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LUCRÈCE

LA NAISSANCE DES CHOSES

TRADUCTION DE BERNARD COMBEAUD
PRIX JULES JANIN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE

SUIVI D’UN ENTRETIEN ENTRE
BERNARD COMBEAUD ET MICHEL ONFRAY

LU PAR DENIS PODALYDÈS




D’après la traduction parue chez Mollat

CD 1
CHANT PREMIER :
La Nature de la Matière
 1.    Origines physiques des phénomènes : debut du livre premier     5’09
 2    Éloge de l’inventeur    1’24
 3    Exemple de la religion    1’37
 4    Terme de la souffrance     3’05
 5    Premier principe : rien ne nait de rien    4’30
 6    Deuxième principe : rien ne se perd / rien ne sombre au néant    3’14
 7    Troisième principe : tout se transforme    1’09
 8    Quatrième principe : l’atome     2’06
 9    Sixième principe : corps et vide forment la substance des choses    1’05
10    Nulle tierce substance en la nature     1’32
11    De la matière ou du vide tout est le propre ou l’accident     0’52
12    Le temps n’est pas     1’43
13    L’obscure clarté : éloge du poème     2’08

CHANT DEUXIÈME : Les mouvements de la Matière
14    Chant deuxième, les mouvements de la matière    1’01
15    De la bonne santé de la chair     3’13
16    Point de fond     0’57
17    Dans les rayons du jour     2’04
18    Nul divin moteur     1’16
19    Tout tombe au bas     4’55
20    … et le libre mouvement des vivants…    2’59
21    Car sans diversité, point d’identité     2’49
22    Le premier symbôle en est la Terre…     3’31
23    L’être bienheureux et incorruptible    2’44
24    Les dons de la nature     3’22

CHANT TROISIÈME : La nature de l’âme-esprit
25    Hymne à Épicure : sa leçon est le souverain remède contre la peur de la mort    2’24
26    Âme et esprit sont en étroite union     2’44
27    Des sens de l’âme et de l’esprit     2’18
28    Péroraison La mort n’est rien pour nous     2’47
29    Vanité du divertissement connaissons-nous nous mêmes     2’57


CD 2
CHANT QUATRIÈME :
Les mouvements de l’âme-esprit simulacres, perceptions, connaissance
1    Les tours     1’03
2    L’ombre de l’homme     1’05
3    L’erreur vient de l’esprit non des sens     5’59
4    Mécanique articulatoire     1’03
5    L’amour    6’26

CHANT CINQUIÈME :
Nature du monde ; genèse, la Terre, la Vie, l’Histoire
6    L’inventeur de la sagesse servit mieux les hommes que Ceres, Liber ou Hercule     1’51
7    Genèse de l’univers     3’53
8    Magnitude, mouvement et origine du soleil et de la lune     2’40
9    Les monstres     3’05
10    Les premiers hommes     2’45
11    Formation du language     3’48
12    Création des villes, apparition de l’inégalité     3’45
13    Découverte du fer     4’26

CHANT SIXIÈME : Mouvement ultimes : Les Météores
14    Éloge d’Athènes, patrie d’Épicure     2’39
15    Le tonnerre     3’59
16    Les trombes     1’20
17    l’etna     4’23
18    Le lac Averne     1’22
19    Animaux en syrie     0’51
20    La peste     3’16
21    La peste d’athène    5’24
22    La peste d’athène 2    5’03


CD 3
BERNARD COMBEAUD ET MICHEL ONFRAY : ENTRETIEN

1    Introduction: qui est Bernard Combeaud ?    3’43
2    La rigueur métrique pour une traduction de Lucrèce    2’35
3    Le rythme participant direct de la pensée    1’53
4    Les rapports de Lucrèce et d’Épicure    1’36
5    Le portrait de Lucrèce    4’06
6    Lucrèce, un savant, un moraliste et un artiste    2’59
7    Le clinamen : la dynamique des fluides comme modèle de monde    4’55
8    La part de l’artiste    1’58
9    « De natura rerum » : « La naissance des choses »    0’56
10    La dimension explosive de « De natura rerum »     2’49
11    Lucrèce et la religion    5’10
12    Lucrèce et la conviction matérialiste    2’07
13    Un ouvrage adressé à Memmius Lucrèce et l’absence de l’amitié    3’17
14    Lucrèce et l’absence de l’amitié    2’03
15    Lucrèce et la relation amoureuse    4’18
16    La place de l’homosexualité ?    2’41
17    Lucrèce et l’absence de la politique    2’23
18    La traduction de Lucrèce    3’00
19    Les traductions antérieures de Lucrèce    2’08
20    Conclusions    3’21
21    Lecture de « La peste » par Bernard Combeaud    1’23


