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PÈLERINAGE ANDALOU “rocio grande”

Flamenco et sons naturels dans les marismas









Andalousie
Terre de passage, de métissages et de mélanges culturels, riche d’un biotope exceptionnel, l’Andalousie est sans doute l’un des espaces d’interconnections culturelles les plus libres et diversifiés d’Europe. Ce disque, qui nous place au cœur du delta du Guadalquivir, achève la fusion des éléments naturels : terre de feu andalouse, air marin et nature opulente de l’un des plus beaux deltas du monde. Historiquement, géographiquement et sociologiquement, la diversité des influences, des cultures et des formes artistiques a été reconnue et protégée de façon très précoce par les Andalous. Reconnue, et même revendiquée - ce qui est plus exceptionnel ! Rappelons, par exemple, le cas de la cathédrale de Cordoue : édifiée autour de la Mosquée que les occupants Arabes avaient bâti cinq siècles plus tôt, la nouvelle cathédrale fusionne les genres et les cultures. Charles Quint, se serait écrié à son propos : “Ce que vous avez construit peut se trouver partout, ce que vous avez détruit était unique”. Cette phrase extraordinaire prouve la volonté précoce de protéger la diversité culturelle comme la capa­cité à s’émerveiller de ce qui ne relève pas de sa culture.Conquise dès le bas Moyen Age par les Arabes en provenance de l’Afrique du Nord, toute l’Espagne – particulièrement le sud – a vécu dans une cohabitation de populations distinctes : Espagnols catholiques, Arabes et Juifs. Chacun a pu, durant des siècles, exprimer sa culture dans un climat de tolérance – avant que n’émerge l’Inquisition. Cette culture mosaïque s’est développée jusqu’en 1492, date à laquelle la Reconquista espagnole a pris fin : les Arabes sont chassés de Grenade (dernière ville occupée) et les Juifs sont expulsés du territoire catholique.Pour autant, toute l’architecture, nombre de rites et de traditions culturelles portent la marque de ce métissage du passé. La force du peuple chrétien d’Espagne fut alors de respecter cet héritage et de lutter pour la conservation de ce patrimoine légué par un peuple étranger à leur cul­ture – un peuple qu’ils avaient chassé de leur terre. Paradoxe apparent qui confère à cette région sa ri­chesse et la tolérance dont elle fait encore preuve aujourd’hui. Peut-être l’Andalousie a-t-elle connu cette tolérance en raison de l’enracinement, quasi minéral, de son peuple à sa terre. Ce disque il­lustre magnifiquement la force du rapport – aujourd’hui trop souvent oublié – entre l’homme et la terre, le naturel et le culturel dans un environnement extraordinaire qu’est celui du delta.
Patrick FREMEAUX

Au bord du Guadalquivir
Voix et chemins des Marismas
El Rocio est sans doute l’un des villages les plus dépaysants d’Europe. Il n’appartient à aucune famille d’urbanisation. Ses bâtisses ressemblent à de petites chapelles surmontées d’un clocheton; ses places de sable sont démesurées; et son environnement, tantôt marécageux, tantôt sableux, tantôt forestier, n’est pas sans évoquer tout à la fois les savanes africaines, les dunes du Sahara et certaines zones humides de l’Inde.Situé au cœur du triangle défini par les villes de Seville, Huelva et Cadiz, El Rocio marque le centre du delta du Guadalquivir (“Oued el Kebir” signifie “le grand fleuve” en arabe), qui abrite le parc naturel le plus vaste d’Europe : le “Coto Doñana”. Les “grands” d’Espagne y avaient leur chasse et les “Petits” leur pèlerinage : le “Rocio Grande” ou la “Romeria d’El Rocio”.Cette fête rassemble durant quelques jours plus d’un million de pèlerins : les Rocieros. Ceux-ci se regroupent en confréries (Hermandades), qui correspondent soit à des villages, soit à l’un des quartiers d’une grande ville, comme Triana ou Coria à Seville.Ces confréries, qui peuvent compter jusqu’à plusieurs centaines de personnes, s’organisent en convois évoquant l’image de la conquête de l’Ouest aux Etats-Unis d’Amérique.A travers toute la réserve naturelle, de longues colonnes de chars bâchés aux roues énormes convergent vers El Rocio.Ces convois sont chargés de fourrage pour les bêtes, de vêtements, de couvertures pour les bivouacs et de toutes les victuailles nécessaires pour toute la durée du pèlerinage.Leur progression est dure et lente. Le sable, ou la boue selon les années, la poussière, le soleil qui peut déjà être ardent à la Pentecôte, les nuits qui sont encore fraîches à cette époque, transformeraient vite le trajet en épreuve, si une gaieté mystico-païenne ne soutenait les pèlerins. La marche qui débute au lever du jour est ponctuée de fréquentes haltes bien arrosées de Manzanilla, où l’on danse au son des tambours, où l’on chante des Sevillana, où l’on interpelle la Vierge d’El Rocio : la “Paloma Blanca”, la “Guapa”, tant elle est belle!Dans tout le delta, et même sur le Rio Guadalquivir, se mêlent alors la rumeur lointaine de ces Rocieros et les chants des oiseaux. Une tradition séculaire traverse un ordre millénaire.Hors du présent, c’est un voyage dans le temps, dans l’exubérance sauvage du marais où trompette la Poule sultane, où mugit le Butor étoilé et où flûte l’Aigle botté, dans l’extraordinaire convivialité des confréries qui adoptent les étrangers parcourant les Marismas, les nourrissent et les abreuvent..

