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THE ROBERTA MARTIN SINGERS

DIDN’T IT RAIN
ONLY A LOOK
THE OLD SHIP OF ZION

1947-1962





Roberta Evelyn Winston naît le 12 février 1907 à Helena (Arkansas). Ses parents William, fermier, et Anna Winston tien­nent une épicerie et la famille compte six enfants. À l’âge de 6 ans, la petite Roberta commence à apprendre le piano avec l’une de ses belles-sœurs. Quelques années plus tard, vers 1917, en pleine période de grandes migrations, la famille prend la direction du nord, se fixant d’abord à Cairo (Illinois) avant de gagner Chicago autour de 1919-1920.
Tout en poursuivant sa scolarité, Roberta continue l’apprentissage du piano. D’abord à la Wendell Phillips High School de Chicago avec Mildred Bryant Jones, qui lui enseigne également les rudiments de la direction des chorales ; puis un professeur de la Northern Universty, un collège qu’elle fréquente durant deux ans, l’incite même à envisager une carrière de concertiste (un avenir pourtant bien incertain pour une musicienne noire) lorsqu’elle a une quinzaine d’années. Mais elle change d’option après avoir rencontré le pianiste, chanteur et compositeur Thomas A. Dorsey (1899-1993) à la Pilgrim Baptist Church de Chicago en 1932 où elle tient le piano à « l’école du dimanche » (Sunday School), lequel lui offre, après une audition, la direction et l’accompagnement musicaux d’une nouvelle chorale de jeunes (dont l’une des premières recrues est Eugene Smith – voir plus loin), la Young People’s Choir de l’Ebenezer Baptist Church qu’il dirige avec le compositeur et chef de chœur Theodore R. Frye (1899-1963)1. Roberta n’a pas encore beaucoup pratiqué le gospel mais son potentiel est tel qu’elle décroche le poste et devient l’assistante de Theo Frye. Dorsey avait créé la grande chorale d’adultes de l’Ebenezer (la première connue du genre) dès 1931 avec Frye. Il avait également mis sur pieds, en 1932 avec la chanteuse Sallie Martin, la National Convention of Gospel Choirs & Choruses qui allait avoir un rayonnement considérable dans tout le pays.
Cette orientation pianistique est également motivée par la découverte de la pianiste Bertha Wise, entendue avec ses Singers from Augusta, Georgia, vers 1932-33, et qui la marque profondément. À cela s’ajoute l’influence de la chanteuse-pianiste aveugle évangéliste Arizona Dranes, au style « baroque » teinté de ragtime, de stride et de blues. Sans oublier son éducation musicale classique. Cette diversité de sources comme de formations apparaît tout à fait nouvelle dans l’univers de la musique sacrée afro-américaine.

Les Roberta Martin Singers

Cette année 1933, avec l’aide de Dorsey, Roberta Martin forme, sur le modèle des Wise Singers, le Martin & Frye Quartet, un ensemble masculin de très jeunes gens choisis parmi les meilleurs éléments de la chorale : Robert Anderson et Willie Webb, pianiste à l’Ebenezer Baptist Church (14 ans), Eugene Smith (12 ans), Norsalus McKissick (10 ans), James Lawrence (15 ans) et W.C. Herman. Theo Frye n’a qu’un rôle mineur dans la formation, mais Roberta a tenu à y associer son nom pour le remercier. Le répertoire comprend des compositions et des arrangements d’elle-même, de Frye, de Johnnie Rogers… publiés par l’éditrice Lillian Bowles dont l’assistant à l’époque est le pianiste, compositeur et arrangeur Kenneth Morris qui enrichira plus tard le répertoire de Mahalia Jackson2.
En 1935-36, le groupe prend le nom de Roberta Martin Singers (elle s’est mariée brièvement à la fin des années 20 avec un certain William “Bill” Martin et conservera ce nom après son second mariage).
Cette même année, Thomas Dorsey réunit les deux Martin, Roberta et Sallie (sans lien de parenté), et organise une Battle of Gospel Songs qui fait salle comble à la DuSable High School de Chicago. Et en septembre 1938, dans le cadre de l’Ebenezer Baptist Church, il monte un grand programme qui comprend, entre autres, les Roberta Martin Singers (avec Theo Frye), Mahalia Jackson, Sallie Martin qu’il accompagne, etc. À partir de 1937, le rayon d’action des Roberta Martin Singers s’est élargi bien au-delà des limites de la Windy City. Ainsi, en 1938, les Martin Gospel Singers of Chicago (comme on les nomme), effectuent une tournée qui les conduit à Buffalo, Boston, Providence, New Haven, etc., et dans diverses églises de New York. Leur popularité se confirme dans les années 1939-1940, par de nombreuses prestations dans les églises du mid-West, des invitations aux National Baptist Conventions, et Pentecostal Church Of God In Christ Convocates à Memphis (Église sanctifiée fort connue).
En 1939, Roberta, encouragée par Dorsey et Bowles, crée sa propre maison d’édition musicale, la Roberta Martin Studio of Music, qui publiera ses œuvres ainsi que celles d’autres jeunes compositeurs parmi lesquels Willie Webb, Phyllis Hall, Lucy Matthews (Smith), Alex Bradford, James Cleveland, puis Dorothy Norwood, etc.3 Leona Price en sera la secrétaire et l’administratrice jusqu’en 1979. Parmi cette production éditoriale, remarquons un thème emblématique, Only A Look at Jesus, écrit par Anna Shepherd et arrangé par Virginia Davis, qui deviendra en 1949 le premier succès discographique des Roberta Martin Singers qui l’interpréteront en ouverture de leurs récitals durant toute l’existence du groupe4, et He Knows Just How Much You Can Bear de Phyllis Hall5.
Après divers arrangements et adaptations de negro spirituals, Roberta Martin écrit elle-même sa première composition, Try Me, He Satisfies, publiée en 1943 (mais qu’elle n’enregistrera qu’en 1960), qui obtient un retentissement certain dans le monde du Gospel. Roberta, qui souhaitait rendre sa musique accessible à tous, la distribuait ainsi dans de nombreuses églises.
 
Toujours en 1939, Roberta s’associe quelque temps avec sa consœur Sallie Martin et le groupe prend provisoirement le nom de Martin & Martin Singers. Association de courte durée, chacune reprenant ses propres affaires. À la place de Sallie Martin, une chanteuse, Bessie Folk, venue de l’ensemble féminin des Stepney Five, entre dans la formation, au grand dam des membres masculins du groupe… qui changeront vite d’avis et la traiteront comme leur « petite sœur ». Redevenue les Roberta Martin Singers, la formation s’affirme alors définitivement comme un groupe mixte6. Pionnier en la matière et totalement différent du genre des quartettes vocaux masculins qui occupent quasiment tout le terrain à l’époque, il va devenir le premier ensemble mixte de renom et de référence grâce à son harmonisation très travaillée, sa dynamique rythmique subtile, à la fois souple et ferme, et l’alternance des solistes masculins et féminins. Dans les chants sur tempo lent, le ou la soliste est soutenue par un background vocal qui lui offre un véritable écrin et le met en valeur, renforçant le caractère dramatique et la force du chant. Dans les chants plus rythmés et enlevés (jubilee songs, traditionnels, gospel shouts…), Roberta, malgré son héritage baptiste, utilise volontiers la forme responsoriale (alternance soliste et chœur) typique des églises sanctifiées. L’originalité du groupe (qui a fait son succès) tient au fait que Roberta Martin sélectionnait soigneusement ses chanteurs/chanteuses qui devaient, d’une part parfaitement s’intégrer dans le « son » de l’ensemble, d’autre part faire valoir leur qualité de soliste. Elle encourage chacun d’eux à conserver, et à affirmer, sa personnalité, ainsi l’on reconnait parfaitement chaque voix, toujours mise en valeur par un commentaire pianistique approprié.
Robert Anderson lâche le groupe en 1939 avant de le réintégrer en 1941, puis de le quitter définitivement en 1943 pour voler de ses propres ailes. Surnommé le « Bing Crosby noir » pour son phrasé, cet exceptionnel baryton était dans les années 40 l’équivalent masculin de Mahalia Jackson ; il influencera sensiblement James Cleveland. Et tandis que Eugene Smith est mobilisé pendant neuf mois7, Roberta Martin découvre une exceptionnelle chanteuse de 17 ans, Delores Barrett (qui prendra plus tard le nom de Delois Barrett-Campbell, du nom de son mari, le Rev. Frank Campbell) ce qui renforce la partie féminine de l’ensemble. Soprano dotée d’énormes possibilités vocales, capable de monter très haut grâce à une technique de chanteuse d’opéra, elle possède d’incontestables talents dramatique et dynamique. Elle chante alors dans chorale des jeunes de la Central Baptist Church (dans le South Side de Chicago), dirigée par Norsalus McKissick qui la recommande à Roberta Martin.

Les premiers enregistrements
En 1945, les Roberta Martin Singers sont invités à participer à un grand revival (renouveau religieux) d’une semaine en Californie.
Probablement en 1947, à moins que ce ne soit dès 19458, les Roberta Martin Singers gravent leurs premiers disques pour deux minuscules labels : Fidelity Records et Religion Records (de Détroit), dans lesquels figure probablement la chanteuse Sadie Durrah, entrée dans la formation en 1945
et qui, malheureusement, va mourir prématurément. Pre­cious Memories, Yield Not to Temptation et Only A Look at Jesus ne passent pas inaperçus, contrairement à l’arrangement original du traditionnel Didn’t It Rain (enregistré sous le titre Listen to the Rain), lequel aura une large descendance et que le groupe réenregistrera en 19649.  
Le 30 décembre 1947, un mois après que les Martin Singers aient donné leur programme d’anniversaire au Chicago Coloseum devant 10 000 personnes, Roberta de remarie avec James Austin, trompettiste dans la All Nation Pentecostal Church, et beau-père de Lucy Smith. L’année suivante, elle quitte momentanément la « route » pour élever leur fils adoptif, Leonard “Sonny”, et se consacrer à sa maison d’édition et à son école de musique. Elle demande à Eugene Smith de prendre en charge le management et l’agence artistique du groupe.

