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ERNEST LEARDEE
RYTHMES DES ANTILLES (1951-1954)
Avec l’Intégrale ANDRÉ SALVADOR






Ernest Léardée
Le compositeur et chef d’orchestre martiniquais Ernest Léardée, décédé en 1988 à l’âge de 92 ans, nous a laissé un récit fort détaillé de sa longue vie de musicien (La Biguine de l’Oncle Ben’s, par Jean-Pierre Meunier et Brigitte Léardée, Éditions Caribéennes, 1989). Il fut pendant dix ans violoniste dans l’orchestre d’Alexandre Stellio, de 1919 à la Martinique jusqu’en 1929 à Paris. C’est dans cette formation légendaire qu’Ernest Léardée fait ses premiers enregistrements chez Odéon en octobre 1929. Il grave ensuite une série de disques à son nom chez Salabert en 1930 et 1931, avec son “Orchestre Antillais du Bal Blomet” (réédition Frémeaux & Associés, coffrets STELLIO et BIGUINE volumes 1, 2 et 3). L’activité discographique de Léardée s’arrête alors durant vingt ans pour ne reprendre qu’après la guerre, au début des années cinquante. C’est à cette période particulière que le présent album est consacré. Ernest Léardée était né le 9 décembre 1896, dans le quartier populaire des Terres-Sainville à Fort-de-France. Il était le dernier d’une fratrie de cinq enfants, deux garçons et trois filles, tous de pères différents. Leur mère Stéphanie Balthazar avait épousé sur le tard Philippe Léardée, un marin à la retraite devenu gardien du phare de la Pointe des Nègres à Fort-de-France. Celui-ci reconnaît le petit Ernest et lui donne son nom devant l’État-civil. Ernest a six ans quand explose la Montagne Pelée en 1902, détruisant Saint-Pierre et y faisant 30 000 victimes. Quelques semaines plus tard, une autre éruption projette une grêle de scories sur Fort-de-France, pourtant distante de plus de trente kilomètres, provoquant une effroyable panique. Ernest sera marqué toute sa vie par le souvenir de ce jour de terreur suivi peu après du décès de sa mère malade. En juillet 1905, son père adoptif meurt à son tour. Orphelin à neuf ans, Ernest est pris en charge par sa sœur Yaya. Commence alors une existence difficile. Après l’école et pendant les vacances, le jeune garçon s’ingénie à gagner quelque argent par toutes sortes de petits “jobs” exécutés pour des artisans de la ville. Il est tour à tour porteur d’eau, chasseur de colibris, matelassier, maçon, cordonnier…

Son destin change du jour où il est pris en affection par Marius Collat, menuisier ébéniste et luthier qui l’engage comme apprenti. À dix ans, Ernest abandonne l’école. Marius Collat lui apprend la menuiserie mais aussi la musique et il l’aide à fabriquer son premier violon. Ernest accompagne bientôt son patron dans les bals et les réunions électorales de la Martinique. Il le quitte sur un coup de tête en 1909 pour suivre un cornettiste brésilien qui recrutait un orchestre pour la Dominique. Au terme d’un contrat de deux mois, Ernest revient dans son île et n’ose pas affronter la colère de son ancien patron. Il trouve un emploi d’apprenti chez un coiffeur nommé Isambert Veille. Celui-ci le recommande à son demi-frère, le clarinettiste Léon Apanon qui l’engage dans son orchestre au dancing des “Folies Bergères” de Fort-de-France. Tout en exerçant son métier de coiffeur, Ernest devient un musicien familier des “casinos” de la ville : Dancing Palace, Casino Bagoé, Grand Balcon… En 1913, Ernest rachète le fonds de commerce d’Isambert Veille grâce à l’aide financière d’un oncle. À dix-sept ans, il devient son propre patron au 61 rue Schoelcher à Fort-de-France. En mai 1916, il est exempté du service militaire par le Conseil de Réforme de la Martinique à cause d’une mauvaise constitution physique. Il échappe ainsi au sort de milliers d’Antillais massacrés en Europe lors de la première guerre mon­diale. En 1919, le clarinettiste Alexandre Stellio, âgé de 34 ans, revient dans son île natale après un séjour de vingt années en Guyane. René Didier, entrepreneur et homme d’affaires, lui demande de créer l’ambiance musicale des films muets au nouveau cinéma Gaumont de Fort-de-France, salle moderne de 400 places. Stellio engage Léardée pour l’accompagner au violon. Les deux amis deviennent inséparables et se produisent aussi au Dancing Palace et au Sélect Tango. En juin 1924, Ernest Léardée épouse Angèle Luizia Maroudaye, déjà mère de leur enfant de quatre mois. À cette époque, parvient à la Martinique la rumeur de l’Exposition Coloniale qui se prépare à Paris. Léardée convainc Stellio d’aller tenter sa chance de l’autre côté de l’Atlantique. Les deux compagnons s’associent au tromboniste guyanais Archange Saint-Hilaire et engagent le batteur et chanteur Crémas Orphélien ainsi que le pianiste et violoncelliste Victor Collat. Pour trouver l’argent du voyage et du séjour, Léardée met en gage son salon de coiffure. Les cinq musiciens quittent la Martinique sur le “Pellerin de la Touche” dans la soirée du 27 avril 1929. Ils arrivent le 9 mai à Paris où leur accueil a été préparé de longue date par deux amis, Blérald et Laviolette. Le samedi 11 mai 1929, le “Stellio’s Band” inaugure le Bal de la Glacière, boulevard Auguste Blanqui. C’est un succès immédiat mais le bal doit fermer au bout de deux mois à cause des plaintes du voisinage. L’orchestre joue en juillet 1929 au “Canari”, au sous-sol de l’Alcazar (8 Faubourg Montmartre), puis à partir de septembre au “Rocher de Cancale”, restaurant dancing du quai de Bercy, face à la gare d’Austerlitz. Les affaires marchent bien. Stellio et Léardée abandonnent l’idée d’un retour à la Martinique et font venir leurs épouses à Paris. L’orchestre grave ses premiers disques chez Odéon en octobre et décembre 1929 (cf. album STELLIO FA 023). Mais un différend éclate à propos de la répartition des royalties et l’association est rompue.

