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INTÉGRALE DJANGO REINHARDT
“GIPSY WITH A SONG”  15 

THE COMPLETE DJANGO REINHARDT (1947) 
DIRECTION DANIEL NEVERS 







Comme promis, ce volume affichant le numéro “quinze” dans l’ordre de l’inté­grale consacrée à Django Reinhardt fouille curieusement jusqu’au cœur l’an 1947, ainsi que déjà son prédécesseur et le prédécesseur du dit prédécesseur. Il y plonge, le bougre, dans cette année luxuriante, pleine de bruit, de fureur, d’éclairs de guitare connectée sur un secteur défaillant, de clarinettes suaves et acidulées, de plages de sable fin avec violon à la clef, il y plonge sans peur certes, mais il aura beau faire : il n’aura pas la peau de 1947. C’est bien plutôt 1947 qui aura la sienne... Et, en somme, c’est le successeur, le volume 16, qui tirera les châtaignes du feu mine de rien, en commençant en douce par les quelques titres de novembre gardés en réserve, en continuant par les deux faces en la compagnie d’un cornettiste américain ami, admirateur, vieil ellingtonien et piaffant cheval de retour par la même occasion, et en s’engageant enfin, prudemment, sur les terres nettement moins fertiles de 1948... C’est que, comme on l’a noté à plusieurs reprises, 1947 fut véritablement prolifique pour ce qui touche la quantité de documents enregistrés. Semblable prolifération est au demeurant moins le fait des producteurs de disques (encore que dans ce domaine une sensible reprise des activités, après la stagnation des années de guerre et d’occupation, soit notable) que celui des gens de radio. Le début de l’année avait été pourtant quelque peu morose, avec le retour sans gloire des USA, les hésitations sur la formule à adopter, puis cette tournée d’été particulièrement sinistre en Allemagne... Pourtant, Django s’empressa de saisir toutes les occasions, comme s’il cherchait à avoir sa revanche sur la déception américaine et à prouver, électricité à l’appui, qu’il n’était aussi “fini” que d’aucuns se plaisaient déjà à le murmurer...

La petite guerre des jazz commençait à prendre de l’ampleur et un musicien aussi inclassable que le Manouche de feu, génial maître d’œuvre de la fusion entre le swing venu d’outre-Atlantique et la tradition tzigane, fut sans doute davantage une pomme de discorde que le réconciliateur des deux camps. Le futur gourou de la secte des “figues moisies” (comme on disait alors!), Hugues Panassié, bien qu’ayant supervisé, si l’on en croit les étiquettes des 78 tours, la séance “Blue Star” du 4 octobre 47 par laquelle s’ouvre le présent recueil, “oublia” quelques mois plus tard d’inviter le guitariste au premier festival de jazz de Nice (février 1948), dont la programmation lui avait été confiée. Par la suite, il alla jusqu’à déclarer, paraît-il : “Django, y en a marre!”... Quant à Charles Delaunay, considéré comme le chef de file des “raisins aigres” et autres thuriféraires du “be-bop”, il commit l’erreur fatale, lui qui avait tant fait pour la carrière du musicien et qui lui consacrera plusieurs ouvrages après sa mort, de la menacer des foudres de la justice pour une banale histoire de rupture de contrat avec sa firme “Swing”. Quelqu’un comme Django Reinhardt devant les tribunaux, quelle idée!...

Panassié fut donc bombardé “superviseur” de la troisième séance “Blue Star” de 1947 du Quintette du Hot Club de France (les deux faces d’avril, éditées sous le numéro 59 de la firme, n’avaient pas initialement été enregistrées pour cette marque, mais pour les besoins d’un film qui ne fut jamais ter­miné - voir volume 13 : Frémeaux FA 313). En revanche, son nom n’est pas mentionné à l’endroit des sessions de juillet (voir volume 14), mais il n’est pas impossible qu’il ait également été présent dans les studios Technisonor en ce début d’été. Toutefois, Hubert Rostaing, interrogé jadis par Jacques Lubin sur le déroulement de ces enregistrements, ne fait nullement état de la présence éventuelle de Panassié et parle plutôt d’Eddie Barclay : “Nous établissions le programme de la séance au studio même et nous décidions de l’ordre des chorus ou des solos sur place. Nous ne faisions pas souvent et pas beaucoup de prises différentes d’un même titre. En général, ça allait tout seul entre Django et nous (...). De cette façon, nous mettions en boîte pas mal de titres au cours des séances (...). Eddie Barclay nous laissait une liberté totale pour choisir les titres à enregistrer. Comme cela nous étions très à l’aise, car Django n’enregistrait que la musique qui lui plaisait. Ses propres compositions, bien sûr, mais aussi des thèmes commerciaux de l’époque qu’il adaptait à sa conve­nance, ou encore des adaptations de thèmes d’inspiration folklorique - bref, la musique qu’il aimait.”... On signalera au passage que contrairement aux faces des 6 et 18 juillet, celles du 4 octobre ne furent pas gravées chez Technisonor, mais dans les studios Pathé-Marconi. Ou, plus exactement, dans un nouveau local que la firme au coq gaulois et au petit chien britannique réunis essayait alors d’aménager dans la salle du cinéma “Lutetia”, sise avenue de Wagram, à deux pas de la place de l’Etoile. Nul n’ignore que ces lieux dévolus au spectacle, théâtres, music-halls, cinémas, ont en général une bonne acoustique et ce fut un moment la mode d’y enregistrer des disques ou d’y réaliser des émissions de radio, en dehors évidemment des horaires d’activités régulières des dites salles. Peu après, la télévision prit le relais...

La chose était fréquente en Amérique et en Angleterre depuis la fin des années 20. En France, la Compagnie du Gramophone avait installé de 1927 à 1935 ses lourds engins, ses amplis et ses micros dans l’enceinte même de la Salle Chopin-Pleyel. En ce même millésime 1947, la firme concurrente Polydor viendra à son tour y planter tout son attirail pour une dizaine d’ans. Pathé abandonna assez vite le “Lutetia” désireux de devenir un cinéma permanent pour se transporter dans la belle salle du “Théâtre des Champs-Elysées”; toutefois, les deux autres séances présentées ici (effectuées cette fois pour le compte de “Swing”) furent également réalisées au “Lutetia”. Quant à Panassié, qui avait été fort actif une dizaine d’années plus tôt, lors des débuts de “Swing” justement, on sait que ses relations avec Delaunay s’étaient envenimées et l’on de­vine qu’il devait prendre un certain plaisir à œuvrer pour la concurrence. Car cette session du Quintette d’octobre 47 ne fut évidemment pas la seule qu’il supervisa chez “Blue Star”. Il s’intéressa aussi aux meilleurs jeunes solistes du grand orchestre noir américain de Don Redman, comme le saxophoniste Don Byas et le trompettiste Peanuts Holland, lesquels avaient également enregistré chez “Swing”. De même, dans le domaine de ce style alors ap­pelé “New Orleans revival”, il s’arrangea pour amener chez Barclay Claude Luter et ses Lorientais, dont presque tous les premiers disques étaient parus sous le label de Delaunay...

