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HANK WILLIAMS MOANIN’
THE BLUES
1947-1951









Personne ne symbolise davantage la Country Music de l’après-guerre que Hank Williams. Il a largement contribué à s’inspirer de la tradition pour en redéfinir les éléments et à les moderniser. Son influence continue largement à se faire sentir. Et personne n’a autant fait pour étendre au reste de l’Amérique et au monde entier ce qui était avant lui d’abord un genre régional. Durant sa courte vie, Hank Williams a enregistré une oeuvre brillante, connu un moment d’énorme succès et composé certains des plus grands standards de la Country Music repris par d’innombrables artistes bien au-delà de ce domaine.Mais c’est sa vie tourmentée, sa figure de  loser  aux traits tragiques ainsi que l’atmosphère de blues irrémédiable dans laquelle baigne toute son oeuvre qui ont forgé sa légende. Hank Williams est à juste titre considéré comme un des artistes les plus importants de la musique populaire du XXe siècle.

UNE ENFANCE DIFFICILE
Pour la plupart des habitants du Sud des Etats- Unis, Blancs et Noirs, la vie était dure, pauvre, sans espérance, à l’horizon limité. Hank Williams n’a pas échappé à la règle.Hiram (ou Hiriam) Williams naît le 17 septembre 1923 à Mount Olive West dans l’Alabama, le troisième et dernier enfant de Elonzo Huble Williams, d’ascendance en partie Cherokee et de son épouse Jessie «Lillie» Skipper. L’enfant est chétif, sans vigueur, handicapé par le spina bifida, une maladie congénitale de la moelle épinière. Cela lui donne une démarche claudicante, penchée en avant. On l’appellera toujours Harm ou Skeets avant qu’il impose lui-même  Hank . Le père, Elonzo, «Lon» est un petit forestier qui passe l’essentiel de son temps à boire les revenus du ménage. Son alcoolisme lui vaudra d’être hospitalisé et interné durant de longues années à partir de 1930 et c’est Lillie qui doit élever la famille. Elle déménage chez des parents dans la bourgade voisine de Georgiana où Hank sera élevé avec ses cousins, les Mc Neils. Les revenus sont faibles et, dès l’âge de huit ans, Hank passe plus de temps comme vendeur à la sauvette pour arrondir les fins de mois de la famille que sur les bancs de l’école. Lillie qui tient l’orgue à l’Eglise locale s’aperçoit de l’intérêt de son fils pour la musique et l’envoie suivre les cours d’une école de gospel affiliée à l’Eglise Méthodiste de James D. Vaughan (cf Country Gospel FA 055). Il apprend le système de notation musicale dit des shaped notes mais encore davantage la manière de façonner des folk hymnodies: comment s’adresser à un public semi-illettré et lui faire comprendre avec des mélodies simples et des mots courants la profondeur de ses sentiments. Les nombreux gospels composés par Hank Williams viennent en droite ligne de cette courte et unique formation. Mais le reste de son oeuvre - morbi­dité, superstition, malédiction menaçante, sens du péché - est certainement aussi redevable de cette expérience.C’est en traînant dans les rues de Georgiana que Hank rencontre Rufus (Rufe) Payne, un guitariste et chanteur noir surnommé Tee-Tot à cause de sa boisson favorite: un mélange d’alcool maison et de thé.

Quand il ne joue pas blues et folk songs, Tee-Tot travaille comme livreur du principal drugstore de la bourgade. Comme le dira Hank dans une interview au Montgomery Advisor en 1951 :Tee-Tot jouait dans les rues de la ville et dans les bars du quartier noir. Il fallait voir comment il s’y prenait pour mettre tous ceux qui l’écoutaient dans sa poche, les Noirs comme les Blancs. Moi, je cirais les chaussures, je vendais des journaux et surtout je suivais ce vieux Noir pour qu’il m’apprenne ses trucs, à jouer de la guitare comme lui... Tout ce que je sais en musique vient de ce vieux Rufe.Payne se plaindra à Lillie de ce que son fils le colle un peu trop mais il lui donnera les leçons demandées. Grâce à Rufe, Hank Williams acquière le sens du rythme et du tempo, ce swing paresseux même sur les morceaux rapides et ce feeling bluesy qui baignent toute sa musique et qui sont une des clés de son succès.A cause de ses insuffisances physiques, les seuls loisirs de Hank sont la musique et le cinéma le samedi après-midi. Comme beaucoup de jeunes ruraux de l’époque, il s’identifie aux vedettes des westerns chantants et porte bientôt chapeau de cow-boy, ceinture et bottes.C’est ainsi que sa vocation de musicien se dessine. Lorsqu’en juillet 1937, sa mère part s’installer à Montgomery, une des grandes villes de l’Alabama, pour y tenir une pension de famille, Hank se met à jouer avec des orchestres Hillbilly locaux et à composer des chansons. En 1940, il n’a plus d’autre profession que celle de musicien qu’il exerce au sein de petits medicine shows. Employé d’un médecin  auto-proclamé, Hank est le musicien-bonimenteur qui joue et chante à partir de l’arrière d’une camionnette avant de vendre l’élixir miracle qui guérirait tout.

AUDREY ET LES DEBUTS EN STUDIO
C’est au cours d’un de ces medicine shows que, durant l’été 1943, Hank va séduire une jeune spectatrice, Audrey Mae Sheppard. Audrey qui est née la même année que Hank avait déjà été mariée et mère d’une petite fille, Lycrecia Guy, qui vivra avec Hank durant leurs années de vie commune. Malgré une absence de talent autant vocal que scénique que tout le monde soulignera, Audrey a aussi l’ambition de devenir une chanteuse de Country et elle fera tout pour être associée au succès de Hank. Le couple s’unit officiellement en décembre 1944 tandis que Hank Williams commence à attirer l’attention au-delà des medicine shows et des bars miteux qui étaient son lot depuis qu’il avait entrepris une carrière de musicien.Cependant, il est déjà un des favoris du public de Montgomery. On le voit jouer presque chaque soir, dans les pires Honky Tonks blancs, finissant généralement par se saouler et se bagarrer, ce qui lui vaudra de nombreuses cicatrices. Il joue aussi fréquemment dans les bars du quartier noir où il se produit avec des musiciens de blues, chantant des standards comme Matchbox blues ou Bottle up and go que, malheureusement, il n’enregistrera jamais. En outre, il assure souvent les premières parties de nombre de vedettes de la Country Music lorsqu’elles viennent se produire à Montgomery. C’est ainsi qu’il peut faire la connaissance de plusieurs de ceux dont il apprécie beaucoup la musique. Il rencontre celui qu’il place au-dessus de tous les autres, Roy Acuff, sans doute en 1945, et réussit à l’intéresser à ses compositions. Il fait de même avec le chef d’orchestre de Western Swing, Pee Wee King et lui vend un de ses spirituals, Peace will come que King enregistrera.Grâce à Audrey, il fait traiter son alcoolisme en 1945 et réussira ainsi à rester sobre quelques années. Hank et Audrey gagnent Nashville. Le plus important programme radiophonique de Country Music, le Grand Ole Opry le refuse mais Hank réussit quand même à vendre quelques unes de ses compositions à Molly O’Day (cf Country Gospel FA 055) qui enregistre Six more miles to the graveyard et I don’t care if tomorrow never comes).

Le succès de ces titres attire l’attention des producteurs Fred et Wesley Rose qui ont, avec Roy Acuff, créé Acuff/Rose Inc., une entreprise d’édition musicale qui comprendra le gotha de la Country Music. Lorsque le financier Al Middleman, propriétaire du label indépendant Sterling, cherche à créer un catalogue Country, les Rose lui recommandent Hank Williams. C’est ainsi que Hank fait ses débuts en studio accompagné des Wills Brothers, un groupe de Country traditionnelle, le 11 décembre 1946. Il n’enregistre alors que des spirituals, ce qui ne lui vaut qu’un petit succès d’estime, l’heure étant alors bien davantage aux chansons pour  Honky Tonks  à la façon swinguante et débridée de la Country Music californienne qu’à des gospels parlant de Dieu, de la mort et de sa maman. Sterling reçoit le message: la voix de Hank a attiré l’attention mais le public veut autre chose de plus moderneLe 13 février 1947, Hank Williams grave une nouvelle séance pour Sterling et recadre sa musique. Derrière lui, les Wills Brothers au son montagnard ont été remplacés par des musiciens de Nashville avec probablement le guitariste électrique très jazzy, Little Joe Pennington. Hank signe une première version de Honky Tonk blues ainsi que I don’t care et surtout le brillant Pan American (que nous présentons ici), une ancienne pièce du folklore américain à propos d’un train entièrement transfigurée par le swing de Hank et du guitariste électrique.Cette fois, le succès est au rendez-vous. Les 78t atteignent des ventes suffisantes pour que Sterling ne puisse plus suivre sa  vedette  et que les Rose s’avisent de l’avenir de leur poulain. Ils prennent alors sa carrière en main.