La période Apollo
Après ses premiers disques relativement confidentiels, Roberta Martin signe avec Apollo Records en 1949. Cette marque indépendante de New York, d’abord spécialisée dans le jazz et le rhythm and blues, est en train d’assoir sa réputation dans le domaine religieux suite aux énormes succès de Mahalia Jackson (en particulier Move On Up a Little Higher). Ce qui encourage la patronne, Bess Berman, à signer d’autres artistes de gospel10. Sans atteindre les ventes colossales de Mahalia, Only A Look, premier disque publié, couplé avec He Knows How Much You Can Bear, devient un hit majeur dans le circuit du gospel. Peu après, son troisième 78 tours, The Old Ship of Zion, obtient un succès du même ordre. Les RMS obtiendront un Disque d’Or pour Only A Look et Old Ship of Zion, ce qui signifie plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.
Lucy Matthews (“Little” Lucy Smith-Collier) fille du premier mariage de James Austin et par conséquent belle-fille de Roberta, entre dans le groupe en tant qu’organiste et s’ajoute parfois aux chanteuses. Mais elle est avant tout pianiste ; ayant étudié la musique classique autant sinon plus que Roberta Martin, elle interprète couramment Beethoven ou Chopin, et a déjà accompagné le groupe en tournée. Ses premières compositions avaient été publiées par la Roberta Martin Studio of Music dès l’année précédente. Les RMS accueillent également un nouveau chanteur, Romance Watson. Issu des Willie Webb Singers (1946-1949), il remplace précisément Willie Webb, mais ne semble pas avoir enregistré avant 1957. Webb sera de retour en 1953 et tiendra l’orgue jusqu’en 1956.
Durant quelques mois, entre octobre 1950 et janvier 1951, Bessie Folk et Norsalus McKissick formeront un trio, les Gospelaires, avec le jeune pianiste-chanteur James Cleveland né en 1932, le temps d’enregistrer six faces, mais McKissick retourne vite au bercail. Tandis que Bessie prend un peu le large (elle reviendra en 1955), James Cleveland se rapproche également de Roberta Martin et ses premières compositions sont enregistrées dès 1952 : Oh! Lord Stand by Me. Suivront, parmi beaucoup d’autres, Come Into My Heart Lord Jesus, Saved (les deux derniers succès Apollo des RMS) et He’s Using Me (1955).
Deux nouvelles chanteuses, Myrtle Scott, puis Myrtle Jackson, entrent l’une après l’autre temporairement dans la formation en 1951. La première, issue de l’entourage de Dorsey – elle a tourné avec Theo Frye dans les années 30 – et idole précisément de James Cleveland, possède une voix qui navigue entre mezzo-soprano et contralto. Malgré un potentiel reconnu par Clara Ward et Marion Williams qui la considéraient comme la meilleure chanteuse de Chicago, Myrtle Scott n’a jamais fait carrière, quittant rapidement le circuit pour devenir couturière ; elle est morte dans le dénuement. The Lord Will Make Away, de Eugene Smith, et I Wanna See Jesus sont les seuls morceaux où on l’entend en soliste avec Where Can I Go composé par Myrtle Jackson qui va lui succéder. Celle-ci a déjà gravé plusieurs disques depuis 1949 avant de rejoindre Roberta Martin. Elle effectuera ensuite une carrière sous son nom, enregistrant encore en 1962 et 1963.

Dès les premiers disques Apollo, en 1949, le « son » du groupe est affirmé (il est vrai qu’il a déjà 13 ans d’âge) et il ne bougera guère, se peaufinant avec le temps et s’adaptant aux techniques d’enregistrement. L’ossature en est l’accompagnement piano-orgue, auxquels s’ajoutera plus tard une batterie pour « coller » au minimum à l’évolution des gospel songs vers la soul music. Roberta joue essentiellement dans le registre médium, superposant parfois des figures rythmiques dans les aigus. (James Cleveland et Lucy Smith feront exactement la même chose, ce pourquoi il est parfois difficile de savoir qui tient le piano dans certains disques).
L’année 1956 est émaillée de plusieurs changements : Willie Webb quitte définitivement le groupe et Little Lucy Smith retrouve son poste. Elle a enregistré plusieurs disques sous son nom entre 1949 et 1952 et chantait déjà de temps en temps avec les RMS ; elle restera dans la formation une dizaine d’années, s’affirmant petit à petit comme chanteuse, et occasionnellement soliste. Son apport à l’orgue est déterminant : avec un jeu qui s’appuie sur les pédales graves – remarquons qu’il n’y a pas de voix basse dans le groupe – elle installe un climat de recueillement palpable. Mais au début de l’année 1959, lors des séances de disques chez Savoy, elle laisse parfois l’orgue à l’accompagnateur maison (peut-être Robert Banks ?) et tient le piano. Lorsque Roberta abandonnera le clavier en 1963, sa santé déclinant, elle deviendra tout naturellement la pianiste, ainsi que la directrice musicale de l’ensemble.
Toujours en 1956, Roberta Martin prend la direction de la chorale de la Mount Pisgah Baptist Church de Chicago, fonction qu’elle exercera jusqu’à la fin de sa vie.

La période Savoy

La dernière séance pour Apollo date de 1955, année où la compagnie abandonne son volet gospel. En 1957, le groupe change de maison de disques et passe chez Savoy, un label indépendant du New Jersey plus important et, grâce à ses albums 33 tours dans les domaines du gospel, du rhythm and blues et du jazz, présent sur le marché « blanc » qui est en train de s’ouvrir. God Specializes, qui voit les débuts de Gloria Griffin, obtient un grand succès. Cette nouvelle chanteuse évangéliste de talent, qui a fait partie des Caravans en 1954, remplace Bessie Folk qui a été victime d’un grave accident de voiture.
L’arrivée de Roberta Martin chez Savoy marque un tournant dans sa carrière discographique. En effet, chez Apollo, tous les chants enregistrés par le groupe sortaient sur 78 tours (deux titres) et étaient destinés à la clientèle noire (comme le R&B dans le domaine profane). Plus tard, la majeure partie d’entre eux fut réunie sur trois microsillons 33 tours. Dans un premier temps, chez Savoy, presque tous les titres enregistrés durant les six premières séances de 1957 à 1958 sont publiés en 45 tours simple, single (et encore en 78 t pour les premiers) mais sont immédiatement réunis sur des albums 33 tours. Ainsi, en cette période d’ouverture, avec le rock ‘n’ roll, des musiques populaires noires en direction de la jeunesse blanche, un nouveau marché s’ouvre pour la musique gospel, tant au niveau national qu’international. Les morceaux à succès comme Grace (1958) ou God Is Still on the Throne (1959), deviennent les titres d’albums, ce qui augmentent leur impact et leur rayonnement. Tant et si bien qu’à partir de 1960, la politique éditoriale s’inverse, chaque séance Savoy est conçue en terme d’album, et seuls deux ou quatre chants accrocheurs (et au minutage court) sortent en 45 tours.
En 1958, Archie Dennis, un évangéliste venu des Maceo Wood Singers, remplace Romance Watson qui entame une carrière de chanteur soul pour la marque Coral. Dennis fait ses grands débuts au Music Hall de Houston lors d’un grand week-end revival organisé autour du révérend C.L. Franklin (le père d’Aretha). Mais après une première séance d’enregistrement en 1959, il doit effectuer son service militaire. Jusqu’à son retour en 1961, sa place sera occupée par Harold Johnson, qui avait chanté auparavant avec Adele Addison & The Jubilee Singers.
Pour l’enregistrement du disque 33 tours « It Was the Blood » en 1962, Bessie Folk retrouve ses camarades mais ne reprendra pas la route avec eux ; elle entrera l’année suivante chez les Sallie Martin Singers. Surnommée la « Little Mahalia », elle possédait un lyrisme et un sens dramatique équivalents à Aretha Franklin mais n’a jamais enregistré sous son nom, ce qui explique une réputation largement sous-estimée.

La popularité des Roberta Martin Singers atteint à l’époque son zénith, et le groupe est invité sur les scènes les plus prestigieuses comme le Griffith Auditorium de Washington, le Shrine Auditorium de Los Angeles (1959), le Randell’s Island (New York) lors d’un imporatnt festival gospel (1962), le New York’s Coliseum en compagnie de Mahalia Jackson, James Cleveland, et les Caravans (1963)11… Tandis que Roberta dirige la chorale de mille voix à la National Baptist Convention en 1960.
En 1963, une prestation du groupe, pour la seule et unique fois, est enregistrée en public dans une église baptiste du New Jersey, et fera l’objet de l’album « From Out Of Nowhere ». Puis les Roberta Martin Singers se rendent pour la première fois en Europe : ils sont invités au Gian-Carlo Menotti’s Spoleto Festival of Two Worlds (Spoleto, Italie) en juin 1963 au sein d’une tournée « Gospel Time »12. La France, la Grande-Bretagne et les principaux pays européens qui ont déjà reçu et ovationné Sister Rosetta Tharpe et Mahalia Jackson, manquent le coche, ce qui explique sans doute la moindre renommée de Roberta Martin en Europe. Contrairement aux Etats-Unis où sa popularité ne faiblit pas, en particulier auprès de sa communauté : passages dans les stations de radio gospel, shows télévisés à Chicago, présence active durant les luttes pour l’obtention des droits civiques…
Hélas, ce sera sa seule visite sur le Vieux-Continent car, au milieu des années 60, la chanteuse-pianiste est rattrapée par la maladie et doit réduire ses activités et abandonner souvent sa troupe. Entre-temps, en 1964, elle a encouragé sa plus ancienne soliste, Delois Barrett-Campbell, à former un trio avec ses sœurs, les Barrett Sisters, qui se produiront plus tard avec succès en Europe13. Louise McCord, une high soprano comme elle, qui la remplace, a enregistré avec les Lemon Singers of Detroit. Mais elle est surtout l’une des principales solistes des Voices of Tabernacle depuis 1959, enregistrant avec cette grande chorale sous les directions des révérends James Cleveland et Charles Craig.
Puis en 1967, c’est Gloria Griffin qui démarre à tour son une belle carrière soliste.
Depuis que Lucy Smith a pris les rênes de la formation, le son du groupe a quelque peu évolué, les arrangements reflètent une forme plus « chorale », tandis que la partie de batterie est accentuée et qu’une basse électrique renforce parfois la section rythmique.
Luttant contre un cancer, Roberta cesse en partie de se produire avec son groupe, mais peut encore participer à l’enregistrement, en 1968, de ce qui donnera naissance à leur dernier album, « Praise God » (pour lequel Delois Barrett retrouve ses anciens camarades, ainsi qu’une nouvelle chanteuse, Catherine Austin14). Un dernier morceau, I Have Hope, la fera entendre en soliste.
Peu de temps après, sa santé se détériore irrémédiablement et, le 18 janvier 1969 à Chicago, la compositrice, arrangeuse, pianiste, chanteuse et chef de chorale quitte ce bas-monde, elle allait avoir 62 ans. Environ 50 000 personnes lui rendent hommage et se recueillent devant sa dépouille, signe de son immense popularité. Après ses funérailles qui se déroulent dans son église, la Mount Pisgah Baptist Church, son corps repose au cimetière Burr Oak de Chicago, qui recevra, quelques années plus tard, celui de sa non moins célèbre consœur, Sister Rosetta Tharpe.
Dans la foulée, Savoy publie un « Memorial Album : the Unforgetable Voice of Roberta Martin » mais n’exploitera guère son formidable patrimoine, hormis en un double-album « The Best of the Roberta Martin Singers », que la firme Malaco (qui a repris le catalogue) se contentera de recycler incomplètement sur format CD. C’est tout.
Les Roberta Martin Singers poursuivent l’aventure quelque temps, mais le ressort est brisé, ils se dispersent en 1970 mais ne perdent pas le contact et se retrouvent occasionnellement jusqu’à la fin des années 90. Ils se réuniront notamment en 1994 pour un grand concert « Black Gospel Legend ».
En février 1981, le groupe, invité par la Dr. Bernice Johnson Reagon, s’était reformé pour une série de concerts et d’opérations autour de Roberta Martin et de son héritage, dont un colloque, organisée par la Smithonian Institution à Washington qui sera suivie d’une publication. Étaient présents Eugene Smith, Norsalus McKissick, Archie Dennis, Romance Watson, Delois Barrett, Louise McCord, Gloria Griffin, Bessie Folk et Lucy Smith ; Richard Smallwood les accompagnaient au piano, et Charles Pike à l’orgue.

