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JOHNNIE TEMPLE
THE BLUES

FROM MISSISSIPPI TO CHICAGO
1935 - 1940






CD1          
1. LEAD PENCIL BLUES      C-983-B-Vo 03068    3’03 
2. JACKSONVILLE BLUES         C-984-B-Vo 02987          3’20 
3. BIG BOAT WHISTLE      C-986-B-Vo 03068    3’21
4. THE EVIL DEVIL BLUES  C-987-A-Vo 02987        3’04 
5. NEW VICKSBURG BLUES    90980-A-De 72442’44   
6. LOUISE LOUISE BLUES          90981-A-De 7244      2’55 
7. SNAPPING CAT    91246-A-De 7416   2’29   
8. NEW LOUISE LOUISE BLUES      91248-A-De 7337      2’26 
9. PEEPING THROUGH THE KEYHOLE  91249-A-De 7316          2’24
10. PIMPLE BLUES    91250-A-De 7444      2’50
11. EAST SAINT LOUIS BLUES     91251-A-De 7316 2’27
12. HOODOO WOMEN        62654-A-De 7385      2’56
13. MAMA’S BAD LUCK CHILD          62655-A-De 7416      2’31
14. MEAN BABY BLUES    62656-A-De 7444     2’55
15. EVERY DOG MUST HAVE HIS DAY       63671-A-De 7495      3’03
16. FARE YOU WELL         63672-A-De 7495          3’14
17. STAVIN’ CHAIN    63673-A-De 7532      2’27
18. COUNTY JAIL BLUES    63674-A-De 7456          2’30

All titles by Johnnie Temple
(1)(2)(3)(4) Johnnie Temple, vcl/g; Charlie Mc Coy, g. Chicago, 14 mai 1935
(5)(6) Johnnie Temple, vcl/g; Charlie Mc Coy, g; probably Joshua Altheimer, pno. Chicago, 12 novembre 1936
(7)(8)(9)(10)(11) Johnnie Temple, vcl/g; Charlie Mc Coy, g; Joshua Altheimer, pno; unknown, string-bass. Chicago, 14 mai 1937
(12)(13)(14) Johnnie Temple, vcl; Joe Mc Coy, g; Charlie Mc Coy, g; Odell Rand, clt; Horace Malcolm, pno; John Lindsay, bs; Fred Flynn, dms. New York City, 6 octobre 1937
(15)(16)(17)(18) same as above. New York City, 22 avril 1938

CD 2           
1. WHEN THE BREATH BIDS YOUR GIRL FRIEND’S BODY GOODBYE          91519-A-De 7564        2’38   
2. BIG LEG WOMAN   91520-A-De 7547      2’51 
3. WHAT A FOOL I’VE BEEN           91521-A-De 7573    2’43  
4. GRINDING MILL        91522-A-De 7583      2’44 
5. BETWEEN MIDNIGHT AND DAWN            91523-A-De 7547 2’54 
6. WALKIN’ BLUES   91524-A-De 7564      2’55 
7. JELLY ROLL BERT         65203-A-De 7573          2’50 
8. UP TODAY AND DOWN TOMORROW  65204-A-De 7632   3’01  
9. THE SUN GOES DOWN IN BLOOD     65206-A-De 7632      2’55
10. BETTER NOT LET MY GOOD GAL CATCH YOU HERE        65207-A-De 7583      2’57
11. IF I COULD HOLLER     65208-A-De 7599        2’46
12. STREAMLINE BLUES       91757-A-De 7660      3’01
13. GOOD SUZIE     91758-A-De 7643    2’57
14. DOWN IN MISSISSIPPI     91759-A-De 7643      2’43
15. EVIL BAD WOMAN       91760-A-De 7660          2’48
16. CHERRY BALL     91761-A-De 7678      3’02
17. LET’S GET TOGETHER 91762-A-De 7678          2’59
18. SKIN AND BONES WOMAN 67490-A-De 7750      3’06

All titles by Johnnie Temple
(1)(2)(3)(4)(5)(6) Johnnie Temple, vcl/g; Joshua Altheimer, pno; Odell Rand, clt; prob. John Lindsay, bs. Chicago, 17 octobre 1938
(7)(8)(9)(10)(11) Johnnie Temple, vcl/g; Teddy Bunn, g; Sammy Price, pno; bs. Chicago, 6 mars 1939
(12)(13)(14)(15)(16)(17) Johnnie Temple, vcl; Lonnie Johnson, g; Sammy Price, pno; John Robinson, clt; John Lindsay, bs. Chicago, 13 septembre 1939
(18) Johnnie Temple, vcl; Al Casey, g; Sammy Price, pno; Buster Bailey, clt; Herb Cowans, dms. New York City, 4 avril 1940

La “génération spontanée” n’existe nulle part. Dans le blues non plus. Johnnie Temple, un bluesman du Mississippi, a été un des liens essentiels entre les premiers géants du Delta blues comme Tommy Johnson ou Skip James qu’il a bien connus et Robert Johnson qui s’est largement inspiré des premiers 78t de Johnnie Temple, paroles, manière de chanter et utilisation des basses marchantes.Venu très tôt à Chicago, Johnnie Temple a aussi été un des tout premiers à y accommoder le blues du Mississippi en un ensemble orchestral qui préfigure le futur Chicago blues de l’après-guerre. Dans les années 40-50, son orchestre comprendra d’ailleurs Elmore James, Homesick James, Billy Boy Arnold et Big Walter Horton! Temple, ayant alors abandonné le blues et la musique pour retourner dans le Mississippi et y devenir pasteur, est aujourd’hui injustement méconnu.Ce coffret se propose donc de faire découvrir le meilleur de l’oeuvre d’un des grands innovateurs du blues.