Repérage des différentes plages
1. Début du CD.     
Babils de Chardonnerets (Carduelis carduelis) et de stridulations d’insectes.
2. Plusieurs jours avant le départ, dans un bar, les adolescents de la confrérie d’Almonte aiguisent leurs tambours dans la nuit. Ces tambourineros précèderont leur convoi, qui sera le premier à entrer dans El Rocio.
3. Au même moment, dans les Marismas, le silence n’est pas parfait. Dans la fraîcheur de la nuit, le concert discret des grenouilles vertes qu’accompagnent quelques Rousserolles turdoïdes (Acro­cephalus arundinaceus) est rythmé par les appels sourds du Butor étoilé (Botaurus stellaris). Pour les habitants du delta, ce grand héron nocturne plongerait la tête sous l’eau afin de rendre son cri plus effrayant et chasser ainsi vaches et taureaux susceptibles d’écraser son nid dans les roseaux.         
Quelques Foulques macroules (Fulica atra) s’activent sur le plan d’eau.
4. Cette “trompette bouchée” marque la présence de la Poule sultane (Porphyrio porphyrio) qui délimite ainsi son territoire en bordure de la roselière. Tantôt de noir ou tout turquoise iridescent, ce gros oiseau d’eau au bec et aux pattes corail vif ne subsiste plus qu’au sud de l’Espagne. Il a disparu du reste de l’Europe méridionale avec la régression des marais méditerranéens. Ses pattes aux doigts démesurés qui se terminent en palette lui permettent de marcher dans la vase ou sur la végétation aquatique sans s’y enfoncer. On distingue ensuite les cris ou chants de : Foulque macroule (Fulica atra), Pouillot véloce (Phylloscopus collybita), Vanneau huppé (Vanellus vanellus), Grèbe castagneux (Tachybaptus ruficollis), Bouscarle de Cetti (Cettia cetti) et Mésanges à moustaches (Panurus biarmicus).
5. Un grand feu de camp illumine le coteau Hato Blanco. Une messe en plein air marque le dernier bivouac de l’Hermandad de Triana, parti de Seville trois jours plus tôt. Les chariots bâchés sont organisés selon un grand cercle au centre duquel on chantera et boira jusqu’à la rosée. Après une messe matinale pouvant être très brève, la colonne s’étire et disparaît dans une pinède, vers El Rocio, derrière le tambour, l’effigie de la vierge et les dignitaires de la confrérie.
6. A San Lucar de Barameda, au sud du grand fleuve, la veille du départ. A l’église, dans les arènes, ou autour des derniers chariots, les pèlerins déambulent, commentent la novillada, s’affairent aux derniers préparatifs. Dans la nuit, la plupart d’entre eux rejoignent un bar et se mesurent dans le chant, la danse et le Xéres.
7. Le Coto Del Rey se réveille; le ciel de l’est s’est éclairci. C’est l’instant où les oiseaux de la nuit : Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), Œdicnème criard (Burhinus oedicnemus), Engoulevent à collier roux (Caprimulgus ruficollis), Chouette chevêche (Athene noctua) et hulotte (Strix aluco), se disputent cette parcelle de temps avec les oiseaux du jour : Pigeon ramier (Columba palumbus), Merle noir (Turdus merula), Chardonneret (Carduelis carduelis)...
8. Lorsque le soleil se dégage de l’horizon, un certain calme se rétablit. Seuls les Choucas des tours (Corvus monedula) se font remarquer, lorsqu’ils quittent les chênes-lièges où ils ont élu domicile. Puis, avec la chaleur qui monte et l’apparition des ascendances, les Cigognes blanches (Ciconia ciconia) quittent leur colonie sous les craquètements des adultes qui gardent les jeunes. L’Hermandad de San Lucar passe au loin alors que plusieurs espèces d’oiseaux se manifestent dans les bois : Guêpiers (Merop apiaster), Huppe (Upupa epops), Serin cini (Serinus serinus), Etourneaux unicolores (Sturnus unicolor), Coucou gris (Curulus canorus),...
9. Midi. Dans la pinède, la chaleur diffuse les odeurs de résine. L’Aigle botté (Hieraaetus pennatus) et les Milans noirs (Milvus migrans) planent au-dessus de leurs nids, en flûtant et sifflant. Les Chardonnerets babillent dans les feuillages et quelques Pigeons ramiers roucoulent calmement. Çà et là des pèlerins assoupis à l’ombre des pins attendent la fraîcheur du crépuscule pour reprendre leur marche.
10. Chez un garde du Coto del Rey, dans sa cuisine, deux jeunes Rocieras (femmes) pavoisent encore un instant avant de rejoindre leur convoi. La Romeria d’El Rocio est ausi l’occasion de rencontres ou de séductions dont on ne mesurera souvent l’effet que l’année suivante.
11. Aux portes d’El Rocio, les deux jeunes femmes saluent à leur manière des cavaliers en parade qui viennent leur offrir une fleur.
12. Toutes les confréries ont rejoint le village, accueillies par celles d’Almonte. La taille du village prend enfin sa signification. Ses multitudes de maisons vides toute l’année sont enfin remplies. Ses places immenses ne sont plus que masse humaine d’où émergent les cavaliers à la recherche des cavalières. La poussière du chemin est oubliée. Après le rosaire, charque Hermandad présente ses meilleurs musiciens, parfois des professionnels. Le delta redevient silencieux. C’est le temps de l’Alouette lulu (Lulula arborea). Dans le village, on pare les chars, les chevaux et les bœufs.
13. Les femmes et les hommes vêtus de leur tenue de parade défilent le dimanche matin devant la Basilique de Notre Dame d’El Rocio. C’est le début des cérémonies du pèlerinage. Elles se clôtureront par la procession du lundi de Pentecôte.