Mais évidemment, réussir à détourner du droit chemin Django Reinhardt, sans qui la maison “Swing” n’aurait jamais pu devenir ce qu’elle était, voilà qui devait pos­séder une saveur toute particu­lière!. Avec le recul du temps, ces petites bricoles vaguement mesquines, souvent engendrées par des intérêts autres que musicaux, peuvent paraître dérisoires, infantiles. Elles n’en sont pas moins la preuve qu’en ce temps-là, le jazz, finalement, ne se portait pas si mal que cela! Comme les deux précédentes, cette troisième séance “Blue Star” fait la part belle aux compositions récentes de Django : Moppin’ The Bride, Mano et les deux moutures de Gipsy With A song, toutes choses encore non enregistrées pour quelque label que ce soit. Assez curieusement, le Gipsy (référence, quant au titre, au Gipsy Without A Song d’Ellington) est donné sur les étiquettes comme comportant une première et une deuxième parties (la seconde ayant d’ailleurs un numéro de ma­trice, dans la série des “Part” de Pathé, antérieur à celui de la première!) couplées sur la même galette de noire gomme-laque. En somme, pour poursuivre dans la voie de l’ellingtonisme, il s’agirait d’une suite conçue dans un esprit similaire à celles du Duke. Pourtant, et contrairement à ce qu’il s’était passé avec l’Improvisation n° 3 où les deux faces s’enchaînaient logiquement (voir volume 12 : FA 312), on se trouve bien ici en présence de deux “prises” d’un même morceau bâties de manière semblable. Voilà pourquoi il nous a paru préférable d’utiliser dans la discographie le mot “version”, plutôt que “prise” (bien que ce soit là le terme le plus approprié) ou “partie”. La version marqué “1” (qui vient donc à la suite de celle indiquée “2”!) semble moins réussie, d’une atmosphère moins prenante, mais cette impression est peut-être dûe aux effets de distorsion provoqués par la gui­tare amplifiée. Quoi que l’on en puisse penser, il eût été dommage de priver les amateurs de cette version un peu flottante, vaguement dé­calée, et l’on fit bien à l’époque de l’éditer quand même, au verso de l’autre...

Outre les nouveautés d’automne du Maître, la séance donne droit également à l’interprétation d’Insensiblement, jolie chanson que Paul Misraki composa lors de son exil en Amérique du Sud en compagnie de l’orchestre Ray Ventura (1941-1944). A ce propos, jetez un coup d’oreille au premier volume de l’intégrale consacrée à Henri Salvador, numéroté FA 186, ainsi qu’au recueil donnant à entendre une vingtaine de titres gravés par le groupe à cette époque en Argentine et au Brésil, paru chez Frémeaux and Co sous la référence FA 5005. L’auteur de Tout va très bien (Madame la Marquise) qui nous a quittés il n’y a pas si longtemps avouait une très nette faiblesse pour cet air-là; il semble que Django ait été du même avis... Sur l’étiquette, Blues primitif est crédité à Barclay, comme quelques mois plus tôt cet autre blues à lui dédié (Blues For Barclay), ou ces pièces intitulées New York City et Love’s Mood (voir volume 14). Encore une fois : rien d’impossible à ce qu’il ait effectivement suggéré le thème, aussitôt repris et déve­loppé par des gens toujours prêts à se lancer sur les terres du blues comme un seul homme! Quant à Topsy, “tube” de Count Basie et de son orchestre en ses jeunes années et unique standard américain de la séance, il semble que malgré ses dix ans d’âge Django n’ait pas encore pu trouver trois petites minutes pour le confier à la cire. Ce 4 octobre 1947, l’oubli fut enfin réparé...      

Du côté de la T.S.F., la copieuse série inaugurée le 25 août, juste après le retour pas très glorieux d’Allemagne, continue de plus belle à intervalles réguliers, dans le studio dont dis­pose la Radio Diffusion Française sur le boulevard du Montparnasse (“l’un des mieux équipés de l’époque”, nous a confié récemment le batteur Roger Paraboschi, qui y fit lui aussi de fréquentes visites). Bien équipé, certes, mais encore? Il devait évidemment s’y trouver certains de ces graveurs de laques (appelées aussi “acétates”) dont les stations de radio disposaient depuis déjà nombre d’années. Sans doute y fit-on également entrer, à une date indéter­minée de cet an 47, des engins dits “Philips-Miller” capables d’enregistrer suivant la technique du son optique. Une “amélioration” qui n’en fut peut-être pas vraiment une, et dont nous avons dit un mot dans le texte du précédent recueil. Quant aux vrais magnétophones... Paraboschi, lui, a dû les connaître quelque temps plus tard, vers 1949-50, mais Django, Rostaing et les autres fin 47?... Bien sûr, la revue Radio 47 en son numéro 130 (se­maine du 20 au 26 avril) fait une présen­tation du mystérieux appareil, invention alle­mande qui va enfin être utilisée pour le bien commun. Au reste, précise-t-on, la britannique BBC et Radio Luxembourg en possèdent déjà plusieurs. La radio française, de son côté, vient également d’en acquérir. Suivent les titres de quelques émissions - Ne tirez pas sur le Pianiste, Arpèges, La Cour d’Amour, Les Caprices de la Grammaire, Le Moins qu’on puisse en dire... - pour lesquelles l’usage du magnéto est considéré comme indispensable. Apparemment, les Surprise-Parties du samedi soir d’Anne-Marie Duverney et Georges Lourier ne figurent pas dans le lot... Car, redisons-le, les émissions en question ne s’intitulaient pas, comme on le croit parfois, “Souvenirs de Django Reinhardt”; ce n’est qu’après la mort du guitariste que l’on estima opportun de rajouter ce sous-titre, alors que bien entendu la série était achevée depuis longtemps. Au demeurant, Django fut loin d’être parmi les premiers à participer à ces surprise-parties qui virent le jour (ou, plutôt, la nuit) dans le courant de 1946 en prenant d’abord le nom de Soirées dansantes. Est-ce la parution chez Gallimard en janvier 47 du délirant Vercoquin et le Plancton, premier roman loufoque de Boris Vian édité sous sa véritable identité, qui détermina la modification du titre? On aimerait assez à le croire, mais rien n’est moins sûr car, en ce temps-là, Vercoquin passa quasiment inaperçu, de même d’ailleurs que L’Ecume des Jours...

Une surprise-partie mélange les genres musicaux, même si, en ces lendemains de guerre, le côté “swing” des choses s’y trouve très nettement privilégié. Ainsi, parmi les premiers réguliers de ces soirées trouve-t-on aux places d’honneur les formations plus ou moins volumineuses d’Alix Combelle, d’Hubert Rostaing, de Noël Chiboust, de Camille Sauvage et le Quartette de Jack Diéval. A partir du second semestre de 1947, ils seront rejoints par les orchestres d’Aimé Barelli et d’Arthur Briggs, ainsi, bien entendu, que par Django. Le guitariste Marcel Bianchi, qui fut en Europe l’un des premiers à employer l’amplification, figure également parmi les participants. Dans le domaine du tango, on relève les noms de José Lucchesi, de Roger David et, plus tard, celui de Ramon Mendizabal (qui se plaisit à interpréter parfois Nuages en tango!). Quant à la partie dévolue à la musique dite “douce”, elle se trouve tout entière confiée à Armand Bernard et son orchestre à cordes... En outre, sans doute en guise d’entr’acte, on intercale entre les parties purement instrumentales un ou deux tours de chant d’un quart d’heure chacun, par l’une ou l’autre petite ou grande vedette du moment : Agnès Capri, Annie Flore, Marie Dubas, Bourvil, Charles Humel, Guy Berry, Lina Tosti, Line Renaud, Andrex, Johnny Hess, Jean Marco, Adrien Adrius, Germaine Sablon, Christiane Néré, André Dassary, Alain Gerbeau, Edith Fontaine, Andrex, Patrice et Mario, Lily Fayol, Jean Solar, Jean-Fred Mêlé, pour n’en citer que quelques-un(e)s... Avis aux amateurs de chanson française : rien de tout cela n’était fait en direct, tout était enregistré et il se peut que certains de ces documents existent encore...