MGM ET LE SUCCES
En mars 1947, le géant de Hollywood, MGM, décide de se lancer dans le marché du disque, notamment dans le secteur Country & Western. On confie à Frank Walker, un producteur-vétéran de chez RCA, le soin de faire signer sur MGM des vedettes confirmées (ce sera le cas de Bob Wills: cf Bob Wills FA 164) ou de nouveaux talents prometteurs. Fred Rose recommande tout de suite Hank Williams.Le 21 avril 1947, Hank enregistre sa première séance pour MGM avec l’orchestre de Red Foley, notamment le superbe guitariste Zeke Turner et le fiddler Tommy Jackson. Cela donne deux remarquables pièces: I saw the light, l’archétype du gospel à la Hank Williams, empli de mouvement et d’âme; et surtout Move it on over, une formidable pièce swinguante sur tempo rapide qui annonce nettement le Rockabilly à venir. Les leçons de Rufe Payne ont de toute évidence porté leurs fruits! Le public ne s’y trompe pas. Et avec la distribution importante de MGM, Move it on over entre dans le Hit Parade  Country & Western  dès août 1947. Le magazine professionnel Billboard consacre sa première page à Hank Williams et le surnomme  le Sinatra de la ballade western !Cela vaut à Hank un surcroît de concerts et de tournées, cette fois mieux payés. Mais Rose et Walker sentent le potentiel de leur artiste. Ils le ramènent dans les studios début août pour une nouvelle séance d’enregistrement avec Zeke Turner qui aboutit à Fly trouble, une pièce à l’humour débridée qui évoque les meilleures compositions de Merle Travis, une des grandes vedettes de la Country Music de l’époque.

Professionnellement, l’année 1947 se termine bien pour Hank Williams. Il est en train de devenir une vedette de la Country Music, attire les foules partout où il passe et touche plus de 20.000 $ de royalties, ce qui lui permet d’acheter une maison à Montgomery, un manteau de vison à Audrey et une autre maison pour sa mère Lillie. L’évènement est salué par la presse locale. Mais la vie personnelle de Hank est nettement moins brillante. Audrey ne cesse de le harceler pour participer à ses shows et enregistrer elle aussi des disques, multiplie les infidélités conjugales et dépense sans compter jusqu’à provoquer l’exaspération de Fred et Wesley Rose qui mettent en garde Hank Williams. Lui souffre énormément de sa colonne vertébrale, recommence à boire, devient égoïste, violent, s’affiche avec des jeunes admiratrices qui lui soutirent le maximum d’argent et dont il ne se souvient plus le lendemain. Tout cela aboutit à un premier di­vorce entre Hank et Audrey le 26 mai 1948, au grand dam de Hank qui avoue toujours son amour pour sa compagne, malgré les aléas de leur vie commune.

LE LOUISIANA HAYRIDE MAIS LOVESICK BLUES
Dans ces années d’après-guerre, une vedette n’était vraiment consacrée qu’en animant un spectacle radiophonique, sponsorisé par d’importants moyens publicitaires. Rose approche à plusieurs reprises le Grand Ole Opry, le programme n°1 de Country Music basé à Nashville. Mais les dirigeants du spectacle rechignent à employer un homme aussi peu ouvertement  vertueux que Hank Williams. Fred et Wesley Rose proposent alors leur artiste au Louisiana Hayride, un tout nouveau programme de Country & Western, diffusé par la station KWKH depuis Shreveport. Le public de cette région - beaucoup d’ouvriers du pétrole de Louisiane et du Texas - est traditionnellement très tourné vers la Country Music électrique et dansante et peu regardant sur les mœurs de ses favoris.Le programme démarre modestement en avril 1948 avec Kitty Wells et les Bailes Brothers. C’est Hank qui va en quelques mois faire du Louisiana Hayride le grand concurrent du Grand Ole Opry. Dès ses premières apparitions, à la tête de ses Drifting Cowboys, son orchestre régulier, Hank électrise le public et sa réputation se répand comme une traînée de poudre dans toute la région. Il joue de façon incessante le reste de la semaine dans des clubs texans et louisianais dont on doit repousser les murs tant la foule vient en masse l’applaudir. Cette flamme du public ravive celle de Audrey qui renoue avec son ancien mari, vient vivre avec lui à Shreveport et ne tarde pas à tomber enceinte. A nouveau, mais avec toujours la même réponse gênée de ses interlocuteurs, elle tente une carrière personnelle.

En décembre 1948, après la fin d’un long boycott des studios par le Syndicat des Musiciens, Hank Williams retourne enregistrer, cette fois à Cincinnati, dans les studios du label King, entouré de certains des meilleurs sidemen maison, une nouvelle fois le guitariste Zeke Turner plus Louis Innis, le steel-guitariste Jerry Byrd et le fiddler Tommy Jackson. Hank qui connaît désormais les réactions de son public s’affirme de plus en plus face à un Fred Rose rigide et têtu. Malgré les objections de Rose, il enregistre Lovesick blues, une pièce du Vaudeville américain, popularisée dans les années 20 par la vedette « blackface « Emmit Miller, mais que Hank a connue d’après une version notablement plus country de Rex Griffin. Mais Hank Williams et ses musiciens transfigurent complètement le morceau et en font une chanson qui semble constamment osciller entre la bluette amusante et la confession tragique.Dès sa sortie, Lovesick blues rencontre les faveurs du public, d’abord dans le Sud Ouest puis à Nashville, enfin partout aux Etats Unis. En mars 1949, Lovesick blues s’installe à la première place du classement national de Country & Western et y restera seize semaines puis demeurera dans le Hit Parade jusqu’en février 1950! Fait exceptionnel, le titre pénétrera aussi dans les Hit Parades Pop bien peu ouverts à la Country Music, donnant l’idée à des crooners de New York ou de Hollywood d’interpréter des chansons de Hank Williams en les arrangeant. Certes, Jimmie Davis, Ernest Tubb et Pee Wee King avaient ouvert cette voie financièrement si fructueuse de la reconnaissance et de la rappropriation nordiste de la Country Music mais c’est vraiment Hank Williams qui la concrétisera définitivement.Jusqu’à présent, Hank Williams était un artiste important de la Country Music. Lovesick blues lui donne soudain un statut de superstar. Il devient la tête d’affiche permanente du Louisiana Hayride et est sollicité pour des tournées nationales.

SUPERSTAR ET LE GRAND OLE OPRY
Durant l’une d’elles, il est la vedette d’un show comprenant des noms de la Country Music dont, quelques années plus tôt, il n’aurait assumé que les premières parties à Montgomery: Ernest Tubb, Red Foley ou Cowboy Copas. En fréquentant de près ses collègues, il réalise qu’il n’est pas le seul à s’adonner à la boisson et à mener une vie dissolue. Leurs beuveries durant cette tournée sont restées célèbres.Le 26 mai 1949, Audrey donne naissance à Hank Jr que son père va surnommer Bocephus, le nom du cheval d’Alexandre le Grand, mais surtout celui de la marionnette que le très populaire Rod Brasfield anime sur scène. Cette nouvelle vie de famille entre Hank et Audrey se concrétise par un remariage le 9 août 1949. Pendant un temps, la nouvelle responsabilité d’un enfant semble pousser Hank à vivre autrement. Le Grand Ole Opry ne peut plus ignorer celui qui est devenu la super-vedette de la Country Music et fait à Hank un pont d’or afin qu’il rejoigne son programme à Nashville. Le contrat précise cependant que Hank doit rester sobre sur scène et ne pas rater un seul des spectacles prévus. En juillet 1949, Hank fait ses adieux au Louisiana Hayride face à des milliers de fans en pleurs qui lui réclament 17 rappels! Le même mois, il débute au Grand Ole Opry. En novembre 1949, il fait partie d’une sélection de l’Opry destinée à se produire dans les bases militaires américaines en Europe. Une nouvelle fois, il est la vedette parmi un aréopage de stars confirmées: Red Foley, Roy Acuff, Little Jimmy Dickens, Minnie Pearl...

