658.

  
24. Marche de La Tuque 
Isidore Soucy (violon) et Donat Lafleur (mélodéon)
Enregistrés en juin 1931 pour le label Starr. 
La musique traditionnelle québécoise fut abondamment enregistrée sur 78 tours et certains interprètes de tradition, formés dans un cadre communautaire et local, devinrent de véritables vedettes du disque et de la radio. C’est le cas d’Isidore Soucy (1899-1962) et Donat Lafleur (1892-1973), qu’on pouvait entendre avant guerre sous le nom des Vive-la-Joie, sur la chaîne CHLP de Montréal. Leur duo se produisit pendant plus de 25 ans. 

25. Allons à Lafayette
Joseph F. Falcon (accordéon et chant) et Cléoma Breaux-Falcon (guitare)
Enregistrés le 27 avril 1928 à New Orleans (Louisiane) pour le label Columbia.
Une anthologie consacrée aux Français d’Amérique pouvait difficilement faire l’impasse sur le premier enregistrement connu de musique cajun. On y entend le chanteur-accordéoniste Joseph Falcon (1900-1965), accompagné par son épouse Cléoma Breaux Falcon (1905-1941), chanteuse et guitariste. Allons à Lafayette connut un grand succès commercial, qui permit à de nombreux autres Cajuns d’enregistrer dans les mois qui suivirent, parmi eux le violoneux Dennis McGee (1893-1989) ou l’accordéoniste noir Amédée Ardoin (1898-1941).

Allons à Lafayette mais pour changer ton nom.
On va t'appeler madame, madame Canaille Comeaux !
Petite, t'es trop mignonne pour faire ta criminelle !
Comment tu crois mais moi j'peux faire mais moi tout seul ?
Mais toi, mais joli coeur, ‘garde donc mais quoi t'as fait !
Si loin comme moi j'su'd' toi, mais ça, ça m'fait pitié !
  
26. Nous sommes partis trois jeunes frères (les écoliers pendus)
Basilice Godin (chant)
Enregistrée en janvier 1975 à Val-Comeau (Nouveau-Brunswick) par Robert Bouthillier et Vivian Labrie. 
Le très ancien thème des écoliers condamnés à être pendus, puis sauvés par leur frère aîné, a été très rarement recueilli dans la tradition. Cette version a été enregistrée dans un village acadien auprès de Basilice Godin, une chanteuse à la (grande) culture entièrement orale.

Nous sommes partis trois jeunes frères à l’école de Paris. (bis)

On a à peine mis le pied en Pontoise, prisonniers nous ont été pris. (bis)

On n’avait rien qu’un frère qui gouvernait dans Paris

S’il savait notre misère, il serait bientôt z’ici.

Il a à peine achevé la parole, leur gentil frère arrivait (bis)

“Bonjour donc, dame de Pontoise, mes écoliers sont-ils ici ?” (bis)

“Non, oh non, beau gentilhomme, ils sont allés aux penderies.” (bis)

“Dites-moi donc, dame de Pontoise, j’aurai-t-y le temps d’les voir en vie ?” (bis)

“Non, oh non, beau gentilhomme, vous allez trop lentement !” (bis)

Il débarque sur sa climène, il monte sur son cheval blanc
Il touchit z’à tour de bride, son cheval va comme le vent.

Quand il fut sur ces rigoles, son cheval suivait le sang
Quand il fut sur ces montagnes, il vit ses trois frères pendant.

Ils aviont sur l’épaule droite tous chacun un mouchoir blanc
Ils aviont sur l’épaule gauche tous chacun un pigeon blanc.

Il mit l’pied dedans l’échelle, il coupit les trois tirants
Et au bout de trois quarts d’heure, ses trois frères étaient vivants.

“Dites-moi donc, sire beau juge, dites-moi donc votre jugement.”
“Dites-moi donc, sire beau sire, c’est-y quelqu’un de vos parents ?”

“Y en a deux qui sont mes frères et l’autre c’est mon cousin germain
Si jamais j’mets l’pied en Pontoise, je mettrai tout feu à sang.

Si jamais j’mets l’pied en Pontoise, je mettrai tout feu à sang
Toutes les dames de la ville crieront grâce pour ces innocents !”

Coirault : 9601 Les écoliers de Pontoise.
Laforte :I, B-14, Les écoliers pendus.
RADdO : 03917.