Ces Soirées dansantes/Surprise-Parties sont programmées chaque samedi ou presque (par exemple, il n’y en a pas le 8 mars 1947) jamais avant vingt et une heures cinquante (parfois vingt-deux heures), jusqu’à vingt-trois heures quarante-cinq (parfois minuit) et les tours de chant interviennent, l’un vers vingt-deux heures trente, l’autre à vingt-trois heures quinze. Là où les choses se compliquent, c’est quand il s’agit de préciser sur quel programme on peut capter ces instants délicieux. En effet, c’est selon!.. En ces années fragiles, 1946-48, où la radio nationale est encore convalescente, on dispose surtout, outre des différents émetteurs régionaux (qui conçoivent leurs émissions spécifiques, mais relaient également une grosse part du programe parisien), du “Programme national” (chaîne “généraliste” comme on dirait aujourd’hui, dans le style “France Inter”), du “Programme parisien” (celui qui est souvent relayé en province) et, à des heures choisies, du très élitiste “Club d’Essai”, sorte d’ancêtre de “France-Culture”. Pas question, évidemment, de caser deux heures de musique de danse dans le cadre de ce club des plus fermés où l’on ne danse guère. Donc, les Surprises d’Anne-Marie et Georges trouvent droit de cité sur les deux autres chaînes. Au choix, suivant les semaines et l’humeur vagabaonde des programmateurs : tantôt national (par exemple, en 1947, les 4 et 11 janvier, les 15, 22 et 29 mars, tout le mois d’avril, le 3 mai, le 28 juin, le 5 juillet, etc.), tantôt parigot (notamment, toujours en 47, les 18 et 25 janvier, tout février et le 1er mars, les 12, 19 et 26 juillet, les 9 et 23 août, tout septembre, le 4 octobre)... On peut supposer que la mise en service à partir du début octobre 1947 d’une nouvelle chaîne, “Paris Inter”, va donner à ce “PAF” (en vérité bien plus “audio” que “visuel” en ce temps-là) passablement baladeur un semblant d’ordre. De fait, le 11 octobre, Surprise-Partie passe sur la nouvelle fréquence et c’est ce soir-là, précisément, que Barelli, Briggs et Django font leur entrée en fanfare. L’horaire aussi est modifié : on commence désormais à vingt et une heures pour finir un peu avant vingt-trois heures et, de temps en temps, l’un des groupes est mis en vedette davantage qu’à l’accoutumée. Ainsi, Arthur Briggs sera l’homme du jour par deux fois : le 18 octobre et le 20 décembre; le 22 novembre, c’est Rostaing qui se trouvera à l’honneur et le 13 décembre, José Lucchesi recevra les lauriers bien mérités...

Quant à Django, son tour ne viendra qu’entre Noël et le jour de l’An, le 27 décembre. Un véritable festival, bien digne du Manouche, ce 27 décembre 1947, qui permet à l’amateur solidement arrimé à son poste d’entendre coup sur coup Artillerie lourde, Swing Guitars, Ol’ Man River, R-vingt-six, Dinah et l’une des deux versions de How High The Moon. Il s’agit, on le voit, d’une sorte de “spécial Quintette à cordes”, puisque tous ces morceaux appartiennent à la riche série enregistrée un mois plus tôt en la compagnie de Stéphane Grappelli, sur laquelle nous ne tarderons pas à revenir... Grande fête rendue possible par cela que la productrice a obtenu en cette période de cadeaux et de vœux la permission de minuit et a pu prolonger son émission d’une bonne heure, quel bonheur!..  

Evidemment, comme la devise de la maison est (et demeure encore aujourd’hui) : “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué”, inutile d’ajouter que pour le malheureux auditeur, la partie est loin d’être gagnée!  D’abord, si Surprise-Partie semble désormais bien implantée sur “Paris Inter”, il lui arrive tout de même encore d’aller se balader du côté du “Programme parisien” (en particulier, le 18 octobre et le 22 novembre) et puis, surtout, il y a ce bizarre “décrochage” de vingt-deux heures quarante-cinq (comme le train du même nom). A cet instant précis, à la seconde près, “Paris Inter” se met à diffuser tout autre chose, sans rapport aucun avec la belle jase-bande, le son des Portenos ou la smooth music, et l’auditeur de se jeter férocement sur son appareil-récepteur (parfois sumonté, comble de l’opulence, d’un cadre-antenne destiné à atténuer les parasites inhérents aux PO-GO, aux allures de superbe objet d’art en plâtre massif) et de manipuler fébrilement tous les boutons dans tous les sens, afin de récupérer en quatrième vitesse dans le sillage du “Programme parisien” - après avoir dû subir les assauts successifs de Radio-Milano & Vatican Ltd., de Deutschland über Alles AG Absender, de la BBC (tout de même moins brouillée que quatre ou cinq ans auparavant) et d’une demie douzaine d’autres postes non identifiés (dont un au moins, à en juger par l’accent de la présentatrice, devait être islandais) - de récupérer enfin, donc, sur une autre fréquence, la suite. La suite du concert, du voyage immobile du côté des ailleurs, du rêve, du plaisir... La mise à mort de la banalité quotidienne en somme. La radio de ces temps révolus avait au fond une merveilleuse réserve de poésie-sans-le-vouloir, à jamais engloutie dans les eaux usées du calcul mercantile...

Il y a autre chose d’assez troublant concernant les morceaux diffusés au cours de certaines de ces émissions. On sait d’une part que Django et le Quintette avec clarinette (Meunier, Lévêque ou Rostaing) et batterie (Jacques Martinon ou André Jourdan) inaugurèrent ces séances pour les ondes le 25 août 1947, qu’ils récidivèrent le 29 août, puis à trois reprises en septembre (les 8, 15 et 22) et revinrent encore les 8 et 13 novembre (ces derniers enregistrements sont disponibles ici même, les précédents figurant dans le volume 14). Ces dates sont celles indiquées dans la discographie établie par Charles Delaunay (et reprises sans modifications dans les discos ultérieures), lequel devait lui-même les tenir des feuilles rédigées lors des enregistrements. On sait d’autre part que la plus ancienne des émissions dans laquelle on diffusa deux des interprétations du guitariste et de son équipe fut celle du 11 octobre : on a beau compulser les documents relatifs à Surprise-Partie antérieurs à cette date, le nom de Django n’y apparaît jamais, alors qu’il se trouve toujours mentionné après. Cela, ce sont les revues spécialisées du moment (dont Radio 47, qui fournit des programmes fort détaillés) qui l’attestent. On peut donc logiquement s’attendre à ce que les titres diffusés en octobre et novembre 47 proviennent des sessions d’août et septembre.

C’est en effet ce qui arrive certains soirs, notamment le 25 octobre, quand on passe à l’antenne Crépuscule et Vendredi 13 mis en boîte en septembre. Lover Man, lui aussi de septembre, est envoyé sur les ondes le 15 novembre; le 29 les auditeurs ont droit à Minor Swing (du 29 août) et le 13 décembre ils peuvent déguster Swing Guitars et Songe d’Automne, respectivement du 25 août et de septembre... Tout cela est parfaitement limpide et les dates “collent”. Mais alors pourquoi diable le soir de l’entrée en lice du chef de file des jazzmen français, ce fameux 11 octobre, programme-t-on Manoir de mes Rêves et la Marche nuptiale adaptée de Mendelsohn? Pourquoi pas? Bien sûr, mais le petit problème réside en ceci que, si l’on en croit la discographie, le premier de ces morceaux ne fut enregistré qu’après sa diffusion - ce qui est quand même un poil gênant. Quant à la Marche nuptiale, on n’en connaît qu’une version : celle du quintette à cordes, avec Grappelli, enregistrée à la fin du mois de novembre!.. Laissons bien évidemment de côté la possibilité d’un direct : on sait que tout était enregistré et de toute façon, on imagine plutôt mal Django ou n’importe quel autre participant se ramener comme ça, en chair et en os, histoire de faire un petit “coucou” un sa­medi soir, à l’heure du coup de feu dans les boîtes pour la plupart des musiciens... D’autant que cette bizarrerie du 11 octobre n’est pas la seule en son genre. Le samedi suivant, 18 octobre, Blues en mineur est l’unique morceau du Quintette diffusé, alors que, là encore, la disco le donne de novembre. Le soir de la Toussaint, le programme indique un mystérieux “Septembre”, qui pourrait bien être tout simplement le September Song de Kurt Weill, daté quant à l’enregistrement de septembre (sans doute à cause du titre trop tentant) par les uns et de novembre par les autres (imperméables à la notion de “hasard objectif”). La semaine d’après, 8 novembre donc, c’est au tour de Swing de Paris qui, toujours suivant les dates de la disco, aurait été enre­gistré le jour même. Théoriquement possible, mais comment les journaux, mis en vente une semaine avant, auraient-ils pu savoir que ce morceau allait être enregistré quelques jours plus tard? Le 22 novembre, les revues en question mentionnent une Improvisation 47 inconnue au bataillon. Il est probable qu’il s’agit-là de ce solo rebaptisé par la suite Improvisation n° 5 et qui aurait été mis en boîte soit la veille (le 21), soit six jours après (le 28). Même si l’on admet que la date du 21 est la bonne, là en­core, comment les journaux auraient-ils pu être au courant?