A Francfort, Munich, Vienne, Berlin ou sur le chemin du retour aux Bermudes, Hank Williams est accueilli en véritable superstar par des GI’s qui ne sont pourtant pas tous des fans de Country Music.A son retour, Hank signe un contrat d’exclusivité avec le manager Oscar Davis aux contacts et à la réussite légendaires. Avec ses disques, il continue d’engranger succès sur succès: Lovesick blues se serait vendu en 1949 et 1950 à deux millions d’exemplaires. Wedding bells, I’m so lonesome I could cry et My bucket’s got a hole in it atteignent chacun la deuxième place des Hit Parades tandis que Long gone lonesome blues et Why don’t you love me? sont n° 1. En fait, pratiquement tous ses 78t prennent place dans les classements, souvent dans les dix premières places!Pendant quelques mois, Hank joue six soirs sur sept, réussit à demeurer plutôt sobre et multiplie les interviews dans lesquelles il jure avoir définitivement renoncé à l’alcool et se vouer entièrement à sa musique et à sa famille. C’est sans compter avec ses vieux démons et avec Audrey. Leur bonne entente qui a suivi la naissance de Hank Jr ne dure guère. Très vite, elle ne cesse de harceler son mari afin qu’il en fasse elle aussi une vedette de la Country Music, prend les refus des producteurs et des organisateurs de spectacles comme autant de coups bas de la part de Hank.

Ici et là, le couple apparaît ensemble sou le nom de Audrey & Hank. De guerre lasse, la MGM accepte même d’enregistrer la dame en vedette accompagnée des Drifting Cowboys mais elle ne suscite aucun intérêt de la part d’un public qui ne veut que Hank Williams. Et les critiques sont épouvantables, l’un conseillant même à «Mme Hank Williams de renoncer à chanter et de s’occuper plutôt de l’alimentation de son mari qui est d’une maigreur cadavérique». De même, Hank insistera pour enregistrer des monologues parlés moralisateurs sous le nom de «Luke the Drifter» qui se vendront d’ailleurs très mal.Sa santé va de pire en pire. Il est en proie à des douleurs de la colonne vertébrale de plus en plus insupportables, ce qui l’amène à prendre des sédatifs de plus en plus puissants, notamment de la morphine dont il ne peut bientôt plus se passer. Les bagarres avec Audrey reprennent de plus belle, notamment lorsque Hank, rentrant plus tôt d’un concert la surprend en galante compagnie.

MOANIN’ THE BLUES
Très vite, Hank retrouve ses habitudes d’alcoolique. Ses excès d’alcool s’additionnent avec ceux de sédatifs. Peu à peu, il semble suivre les traces de son père sur le chemin de la folie éthylique. Il apparaît de plus en plus souvent sur scène l’air hagard, n’arrive parfois plus à jouer et doit laisser sa place à ses musiciens. Un soir, ivre mort, il met le feu à son hôtel. Pendant ce temps, Audrey continue de dilapider les énormes sommes qu’il gagne. Hank n’a jamais beaucoup écouté les conseils de sobriété que son entourage lui prodiguait. Mais maintenant, il s’enferme dans son monde et ne répond plus aux remarques que par de l’autodérision ou des accès de violence furieuse. A la fin de l’année 1950, Oscar Davis refuse de continuer à le manager.Malgré cela, le succès de Hank Williams ne cesse de s’amplifier et ses disques se vendent par centaines de milliers dans toute l’Amérique. Ses seuls challengers dans la Country Music sont alors Hank Snow et Lefty Frizzell avec lequel il tourne à plusieurs reprises. La rivalité et la froideur des premiers contacts entre les deux principaux créateurs de la Country Music moderne céderont la place à une réelle camaraderie. Après quelques tentatives infructueuses avec des musiciens de studio, Fred Rose accepte que Hank enregistre avec ses Drifting Cowboys. Vivant avec lui une bonne partie de l’année, prenant soin de lui sur scène comme sur la route ou à l’hôtel, ils ont l’habitude de le mettre en conditions et obtenir le meilleur de lui-même. Il faut dire un mot de ces excellents musiciens que sont le guitariste électrique Sammy Pruett, le steel-guitariste Don Helms, le violoniste Jerry Rivers ou le bassiste Hillous Butrum. Ils assurent à leur légendaire leader un soutien sans faille, un rythme constant et une atmosphère pleine de feeling.La séance du 31 août 1950 est particulièrement réussie avec Moanin’ the blues, encore un chef d’œuvre et un nouveau succès du disque. Celle de mars 1951, toujours avec les Drifting Cowboys, est du même superbe niveau avec des compositions aussi remarquables que Howlin’ at the moon et Hey good looking que - selon Little Jimmy Dickens - Hank aurait écrites en une heure durant un trajet d’avion dans lequel ils voyageaient côte à côte!

Hey good looking atteint la deuxième place des Hit Parades de Country & Western et est repris par le crooner italo-américain Frankie Laine qui en fait un grand succès de Variétés.Les activités abondantes de Hank Williams ne reflètent pas la réalité de son état de santé et il ne se passe pas de mois sans que la presse musicale n’annonce une nouvelle concernant la superstar de la Country Music. Il publie sous son nom « Hank Williams tells how to write Folk and Western Music to sell «, un manuel assez vague d’ailleurs sur la manière de composer des chansons à succès dans le domaine de la Country Music. En fait, le livre est écrit par Jimmy Rule, un professeur de mathématiques qui gravite dans le monde musical de Nashville. MGM, impressionné par le charisme sur scène de Hank Williams, lui propose de faire carrière à Hollywood. Hank, plutôt récalcitrant, accepte de gagner la Californie. Il apparaît dans différents spectacles télévisés à la mode (The Kate Smith Evening Hour ou The Perry Como Show), ce qui lui vaut l’attention de gens qui n’écoutaient jamais de Country Music. Il fait quelques bouts d’essais cinématographiques sous la direction de Dore Schary, un des producteurs très influents de la MGM. Mais Hank ne semble pas vraiment désireux de tenter sa chance dans le cinéma. La première rencontre avec Schary est restée dans les annales tellement elle a été catastrophique: Hank pose ses bottes sur le bureau du producteur, rabat son stetson sur ses yeux et répond aux questions par des monosyllabes ou des grognements!

Plus tard, Hank Williams confiera : «J’aurai bien voulu jouer au cinéma mais je n’aimais pas ces gens avec leurs bonnes manières pleines de condescendance».Sa réputation de compositeur ne cesse de s’étendre. Il est sollicité par tous les grands chanteurs de Pop américaine: Tony Bennett, Frankie Laine, Bing Crosby, Rosemary Clooney, Bob Hope...Mais sa vie privée semble de plus en plus chaotique. Son spina bifida lui cause des douleurs permanentes de plus en plus insoutenables Il décide de se faire opérer en mars 1951 et place tous ses espoirs dans cette intervention. Mais la chirurgie ne donne rien d’autre qu’une nouvelle souffrance supplémentaire. Alors, il boit de plus en plus, se drogue toujours davantage. Il est hospitalisé d’urgence en mai 1951 en proie à une crise de démence éthylique et encore à plusieurs reprises dans l’année. Quant à ses soirées, elles finissent toujours par des bagarres plus ou moins violentes et des séjours en prison. Son mariage est un échec total: Audrey, à nouveau enceinte, décide seule d’avorter, multiplie les infidélités. Un soir, Hank lui tire dessus. Le couple se sépare enfin en janvier 1952. Hank décide alors de revenir habiter chez sa mère !