JACKSON BLUES
Comme pour beaucoup de grands noms du blues d’avant-guerre, la vie de Johnnie Temple est fort peu connue. En fait, nous ne disposons que d’une seule interview, effectuée par le remarquable chercheur américain David Evans en septembre 1967, un an avant la mort de l’artiste.Johnnie Temple est né le 18 octobre 1906 ou 1908 à Canton, Mississippi, de Tobe Temple et sa femme, née Marimb (ou Marimba) Barte. Celle-ci était probablement née dans les Caraïbes comme l’atteste le surnom “Geechie” donné à Johnnie Temple dans sa jeunesse, ce terme signifiant en général un Noir originaire des îles. Le père, un pauvre métayer, meurt ou bien abandonne sa famille, forçant Johnnie et sa mère à s’installer à Jackson, la capitale de l’Etat du Mississippi vers 1920. Mme Temple vit en faisant des ménages et se remarie assez rapidement avec le pasteur Lucien “Slim” Duckett qui prêche ses sermons en jouant de la guitare. C’est Duckett qui apprend au fils de son épouse à jouer de la guitare. Duckett - qui aura à plusieurs reprises l’intention de mener une carrière de musicien professionnel - enregistrera quatre beaux titres de Gospel en décembre 1930 pour Okeh dont un swinguant When the Saints go marching in.Mais cet excellent beau-père, qui connaît tous les guitaristes de la région, introduit aussi le jeune Johnnie dans l’importante et très riche scène musicale noire de Jackson. Dans les années 20, celle-ci comprend le string-band de la famille Chatmon et leur parent Walter Vincson, connus sous le nom des Mississippi Sheiks; Ishman Bracey; le pianiste Little Brother Mont­­gomery... Johnnie rencontrera même plusieurs fois Charlie Patton dont la fougue rageuse et le jeu de scène extraverti laisseront une marque durable sur le jeune homme. Temple se lie particulièrement avec le chanteur-guitariste Tommy Johnson qui obtient en 1928 une série de succès avec certains des plus beaux blues jamais enregistrés (Canned Heat blues; Big road blues; Cool drink of water; Big fat mama). Temple fera venir plus tard Tommy à Chicago mais le grand bluesman, devenu un rude alcoolique, sera incapable de remplir ses contrats. Mais la musique de Tommy Johnson restera toujours une des influences dominantes chez Temple.

Les frères Charlie et Joe Mc Coy, un duo très dynamique qui anime certaines des soirées les plus chaudes de la capitale du Mississippi, deviennent aussi de proches amis de Temple qui envisage de plus en plus de les imiter et de gagner sa vie avec sa musique. Avec, en plus, les conseils de son beau-père de Révérend qui a appris la Bible au jeune Johnnie et l’a même envoyé à l’école
secondaire, fait très rare pour un Noir de cette époque. Temple, désormais très lié aux frères Mc Coy, va suivre leur cheminement musical exemplaire. Les Mc Coy ont joué un rôle capital dans l’histoire du blues d’avant-guerre. Eux aussi proches de Tommy Johnson, ils commencent à enregistrer dans un style d’essence rurale mais avec des idées d’orchestration extrêmement mo­dernes. Une manière que Joe prolonge avec sa femme Memphis Minnie durant plusieurs années. Les Mc Coy finiront par s’installer définitivement à Chicago dans les années 30 en compagnie de leur vieil associé et ami Johnnie Temple. Leurs carrières ne cesseront de se croiser et d’évoluer en parallèle.Temple n’a cependant été qu’un petit nom à Jackson par rapport à ses fréquentations. Malgré une habileté à composer des blues d’essence très élaborée qui le place parmi les meilleures “plumes” du Mississippi. Au début des années 30, il partage une petite chambre en ville avec Skip James, un musicien venu de la bourgade de Bentonia afin, lui aussi, de réussir à Jackson. James et Temple passent une audition auprès de H.C. Speir, un talent-scout et propriétaire de bazar de la capitale du Mississippi. Mais seul James est retenu, part enregistrer en février 1931 dans les studios nordistes une séance mémorable riche de chefs d’oeuvre qui, hélas, n’auront aucun succès. Cet échec laisse un Skip James - de nature déjà guère expansive ni optimiste - amer et désabusé qui retourne dans sa campagne et abandonne la vie de musicien professionnel... Jusqu’à sa redécouverte dans les années 60 !Mais les mois passés en compagnie de Skip James ont été extrêmement importants pour Johnnie Temple, totalement fasciné par le style singulier et torturé de son compagnon de chambre, un mélange de passion et de détachement, une âme tourmentée et des compositions vibrantes et imagées. Temple va s’approprier une partie de la manière et du répertoire de James, enregistrant plusieurs morceaux dans cette veine.

A CHICAGO
Temple tente plusieurs fois de convaincre Speir de le faire enregistrer. Mais Speir, en général très avisé, ne décèle sans doute pas un talent suffisant chez Johnnie et élude ses propositions. De guerre lasse, Temple et son beau-père, Slim Duckett, mis en appétit par sa séance de 1930, gagnent Chicago sans doute en 1932 afin d’y tenter leur chance. Mais la grande cité des bords du Lac Michigan n’est guère accueillante et la scène musicale noire est largement trustée par des noms établis et groupés autour de producteurs comme J. Mayo Williams ou, surtout, Lester Melrose. Duckett perd très vite ses illusions et rentre dans sa paroisse du Mississippi. Temple s’accroche. Il forme un duo de deux guitares avec l’excellent Willie B. James et se produit essentiellement sur les marchés et au coin des rues.Willie B. James est bientôt recruté comme musicien de studio par Bluebird et Vocalion (on peut l’entendre notamment derrière Tampa Red dans le coffret que nous avons consacré à ce musicien: Tampa Red FA 257). Une fois de plus, Johnnie Temple reste sur la touche. Il semble avoir alors fortement douté de ses capacités à réussir dans la musique et a songé à tout abandonner. Quoi qu’il en soit, il ne fait sa première apparition en studio que le 14 mai 1935, grâce à ses vieux compagnons de Jackson, Charlie et Joe Mc Coy - des noms déjà importants sur la scène musicale noire de Chicago.Pour Temple, le coup d’essai s’avère être un coup de maître artistique. En compagnie du seul Charlie Mc Coy, Johnnie grave quatre titres (ici intégralement réédités), tous de grands chefs- d’oeuvre du blues des années 30 et, dans la manière et l’esprit, très largement en avance sur leur temps. L’essence de Lead pencil blues ou The Evil Devil blues (dérivé de Skip James) vient d’évidence du terreau rural profond.

Mais la diction, la qualité des textes arriment ces morceaux à un nouveau blues urbain. Par-dessus tout peut-être, le jeu et l’interaction des guitares (basses marchantes et arpèges) annoncent pratiquement le futur jeu des guitaristes du Chicago blues orchestral d’après-guerre. L’impact de ces titres ser
a considérable sur les apprentis-bluesmen de l’époque, notamment Robert Johnson.Cependant, en termes commerciaux, ces quatre blues sont des échecs. Temple craint beaucoup de ne plus jamais avoir la chance de revenir en studio. Il aurait d’ailleurs probablement rejoint son beau-père à Jackson si, à ce moment-là, il n’avait pas été engagé comme mandoliniste (un instrument qu’il pratiquait aussi bien que la guitare) dans un orchestre à cordes dirigé une fois de plus par les frères Mc Coy et qui gagnait alors beaucoup de dollars en jouant pour les soirées et les fêtes siciliennes du dimanche après-midi organisées par la Mafia de Chicago, notamment Al Capone ! Le répertoire de cet orchestre était bien davantage composé des airs à la mode de l’époque ainsi que des thèmes traditionnels de Naples et de la Sicile que de blues ! Dommage qu’aucun témoignage de leur répertoire n’ait été enregistré...Temple analyse les raisons de l’échec commercial de sa première séance. Dans un environnement de plus en plus sophistiqué et urbain, il pense que ses blues ont un fumet trop rural pour rencontrer les faveurs du public noir de Chicago. Il prend alors des leçons de guitare jazz et durant toute la suite de sa carrière, il enregistrera uniquement sa guitare jouée en accords rythmiques du jazz d’alors. Le paradoxe est que ses basses marchantes, pratiquées par des dizaines de ses émules, deviendront la marque caractéristique du Chicago blues !