Il est évidemment tentant d’imaginer qu’un nombre de morceaux supérieur à celui recensé par la suite fut enregistré et que certaines de ces interprétations (dont celles qui, ici, posent problème) furent perdues. La chose est en vérité peu probable. D’ailleurs, si c’était le cas, pourquoi avoir refait des titres comme Blues en mineur, Manoir de mes Rêves, Swing de Paris ou l’Improvisation une semaine ou un mois après, si des versions antérieures de ces mêmes thèmes avaient déjà été programmées et diffusées? Ce qui paraît nettement plus vraisemblable, c’est qu’en recopiant les dates d’enregistrement des années plus tard, Delaunay ait mal décrypté les documents et pris par exemple, les mois étant généralement indiqués en chiffres, un zéro (celui du chiffre “10”, pour octobre) pour un “1” (ce qui donne “11”, c’est-à-dire novembre). Erreur au demeurant tout à fait excusable, car les feuilles, établies tandis que se déroulait la séance, étaient manuscrites, pas toujours très lisibles, souvent surchargées, très pâles dès qu’il s’agissait de copies faites au papier-carbone... Si l’on part du principe que les morceaux litigieux furent enregistrés les 8 et 13 octobre et non les 8 et 13 novembre, tout devient clair, y compris pour l’Improvisation, qui a fort bien pu être interprétée à ce moment-là. Dès lors, les dates de programmation deviennent parfaitement logiques... L’idéal serait de retrouver les dites feuilles afin de vérifier, mais où peuvent-elles bien être aujourd’hui?.. Tout cela, néanmoins, ne résoud pas la question de cette Marche nuptiale vaguement “adaptée” de Mendelsohn (au sens où Dinette est une adaptation de Dinah). Celle-là, on n’en connaît qu’une version, par le quintette à cordes, donc très certainement enregistrée dans la seconde moitié de novembre, en même temps que Tears, Tiger Rag, Ol’ Man River, Swing Guitars, Dinah ou R vingt-six... Dans ces conditions, comment pouvoir en annoncer la diffusion le 11 octobre? Peut-être cette fois, dans ce cas précis, y eut-il vraiment deux versions, une première avec le Quintette clarinette-batterie et une seconde avec le Quintette cordes. En jetant un coup d’œil sur la liste des titres, on s’aperçoit que deux autres pièces au moins, Swing Guitars et Manoir de mes Rêves, firent l’objet de versions différentes par l’une et l’autre formations. Dès lors, rien n’interdit de pernser qu’il en alla de même pour la Marche nuptiale. Si c’est le cas, la version initiale (clarinette-batterie) a bel et bien disparu... Et puisque nous en sommes à ce chapitre un poil casse-pieds, quelle est donc cette version d’Artillerie lourde programmée le 27 décembre 47 en même temps que des interprétations par le Quintette à cordes? Est-ce l’enregistrement avec Gérard Lévêque mêlé à des choses plus récentes, ou bien Django et Stéphane de nouveau réunis ont-ils choisi de reprendre ce thème auquel le guitariste semblait tenir? Encore un morceau perdu, peut-être...

Reconstitution à éclipses, retrouvailles à épisodes : ainsi pourrait-on qualifier ces tentatives qui, de 1946 à 1949, furent entreprises pour remettre en selle le déjà légendaire quintette à cordes d’avant la guerre. Lancée en 1945 à l’initiative de Delaunay, l’idée n’avait pas vraiment eu le temps de prendre corps lors de la première réunion officielle à Londres, en janvier-février 46, des deux solistes du groupe, Django et Grappelli. A la vérité, on l’a déjà signalé, aussi heureux qu’ils aient pu être de se retrouver après plus de six ans de séparation, les anciens complices n’avaient sans doute plus tellement envie de retravailler régulièrement ensemble. Leurs styles respectifs avaient évolué séparément et leur appréhension du jazz (et de la musique en général) n’était plus tout à fait la même. Django aspirait à la reconnaissance de l’Amérique, alors que Stéphane, plus modeste, cherchait surtout à remplir tous ses engagements dans les îles britanniques à la tête de son propre petit orchestre. Celui-ci d’ailleurs, connaissant le caractère quelque peu tyranique du guitariste, devait bien compter ne plus avoir à le subir comme par le passé... Quand Grappelli vint à Paris pendant l’été 46, Django était en tournée et s’apprêtait déjà à filer du côté de chez Duke. Lors d’un nouveau voyage vers le continent en mars-avril 1947 (voir volume 13), Stéphane arriva juste pour apprendre la mort de son vieil ami et concurrent Michel Warlop, ancien comme lui de la maison Grégor, puis partenaire occasionnel du Manouche de feu (voir volumes portant sur la période 1934-1937). Il lui adressa un hommage ému dans le numéro 13 de la revue Jazz Hot (nouvelle série). De son côté Django, rentré peu auparavant passablement déçu du pays de la Liberté, faisait le Bœuf sur le Toit et exposait ses premières toiles. Bien entendu ils se revirent et trouvèrent un moment pour graver quelques faces (volume 13). La rencontre suivante eut lieu à l’automne, au moment où Django n’arrêtait pas d’enregistrer pour la radio. L’occasion était trop belle pour ne pas essayer, une fois encore, de remettre l’autre Quintette, celui avec violon, sur le métier... 

Grappelli débarqua au début du mois d’octobre avec la perspective d’engagements dans différents clubs et music-halls (notamment à l’ABC), d’un grand concert salle Pleyel et de séances d’enregistrements pour le disque et la radio. La première de ces séances, pour “Swing”, se déroula au “Lutetia” le 17 octobre 1947 et Django n’y participa pas. Delaunay disait qu’il était prévu mais que, comme cela était déjà fréquemment arrivé par le passé, il oublia de venir. En désespoir de cause, on décida de faire deux morceaux en quartette et deux autres pour lesquels Stéphane serait soliste au piano. Grappelli, de son côté, affirmait que pour cette première session parisienne depuis juin 1939, c’est lui qui avait insisté pour que Django ne fût pas là, afin de se sentir plus libre et de permettre au petit frère, “Ninnin” (Joseph), de s’octroyer enfin quelques solos!.. En réalité, Joseph avait déjà eu droit à plusieurs solos enregistrés à l’époque de l’Occupation, alors qu’il était membre du groupe de Gus Viseur ou un peu plus tard, quand il dirigeait son propre petit orchestre avec Claude Laurence (André Hodeir) au violon, mais Stéphane n’était certainement pas au courant. Peut-être plus tard, rééditerons-nous, en complément de la présente intégrale, quelques-unes de ces faces injustement oubliées...