Saint-Hilaire repart à la Martinique et Léardée quitte Stellio. Début 1930, il forme un nouvel orchestre pour le “Bal Nègre” du 33 de la rue Blomet, succédant au pianiste martiniquais Jean Rézard des Wouves qui avait créé ce bal en 1924. Léardée grave chez Francis Salabert les premiers disques à son nom et publie un recueil de 10 biguines créoles pour le piano. C’est alors qu’il délaisse le violon pour la clarinette et le saxophone ténor. Durant l’Exposition Coloniale de 1931, le “Bal Colonial de la rue Blomet” est une curiosité de la Capitale qui attire des milliers de touristes. En novembre 1931, Ernest Léardée ouvre son propre cabaret, “l’Élan Noir”, au 124 boulevard Montparnasse. Il le dirigera jusqu’en juin 1933. On le retrouve ensuite à “La Nuit Cubaine” jusqu’en janvier 1934, au “Villon-Holahée” (47 boulevard Saint-Michel) de février 1934 à juin 1935, puis au “Mirage” (9 rue Delambre) de juillet 1935 à août 1937. De septembre 1937 à janvier 1938, Ernest Léardée anime le dancing du “Chalet du Lac” à Saint-Mandé. En février 1938, avec une nouvelle formation, il part pour une tournée en Allemagne, en Autriche et en Hongrie. Après quelques soirées dans un cabaret juif de Budapest, les musiciens se heurtent au harcèlement raciste et antisémite de la police locale et doivent s’enfuir précipitamment. Le 17 mars 1938, cinq jours après l’annexion de l’Autriche par les forces nazies, Ernest est arrêté au poste frontière de Salzbourg. Il est libéré et peut revenir en France grâce à l’intervention providentielle d’une autrichienne qu’il avait connue quelques années plus tôt à Paris. Fin mars 1938, Léardée se produit à “La Féria” (12 rue Victor Massé à Paris) puis il fait la saison d’été à La Baule comme saxophoniste dans l’orchestre du danseur Mayamba à “La Potinière Hawaïenne”. De septembre 1938 à juin 1939, Ernest Léardée dirige l’orchestre du “Rio”, le dancing de l’hôtel Bellevue, 5 rue Jean Roisin à Lille. À partir du 13 juillet 1939, nouvelle saison d’été à La Baule comme chef d’orchestre de “La Potinière Hawaïenne” jusqu’au 2 septembre 1939, date du déclenchement de la seconde guerre mondiale. De retour à Lille, Léardée joue à partir du 5 octobre au “Miami”, le cabaret-dancing de l’Hôtel Carlton. Son pianiste est le jeune Jack Diéval, tout frais émoulu du Conservatoire de Douai, qui deviendra plus tard une célébrité du jazz. Le 19 mai 1940, les forces allemandes sont aux portes de la ville. C’est le départ en catastrophe. Au terme d’un voyage mouvementé, le hasard conduit Léardée dans l’Yonne, au hameau du Deffand près de Saints-en-Puisaye. Conquis par la beauté et la tranquillité de ce coin de campagne, il loue une maison et s’y installe pendant toute la durée de la guerre. Il se convertit aux travaux de la terre, élève des porcs et de la volaille, reprend son métier de coiffeur et donne des cours de musique aux villageois. À la fin de la guerre, Ernest s’installe à Fontenay-sous-Bois avec l’intention d’y ouvrir un salon de coiffure mais il est vite rejoint par la musique. En novembre et décembre 1945, avec les guitaristes Pierre Louiss et Valentin Gérion, il est saxophoniste au “Potomac”, club américain installé dans un grand hôtel de la rue de Lyon à Paris.

À partir de janvier 1946 et durant sept ans, Léardée anime avec son orchestre les bals du samedi et du dimanche après-midi à la célèbre guinguette “Chez Maxe”, 162 quai de Polangis à Joinville, sur les bords de la Marne. Il se produit le soir dans divers cabarets de Paris : “Le Sérail” (29 rue du Colisée) en juin 1946, “La Canne à Sucre” (4 rue Sainte-Beuve) de juillet à octobre 1946, “La Boule Blanche” (33 rue Vavin) de décembre 1946 à février 1947. Puis il se consacre à des soirées privées et des bals. Il fait aussi des doublages de films et prend des cours d’harmonie. À partir de novembre 1948, le vendredi et le samedi soir, il fait partie de l’orchestre animé par Jenny Alpha au “Cercle de la France d’Outre-Mer” (6 Square Rapp). Le 1er septembre 1949, Ernest Léardée entre à la SACEM comme compositeur. D’avril à septembre 1950, il se produit au cabaret “Le Bosphore” (18 rue Thérèse). À partir d’octobre 1950, il participe avec Gilles Sala à l’émission “Rythmes et Charmes des Antilles” qui passe à la radio tous les samedis de 7h à 7h30 et il en compose l’indicatif. Le succès de cette émission le décide à faire de nouveaux disques. En 1951, il enregistre avec Gilles Sala chez Ducretet-Thomson et avec André Salvador chez Festival et Saturne. En janvier 1952, il grave trois disques de biguine pour Eddie Barclay sous la marque Riviera. Le 26 mai 1952, Léardée est admis comme auteur à la SACEM. Le 18 octobre 1952, débute sur le Poste Parisien l’émission “Visages de Soleil” animée par France Danielly chaque samedi de 17h20 à 18h00, émission qui deviendra “Au delà des Mers” à partir de septembre 1953. L’activité d’Ernest Léardée se partage alors entre le Cercle de la France d’Outre-Mer, les bals, galas, émissions de radio, séances d’enregistrement et matinées de “Chez Maxe”. Le 21 décembre 1952, le dancing est entièrement détruit par un incendie. Dès le 18 janvier 1953, Ernest Léardée débute un nouveau contrat au “Chalet de Champignol”, quai de Champignol à la Varenne Saint-Hilaire. Il y animera les matinées de week-ends jusqu’en janvier 1958. Durant les saisons d’été depuis 1951, son orchestre et sa chanteuse Lola Berry sont au programme des casinos de la côte normande : Cherbourg, Coutainville, Saint-Pair-sur-Mer… En janvier 1954, nouvelle séance de six biguines pour Eddie Barclay.

Le 15 février 1954, Ernest Léardée est inscrit comme éditeur professionnel à la SACEM. Le 2 novembre 1954, il ouvre sa maison d’édition : “Les Rythmes Nouveaux”, au 14 rue Mauconseil à Fontenay-sous-Bois. Le siège se déplace en 1957 dans les anciens locaux de Vincent Scotto, 3 rue Gustave Goublier à Paris. En juin 1955, l’orchestre Léardée participe, au Jardin des Tuileries, à la 8e Kermesse aux Étoiles présidée par la Maréchale Leclerc de Hauteclocque. Le 18 janvier 1958, le contrat du Chalet de Champignol se termine. Léardée et son orchestre se déplacent alors “Chez Grosnier”, autre dancing des bords de Marne, 7 quai de la Varenne (aujourd’hui quai Winston Churchill) à La Varenne-Saint-Hilaire. À partir du 14 mai 1960, l’orchestre se produit 10 avenue de Verdun à Brévannes, au Casino de cette petite localité au sud-est de Paris. Mais l’établissement est fermé fin octobre après le décès des deux gérants dans un accident d’automobile. En juillet 1961, Léardée devient directeur du Casino de Saint-Pair-sur-Mer, fonction qu’il occupera durant cinq ans. Le casino est ouvert les mois d’été. Le reste de l’année, Léardée continue d’animer de multiples bals et galas en région parisienne. En janvier 1962, il se retire de l’édition musicale. Début 1966, à la suite de difficultés financières, le casino de Saint-Pair est vendu. Infatigable en dépit de ses 70 ans, Léardée reprend pour trois mois la gérance de “Chez Grosnier” à La Varenne, qu’il rebaptise “Léardée Dancing Club”. Puis en mai 1966, pour l’unique fois de sa vie, il retourne passer trois semaines dans sa Martinique natale. De 1966 à 1970, Léardée fait des doublages de films, participe encore à quelques bals et soirées avec sa chanteuse Tety Selva, accompagne le chanteur Christian Juin et songe enfin à sa retraite. En août 1970, il est le fameux interprète de la première publicité télévisée en France pour le riz “Uncle Ben’s”, séquence qui sera suivie de deux autres, en 1973 et 1975. Après cette prestation réussie qui le remet pour un temps sous les feux de l’actualité, Ernest Léardée tombe peu à peu dans l’oubli. Un documentaire sur sa vie est tourné pour la télévision en 1987 par Christiane Succab-Goldman et Jean-Pierre Krief (Le Roman de la Biguine). Ernest Léardée est décédé d’un cancer à son domicile de Fontenay-sous-Bois, 7 rue Gaston-Charle (Val-de-Marne), dans la nuit du 12 au 13 avril 1988. Il repose, avec sa clarinette et son violon, au cimetière communal de cette ville, tombe 1073 ter, allée centrale, 13e division.