LOUISE LOUISE BLUES
Le deuxième enregistrement de Temple est très largement dû à l’arrivée dans le monde du blues d’une nouvelle compagnie aux dents longues, le britannique Decca qui est à la recherche de nouveaux talents susceptibles de concurrencer les deux autres labels spécialisés dans le genre. Temple doit attendre le 12 novembre 1936 pour que Decca lui fasse signe. Il est toujours en compagnie de Charlie Mc Coy mais cette fois associé aussi à un pianiste très urbain, peut-être Joshua Altheimer ou Jimmie Gordon. Le fond du Mississippi blues demeure mais largement adapté aux sons à la mode, les duos guitare/piano à la Leroy Carr/Scrapper Blackwell. Louise Louise blues a d’emblée un fort impact commercial, ce qui permettra à Johnnie Temple de signer un contrat sur deux ans. Mais le titre -aujourd’hui un standard du blues- deviendra surtout un énorme succès national lorsque les chefs d’orchestre Bob Crosby et Derwood Brown (cf Western Swing FA 032) les reprendront en 1937-38. Temple, éduqué et ne faisant confiance qu’à lui-même, a déposé ce titre comme tous les autres, au bureau du copyright, une pratique extrêmement rare pour un artiste noir de l’époque. Cette méfiance et cette volonté de ne pas être roulé par un producteur indélicat (et, à l’époque, aucun n’avait la délicatesse de partager les royalties avec un bluesman noir!) expliquent peut-être aussi le fait que Temple ait dû attendre si longtemps pour pouvoir enregistrer des disques.

Toujours est-il que Louise Louise blues installe Temple dans le gotha des noms importants du blues. Le 14 mai 1937, il enregistre six titres, toujours en compagnie de Mc Coy et Altheimer, mais avec l’adjonction d’un contrebassiste qui donne à la séance une assise considérable. New Louise Louise blues qui exploite le succès précédent engendre aussi des grosses ventes, suivi de très près par le superbe Peepin’ through the keyhole. Dès lors, Temple devient un des chouchous de Decca et un habitué des studios. Les Mc Coy, toujours à l’avant-garde, ont créé un orchestre largement inspiré du succès des groupes de Western Swing (mi-jazz mi-Hillbilly), les Harlem Hamfats qui mêlent les instruments du New Orleans aux manières du blues rural. Les Hamfats sont, à notre avis, les précurseurs les plus évidents du Rhythm & Blues. Ils connaissent un très gros succès dans les quartiers noirs des grandes villes. On ne sait pas qui a eu l’idée de faire enregistrer Johnnie Temple avec les Harlem Hamfats. Toujours est-il que toutes les séances où ils figurent ensemble sont remarquables, associant la gravité un peu sentencieuse du blues rural mâtiné de Gospel que développe au mieux Johnnie avec la fougue débridée des Hamfats. En outre, la longue et profonde amitié qui lie les Mc Coy à Temple se traduit par une complicité harmonieuse qui transparaît dans toutes ces séances. Presque tous les titres enregistrés par Temple avec les Harlem Hamfats sont des succès commerciaux.

DES SUCCES JUSQU’EN 1941
Outre ces deux mémorables séances d’enregistrement effectuées par Temple avec les Hamfats, Johnnie enregistre aussi à Chicago ou à New York avec plusieurs formations orchestrales, notamment l’orchestre du pianiste Sammy Price qui présente le guitariste de jazz Teddy Bunn. Les accompagnateurs de Temple sont dès lors certains des sidemen les plus recherchés de l’époque: Lonnie Johnson, Joshua Altheimer, Al Casey, Lil Armstrong... Malgré leur constante amitié, Temple n’enregistrera plus avec les Harlem Hamfats des frères Mc Coy, désormais sous contrat avec le label rival de Decca, Vocalion.L’ambiance jazzy est désormais une des constantes des disques gravés par Johnnie Temple. Cependant, le feeling est immanquablement celui du Mississippi. Et des fortes réminiscences de Skip James, Tommy Johnson, des Mississippi Sheiks demeureront toujours très apparentes, conférant à ces enregistrements un feeling terrien. Un blues profond jazzifié... La formule est très originale et vaut à Johnnie Temple de constants succès jusqu’en 1940. “Jelly Roll Bert”, “Big Leg woman”, “Streamline blues”, “Cherry ball” (encore une pièce due à Skip James)... Le Petrillo’s ban (cette interdiction de tout enregistrement entre 1942 et 1944, aussi bien pour des raisons d’économie de matières premières que sous la pression des syndicats de musiciens inquiets de la concurrence des juke-boxes) sonne, comme pour beaucoup de grands noms du blues d’avant-guerre, plus ou moins le glas de la carrière de Johnnie Temple. Decca ressort en 1946 un 78t qui couple Louise Louise blues et Big leg woman qui figure dans les classements de musique noire de cette année-là. Mais les grandes compagnies ont largement abandonné le blues, laissant après la guerre le champ libre à des indépendants aux petits moyens mais aux dents longues qui favorisent l’émergence d’artistes plus jeunes et, à Chicago, d’inspiration notablement plus ouvertement rurale. Temple réussit à enregistrer pour King en 1946 (avec un bon orchestre de Chicago blues électrique), en solo à la guitare et au chant (ce sera la première et seule fois!) en 1947. Il met un point final à sa carrière discographique en 1949 avec deux titres pour l’obscur label Miracle.