 Ainsi donc Stéphane enregistra-t-il bien deux solos, Rebop Medley (OSW 480) et Tea For Two (OSW 481), et deux faces en quartette, Oui, pour Vous revoir (OSW 478) et Soleil d’Automne (OSW 479), en la compagnie de Joseph, de Roger Chaput et d’Emmanuel Soudieux à la basse. Malheureusement, les cires (ou les laques) sur lesquelles avaient été gravés le Medley boppissant et Soleil de saison furent accidentées en galvano et seules les deux autres purent être éditées en leur temps. Dommage : que pouvait donc bien donner Grappelli pianiste sur un thème se référant au “be-bop”, lui qui avouait ne pas éprouver pour le nouveau style la même attirance que Django? Quoi qu’il en soit, nous n’avons pu résister au plaisir d’inclure ici l’autre titre édité, celui interprété en quar­tette, Oui, pour Vous revoir... Certes, Django n’y joue pas, mais ce n’est pas la première fois que nous choisissons d’ajouter de temps en temps certaines faces dans lesquelles la présence du guitariste est loin d’être avérée - parfois même à seule fin de prouver, lorsqu’il y avait quelques doutes, qu’il n’y était pas! Et puis, c’est enfin l’occasion de se rendre compte que s’il manque à “Ninnin” ce petit je-ne-sais-quoi qui fait qu’il ne pourra jamais prétendre avoir la stature de son aîné, il est tout de même, sur cette pièce de sa composition, un remarquable spécialiste de l’instrument lui aussi...

Petit intermède sans conséquences : on  ignore si Django fit le coup de l’œil noir à son frangin, mais ce qui est sûr, c’est que moins d’un mois plus tard, le 14 novembre 1947, tout le monde se retrouva dans la même salle de l’avenue de Wagram pour une nouvelle séance “Swing”. Enfin presque tout le monde, puis cette fois Eugène Vées (“Ninine”) et Fred Ermelin ont repris les rôles prédécemment tenus pas Chaput et Soudieux. Au programme, rien que des nouveautés, comme Si Tu Savais, jolie chanson peu connue de Georges Ulmer, Eveline ou Diminishing (titré “Diminushing”, avec faute d’ortographe à la clef, sur les étiquettes et la feuille de séance). Les thèmes américains plus anciens, Ol’ Man River et What Is This Thing Called Love, sont de ceux que les deux complices n’avaient pas encore confiés à la cire. Contrairement aux gens de radio en effet, les producteurs de disques, Delaunay ou Barclay, donnaient évidemment leur préférence à la nouveauté. Précisons qu’à cette époque, What Is This Thing..., cette composition de Cole Porter en 1929 quelque peu oubliée, avait trouvé un regain de popularité auprès des amateurs de jazz parce qu’elle avait servi de base harmonique en 1945 à Tadd Dameron pour son arrangement du révolutionnaire Hot House, interprété par Charlie Parker et Dizzy Gillespie (un disque édité en France par les soins de la maison “Swing”)...

Eveline est une composition de Stéphane Grappelli dédiée à sa fille, alors âgée de douze ans, dont il n’avait véritablement fait la connaissance que l’année précédente, lors de son premier retour vers la France. Stéphane, dont on raillait souvent la précio­sité, n’en aimait pourtant pas moins parfois la compagnie des jolies femmes. Il eut pendant deux ans avant la guerre une idylle avec l’une d’elles, prénommée Sylvia et rencontrée à Cannes au cours de la saison d’hiver 1934. La petite Eveline naquit de cette his­toire d’amour à épisodes. Le mariage ne parut une bonne solution ni à l’un ni à l’autre de ses parents. Puis Sylvia, folle de cinéma, rêvant d’en faire, finit par disparaître avec son enfant un matin de 1937. Elle était, selon sa fille elle-même, “un personnage rêveur, imprévisible”, dont on pouvait dire “qu’elle vivait ailleurs”... De son côté, Stéphane admet qu’il ne se montra sûrement pas assez attentif et attentionné à l’époque et ne chercha pas trop à retrouver les fugitives. Et les années passèrent. Il en fallut une dizaine pour qu’enfin il s’inquiétât de cette gamine qu’il ne connaissait pas et qui lui ressemblait comme deux gouttes d’eau (jugez-en par la photo ici reproduite). Depuis l’été 46 et jusqu’à la disparition du violoniste en décembre 1997, pendant plus de cinquante ans, ils n’ont cessé de se retrouver...

Les sessions réalisées pour la radio au cours des deux semaines suivantes (du moins si l’on accepte les dates ordinairement fournies par les discographies) présentent d’intéressantes différences par rapport à cette séance “Swing”, bien que la formation soit rigoureusement la même. Il semble que la balance établie par la Dame du son confère à l’ensemble une plus grande présence, une sorte de grain plus tangible. On ne sait toujours pas très bien sur quel matériel furent enregistrés ces morceaux, mais les grattements subsistant sur certains d’entre eux inclinent à pencher pour les acétates, de même que la belle dynamique qui les traverse d’un bout à l’autre (alors que, comme tous les systèmes de son optique, le Philips-Miller avait au contraire tendance à “ramolir” la musique dans le registre médium et à saturer les basses). Toujours est-il que cette fois, la prise de son est nettement plus satisfaisante qu’auparavant. Le remplacement de la clarinette par le violon, l’absence de batterie envahissante et, surtout, le retour pour Django à la guitare acoustique n’y sont certainement pas pour rien. Est-ce Grappelli qui lui a demandé de ne pas utiliser son ampli? Est-ce Delaunay lors de la séance du 14 novembre? Ou bien est-ce Django qui, de lui-même, s’est rendu compte qu’une tentative de re-création de l’ancien quintette à cordes admettait mal l’électricité? Et le 17 novembre au fait, à l’occasion du concert de Pleyel, était-il ou n’était-il pas branché?

Comme lors des autres sessions destinées aux réjouissances du samedi soir, le choix se porta principalement sur des standards du jazz et du swing (Tiger Rag, Dinah, Them There Eyes, How High The Moon...) ou des compositions originales bien connues (Swing Guitars, Tears, Daphné...), que les deux compères savaient sur le bout des doigts, quand bien même ils ne les avaient pas interprétés de conserve depuis des lustres. Et ils se surprirent même ça et là à faire mieux que la première fois. Ainsi cette nouvelle version de Tears qui paraît d’une beauté plus sombre encore que l’originale (21 avril 1937 - voir volume 5 : FA 305). Pour How High The Moon il y eut même deux “prises” (pas nécessairement enregistrées le même jour) fort différentes et tout aussi réussies l’une que l’autre, prouvant une fois de plus à quel point Django et Stéphane étaient capables de renouveler en un clin d’œil leur approche d’un thème donné. Pareille entente, sembable complicité musicale, de la même essence que celles liant Armstrong et Earl Hines ou Parker et Gillespie, ne se rencontre pas forcément à tous les coins de rue. A la vérité, l’atmosphère est ici bien davantage celle qui règne dans les clubs, les dancings, voire les salles de concert (quand on y joue du jazz), que celle toujours un peu froide que l’on trouve dans les studios de disques (même quand on y enregistre du jazz). Voilà pourquoi, sans doute, la version radio de Ol’ Man River, morceau de bravoure à l’origine destiné à la superbe voix d’un Paul Robeson, est infiniment plus enthousiate et enthousiasmante que l’autre, trop courte, gravée une semaine avant. La remarque s’applique également à R vingt-six, composition originale relativement récente, déjà confiée à la cire des disques “Swing” au mois de mars de cet an 47 (voir volume 13)... Et puis il y a I Love You, autre vieille chose pleine du charme des années 20, que Django et Stéphane avaient déjà joué dans leur jeune temps mais n’avaient pas encore enregistré ensemble. Le guitariste, il est vrai, en avait de son côté déjà donné une version le 18 juillet (pas encore disponible dans le commerce à la fin de 1947) en compagnie d’Hubert Rostaing. Qu’il nous soit permis, comme dans le cas d’Ol’ Man River, d’accorder notre préfé­rence à celle faite pour la T.S.F...
Daniel Nevers
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001. 