André Salvador
Étrange destin que celui d’André Simon Salvador, chanteur et comédien aujourd’hui oublié mais qui eut son heure de célébrité après la guerre de 1939-45. Sa popularité se trouva peu à peu éteinte à la fin des années cinquante par le succès montant de son frère et presque sosie Henri, son cadet de quatre ans. Leur père Clovis Salvador, de lointaine ascendance espagnole, et leur mère Antonine Paterne, caraïbe de pure souche, étaient tous deux nés en Guadeloupe. Après leur mariage, ils avaient émigré en Guyane où Monsieur Salvador, nommé Percepteur des Contributions, était devenu un notable de Cayenne. André vient au monde dans cette ville le 27 octobre 1913, suivi de sa soeur Alice en 1915 et de son frère Henri le 18 juillet 1917. On pratique la musique en famille. Papa joue du violon et de la trompette. Maman chante et joue du piano. Antonine est aussi le boute-en-train de la maison, vive, dynamique, toujours le mot pour rire, répandant autour d’elle la fantaisie et la bonne humeur. Elle transmettra ce don à ses deux fils. Tous les enfants apprennent le piano. André fait preuve d’une étonnante facilité musicale. À l’école primaire des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, André commence une scolarité pleine de promesses. Mais arrivé au collège, il consacre tout son temps à la musique, au détriment de ses études. On lui supprime les leçons de piano. C’est le 16 août 1929 (et non en 1924 comme l’indique Henri dans ses souvenirs) que toute la famille débarque au Havre par le paquebot “Pérou” pour s’installer à Paris. Le père a la ferme intention de faire suivre à ses fils de solides études. Ses vœux ne seront pas exaucés. André ne décroche aucun diplôme. Dès l’âge de 17 ans, il commence à travailler comme garçon de bureau chez Chaffoteaux à Paris puis dans diverses compagnies d’assurances. Il devient ensuite apprenti mécanicien, électricien, livreur d’aspirateurs, poseur de paratonnerres… Mais ce qui le passionne avant tout, c’est la musique. Pendant l’Exposition Coloniale de 1931, André travaille le jour et danse la nuit. Son cousin le guitariste guyanais Roland Paterne est l’un des premiers adhérents du Hot-club de France créé en 1932 par Hugues Panassié. En mars 1934, il offre à André une banjoline, instrument hybride formé d’un manche de mandoline sur une caisse de banjo. C’est une révélation : “J’apprends tout seul à faire vibrer cette caisse à l’unisson de mon âme” raconte André avec exaltation. Roland lui fait découvrir le jazz. Quelques mois plus tard, André s’achète une vraie guitare, mais à quatre cordes, instrument qu’il pratiquera toute sa vie. À l’exemple de son frère, Henri se met lui aussi à travailler la guitare (à six cordes) avec acharnement. Non seulement les deux garçons sont mordus et doués pour la musique, mais ils montrent des dispositions rares pour le chant et la comédie, racontent des histoires hilarantes et improvisent des sketches. Leur destin se joue en octobre 1934 quand, à l’instigation du cousin Roland, le duo remporte un concours de chanteurs amateurs au Palais Berlitz, boulevard des Italiens à Paris. Premier prix : un contrat d’une semaine, qui sera prolongé d’autant. Nantis d’une telle carte de visite, il leur est ensuite facile de trouver un engagement, à une époque bénie où cabarets, boîtes de nuit et music-halls de tous ordres connaissaient une activité débordante.

Les deux frères débutent en janvier 1935 au “Villon”, cabaret-dancing fréquenté par les étudiants du Quartier Latin. En septembre 1935, ils passent au “Rodéo”. En octobre, André part faire son service militaire à Saverne, dans le 10e Bataillon de Chasseurs à Pieds. Un an plus tard, revenu à la vie civile, il travaille avec Henri au “Mirage”, la boîte de nuit d’Ernest Léardée à Montparnasse. Les deux garçons sont remarqués par le patron du “Jimmy’s Bar” (4 rue Huyghens) qui les engage fin novembre 1936. Ils sont accompagnés du pianiste Marcel Mazelin et du batteur hollandais Martin Sterman, originaire de Curaçao par son père. Pendant plus d’un an, aux côtés d’artistes comme Johnny Hess, Ada “Bricktop” Smith, Mabel Mercer… les frères Salvador contribueront au succès du “Jimmy’s” avec leurs chansons et sketches musicaux. En 1937, c’est au tour d’Henri de faire son service militaire. De 1937 à 1938, André travaille au “Journal”, à la “Villa d’Este” et au “Chapeau Rouge” (4 rue Arsène Houssaye) à Paris. Le 17 août 1938, le patron du Jimmy’s ouvre une réplique de son cabaret à Biarritz. Les deux frères y sont à l’affiche. En 1939, André joue à nouveau au “Chapeau Rouge” avec le guitariste américain Isidore Langlois. Fin août 1939, André se trouve à Biarritz quand éclate la guerre. Il est mobilisé au 10e BCP de Saverne. Après la débâcle et le début de l’occupation allemande, il rentre à Paris en octobre 1940 et retrouve sa place au Jimmy’s. Il y fait revenir son frère, démobilisé à Biarritz. Mais en décembre 1940, les deux musiciens sont congédiés – comme l’explique André dans ses notes – pour un sordide motif racial ins­piré par le climat de l’époque. Henri repart à Biarritz. Le 15 mars 1941, André franchit la ligne de démarcation et arrive à Megève, en zone non occupée. Il est engagé dans l’orchestre du violoniste Bernard Hilda et joue deux semaines à “L’Isba” de Megève. Il suit l’orchestre au “Maxim’s” de Nice d’avril à mai 1941, avec le pianiste Albert Lasry et le contrebassiste Fred Ermelin. André y fait venir son frère, aussitôt engagé par Bernard Hilda. En juin 1941, Bernard Hilda et ses musiciens vont jouer au “Relais” de Cannes. En septembre, le chef d’orchestre Ray Ventura, sur le point de quitter la France, découvre Henri au “Relais” et lui propose de partir avec lui. Henri saute sur l’occasion. Quelques prestations sur la Côte d’Azur puis l’orchestre Ventura s’embarque en décembre 1941 pour le Brésil via l’Espagne. Henri ne reviendra en France qu’en décembre 1945 après la Libération, au terme d’un long périple en Amérique du Sud. Cette séparation de quatre années fera que les deux frères ne se produiront plus jamais ensemble, poursuivant désormais leur carrière chacun pour soi.