LE RETOUR A LA RELIGION DANS LE SUD
Mais Temple demeure une figure populaire dans les clubs de Chicago. A l’instar de Tampa Red, il s’entoure d’une pléiade de jeunes talents venus du Sud pour former un brillant orchestre de Chicago blues électrique qui comprendra au fil des années Billy Boy Arnold, Elmore James, Homesick James, Baby Face Leroy Foster, Big Walter Horton, peut-être Bo Diddley... Lorsque ses protégés ont tous lancé leur propre carrière personnelle, Temple abandonne le ghetto, fonde un nouvel orchestre, les Rolling Four qui joue blues, airs de Variétés et jazz et anime les bars à cocktails des banlieues chics de clientèle blanche comme le célèbre Hollywood Club.Mais, pour Temple, les années 50 marquent véritablement la fin de sa vie de musicien professionnel. Soit en 1955, soit en 1959, il décide de quitter définitivement Chicago, regagne Jackson et devient, à l’instar de son beau-père Slim Duckett, un pasteur très apprécié de sa paroisse. Il ne dédaigne pas, à l’occasion, agrémenter ses sermons chantés d’un jeu de guitare en basses marchantes qui ont tant influencé le cours du Chicago blues.

Les années 60 voient la “redécouverte” de plusieurs grands noms du Delta blues. Mais Johnnie Temple a une réputation bien trop urbaine et jazzy pour attirer l’attention des amateurs blancs d’alors. Seul le chercheur David Evans vient le voir dans sa modeste maison du Mississippi. Le vieux maître ne joue plus guère de guitare, ressort son instrument du placard. Mais c’est une guitare que Temple n’arrive plus à accorder correctement. Et des cafards s’échappent du corps de sa belle Gibson électrique! L’interview que réalise alors Evans provoque un certain courant d’intérêt parmi les lecteurs de Blues Unlimited, la seule revue spécialisée en blues dans le monde. Temple envisage à ce moment-là de recréer un orchestre avec Big Walter Horton, toujours prêt à s’engouffrer dans une entreprise improbable.Mais un cancer rongeait Temple depuis plusieurs années. Le 22 novembre 1968, il meurt dans sa maison de Jackson, un événement qui passe tellement inaperçu que je ferai figurer un ? à la date de sa mort dans les premières éditions de mon Encyclopédie du blues.Une réévaluation de son oeuvre est absolument nécessaire. Et c’est le but de ce coffret de la série “The Blues” qui installe Johnnie Temple aux côtés de Big Bill Broonzy, John Lee “Sonny Boy” Williamson, Tampa Red, Peetie Wheatstraw, Robert Johnson et d’autres maîtres du blues d’avant-guerre. Sa place.
Gérard Herzhaft
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA 1997

LES TITRES
Lead pencil blues : La première séance d’enregistrement de Johnnie Temple le 14 mai 1935 a lieu pour Vocalion. Temple est un artiste ayant déjà une longue carrière professionnelle derrière lui. Skip James, Tommy Johnson, les frères Mc Coy sont les influences les plus évidentes sur ces quatre magnifiques titres qui sont de facto dans la grande tradition du blues du Mississippi. Temple et son vieil ami Charlie Mc Coy sont aux guitares avec un effet de “walking basses” déjà exploré par les Mc Coy sur Baltimore blues (cf Blues.36 chefs d’oeuvre FA 033) qui aura un impact considérable sur Robert Johnson et tout le futur Chicago blues. Le solo de Mc Coy, très moderne, annonce aussi la manière de Jimmy Rogers ou Robert Jr Lockwood, piliers du Chicago blues électrique de l’après-guerre.

Jacksonville blues : Sur ce titre, inspiré du chanteur-guitariste de Jackson, Bubba Brown (Doodleville blues), Temple a aussi un pied dans le passé, un dans le futur. Ce qui demeurera la caractéristique de presque toute son oeuvre enregistrée jusqu’ en 1941.

Big boat whistle :
Des paroles sentimentales à la façon de certaines ballades Hillbilly de l’époque, une diction impeccable (Temple détaille les syllabes de I heard a mighty rumbling) mais un duo de guitares qui renvoie encore à certaines faces de Memphis Minnie/Kansas Joe Mc Coy.

The evil devil blues : Ce magnifique titre est une adaptation très fidèle du Devil got my woman de Skip James avec qui Temple avait partagé sa chambre à Jackson. Ce morceau avait déjà été adapté par Joe Mc Coy sous le même titre de Evil Devil blues le 16 août 1934. Le chant en falsetto de Temple, riche et vibrant, crée une tension très forte. En écoutant ces premiers titres enregistrés par Johnnie, on regrette que deux inédits de la même séance, Morning prayer blues et Cypress grove blues (sans doute aussi dérivé de de Skip James) n’aient pas été retrouvés.

New Vicksburg blues : Malgré leur grande réussite artistique, les quatre morceaux précédents se sont très mal vendus et ont failli sonner le glas de la carrière discographique de Johnnie Temple. Le bluesman en tire les conclusions qu’il faut gommer son aspect trop rural. Lorsque Decca lui offre une nouvelle chance, un an et demi plus tard!, il change complètement de style de guitare et adjoint à Charlie Mc Coy les talents d’un pianiste, sans doute Joshua Altheimer. Mais les racines du Mississippi demeurent apparentes dans ce Vicksburg blues, tiré du répertoire de Little Brother Montgomery et qui n’est qu’une variante des 44 blues et autres Roll and tumble. Temple conserve une grande partie de ses qualités vocales mais y ajoutera dès lors une forte touche des manières de Big Bill Broonzy et Peetie Whetastraw, les nec plus ultra du blues urbain d’alors.

Louise Louise blues : Avec Louise Louise blues, Temple tient enfin le “Hit” qui le consacre comme un des grands bluesmen de son temps. On appréciera l’énorme travail effectué par Charlie Mc Coy à la guitare particulièrement efficace derrière Temple qui chante, de façon irrésistible, “Louise Louise, the sweetest girl I know/ She may walk from Chicago to the Gulf of Mexico”. Ce morceau sera repris par d’innombrables musiciens de blues, de jazz et de Country Music!

Snapping cat : Le 14 mai 1937, Temple urbanise encore plus sa musique avec l’adjonction d’un contrebassiste particulièrement musclé. Encore une fois, le jeu de guitare de Charlie Mc Coy est d’une grande modernité pour l’époque et la structure du morceau en stop and go évoque fortement Big Bill Broonzy.

New Louise Louise blues : En réalité, Decca a fait surtout revenir Temple dans les studios à cause du succès que connaissent les Musical Brownies, un groupe de Western Swing avec la reprise le 19 février 1937 de Louise Louise blues (cf Western Swing FA 032). Ce New Louise Louise blues continue les aventures de Louise : “Louise left me this morning, she never said a word/ And she left me about something that she heard”.... Dès le 9 septembre 1937, Blind Boy Fuller enregistrera ce titre et le chef d’orchestre Bob Crosby en fera de même l’année suivante, permettant à Johnnie Temple d’encaisser plusieurs milliers de dollars de royalties!

Peeping through the keyhole : Le pianiste Joshua Altheimer est, comme très souvent, remarquable sur ce titre qui fait beaucoup penser à du Big Bill Broonzy mâtiné de Delta blues.