english notes
As promised, this fifteenth volume of the Complete Django Reinhardt series continues to delve into the core of 1947, as did the previous double album and the one before that.  It resumes the scrutiny of this lush vintage, brimming with sounds, frenzy and bursts of guitar interwoven with clarinets and violins, yet 1947 hasn’t had its last word, as we will discover in Volume 16.  This abundance of recorded material resulted mainly from radio sessions, though record companies were beginning to find their feet once more after the hindering years of war and Occupation.  The early part of the year, however, had been somewhat disheartening after a fruitless US trip, uncertainty as to which formula to adopt and then the particularly harrowing tour in Germany.  Nevertheless, Django snatched everything going, as though he wanted to take vengeance for the American let-down and defy certain rumours suggesting he was a had-been.  The minor jazz war was taking form between the classical jazz followers (‘mouldy figs’) and the adepts of modern bebop (‘sour grapes’) and the unique Gypsy, attempting to bridge the gap between US swing and Tzigane traditions probably caused more friction than conciliation between the two genres.  Although Hugues Panassié (the ‘mouldy fig’ leader) supervised the ‘Blue Star’ session on 4 October ’47 which opens the present selection, a few months later he ‘forgot’ to invite the guitarist to Nice’s first jazz festival (February 1948), going on to declare that he was ‘fed up’ with Django.  And Charles Delaunay (one of the ‘sour grapes’ leaders), who had done so much to assist the musician in his career, he threatened to take Django to court for a trivial case of breaking his contract with the ‘Swing’ label.

Panassié was thus named as ‘supervisor’ for the third ‘Blue Star’ session in October 1947 for the Quintet of the Hot Club of France, but his name does not appear on the July session sheets though he could have been present in the Technisonor studios in early summer.  When Hubert Rostaing was once asked about these recordings, he did not mention whether Panassié attended or not, but made reference to how Eddie Barclay gave the musicians a tremendous freedom of choice concerning the titles to be cut.  Unlike the sessions of 6 and 18 July, the sides dating from 4 October were cut in the Pathé-Marconi studios, or to be more precise in the company’s new premises in the ‘Lutetia’ cinema, right next to the Arc de Triumph and which, like most halls of the kind, boasted good acoustic qualities.  Pathé abandoned the ‘Lutetia’ rapidly, moving on to the ‘Théâtre des Champs-Elysées’, but the two other sessions included here (made for ‘Swing’) were also held in the ‘Lutetia’. Panassié was not on the best of terms with Delaunay at that moment and must have felt smug about this competitive element.  Indeed, this October ‘47 session was not the only one he administered for ‘Blue Star’.  He was also interested in the best young soloists from Don Redman’s American big band, such as saxophonist Don Byas and trumpeter Peanuts Holland, who had equally recorded for ‘Swing’. 

Then, veering towards the ‘New Orleans revival’, he brought Claude Luter and his Lorientais to Barclay and almost all their first discs were issued under Delaunay’s label.  However, coaxing Django Reinhardt away from ‘Swing’, the man who had made the label what it was, was quite another matter. This third ‘Blue Star’ session, like the two previous ones, focused  on Django’s recent compositions :  Moppin’ The Bride, Mano and the two versions of Gipsy With A Song, none of which had been recorded before.  Strangely enough, the label on Gipsy (its title refers to Ellington’s Gipsy Without A Song) indicates that it comprises a first and second part.  But unlike Improvisation N° 3 where the two sides follow in a logical manner (see Volume 12, FA 312), this disc includes two takes of the same piece, which explains why we have preferred the term ‘version’ rather than ‘take’ or ‘part’ in the discography.  Version ‘1’ (which follows version ‘2’ !) seems second-rate compared to the first, but this could result from the distortion caused by the amplified guitar.  Whatever one’s impression may be, this slightly floating version, still merits attention.

Stepping away from his autumn novelties, the Master also interpreted Insensiblement, a pretty song composed by Paul Misraki during his South American exile with Ray Ventura’s orchestra (1941-1944 - see Henri Salvador Vol. 1, FA 186 and Ray Ventura FA5005).  Barclay was given the credits for Blues primitif  as also for Blues For Barclay, New York City and Love’s Mood (see Volume 14) and for the first time ever Django waxed Count Basie’s Topsy, the sole American standard in the session. The plentiful T.S.F. series which had begun on 25 August, continued at regular intervals in the studios used by Radio Diffusion Française in Boulevard du Montparnasse.  The Saturday night shows entitled Surprises-Parties, produced by Anne-Marie Duverny and Georges Lourier, broadcast a variety of musical genres, although pride of place was given to swing in the aftermath of war.  Thus, regular guests included the bands of Alix Combelle, Hubert Rostaing, Noël Chiboust, Camille Sauvage and Jack Diéval’s Quartet.  In the second part of 1947 they were joined by the orchestras of Aimé Barelli and Arthur Briggs and by Django.  Guitarist Marcel Bianchi, one of the first to use amplification in Europe, also attended.  José Lucchesi, Roger David and later, Ramon Mendizabal saw to the tango section whereas the ‘softer’ sounds were entrusted to Armand Bernard and his sweet music.  One or two singing acts were slotted between these purely instrumental parts of the programme featuring big or small stars of the day - Agnès Capri, Annie Flore, Marie Dubas, Bourvil, Charles Humel, Guy Berry, Lina Tosti, Line Renaud, Andrex, Johnny Hess, Jean Marco, Adrien Adrius, Germaine Sablon, Christiane Néré, André Dassary, Alain Gerbeau, Edith Fontaine, Patrice et Mario, Lily Fayol, Jean Solar and Jean-Fred Mêlé to name but a few.  The music was never performed live but was pre-recorded. These Soirées dansantes/Surprise Parties were on the air almost every Saturday, always starting at 9.50 pm at the earliest and went on till at least 11.45. 

The singing slots were programmed for around 10.30 and 11.15.  To discover which station was broadcasting the programme was quite a complicated affair.  During these fragile years when national radio was still convalescing, the principal stations were the general ‘Programme national’, the ‘Programme parisien’ and at given moments, the elite ‘Club d’Essai’ which was more culture-orientated.  The latter was above the likes of dance music, so Anne-Marie’s Surprises were divided between the two others according to the mood of the capricious programmers.  With the arrival of the new station, ‘Paris Inter’, one could have expected a little more order in the schedule.  Indeed, on 11 October, Surprise-Partie was broadcast on this new wavelength and on the same evening Barelli, Briggs and Django made their stylish entrance.  The times had been slightly modified to start at 9.00 p.m. and end just before 11.00, and occasionally one of the groups was highlighted more than usual.  Thus, Django was the prized guest star on 27 December when he came out with Artillerie lourde, Swing Guitars, Ol’ Man River, R-vingt-six, Dinah and one of the two versions of How High The Moon.  He used the ‘special string Quintet’ formula as almost all these pieces came from the rich series recorded a month previously along with Stéphane Grappelli.  A festive ambience was guaranteed and in addition the show was granted a special authorisation to continue for an additional hour.   The only setback was that although Surprise-Partie seemed well-established on ‘Paris Inter’, it was prone to suddenly flipping over to ‘Programme parisien’ with no prior warning.  Indeed, this is what happened on this occasion at exactly 10.45 p.m. and the listener had to quickly skim through a jumble of foreign stations to follow the remaining programme on the new wavelength.

However, a mystery does lie around the contents of some of these shows.  We know that Django and the Quintet with a clarinet (Meunier, Lévêque or Rostaing) and drums (Jacques Martinon or André Jourdan) first recorded for them on 25 August 1947, then returned on 29 August and three times in September (8, 15 and 22) and again on 8 and 13 November.  These dates were those originally given by Charles Delaunay, who must have taken them from the session sheets.  On the other hand, the oldest show broadcasting two of the guitarist’s pieces was that of 11 October, as all documents concerning Surprise-Partie before this date bear no mention of him.  One could thereby deduce that the titles on the air in October and November come from the August and September sessions.  This was the case on certain evenings, particularly on 25 October when Crépuscule and Vendredi 13, both recorded in September, were played.  Lover Man, also dating from September, was on the air on 15 November, Minor Swing (of 29 August) could be heard on 29 November and the public ear could savour Swing Guitars and Songe d’Automne (of 25 August and September) on 13 December.  So far so good.  Then, why were Manoir de mes Rêves and the vaguely ‘adapted’ version of Mendelsohn’s  Marche nuptiale scheduled for 11 October when, according to the discography, the first title was recorded after the broadcast and the only Django version we know of Mendelsohn’s Wedding March was recorded by the string quintet with Grappelli at the end of November !  The intrigue continues as the following Saturday, Blues en mineur is the Quintet’s only tune on the air whereas the discography indicates it as a November recording. 