Roberta Martin a composé environ 70 morceaux, et en a publié 280, dont 51 signés par elle et 55 par James Cleveland ! Quatre recueils de Songs of the Roberta Martin Singers seront édités. Les activités de sa maison se sont poursuivies jusqu’en 1982 et le décès de son mari.
Côté phonographique, le groupe a obtenu six Disques d’Or : Only A Look et The Old Ship of Zion (1949) sur Apollo, Grace et God Specializes (1958), God Is Still On The Throne (1959), et Try Jesus (1960) sur Savoy, et l’on estime que 6 000 000 de disques ont été vendus durant toute sa carrière.
Gloire posthume mais significative : le 15 juillet 1998, un timbre postal à son effigie est édité en même temps que trois autres rendant hommage respectivement à Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe et Clara Ward ! Ce qui en dit long sur sa célébrité.
L’héritage
Musicienne accomplie, chanteuse contralto à la voix riche et sombre, pianiste qui n’a jamais fait étalage de virtuosité, arrangeuse exceptionnelle et harmoniste hors pair, Roberta Martin aurait pu briller seule sous les projecteurs. Au contraire, elle a mis toutes ses qualités au service d’un idéal musical profond en s’entourant de chanteurs et de musiciens qui, grâce à elle, ont pu donner le meilleur d’eux-mêmes. Ce qui explique sans doute leur fidélité, pour la plupart, au groupe, en fait une véritable famille dans laquelle ils ont grandi depuis leur adolescence et ont conduit leur vie, tant musicale que personnelle.
Ayant rassemblé ses chanteurs et chanteuses dès leur plus jeune âge, Roberta Martin s’est comporté en véritable éducatrice et leur a inculqué un « chemin de vie ». Ils priaient ensemble chaque jour, ne fumaient pas en public, etc., bref, ils représentaient son nom. Il suffit de lire leurs témoignages recueillis en 1981 lors des rencontres organisées par la Smithsonian Institution : tous lui en sont infiniment reconnaissants.
Insistons en particulier sur les deux voix masculines, Norsalus McKissick, le ténor, et Eugene Smith, le baryton, qui ont accompagné toute l’histoire du groupe. Ce sont deux chanteurs exceptionnels qui possédaient largement l’étoffe pour conduire une carrière personnelle, que ce soit dans le domaine religieux (Robert Anderson l’a fait) ou le versant profane R&B/soul comme nombre de leurs confrères.
On dit que Norsalus McKissick était le crooner de l’ensemble pour sa façon de placer sa voix, sa retenue, sa délicatesse. Sans doute, mais à condition que cela ne masque pas son chant profond, impliqué, sa force de conviction, son articulation, son phrasé tout en nuances et en souplesse. Sans parler de la beauté naturelle de sa voix qui lui permet de sublimer la mélodie.
Eugene Smith, quant à lui, est considéré comme plus « brut », plus proche des shouters. Sa composition magistrale, I Know the Lord Will Make a Way, écrite en 1941 et enregistrée dix ans plus tard, est reconnue comme un véritable gospel blues. Il affectionnait les ballades gospel mais maîtrisait fort bien les shout songs proches des preachers pentecôtistes. Sa fonction de « maître de cérémonies » et sa présence scénique ont fortement marqué des gens comme James Cleveland.
McKissick et Smith, parfaitement complémentaires, annoncent l’un comme l’autre avec quelques années d’avance les grands chanteurs soul nourris de gospel, pensons notamment à Solomon Burke : la caresse rude et le rugissement sage et feutré.
À plusieurs reprises, Eugene Smith a été incité à monter sa propre formation, à commencer par sa patronne elle-même qui, déclinant une proposition de se produire à l’Apollo de Harlem, lui suggéra de l’accepter et d’organiser ses propres Eugene Smith Singers, ce que le chanteur se garda bien de faire.15

L’influence de Roberta Martin s’avère considérable auprès des plus grandes figures du gospel de l’après-guerre : Albertina Walker, qui a pris la tête d’un des meilleurs groupes féminins de gospel, les Caravans, avec des chanteuses qui travaillaient avec Robert Anderson, James Cleveland, fortement marqué par Anderson, Eugene Smith et Norsalus McKissick, qui a abondamment garni le répertoire des Martin Singers et les a souvent accompagnées au piano, Alex Bradford qui a également composé et arrangé pour le groupe auquel il a été lié au début de sa carrière16, puis Jessy Dixon, etc. sans oublier les Edwin Hawkins Singers. Nous y ajouterons, dans le domaine du rhythm and blues et de la soul music, Dinah Washington, LaVern Baker, Big Maybelle, Aretha Franklin bien sûr, Natalie Cole, les Platters, les Miracles…
« La musique de Roberta Martin, écrit Denis-Constant Martin, n’ignore ni les mélodies pentatoniques, ni les blue notes, en revanche elle utilise fréquemment des intervalles mélodiques larges (quintes, octaves, neuvièmes) et des accords plus riches. Elle termine sur des cadences plus complexes (…) Dans les harmonisations vocales, elle supprime la ligne de basse pour ne conserver que les voix supérieures ; elle donne ainsi aux ensembles une plus grande mobilité qui favorise la modernisation des mélodies grâce à une organisation plus souple des parties, et facilite la compréhension des textes. Au piano enfin, elle frappe une basse percussive, joue en octaves ou arpège, volontiers des deux mains, et pose une base solide sur laquelle peut s’élever le chant. »17
Car en dehors de l’aspect musical proprement dit, les textes des chants sont d’une grande importance. S’ils puisent, bien évidemment, dans la Bible et les Évangiles, ceux écrits par Roberta se distinguent par l’implication personnelle de leur auteur qui cherche à apporter réconfort et consolation à ses contemporains et « rendent compte de la relation de l’individu avec son Sauveur, pourvoyeur et disponible »17. Cette importance de la parole se manifeste dans sa musique, la compositrice évitant les tempos trop vifs et les interprétations débridées qui ne permettent pas de saisir et de comprendre les mots.
Roberta Martin a élevé l’idiome gospel au rang d’un véritable grand art populaire. Elle représente l’étape suivante après Thomas Dorsey. Non seulement elle a joué un rôle déterminant dans l’évolution de la musique sacrée, mais également dans la musique afro-américaine en général pour laquelle sa contribution est inestimable.
Comme il est suggéré dans ces fameuses rencontres de la Smithsonian Institution, Roberta Martin fut un esprit de son temps qui a enrichi la culture et la créativité du monde américain noir.

Jean BUZELIN

Jean Buzelin est l’auteur de Negro Spirituals et Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Ed. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998) ; il collabore à la Gospel Discography de Cedric J. Hayes & Robert Laughton (rubriques Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe, Golden Gate Quartet, etc.).
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2019