Cette chronique sonore de patrimoines culturels et scientifiques est un extrait de la sonothèque d’APPI(*), organisme dont le but est de recueillir et conserver les mémoires sonores menacées. Beaucoup d’entre elles risquent de s’éteindre, comme les peuples et les écosystèmes des forêts tropicales. Les enregistrements ainsi préservés demeureront ainsi sans doute l’un des rares témoignages de ces milieux pour la mémoire collective.     (*) : Audio Patrimoine International.

Ce disque a été réalisé avec la complicité de Pepa Cabrera Medina et sa famille, de Christian Meyer et de Sylvain Cordier. Qu’ils en soient tous ici très chaleureusement remerciés.

© 1990-2005 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

english notes
In the Guadalquivir delta, Andalusia
Voices and tracks in the Marismas
El Rocio is probably the most disconcerting village in Europe. It belongs to no familiar urban tradition. Buildings look like tiny chapels with little bell towers and sandy squares appear outsized. On the other hand, the natural surroundings, in places swampy, in places forested, or sometimes sandy in open terrain, call to mind the African savanas, the dunes in the Sahara, or even some wetlands of India.Located in the middle of a triangle formed by the towns of Sevilla, Huelva, and Cadiz, El Rocio is thus the center of the Guadalquivir delta (“Wadi el Kebir” means “the great river” in Arabic), which hosts one of the largest  nature reserve in Europe, the Coto Doñana. The Spanish grandees knew it as a game preserve while the lower classes went there on a pilgrimage : the “Rocio Grande” or the “Romeria of El Rocio”.The latter tradition is still alive, and each year brings together for a few days more than one million pilgrims : the Rocieros.They come together in brotherhoods (Herman­dades) corresponding either to villages, or to a district of a large town, like Triana or Coria in Sevilla.Such brotherhoods, which may be hundreds strongs get organized in convoyes reminiscent of the American West. Thus, long columns of bullock carts with huge wheels converge toward El Rocio through the nature reserve.These convoys are laden with forage, chothes, travelling rugs for the bivouac, and all the provisions needed for the pilgrimage. Their advance is laborious and slow : sand, or mud according to the years, dust, burning sun, and cool nights would easily make the journey an ordeal without the mystic and pagan cheerfulness holding pilgrims in their faith. The walk begins early in the morning but is broken by a number of stops. It’s then the time to drink the Manzanilla, to dance to the drums, to sing Sevillanas, and to invoke the Virgin of El Rocio : the “Paloma Blanca”, the “Guapa”, she is so beautiful, “Nuestra Señora del Rocio”!All over the delta, and even on the Rio Guadalquivir, the distant clamour of these Rocieros joins the songs of the wild birds. An age-old tradition meets a millennial order.It’s a timeless journey in the wild exuberance of the marshes, home of the colorful Purple Gallinule with a trumpet-like call, the shy Bittern, the elegant Booted Eagle; and also a journey in the outstanding hospitality of the brotherhoods giving food and drink to strangers who travel through the Marismas.