Préface
Par Michel Onfray

Pourquoi paraît-il impensable à Lucrèce comme à Épicure de nier purement et simplement l’existence des dieux ? Parce que l’heure n’est pas venue pour les hommes de prendre congé des dieux. Je crois qu’il existe un temps pour chaque chose et que ce temps est celui du processus évolutif cosmique à l’œuvre dans les cerveaux humains. Je sais que l’idée fera sursauter ceux qui souscrivent aux lectures chrétiennes et marxistes du temps, c’est-à-dire tout le monde ou presque en Europe, à savoir une flèche qui conduit vers la résolution dialectique de tous les conflits dans un monde réconcilié, et ce grâce à la Raison, idole majuscule. Or il existe un temps dont nous pourrions dire, en nous servant de Bergson, qu’il est celui de l’évolution créatrice. La raison peine à en rendre compte de façon claire et distincte pour mobiliser les catégories du Discours de la méthode. La raison ne produit pas le monde, elle est produite par lui. Elle est à son service, elle est commandée, guidée, voulue – elle ne commande, ni ne guide, ni ne veut.
Comment peut-on en effet expliquer qu’à des milliers de kilomètres de distance, dans un même temps, des hommes préhistoriques qui vivent sans aucune possibilité de se rencontrer, de communiquer, d’échanger même des émissaires susceptibles de transmettre leurs techniques, peignent les mêmes choses dans un même style – ou peu s’en faut ? On trouve en effet une main négative dans une grotte de l’île Sulawesi en Indonésie qui date de 39 900 ans ; on trouve également des mains négatives dans la grotte Chauvet en France et qui datent de 38 800 années. Qui peut expliquer cette concomitance : un même art, dans un même temps, et ce dans des lieux différents et totalement séparés ?
Des forces que n’analyse pas la raison raisonnable et raisonnante occidentale se trouvent à l’œuvre partout dans le cosmos. Elles produisent leurs effets en soumettant la totalité de ce qui est à leur ordre. L’infiniment grand et l’infiniment petit lui obéissent. Dans une lettre à Schuler, Spinoza affirmait : « Les hommes se croient libres parce qu’ils ignorent les causes qui les déterminent.» Et il a raison… Notre raison ne veut pas consentir au déterminisme total, à la toute-puissance de la nécessité, elle rechigne à un fatalisme intégral. Il lui faut donc inventer des causalités magiques pour masquer l’évidence que nous obéissons à un plan que nous ignorons, qui n’est pas divin, précisons-le dès à présent, mais phylogénétique et rigoureusement matérialiste, et qui nous détermine absolument.

L’art, comme le reste, obéit à cette logique. La religion et la philosophie également. Le processus de construction de Dieu ou des dieux est bien connu depuis que Feuerbach en donne l’analyse dans L’Essence de la religion : elle a pour généalogie l’hypostase de ce qui nous manque cristallisée dans une entité investie de nos puissances défaillantes, entité que nous sollicitons pour obtenir d’elle une intercession pour cesser d’être ce que nous sommes – à savoir : mortels et finis. Notre impuissance est la cause de la puissance des dieux – ou de Dieu : ce que je ne suis pas, Dieu le devient et l’est. Son omnipotence, son omniprésence, son omniscience, sa capacité d’échapper à la génération et à la corruption, son immortalité et son éternité, n’existent que par ma puissance limitée, mon incapacité à l’ubiquité, mon savoir réduit, ma soumission à la naissance, à la mort et au temps.
Le cerveau évolue. « Dieu », autrement dit la cristallisation de nos impuissances en puissances invoquées pour en obtenir l’intercession, est probablement un moment nécessaire dans le développement de notre système nerveux, donc du dispositif physiologique des modalités de notre être au monde.
Du point de vue religieux, l’homme a évolué d’une façon lisible et visible : d’abord animisme, totémisme, panthéisme, ensuite polythéisme, puis monothéisme, théisme, déisme, déisme, enfin athéisme, soit : la nature, des dieux, un Dieu, l’absence de Dieu – même si, dans les temps de la possibilité de Dieu, il existe encore et toujours des hommes et des femmes ayant besoin de Dieu…
L’athéisme, qui est pour moi affirmation que Dieu est une fiction, a fonctionné comme une arme de guerre utilisée par les pouvoirs dominants contre les croyances hétérodoxes et non contre l’absence de croyance. Dans l’histoire, en effet, l’impossibilité de décider de l’existence ou de l’inexistence de Dieu de Protagoras lui a valu l’accusation d’athéisme, même chose pour Épicure, Lucrèce et les épicuriens qui croient à des dieux divers et multiples, matériels, situés dans les intermondes, de même avec Montaigne qui est déiste, Luther et Calvin qui sont théistes, avec Spinoza qui est panthéiste, avec La Mettrie et Helvétius ou bien Voltaire et Rousseau qui sont déistes. Pendant longtemps, l’athée, c’est celui qui, pour l’orthodoxe, ne croit pas en son dieu.
L’athéisme franc, clair et net, qui arme que Dieu n’existe pas, qu’il est une fiction, que les religions sont des impostures faites pour mener les peuples par le bout du nez, c’est, sauf découverte plus ancienne, un moment daté dans l’histoire des idées : le Testament de l’abbé Jean Meslier découvert à sa mort en 1729, le texte ayant été probablement écrit au tout début du XVIIIe siècle.
Épicure et Lucrèce développent donc leur pensée polythéiste et matérialiste dans un temps où l’athéisme est impossible à envisager, probablement parce que la phylogenèse cérébrale et spirituelle ne permet pas encore de prendre congé des dieux…