Notes :
1 Theodore Frye, de son côté, avait entendu Roberta Martin dès 1929 à l’Arnett Chapel Methodist Church à Morgan Park (Chicago). Également chanteur, pianiste, mais surtout compositeur et arrangeur reconnu, Theo Frye a publié de nombreuses pièces dont les plus connues sont Milky White Way (succès des Trumpeteers en 1948) et My Rock (Myrtle Jackson, Swan Silvertones, Sensational Nightingales…). Il fut assisté par Virginia Davis, soprano lyrique et chef de chœur talentueuse. Organisateur de la mass choir (1000 voix !) de la National Baptist Convention en 1943, il collabora également avec Mahalia Jackson.
2 Les principales maisons d’édition de musique gospel à Chicago sont Lilian Bowles & Theo Frye, Thomas A. Dorsey, Sallie Martin & Kenneth Morris.
3 Parmi les premières publications, notons In That Great Get ’n Up Morning Fare You Well (chanté par l’Ebenezer Baptist Church Choir), When We Get Over Yonder (coécrit avec Johnnie Rogers), God’s Amazing Grace (1938), des réécritures de spirituals comme Didn’t it Rain (arrangé par Willie Webb - 1939).
Suivront I Know the Lord Will Make a Way, Oh Yes He Will (Eugene Smith - 1941), He Knows How Much You Can Bear (Phyllis Hall - 1941), He’s All I Need (Willie Webb - 1947), Only A Look (Anna Shepherd, arrangement Virginia Davis - 1948), What A Blessing In Jesus I’ve Found (Lucy Matthews (Smith - 1948), et bien sûr les œuvres de Roberta parmi lesquelles My Eternal Home (1947), Satisfied (en collaboration avec Morris McGhee - 1949), etc. Puis But This I Pray, Oh Lord, Remember Me (Myrtle Jackson - 1944) et Each Day (Louise King - 1948) qui, chantés respectivement pas les Soul Stirrers et Sister Wynona Carr, feront de grands succès. Sans oublier What A Friend We Have In Jesus ; Roberta avait accompagné la grande chanteuse Willie Mae Ford Smith au Grand Music Festival à la DuSable High School en juin 1939 sur ce chant dont elle publiera un nouvel arrangement l’année suivante et qui, enregistré en 1950 par les RMS, deviendra son interprétation la plus appréciée.
4 Only A Look sera enregistré à trois reprises : la première en 1947 (Martins Studio/Recorded in Hollywood) et la seconde en 1949 (Apollo) avec Bessie Folk en soliste principale, secondée par Delois Barrett, laquelle sera la soliste du troisième enregistrement en 1957 (Savoy). La version que nous avons choisie est la seconde, la plus connue, celle qui a véritablement lancé le groupe.
5 Fin 1941, Phyllis Hall avait apporté He Knows Just How Much We Can Bear à un revival d’une semaine à Philadelphie et l’avait proposé à Roberta Martin qui en fit un arrangement. Elle chantera avec le groupe dans la région Philadelphie/Baltimore jusqu’au début 1942.
6 En dehors des petites chorales locales des églises sanctifiées, les ensembles mixtes professionnels ont eu un précédent dans les années 30 à Chicago avec les Robert Johnson Singers, dans lesquels chantait Mahalia Jackson (cf. Complete Mahalia Jackson Vol. 1, FA 1311), mais qui n’ont jamais fait de disques.
7 W.C. Herman, chanteur de la première heure dont on ne sait rien, a quant à lui été tué à la guerre.
8 Date sujette à caution. Selon le témoignage d’Eugene Smith, un disque a été enregistré à Hollywood lors de la venue du groupe en 1945 (publié sous la référence Recorded In Hollywood 101). D’autres sources discographiques penchent pour 1949. Quoiqu’il en soit, les deux premiers disques 78 tours, sortis sur son propre label, Martins Studio, ont été pressés à 500 exemplaires chacun. Ils étaient vendu 1 dollar lors des concerts ou à sa maison d’édition. Le premier, No, No, Nothing Can Change Me/Oh, Say so est une rareté absolue: il n’en subsisterait qu’un seul exemplaire retrouvé par Bob Marovich, qui nous l’a gentiment copié pour notre anthologie ; le second, Jesus/Only A Look at Jesus n’est guère moins rare. Repris à l’époque sous étiquette Recording In Hollywood, il nous a été prêté par Per Notini.
Parallèlement, trois autres disques ont été gravés à Chicago, probablement en 1947, pour Religious Recordings/Fidelity avec Sadie Durrah.
9 L’arrangement est-il celui de Willie Webb (datant de 1939) ou bien de Roberta elle-même ? ; tous les artistes qui ont repris Didn’t it Rain depuis lui créditent ce titre.
10 Parmi ceux-ci, citons les Dixie Hummingbirds, les Gospelaires, les Southern Harmonaires, les Royal Sons, Alex Bradford, Robert Anderson, etc. Mais, après Mahalia Jackson, les Roberta Martin Singers seront la recrue majeure de la maison.
11 Sur ces grandes scènes, Roberta Martin ne se produit que dans le cadre de programmes strictement gospel.
12 Les RMS étaient composés de Gloria Griffin, Archie Dennis, Norsalus McKissick, Eugene Smith et Lucy Smith ; le programme comprenait également Sister Ernestine Washington, les Lorraine Ellison Singers, les Twilight Gospel Singers, et Arthur Miller à l’orgue.
13 En fait, les Barrett Sisters chantaient déjà ensemble lorsqu’elles étaient toutes jeunes, autour de 1940. Reformées professionnellement en 1964, elles existeront jusqu’en 2006, Delois aura alors 80 ans. Elle se produiront souvent en France et en Europe.
14 La participation de Catherine Austin semble attestée, bien que son nom ne figure pas sur les discographies.
15 Son fils Sonny Austin raconte qu’elle refusa une offre de 50 000 dollars, au début des années 60, pour se produire sur des scènes profanes.
16 Le Professeur Alex Bradford, né en 1927, rejoint d’abord les Willie Webb Singers avec lesquels il enregistre en 1951 et 1952. Ses premières compositions ont été publiées et publiées par Roberta Martin et enregistrées par les RMS : After It’s All Over (1952), Since I Met Jesus, Marching To Zion, I’m Gonna Praise His Name (1953), etc.
17 Denis-Constant Martin (in Le Gospel afro-américain, Cité de la Musique/Actes Sud, 1998) traduit parfaitement les éléments proposés dans l’ouvrage We’ll Understand It Better by and by dirigé par Bernice J. Reagon (Smithsonian Institution, 1992).

Sources consultées :
Anthony Heilbut, The Gospel Sound: Good News and Bad Times (1971, 4e edition, Limelight Ed., NY, 1992)
Horace Clarence Boyer, How Sweet the Sound: The Golden Age of Gospel (Elliott & Clark Pub. Washington, DC, 1995)
Bernice Johnson Reagon, Pearl Williams-Jones & al, Roberta Martin and the Roberta Martin Singers: The Legacy and the Music (Smithsonian Institution, Washington, DC, 1982)
Robert Marovich, A City Called Heaven: Chicago and the Birth of Gospel Music (University of Illinois Press, 2015)
Ronald L. Greer, Only a Look: A Historical Look at the Career of Mrs. Roberta Martin (2015)
Cedric J. Hayes & Robert Laughton, The Gospel Discography 1943-1970 (Eyeball Productions, 2007)
+ Robert Sacré, Tony Cummings, Clayton L. Hannah

Disques des collections : Robert M. Marovich, Denis-Constant Martin, Per Notini, Étienne Peltier, Robert Sacré que nous remercions chaleu­reusement.

Photos & collections : Jacques Demêtre, Robert Sacré, Bob Marovich, Smithsonian Institution.
Remerciements : Julien Crué, François-Xavier Moulé.


Les disques
La carrière phonographique des Roberta Martin Singers comprend trois chapitres distincts :
1) Les débuts relativement confidentiels (1945 ou 47-1949) ;
2) La période Apollo (1949-1955) ;
3) La période Savoy (1957-1968), sachant que la loi sur l’exploitation du domaine public ne nous permet pas de dépasser l’année 1962.
Le matériel à notre disposition restait néanmoins conséquent et, compte tenu du niveau d’excellence de tous les disques que nous avons pu rassembler, une anthologie représentative de l’art musical de Roberta Martin ne posait pas de difficultés particulières, si ce n’est justement la qualité exceptionnelle de sa production qui rendait parfois les choix ardus, et le fait que nous avons dû écarter quelques faces en raison de l’état médiocre de certains 78 tours.

CD1

Malgré le côté un peu étriqué du son des enregistrements artisanaux réalisés dans un certain amateurisme, la qualité musicale des RMS atteint déjà un niveau professionnel incontestable, tant au niveau vocal qu’à celui des arrangements et de l’harmonisation des ensembles. Le groupe a déjà une bonne douzaine d’années de travail et de pratique derrière lui, et les jeunes adolescents de l’époque ont atteint leur maturité. Les 4 premiers titres choisis mettent en avant chacun des solistes : Norsalus McKissick sur l’hymne Precious Memories, Eugene Smith sur He’s All I Need, la composition de Willie Webb, avec son tempo mi-lent à trois temps, selon le genre gospel waltz qui s’imposera largement durant ces années 40/50 avec notamment Alex Bradford, puis Ray Charles ; Delois Barrett fait entendre sa voix pure et cristalline, et Roberta Martin enregistre son premier Didn’t It Rain original sous le titre Listen To the Rain. Bien qu’encore dépouillées, les interprétations laissent déjà poindre une grande intensité.
Suivent trois faces éditées par le Martins Studio. Les deux premières étaient totalement inconnues des amateurs et des discographes avant que Bob Marovich ne déniche ce rarissime 78 tours Martins Studio 1T et nous offre la primeur de sa première réédition. Apprécions dans No No, Nothing Can Change Me l’interaction entre Eugene Smith et le chœur.

Les disques Apollo, en général, ne brillent pas par leur extrême sophistication, comme nous pouvons l’entendre, par exemple, dans les quatre premiers volumes de notre Intégrale Mahalia Jackson (FA 1311-1312-1313-1314). Mais ils ont l’avantage d’offrir une authenticité certaine, les artistes évoluant dans leur milieu naturel. Nous avons choisi de parcourir l’œuvre gravée des RMS chronologiquement. Ils frappent fort dès leur première séance, fin juillet 1949, qui produit au moins trois grands titres. Only a Look qui fait entendre longuement Bessie Folk avant l’entrée du chœur, et sera plébiscité par le public noir, et le verso, He Knows How Much You Can Bear, magnifiquement chanté par Roberta. La superbe interprétation de McKissick de Old Ship of Zion contribuera au second grand succès du groupe. What a Blessing, non retenu ici, figure dans notre anthologie Gospel / Sisters & Divas (FA 5053). Il s’agit d’une composition de Lucy Smith qui vient d’entrer dans le groupe en tant qu’organiste. Cette combinaison piano/orgue va devenir la base instrumentale-type du gospel pour la plupart des chanteurs et chanteuses solistes, ensembles féminins et mixtes, et autres chorales (quartettes vocaux masculins exceptés qui viennent d’une tradition différente avec ses propres codes).
La séance suivante, en janvier 1950, permet d’apprécier la qualité des deux solistes masculins, Eugene Smith démontrant en outre son aisance sur Satisfied, chanté sur un rare tempo rapide. On appréciera les arrangements originaux qui modernisent de vieux hymnes, Tell Jesus All avec Bessie Folk, et surtout un What a Friend quasi arythmique, considéré comme le chef d’œuvre vocal de Roberta Martin.
Un an s’est écoulé lorsque les RMS retournent en studio avec une nouvelle chanteuse, Myrtle Scott. Ses trois seuls enregistrements connus sont d’une qualité exceptionnelle. Sur le tempo enlevé de Where Can I Go, elle répond d’abord à Roberta dans un registre plus haut, avant d’être l’interprète brillante du fameux The Lord Will Make a Way d’Eugene Smith. Nous lui attribuerons également le rôle de la soliste dans le très rythmé I Wanna See Jesus (ce que les discographes n’indiquent pas). Issu de la même session, You’ll Understand It Better figure dans Sisters & Divas (FA 5053).
En mai 1952, Myrtle Scott a laissé sa place à Myrtle Jackson pour un autre passage éclair. Par ailleurs compositrice de Where Can I Go qu’elle a enregistré sous son nom l’année précédente, celle-ci chante sa seule partie solo, rejointe par Roberta, dans son He Didn’t Mind Dying. À noter la première pièce de James Cleveland, Oh ! Lord Stand By Me (largement démarquée du célèbre Stand By Me de Charles Tindley).
À la fin de l’année, les RMS gravent plusieurs compositions d’Alex Bradford, dont After It’s All Over où Roberta et Eugene Smith se renvoient la balle. I’m Determined (de Cleveland) commence par un duo entre les deux chanteurs masculins, puis Norsalus prend le lead vocal tandis qu’Eugene s’interpose avec un commentaire narratif en forme de preaching.