List of marks :
1. Start of the CD.    
Chatter of Goldfinches (Carduelis carduelis) and stridulations of crickets.
2. Several days before the start, in a bar, boys from the brotherhood of Almonte are playing the drum in the night. These tambourineros will precede their convoy, and be the first to come into El Rocio.
3. At the same time in the Marismas, frogs, raucous songs of Great Marsh Warblers (Acrocephalus arundinaceus), and dull calls of the secretive Bittern (Botaurus stellaris) put rhythm into the quiet of the night. According to the people inhabiting the delta, this large heron puts its head under the water when calling in order to produce a song more frightening to keep cows and bulls away from its nest hidden in the reeds. Some Coots (Fulica atra) are busy on the pond.
4. The “muted trumpet” is that of the elusive Purple Gallinule (Porphyrio porphyrio) demarcating its territory on the fringe of the reed-bed. Sometimes appearing all black, or sometimes of a beautiful iridescent turquoise, this large water-bird with bright red bill and legs survives in Europe only in southern Spain. This species has vanished from other Mediterranean countries because of the dramatic loss of marshes and wetlands. Its long spatulate toes enable it to walk on wet mud or marsh vegetation without sinking in, as do Moorhens.  Next come the calls and songs of the following species : Coot (Fulica atra), Chiffchaff (Phylloscopus collybita), Lapwing (Vanellus vanellus), Little Grebe (Tachybaptus ruficollis), Cetti’s Warbler (Cettia cetti), and Bearded Tit (Panurus biarmicus).
5. A large camp fire illuminates eucalyptus tress in the Coto del Rey. Open air mass solemnizes the last bivouac of the Hermandad of Coria, which left Sevilla three days earlier. Covered waggons are united in a wide circle in the middle of which dancing and drinking go on all night up to the dawn.        After a short mass celebrated in the early morning, the column of pilgrims heads towards the village of El Rocio through the pine trees. Going in front are the drum, effigy of the Virgin, and the dignitaries of the brotherhood.
6. The evening before departure, on the southern edge of the large river, at San Lucar de Barameda. In the church, in the bullrings, or all around the last waggons, pilgrims stroll about, make final preparations and comment on the “novillada”. In the night, most of therm will meet in a bar to dance, sing, and drink sherry.
7. The Coto de Catalena wakes up; sky lights up to the east.          It’s the moment when night birds like Nightingale (Luscinia megarhynchos), Stone-curlew (Burhi­nus oedicnemus), Red-necked Nightjar (Capri­mulgus ruficollis), Little (Athene noctua) and Tawny Owls (Strix aluco), are singing together with the diurnal species : Woodpigeon (Columba palumbus), Blackbird (Turdus merula), Goldfinch (Carduelis cardulis), and others.
8. A sort of peacefulness takes over as the sun gets higher. Only the Jackdaws (Corvus monedula) attract attention when they leave the hollow cork-oaks where they nest.  Then, with the help of the hot weather, White Storks (Ciconia ciconia) leave their colony in climbing flights under the bill-snapping of some adults staying to keep an eye on the nestlings.The Hermandad of San Lucar passes in the distance, and some birds make themselves heard, like Spotless Starlings (Sturnus unicolor), Serin (Serinus serinus), House Sparrows (Passer domesticus), Hoopoe (Upupa epops), Bee-eater (Merops apiaster), Cuckoo (Cuculus canorus),...
9. Midday.  Under the warmth, all the pine forest is redolent of resin smells. Booted Eagle (Hieraaetus pennatus) and Black Kites (Milvus migrans) soar over their nest, fluting and whisling.          Some Goldfinches (Carduelis carduelis) and Woodpigeons (Columba plumbea) call quietly in the foliage.  Here and there sleeping pilgrims are resting in the shade, waiting for the cool of the evening to resume their walk.
10. At a Coto Del Rey guardian’s house, in the kitchen, two young “Rocieras” (women) keep up the festivs spirit before leaving with their own convoy. The Romeria of El Rocio is also a good opportunity for personal meetings, for seductions, leading to what next year only may tell.
11. At the gates of El Rocio, the two young women gret men on horseback come to offer them flowers.
12. All the brotherhoods have reached the village where the Almonte hermandad greets them. Now wa see the reason for the size of the village : the houses empty all year are full. The huge squares are filled with crowds from which emerge horsemen seeking their partners. Forgotten the dusty road! Prayers are followed by performances by the best musicians (some of them professionals) in each Hermandad. Silence falls again over the delta. It is the hour of the Woodlark (Lulula arborea). In the village waggons, horses and oxen are being decorated.
13. Sunday morning, women and men in formal dress walk in procession in front of the basilica of El Rocio. Pilgrimage ceremonies are now beginning. They will end in the Whit Monday procession.

Many thanks to Pepa Cabrera Medina and its family, Christian Meyer, and Sylvain Cordier.
Translation by Walter Dunlop.

© 1990-2005 GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SAS

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