Pimple blues : Toujours le même feeling très urbain dans ce blues à double sens.

East Saint Louis blues : Malgré tout, Temple conserve toujours des racines rurales très apparentes comme sur cet East Saint Louis blues qui est bâti sur un canevas (et des paroles) à la Blind Lemon Jefferson : “Well, I walk all the way from East Saint Louis today/ And I didn’t have no lousy dime to pave my way”.

Hoodoo women : Les frères Mc Coy, toujours à l’avant-garde, ont formé une version “blues” du Western Swing, les Harlem Hamfats qui mixent le blues du Mississippi avec les instruments de la Nouvelle Orléans plus une forte touche de Pop de l’époque! Le succès des Hamfats est d’emblée considérable auprès des Noirs des ghettos urbains comme ceux de Chicago ou New York. Decca va associer Johnnie Temple aux Harlem Hamfats pour deux séances New Yorkaises (6 octobre 1937 et 22 avril 1938) débridées.

Mama’s bad luck child : Ce blues est différent du My last goodbye to you de Big Bill Broonzy que reprendra Muddy Waters sous le titre de ... Mother’s bad luck child après la guerre!

Mean baby blues : Le rythme est très marqué dans ce blues très dansant et la partie de Horace Malcolm , le pianiste des Hamfats et un vieux compagnon de Temple depuis les années à Jackson, est bigrement efficace. “ Please don’t treat me so low down/ If you’re going to dog me, I’m like a doggone hound”.

Every dog must have his day : Ce morceau appartient à la deuxième séance New-Yorkaise avec les Harlem Hamfats, encore plus sophistiquée et urbaine que la précédente. Le rythme et l’ambiance du jazz New Orleans sont particulièrement nets dans ce titre qui provient d’ailleurs, de façon à peine déguisée, de ce genre.

Fare you well : Un titre très “soft”, avec une ambiance jazzy et cool qui plaisait tant aux Noirs urbains des années 30.

Stavin’ chain : Toujours cette même ambiance mais les paroles (“Well I wonder what’s the matter with my stavin’ chain’”) proviennent des plus vieilles sources du blues rural! Toujours cette alliance propre à Johnnie Temple.

County jail blues : Un blues que reprendra tel quel Muddy Waters et James Cotton. Les Harlem Hamfats provenaient presque tous du terreau du Mississippi blues et étaient très capables de donner la profondeur nécessaire à un morceau aussi grave que ce County jail blues, en fait une modernisation du Prison bound blues de Leroy Carr/ Scrapper Blackwell.

When the breath bids your girl friend’s body good bye : Malgré les succès commerciaux provoqués par leur association, Johnnie Temple et les Harlem Hamfats n’enregistreront plus ensemble. Pour une nouvelle séance du 17 octobre 1938, seul le clarinettiste Odell Rand demeure parmi les Hamfats dans ce morceau mi-Pop mi-New Orleans.

Big Leg woman : Mais la formule (un pied dans le Mississippi, l’autre dans la grande ville) favorite de Temple est encore largement employée. Big leg woman est un magnifique morceau, adapté de Tommy Johnson et Bukka White, avec un irrésistible chant en falsetto. Même Odell Rand sonne “downhome”! “She rolled her belly like she rolled her dough” chante Temple dans la grande tradition du Delta blues. Big leg woman obtient un énorme succès populaire et sera repris bien plus tard par Isaac Tolbert et Freddie King!

What a fool I’ve been : Un morceau très moderne de Chicago blues avec une remarquable partie de piano par Altheimer qui annonce nettement le jeu d’un Otis Spann. Là aussi, les paroles font mouche : “What a fool I’ve been ever since I’ve been your boyfriend/ You’ve taken my money and spent it with other men”.

Grinding mill : Encore un blues aux métaphores sexuelles à peine voilées (ici sur l’impuissance) qui renvoie aux plus belles heures des duos Memphis Minnie/ Joe Mc Coy.

Between midnight and dawn : Une ballade sentimentale sur un rythme de Delta blues... la garantie du meilleur Johnnie Temple. Encore une splendide partie de piano d’Altheimer.

Walkin’ blues : Ce Walkin’ blues n’a que de très lointains rapports avec le morceau de Son House/Robert Johnson. La mélodie est la même que celle de Big leg woman et il y a d’importants emprunts aux textes de Ishman Bracey (Saturday blues) et Tommy Johnson. “I’m going to Chicago I’m going to tell the news/ The women in Mississippi, they don’t wear no shoes/ That’s why I’m cryin’, I got those walkin’ blues/... When you go to Mississippi, carry with you plenty pairs of shoes/ The women down there will give you them walkin’ blues...”

Jelly Roll Bert :
Le label Decca est celui qui est allé le plus loin dans le mariage du blues et du jazz, au point parfois de susciter des unions bien étranges. En 1939, l’orchestre-maison de Decca est celui de Sammy Price/Teddy Bunn, ici associé à Johnnie Temple. Malgré l’excellence de tous ces musiciens, Odell Rand manque singulièrement et Temple paraît nettement moins à l’aise sur ce blues graveleux. Le solo de guitare de Bunn, swinguant et précis, est un régal.

Up today and down tomorrow : Un blues très jazzy avec le même groupe. Temple semble peu impliqué.

The sun goes down in blood : Price et Bunn essaient d’imiter (avec difficulté) le duo Leroy Carr/Scrapper Blackwell sur un blues très similaire à ce que faisait le tandem d’Indianapolis. Les textes de Temple sont pleins de puissantes images. “The sun goes down, the moon begins to rise in blood/ Life ain’t worth living if you ain’t with the one you love”.

Better not let my good gal catch you here : Encore une pièce à la gloire des femmes ultra-sexy du Sud, ce blues est en fait une version jazzy du Saturday blues d’Ishman Bracey. Cette séance de mars 1939 qui se voulait la plus “à la mode” possible n’engendre aucun succès pour Temple.

If I could holler : Une nouvelle mouture, bien moins réussie malgré un bon Sammy Price au piano, de Big boat whistle, enregistré par Temple lors de sa première séance en studio.

Streamline blues : Les ventes des disques de Johnnie marquent le pas. Le 13 septembre 1939, Decca essaie une nouvelle formule : Price est toujours là mais l’ultra-jazzy Teddy Bunn est remplacé par Lonnie Johnson, un fréquent gage de succès à cette époque. La clarinette , qui était devenue une marque des blues de Johnnie Temple, est de retour, cette fois soufflée par John Robinson. Temple lui-même est grandiose : son chant tendu, terriblement down home, avec des effets déchirants de falsetto donne une dimension quasi-tragique à un morceau aux paroles assez banales.