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L’aventure Apollo se poursuit en 1953 lors d’une séance où la plume d’Alex Bradford est largement sollicitée, avec notamment Since I Met Jesus. Ce qui nous amène une fois de plus des rythmes en ¾, y compris dans le Have You Found a Friend de Roberta Martin qui permet d’apprécier la voix lumineuse de Delois Barrett.
Lors de la session suivante, au printemps 1954, Eugene Smith chante magnifiquement le vieux spiritual Shine On Me, rebaptisé Shine Heavenly Light, sur un tempo lent arythmique arrangé par Roberta. Norsalus McKissick montre également qu’il « a du coffre » dans I’m Just Waiting On the Lord. Si l’on en croit les numéros de matrice des gravures, Robert Anderson, l’ancien chanteur du début des RMS, est également présent dans le studio avec un groupe masculin. Roberta Martin officiant au piano, l’occasion était bonne de présenter ce magnifique baryton dans un esprit proche de celui des RMS. On appréciera tout particulièrement l’impressionnant Since My Heart’s Been Changed qui, après une lente introduction, se poursuit sur un tempo mi-rapide.
Nous nous retrouvons un an après pour ce qui sera la dernière session Apollo du groupe. Cette fois-ci, James Cleveland est le principal pourvoyeur du répertoire. I’m Saved est une réussite remarquable chantée par Eugene qui retrouve Norsalus sur He’s Using Me. Et Bessie Folk, de retour, fait entendre sa voix à la fois claire et puissante, soutenue par un chœur tout en retenue, dans I’ll Do What You Want Me To Do.

Après un an et demi sans réaliser le moindre disque, les RMS inaugurent, au début de l’année 1957, leur nouvelle collaboration avec la maison Savoy. Entre temps, le groupe s’est étoffé : Lucy Smith, de retour à l’orgue à la place de Willie Webb, complète également la section des sopranos aux côtés de Delois Barrett, un second ténor, Romance Watson, épaule Norsalus McKissick, tandis que la jeune Gloria Griffin succède à Bessie Folk. Ainsi, le son harmonique, nuancé, coloré et raffiné de l’ensemble gagne encore en richesse et en ampleur avec cette texture vocale unique : high soprano, 2e soprano, alto/contraltos, 1er et 2e ténors, baryton ; il n’y aura jamais de basse dans le groupe. Par contre, pour accentuer l’aspect rythmique, les producteurs proposent (ou imposent ?) une batterie lors des enregistrements.
Deux séances, en janvier et en avril, sont organisées de manière à réunir le matériel nécessaire à la confection d’un futur microsillon 33 tours. Un éventail de thèmes très variés comprend plusieurs « traditionnels » comme Walk in Jerusalem, chanté avec beaucoup de conviction et de soul par Eugene Smith, et une adaptation très originale du vieux negro spiritual Nobody Knows qui met pour la première fois Gloria Griffin en vedette.
À nouveau deux séances sont programmées l’année suivante, en janvier et juillet 1958. James Cleveland, toujours sollicité, offre au groupe Grace, chanté par Norsalus, qui obtiendra un Disque d’Or, immédiatement suivi par un second Gold Record, un arrangement de Roberta Martin et de Gloria Griffin sur God Specializes que cette dernière entame très lentement en solo avant qu’un rythme médium dynamise le morceau. Les chanteuses Delois Barrett et Gloria Griffin se mettent en évidence, notamment la première sur Back To the Fold, également construit sur deux tempos différents. Nous entendons également Romance Watson dans l’un de ses rares solos sur un arrangement très particulier de Rock My Soul par Cleveland.
On constate à l’écoute que les disques Savoy possèdent plus d’ampleur sonore que les Apollo, bénéficiant certainement de techniques d’enregistrement supérieures et d’une meilleure gravure.

CD3
En avril 1959, les RMS entrent par deux fois en studio. Dix chants sont enregistrés qui sortiront tous en 45 tours simples avant d’être réunis sur un 33 tours sous le titre God Is Still on the Throne, nouveau Disque d’Or chanté par Gloria Griffin, à qui Lucy Smith prête main-forte sur Hold The Light. Notons les débuts du ténor Archie Dennis, qui a remplacé Romance Watson, en solo dans Step In, Jesus.
Sur un rythme annuel, de 10 à 12 titres seront mis en boîte lors de séances se déroulant désormais sur deux jours. En janvier 1960, Roberta Martin enregistre enfin sa première composition, Try Jesus, qui donne le titre du nouvel album mais ne paraîtra pas en 45 tours. Seuls deux morceaux, dont Oh How Much He Cared For You chanté par Gloria Griffin sortiront dans ce format. On remarque que certaines pièces, très élaborées comme If You Pray (J. Cleveland/R. Martin) évoluent musicalement vers un genre assez pop (au sens américain de grande variété), ce qui convient bien au style de Norsalus McKissick.
La remarque vaut également pour Since I Met Him (Cleveland toujours) que chante Norsalus en ouverture de la séance de janvier 1961 et qui donnera son titre à l’album. De son côté, Eugene Smith montre à nouveau ses qualités de shouter dans le traditionnel I Couldn’t Hear Nobody Pray. Exceptionnellement, alors que Delois Barrett (absente l’année précédente) rejoint ses compagnons, c’est Lucy Smith qui pour une fois est mise en valeur dans Only God, dans une tonalité toutefois assez grave pour une soprano. C’est aussi l’occasion d’entendre le remplaçant d’Archie Dennis, Harold Johnson, dans Oh What a Day, d’abord sur un rythme en ¾ puis, rejoint par le chœur, sur un tempo rapide ; une pièce tout à fait dans l’idiome soul de l’époque.
Le dernier 33 tours qui entre dans le cadre de notre anthologie, It Was the Blood, encore un morceau dû à la plume de James Cleveland et chanté par Eugene Smith, a été enregistré en février 1962. Il nous permet de retrouver Archie Dennis dans You’ve Been Truly Blessed et, pour son ultime retour, Bessie Folk qui partage les solos avec Roberta dans No Other Help I Know. Et pour clore ce magnifique récital en trois CD, l’hymne Out Of the Depths réunit le chœur à l’unisson pour un finale grandiose !

Les chanteurs et chanteuses
1933    Norsalus McKissick (1923-1997) >1969
    Robert Anderson (1919-1995) >1939; 1941-1943
    Willie Webb (1919-1999) >1949; 1953-1956 (+ organ)
    James Lawrence (ca. 1920-1990) >1940s
    W.C. Herman (?-mid. 40s)
1934    Eugene Smith (1921-2009) >1969
1935    Addie Smith-Phillips (?-?) >1936
1939    Sallie Martin (1896-1988)
    Bessie Folk (1923-2001) >1950; 1955-1956; 1962
1940    Phyllis Hall (?-?) >1941
1943    
Delois Barrett-Campbell (1926-2011) >1965; 1968-1969
1945    Sadie Durrah-Nolan (?-1947)
1949    
Little Lucy Smith-Collier (1925-2010) >1952; 1957-1969 (+ organ, piano)
    Romance Watson (1930) >1958
1951    Myrtle Scott (1915-1995) >1952
    Myrtle Jackson (?-?) >1952
1957    Gloria Griffin (?-1995) >1969
1958    Archie Dennis, Jr (1935-2001) >1959; 1961-1969
1959    Harold Johnson (?) >1961
1966    Louise McCord (?)
1968    Catherine Austin (?)
Robert Anderson, s’accompagnant au piano, effectue une grande carrière en tant que soliste (enregistrements en 1949, 50, 52, 55, et de 61 à 66). Il forme également les Anderson Singers (enr. En 1951 et 54) et se fait accompagner en 1952 par les Caravans (futur célèbre groupe féminin) dont il est à l’origine. Il a enregistré à nouveau dans les années 80.
Willie Webb, après avoir quitté une première fois Roberta Martin, enregistre avec ses Willie Webb Singers, également un groupe mixte dans lequel il tient l’orgue, en 1950, 51 et 53, puis, après son second départ, en 1959 et 61. Parallèlement, il a joué de l’orgue dans des disques de Mollie Mae Gates (fin des années 40), des Soul Stirrers (1957) et de Mahalia Jackson (1959). Il devient l’accompagnateur-maison de l’émission de télévision « Rock of Ages » à Chicago durant les années 70 et 80.
Bessie Folk a enregistré avec les Sallie Martin Singers en 1963.
Delois Barrett-Campbell a dirigé les Barrett Sisters (Billie Greenbey et Rhodessa Porter) de 1964 à 2006. Roberta Martin intervient sur leur troisième album en 1966.
Lucy Smith, durant son absence des Roberta Martin Singers, enregistre une douzaine de faces avec ses Lucy Smith Singers où elle chante et tient le piano. En 1962, elle enregistre le contenu d’un album d’orgue en solo. Puis elle officie comme accompagnatrice-maison de l’émission télévisée « Jubilee Showcase » à Chicago durant la seconde moitié des années 70. Une attaque la prive de l’usage d’un bras ; ne pouvant plus jouer, elle continue de chanter jusque dans les années 90.
Gloria Griffin réalise son premier album solo pour Atlantic en 1968. Elle chante avec la Maceo Wood Christian Tabernacle Choir de Chicago, puis travaille avec le Rev. Donald Vails durant plusieurs décennies.
Rev. Archie Dennis a tourné avec la Rev. Billy Graham Association de 1972 à 1977 avant de fonder sa propre Église en 1986. Il a enregistré un 45 t en Suède en 1988.
Louise McCord retrouve les Voices of Tabernacle en 1967, réalisant même une séance d’enregistrement sous son nom en 1969, avant d’effectuer une carrière soliste chez Stax : elle participe en août 1972 au fameux concert « Wattstax », en souvenir des émeutes de ce quartier noir de Los Angeles en 1965. On peut la voir en compagnie des Golden Thirteen entourant William Bell chantant Old Time Religion dans le film de Mel Stuart ; elle a également interprété en solo Better Get a Move On. Elle retournera ensuite chez Savoy.
À l’heure où ces notes sont rédigées, trois anciens membres du groupe sont toujours parmi nous : Romance Watson, Stanley Harold Johnson, et Louise McCord Williams.