LA DERNIERE ANNEE
Le divorce définitif sera prononcé en juillet 1952 au large bénéfice de Audrey. Non seulement elle obtient la garde de Hank Jr mais aussi 50% de tous les royalties passées et à venir sur les compositions de Hank Williams à la seule condition qu’elle ne se remarie pas. Clause qu’elle observera avec beaucoup d’attention! Comme le résume un magazine populaire de l’époque :«She got the goldmine, he got the shaft» (Elle a obtenu la mine d’or, lui a eu le puits).Ce divorce que Hank n’avait pas réellement souhaité ne fera qu’accélérer sa déchéance. Sur le plan personnel, la dernière année de la vie de Hank Williams sera sombre, presque une longue agonie. Il a une liaison avec une de ses fans, Bobbie Jett qui prétendra longtemps après la mort de Hank qu’elle a eu une fille de lui et fera des pieds et des mains pour obtenir une partie de l’héritage! Il fait ensuite la connaissance de Billie Jean Jones, alors la petite amie du chanteur Faron Young. Billie Jean est alors âgée de 19 ans, a déjà été mariée une fois. Elle prend soin de Hank et le convainc de l’épouser en grande pompe, ce qui provoque la colère de Audrey qui tente de s’interposer, menace Hank de lui interdire définitivement de voir son fils! Malgré cela, Hank et Billie Jean se marient à la Nouvelle Orléans le 18 octobre 1952, ce qui permettra à Billie Jean de tenter, elle aussi, une carrière sous le nom de «Mrs Hank Williams» avant d’épouser Johnny Horton, une autre grande vedette de la Country Music!La santé de Hank ne cesse de se détériorer. Son spina bifida provoque des douleurs de plus en plus insupportables et maintenant une incontinence qu’il ressent comme une nouvelle déchéance physique. Cela accentue encore - si c’est possible - sa tendance à l’alcoolisme. Il reste ivre des semaines entières. Le mélange de sédatifs et d’alcool lui vaut de multiples séjours à l’hôpital. Il semble ne plus s’intéresser à son public, se contente de plus en plus souvent de jouer deux ou trois morceaux puis quitte la scène, laissant ses Drifting Cowboys gérer la colère de ses fans. Le sommet de cette désinvolture est atteint lors d’un concert à Lafayette (La).

Hank monte sur scène, sourire aux lèvres, et lance au public survolté: «Vous avez tous payé pour voir le vieil Hank, n’est-ce pas? Après de longues ovations, il reprend : Eh bien, vous m’avez vu!». Puis il tourne les talons et quitte la scène pour ne plus revenir.Malgré cela, les ventes de ses disques ne cessent d’augmenter. Les séances d’enregistrement sont de plus en plus difficiles mais donnent encore lieu à de grands moments et des succès considérables comme le magnifique Honky Tonk blues; Half as much (n°2 au Hit Parade Country & Western); Jambalaya (on the bayou) une pièce pop inspirée du musicien cajun Chuck Guillory qui atteint le n°1 du classement Country & Western en août 1952 puis passe rapidement dans les Hit Parades de Variétés; Settin’ the woods on fire et le prémonitoire I’ll never get out of this world alive qui s’installe au sommet des Hit Parades en décembre 1952, quelques jours avant la mort de Hank.Ces énormes succès du disque lui valent de nouveaux engagements prestigieux qu’il a du mal à honorer. Il joue à Las Vegas plusieurs soirs devant un public en smoking qui l’applaudit poliment. «Ils me glaçaient le sang» dira-t-il de cette expérience. Après Jambalaya et face à une demande constante des auditeurs, le Grand Ole Opry lui propose de le reprendre en vedette de son spectacle. Les plus grosses stars des Variétés américaines reprennent ses chansons en les arrangeant à la sauce pop et le sollicitent encore et toujours afin qu’il leur compose des textes. Mais Hank n’est plus guère capable de répondre à de telles demandes. Il passe son temps dans les hôpitaux ou les prisons, rate de plus en plus de shows, est finalement exclu du Grand Ole Opry, vend tous les biens qu’il possédait à Nashville pour une bouchée de pain, retrouve une nouvelle fois le Louisiana Hayride, prêt à l’accueillir quelque soit son état.Et ce qui semblait inéluctable à ceux qui le fréquentaient de près arrive.

Le 31 décembre 1952, il engage Charles Carr, un jeune chauffeur, afin de le conduire à Canton (Ohio) où il doit jouer pour la nouvelle année. La météo est exécrable et Hank grelotte à côté de Carr, prend comme souvent un cocktail de sédatifs et d’alcool pour trouver le repos. Il s’endort enfin mais pour ne plus se réveiller. A l’aube, Carr s’arrête à une station service, secoue Hank qui ne répond plus et est déjà froid. Un médecin constatera la mort par arrêt cardiaque, sans doute dû au mélange de drogues et d’alcool.La mort de Hank Williams fait les gros titres des journaux dans tous les Etats-Unis! Son enterrement donne lieu à une manifestation gigantesque. A côté de dizaines de milliers de fans en larmes, on trouve deux veuves éplorées, le gotha de la Country Music, Ernest Tubb, Roy Acuff, Red Foley et son tube du moment I’ll never get out of this world alive est diffusé par d’énormes haut-parleurs!A cause de sa mort et de la publicité qui s’ensuit, le titre demeure dans les classements Country & Western et Variétés pendant presque toute l’année 1953, rejoint assez vite par des titres enregistrés précédemment mais pas encore édités : Your cheatin’ heart; Kaw Liga, I won’t be home no more, Take these chains from my heart, Weary blues from waitin’! Durant une bonne décennie, MGM ne cessera de fouiller dans ses archives et agrémentera démos et bouts d’essais d’orchestrations posthumes pour sortir de nouveaux titres par celui qui demeurera longtemps la plus grosse vedette de l’histoire de la Country Music.

UN CHARISME HORS DU COMMUN
L’œuvre que nous laisse Hank Williams est évidemment de tout premier plan, étonnamment remarquable pour avoir été enregistrée sur une période aussi courte. Comme beaucoup d’autres «géants» de la musique populaire américaine, Hank n’a pas véritablement innové. Il n’a certainement pas créé le genre Honky Tonk qui allait devenir la colonne vertébrale de la Country Music jusqu’à nos jours. Ernest Tubb, Merle Travis et quelques autres sont bien davantage à créditer. A ses débuts discographiques, Hank n’émarge d’ailleurs même pas à ce genre, se cantonnant à des ballades appalachiennes à la façon de Roy Acuff qui restera une de ses principales sources d’inspiration. Mais en embrassant les canons du style Honky Tonk, Hank leur a donné une profondeur émotionnelle, un éclairage particulier, un attrait irrésistible et quasiment universel. Hank, plus qu’aucun autre de ses pairs, était capable d’une introspection particulière. Mieux que nul autre, il réussissait à puiser son inspiration dans les profondeurs de son âme solitaire et tourmentée, à transformer ses démons en autant d’images puissantes qu’il savait transcrire en mots simples et en mélodies évidentes. Qui laissaient une trace indélébile chez ses auditeurs, bien au-delà des fans habituels de la Country Music.Mais quelle que soit sa grandeur, la musique enregistrée n’est qu’une des raisons de l’immense succès de Hank Williams et de sa popularité qui ne s’est pratiquement jamais démentie depuis sa mort. Tous ceux - et ils ont été très nombreux, Hank attirant jusqu’à 15000 spectateurs lors de certains de ses concerts - qui ont eu l’occasion de le voir jouer ou, mieux encore, de l’approcher ou de le connaître témoignent de son exceptionnel charisme.