Fin septembre 1941, le “Relais” ayant fermé, André quitte Bernard Hilda pour revenir au “Maxim’s” de Nice, d’abord dans l’orchestre de Roger Lucchesi puis avec sa propre formation de janvier à février 1942. Il se marie en mars 1942 et deviendra papa d’une petite fille Micheline en décembre. Après un passage à “l’Embassy” de Marseille de mars à juin 1942, André Salvador anime le Thé en Musique de l’Hôtel Ruhl de Nice dans le quintette de Fred Ermelin chaque après-midi de juin 1942 à février 1943. Le soir, il passe au “Christie” de Nice jusqu’en décembre 1942, puis au “Sésame” de Monte Carlo, puis à “L’Oasis” de Cannes. En février 1943, l’arrivée des Allemands sur la Côte d’Azur contraint André à se réfugier à Villard-de-Lans avec sa femme et sa fille. Il fait quelques galas dans la région, notamment à Grenoble (avec Joseph Reinhard) en juin, et à Aix-les-Bains en juillet. Il se résout ensuite à rentrer à Paris où on l’entendra notamment à “l’Heure Bleue” d’avril à juillet 1944.
Après la Libération, André Salvador travaille au “Jimmy’s” de Biarritz durant l’été 1945, à “l’Aiglon” et au “Club de la Presse” à Paris fin 1945 puis à “l’Équipe” et au “Tilbury” de Megève début 1946. Après une période à vide, le succès est à nouveau au rendez-vous en juillet 1946 quand André devient la ve­dette de “La Jungle” (ex Oasis), 71 bis rue d’Antibes à Cannes. La presse indique : “La publicité porte en sous-titre : Toute l’ambiance du Jimmy’s de Paris. Et c’est exact. Les voitures obstruent la rue et il y a une ambiance du Tonnerre de Dieu”. Le 20 août 1946, André Salvador participe avec Édith Piaf à “la Nuit des Petits Lits de la Victoire” au Palais de la Méditerranée de Nice. La saison d’été finie, il rentre à Paris pour débuter en solo le 5 novembre 1946 au “Ménestrel”, 6 rue Robert Estienne, cabaret ouvert près des Champs-Élysées par le saxophoniste et clarinettiste Robert Ekyan. Le mois suivant, André Salvador joue et chante dans l’orchestre de celui-ci au “Beaulieu”, 168 rue du Faubourg St-Honoré. C’est alors qu’est réalisé chez Odéon l’enregistrement explosif de “Hey ba ba rebop” qui obtiendra le grand prix du disque en 1947. Début janvier 1947, André Salvador fait une apparition à “l’Ismaïlia”, restaurant chic de l’avenue Matignon, avant de prendre trois mois de vacances à Megève pour se consacrer presque entièrement à l’entraînement et à la compétition de ski. Fin mars, il passe durant une semaine à “La Malmaison” de Bruxelles, accompagné par l’orchestre de Rudy Bruder. Puis à partir du 2 avril 1947, ce sont deux mois avec l’orchestre d’André Ekyan au Thé et au Night-Club du Casino Municipal de Nice. Plusieurs soirées seront retransmises en direct dans l’émission “Au Bar des Vedettes” de la radio de Nice. Retour le 7 juin pour un mois à “La Malmaison” de Bruxelles, puis à “La Jungle” de Cannes de juillet à septembre 1947. De novembre 1947 à janvier 1948, André se produit en Suisse, au “Grillon Dancing” et à “La Boîte à Musique” de Genève, puis à “l’Hôtel du Parc” de Champéry. Il est à “L’Équipe” de Megève en février, à Val d’Isère en mars, puis au “John’s” de Lyon en avril 1948. Troisième saison d’été à “La Jungle” de Cannes de juillet à septembre 1948, avec l’orchestre de Léo Clarens. On le retrouve ensuite à “l’Ancienne Belgique” d’Anvers (oct. 48), à “la Rose Rouge” de Paris (nov.-déc. 48), au “Bar Royal” de Saint-Gervais les Bains (déc. 48 - fév. 49) où il continue de pratiquer son sport favori, le ski. De mars à septembre 1949, ce sera une longue tournée en Afrique du Nord : le “Bagdad” (avec Philippe Brun) et le “Belvédère” à Tunis, le “Club” et l’Opéra d’Oran, le Théâtre Aletti, le “Santa Monica” et la “Salle Bordes” (avec Hubert Rostaing) à Alger, le “Don Quichotte”, le “Jardin d’Été” et le “Cabaret Rustique” à Casablanca, le “Marignan”, la “Plantation” et la “Caravelle” à Rabat, la brasserie “L’Atlas” à Agadir...

Retour à Marseille le 1er octobre 1949 pour le tournage (du 14 octobre au 24 décembre) de la comédie musicale “La Maison du Printemps”, premier film français en couleurs naturelles (procédé Gevacolor) réalisé par Jacques Daroy d’après une pièce de Fernand Millaud. Le film est présenté à la critique parisienne le 19 janvier 1950 au cabaret “La Matelotte” des Champs-Élysées. Sa sortie officielle aura lieu à Marseille le 25 avril lors d’une soirée de gala au Cinéma “Le Capitole”. Mais avant cela, la pièce est créée le 4 mars au Théâtre Michel à Paris dans une mise en scène de Jacques-Henri Duval, avec André en personne dans son rôle inénarrable de Washington, valet créole et musicien. Les représentations dureront jusqu’en mai 1950. André Salvador tourne en avril le deuxième film de Henri Verneuil “On demande un bandit”, moyen métrage avec Jean Carmet d’après un sketch burlesque de Max Régnier et Pierre Ferrary. En juin 1950, André fait l’affiche des “Bouffes du Nord” à Paris. Pendant le premier semestre 1950, il est aussi, avec le Régisseur Albert, l’invité régulier de l’émission “Silence... Antenne” sur le poste “Paris Inter” chaque lundi à 20h30. Après un passage en Espagne début juillet, André Salvador fait partie, durant l’été 1950, de la grande tournée de Line Renaud et l’orchestre Loulou Gasté dans l’ouest et le sud de la France. Le spectacle proposé par Johnny Stark présente une dizaine d’artistes et parmi eux le chanteur Philippe Clay à ses débuts. Un marathon de presque deux mois qui ira de Granville à Nice en passant par Cherbourg, Bayeux, Domfront, Saint-Malo, Hyères, Bandol, Toulon, Grasse, Montpellier, Royat, Saint-Étienne, Brive, Pau, Luchon, Bayonne, Oloron, Toulouse... avec chaque jour sa nouvelle étape. La presse est enthousiaste : “André Salvador est une sorte de cocktail exotique composé de rires éclatants autant qu’imprévus, d’humour, de fantaisie déchaînée, de rythme frénétique, le tout noyé dans une gentillesse un peu enfantine mais désarmante. Et c’est ainsi qu’André Salvador a su conquérir toute la sympathie, toute l’amitié du public, lequel a toujours eu un faible pour les grands enfants pétris de talent. Salvador chante, danse, mime des sketches désopilants, grimace entre deux éclats de rire et s’amuse autant que le public. Cette pile électrique est aussi compositeur auteur. Toutes les veines, quoi ! Et voilà pourquoi l’étoile d’André Salvador brillera de plus en plus et parviendra à se faire une belle place au firmament des grandes vedettes”. En décembre 1950, retour à Alger, au cabaret “Terminus”. L’année 1951 est marquée par des tournages de courts métrages (“Leçon d’humour dans un parc”, “Chanson sur mesure”, “Fantaisie pour clarinette”, “Aux confins d’une ville”) et du long métrage “Si ça vous chante” de Jacques Loew avec Pierre Dudan, Raymond Bussières et Annette Poivre. Mais aussi des enregistrements avec Ernest Léardée, des passages à la radio, et la chanson “Si j’étais une cigarette”, création d’André Salvador popularisée par Éliane Embrun. En octobre 1951, nouvelle tournée en Afrique du Nord : “Casino de la Corniche” d’Alger et “Copacabana” d’Oran. Le premier trimestre 1952 est consacré à des galas en France avant un quatrième passage au Casino de la Corniche d’Alger en avril, puis au Casino de Canastel fin juin. En 1953, c’est le tournage du film “La Famille Cucuroux” d’Émile Couzinet. Les années suivantes, André se produit dans des bals et galas, notamment avec Léardée et l’association “La Solidarité Antillaise” de Victor Légitimus. En juin 1955, il est l’une des vedettes de la 8e “Kermesse aux Étoiles”, le grand spectacle populaire organisé au Jardin des Tuileries de Paris pour les œuvres sociales de la 2e DB.