THE ROBERTA MARTIN SINGERS 1947-1962

By Jean Buzelin
(English Summary)

Roberta Evelyn Winston was born in Helena, Arkansas on February 12, 1907. Her father William, a farmer, and her mother Anna Winston, had a grocery store and raised a family of six children. When Roberta was six she began to learn piano with one of her sisters-in-law, and a few years later (around 1917) in the midst of America’s great migrations, moved north to Cairo (Illinois) before settling in Chicago in 1919-1920.
Roberta continued piano lessons but stayed in school, first at Wendell Phillips High (Chicago) with Mildred Bryant Jones, who also taught her the rudiments of being a choirmaster, and then with a teacher at Northern University, her college for two years, where at fifteen she was encouraged to seek a career as a concert pianist. Roberta would change her mind after meeting the pianist, singer and composer Thomas A. Dorsey (1899-1993) at Pilgrim Baptist Church in Chicago (1932) where she played piano at Sunday school. Dorsey gave her an audition and offered her a post as choir-mistress and accompanist of the new Young People’s Choir at Ebenezer Baptist Church, the ensemble he was leading with composer and choirmaster Theodore R. Frye (1899-1963.)1 Roberta hadn’t yet gained much experience of gospel singing but she had so much potential that she became Theo Frye’s assistant and accepted the post.
Apart from her own classical music education, her attraction to the piano was motivated by her discovery of pianist Bertha Wise, from Augusta, Georgia, in around 1932-33, whom she heard with her Singers. Another influence was the blind evangelist and singer-pianist Arizona Dranes, who had a “baroque” style tinted with ragtime, stride and blues. This diversity in her influences and education was quite new in the universe of Afro-American religious music.

The Roberta Martin Singers
With the aid of Dorsey, in that year of 1933 Roberta Martin set up the Martin & Frye Quartet modelled on the Wise Singers. They created a male group of very young people chosen from the choir’s best singers: Robert Anderson and Willie Webb, who played piano at Ebenezer Baptist Church (aged 14), Eugene Smith (12), Norsalus McKissick (10), James Lawrence (15) and W.C. Herman. Theo Frye had only a minor role in the ensemble but Roberta wanted his name associated with it by way of gratitude. The choir’s repertoire included compositions and arrangements written by herself, Frye, Johnnie Rogers and others, all published by Lillian Bowles, whose assistant at the time was the pianist, composer and arranger Kenneth Morris, who later enhanced the repertoire of Mahalia Jackson2.
In 1935-36 the group took the name Roberta Martin Singers; Roberta had briefly been married in the late Twenties to a man named William “Bill” Martin and kept the name after remarrying. That same year, Thomas Dorsey brought two Martins together, Roberta and Sallie (no relation) and organized a “Battle of Gospel Songs” that packed the hall at DuSable High School in Chicago. In September 1938, at Ebenezer Baptist Church, he staged a major bill including the Roberta Martin Singers (with Theo Frye), Mahalia Jackson, Sallie Martin, et al. Beginning in 1937, the Roberta Martin Singers widened their range well beyond the Windy City and from 1938, the Martin Gospel Singers of Chicago (as they were known), began a tour that led them to Buffalo, Boston, Providence and New Haven, and to various churches in New York. Their popularity was confirmed by the turn of the decade after numerous appearances in the churches of the mid-West, and invitations to the National Baptist Conventions (NBC) and Pentecostal Church Of God In Christ Convocations in Memphis.

In 1939, with encouragement from Dorsey and Bowles, Roberta set up her own music-publishing company, the Roberta Martin Studio of Music, which would publish her own works as well as those of other young composers like Willie Webb, Phyllis Hall, Lucy Matthews, Alex Bradford, James Cleveland or later Dorothy Norwood. Amidst the published output there was a noticeably emblematic theme entitled Only A Look at Jesus: written by Anna Shepherd and arranged by Virginia Davis, in 1949 it became the Roberta Martin Singers’ first hit on record, and they would feature the song as an opener at all their concerts throughout the group’s career3; and another of the publications was He Knows Just How Much You Can Bear by Phyllis Hall4.
After various arrangements and adaptations of Negro spirituals, Roberta Martin composed her first original composition, Try Me, He Satisfies, which was published in 1943 (but which she didn’t record until 1960). It obtained a certain echo in the Gospel world, and Roberta, who wanted her music to reach everyone, spread her work in numerous churches.
Still in 1939, Roberta associated with her fellow singer Sallie Martin for a while and the group temporarily took the name of The Martin & Martin Singers; but it didn’t last long, each partner returning to her own activities, and Sallie Martin was replaced by singer Bessie Folk from the all-female ensemble The Stepney Five, much to the dismay of the group’s male members… but they quickly adopted her, treating Bessie like their “little sister”. As the Roberta Martin Singers once again, the formation would assume its definitive identity as a mixed group.5 They were pioneers, and they became the first mixed choir of renown: the new group was a reference in terms of harmony, which was highly elaborate, its subtle dynamics in rhythm, both flexible and firm, and alternated male and female soloists. In slow tempo songs, the soloist was backed by background vocals that displayed the music in a genuine setting that enhanced the strength and dramatic character of the singing. In quicker, more rhythmical songs — jubilee songs, traditional pieces and gospel shouts…), Roberta, despite her Baptist legacy, willingly used the form of the responsorial psalm alternating soloist and chorus (typically a feature of holy churches.) The group’s originality lay in the fact that Roberta Martin carefully selected her singers (male and female): they had to integrate the ensemble to perfection, but also justify their talents as soloists.
Robert Anderson left the group in 1939 only to re-join two years later, but abandoned the choir definitively in 1943 to go his own way. Nicknamed the “Black Bing Crosby” due to his phrasing, he was an exceptional baritone who was the Forties’ equivalent of a Mahalia Jackson. And while Eugene Smith was called up by the military for nine months, Roberta discovered an exceptional 17-year-old singer named Delores Barrett to reinforce the ensemble’s female contingent.

First recordings
In 1945 the Singers received an invitation to take part in great week-long “revival” event in California, and then in 1947, unless it was in 19456, they cut their first records for two tiny labels: Fidelity Records and Religion Records (in Detroit), on which people could probably hear singer Sadie Durrah, who joined the group in 1945 and who would unfortunately die too early. Precious Memories, Yield Not to Temptation and Only A Look at Jesus were noticed, but as for the original arrangement of the traditional song Didn’t It Rain (recorded as Listen to the Rain), it spawned many others, and the group recorded it again in 1964.

The Apollo period
After her first records, which enjoyed relatively confidential sales, Roberta would sign with Apollo Records in 1949. This independent label in New York first specialized in jazz and rhythm and blues, and by then it was securing a reputation in the religious sector following the enormous hits of Mahalia Jackson. Without reaching the colossal figures of Mahalia, the sales of Roberta’s Only A Look, her first for the label, paired with He Knows How Much You Can Bear, made it a major hit on the gospel circuit. The Roberta Martin Singers received a gold record for Only A Look and Old Ship of Zion, which rewarded sales of several hundred thousand copies.
Lucy Matthews (“Little” Lucy Smith-Collier), the daughter of James Austin by his first wife (and consequently Roberta’s daughter-in-law after her own marriage to Austin in 1947), joined the Singers as an organist and sometime singer, but she was above all a classically trained pianist, and her first compositions had been published by the Roberta Martin Studio of Music the previous year. The RMS also welcomed a new male singer named Romance Watson from the Willie Webb Singers (1946-1949); he actually replaced Willie Webb, but does not seem to have recorded before 1957. Webb would return in 1953 and remained their organist until 1956.
For a few months between October 1950 and January 1951, Bessie Folk and Norsalus McKissick formed the Gospelaires trio with the young singer-pianist James Cleveland (born 1932). They recorded six sides, but McKissick quickly went back to the RMS. While Bessie followed her own path for a time (she returned in 1955), James Cleveland became closer to Roberta Martin also, and his first compositions were recorded in 1952: Oh! Lord Stand by Me, followed by notably Come Into My Heart Lord Jesus, Saved (the last two Apollo hits by the RMS) and He’s Using Me (1955).
Two new singers, Myrtle Scott and Myrtle Jackson, temporarily joined the group in ‘51. The first, a former Dorsey member – she toured with Theo Frye in the Thirties – had a voice in the mezzo-soprano and contralto ranges. Despite potential recognized by Clara Ward and Marion Williams — they considered her the best singer in Chicago — Myrtle Scott never made singing her career, and rapidly left the circuit to become a dressmaker. She died in poverty. The Lord Will Make Away and I Wanna See Jesus are the only two pieces where she sang solo, along with Where Can I Go composed by Myrtle Jackson, her successor.
The first Apollo recordings in 1949 demonstrated the group’s “sound” had been established (it’s true that it had been maturing for thirteen years already) and it would hardly vary in the future, being refined over time while adapting to recording techniques. The structure of their sound was the piano-organ accompaniment, to which were later added the drums, in order to follow a minima the evolution of gospel songs towards soul music. Roberta played for the most part in the middle register, sometimes superimposing rhythmical figures in the upper range. 1956 would see several changes: Willie Webb left the group for good and Little Lucy Smith was reinstated as organist. Her contribution was decisive: her bass-pedal playing provided a foundation that allowed her to install a palpable atmosphere of contemplation. When Roberta abandoned the keyboards in 1963 due to declining health, she naturally beamed the group’s pianist as well as their musical director.

The Savoy period
The last Apollo session took place in 1955, the year the record-company abandoned its gospel division. In 1957 the RMS changed labels and moved to Savoy, a larger independent in New Jersey whose 33rpm albums — gospel, rhythm & blues and jazz — gave it a presence in the burgeoning “White” market. God Specializes, which saw the debut of Gloria Griffin, was a big hit. Gloria, a talented new evangelist singer, belonged to The Caravans in 1954 before replacing Bessie Folk after Bessie had a serious automobile accident.
Roberta Martin’s arrival at Savoy marked a crossroads in her discography. At first, almost all the Savoy titles recorded in the first six sessions (1957-1958) were relea­sed as singles, and then compiled on LP records. And this explains how, in these early stages of development of rock ‘n’ roll and black popular music aimed at young White audiences, a new market would open up for gospel music, not only inside America but also internationally.
Hits like Grace (1958) or God Is Still on the Throne (1959), became the titles of albums, which increased their impact and distribution. So much so that, beginning in 1960, the release policy would change, and each Savoy session was conceived around an album (rather than a single), and only two to four “catchy” songs would be released as singles.
In 1958, Archie Dennis, an evangelist formerly with the Maceo Wood Singers, replaced Romance Watson, who was beginning a solo career as a soul singer. But after one concert at Boston Music Hall and a first record-session in 1959, he had to do his military service; until Archie’s return in 1961, his place in the RMS was filled by Harold Johnson, who had formerly been singing with Adele Addison & The Jubilee Singers.
For the recording of the 33rpm album It Was the Blood in 1962, Bessie Folk returned to join her comrades but wouldn’t go back on the road with them; a year later she joined the Sallie Martin Singers. Nicknamed “Little Mahalia”, Bessie had the lyricism and dramatic feeling of Aretha Franklin yet never recorded under her own name, which explains why she has always been widely underestimated.