On 1 November, the programme includes Septembre, which could simply be Kurt Weill’s September Song and which was recorded either in September or November according to the various opinions.  The following week saw Swing de Paris, which was recorded on the very same day as the air show, but how could the radio magazines, issued a week before, have known what was to be recorded a few days later ?  On 22 November the same specialised press mentioned an unknown Improvisation 47 which is probably the solo to be renamed Improvisation N° 5 and which was recorded either the previous day or six days after.  If, perchance, the exact date was 21 November, how could the fourth estate have been in the knowing ? The most likely explanation is that when Delaunay copied the recording dates years later, he wrongly transcribed the often illegible figures, mistaking, for example, the ‘0’ for a ‘1’, thus the tenth month of the year (October) became the eleventh (November).  Should this be the case, the questionable pieces were recorded on 8 and 13 October instead of on 8 and 13 November which is much more plausible.  Yet this theory does not solve the enigma surrounding this Marche nuptiale as, we repeat, the sole version known to us was recorded by the string quintet during the second part of November at the same time as Tears, Tiger Rag, Ol’Man River, Swing Guitars, Dinah and R vingt-six.  Perhaps in this particular case, two versions were made - one with the Quintet with clarinet and drums and a second with the string Quintet.  Different versions were made with these formulae of at least two other titles, Swing Guitars and Manoir de mes Rêves so the same could apply to the Marche nuptiale.  Should this be so, the initial version (clarinet/drums) has disappeared.  And while on the nitty-gritty, what was the version of Artillerie lourde scheduled for 27 December ’47 along with the tunes played by the string Quintet ?  Was this recording with Gérard Lévêque or with Django and Stéphane ?

During the 1946-1949 period, the attempts to recreate the legendary pre-war string quintet were episodic.  Following Delaunay’s initiative in 1945 the two soloists officially met in January/February ’46 after six years of separation, though clearly did not want to resume a regular working relationship.  Their respective styles had evolved and their musical aspirations differed.  Django was seeking American recognition whereas Stéphane was quite happy to perform in the British Isles at the head of his own small band.  Stéphane then came to the continent in summer ’46 when Django was on tour and about to set off to see Duke, but returned once more in spring ’47 when the ex-partners found time to cut a few discs (see volume 13).  Their following get-together was in autumn when Django was busily recording for the radio, but it was a tempting opportunity to try to get the other Quintet, the one with the violin, off the ground. When Grappelli arrived in early October, it was with the intention of obtaining contracts in various clubs and music-halls, giving a large concert in the Salle Pleyel and recording for both record companies and the radio.  The first session, for ‘Swing’, was held on 17 October 1947 in the ‘Lutetia’ without Django’s participation.  According to Delaunay, he was expected but forgot to turn up.  Grappelli, on the other hand, stated that his absence was intentional so that he could feel freer and allow the little brother, ‘Ninnin’ (Joseph) to come out with a few solos. Stéphane recorded two piano solos, Rebop Medley (OSW 480) and Tea For Two (OSW 481) and two sides as a quartet, Oui, pour Vous revoir (OSW 478) and Soleil d’Automne (OSW 479), along with Joseph, Roger Chaput and Emmanuel Soudieux on the bass.  Unfortunately, the lacquers of OSW 479 and OSW 480 were damaged and only the others could be released. 

Despite Django’s non-presence, we have included here Oui, pour Vous revoir where we can appreciate ‘Ninnin’s’ participation even though he lacked that little something which made his elder brother unequalled. Less than a month later, on 14 November ’47 the entire assembly was reunited on the same premises for another ‘Swing’ session, although Eugène Vées and Fred Ermelin had taken the seats previously occupied by Chaput and Soudieux.  Only novel pieces were on the programme such as Si Tu savais, the pretty yet little-known song by Georges Ulmer, Eveline and Diminishing (or Diminushing as was wrongly spelt on the labels and session sheet).  And for the first time the two team-mates put to wax the older American tunes, Ol’ Man River and What Is This thing Called Love.  Unlike the folk from the radio, record producers such as Delaunay and Barclay had a soft spot for innovation. Eveline, composed by Stéphane Grappelli, was dedicated to his daughter who was then twelve and who he had never really known before 1946.  In spite of his effeminate streak, Stéphane sometimes enjoyed the company of pretty ladies and had kept up a liaison with a certain Sylvia for a couple of years.  Eveline was the fruit of this episodic intrigue although neither of the parents were keen on the idea of marriage.  One morning in 1937 Sylvia disappeared, taking their child with her.  Ten years went by until Stéphane began to enquire as to her whereabouts but from summer ’46 right up to his death in December 1997 they regularly saw each other. The recordings for the radio during the following two weeks differed greatly from this ‘Swing’ session although exactly the same band was used. 

The sound is of higher quality than the radio recordings with clarinet and drums, enhanced by the violin replacing the clarinet, the absence of the overpowering drums and by Django’s use of the acoustic guitar.  Perhaps Django himself had realised that his amplified sounds were not in keeping with the old string quintet formula. As for the other sessions intended for the Saturday night partying, standard jazz and swing numbers were selected (Tiger Rag, Dinah, Them There Eyes, How High The Moon ...) as well as original and well-known compositions (Swing Guitars, Tears, Daphné) and which the two old chums knew off by heart.  And sometimes the renditions were even better than the original recordings, such as Tears (first cut on 21 April 1937, see Volume 5 FA 305).  Two versions were made of How High The Moon ;  the two are quite different but are both successful.  The same complicity reigned between Django and Stéphane, the same rare essence which bound Armstrong and Earl Hines or Parker and Gillespie.  Moreover, they succeeded in generating an atmosphere one would expect to find in clubs or concert halls rather than the often cold feeling generally  associated with recording studios.  This most probably explains why the radio version of Ol’ Man River, the bravura originally intended for Paul Robeson’s superb voice, is distinctly more spirited than the version cut a week before.  The same applies to R vingt-six, previously recorded for ‘Swing’ in March ’46 (see Volume 13).  And then there is I Love You, another old charming tune dating from the twenties which Django and Stéphane had no doubt played before but had never recorded it together.  Indeed, the guitarist had already made a version along with Hubert Rostaing in July (to be released only at the end of the year).  But again, as with Ol’ Man River, we personally prefer the T.S.F. (wireless) interpretation.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Daniel NEVERS 
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2001.  