  
27. Calédonia, quatrième partie
Frank Starmberg (violon), Fraser Blair (piano), Hervé Blair (banjo)
Enregistrés le 25 juillet 1959 à Pictou (Nouvelle-Ecosse) par Simonne Voyer.
Le Calédonia fait partie de la famille des quadrilles et comporte cinq parties distinctes jouées sur la métrique 6/8. En voici la quatrième partie. Cet enregistrement vient d’une région majoritairement anglophone de Nouvelle-Ecosse, et il est difficile de savoir si les musiciens étaient francophones ou non… ce qui importe peu, finalement, les musiques des deux communautés étant tellement proches.

Guillaume Veillet 
© 2009 Frémeaux & Associés 

English notes
The French in America
The first French settlements in North America actually date from 1604 in Acadia, then 1608, when Samuel Champlain founded the city of Québec. In the course of the 17th century, using Québec as a base, the French created a genuine empire – stretching from the Great North to the Gulf of Mexico – which they called Nouvelle-France. Despite the immensity of these lands there were very few colonists, a few thousand at most, and the majority were grouped around Québec. A handful of “backwoodsmen” crisscrossed the great plains of America, trading with the country’s first inhabitants, the Amerindians. The 18th century was marked by the Anglo-French struggle to dominate North America; more specifically, wars fought on European soil were transposed onto the American continent, where Nouvelle-France bordered the thirteen English colonies of the East Coast. In 1713 the Treaty of Utrecht conceded most of the coastal Acadian regions to the English. Then in 1763, at the end of the Seven Years War, the Treaty of Paris sealed their fate. France, in defeat, salvaged something from the wreckage in Europe but lost its North American possessions. For a time, Napoleon Bonaparte recovered Louisiana from the Spanish, but in 1803 he was quick to sell it to an emerging nation called The United States of America! So from that date on, with the exception of the archipelago of Saint-Pierre-et-Miquelon (presented in Volume 9 dealing with France’s overseas territories), all the French-speaking peoples of North America were either subjects of the British Crown (in today’s Canada), or else American citizens.  One province was to remain mainly French-speaking: Québec. The Québécois, who were both Catholic and French-speakers in a Protestant Canada where English was the official language, seemed condemned to assimilation, yet it didn’t happen. The continent’s other French-speakers were mainly Acadians. The latter originated in the Maritime Provinces (Nova Scotia, New Brunswick and Prince Edward Island, where many French-speakers still live today), and many were driven out by the English during the “Great Expulsion” of 1755. Some of them, after a long and exhausting voyage, finally settled in the bayous of Louisiana, then a Spanish possession, where they encountered black slaves who’d been emancipated and converted to Catholicism. They became known as “Cajuns” (a corruption of “Acadian”). The traditional music-forms practised by the French-speaking peoples of America grew from the seeds of that history. Greatly inspired by the heritage of France’s western provinces (particularly its songs), these are crossbred music-forms which also drew inspiration from all the music that arrived with other immigrants settling on the American continent. Dance music from Québec and Acadia, especially, owes much to British and Irish influences, with the Cajuns of Louisiana borrowing their accordions from central European immigrants, and their rhythms from the descendants of slaves and the Amerindians, among other...
 