The popularity of the RMS reached its peak over this period and saw appearances by the group on some of the most prestigious stages in America, like Washington’s Griffith Auditorium, the Shrine in Los Angeles (1959), Randell’s Island in New York (for a major gospel festival held in 1962), the New York Coliseum together with Mahalia Jackson, James Cleveland and The Caravans (1963)… while Roberta conducted NBC’s thousand voices choir in 1960.
In 1963 a performance by the group was recorded in public — it was the only occasion ever — in a Baptist church in New Jersey, and it became the album “From Out Of Nowhere”. Then the RMS went to Europe, another first, to appear at Gian-Carlo Menotti’s Spoleto Festival of Two Worlds (Spoleto, Italy) in June 1963 in the context of the tour named “Gospel Time”.
Alas, it would be their only trip to Europe since, in the mid-Sixties, the singer-pianist fell ill and had to reduce her schedule, often abandoning her troupe to its own devices. Louise McCord, like Roberta a high soprano, replaced the leader. She had been one of the principal soloists of the Voices of Tabernacle since 1959, recording with that great choir under the direction of Reverends James Cleveland and Charles Craig. Then in 1967 it was Gloria Griffin’s turn to begin a fine solo career.
Fighting cancer, Roberta Martin ceased almost all appearances with her group, but was still able to take part in the 1968 recording that gave birth to their final album, “Praise God”, on which Delois Barrett returned to sing with her former partners. A last piece, I Have Hope, gave people the chance to hear her as a soloist.
Shortly afterwards her health deteriorated irremediably and she died in Chicago on January 18, 1969. The composer, arranger, pianist, conductor and choir-mistress would have been 62. Around 50,000 people gathered around her coffin to pay their respects, a sign of her immense popularity. After the funeral held at her church, Mount Pisgah Baptist Church, she was laid to rest at Burr Oak Cemetery in Chicago, where, a few years later, her no-less-famous fellow singer Sister Rosetta Tharpe was buried.
Following her decease, Savoy released a “Memorial Album” subtitled, “The Unforgettable Voice of Roberta Martin,” but hardly exploited Roberta’s wonderful legacy of songs apart from issuing a double-album entitled “The Best of the Roberta Martin Singers”, which later became part of the Malaco catalogue. Malaco recycled part of the content as an incomplete edition on compact disc. And that was all.
For a while the RMS carried on, but its spirit was gone; they disbanded in 1970, although they didn’t completely lose contact with the public and each other, with occasional reunions until the late Nineties (which included 1994’s great concert, “Black Gospel Legend”.) In February 1981 the group received an invitation from Dr Bernice Johnson Reagon and reformed; they gave a series of concerts and appeared at events in memory of Roberta Martin and her legacy, including a seminar organized by the Smithsonian Institution in Washington.  
Roberta Martin composed around 70 pieces and published 280 others, 51 of them her own compositions (and 55 by James Cleveland!) Four collections (Songs of the Roberta Martin Singers) have been published, and the activities of her publishing house continued until her husband’s death in 1982.
As far as her recordings are concerned, the RMS received six Gold Records certifying their sales: Only A Look and The Old Ship of Zion (1949) for the label Apollo, Grace and God Specializes (1958), God Is Still On The Throne (1959), and Try Jesus (1960) for Savoy. Overall, it has been estimated that the group sold over six million records during its career. One significant although posthumous initiative was the issue on July 15, 1998, of a U.S. postage stamp with her effigy on it; at the same time, the U.S. government issued three others paying tribute to Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe and Clara Ward, respectively. It said a great deal about her celebrity.

The legacy

An accomplished musician — a contralto with a rich, dark voice, a virtuoso pianist who never showed off, an exceptional arranger and peerless harmonist — Roberta Martin could have chosen to appear in the spotlights alone. On the contrary, she placed all her qualities in the service of a profound musical ideal, surrounding herself with singers and musicians who, thanks to her, succeeded in giving of their best. This no doubt explains their loyalty to the group RMS, making it a veritable family in which they grew from adolescence to maturity not only musically, but also as persons.
Having brought her singers together at a very young age, Roberta Martin showed she was an educator by giving them a “way of life”. They would pray together every day, and never smoked in public… they represented her name.
Two male voices deserve our particular attention: the tenor Norsalus McKissick, and baritone Eugene Smith, both of whom accompanied the entire history of the group: two exceptional vocalists whose gifts were more than enough to lead them into a personal career had they chosen it, whether in the religious domain or the secular, R&B/Soul side that attracted a number of their fellow singers. McKissick and Smith complemented each other to perfection, and were the heralds, with a few years’ advance, of the great soul singers raised on gospel music.
The influence of Roberta Martin on post-war gospel figures would be considerable: Albertina Walker, who led one of the best all-female gospel groups, The Caravans; James Cleveland, who was strongly marked by Anderson, Eugene Smith and Norsalus McKissick, and who abundantly enriched the material of the RMS in addition to accompanying them on piano; Alex Bradford, who also composed and arranged for the ensemble with which he had ties since the beginning; and also Jessy Dixon and the Edwin Hawkins Singers. To the list can be added figures in rhythm and blues and soul music, namely Dinah Washington, LaVern Baker, Big Maybelle, Aretha Franklin (of course), but also Natalie Cole, The Platters, The Miracles et al.
Roberta Martin raised the gospel idiom to the level of a true, great popular art form. She represented the next step after Thomas Dorsey. Not only did she play a decisive role in the evolution of religious music, but also that of fro-American music in general, to which her contribution is inestimable. As has been suggested in those famous encounters at the Smithsonian Institution, Roberta Martin was a spirit of her time who enriched the culture and creativeness of Black America.
Jean BUZELIN
Adapted into English by Martin DAVIES

Jean Buzelin is the author of Negro Spirituals et Gospel Songs, Chants d’espoir et de liberté (Ed. du Layeur/Notre Histoire, Paris 1998). He contributed to the Gospel Discography (Cedric J. Hayes & Robert Laughton) with articles on Mahalia Jackson, Sister Rosetta Tharpe, The Golden Gate Quartet, etc.)
© FRÉMEAUX & ASSOCIÉS 2019
Notes:
1 Theodore Frye had heard Roberta Martin as early as 1929 at Arnett Chapel Methodist Church in Morgan Park, Chicago. Also a singer and pianist, but especially a recognized composer and arranger, Theo Frye published numerous pieces, the best know of which are Milky White Way (the 1948 hit by The Trumpeteers) and My Rock (Myrtle Jackson, Swan Silvertones, Sensational Nightingales…). He was also associated with Mahalia Jackson.
2 Among the first publications, note In That Great Get ’n Up Morning Fare You Well (sung by the Ebenezer Baptist Church Choir), When We Get Over Yonder (co-written with Johnnie Rogers), God’s Amazing Grace (1938), and re-readings of spirituals like Didn’t it Rain (arranged by Willie Webb – 1939). There followed: I Know the Lord Will Make a Way, Oh Yes He Will (Eugene Smith - 1941), He Knows How Much You Can Bear (Phyllis Hall - 1941), He’s All I Need (Willie Webb - 1947), Only A Look (Anna Shepherd, arrangement Virginia Davis - 1948), What A Blessing In Jesus I’ve Found (Lucy Matthews Smith - 1948), and of course works by Roberta, among them My Eternal Home (1947), Satisfied (in collaboration with Morris McGhee - 1949), etc., plus But This I Pray, Oh Lord, Remember Me (Myrtle Jackson - 1944) and Each Day (Louise King – 1948). Nor should we forget What A Friend We Have In Jesus: Roberta had accompanied the great songstress Willie Mae Ford Smith with this song at the Grand Music Festival at DuSable High School in June 1939. Recorded in 1950 by the RMS, it became the group’s favourite
3 Only A Look would be recorded three times: the first in 1947 (Martins Studio, Recorded in Hollywood) and the second in 1949 (Apollo) with Bessie Folk as principal soloist, seconded by Delois Barrett, who would be the soloist on the third recorded version (1957, Savoy). The version here is the second, the best known, which launched the group.
4 At the end of 1941, Phyllis Hall brought He Knows Just How Much We Can Bear to a weeklong revival event in Philadelphia, offering it to Roberta Martin who did an arrangement of it. Phyllis sang with the group in the Philadelphia/Baltimore region until early 1942.
5 Mixed professional ensembles had a precedent in Thirties’ Chicago with the Robert Johnson Singers; Mahalia Jackson sang with them but they never made any records.
6 The date is subject to caution. According to Eugene Smith, the group made a record in Hollywood on a visit b in 1945 (released under the reference Recorded 101). Other discographies give the date as 1949. Whatever the year, the first two 78rpm records, released on Roberta’s “Martins Studio” label, appeared in pressings limited to 500 copies each. They were sold for 1 dollar at concerts or directly from the publisher. The first, No, No, Nothing Can Change Me/Oh, Say so, is an absolute rarity. It seems that only one pressing has survived: it was found by Bob Marovich, who kindly made a copy of it for our anthology; the second, Jesus/Only A Look at Jesus, is almost as rare. Picked up at the time under the label Recording In Hollywood, it was lent to us by Per Notini.
In parallel, three other records were cut in Chicago, probably in 1947 (for Religious Recordings / Fidelity) with Sadie Durrah.
7 Professor Alex Bradford, born in 1927, began with the Willie Webb Singers, recording with them in 1951 and 1952. His first compositions were published by Roberta Martin and recorded by the RMS: After It’s All Over (1952), Since I Met Jesus, Marching To Zion, I’m Gonna Praise His Name (1953), etc.



CD1
1. PRECIOUS MEMORIES (J.B.F. Wright - arr. R. Martin - Georgia Jones) NMK    RR 2000-B
2. LISTEN TO THE RAIN (DIDN’T IT RAIN) (Trad. - arr. R. Martin) RM    RR 2001B
3. YIELD NOT TO TEMPTATION (Horacio R. Palmer) DB    RR 2001A
4. HE IS ALL I NEED (Willie Webb arr. R. Martin) ES    RR 2000-A  
5. NO NO, NOTHING CAN CHANGE ME (Henry J. Ford - arr. R. Martin) ES    4253
6. OH, SAY SO (Roberta Martin) DB    4254
7. JESUS (Mary Lou Coleman Parker) ES    EC-910-A
8. ONLY A LOOK (AT JESUS) (Anna Shepherd - arr. Virginia Davis) BF    C2293
9. HE KNOWS HOW MUCH YOU CAN BEAR (Phyllis Hall) RM    C2294
10. THE OLD SHIP OF ZION (Thomas A. Dorsey) NMK    C2295
11. DO YOU KNOW HIM (Mary Lou Coleman Parker) ES    C2322
12. MY ETERNAL HOME (Roberta Martin) NMK    C2327
13. WHAT A FRIEND (WE HAVE IN JESUS)(Joseph M. Scriven - Charles C. Converse - arr. R. Martin) RM    C2326
14. SATISFIED (Morris McGhee - R. Martin) ES    C2325
15. TELL JESUS ALL (James Rowe - J.M. Henson) BF    C2323
16. WHERE CAN I GO (Myrtle Jackson) RM-MS    C2427
17. THE LORD WILL MAKE A WAY (Eugene Smith) MS    C2428
18. I WANNA SEE JESUS (Trad. - arr. R. Martin) MS    C2432
19. I’M SEALED (Walter Cook - arr. R. Martin) ES    C2429
20. OH! LORD STAND BY ME (James Cleveland) ES    C2490
21. HE DIDN’T MIND DYING (Myrtle Jackson) MJ+RM    C2494
22. HE’S ALWAYS RIGHT THERE (Roberta Martin) ES    
23. AFTER IT’S ALL OVER (Alex Bradford) ES-RM    C2517
24. I’M DETERMINED (TO RUN THIS RACE) (James Cleveland) ES-NMK    C2518?