Comme l’affirmera Roy Acuff : «Il suffisait de voir une fois Hank Williams pour avoir l’impression qu’on voudrait toujours l’entendre. La plupart de ses spectateurs sont devenus de fidèles fans qui ont acheté et racheté ses disques tout au long de leur vie ».C’est Allan Rankin, un journaliste de Montgomery, qui a suivi Hank qui écrit : «Hank avait une voix qui vous électrisait, faisait frissonner votre moelle épinière et se soulever la peau de votre nuque».Minnie Pearl, une des principales vedettes du comique-country, qui a souvent été en tournée avec Hank Williams témoigne elle aussi : «Hank était doté d’un véritable magnétisme animal, quelque chose qui vous prenait au fond de vous-même. Penché en avant tandis qu’il chantait et jouait, faisant rouler et tanguer son corps, toujours en mouvement, il savait séduire et captiver son auditoire en quelques secondes. Les filles, particulièrement, étaient folles de ses manières».Et Little Jimmy Dickens d’ajouter : «Dès qu’il montait sur scène, n’importe quelle scène, même le pire des Honky Tonks où personne n’écoute vraiment la musique, Hank réussissait à captiver l’audience. Il semblait hypnotiser les gens et il lui suffisait de se pencher vers le micro et d’esquisser son sourire enfantin pour qu’on entende une épingle tomber sur le sol».

LES TITRES
La sélection que nous proposons dans ce coffret n’est pas une agrégation des succès commerciaux de Hank Williams. Nous avons laissé volontairement de côté certaines pièces très pop (telles Wedding bells ou Your cheatin’ heart) au profit de titres plus bluesy ou très représentatifs du style Honky Tonk.Pour ses débuts discographiques avec Calling you et Wealth won’t save your soul, Hank Williams se place en émule intéressant de Roy Acuff, celui qu’il a souvent salué comme une de ses principales influences. Ce sont deux gospels à la façon appalachienne, pas très éloignés des premiers disques de bluegrass qui datent de la même époque. La présence des Wills Brothers renforce encore cette manière montagnarde.Pour sa deuxième séance, Hank est accompagné d’un orchestre plus moderne avec la présence d’un guitariste électrique qui est peut-être Little Joe Pennington. I don’t care (if tomorrow never comes) inaugure une longue série de compositions de Hank dans lesquelles affleure l’étrange sentiment d’une mort proche. La pièce de train, Pan American, exécutée avec entrain est signée de Hank Williams mais elle remonte aux premières heures de la Country Music et a été enregistrée dès les années 20 par De Ford Bailey et Cliff Carlisle. Cette version doit aussi beaucoup à Wabash Cannonball par Roy Acuff.Rien dans les titres précédents n’annonçait vraiment le mouvement constant et l’humour débridé de Move it on over, certainement un des morceaux les plus réussis de l’année 1947. Hank s’y montre parfaitement capable de rivaliser avec les meilleurs chanteurs de Western Swing et le solo de guitare de Zeke Turner sera recopié presque note par note par des dizaines de guitaristes du futur Rock’n’Roll.

Par bien des aspects d’ailleurs, Rock around the clock de Bill Haley paraît devoir beaucoup à ce Move it over, le premier grand succès commercial de Hank Williams.Hank et Zeke Turner récidivent dans une veine similaire avec Fly trouble, un talking blues aux paroles originales et amusantes qui est en fait un emprunt à la limite du plagiat de Smoke! Smoke! Smoke!, un grand succès d’alors pour Merle Travis et Tex Williams. Par contre, durant la même séance d’enregistrement, Hank est capable de graver aussi un gospel aussi pur et vibrant que I saw the light, devenu un des grands standards du genre jusqu’à aujourd’hui.En prévision de la grève des studios, MGM fait enregistrer une séance-mammouth à Hank Williams. Il est une fois encore accompagné des excellents Zeke Turner, Jerry Byrd et Chubby Wise. Les titres ainsi gravés en novembre 1947 seront distillés tout au long de l’année 1948 afin de satisfaire la demande d’un public de fans de plus en plus nombreux. Il y a une évidente unité dans les 7 titres issus de ces séances et que nous proposons dans ce coffret. I’m a long gone daddy est l’occasion pour Hank de s’essayer à sa manière au yodel à la Jimmie Rodgers. Il avouait n’y arriver qu’imparfaitement et avoir beaucoup d’admiration pour les grands yodelers de son temps (Roy Rogers, Elton Britt, Carolina Cotton). Toujours est-il que les effets de falsetto qu’il réussit à produire sont très originaux et seront, à leur tour, abondamment copiés! Si Mansion on the hill est encore dans la tradition appalachienne à la Roy Acuff/ Molly O’Day, I can’t get you off my mind et My sweet love ain’t around sont dans la veine sentimentale des «weepers», chansons pour Honky Tonk destinées à arracher à l’auditeur seul dans son bar «une larme qui ira mourir dans le verre de bière». Rootie Tootie, une composition de Fred Rose; Honky Tonkin’ et The blues come around se situent, par contre, dans la continuité de Move it on over et sont presque aussi réussis avec de superbes solos de guitare de Zeke Turner, particulièrement en forme.

Lorsque la grève des studios prend fin en décembre 1948, Hank est un des premiers à retourner enregistrer et grave à cette occasion un magistral chef d’oeuvre, Lovesick blues dont nous avons déjà abondamment parlé et qui propulsera Hank Williams au rang de superstar. Mind your own business, une pièce rapide enregistrée en mars 1949, cette fois avec Zeb Turner (le frère de Zeke, tout aussi swinguant et jazzy), s’inspire nettement de certains titres de Washboard Sam (comme Diggin’ my potatoes). You’re gonna change est aussi destiné à la danse et le texte, visiblement autobiographique, a fait mouche auprès des fans de Country Music. De même, la superbe version que donne Hank qui chante à la limite de la rupture, l’émouvant Lost highway, une grande composition du chanteur aveugle Leon Payne.Nous ouvrons le CD 2 avec trois titres enregistrés fin août 1949 à Cincinnati en compagnie des habituels musiciens de studio: toujours Zeke Turner et Louis Innis à la guitare, Jerry Byrd à la steel-guitare, Tommy Jackson tenant le violon. I’m so lonesome I could cry est un de ces superbes weepers si caractéristiques du style Honky Tonk. La voix de Hank est surchargée d’émotion tandis qu’il détache les syllabes de sa complainte. Mais c’est l’envers du 78t, My bucket’s got a hole in it, une pièce rapide, qui va vite monter dans les Hit Parades de Country & Western et occuper la 2ème place en novembre 1949. Ce titre, composé par Clarence Williams, est un standard du Vaudeville noir qui avait été repris de nombreuses fois par les orchestres de Western Swing, d’où Hank l’avait sans doute connu. I just don’t like this kind of living est aussi un titre sur tempo rapide (avec un excellent solo de Zeke Turner) qui pénètre dans le Top 40 en février 1950.Long gone lonesome blues est dans une veine similaire et les effets de falsetto que va chercher Hank Williams à l’intersection de son nez et de l’arrière-gorge sont particulièrement efficaces.

Le texte est aussi très savoureux avec le célèbre verset -»I come here to fish but I watch the fish swim by» - qui deviendra une des expressions favorites des Américains au début des années 50. Hank confiera que l’idée lui était venue lors d’une partie de pêche alors qu’il cherchait l’inspiration en compagnie d’un de ses amis. C’est ce dernier qui l’aurait rappelé à la réalité de sa ligne par cette phrase! Durant la même séance, Hank grave deux pièces autobiographiques, le prenant Why don’t you love me?, directement adressé à Audrey et My son calls another man daddy. Les gazettes ne taisaient aucun détail de la vie privée mouvementée de Hank et il était désormais clair pour Fred et Wesley Rose que les fans de Hank attendaient ses commentaires en chansons sur ce qu’il vivait. Malgré tout, c’est Long gone lonesome blues qui obtient le plus de succès, prenant la tête du Top 40 Country & Western en avril 1950 et entrant brièvement dans les Hit Parades Pop. Cette séance est la première pour laquelle Rose accepte d’utiliser les Drifting Cowboys, l’orchestre régulier de Hank, pour l’accompagner sur disque. A la place des arrangements du Western Swing et des solos de la guitare inventive de Zeke Turner, on a un groupe soudé derrière son leader et destiné uniquement à mettre en valeur son chant. On admirera en particulier le travail efficace du steel-guitariste Don Helms qui passe dans le registre aigu quand Hank chante dans les graves et vice-versa.Durant la séance du 9 janvier 1950, Hank enregistre une de ses pièces les plus célèbres, Moanin’ the blues, un véritable tour de force vocal avec une merveilleuse atmosphère nostalgique et bluesy. Là aussi, le public réservera un triomphe à ce chef d’oeuvre dont nous avons fait le titre de ce coffret, tant il nous semble résumer l’oeuvre et la vie de Hank Williams.