Le poème de Lucrèce est sans doute une œuvre inachevée. J’ai toujours été sidéré par ce qu’obtenait la mode structuraliste du texte sans contexte : je me souviens en effet que, lors de mes études dans les années soixante-dix, un enseignant de philosophie de l’université de Caen parlait de la façon aphoristique qu’avaient les présocratiques de s’exprimer alors qu’il prenait pour des fragments volontaires ce qui n’était que le produit de la corruption, de la corrosion ou de la destruction des manuscrits originaux qui, évidemment, n’étaient pas composés d’une succession d’aphorismes… De même quand, ailleurs, j’entendais que Diogène le Cynique n’avait jamais rien écrit – ce qui était prendre la disparition des livres un jour pour leur inexistence. La simple lecture de Diogène Laërce montre que la bibliographie de Diogène de Sinope était abondante. Même chose avec Épicure, dont on dit qu’il n’a jamais parlé du clinamen, et que l’invention serait donc à mettre au compte de Lucrèce, ce qui est présumer fort imprudemment qu’il n’en a jamais parlé dans son œuvre complète qui était forte de trois cents volumes, comme le dit encore Diogène Laërce.
Affirmer en effet que Lucrèce n’a jamais fini son poème parce que De rerum natura nous est parvenu inachevé est une hérésie. Plus folle encore l’extrapolation que, puisque le texte se termine sur la description d’une peste, il était lui-même mort de la peste ce qui est une conclusion extravagante… Voire qu’il s’était suicidé, puisque Lucrèce défendait une philosophie fataliste, déterministe présentée comme pessimiste, ce qu’un chrétien comme saint Jérôme mettait au compte d’une acédie pécheresse, forcément pécheresse.
Il se peut en effet, comme Bernard Combeaud le pense, que Lucrèce ait achevé son texte mais aussi bien que la fin ait disparu pour de bêtes raisons anecdotiques : la perte d’un ou de plusieurs feuillets, voire de beaucoup de feuillets, lors d’une manipulation. Rêvons un peu : une femme de ménage qui met à la poubelle le précieux final qu’elle aura pris pour des brouillons, etc. La grande histoire se trouve parfois faite par la petite. Reste que, dans le doute, l’inachèvement est également possible : tous les hommes sont mortels, or Lucrèce est un homme, donc Lucrèce est mortel ! Sans succomber à la peste, sans non plus se transpercer le corps avec un poignard à la romaine par dégoût de vivre, il a pu mourir de mille et une façons qui vont d’un cancer du rectum à un accident de la circulation en passant par un arrêt cardiaque. Les atomes ont bien des raisons de se défaire un jour pour se recomposer ailleurs…
Je suis bien curieux de voir comment, dans sa magnifique démarche d’écrire une biographie de Lucrèce en sortant du texte ce qui relève des poncifs textuels et des références obligées, puis en extrapolant d’une analyse philosophique une expérience existentielle constitutive de cette vie pensée plus que rêvée, Bernard Combeaud va faire mourir notre héros… À moins qu’il ne choisisse de finir cette biographie par un inachèvement volontaire…
La querelle des sources, la Quellenforschung, a longtemps fait rage, s’agissant de Lucrèce. Le tout ne se réduit pas à la somme de ses parties. On ne saurait dire de Lucrèce qu’il est la résultante des philosophes qu’il a lus : Anaximandre, Héraclite, Posidonius, Empédocle, Cléanthe, Zénon, peut-être Aristote. Les pyramides ne sont pas que l’assemblage des pierres extraites d’une carrière à quelques kilomètres de leur lieu de construction… À trop regarder le détail, on cesse de voir l’ensemble, on méconnaît la totalité. Est-ce que le poème de Lucrèce a subi formellement, ou intentionnellement, l’influence de celui d’Empédocle ? A-t-on mieux compris Platon quand on a souligné tout ce qu’il doit à Pythagore en matière d’immortalité de l’âme, de métempsycose et de métensomatose ? Le cogito de Descartes en est-il moins cartésien quand on a montré qu’il cite presque mot pour mot saint Augustin ? Qu’a-t-on dit du surhomme de Nietzsche quand on fait savoir qu’il ressemble étrangement au sage tel que Spinoza le décrit dans son Éthique – négation du libre arbitre, connaissance de la nécessité et acceptation de celle-ci comme productrice de joie ? Ou bien de l’éternel retour quand on signale son existence dans toute la pensée indienne ou, pour satisfaire le goût européocentriste des historiens de la philosophie en Occident, chez Héraclite ?
La question des sources est affaire d’érudition universitaire. Je ne nie pas son intérêt, mais elle me semble totalement inutile quand on pense, comme moi, qu’un philosophe est d’abord un producteur de sens existentiel, un cartographe du monde qui prévoit de laisser à chacun le soin de tracer sa route dans le paysage cartographié. On pourra faire toutes les thèses que l’on voudra sur les sources épicuriennes de Lucrèce, on n’obtiendra jamais que du vent, du vent chargé d’un tout petit peu de poussière. Car, rappelons-le en renvoyant à Diogène Laërce, une bible historiographique à mes yeux, Épicure a publié pas moins de trois cents rouleaux. Vie et doctrines des philosophes illustres donne une liste de quarante-trois titres parmi, dit le texte, « ce qu’il a composé de mieux » … Il a donc écrit sur la nature, l’amour, les physiciens, les apories, le choix, le critère, les dieux, la piété, les genres de vie, la vision, le toucher, le destin, les affections, le pronostic, les simulacres, l’imagination, la musique, la justice et autres vertus, les bienfaits, la gratitude, les maladies, la royauté parmi bien d’autres sujets.
Tout ceci est perdu, sauf miracle païen qui supposerait que, sous la lave du Vésuve, on retrouve dans une maison d’Herculanum, haut lieu épicurien, une bibliothèque composée de l’œuvre complète d’Épicure ! Et, ou, de ses disciples… Le christianisme a fait de l’épicurisme son ennemi privilégié : une philosophie qui réduit tout à l’atome rend impossible les billevesées sur l’âme immatérielle, la vie après la mort, le prétendu mystère de l’eucharistie, la résurrection de la chair, et autres histoires pour les enfants compatibles avec le platonisme et l’aristotélisme. Le Phédon de Platon et la Métaphysique d’Aristote fournissent nombre d’arguments philosophiques au christianisme, alors qu’aucune des trois lettres qui nous restent d’Épicure n’est philosophiquement mobilisable en faveur théorique du christianisme.
On comprend qu’en plus des effets du temps qui détruit les supports sur lesquels ont été écrits les textes d’Épicure, puis des choix effectués par les moines copistes qui grattent les peaux sur lesquels étaient écrits les textes épicuriens pour y écrire les nouveaux philosophes du moment, les évangélistes puis les Pères de l’Église, le corpus matériel matérialiste ait disparu. Ajoutons à cela la destruction des bibliothèques païennes par les chrétiens quand ils accèdent au pouvoir. Ce qui subsiste d’Épicure, à savoir trois lettres et une poignée de maximes dites vaticanes, a miraculeusement échappé à l’autodafé chrétien. On peut imaginer que, perdues dans le gros livre de Diogène Laërce, elles aient pu se soustraire au zèle extermi­nateur des chrétiens purificateurs de la pensée antique.
Dans cette configuration, la recherche des sources s’avère une peine perdue. Car il faudrait mettre en perspective l’œuvre complète d’Épicure et le poème de Lucrèce pour répondre correctement à cette question. Quand, ici ou là, l’histoire officielle et institutionnelle de la philosophie affirme que le clinamen n’existe pas chez Épicure, mais qu’on le trouve chez Lucrèce, elle fait comme si Épicure n’avait jamais écrit L’Angle dans l’atome, un livre perdu, certes, mais dont le seul titre suffit à conclure qu’on voit mal comment il n’aurait pas abordé la question de la déclivité dans pareil ouvrage pour ne se contenter, en matière d’angle, que de la forme des atomes sans envisager la question de la généalogie des formes composées faites avec ces formes simples! La question des atomes crochus est proprement ontologique !