Good Suzie : Encore une fois, la mélodie et l’esprit de Big leg woman (une imagerie sexuelle à peine voilée à la gloire des prouesses des femmes aux longues jambes) dominent ce Good Suzie. “ Good ol’ Suzie, she’s got rusty knees/ Good ole Sally she won’t rob and steal... can’t do nothing but cook those black-eyed peas...”

Down in Mississippi : La nostalgie du Mississippi que chante ici Temple n’est visiblement pas qu’un artifice commercial. C’est avec une forte conviction que Temple relate son émotion lorsqu’il retourne “au pays”. Un superbe solo de Lonnie Johnson concoure aussi à la réussite du morceau. “When I go down in Mississippi, cold chills run down my chin/ But a-many of my friends, well, I have a chance to meet/ When I was down in Mississippi, my friend Jody treat me fine/ If they wouldn’t buy me corn whiskey, he was buying me beer and red wine...”

Evil bad woman : Encore une tentative de retrouver l’esprit de ses débuts, cet Evil bad woman a désormais, avec Price et Johnson, une atmosphère bien différente de celle qu’engendraient les frères Mc Coy !

Cherry Ball : A nouveau, Temple utilise une composition de Skip James. Comme à chaque fois, c’est une réussite artistique et un succès commercial. Price et Johnson sont tous deux excellents et leurs manières ultra-sophistiquées donnent une couleur particulièrement originale à ce morceau typique du Delta blues.

Let’s get together : Une ballade semi-sentimentale, exhortation à bien traiter sa femme, visiblement inspirée du Love her with a feeling de Tampa Red. Le chant en falsetto de Temple est toujours aussi efficace.

Skin and bones woman : Le dernier morceau de notre sélection date du 4 avril 1940 et présente Temple particulièrement peu à l’aise avec un Sammy Price dominant, le clarinettiste Buster Bailey qui ne sait pas trop que faire derrière le chanteur et le guitariste de jazz (il venait de chez Fats Waller) Al Casey, totalement hors du coup. Malgré tout, Temple réussit à injecter une certaine force à cette nouvelle ode aux femmes du Sud ultra-sexy : “I got a big fat mama and a little bitty mama too/ I’m going to tell my big mama what my little mama can do/ I have a big fat mama made up like a rolling stone/ Everytime she kisses me she makes my blood run warm...”
Gérard HERZHAFT,
Auteur de “Le Blues” (Que Sais-je? n˚1956), “Encyclopédie du Blues (Seghers-Laffont) et des coffrets “Blues.36 chefs-d’oeuvre”, “Harmonica blues” et “Western Swing” chez Frémeaux & Associés.
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA 1997

SOURCES : Cet article s’inspire en partie de l’interview donnée par Johnnie Temple à David Evans (Blues Unlimited. 09/68). Ainsi que sur la consultation de divers magazines tels que Blues World, Juke Blues, Soul Bag.(Toutes les transcriptions des blues sont de Gérard Herzhaft)

english notes
JOHNNIE TEMPLE
FROM MISSISSIPPI TO CHICAGO, 1935-1940

The spontaneous generation does not exist, even when it comes to the blues.  The Mississippi bluesman Johnnie Temple was a major link between the Delta blues giants such as Tommy Johnson or Skip James, and Robert Johnson, who was obviously influenced by Temple’s style of music.He was also one of the first musicians to adapt the Mississippi blues to an orchestral arrangement, this being before the post-war Chicago blues.  In the 40’s and 50’s his orchestra included Elmore James, Homesick James, Billy Boy Arnold and Big Walter Horton.  Unfortunately Johnnie Temple was more or less forgotten after his departure to Mississippi where he became a pastor.We hope that this collection will initiate you to the works of one of the blue’s greatest pioneers.

JACKSON BLUES
Little is known of Johnnie Temple’s life, as is the case of many of the pre-war blues artists.   The only interview we have trace of was made by the American David Evans in September 1967,  just a year before Temple passed away.Johnnie Temple was born on the 18th October 1906 or 1908 in Canton, Mississippi, and was the son of Tobe Temple and his wife Marimb (or Marimba) Barte.  Johnnie was nicknamed «Geechie» when he was young, suggesting that his mother may have been of Caribbean origin.  His father was a poor share-cropper who either died or left his family, obliging Johnnie and his mother to move to Jackson, the Mississippi capital, around 1920.  His mother got by with cleaning jobs and shortly remarried a guitar-playing pastor, Lucien «Slim» Duckett, who shared his musical knowledge with his stepson.  In December 1930 Duckett recorded four interesting Gospel numbers for Okeh, including When the Saints go marching in.Johnnie’s stepfather knew all the right contacts in the area and introduced Johnnie to the lively black music scene in Jackson.  In the twenties this included the Chatmon family’s string-band and Walter Vincson, otherwise known as the Mississippi Sheiks, Ishman  Bracey, and the pianist Little Brother Montgomery.  Johnnie even met Charlie Patton on several occasions and was impressed by his wild and extroverted style and performance.  Temple became particularly friendly with the singer and guitarist Tommy Johnson,, whose career was especially successful in 1928 when he recorded some of the most splendid blues numbers (Canned Heat Blues, Big Road Blues, Cool Drink of Water, Big Fat Mama).  At a later date Temple summoned Tommy to Chicago, but the once-tremendous bluesman then suffered from a serious drinking problem and was unable to fulfill his contracts.  Nevertheless, Johnson’s music remained one of the main influencing factors during Temple’s musical career.The dynamic Charlie and Joe Mc Coy duo, who brightened up many a night in Jackson with their splendid performances, also became Johnnie’s close friends, and Johnnie became increasingly tempted to try his luck at making his fortune from the music scene.  He had already benefited from an unusually rich religious and academic education for a black man at that time, thanks to his stepfather, and he finally decided to follow the Mc Coy brothers’ example. 

The Mc Coys also played an important role in the pre-war blues, and their recordings had a rather rural note combined with a very modern style of orchestration.  Joe continued his career for many years with his wife Memphis Minnie.  The Mc Coys finally settled down in Chicago with their old friend Johnnie Temple in the thirties and their respective careers often crossed paths and evolved together.Despite Temple’s gift for elaborate blues compositions, his name remained insignificant in Jackson.  In the early thirties he shared a room with the Bentonian musician, Skip James, whose aim was also to become famous in the capital.  They both went to an audition with the talent-spotter and bazaar owner, H.C. Speir but only James was retained and he consequently recorded several master-pieces in a session in February 1931 in the northerner studios, which, unfortunately, were unsuccessful.  Skip James was already rather introverted and pessimistic, and this failure left him bitter, inciting him to return back home, abandoning his music - until his comeback in the sixties!The months that Johnnie spent in Skip’s company, however, made a big impact on him.  He was fascinated by his original and tortured style, with its mixture of passion and detatchment, and his vibrant and vivid compositions.  This influence was reproduced in his own music, which consequently influenced other novices, especially Robert Johnson.