Guillaume Veillet
English translation: Martin Davies
© 2009 Frémeaux & Associés 

Provenance des enregistrements - Durée totale : 59’07   
1. Isom J. Fontenot : La banane à N’Onc Adam (two-step)
Fonds MuCEM. Inédit. 1’14  
2. Dewey, Will & Rodney Balfa : J’ai fait l’amour chez l’onc Bab (Une livre de tabac)
Issu du CD “Les Haricots sont pas salés” (Cinq Planètes CP 022652). 3’40  
3. Lederie Saint-Cœur : Reel turlutté
Issu du CD “Le Miroir d’argent : Trésors puisés aux Archives de folklore  de l’Université Laval 1944-1994” (Centre de Valorisation du Patrimoine Vivant CVPV 1390). 0’47  
4. Aimé Gagnon & Cécile Gagnon : Reel Malouin
Issu du CD “Aimé Gagnon : violoneux d’origine” (Danielle & Yves Gagnon GAGCD-26421). 2’01  
5. Allan Kelly : Marguerite est dans sa chambre (la blanche biche)
Issu du 33 tours 33 tours “Suivant l’étoile  du nord / La tradition acadienne / Allan & Léontine Kelly” (Centre d’études acadiennes CEA-1002). 4’16  
6. Louis “Pitou” Boudreault : La grande gigue simple
Collection privée. Inédit. 3’09  
7. Bee Deshotels : Aux Natchitoches
Issu du CD “Les Haricots sont pas salés” (Cinq Planètes CP 022652). 1’33  
8. Alphonse “Bois Sec” Ardoin, Canray Fontenot & Rodney Balfa : Bonsoir Moreau
Issu du CD “Les Haricots sont pas salés” (Cinq Planètes CP 022652). 2’05  
9. Alfred Vandertie : I went to Market
Issu du 33 tours “Anthologie du folklore wallon.  Les Wallons d’Amérique (Wisconsin) - volume 7” (CACEF fm33010). 1’00
10. Arthur Renard : N’av’nèn vèyu mi p’tit musicyin ?
Issu du 33 tours “Anthologie du folklore wallon.  Les Wallons d’Amérique (Wisconsin) - volume 7” (CACEF fm33010). 2’10
11. Alma Barthélémy : Par-derrière chez mon père (la claire fontaine)
Fonds MuCEM. Inédit. 2’37
12. Irène Arsenault : Les poutines dans l’potte
Issu du CD “Refrains et mélodies de l’Île-du-Prince-Édouard”  (Centre d’études acadiennes : collection traditions acadiennes CEA-1003). 0’16
13. Delphine Arsenault & Zélie-Anne Poirier : Le reel à Joe Bibienne
Issu du CD “Refrains et mélodies  de l’Île-du-Prince-Édouard” (Centre d’études acadiennes : collection traditions acadiennes CEA-1003). 2’04
14. Caesar Vincent : En arrière de chez mon père (la fille aux oranges)
Fonds Archives de folklore et d’ethnologie  de l’Université Laval / Centre d’études en folklore acadien et créole. Inédit. 2’26
15. Azade Benoit : Reel
Issu du CD “Le Miroir d’argent : Trésors puisés aux Archives de folklore de l’Université Laval 1944-1994” (Centre de Valorisation du Patrimoine Vivant CVPV 1390). 0’33
16. Lawrence Keplin : C’est dans le premier jour de l’an
Collection privée. Inédit. 1’48
17. Simon St Pierre & Fred Pike : The Cuckoo’s Nest
Issu du CD “Simon St.Pierre” (Field Recorders’ Collective FRC206) (
www.fieldrecorder.com) 1’46
18. Mené par Jean-Paul Guimond : Par un dimanche au soir (Lisette qui allait s’y baigner)
Issu du CD “C’est dans cette maison de fête” (Jean-Paul Guimond JPG-72001). 2’19
19. Alphonse Morneau : Les petits Saint Pierre sont plus riches que les évêques (la semaine ouvrière)
Issu du 33 tours “Acadie et Québec : documents d’enquêtes” (Archives de Folklore / Gala / Pickwick CGP-139). 2’12
20. Gertrude Tremblay : Brandy
Collection privée. Inédit. 1’04
21. Joseph Larade : Derrière chez-nous il y a un joli bocage
Issu du CD “Le Miroir d’argent : Trésors puisés aux  Archives de folklore de l’Université Laval 1944-1994” (Centre de Valorisation du Patrimoine Vivant CVPV 1390). 2’38
22. Aldor Morin, Jean Carignan, Edgar Morin, Bob Hill, Madame Richard & Gérard Delorier : Danse carrée
Issu du CD “Canada Folksongs 1951-1957” (Frémeaux & Associés / XXI FA 5191). 2’40 
23. Aldéric Perreault : Nous sommes trente-trois, tous voleurs d’une bande
Issu du CD “On a du plaisir nous autres” (Les Productions du Bon Temps / CRAPO de Lanaudière CRA-104). 1’46
24. Isidore Soucy & Donat Lafleur : Marche de La Tuque 
78 tours Starr 19003-B. Collection Musée de l’accordéon de Montmagny (Québec). 2’27
25. Joseph F. & Cléoma Breaux-Falcon : Allons à Lafayette
78 tours Columbia W 146217-2.  Déjà publié dans le CD “Cajun . Louisiane 1928-1939” (Frémeaux & Associés FA019). 2’57
26. Basilice Godin : Nous sommes partis trois jeunes frères (les écoliers pendus)
Fonds Archives de folklore et d’ethnologie de l’Université Laval. Inédit. 4’50
27. Frank Starmberg, Fraser Blair & Hervé Blair : Calédonia, quatrième partie
Issu du CD “Le Miroir d’argent :  Trésors puisés aux Archives de folklore de l’Université Laval 1944-1994” (Centre de Valorisation du Patrimoine  Vivant CVPV 1390). 1’40 