Je suis plus intéressé par l’acclimatation romaine d’une pensée grecque que par la question des sources : comment passer du cérébral et du conceptuel hellénique au pragmatique existentiel ? Ce passage d’un monde à l’autre fait la plupart du temps dire aux spécialistes, même quand ils abordent le sujet en faveur de Rome, qu’il n’y a pas de philosophie romaine, juste une resucée de moindre envergure philosophique de la pensée grecque. Or, descendre la pensée du ciel des idées pour la rendre existentielle s’avère détestable aux yeux seuls de ceux qui veulent réserver, voire confisquer, la philosophie pour les élites.
Par ailleurs, il ne faut évidemment pas oublier (et j’ai des scrupules à le dire à Bernard Combeaud qui rend possible l’abolition de cet oubli…) que De rerum natura est un poème : imagine-t-on le Parménide de Platon en vers ? Ou la Métaphysique d’Aristote ? Ou les Ennéades de Plotin ? La volonté de recourir au miel du vers pour faire passer le vinaigre de la sagesse épicurienne fait philosophiquement sens : Lucrèce s’adresse au plus grand nombre, ce faisant, il élargit avec bonheur le public de la philosophie.
On peut peut-être penser que ce coup de génie vaut à Lucrèce d’échapper au massacre chrétien : comment en effet comprendre que ces milliers de vers épicuriens, donc antichrétiens, n’aient pas été effacés de la planète par l’autodafé des nouveaux maîtres du monde ? Sinon parce qu’ils auront vu dans ce texte philosophique un poème inoffensif, des vers apparemment moins dangereux qu’un traité d’Épicure sur Les Genres de vie quand le christianisme affirmait qu’il n’y avait qu’un genre de vie, le sien… Que Cicéron lui-même, stoïcien notoire, donc adversaire philosophique emblématique, ait sauvé ce texte épicurien témoigne dans le sens d’un salut par et pour la forme poétique plus que par et pour le fond philosophique. Le miel a sauvé le vinaigre… Sur le plan de la pratique et des fins, Lucrèce, penseur tragique, m’apparaît proche d’une philosophie de la « révolte », coûte que coûte maintenue face à l’« absurde » et à la « misère » d’un monde sans Dieu, quand Épicure me semble au contraire un penseur du nirvana et de l’ataraxie. Le maître est tout « oriental ». Le disciple appartient déjà à une humanité prométhéenne, et donc « occidentale », car romaine.