TO CHICAGO
On several occasions Temple attempted to persuade Speir to give him a recording session but he refused, unconvinced of Johnnie’s talent.   Eventually, in 1932, Temple and Slim Duckett, motivated by his 1930 success, decided to try their luck in Chicago.  The city on the banks of Lake Michigan, however, lacked hospitality, and the black music scene was dominated by established artists revolving around producers such as J. Mayo Williams and Lester Melrose.  Duckett was disillusioned and rapidly returned to his parish, but Temple didn’t give up and formed a guitar duo with the excellent Willie B. James, mainly performing in markets and on street corners.Willie B. James was then hired as a studio musician for Bluebird and Vocalion (he can be heard playing behind Tampa Red in the collection dedicated to this musician (Tampa Red FA).  Temple was left in the cold once more, and probably started to seriously doubt his abilities.   His perseverence finally bore fruit and he made his first studio entrance on the 14th May 1935, thanks to the Mc Coy brothers, who had already made a name for themselves in Chicago.This opportunity enabled him to reveal his talent.  With Charlie Mc Coy at his side, Johnnie made four cuts (all of which are republished here), the greatest blues numbers of the thirties, all on an extremely avant-garde note.

The underlying flavour of Lead Pencil and The Evil Devil Blues (derived from Skip James) is essentially earthy and rural, whereas the lyrics have a distinct urban tone.  Moreover, the guitar interaction precedes the future guitar style of the post-war orchestral Chicago blues.  These tracks had a huge impact on the blues novices, Robert Johnson in particular.Commercially speaking, these four tracks were of no avail, leaving Temple uncertain of any future studio sessions.  He would have probably returned to Jackson, but was suddenly hired as a mandolinist (an instrument which he also mastered) in the Mc Coy brother’s string orchestra, which was then raking in the dollars with parties and Sunday afternoon Sicilian celebrations organized by the Chicago Mafia, including Al Capone!  Their repertoire strayed somewhat from the blues, also including period hits and traditional Sicilian and Napolitan airs.  Unfortunately no recordings were made of their music.Temple tried to analyse the reasons for the commercial failure of his first session, and esteemed that his style was too rural for the sophisticated Chicago tastes.  He decided to take jazz guitar lessons and from that point only used the then modern rhythmic chords.  Paradoxically, it was his former style, copied by numerous rivals, that characterized the Chicago blues!

LOUISE LOUISE BLUES
Temple’s second recording session was mainly due to the arrival in the blues world of the influential record company, Decca, who were on the lookout for new talent in order to compete against the other two specialized lables.  Decca contacted him on the 12th November 1936, when he was accompanied by Charlie Mc Coy and a pianist, perhaps Joshua Altheimer or Jimmie Gordon.  The Mississippi blues is indeed present, but was adapted to more fashionable sounds with a Leroy Carr/Scrapper Blackwell style guitar/piano duos.  Louise Louise Blues became a hit enabling Temple to sign a two-year contract.  This number became an even bigger hit when it was interpreted by the band leaders Bob Crosby and Derwood Brown (cf Western Swing FA 032).The Delta blues were revived somewhat in the sixties, but the new white fans neglected Johnnie Temple due to his urban and jazz style.  David Evans was the only person to seek him out in the interest of his research and managed to persuade him to take his cockroach-ridden Gibson, which he had lost the knack of tuning, out of the cupboard.  His interview featured in Blues Unlimited, and produced sufficient interest to stimulate Temple into starting up a new orchestra with Big Walter Horton.However, he already had cancer, and died with little ceremony on the 22nd November 1968 somewhere in Jackson.His works deserve a place next to Big Bill Broonzy, John Lee «Sonny Boy» Williamson, Tampa Red, Peetie Wheatstraw, Robert Johnson and the other blues giants, which is why we have dedicated this collection to him.

THE TITLES
Lead pencil blues:  Johnnie Temple’s first recording session on the 14th May 1935 for Vocalion.  One can distinguish the influence of Skip James, Tommy Johnson and the Mc Coy brothers behind these four wonderful Mississippi tracks.  Temple and Charlie Mc Coy interprete the walking basses that the Mc Coys had already experimented with (Baltimore blues - cf Blues 36 chefs d’oeuvre FA 033), and which had a huge impact on Robert Johnson and the Chicago blues to come.  Mc Coy’s modern style also precedes the post-war Chicago electric blues of Jimmy Rogers and Robert Jr Lockwood.

Jacksonville blues:  Inspired by Bubba Brown (Doodleville blues), Temple conjures up the past and the future, which characterized his style until 1941.

Big boat whistle:  With a certain Hillbilly sentimental style, influenced by the Memphis Minnie/Kansas Joe McCoy guitar duo.

The evil devil blues:  Adapted from Skip James’ Devil got my Woman, which Joe Mc Coy had already adapted on the 16th August 1934 under the title of Evil Devil Blues.  After hearing his rousing technique, it is a shame that the other cuts of the session, Morning Prayer and Cypress Grove Blues have not been found.

New Vicksburg blues:  Despite the artistic value of the first four tracks, the sales were disappointing and nearly ended Johnnie Temple’s career.  He subsequently abandoned his rural style, and his guitar playing was quite different when Decca gave him another chance, a year and a half later.  Here, he is accompanied by Charlie Mc Coy and a pianist, probably Joshua Altheimer.  His Mississippi roots can nevertheless be heard in this number originally interpreted by Little Brother Montgomery and which is no other than a variation of 44 blues and Roll and tumble.  His talents as a vocalist are mingled with the influence of Big Bill Broonzy and Peetie Whetastraw.

Louise Louise blues:  This was the hit that put him in the rank of the great bluesmen of his time.  Charlie Mc Coy on the guitar complements Johnnie’s singing perfectly, including the irresistible lyrics «Louise Louise, the sweetest girl I know/ She may walk from Chicago to the Gulf of Mexico».   This number was later taken up by numerous blues, jazz and country musicians.

Snapping cat:  The group included a contrebass, heightening the urban tone.   Charlie Mc Coy’s playing is once again avant-garde, and the stop and go style reminds us of Big Bill Broonzy. 

New Louise Louise blues:  Decca’s main reason for calling back Temple was due to the successful interpretation of Louise Louise Blues (cf Western Swing FA 032) by the Western Swing group, the Musical Brownies.  Louise’s adventures continue here:  «Louise left me this morning, she never said a word/ And  she left me about something that she heard».  The song was taken up by Blind Boy Fuller in 1937, and by the band-leader, Bob Crosby, the following year, enabling Johnnie to rake in the royalties.