Idée originale, rédaction du livret : Guillaume Veillet
Choix des morceaux : Guillaume Veillet, avec l’aide de Robert Bouthillier.
Remerciements : les collecteurs et interprètes, ou leurs ayants droit ; tout le personnel et les bénévoles des centres et associations partenaires ; la FAMDT et son directeur, Pierre-Olivier Laulanné ; André Ricros ; Reg Hall et Tony Engle du label Topic Records, à qui l’on doit la monumentale anthologie The Voice of the People, consacrée aux musiques traditionnelles  d’Angleterre, d’Irlande, d’Ecosse et du Pays de Galles ; Robert Bouthillier ; Jean-Pierre Bruneau ; Ray Alden ; Raynald Ouellet ; le Centre International de recherches Interdisciplinaires en Ethnomusicologie de la France (CIRIEF) ; Marie-Barbara Le Gonidec et Valérie Pasturel ; Marlène Belly ; Georges Delarue ; Michel Esbelin ; Yvon Guilcher ; André Maurelli ; Catherine Perrier et John Wright ; Claude Ribouillault… ainsi que toutes les personnes rencontrées au cours de ces années de recherches qui ont transmis un peu de leur savoir et de leur expérience.
En couverture : Métayer et ses enfants, Natchitoches, Louisiane, 1940. Cliché droits réservés. 

Les partenaires de cette édition
Frémeaux & Associés, éditeur mondial de référence du patrimoine sonore musical et parlé, s’attache depuis près de 20 ans à défendre l’ensemble du patrimoine sonore, musical, historique, politique, littéraire et radiophonique en effectuant les recherches historiques, la restauration des disques ou des matrices, et sa mise à disposition auprès du public, des médiathèques et des établissements scolaires.
La Fédération des Associations Musiques et Danses Traditionnelles met en réseau les acteurs des musiques et danses traditionnelles en France. Elle a édité le Guide de traitement des archives sonores et est pôle associé de la BnF sur ce sujet. Elle met en place actuellement le portail du patrimoine oral, donnant accès aux différentes bases de données documentaires sur le domaine.
TRAD Magazine est le bimestriel consacré au monde des musiques et danses traditionnelles. Créé en 1988, TRAD Magazine est devenu la revue française de référence en la matière, et participe à la vie des musiques et danses traditionnelles par le biais d’articles, reportages, chroniques, calendriers…
La Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique, créée en 1851, a pour objectif la défense des droits des créateurs de la musique. Elle assure la gestion collective de la collecte et de la répartition des droits d’auteurs des œuvres musicales de son catalogue. La SACEM est une entreprise privée reconnue et contrôlée par l'État français et chargée d'une mission de service public.
Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée est un musée consacré aux cultures de l’Europe et de la Méditerranée dont l’ouverture est prévue à Marseille. Aux collections de l’ancien musée des Arts et Traditions populaires situé dans le bois de Boulogne, s’ajoutent celles du département “Europe” que conservait le musée de l’Homme à Paris.
Le Centre d’Etudes Acadiennes Anselme Chiasson (Université de Moncton) réunit tout le matériel documentaire pertinent concernant les Acadiens et Acadiennes et la société acadienne (histoire, généalogie, ethnologie, sociologie, archéologie, folklore, démographie, géographie, économie, linguistique, etc.)
Le Centre franco-ontarien de folklore s’est donné comme mission de mettre en valeur, pour le bénéfice de la population ontarienne, le folklore et le patrimoine. Le CFOF assure pour cela des activités de collecte et de conservation puis de diffusion et d’animation à partir du fonds constitué.
Le Centre du Tourisme Cutlurel et Ecologique (Université de Louisiane, à Lafayette) met en valeur le tourisme culturel et écologique à travers cinq axes de développement : guide touristique en ligne, conférences annuelles sur le tourisme, recherches de ses membres, enquêtes de terrains et collectes d’archives, ainsi que l’animation de son réseau.
Fondées le 28 février 1944, à l’instigation de Luc Lacourcière, professeur à la Faculté des lettres de l’Université Laval, les Archives de folklore et d'ethnologie représentent un fonds unique en Amérique du Nord sur la culture francophone. 