L’autre côté du 78t, Nobody’s lonesome for me est aussi une pièce sur tempo rapide dans une veine similaire.Pour sa dernière séance de l’année 1950, Hank enregistre Cold cold heart (une pièce très inspirée de You’ll still be in my heart de T-Texas Tyler) qui va non seulement être encore un grand succès pour Hank mais encore davantage pour le chanteur de Variétés, Tony Bennett qui, dans une version sur-orchestrée et sirupeuse, en vendra deux millions d’exemplaires durant l’année 1951! De quoi donner envie à l’ensemble des chanteurs pop nordistes d’interpréter du Hank Williams! Gravé le même jour, Dear John a été un petit succès pour le chanteur de Western Swing Jim Boyd et Hank en donne une lecture tout à fait différente. On remarque la présence de la guitare acoustique de Jack Shook ainsi que du fiddle très montagnard de Jerry Rivers qui donnent une atmosphère différente aux disques de Hank Williams, bien plus proche du bluegrass.Désormais, chaque fois que Hank entre en studio, les Rose sont assurés d’avoir au moins un (sinon deux voire trois) titres qui graviront très vite les Tops 40. Howlin’ at the moon est encore un superbe titre rythmé et plein d’humour, qui reflète le goût de la chasse qu’a toujours eu Hank. Les aboiements en forme de yodel sont dus à Jerry Rivers! Quant à Hey good lookin’, avec son rythme sautillant et ses références aux belles voitures et aux sodas de l’époque, il sera un énorme succès pour Hank Williams (n°1 en Country & Western) autant que pour le duo de Variétés Frankie Laine-Jo Stafford avant de figurer dans le répertoire de nombre d’artistes de Rock’n’Roll. Enfin, I can’t help it (if I’m still in love with you) qui n’atteint que la sixième place du classement pour Hank sera par contre un énorme succès pour l’orchestre de Mitch Miller.

Aucun autre artiste de Country Music - même les plus volontiers tournés vers la Pop comme Eddy Arnold - n’arrive ainsi à séduire autant de publics si hétéroclites!Durant l’été 1951, Hank, substantiellement malade, réussit encore à graver des pièces mémorables comme Lonesome whistle, d’après un vieux titre de Jimmie Davis. Hank le transfigure complètement, réussissant à imiter le sifflement du train en décomposant les syllabes du mot «lonesome» et en ponctuant chaque o d’un effet de falsetto. Performance étonnante! Les ballades sentimentales, Crazy heart et Half as much seront elles aussi reprises avec de gros succès par des chanteurs de Variétés, Roosemary Clooney et Mitch Miller. Nous terminons ce coffret par l’immortel chef-d’oeuvre du Honky Tonk, Honky Tonk blues. Hank en avait déjà enregistré des versions pas très réussies en 1947 et 1949 mais cette fois sera la bonne. Là aussi, Hank s’inspire nettement de plusieurs titres similaires enregistrés par Jimmie Davis et des groupes de Western Swing mais, bonne humeur, décontraction, humour et swing, c’est ce Honky Tonk blues-là qui deviendra le standard du genre.
Gérard HERZHAFT
Auteur (avec Jacques Brémond) du Guide de la Country Music et du Folk (Fayard)

SOURCES:
CARESS (Jay).- Hank Williams, Country Music’s tragic King.- Stein & Day, 1979
ESCOTT (Colin).- Hank Williams, The Biography.- Little & Brown, 1994
KOON (George William).- Hank Williams: a bio-bibliography.- Greenwood Press, 1983
RIVERS (Jerry).- From life to legend.- Heather Enterprises, 1967
ROGERS (Arnold).- The life and times of Hank Williams.- Haney-Jones Books, 1993
MAGAZINES: Divers numéros de Hillbilly Researcher, Journal of Country Music, Old Time Music et, bien sûr, l’indispensable Cri du Coyote (BP 48 26170 Buis les Baronnies).

Avec tous mes remerciements pour leur aide dans la réalisation de ce coffret à : Bernard Boyat, Jacques Brémond, Juliette Le Roy et Jacques Spiry
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003.

english notes
Hank Williams represents Country Music more than anyone else.  He took inspiration from the traditional form then redefined and modernised it.  His influence continues to this day.  And he, more than anyone else, spread what was once a regional genre throughout America and the whole world.  During his short life, Hank Williams recorded some brilliant pieces of work, was immensely successful and composed some of the greatest Country Music standards which were to be borrowed by numerous artists.But his legend stems from his tormented life, his mournful expression and the irretrievable bluesy atmosphere which surrounds his work.  He is now considered as one of the most important artists of popular music in the XXth century.*****For the majority of the inhabitants of the southern parts of the United States, Blacks and Whites alike, life was hard, poor and despondency reigned.  Hank Williams’ life was no exception.Hiram (or Hiriam) Williams was born on 17 September 1923 in Mount Ovie West, Alabama, the third child of Elonzo Huble Williams and Jessie ‘Lillie’ Skipper.  As a boy, he was puny and listless, handicapped by spina bifida which gave him a limp.  His alcoholic father was put away for many years as from 1930 so Lillie had to raise her family alone.  She moved in with her family in a village near Georgiana where Hank was brought up with his cousins, the Mc Neils.  Lillie, who played the organ in the local church, noticed her son’s interest in music and sent him to have lessons in a school of gospel associated with James D. Vaughan’s Methodist Church.  He learnt the shaped notes system and, in particular, how to express his deepest feelings through folk hymnodies - the art of using simple tunes and everyday words to address semi-illiterate crowds.  The numerous gospels composed by Hank Williams sprang from this training period.  His other creations which evoke morbidity, superstition, curses or sin probably originate from this experience also.While wandering around the streets of Georgiana, Hank met Rufus (Rufe) Payne, a black guitarist and singer tagged Tee-Tot.  When he was not playing blues or folk songs, Tee-Tot worked as deliveryman for a drugstore. 

Hank followed him around the town until Rufe agreed to give him lessons.  Thus, Hank learnt about rhythm and tempo, mastered a lazy style of swing and a bluesy feeling that was to be found in all his music.Due to his physical inability, Hank’s only hobbies were music and the movies.  Similarly to many youngsters in the rural regions, he was charmed by the singing westerns and began to wear a cowboy hat, belt and boots.In July 1937, his mother moved to Montgomery, Alabama and Hank’s musical career debuted by playing with local Hillbilly bands and composing songs.  By 1940, music was his sole vocation and he performed in small medicine shows.During one of these shows in summer 1943, Hank fell for one of the spectators, Audrey Mae Sheppard, mother of a little girl, Lycrecia Guy who subsequently lived with Hank during their years shared together.  Despite her lack of talent, Audrey aimed to be a singer and the couple got married in December 1944 when Williams was starting to get noticed beyond his pitiful career in medicine shows and sleazy bars.Yet he was already acclaimed by the Montgomery punters.  Almost every night, he played in tacky white honky-tonks, usually getting drunk and ending up in a fight, which explains his many scars.  He also played regularly in the black district, performing with blues musicians and singing standards such as Matchbox Blues and Bottle Up And Go.  Moreover, he often took the first slot when Country Music stars came to town, one being Roy Acuff who showed interest in his compositions.  He also encountered the band leader of Western Swing, Pee Wee King and sold him one of his spirituals, Peace Will Come which King recorded.With Audrey’s help, Hank was treated for his alcoholism in 1945 and managed to stay sober for a few years.  The couple left for Nashville where the radio show, the Grand Ole Opry refused Hank but nevertheless he sold some of his compositions to Moody O’Day who recorded Six More Miles To The Graveyard and I Don’t Care If Tomorrow Never Comes.  These titles were a hit and attracted producers Fred and Wesley Rose who, in turn, recommended him to Al Middleman, owner of the independent label Sterling. 