Mais dès cette époque, André Salvador a du mal à fidéliser son public. Il faut dire que les difficultés étaient nées de la concurrence suscitée par la carrière montante de son frère Henri à son retour en France après la Libération. Les deux artistes se télescopent en permanence : même présentation, même style, même répertoire, même tempérament survolté, et une ressemblance étonnante qui crée la confusion tant chez le public que chez les journalistes. Déjà en 1950 pouvait-on lire dans le magazine “Carrefour” du 14 mars : “André, il y a dix ans, était plus célèbre qu’Henri. Mais aujourd’hui on redécouvre André qui est la réplique d’Henri à moins que le contraire ne soit logique, puisque André est né avant Henri... Cette ressemblance fait que des producteurs s’empressent d’engager André dans des rôles prévus pour Henri parce qu’il est moins cher... pour l’instant.” Une friction qui tourne bientôt à la rivalité. André décroche le Grand Prix du Disque en 1947, Henri de même en 1949. En 1950 sortent à quelques semaines d’intervalle les films “Nous irons à Paris” et “La Maison du Printemps”, le premier avec Henri, le second avec André. Si bien qu’Henri se croit obligé de remettre les choses en place, comme le rapporte Richard Balducci dans l’hebdomadaire “Flash” du 6 juin 1950 : “Henri Salvador a envoyé (par l’intermédiaire d’un huissier) une lettre de protestation au producteur du film La Maison du Printemps. Une des vedettes du film est André Salvador, frère aîné du précédent. Henri prétend qu’il est le seul SALVADOR capable de signer quoi que ce soit”. André tente de marquer sa différence en permutant ses nom et prénom pour devenir Salvador ANDRÉ. Pendant un temps, il se créera même une autre apparence, se laissant pousser la moustache, arborant une pipe et une nouvelle coiffure. Mais les journalistes et les professionnels du spectacle ont déjà désigné leur cheval gagnant. Car si les frères Salvador sont sans conteste deux musiciens et comédiens d’un exceptionnel et égal talent, Henri possède une dose infiniment supérieure de séduction alors qu’André ne craignait pas de déranger par sa franchise et sa spontanéité, pratiquant avant l’heure un genre comique sans concession, touchant parfois à l’extravagance et à la provocation.

Malgré ses efforts, André perd peu à peu les faveurs de la presse et voit les contrats se raréfier, son public l’oublier. Il aura encore la joie d’être sous les feux de la rampe avec Joséphine Baker dans la revue “Paris mes Amours” à l’Olympia en 1959. Dans les années soixante, il continue de se produire comme chanteur et animateur dans les casinos de province et les cabarets de Paris, notamment à “La Canne à Sucre” de Montparnasse. Il devient aussi champion de tir à l’arc. En 1966, un cousin des Antilles le fait venir à la Martinique pour animer les fêtes de fin d’année à l’Hôtel Bakoua, en compagnie du pianiste Michel Pacquit. Son contrat sera prolongé jusqu’en avril 1967. De là, on lui propose un engagement à l’Exposition Universelle de Montréal “Terre des Hommes”, à partir de juillet 1967. Il y rencontre le pianiste et chanteur martiniquais Marius Cultier en compagnie duquel on le verra souvent à “La Cabane à Rhum”, jusqu’en 1969. Conquis par le pays et ses habitants, André Salvador décide de ne pas quitter le Canada. Il y restera encore plus de dix ans en marge de la musique, vivant dans un mobile home, proche de la nature, en quête de ses lointaines racines indiennes. Il gagne sa vie par toutes sortes de petits métiers : ouvrier dans les travaux publics (chantier du métro de Montréal), préparateur de véhicules dans un grand garage… Il devient citoyen canadien. Ayant mis une croix sur son passé, il revient à Paris au début des années 1980, change de nom pour s’appeler André Jacart et s’installe dans un modeste studio de la rue Wurtz. Il consacre le principal de son temps au tir à l’arc et aux arts martiaux, puis à l’écriture de souvenirs, de réflexions philosophiques et de poèmes. Le 24 juin 2003, à l’hôpital de la Salpêtrière, André Salvador décède dans l’anonymat à presque 90 ans. Selon son vœu, son corps a été incinéré le 2 juillet 2003 au crématorium d’Arcueil où ses cendres ont été aussitôt dispersées au jardin du souvenir. André Salvador était un homme d’une générosité absolue, sensible, attachant, non-conformiste par religion, facétieux, déconcertant parfois par son esprit de répartie et ses réactions d’écorché vif. D’une activité sans relâche, amoureux de la vie, il était exigeant avec lui-même autant qu’avec les autres, impitoyable envers toutes les formes de domination et de bêtise humaines. Son éclectisme l’avait conduit à devenir un athlète accompli, un sportif de haut niveau dans les disciplines les plus variées : tir à l’arc (champion de France), ski, cyclisme, équitation, arts martiaux… Ajoutons enfin qu’à force de recherche et de travail personnel, André Salvador était passé maître en écriture et composition musicales. Les cent cinquante manuscrits qu’il a déposés à la SACEM sont de petites merveilles de précision, de rigueur, d’originalité harmonique et mélodique qui attendent d’être redécouvertes aujourd’hui.