Liste des collecteurs de l'Anthologie France :
Alexandre, Al Leur Nevez, Anakesa, Anthony, Apiou, Aristow-Journaud, Armand, Arsenault, Azoulay, Baly, Bardot, Baudoin, Beaudet, Béraud-Williams, Berluette, Bernard, Bertrand, Bhattacharya, Blandin, Blouët, Bois, Boissel, Boissière,  Bolzon, Bouchot, La Bouèze, Boulanger, Bouthillier, Brandily, Brandywine Friends of Old Time Music, Bromberger, Bruneau, Brunot, Cadoudal, Carpitella, Castell, Casteret, Caumont, Centre Culturel La Marchoise, Challet, Chappuis, Chaventon, Chevallier, Chiasson, Christen, Collectif Vielle en Bretagne, Colleu, Comeau, Cordonnier, Coulomb, Cousteix, Darne, Davy, Delaval, Despringre, Desroches, Des Rosiers, Destrem, Devigne, Deygas, Dubois, Dubreuil, Ducaroy, Duplessis, Durif, Dutertre, Ecole de Musique de Gans, Ehret, Ellébore, Esbelin, Escolo Trencavel, Etay, E Voce di U Cumune, Février, Flagel , famille Gavinet, Gesser, Giometto, Gladu, Groupe d’Animation et de Recherche du Maine, G.R.E.T.T. du Charollais et Brionnais, Guillard, Guilleux, Harismendy, Herrgott, Hervieux, Jacquier, Joisten, Junquèr-d’Oc, Klopocki, Laade, Labelle, Labrie, Lacourcière, Lai Pouèlée, Lajoux, Laperche, Lauprêtre, Laurent, Lazinier, Le Creurer, Léger, Le Lamparo, Lemercier, Lemieux, Lempereur, Le Quellec, Leroux, Le Vraux, Loddo, Lomax, Lortat-Jacob, Los de Romanha, Mabru, Madelaine, Mahé, Marcel-Dubois, Marchand, Martin, Martinod, Mason, Matton, Mazéas, Mazellier, Ménétrier, Montbel, Morel, Morisson, Mosquès, Mouren-Prost, Moureu, Moyse-Faurie, Nioulou, Oller, Oster, Oxtikenekoak, Pacher, Parejo-Coudert, Pasturel, Paulet, Pauty, Pazzoni, Pearron, Perrier, Pichonnet-Andral, Pindard, Piraud, Pôle Régional des Musiques Actuelles de la Réunion, Précourt, Quilici, Quimbert, Raïsky, Redhon, Renaud, Ribardière, Ricros, Rocher, Römer, Ropars, Rouger, Roussel, Roux, Royer, R.T.F., Salesse, Sauvegarde des Traditions Mayennaises, Savard, Servain, Sette, Shields, Siblaires de Lanciour, Terral, Thiaulins de Lignières, Troadeg, Valière, Veillet, Vernay, Vidal, Vie et Traditions d’Artois, Voyer, Vrod, Weiri, Wright.

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J’ai grandi avec un tango déjà moderne dans mon walkman, la pop des années 80...

JACOB DO BANDOLIM
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Cette anthologie marque le centenaire de la naissance de Jacob do Bandolim (février 1918) et le...

GERONIMO - BANDE ORIGINALE - TONY GATLIF
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Le point de départ de mes films, c’est toujours la musique. Delphine Mantoulet et Valentin...

GENRES DANSANTS BRÉSILIENS & LA HABANERA: 1948-1959
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Cette sélection met en regard la Habanera cubaine avec des genres dansants brésiliens...

FLAMENCO 1952-1961
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« Musique populaire au sens noble du terme, le flamenco est issu du brassage culturel de l’Andalousie.
Cette...

FANFARES DE LA REUNION
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“Musiques en cuivre, ou les Fanfares de la Réunion” présente pour la première fois un panorama...

FADO
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A l'origine musique des mauvais garçons de Lisbonne puis des étudiants de Coimbra, le fado est l'expression de la...

FADO
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Ce coffret présente un panorama du fado de la deuxième moitié du XXè siècle. Véritable...

ECHOES FROM BANGLADESH
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Ces deux CDs évoquent simultanément pour la première fois les deux thèmes reflétant la...

EARLY TZIGANE RECORDS
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Tziganes! Le violon tzigane, si tentateur, si séducteur, ne serait-il pas le violon du diable ? 36 titres revenus de la...

CORÉE PERCUSSIONS ET CHANTS DE HAHOE ET KYONGJU
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Jouée depuis des siècles, la danse des masques Pyolshin-gut T’al-Nori du village de Hahoe...

CANADA FOLKSONGS 1951-1957
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BOLERO 1952-1959
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Le Boléro est inscrit au plus profond de la culture de l’Amérique Latine et a...

ANTHOLOGIE DES MUSIQUES DE DANSE DU MONDE VOL. 2
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De tous temps, la danse a été rythmée par la musique, et les danseurs ont toujours...

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