Lire et relire le deuxième paragraphe de la préface à la deuxième édition du Gai Savoir de Nietzsche… Je crois que ce texte majeur n’a pas donné encore toute sa puissance. Comme la lettre de Poe invisible parce que trop visible – elle crève les yeux, dès lors, on ne voit pas… –, cette page simple, brève, courte, efficace, dense, programmatique, arme : « Pourvu que l’on soit une personne, on a nécessairement la philosophie de sa propre personne.» Suivent des considérations sur le fait, évident mais nié par l’historiographie dominante, que c’est le corps qui pense et non la raison immatérielle.
« Le corps est la grande raison », arme Nietzsche dans son Zarathoustra. La douzaine de volumes de ma Contre-histoire de la philosophie se propose d’appliquer cette méthode à vingt-cinq siècles de philosophie. Pour appliquer cette grille au couple Épicure & Lucrèce, il nous manque la moitié du dossier, hélas ! En effet, la fameuse Vie des philosophes illustres de Diogène Laërce, à laquelle il nous faut sans cesse revenir, consacre un long développement à Épicure, sa vie, son œuvre, ses activités, mais aussi et surtout sa santé, son régime alimentaire, sa diététique, son corps, sa maladie alors qu’il n’y a aucune mention de Lucrèce dans cette doxographie qui date du IIIe siècle de notre ère et qui ne concerne que des philosophes grecs. Par ailleurs, nous ne savons rien de la biographie de Lucrèce. Que sait-on de sûr à son propos ? Son lieu et sa date de naissance semblent incertains. La date de sa mort semble connue, mais avec quelle source ? On dit de lui qu’il fut chevalier : mais qu’est-ce qui permet de le dire ?
Ce que l’on sait de sa biographie (la mélancolie, le filtre, le filtre, le suicide…) relève d’une biographie négative, d’un travail militant initié dans le creuset de la patristique et destiné à déconsidérer l’homme pour déconsidérer la philosophie. Que saint Jérôme ait cru bon d’inventer la fable d’un Lucrèce victime d’un philtre d’une amoureuse éconduite qui aurait rédigé son poème entre les moments de raison que lui laissait la folie dans laquelle il était tombé, voilà qui nous apprend ce dont les chrétiens étaient capables pour éviter le débat d’idées ! Épicure lui aussi a été calomnié par ses ennemis, stoïciens et chrétiens : athée, bien sûr, recherchant les honneurs, goinfreur, bâfreur, vomissant deux fois par jour pour recommencer à manger après les repas, dispendieux qui engloutissait des fortunes dans les banquets, libidinal qui entretenait des courtisanes dans son Jardin, vénal prostituant l’un de ses frères, couchant avec des prostituées, ingrat avec ses professeurs et volant des idées à autrui, obséquieux avec les puissants, se comportant comme un chef de secte, insultant ses rivaux, grossier avec eux, etc. Bien que chanoine, Gassendi détruira toutes ces vilenies dans sa Vie, mort et doctrine d’Épicure en 1647. L’histoire de la déconsidération d’Épicure et de Lucrèce au travers des siècles mériterait d’ailleurs d’être écrite…
Si l’on met en œuvre la méthode nietzschéenne, on va au-delà des impasses érudites du genre de celle de Pierre Boyancé, membre de l’Institut et directeur de l’École française de Rome, qui écrit dans un petit livre ayant pour titre Lucrèce et pour sous-titre Sa vie, son œuvre avec un Exposé de sa philosophie pour les PUF : « L’essentiel (sic) de la vie de Lucrèce ne nous est cependant pas totalement inconnu : il est clair que c’est son œuvre » ! Qui pourrait croire qu’on déduirait « l’essentiel » de la vie de Heidegger en lisant Être et Temps ? En découvririons-nous qu’il a eu sa carte au parti nazi de 1933 à 1945 ? Ou penser que la seule lecture de L’Être et le Néant dirait tout de Sartre, y compris sa constante passion pour les régimes totalitaires de gauche ? Allons… la vie est autant l’œuvre que l’œuvre est la vie. L’une sans l’autre, quand il y a œuvre, entretiennent une perpétuelle relation contrapuntique.
Si l’on peut mieux comprendre l’œuvre avec l’éclairage de la vie, on peut aussi mieux supposer la vie avec l’éclairage de l’œuvre. Bernard Combeaud montre très bien, dans son essai de biographie du philosophe, comment l’œuvre peut cacher la biographie qu’on peut subtilement proposer à la lecture. Si l’on a la philosophie de sa propre personne, si toute pensée est autobiographique, ce que je crois, alors il faut s’enquérir de ce que fut le corps d’Épicure. Son disciple Métrodore avait écrit deux textes sur la petite santé de son maître : Sur la faible constitution d’Épicure et Sur sa santé fâcheuse.
Gassendi rapporte dans Vie et mœurs d’Épicure que Suidas disait « qu’Épicure ne supportait pas qu’on lui jette des vêtements sur les épaules, qu’il avait du mal à descendre de son lit, qu’il ne pouvait regarder ni le soleil ni le feu, et d’autres détails analogues. Car la seule certitude que ces détails peut induire, c’est de faire comprendre qu’Épicure fut de constitution ou de complexion peu robuste ». Épicure souffrait de la maladie de la pierre ; il était donc sujet à des crises de colique néphrétique dont il est dit que ses douleurs sont parmi les plus violentes. Timocrate tire parti de la maladie du philosophe pour discréditer sa pensée. En passant, Réjouissances, le titre de son livre,
nous apprend « que son corps était dans un état pitoyable, si bien que plusieurs années durant il fut dans l’incapacité de se lever de sa litière ».
Dès lors, on comprend que cette perpétuelle mauvaise santé d’Épicure ait généré cette philosophie qui est la sienne du peu de plaisir comme maximum de plaisir. Faire du plaisir l’état dans lequel on se trouve quand on n’a plus faim ni plus soif est une définition qui relève d’une petite santé, sinon de la pensée d’un malade… Dire de la sexualité qu’elle relève des désirs naturels, certes, mais non nécessaires, et qu’il faut faire l’impasse sur ce type de plaisir, ressemble au plaidoyer pro domo d’une personne qui se bat pour survivre. Épicure concentre toute son énergie dans l’exercice de la conservation de son feu vital ; il n’en a plus assez, ou pas assez, pour la dépenser dans une sexualité trop dispendieuse pour sa propre personne.