(1-4) Roberta Martin Singers of Chicago/ Roberta Martin & Singers: Delores “Delois” Barrett (soprano vo), Sadie Durrah (alto vo), Roberta Martin, poss. Bessie Folk (contralto vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith, Willie Webb (baritone vo); with Roberta Martin (p). Chicago, Ill., ca. 1947.
(5-6) Same or similar. Martins Studio, Chicago, ca. 1947 or 1949.
(7) Same or similar. Martins Studio, Chicago, ca. 1949 (poss. Hollywood, 1945).
(8-10) Roberta Martin Singers of Chicago: Delois Barrett (soprano vo), Roberta Martin, Bessie Folk (contralto vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with Roberta Martin (p), Lucy Smith (org, poss. vo). New York City?, late July 1949.
(11-15) Same, but poss. Willie Webb (org). NYC?, early January 1950.
(16-19) Delois Barrett, Lucy Smith (soprano vo), Myrtle Scott (alto vo), Roberta Martin, poss. Bessie Folk (contralto vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with Roberta Martin or poss. James Cleveland (p), Lucy Smith (org). NYC?, January 1951.
(20-21) Roberta Martin Singers: same, but Myrtle Jackson (alto vo) replaces Myrtle Scott and/or Bessie Folk. NYC?, May 1952.
(22) Same or similar. Unknown session, poss. 1952.
(23-24) Delois Barrett (soprano vo), Roberta Martin (contralto vo), unidentified (vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith, prob. Willie Webb (baritone vo); with Roberta Martin (p), Willie Webb (org), unknown (b). NYC?, November 1952.


CD2
1. SINCE I MET JESUS (Alex Bradford) NMK    C2543
2. MARCHING TO ZION (Alex Bradford) ES    C2548
3. I’M GONNA PRAISE HIS NAME (Alex Bradford) RM    C2547
4. HAVE YOU FOUND A FRIEND (R. Martin) DB    C2544
5. SHINE HEAVENLY LIGHT (Trad. - arr. R. Martin) ES    C2560
6. I’M JUST WAITING ON THE LORD (Roberta Martin) NMK    C2557
7. SINCE MY HEART’S BEEN CHANGED (Robert Anderson) RA    C2567
8. HE KNOWS THE REASON WHY (Robert Anderson) RA    C2553
9. I’LL DO WHAT YOU WANT ME TO DO (Kenneth Woods Jr) BF    C2573
10. HE’S USING ME (James Cleveland) ES-NMK    C2571
11. (I’M) SAVED (James Cleveland) ES    C2575
12. COME INTO MY HEART LORD JESUS (James Cleveland) DB    C2574
13. EVERY NOW AND THEN (James Cleveland - arr. R. Martin) NMK-ES    SRM6942
14. WALK IN JERUSALEM (Trad.) ES    SRM6940
15. NOBODY KNOWS (Trad. - arr. R. Martin) GG    SRM70018
16. TEACH ME LORD (TO WAIT) (C. Stuart Hamblen) DB    SRM70020
17. SINNER MAN, WHERE YOU GONNA RUN TO (Alfreda Davis) RM    SRM70022
18. GRACE (IS SUFFICIENT) (James Cleveland) NMK    SRM70212
19. CERTAINLY LORD (M. McDonald - R. Martin) GG    SRM70211
20. HE’LL MAKE YOU HAPPY (James Cleveland) DB    SRM70216
21. RIDE ON, KING JESUS (Dorothy Norwood) RM    SRM70214
22. GOD SPECIALIZES (Oscar C. Eliason - arr. R. Martin & Gloria Griffin) GG    SRM70290
23. ROCK MY SOUL (Trad. - arr. J. Cleveland) RW    SRM70287
24. BACK TO THE FOLD (Roberta Martin) DB    SRM70288

(1-4) Roberta Martin Singers: Delois Barrett (soprano vo), Roberta Martin (contralto vo), unidentified (vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with Roberta Martin (p), Willie Webb (org). NYC?, January (or late?) 1953.
(5-6) Same. Spring 1954.
(7-8) Robert Anderson Singers: Robert Anderson (baritone vo), Isaiah Jones, Clifton Medley, J.T. Freeman, Alan McLinton (vo group), Roberta Martin (p), Robert Wooten or Willie Webb (org on 8). Same date.
(9-12) Roberta Martin Singers: Delois Barrett (soprano vo), Roberta Martin, Bessie Folk (contralto vo), Norsalus McKissick (tenor vo), Eugene Smith, Willie Webb (baritone vo); with Roberta Martin (p), Willie Webb (org, poss. p). NYC?, ca. mid-1955.
(13-14) Delois Barrett, Lucy Smith (soprano vo), Roberta Martin, Gloria Griffin (contralto vo), Norsalus McKissick, Romance Watson (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with poss. Roberta Martin (p), Lucy Smith (org), unknown (dm omit 13). NYC, January 31, 1957.
(15-17) Same. NYC, April 12, 1957.
(18-21) Same. NYC, January 31, 1958.
(22-24) Same. NYC, July 23, 1958.

CD3
1. SINCE HE LIGHTENED MY HEAVY LOAD
(Roberta Martin) ES    SRM70559
2. GOD IS STILL ON THE THRONE (Roberta Martin) GG    SRM70553
3. STEP IN, JESUS (Dorothy Norwood - arr. R. Martin) AD    SRM70552
4. HOLD THE LIGHT (Sammy Lewis) GG (& LS)    SRM70557
5. TRY JESUS (HE SATISFIES) (Roberta Martin) RM    SRM70709
6. WHEN HE DIED (Roberta Martin) GG    SRM70715
7. IF YOU PRAY (J. Cleveland - R. Martin) NMK    SRM70711
8. HE COMES TO SEE ABOUT ME (J. Cleveland - arr. R. Martin) ES    SRM70714
9. I NEED YOU LORD (Roberta Martin) NMK    SRM70717
10. OH HOW MUCH HE CARED FOR YOU (Roberta Martin) GG    SRM70710
11. SINCE I MET HIM (James Cleveland) NMK    SRM1509
12. ONLY GOD (Roberta Martin) LS    SRM1511
13. I COULDN’T HEAR NOBODY PRAY (Trad. - arr. R. Martin) ES    SRM1512
14. CAST YOU CARES ON HIM (J. Cleveland - arr. R. Martin) RM    SRM1514
15. HAD IT NOT BEEN FOR HIM (J. Cleveland - arr. R. Martin) GG    SRM1510
16. ALL THINGS ARE POSSIBLE (Joseph Williams) ES    SRM1517
17. OH WHAT A DAY (Roberta Martin) HJ    SRM1518
18. BEYOND THE DARK CLOUDS (J. Cleveland - arr. R. Martin) NMK    SRM1515
19. IT WAS THE BLOOD (J. Cleveland - arr. R. Martin) ES    SRM6240
20. I SHALL KNOW HIM (Fanny B. Crosby) RM (& LS or DB)    SRM6254
21. YOU’VE BEEN TRULY BLESSED (Doris A. Allen) AD    SRM6243
22. NO OTHER HELP I KNOW (Roberta Martin) RM-BF    SRM6253
23. WALK ON BY FAITH (James Cleveland) GG    SRM6241
24. OUT OF THE DEPTHS (Thelma V. Gross)     SRM6252

(1-4) Roberta Martin Singers: Delois Barrett, Lucy Smith (soprano vo), Roberta Martin, Gloria Griffin (contralto vo), Norsalus McKissick, Archie Dennis (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with poss. Roberta Martin (p), Lucy Smith (poss. p on 2,3), unknown (org), Jack Parker (dm on 2,3), Bobby Donaldson (dm on 1,4). NYC, April 17 (2,3) & 23 (1,4) 1959.
(5-10) Lucy Smith (soprano vo), Roberta Martin, Gloria Griffin (contralto vo), Norsalus McKissick, Harold Johnson (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with poss. Roberta Martin (p), Lucy Smith (org), unknown (dm). NYC, January 26 & 27, 1960.
(11-18) Delois Barrett, Lucy Smith (soprano vo), Roberta Martin, Gloria Griffin (contralto vo), Norsalus McKissick, Harold Johnson (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with poss. Roberta Martin (p), Lucy Smith (org), unknown (dm). NYC, February 02 (11-14) & 03 (15-18), 1961.
(19-24) Delois Barrett?, Lucy Smith (soprano vo), Roberta Martin, Gloria Griffin, Bessie Folk (contralto vo), Norsalus McKissick, Archie Dennis (tenor vo), Eugene Smith (baritone vo); with poss. Roberta Martin (p omit 24), Lucy Smith (org), unknown (dm). NYC, February 01 (19, 21, 23) & 02 (20, 22, 24), 1962.

Soloists:
Roberta Martin (RM), Delois Barrett (DB), Bessie Folk (BF), Myrtle Scott (MS), Myrtle Jackson (MJ), Lucy Smith (LS), Gloria Griffin (GG)
Norsalus McKissick (NMK), Eugene Smith (ES), Robert Anderson (RA), Romance Watson (RW), Archie Dennis (AD), Harold Johnson (HJ)



Premier ensemble mixte de l’Histoire, les Roberta Martin Singers représentent la quintessence de l’art vocal sacré afro-américain, et ont exercé durablement une influence considérable sur tous les groupes de Gospel contemporains. À travers un parcours de leur œuvre, Jean Buzelin a réalisé la première véritable anthologie mondiale qui leur rend enfin justice.    
Patrick FRÉMEAUX

The Roberta Martin Singers were the first mixed Afro-American vocal group in history. They represent the quintessence of the art of Negro spirituals and had a considerable and lasting influence over every contemporary gospel ensemble. In compiling this overview of their work, Jean Buzelin produced the first genuine anthology, a world’s first and a tribute that finally does them justice.   
Patrick FRÉMEAUX


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