As a result, Hank made his studio debut on 11 December 1946, accompanied by the Wills brothers.  He only recorded spirituals, giving him mediocre success but Sterling was aware that Hank’s voice appealed but the listeners needed more modern material.On 13 February 1947, Williams cut some more sides for Sterling, this time accompanied by Nashville musicians with, probably, the jazzy electric guitarist, Little Joe Pennington.  Hank sang a first version of Honky Tonk Blues, I Don’t Care and the brilliant Pan American, included here.  This time, the marketing success was such that Fred and Wesley Rose had to take their fledgling back under their wings.In March 1947, the Hollywood giant, MGM, ventured into the world of discs, particularly in the Country & Western sector.  Frank Walker, a veteran producer from RCA was given the task of finding sturdy celebrities for the label, so Fred recommended Hank Williams.  His first session for MGM was on 21 April 1947, accompanied by Red Foley’s band comprising the superb guitarist Zeke Turner and fiddler Tommy Jackson.  Two remarkable pieces were produced - the archetypal Williams gospel, I Saw The Light and the swinging Move it On Over with its distinct Rockabilly flavour.  The latter number entered the Country & Western Hit Parade in August 1947.  Hank was on Billboard’s cover page where he was nicknamed the Sinatra of western ballads !  He was truly in demand by this time, so Rose and Walker brought him back to the studios in early August for another session with Zeke Turner which included Fly Trouble.On a professional level, 1947 ended happily for Hank.  His income enabled him to buy a house in Montgomery, a fur coat for Audrey and a house for his mother.  His personal life, on the other hand was less sparkling.  Audrey was still insisting on participating in his shows and recordings, was repeatedly unfaithful and squandered enormous sums of money.  Meanwhile, Hank’s back was making him suffer, he went back to the bottle and became selfish and violent. 

The couple divorced in May 1948, though Hank claimed he still loved his partner.In these post-war days, a star was only truly recognised as such if he hosted a radio show, backed by important sponsors.  On several occasions, the Roses had tried to interest the Grand Ole Opry, but those in charge were daunted by Hank’s immoral side.  Fred and Wesley then proposed their artist for Louisiana Hayride, a new Country & Western programme, broadcast by KWKH in Shreveport.  The show began in April 1948 with Kitty Wells and the Bailes Brothers.  Along with his group, the Drifting Cowboys, Hank captivated the public and his reputation rapidly spread in the region.  His sudden popularity spurred Audrey into coming back to her husband and soon became pregnant by him.In December 1948, Hank returned to the recording studios, this time in Cincinnati for the King label.  Surrounded by some of their best sidemen - Zeke Turner, Louis Innis, steel-guitarist Jerry Byrd and fiddler Tommy Jackson - and, despite Fred Rose’s objection, cut a transformed version of Lovesick Blues, a Vaudeville number made popular in the twenties by the blackface, Emmit Miller.  As soon as it was released, this title climbed to the number one spot in the national Country & Western charts where it remained for sixteen weeks and then it stayed in the Hit Parade until February 1950 !  It also entered the Pop Hit Parades, urging New York and Hollywood crooners to sing Hank Williams.  Thanks to Lovesick blues Hank suddenly became a superstar and was in demand.During one of his national tours, he headed the billing in a Country Music show in which Ernest Tubb, Red Foley and Cowboy Copas also appeared.On 26 May 1949, Hank Jr was born, who his father nicknamed Bocephus and with a new member to the family, Hank and Audrey remarried in August 1949.  The Grand Ole Opry could no longer ignore Hank’s popularity and invited him to join them in Nashville, stipulating, however, that Hank remain sober on stage.  His contract began in July 1949 and in November he was chosen to perform in American military bases in Europe.  Once again, he was the star among a host of other celebrated personalities including Red Foley, Roy Acuff, Little Jimmy Dickens and Minnie Pearl.Back in his homeland, he signed an exclusive contract with manager Oscar Davis. 

His discs continued to sell like hot cakes - Wedding Bells, I’m So Lonesome I Could Cry and My Bucket’s Got A Hole In It both reached the number two spot in the Hit Parades whereas Long Gone Lonesome Blues and Why Don’t You Love Me ? were number ones.For a few months, Hank played six nights a week, stayed relatively sober and was interviewed numerous times.  However, his conjugal worries had started up again as Audrey still insisted in becoming a star herself.  In despair, MGM even agreed to record the lady, accompanied by the Drifting Cowboys, but her success was insignificant and she was lambasted by the critics.  Meanwhile, Hank’s health was very poor, the pain in his spine was such that he was becoming addicted to morphine.  He rapidly returned to his alcoholic habits, became increasingly haggard and was often incapable of playing during his concerts.  Finally, in late 1950, Oscar Davis resigned as his manager.Notwithstanding, his discs were selling by hundreds of thousands all over America.  After a few unsuccessful attempts to play with studio musicians, Fred Rose allowed Hank to record with his Drifting Cowboys and these excellent artists - electric guitarist Sammy Pruett, steel-guitarist Don Helms, violinist Jerry Rivers and bassist Hillous Butrum - watched over their leader on and off stage.The 31 August 1950 session was particularly rewarding with the master-piece, Moanin’ The Blues.  That of March 1951 was also superb including remarkable compositions such as Howlin’ At The Moon and Hey Good Looking.  Despite his failing health, Hank remained busy.  ‘Hank Williams tells how to write Folk and Western Music to sell’ was published in his name, although it was actually written by maths teacher, Jimmy Rule.  MGM was impressed by Hank’s charisma and offered him a career in Hollywood.  Hank left for California and appeared in various TV shows, but was not keen in pursuing a movie career.  His reputation as a composer was spreading and the big names of American Pop were calling for him including Tony Bennett, Frankie Laine, Bing Crosby, Rosemary Clooney and Bob Hope.Yet his personal life was still in shambles.  He suffered permanently and had surgery in March 1951 which did not relieve his pain.  His drinking and drug abuse were worsening and his evenings always finished in brawls.  His marriage was on the rocks and the couple split in January 1952, with Hank returning to live with his mother !

The divorce came through in July 1952 with Audrey obtaining 50% of past and future royalties on Hank’s compositions provided she did not remarry.  As a popular magazine then put it, ‘She got the goldmine, he got the shaft’.  This accelerated Hank’s degeneration, although he did remarry in October 1952 - nineteen year-old Billie Jean Jones was another wannabe star.Hank was no longer interested in his fans and often just played two or three pieces before leaving the stage where his Drifting Cowboys tried to placate the punters.  The recording sessions were increasingly difficult but still produced some dazzling moments with titles such as Honky Tonk Blues, Half As Much, Jambalaya (On The Bayou), Settin’ The Woods On Fire and I’ll Never Get Out Of This World Alive which soared to the top of the Hit Parades in December 1952, just several days before Hank’s death.Due to the marketing success of his discs, Hank was offered numerous prestigious contracts and was in constant demand for new compositions but he was incapable of meeting such demands.  Much of his time was spent in hospital or in prison and he finally sold his possessions in Nashville and went back to the Louisiana Hayride.  On 31 December 1952, he hired a chauffeur to drive him to Canton (Ohio) where he was to play for the new year festivities.  He took his usual cocktail of drugs and alcohol and fell asleep but never woke up.  Tens of thousands of fans were present for his funeral, in mourning for this extraordinarily charismatic star.  I’ll Never Get Out Of This World Alive stayed in Country & Western and Variety charts for almost all of 1953, to be joined by other titles which had never been issued such as Your Cheatin’ Heart, Kaw Liga, I Won’t Be Home No More, Take These Chains From My Heart and Weary Blues From Waitin’.  The TitlesThe pieces selected here are not a compilation of Hank Williams greatest hits.  We have deliberately omitted the pop numbers, preferring the bluesy or Honky Tonk ones.In his debuting discs, Calling You and Wealth Won’t Save Your Soul, Hank shows how he was influenced by Roy Acuff.  These two Appalachian-style gospels are accompanied by the Wills Brothers.In his second session, Hank is backed by a more modern band with probably Little Joe Pennington on the electric guitar. 