Si le corps du philosophe nous en apprend sur sa philosophie, alors sa philosophie peut nous en apprendre sur son corps. Ainsi, sur le corps de Lucrèce : il ne réduit nulle part le plaisir à la seule satisfaction des désirs naturels et nécessaires. Certes, il souscrit au caractère généalogique de l’absence de trouble en matière d’hédonisme : l’ataraxie définit le plaisir identifié au souverain bien. Mais, en matière de nourriture, il ne résume pas le plaisir à l’eau qui abolit la soif comme douleur et au pain qui supprime la faim comme autre trouble en faisant du petit pot de fromage offert par un disciple l’occasion d’une bombance.
De même, pour les choses de la sexualité, il n’invite pas à la continence sous prétexte que toute sexualité engendrerait par principe des troubles qui, en tant que tels, sont dommageables pour le philosophe. Lucrèce n’exclut donc pas que la réponse au désir qui menace débordement soit le bordel, un lieu dans lequel on peut répandre les atomes libidinaux qui perturbent les atomes philosophants par une décharge – une sagesse tout ce qu’il y a de plus matérialiste…
Dans le quatrième livre de De rerum natura, on trouve un éloge de la « Vénus vagabonde » (IV, 1052), autrement dit, soit de la Passante chère au cœur de Baudelaire, soit de la courtisane ou de la prostituée. Lucrèce invite à éviter « la passion exclusive » et, en matière de plaisir, à « recueillir les avantages sans en payer le prix ». Comprenne qui voudra…
De cette solide constitution doublée d’une grande lucidité sur les choses de l’amour (il sait que l’amour rend aveugle, idiot, stupide, imbécile, qu’il est une illusion pourvoyeuse de déplaisir, que les simulacres du partenaire se jouent de nous, que le plaisir est suivi de déception, etc.), on peut extrapoler un portrait du philosophe : il jouissait probablement d’une grande santé et il était libertin, autrement dit libre en matière d’amour comme pour le reste. Lucrèce ne s’empêchait pas les plaisirs qui ne se payaient pas de déplaisirs. Le même Lucrèce célébrait l’amitié amoureuse, un genre de couple ataraxique – d’où nous pourrions conclure qu’il avait une femme, peut-être la mère de ses enfants, et qu’il s’amusait avec d’autres, rien que de très banal…