À propos de la présente sélection :
Les deux CD de ce coffret présentent les enregistrements réalisés en 78 tours par l’orchestre d’Ernest Léardée de 1951 à 1954. Nous y avons ajouté (plage 13 du CD 1) une biguine composée et chantée par Léardée dans l’orchestre du trompettiste guadeloupéen Abel Beauregard en 1950. La décennie qui suit la fin de la seconde guerre mondiale est marquée par une profonde mutation des musiques de danse. La France se laisse emporter par la vitalité des rythmes afro-cubains et sud-américains arrivés d’outre-Atlantique. Les musiciens antillais doivent s’adapter aux goûts des danseurs et la biguine cède le pas aux nouvelles danses tropicales : samba, guaracha, mambo, baïon, cha-cha-cha, boléro… La démocratisation de la TSF à la même époque participe au développement de cette mode. Nombreuses et suivies sont les émissions à faire voyager dans les pays lointains. Par la magie de la musique, elles apportent rêve et évasion dans l’intimité de chaque foyer, contribuant aux succès musicaux et à la popularité des orchestres. Ernest Léardée assure l’illustration musicale des émissions de la réalisa­trice France Danielly, présentées par Bernard Marçay. En 1951, il enregistre de nombreux disques de danse, le plus souvent chantés, pour les marques Saturne, Festival et Ducretet-Thomson. On y remarque les interventions pleines de poésie du Guadeloupéen Valentin Gérion à la guitare électrique. Les inter­prètes vocaux sont Gilles Sala, l’Espagnol Severiano Alvarez, André Salvador ou le trompettiste trinidadien Michel Wyatt, quand ce n’est pas Léardée lui-même. Le hasard d’une rencontre dans un studio de la rue Burq à Paris lui fait réaliser un disque avec les ravissantes duettistes françaises Mireille et Huguette Bordeau qui avaient mené une revue musicale à Mexico deux ans plus tôt. Autre rencontre insolite en 1953 : celle de la chanteuse Simone Alma (1908-2000) qu’on entendait souvent à la radio à cette époque mais qui a peu enregistré. Les deux biguines de Léardée qu’elle chante en créole avec beaucoup de naturel et de sentiment, accompagnée du flûtiste Roger Bourdin et du pianiste Pierre Devevey, sont une curio­sité rare et un moment de bonheur réjouissant. En janvier 1952, Léardée enregistre six biguines instrumentales pour la marque Riviera d’Eddie Barclay. Une autre séance a lieu deux ans plus tard, avec la participation vocale de Léardée dans deux morceaux. Publiées d’abord en 78 tours, les deux séances seront regroupées en 1954 sur l’un des premiers microsillons commercialisés en France par Eddie Barclay, promoteur des dernières techniques du son nées aux USA. L’intégralité de ces enregistrements, réalisés avec l’une des meilleures formations d’Ernest Léardée, figure en tête du CD 1. Ils sont émaillés d’ardentes improvisations de clarinette par Sylvio Siobud et Maurice Noiran, et de solos incisifs à la guitare métallique à résonateur par le musicien aveugle Claude Martial. Le piano est tenu par Raymond “Ray” Gottlieb, familier des musiques cubaines et antillaises depuis la fin des années 1920. L’orchestre comprenait aussi le batteur Bruno Martial et le contrebassiste Lionel Louise. En 1954, Léardée réalise pour Decca et pour la petite marque Radium (plages 17 à 22 du CD 1) des enregistrements de mambo et de samba en moyenne formation avec sections de cuivres et saxophones. La chanteuse est Lucienne “Lola” Berry qui était à l’époque la compagne de Léardée et animait tous les bals avec lui. Accordons une mention particulière aux enregistrements d’André Salvador, qui n’eut pas la chance de son frère Henri et dont la discographie reste confidentielle. Après le succès de “Hey ba ba rebop” avec André Ekyan en 1947, c’est grâce à Léardée qu’il put faire de nouveaux disques quatre ans plus tard. Ce sont les seuls témoignages qui nous restent des multiples facettes de son talent. Tour à tour tendre et sentimental dans “Aux Caraïbes”, ou débordant d’énergie et de fantaisie dans “Mambo Mambo”, il nous donne aussi un échantillon de la finesse et de l’originalité de son jeu quand il s’accompagne à la guitare. Pour compléter cet album et que chacun puisse entendre la voix de ce personnage captivant qu’était Ernest Léardée dans son rôle de conteur heureux de partager son histoire, nous avons ajouté un extrait d’une interview où il raconte en détail son enfance difficile et ses débuts de musicien à la Martinique. La musique d’Ernest Léardée, à l’orée des années cinquante, est une musique de divertissement sans prétention, à laquelle les puristes reprocheront ses défauts : la mièvrerie de certaines paroles ou encore des faiblesses d’interprétation vocale, notamment du point de vue de la justesse. Mais ces quelques imperfections font partie du paysage, elles lui apportent un peu de son sel et de son charme, et c’est pourquoi nous n’avons pas voulu les écarter. Au lendemain d’une guerre abominable dont les plaies étaient encore à vif, cette musique est le reflet d’une époque remplie de joie, d’espoir et d’un formidable optimisme, dont beaucoup gardent encore le souvenir.
Jean-Pierre MEUNIER
© 2007 Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux Colombini SAS

Remerciements : 
Pour les informations communiquées, les encouragements, les prêts ou dons de documents, disques et photos, nous exprimons toute notre gratitude à : Valentin et France Gérion, Nelly Gérion-Ajdenbaum, Dany Lallemand, Ernest Léardée, Brigitte Léardée, Robert Maulus, Matthieu Moulin, Roland Paterne, Gérard Roig, Micheline et Claude Saillant-Salvador, Alice Salvador, André Salvador, Clovis Salvador.


english notes
Ernest Léardée
The Martinique composer and band leader Ernest Léardée, who died in 1988 aged 91, left an in-depth account of his long life as a musician. For ten years he was violinist in Alexandre Stellio’s orchestra, from 1919 in Martinique until 1929 in Paris. While in this legendary band, Ernest Léardée made his debut recordings for Odéon in October 1929. He then cut a series of discs in his name for Salabert in 1930 and 1931, with his ‘Orchestre Antillais du Bal Blomet’ (Frémeaux & Associés re-issue, boxed sets STELLIO and BIGUINE volumes 1, 2 and 3). Léardée’s discographical activity subsequently stalled for twenty years, but continued after the war in the early 1950s. This album focuses on this particular period.
Ernest Léardée was born on 9 December 1896 in Fort de France. He was the youngest of five children, two boys and three girls, all having different fathers. Their mother Stéphanie Balthazar later married Philippe Léardée, a retired sailor working as lighthouse keeper at La Pointe des Nègres in Fort de France. Ernest Léardée was six when Mountain Pelée erupted in 1902 and  the volcano destroyed Saint Pierre, killing 30 000 people. Throughout his life he remembered this tragic episode, shortly followed by the death of his sick mother. In July 1905 it was his stepfather’s turn to pass away. Orphaned at the age of nine, Ernest was taken in by his sister Yaya. His life then became hard. But things changed when he was taken under the wing of Marius Collat, a cabinet and violin maker, who hired him as an apprentice. Marius Collat taught him carpentry and music and helped him to make his first violin. Ernest was soon accompanying his boss in balls and political meetings in Martinique. At the age of thirteen, he left him to follow a Brazilian cornettist who needed an orchestra for Dominica. At the end of a two-month contract, Ernest returned to his island and found work as an apprentice hairdresser. He continued to play the violin in balls in Fort de France, alongside clarinettist Léon Apanon. In 1913, Ernest managed to buy his own hairdressing business. Exempted from military service by the Martinique Reform Council in 1916, he was not sent to fight in Europe during the First World War.