I Don’t Care (If Tomorrow Never Comes) is the first of a long series in which Hank evokes pending death.  Pan American is signed by Williams, but goes back to the beginnings of Country Music and was recorded in the twenties by De Ford Bailey and Cliff Carlisle.Move It On Over was one of Hank’s best songs in 1947 and was indeed his first big hit.  Zeke Tuner’s solo was to be copied by dozens guitarists in the future Rock’n’Roll movement.Hank and Zeke Turner team up again in Fly Trouble, a talking blues with original and amusing lyrics.  During the same session, Hank also cut the pure and stirring gospel, I Saw The Light which became a great standard.With the studio strike looming up, MGM called Hank Williams for a particularly long session in November 1947.  We have included seven titles from this occasion where he is accompanied by Zeke Turner, Jerry Byrd and Chubby Wise.  In I’m A Long Gone Daddy, Hank tries his hand at yodelling, Mansion On The Hill has an Appalachian flavour,  I Can’t Get You Off My Mind and My Sweet Love Ain’t Around are both weepers, Rootie Tootie was composed by Fred Rose and Honky Tonkin’ and The Blues come Around are in the style of Move It On Over.The strike ended in December 1948 and Hank was one of the first to return to the studios.  His Lovesick Blues made him a veritable superstar.Mind Your Own Business, recorded in March 1949 with Zeb Turner (Zeke’s brother) was inspired by certain pieces by Washboard Sam.  You’re Gonna Change is another dance number and the moving Lost Highway was a superb composition by the blind singer, Leon Payne.The second CD opens with three titles cut in August 1949 in Cincinnati.  I’m So Lonesome I Could Cry is another wonderful weeper, in true keeping with the Honk Tonk style. Clarence Williams’ composition, My Bucket’s Got A Hole In It climbed to the number two spot of the Country & Western Hit Parades. 

I Just Don’t Like This Kind Of Living entered the Top 40 in February 1950.Long Gone Lonesome Blues includes the famous line, ‘I come here to fish but I watch the fish swim by’, which became a catch phrase in America in the early fifties.  During this session, Hank cut two autobiographical numbers - Why Don’t You Love Me ?, intended for Audrey, and My Son Calls Another Man Daddy.  Here, Rose allowed Hank to be accompanied by his Drifting Cowboys.In the session held on 9 January 1950, Hank recorded one of his most celebrated pieces, Moanin’ The Blues, with its wonderfully nostalgic and bluesy atmosphere.  On the other side of the 78 was Nobody’s Lonesome for Me, which follows the same lines.In the last 1950 session, Hank recorded Cold Cold Heart, which also became a hit for Tony Bennett.  The same session witnessed Dear John.Howlin’ At The Moon is a superb rhythmic and humorous song, Hey Good Lookin’ was a huge success for Hank and for the duo Frankie Laine/Jo Stafford and I Can’t Help It (If I’m Still In Love with You only reached sixth place in the charts.In summer 1951, Hank managed to cut some memorable pieces despite his poor health.  Lonesome Whistle was an old song by Jimmie Davis which Hank transformed completely.  The sentimental ballads, Crazy Heart and Half As Much were also borrowed by Rosemary Clooney and Mitch Miller.  The album closes with the immortal Honky Tonk master-piece, Honky Tonk Blues.
Adapted in English by Laure WRIGHT from the French text of Gérard HERZHAFT
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS/GROUPE FRÉMEAUX COLOMBINI SA, 2003.

CD 1
01. CALLING YOU    2’53
02. WEALTH WON’T SAVE YOUR SOUL       2’45
03. I DON’T CARE (IF TOMORROW NEVER COMES)   2’47
04. PAN AMERICAN       2’48
05. MOVE IT ON OVER      2’44
06. I SAW THE LIGHT          2’42
07. FLY TROUBLE (Honey Wilds-Bunny Biggs-Fred Rose)    2’42
08. I’M A LONG GONE DADDY      2’49
09. I CAN’T GET YOU OFF MY MIND        2’49
10. ROOTIE TOOTIE   2’45
11. HONKY TONKIN’    2’44
12. MANSION ON THE HILL (Fred Rose-Hank Williams) 2’34
13. THE BLUES COME AROUND  2’41
14. MY SWEET LOVE AIN’T AROUND 2’42
15. LOVESICK BLUES (Irving Mills-Cliff Friends)            2’43
16. MIND YOUR OWN BUSINESS 2’54
17. LOST HIGHWAY (Leon Payne) 2’41
18. YOU’RE GONNA CHANGE  2’56

(1)(2) Hank Williams, vcl/g; The Oklahoma Wranglers (Vic, Guy & Skeeter Willis), orchestre. 11 décembre 1946, Nashville, Tn.
(3)(4) Hank Williams, vcl/g; prob. Little Joe Pennington, g; orchestre. 13 février 1947, Nashville, Tn.
(5)(6) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Tommy Jackson, fdl; Smokey Lohman, st-g; Brownie Reynolds, bs. 21 avril 1947, Nashville, Tn.
(7) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Tommy Jackson, fdl; Smokey Lohman, st-g; Brownie Reynolds, bs. Nashville, Tn. 4 août 1947.
(8)(9)(10(11) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Jerry Byrd, st-g; Chubby Wise, fdl; bs. Nashville, Tn. 6 novembre 1947.
(12)(13)(14) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Jerry Byrd, st-g; Chubby Wise, fdl; bs. Nashville, Tn. 7 novembre 1947.
(15) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Louis Innis, g; Jerry Byrd, st-g; Tommy Jackson, fdl; Willie Thall, bs. Cincinnati, Oh. 22 décembre 1948
(16)(17)(18) Hank Williams, vcl/g; Zeb Turner, g; Dale Potter, fdl; Don Davis, st-g; Jack Shook, bs. Nashville, Tn. 1er mars 1949

CD 2
01. I’M SO LONESOME I COULD CRY       2’47
02. MY BUCKET’S GOT A HOLE ON IT (Clarence Williams)   2’32
03. I JUST DON’T LIKE THIS KIND OF LIVING             2’48
04. LONG GONE LONESOME BLUES          2’38
05. MY SON CALLS ANOTHER MAN DADDY (Hank Williams-Jewell House)      2’34
06. WHY DON’T YOU LOVE ME?        2’23
07. MOANIN’ THE BLUES    2’23
08. NOBODY’S LONESOME FOR ME     2’30
09. DEAR JOHN (Tex Ritter-Aubrey Gass)    2’34
10. COLD COLD HEART 2’43
11. HOWLIN’ AT THE MOON       2’42
12. I CAN’T HELP IT (IF I’M STILL IN LOVE WITH YOU)       2’23
13. HEY GOOD LOOKIN’    2’54
14. (I HEARD THAT) LONESOME WHISTLE (Hank Williams-Jimmie Davis)      2’26
15. CRAZY HEART (Fred Rose-Maurice Murray)           2’27
16. BABY, WE’RE REALLY IN LOVE          2’33
17. HALF AS MUCH (Curley Williams)        2’43
18. HONKY TONK BLUES      2’12

(1)(2)(3) Hank Williams, vcl/g; Zeke Turner, g; Louis Innis, g; Jerry Byrd, st-g; Tommy Jackson, fdl; poss. Willie Thall, bs. Cincinnati, Oh. 30 août 1949.
(4)(5)(6) Hank Williams, vcl/g; Bob Mc Nett, g; Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Hillous Butrum, bs. Nashville, Tn. 9 janvier 1950.
(7)(8) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Jack Shook, g; Jerry Rivers, fdl; Don Helms, st-g; Hillous Butrum, bs. Nashville, Tn. 31 août 1950.
(9)(10) Hank Williams, vcl/g; prob. Sammy Pruett, g; Jack Shook, g; Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Hillous Butrum, bs. Nashville, Tn. 21 décembre 1950.
(11)(12)(13) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Jack Shook, g;Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Hillous Butrum, bs. Nashville, Tn. 16 mars 1951.
(14)(15) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Jack Shook, g; Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Cedric Rainwater, bs. Nashville, Tn. 25 juillet 1951.
(16)(17) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Jack Shook, g; Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Owen Bradley, pno; Cedric Rainwater, bs. Nashville, Tn. 10 août 1951.
(18) Hank Williams, vcl/g; Sammy Pruett, g; Jack Shook, g; Don Helms, st-g; Jerry Rivers, fdl; Cedric Rainwater, bs. Nashville, Tn. 11 décembre 1951.

CD Hank Williams Moanin´Blues 1947-1951 © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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