Tout ce long développement afin de pouvoir dire à Bernard Combeaud que son Épicure semble avoir lu la Baghavad-Gîta et son Lucrèce Le Mythe de Sisyphe pour l’absurde et L’Homme révolté pour la révolte… Mais, bien sûr, il n’en est rien… Le premier semble zen parce qu’il dispose d’un corps qui le contraint à être vaporeux, éthéré. D’un point de vue ontologique, l’inventeur du Jardin évolue dans un état gazeux : en précurseur de Jankélévitch, il vit dans un monde qui relève du je-ne-sais-quoi et du presque-rien, de l’ineffable et de l’indicible. Lucrèce quant à lui paraît pessimiste, Bernard Combeaud le dit « tragique » et il a raison, parce qu’il dispose d’une grande santé physique, donc ontologique, ou ontologique, donc physique, qui lui fait voir le réel tel qu’il est, sans illusion, en dehors des mythes, des fictions, des religions dont il effectue une critique radicale. Le corps d’Épicure est déjà presque hors du monde ; celui de Lucrèce et bel et bien dans le monde.
À quoi il faudrait ajouter l’ambiance grecque, tout à l’idée, à l’abstraction, au concept, et l’ambiance romaine, tout au concret, au pratique et au pragmatique. Athènes est la cité du ciel des idées ; Rome, la cité terrestre par excellence. Épicure flotte dans l’idéal, Lucrèce marche dans la boue de la terre romaine.
Je ne fais pas du polythéisme lucrétien un athéisme. Le polythéisme matérialiste du poème ne nie pas les dieux, il arme même leur matérialité atomique subtile et leur rôle édifiant, puisque leur totale impassibilité à l’endroit des affaires du monde en fait pour les hommes des modèles à imiter.
Lucrèce n’a pas lu non plus les Pensées de Pascal qui lui feraient penser le monde sans Dieu comme désespérant : il pense le monde avec les dieux, ce qui nourrit d’ailleurs une version optimiste de la philosophie, puisqu’elle donne l’espoir d’un salut immanent par l’imitation des dieux qui incarnent « le pur plaisir d’exister » de qui jubile de l’ataraxie la plus absolue. Il est inutile de dire que je préfère Lucrèce à Épicure…
Je crois qu’il faut faire avec ce que Lucrèce pouvait savoir de la science de son temps. Autrement dit, rien de la dynamique des fluides, rien de l’évolution des espèces, bien qu’il y ait chez lui matière à préfigurer ces deux thèses.
Cependant, le flux des atomes, leurs mouvements, la théorie des simulacres et la permanence de leurs flux, le clinamen, la didactique composition/décomposition/recomposition, tout cela mériterait d’être mis en perspective, par un épistémologue ou un historien des sciences, avec les savoirs postérieurs pour montrer s’il y a possibilité d’envisager les choses sur un terrain généalogique. De même avec l’évolution des espèces – Lucrèce affirme en effet « de la terre sont venues toutes les créations » (V, 796) à quoi il ajoute « Rien ne demeure soi-même identique : tout passe, la nature transforme et fait évoluer toute chose » (V, 830). Voilà de quoi écarter toute hypothèse créationniste et valider la thèse évolutionniste.
Sur ces sujets comme sur beaucoup d’autres, on constate combien nombre d’intuitions matérialistes se trouvent validées par la science au fur et à mesure que le temps passe. De l’astrophysique à l’éthologie en passant par la géologie, la chimie, les sciences naturelles… C’est bien parce que le concept de « nature » ne rend pas compte du perpétuel tremblement d’atomes qu’est toute réalité que Bernard Combeaud a choisi de ne pas reprendre l’habituelle traduction du De rerum natura en De la nature des choses mais par : La Naissance des choses.