In 1919, clarinettist Alexandre Stellio, aged 34, returned to his native island after spending over twenty years in French Guyana. He hired Léardée to accompany him on the violin during silent movies shown at the Gaumont cinema in Fort de France. The two friends became inseparable and often played in the town’s main dance halls. On 27 April 1929, they left Martinique for France with an orchestra comprising trombonist Archange Saint-Hilaire, singer Crémas Orphélien and pianist and cellist Victor Collat. They were immediately successful everywhere they played the beguine in Paris:  the ‘Bal de la Glacière’, the ‘Canari’, the ‘Rocher de Cancale’, etc. The orchestra cut its first discs for Odéon in October and December 1929 (cf. album STELLIO FA 023). However Léardée left Stellio following a disagreement concerning the division of royalties. In early 1930, he founded his own orchestra to play in the famous ‘Bal Nègre’ in Rue Blomet. It was at this point he swapped his violin for the cla­rinet and tenor saxophone. In November 1931, Ernest Léardée opened his own cabaret, ‘L’Elan Noir’ in the Montparnasse district. He ran it until June 1933. He could then be found at ‘La Nuit Cubaine’ until January 1934, the ‘Villon-Holahée’ from February 1934 to June 1935, then at the ‘Mirage’ from July 1935 to August 1937. From September 1937 to January 1938, Ernest Léardée hosted the ‘Chalet du Lac’ in Saint-Mandé. He then toured Germany, Austria and Hungary, the latter tour being interrupted by the annexation of Austria by the Nazis. Léardée was again in France in March 1938 and was billed in Parisian cabarets and in casinos on the Atlantic Coast during the summer months, and in Lille’s top hotels in northern France. On 19 May 1940 Hitler’s army was in Lille and Léardée had to flee. During all the hostilities of World War II Léardée retired away from music in a small village in the countryside. After Liberation, he moved to Fontenay-sous-Bois near Paris and again set up as a musician. For seven years he led the orchestra of the famous guinguette ‘Chez Maxe’ in Joinville on the banks of the river Marne. At night he played in various Parisian cabarets and in the ‘Cercle de la France d’Outre-Mer’, along with singer Jenny Alpha. In October 1950, Ernest Léardée began hosting a weekly radio show, ‘Rythmes et Charmes des Antilles’. He recorded new discs with the Guadeloupian singer Gilles Sala and with André Salvador, the elder brother of Henri Salvador. In December 1952, ‘Chez Maxe’ was totally destroyed by a fire. For another eight years, Ernest Léardée led his orchestra in two other dance-halls on the banks of the Marne, the ‘Chalet de Champignol’ from January 1953 to January 1958 and then ‘Chez Grosnier’ from 1958 to 1960. During the summer seasons, his band and his singer Lola Berry performed in casinos on the Normandy coast: Cherbourg, Coutainville, Saint-Pair-sur-Mer, etc. In 1954, Ernest Léardée founded his own publishing company, ‘Les Rythmes Nouveaux’. From 1961 to 1966, he managed the Casino in Saint-Pair-sur-Mer in summer. The rest of the year, he continued to play in numerous balls and galas in the Paris region. From 1966 to 1970, Léardée dubbed films, performed in more dances and parties with his new singer Tety Selva, accompanied singer Christian Juin and, at the age of 74, began thinking about retiring. In August 1970, he was the famous interpreter in France’s first televised advertisement for ‘Uncle Ben’s’ rice, which was to be followed by two others in 1973 and 1975. Ernest Léardée died of cancer, passing away in his home in Fontenay-sous-Bois in the night of 12-13 April 1988. A few months previously, a documentary about his life, filmed in 1987 by Christiane Succab-Goldman and Jean-Pierre Krief (Le Roman de la Biguine), enabled viewers to discover him once again.

André Salvador
A strange fate was in store for singer and actor André Simon Salvador, who is now sadly forgotten. His popularity gradually faded in the late fifties due the growing success of his brother (and almost his splitting image), Henri Salvador, four years younger than André. André was born in Cayenne in French Guyana on 2 October 1913, to be followed by his sister Alice in 1915 and his brother Henri on 18 July 1917. T
he entire family arrived in Paris in August 1929. The two boys, hardly gifted for academic studies, soon discovered their passion for music and the guitar, assisted by a cousin who introduced them to jazz. But they also showed rare talent for singing and acting, telling jokes and improvising sketches. In October 1934, they won an amateur singing contest organized in the Palais Berlitz in Paris. The two brothers were hired in January 1935 in the ‘Villon’, a cabaret/dance hall frequented by the Latin Quarter students. Following his military service, André worked with Henri at the ‘Mirage’, Ernest Léardée’s nightclub in the Montparnasse district. They were spotted by the boss of ‘Jimmy’s Bar’, who hired them in late November 1936. On 17 August 1938, the manager of Jimmy’s opened a replica of his cabaret in Biarritz. André and Henri were on the bill until war was declared in late August 1939. After the debacle and start of German occupation, André and Henri returned to Jimmy’s in October 1940 but were fired in December for racial reasons. In March 1941, André was hired in the orchestra of violinist Bernard Hilda, in Megève and then in Nice. André asked his brother to join him. As a duo they played in Bernard Hilda’s orchestra at ‘Maxim’s’ in Nice from April to May 1941, then in the ‘Relais’ in Cannes from June to September 1941. It was at this point of time that Henri was spotted by band leader Ray Ventura who was about to leave for Brazil. Henri left France in December 1941 to return only in December 1945 after Liberation. The brothers never played together again, each choosing to follow their individual paths.

In late September 1941, André returned to ‘Maxim’s’ in Nice, first in the orchestra led by Roger Lucchesi then in his own band from January to February 1942. After appearing in the ‘Embassy’ in Marseille from March to June 1942, André Salvador hosted the ‘Thé en Musique’ at the Hôtel Ruhl in Nice each afternoon from June 1942 to February 1943. At night he played in various cabarets in Nice, Monte Carlo and Cannes. In February 1943 the Germans arrived on the Côte d’Azur, forcing him to take refuge in Villard-de-Lans before returning to Paris. After Liberation, André Salvador worked at ‘Jimmy’s’ in Biarritz during summer 1945, in ‘L’Aiglon’ and the ‘Club de la Presse’ in Paris and then at ‘L’Equipe’ and the ‘Tilbury’ in Megève in early 1946. During summer 1946 he was highly successful in ‘La Jungle’ in Cannes. He then worked in Paris in the orchestra of saxophonist and clarinettist Robert Ekyan. It was then he recorded ‘Hey ba ba rebop’ for Odéon, a disc which won an award in 1947. From 1947 to 1949, André Salvador performed in ski resorts in the Alps (Megève, Saint-Gervais, Val d’Isère) in the winter and on the Côte d’Azur (Nice, Cannes) in summer with periods spent in Belgium (Brussels, Anvers), Switzerland (Geneva, Champéry) and Paris (L’Ismaïlia’, ‘La Rose Rouge’). From March to September 1949, he toured extensively in North Africa:  Tunis, Oran, Alger, Casablanca, Rabat and Agadir. In October 1949, André Salvador went to Marseilles to start the shooting of his debut film, ‘La Maison du Printemps’, a musical by Jacques Daroy. Just before the release of the movie, the play was staged in Paris with André himself playing his role of Washington, a Creole valet and musician. In June 1950, André starred in the music-hall, the ‘Bouffes du Nord’ in Paris. In summer 1950, he participated in Line Renaud’s extensive tour covering west and south France. André Salvador won over the public with his rhythm, humour, fantasy as well as with his talent as a crooner. During the years to follow, he again went to Algeria, appeared in several films, recorded discs with Ernest Léardée, took part in radio shows, performed in dances and galas, and composed songs, some of which became hits.

But from then on, André Salvador and his brother Henri were rivals. Crushing each other, they shared the same style, repertory, excitable nature and were surprisingly similar in appearance which led to confusion. Despite his efforts, André was gradually downgraded by the press and public. For regardless of the brothers’ exceptional and equal talent as musicians and actors, Henri boasted more seduction whereas André’s frankness and spontaneity as a comedian was sometimes excessive and was conside­red as provocative. In 1959, he was Josephine Baker’s partner in the show ‘Paris mes Amours’ billed at the Olympia in Paris. During the sixties, André Salvador appeared in casinos in the French provinces and in the West Indian cabaret ‘La Canne à Sucre’ in Montparnasse. In late 1966, he performed in Martinique and then, as from July 1967, in the Universal Exhibition ‘Terre des Hommes’ in Montreal. André stayed almost 15 years in Canada, living off menial jobs and he became a Canadian citizen. He returned to Paris in the early eighties, using the sobriquet André Jacart. He then spent most of his time doing archery and martial arts, then wrote his memoirs, philosophical works and poems. André Salvador passed away on 24 June 2003 in the Salpêtrière hospital. He was almost 90. André Salvador was generous, sensitive, engaging, non-conformist, facetious, and sometimes disconcerting as he was quick at repartee. His eclecticism made him a quality sportsman in various domains: archery (champion of France), skiing, cycling, horse-riding, martial arts, etc. He left over one hundred compositions which are pure gems showing precision, rigour, harmonic and melodic originality and which are now waiting to be rediscovered.