Peeping through the keyhole:  Joshua Altheimer on the piano is exceptional in this number, reminiscent of Big Bill Broonzy.

Pimple blues:  A blues number with a double meaning, again with an urban undertone.

East Saint Louis blues:  Temple’s rural upbringing is distinct in this number:  «Well, I walk all the way from East Saint Louis today/ And I didn’t have no lousy dime to pave my way».

Hoodoo women:  The Mc Coy brothers concocted a blues version of Western Swing, the Harlem Hamfats managed to mix Mississippi blues with instuments from New Orleans and a touch of period pop music!  The Hamfats were very popular in the ghettos, and joined up with Temple for two Decca recording sessions in New York on the 6th October 1937 and 22nd April 1938.

Mama’s bad luck child:  A different blues from Big Bill Broonzy’s My last goodbye to you, which in turn was interpreted by Muddy Waters after the war under the title, Mother’s bad luck child!

Mean baby blues:  A good dance rhythm, superbly accompanied by Temple’s old Jackson friend and the Hamfats’ pianist, Horace Malcolm.  «Please don’t treat me so low down/ If you’re going to dog me, I’m like a doggone hound».

Every dog must have his day:  One of the numbers recorded during the second New York session with the Harlem Hamfats.  Distinctly sophisticated and urbane, with a blatent New Orleans jazz rhythm and style.

Fare you well:  A soft jazzy number as appealed to the black town-dwellers in the thirties.

Stavin’ chain: 
The overall feeling is the same, but the lyrics evoke country blues, «Well I wonder what’s the matter with my stavin’ chain».

County jail blues:  This number was later interpreted by others, such as Muddy Waters and James Cotton.  The members of the Harlem Hamfats were almost all of Mississippi blues origin, thus providing the necessary depth for this track, which is in fact a modernized version of Leroy Carr/Scrapper Blackwell’s Prison bound blues.

When the breath bids your girl friend’s body goodbye:  Despite the commercial success of their collaboration, Temple and the Harlem Hamfats no longer recorded together.  In this session on the 17th October 1938, only the Hamfats’ clarinettist, Odell Rand was present in this pop-come-New Orleans track.

Big Leg Woman:  This fabulous number, adapted from Tommy Johnson and Bukka White, again combines Temple’s Mississippi/urban style.  In the true Delta blues style, Temple sings «She rolled her belly like she rolled her dough».  This song became very popular, and was later taken up by Isaac Tolbert and Freddie King!

What a fool I’ve been:  A modern Chicago blues number with Altheimer’s spendid piano accompaniment.  Including more catchy lyrics, «What a fool I’ve been ever since I’ve been your boyfriend/ You’ve taken my money and spent it with other men».

Grinding mill:  Another blues song with sexual imagery (impotence in this case), capturing some of the best moments of the Memphis Minnie/Joe Mc Coy duo.

Walkin’ blues:  Vaguely related to Son House/Robert Johnson’s number.  It shares the same tune as Big leg woman and a large part of the lyrics were taken from Ishman Bracey (Saturday blues) and Tommy Johnson.  «I’m going to Chicago I’m going to tell the news/ The women in Mississippi, they don’t wear no shoes/ That’s why I’m cryin’, I got those walkin’ blues/ ... When you go to Mississippi, carry with you plenty pairs of shoes/ The women down there will give you them walkin’ blues...»

Jelly Roll Bert:  Decca certainly went the furthest when it came to combining blues and jazz, and sometimes produced strange cocktails.  In 1939, Decca’s orchestra (with Sammy Price and Teddy Bunn) played with Johnnie Temple.  Despite the competance of all the musicians, Odell Rand was not present and Temple does not come over as relaxed as usual.  Bunn’s guitar solo is fabulous.

Up today and down tomorrow:  A jazzy blues number with the same group, but Temple’s participation is minimal.

The sun goes down in blood: 
Price and Bunn try their hand (with difficulty) at imitating the Leroy Carr/Scrapper Blackwell duo.  Temple’s lyrics are again colourful,»The sun goes down, the moon begins to rise in blood/ Life ain’t worth living if you ain’t with the one you love».

Better not let my good gal catch you here:  Another song dedicated to the sexy Southern women, and is actually a jazzed-up version of Ishman Bracey’s Saturday Blues.  This March 1939 session, however, was not fructuous for Temple.

If I could holler:  Despite Sammy Price’s good piano accompaniment, this version of Big boat whistle, recorded during Temple’s first studio session, was not too successful.

Streamline blues: On the 13th September 1939 Decca experimented with a new combination of musicians.  We still find Price, but Teddy Bunn is replaced by Lonnie Johnson.  John Robinson is on the clarinet.  Temple’s performance is magnificent with his down home style of singing, which compensates the banal lyrics.

Good Suzie:  Reminiscent of Big leg woman with its sexual imagery hinting on the feat of long-legged women.  «Good ol’ Suzie, she’s got rusty knees/ Good ole Sally she won’t rob and steal;;; can’t do nothing but cook those black-eyed peas...»

Down in Mississippi:  Temple obviously sings about his nostalgia for Mississippi for commercial reasons.  Lonnie Johnson’s superb solo contributes to the song’s success.  «When I go down in Mississippi, cold chills run down my chin/ But a-many of my friends well I have a chance to meet/ When I was down in Mississippi, my friend Jody treat me fine/ If they wouldn’t buy me corn whiskey, he was buying me beer and red wine...»

Evil bad woman:  An attempt to revive his original style, but with Price and Johnson at his side, the atmosphere is quite different from that created by the Mc Coy brothers.

Cherry Ball:  Another Skip James composition, and another success.  Price and Johnson are excellent and give an original note to this typical Delta blues number.

Let’s get together:  A rather sentimental ballad, blatently inspired from Tampa Red’s Love her with a feeling.  Temple’s falsetto singing is again of quality.

Skin and bones woman:  The final track of this collection was recorded on the 4th April 1940 and reunites a rather uneasy Temple dominated by Sammy Price, Buster Bailey on the clarinet and Fats Waller’s guitarist Al Casey, both of whom were not on great form.  Despite these handicaps, Temple manages to keep our attention with yet another ode to the sexy Southern women:  «I got a big fat mama and a little bitty mama too/ I’m going to tell my big mama what my little mama can do/ I have a big fat mama made up like a rolling stone/ Everytime she kisses me she makes my blood run warm...»
Adapted by Laure Wright from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS SA 1997

CD Johnnie Temple © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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