Michel Onfray

© 2012 Mollat


Denis PODALYDÈS – Entré à la Comédie-Française le 27 janvier 1997
Sociétaire depuis le 1er janvier 2000
Il a joué à la Comédie-Française :    
Lenz, Léonce et Léna chez Georg Büchner, m.e.s. Matthias Langhoff (2002), Ruy Blas, Victor Hugo, m.e.s. Brigitte Jaques-Wajeman (2001), Monsieur de Pourceaugnac, Molière, m.e.s. Philippe Adrien (2001), le Misanthrope, Molière, m.e.s. Jean-Pierre Miquel (2000), le Révizor, Nikolaï Gogol, m.e.s. Jean-Louis Benoit (1999), les Fourberies de Scapin, Molière, m.e.s. Jean-Louis Benoit (1998), Arcadia, Tom Stoppard, m.e.s. Philippe Adrien (1998).
Il a présenté une série de lectures :     
Présences de Kateb Yacine, Jude Stefan, Un millé­naire de cris : le Chant des femmes afghanes, Beaumarchais, Olivier Cadiot.
Au cinéma, il a notamment joué dans :    
Versailles Rive-Gauche, réal. Bruno Podalydès, 1992 ; Mayrig, réal. Henri Verneuil, 1992; Pas très catholique, réal. Tonie Marshall, 1993 ; Comment je me suis disputé, réal. Arnaud Desplechin, 1994 ; Dieu seul me voit, réal. Bruno Podalydès, 1995 ; la Divine poursuite, réal. Michel Deville, 1996 ; la Mort du chinois, réal. Jean-Louis Benoit, 1997 ; Jeanne et le garçon formidable, réal. Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 1997 ; Rien sur Robert, réal. Pascal Bonitzer, 1998 ; Les Frères sœurs, réal. Frédéric Jardin, 1998 ; En cas de malheur, réal. Pierre Jolivet, 1998 ; les Enfants du siècle, réal. Diane Kurys, 1998 ; Liberté-Oléron, réal. Bruno Podalydès, 1999 ; À l’attaque, réal. Robert Guédiguian, 1999 ; la Chambre des officiers, réal. François Dupeyron, 2000 ; Laissez-passer, réal. Bertrand Tavernier, 2000 ; Un monde presque paisible, réal. Michel Deville, 2002 ; Une affaire qui roule, réal. Éric Veniard, 2002 ; Embrassez qui vous voulez, réal. Michel Blanc, 2002 ; Le Mystère de la chambre jaune, réal Bruno Podalydès, 2003 ; Les Ames Grises, réal. Yves  Angelo, 2004.
Récompenses et décorations :    
Molière de la révélation masculine, 1999, pour son interprétation dans le Révizor.
Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.
Il a enregistré pour les Éditions Frémeaux & Associés le Voyage au bout de la nuit de Céline (texte intégral), participe à l’Anthologie de la poésie en langue française, ainsi que Le contrat social, de Rousseau, en version intégrale.


LUCRÈCE LA NAISSANCE DES CHOSES
TRADUCTION DE BERNARD COMBEAUD PRIX JULES JANIN DE L’ACADÉMIE FRANÇAISE
SUIVI D’UN ENTRETIEN ENTRE BERNARD COMBEAUD ET MICHEL ONFRAY

Ce texte fondateur du philosophe épicurien de la Grèce Antique qui regroupe poésie et philosophie se présente comme une tentative de « briser les forts verrous des portes de la nature », c’est-à-dire de révéler au lecteur la nature du monde et des phénomènes naturels. Selon Lucrèce, cette connaissance du monde doit permettre à l’homme de se libérer du fardeau des superstitions, notamment religieuses, constituant autant d’entraves qui empêchent chacun d’atteindre l’ataraxie ; la tranquillité de l’âme.
Alors que Michel Onfray nous révèle Lucrèce dans le deuxième volume de la Contre-Histoire de la Philosophie, Bernard Combeaud s’est attelé à la traduction du grand poème philosophique avec toute la difficulté d’une écriture à la fois intellectuelle et allégorique (poétique), travail édité par Denis Mollat pour lequel Bernard Combeaud a reçu le Prix Jules Janin de l’Académie Française pour l’adaptation.
À son tour, Denis Podalydès, sociétaire de la Comédie-Française, relève le défi de cette lecture, en mettant son talent au service de la prosodie poétique et philosophique du texte de Lucrèce dans une séléction faite par Bernard Combeaud. Afin de donner à l’auditeur toutes les réponses aux questions posées sur le travail d’adaptation et d’interprétation au sens large, le coffret propose un entretien entre Bernard Combeaud et Michel Onfray en troisième CD.
Claude Colombini et Patrick Frémeaux


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