Regarding the present selection :
The decade following the Second World War witnessed a great change in dance music. After the beguine, France followed the new tropical rhythms:  samba, guaracha, mambo, baïon, cha-cha-cha, bolero, etc. which were often broadcast on the radio. This is the music, recorded on 78s by Léardée from 1951 to 1954, which is featured in this boxed set. The vocalists are Gilles Sala, the Spanish Severiano Alvarez, André Salvador and the Trinidadian trumpeter Michel Wyatt, when it is not Léardée himself. We must also point out the two atypical discs recorded by the Soeurs Bordeau and singer Simone Alma. The first twelve titles of CD 1 are the entire result of two particularly successful sessions made for Eddie Barclay for the Riviera label. They include some fiery improvisations by clarinettist Sylvio Siobud and Maurice Noiran and sharp guitar solos by the blind musician Claude Martial. On the piano is Ray Gottieb, a regular of Cuban music since the early thirties with Don Barreto. Regarding André Salvador’s recordings, we must add that he wasn’t as lucky as his brother Henri and that his discography remains confidential. Tender and sentimental in ‘Aux Caraïbes’ or gushing with energy and fantasy in ‘Mambo Mambo’, he also offers finesse and originality in his playing when he plays the guitar. The selection closes with an extract of an interview in which Léardée speaks of his tough childhood and his debuting years as a musician in Martinique. Ernest Léardée’s music in the early fifties is for entertainment without pretence. In the aftermath of a terrible war, still on the minds of all, it portrays a period of joy, hope and wonderful optimism.
English adaptation by Laure WRIGHT from the French text of Jean-Pierre MEUNIER
© 2007 Frémeaux & Associés / Groupe Frémeaux Colombini SAS

CD Ernest Leardee RYTHMES DES ANTILLES (1951-1954) avec l’intégrale ANDRÉ SALVADOR © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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Grand prix In Honorem
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SWING CARAIBE
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Un nouvel éclairage sur l'un des aspects les plus occultés de l'histoire du jazz : la contribution des musiciens...

STELLIO
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Enfin réunis dans leur intégralité, les premiers enregistrements du clarinettiste légendaire qui...

SAM CASTENDET - FESTIVAL BIGUINE
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Nul n’aura célébré la fête antillaise avec autant de franche gaieté, ni poussé la...

PIERRE LOUISS
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La passion du jazz, une créativité bouillonnante, le piment de ses origines antillaises... Il a tout transmis...

PARFUM DES ILES
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Les plus belles biguines, valses et mazurkas créoles par la fine fleur des clarinettistes antillais de...

MOUNE DE RIVEL - LA GRANDE DAME DE LA CHANSON CRÉOLE
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De sa voix unique au charme envoûtant, Moune de Rivel, originaire de la Guadeloupe, a porté...

MOUNE DE RIVEL
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Beaucoup de sentiment, de nostalgie dans ces airs, souvent en mode mineur, mais aussi beaucoup de joie et d’espoir car,...

MALAVOI
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En 1969, sous la direction de Mano Césaire et avec Alain Jean-Marie au piano, le groupe Malavoi gravait ses premiers...

LES COMPTINES DE LA COMPAGNIE CREOLE
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Forte de ses 40 ans de carrière et de ses succès immémoriaux, la Compagnie Créole fait partie du...

LA COMPAGNIE CREOLE
LA COMPAGNIE CREOLE
"Ecrire et chanter des petites ritournelles qui s’insinuent dans le cœur des gens est un art...

HENRI GUEDON
HENRI GUEDON
Le créateur du mambo-rap et du zouk. Sans aucun doute le plus grand artiste de world-music antillaise. Patrick...

GROUPE FOLKLORIQUE MARTINIQUAIS
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Loulou Boislaville (1919-2001) fut de 1966 à 1981 l’animateur du célèbre Groupe Folklorique...

GERARD TARQUIN - COEUR DE CHAUFFE
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Voici une formation qui joue la biguine de la manière la plus pure, la plus brillante, la plus authentique qui soit. Ce...

ERNEST LEARDEE - RYTHMES DES ANTILLES 1951-1954
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« Ernest Léardée, avec son orchestre antillais, fut au début des années...

DEL’S JAZZ BIGUINE 1951-1953 - EUGENE DELOUCHE
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Eugène Delouche, clarinettiste né à la Martinique en 1909, fut à Paris à...

DÉDÉ SAINT-PRIX L’INTÉGRALE
DÉDÉ SAINT-PRIX L’INTÉGRALE
Chanteur, percussionniste, flûtiste, Dédé Saint-Prix est depuis 50 ans le grand chantre...

BIGUINE, VALSE ET MAZURKA DES ANTILLES FRANÇAISES 1940-1966
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La Biguine est le cadeau des Antilles à la danse ! La présente sélection recueille les titres les plus...

BIGUINE VOL. 2
BIGUINE VOL. 2
L’anthologie de la musique antillaise par les artistes qui firent son succès à Paris tout au long des...

BIGUINE VOL. 1
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L’âge d’or des bals et cabarets antillais de Paris. Jean Pierre Meunier, historien, musicologue et discographe...

BIGUINE VOL 4
BIGUINE VOL 4

« Du Bal Nègre en 1930 à la Biguine Wabap en 1954 : les sons perdus et retrouvés...


BIGUINE À LA CANNE À SUCRE 1946 - 1949
BIGUINE À LA CANNE À SUCRE 1946 - 1949
Toute la folle ambiance du plus célèbre cabaret antillais de l’après-guerre à Paris,...

BIGUINE - BIGUINE VALSES ET MAZURKA CREOLES (1930-1944)
BIGUINE - BIGUINE VALSES ET MAZURKA CREOLES (1930-1944)
“ Pour biguiner, il faut être musicien, avoir du soleil en tête, de l’amour au cœur et du rhum un...

BAREL ET HONORÉ COPPET
BAREL ET HONORÉ COPPET
En 1956 la France découvre le merengue, la nouvelle danse qui fait fureur aux États-unis,...

ANTILLES EN FÊTE (MUSIQUES DE LA CRÉOLITÉ - FOIRE DE BASSE-TERRE 1973)
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« Voici réunies pour la première fois deux ambiances typiques de la tradition des...

ALBUM D'OR DE LA BIGUINE (1966-1972)
ALBUM D'OR DE LA BIGUINE (1966-1972)
Voici un joyau de l’âme musicale profonde de la Guadeloupe, sauvegardé dans les...

ALAIN JEAN-MARIE - THE COMPLETE BIGUINE REFLECTIONS 1992-2013
   ALAIN JEAN-MARIE - THE COMPLETE BIGUINE REFLECTIONS 1992-2013
Véritable légende du jazz, Alain Jean-Marie est un pianiste incontournable, doté...

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