INTÉGRALE DJANGO REINHARDT / THE COMPLETE DJANGO REINHARDT
VOLUME 15 (1947)  “GIPSY WITH A SONG”

DISQUE / DISC 1
1. Topsy (W. Basie-E. Durham)     (Blue Star B.S. 53)    Part 4763-1    3’01
2. Moppin’ the bride (micro) (D. Reinhardt)     (Blue Star B.S. 54)    Part 4764-1    2’19
3. Insensiblement (P. Misraki)    (Blue Star B.S. 50)    Part 4765-1    3’10
4. Mano  (D. Reinhardt)     (Blue Star B.S. 54)    Part 4766-1    2’50
5. Blues primitif (E. Barclay)    (Blue Star B.S. 53)    Part 4767-1    2’40
6. Gipsy with a song (version 2) (D. Reinhardt)     (Blue Star B.S. 55)    Part 4768-1    2’55
7. Gipsy with a song (version 1) (D. Reinhardt)    (Blue Star B.S. 55)    Part 4769-1    3’00
8. Artillerie lourde (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    4’13
9. Pêche à la mouche (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’13
10. Belleville (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’31
11. Douce ambiance (D. Reinhardt)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’19
12. Swing de paris (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’47
13. September song (K. Weill-M. Anderson)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’22
14. I can’t give you anything but love (J. McHugh-D. Fields)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’45
15. Blues en mineur (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’26
16. It had to be you (I. Jones-G. Kahn)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’04
17. Manoir de mes rêves (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’45
18. Dinette (D. Reinhardt-H. Rostaing)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’50
19. Mélodie au crépuscule (D. Reinhardt-L. Riesner)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’14
20. Folie à Amphion (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’56  

FORMATIONS & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL & RECORDING DATES
1 à/to 7    DJANGO REINHARDT ET LE QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE    
Hubert ROSTAING (cl); Django REINHARDT (elec. g); Joseph REINHARDT (g); Emmanuel SOUDIEUX (b); André JOURDAN (dm). PARIS, 4/10/1947 (Studio Lutetia, 31, avenue de Wagram, XVIIe arr. - Enr./Rec. : prob. Pierre HAMARD).
8 à/to 20    DJANGO REINHARDT dans “SURPRISE-PARTIE”    
Gérard LÉVÊQUE (cl); Django REINHARDT (elec. g); Eugène VÉES (g); Emmanuel  SOUDIEUX (b); André JOURDAN (dm). PARIS, 8 & 13/11/1947 (Radio Diffusion française, studio Montparnasse, XIVe arr. - Enr./Rec. : Colette BARRÉ).    
NOTE : Les dates des 8 et 13 novembre 1947 sont celles indiquées le plus souvent dans les discographies. Il semble toutefois qu’elles soient trop tardives et nous proposons à la place 8 et 13 octobre 1947 / Recording dates of 8 and 13 November 1947 are these usually given in discographies. But we think these tracks were rather recorded one month earlier: 8 and 13 October 1947. 

REMERCIEMENTS     
Celles-ci, ceux-là, sont nos bienfaiteurs pour la conception de cette livraison numérotée quinze:  Jean-Claude ALEXANDRE, Alain ANTONIETTO, Jean-Christophe AVERTY, Olivier BRARD, Dominique CRAVIC, Christian DANGLETERRE, Ate van DELDEN, Alain DÉLOT, Ivan DÉPUTIER, Yvonne DERUDDER, Iwan FRÉSART, Freddy HAEDERLI, Pierre LAFARGUE, Anne LEGRAND, Jacques LUBIN, Jean PORTIER, Anne SÉCHERET... Et puis aussi ceux dont on ne peut plus que se souvenir et qui nous ont aidés par le passé : Charles DELAUNAY, Gérard GAZÈRES, Marcelle HERVÉ, René RAMEL, Didier ROUSSIN.  A cette liste trop longue, il nous faut désormais ajouter le nom de Robert PERNET, qui savait tout sur l’histoire du jazz en Belgique et sur bien d’autres choses... Nous lui dédions le présent recueil. 

DISQUE / DISC 2
1. Place de Brouckère  (D. Reinhardt)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’47
2. Symphonie (Alstone)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’36
3. Improvisation sur une danse norvégienne (E. Grieg)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’47
4. Saint-louis blues (W.C. Handy)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    4’05
5. Improvisation 47 (improvisation N° 5) (D. Reinhardt)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’00
6. Oui, pour vous revoir (J. Reinhardt)     (Swing SW 271)    OSW 478-1    2’30
7. What is this thing called love? (Cole Porter)    (Swing SW 283)    OSW 482-1    2’06
8. Ol’ man river (J. Kern-O. Hammerstein II)    (Swing SW 270)    OSW 483-1    2’38
9. Si tu savais  (G. Ulmer)     (Swing SW 270)    OSW 484-1    2’42
10. Eveline (S. Grappelli)     (Swing SW 274)    OSW 485-1    2’11
11. Diminushing (sic) (D. Reinhardt)     (Swing SW 274)    OSW 486-1    3’13
12. Ol’ man river (J. Kern-O. Hammerstein II)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’31
13. R- vingt-six (D. Reinhardt-S. Grappelli)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’52
14. How high the moon (version 1) (N. Hamilton-M. Lewis)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’58 15. Swing guitars (D. Reinhardt-S. Grappelli)     (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’54
16. I love you (H. Archer)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’13
17. Tiger rag (D.J. LaRocca)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’50
18. Tears (D. Reinhardt-S. Grappelli)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’33
19. Dinah (Akst-Lewis-Young)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    3’32
20. Them there eyes (M. Pinkard-Tracy-Tauber)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’11
21. How high the moon (version 2) (N. Hamilton-M. Lewis)    (RDF Broadcast)    Unnumbered    2’50 

FORMATIONS & DATES D’ENREGISTREMENT / PERSONNEL & RECORDING DATES
1 à/to 4    DJANGO REINHARDT dans “SURPRISE-PARTIE”     
Gérard LÉVÊQUE (cl); Django REINHARDT (elec. g,); Eugène VÉES (g); Emmanuel SOUDIEUX (b); André JOURDAN (dm). PARIS, 8 & 13/11/1947 (Radio Diffusion française, studio Montparnasse, XIVe arr. - Enregistreur/Recorder : Colette BARRÉ).    
NOTE : Les dates des 8 et 13 novembre 1947 sont celles indiquées le plus souvent dans les discographies. Il semble toutefois qu’elles soient trop tardives et nous proposons à la place 8 et 13 octobre 1947 / Recording dates of 8 and 13 November 1947 are these usually given in discographies. But we think these tracks were rather recorded one month earlier: 8 and 13 October 1947.
5    DJANGO REINHARDT (solo de guitare/guitar solo) dans “SURPRISE-PARTIE”    
PARIS, 21/11/1947 (RDF, studio Montparnasse - Enregistreur/Recorder : Colette BARRÉ).     NOTE : La date indiquée ci-dessus pour l’enregistrement de ce solo de guitare acoustique est celle figurant dans les discographies, mais paraît, là encore, assez tardive. Mi-octobre ou début novembre conviendraient davantage / The above recording date for this acoustic guitar solo is the one given in discographies, but mid-October or early November are probably more accurate.
6    STÉPHANE GRAPPELLY AND HIS HOT FOUR     
Stéphane GRAPPELLI (vln); Joseph REINHARDT (elec. g solo); Roger CHAPUT (g); Emmanuel SOUDIEUX (b). PARIS, 17/10/1947 (Studio Lutetia - Enr./Rec. : C. H.).
7 à/to 11    DJANGO REINHARDT & STÉPHANE GRAPPELLY ET LE QUINTETTE DU HOT CLUB DE FRANCE     
Stéphane GRAPPELLI (vln); Django REINHARDT (g solo); Joseph REINHARDT, Eugène VÉES (g); Fred ERMELIN (b). PARIS, 14/11/1947 (Studio Lutetia - Enr./Rec. : Eugène RAVENET).
12 à/to 21    DJANGO REINHARDT & STÉPHANE GRAPPELLY dans “SURPRISE-PARTIE”    
Même formation que pour 7 à 11 / Personnel as for 7 to 11. PARIS, 21 & 28/11/1947 (Radio Diffusion française, studio Montparnasse - Enregistreur/Recorder : Colette BARRÉ).

 VOLUME 14 (FA 314) : ERRATUM     Dans la discographie du CD2, une ligne concernant les titres 17 à 21 a malencontreusement sauté. Il faut lire :  In the discographical part of CD2, one line has been omitted. It reads as follows: 17 à/to 21    Même formation que pour 6 à 11 / Personnel as for 6 to 11. 22/09/1947 (RDF, studio Montparnasse - Enr./Rec. : Colette BARRÉ).

CD Intégrale Django Reinhardt Vol 15 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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