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Anthologie des Musiques de Danse du Monde
The Dance Master Classics 

SLOW 1945-1959  







Qu’on est bien dans les bras 
D’une personne du sexe opposé !
Qu’on est bien dans ces bras-là !

“Qu’on est bien” de Guy Béart  

Dans les années cinquante, le rock ‘n’ roll symbolise le rejet par la jeunesse d’après-guerre des carcans puritains imposés par une société conservatrice. À cette attitude correspond un style musical identifiable appelant à la danse qui puise dans la musique country des blancs et le rhythm and blues de la communauté noire. Rien de tel avec le slow qui ne présente aucune connotation sociale et s’accommode des genres musicaux les plus divers : blues, jazz, ballade, variété susurrée par des crooners ou distillée par des sections de cordes. Des artistes comme Frank Sinatra, Nat King Cole et des formations vocales comme les Platters avec leurs harmonies veloutées lui doivent une grande part de leur succès. En tant que danse, le slow, ou le slow-fox, est une variété du fox-trot pratiqué sur un rythme lent. C’est donc la danse des amoureux. Accessible à tous dans le cadre des surprises-parties, le slow devient en compétition un exercice redoutable qui ne supporte aucune approximation à cause de la lenteur des mouvements. Introduit en Europe en 1917 lors de l’arrivée des troupes américaines, le slow dans son aspect le plus lascif et sensuel était pratiqué bien avant cette date dans la communauté noire des Etats-Unis sous le nom de slow-drag avant d’être récupéré et quelque peu aseptisé par les Blancs en danse de salon. Les exemples suivants montrent quelques-unes des approches musicales du slow.  

LES INCONTOURNABLES
Créé en 1953 à Los Angeles, le groupe vocal les Platters débutent dans l’écurie de l’arrangeur et imprésario Sam “Buck” Ramirez. Leurs premiers enregistrements réa­lisés pour la compagnie Federal ne rencontrent qu’un succès local. Pour l’anecdote y figure la première version de Only You (and You Alone) plombée par une partie sifflée complètement hors de propos. Revoyant sa copie, Buck Ram modifie le son du groupe en engageant la chanteuse Zola Taylor et fait signer ses protégés chez Mercury Records. Bien lui en prend car la deuxième mouture d’Only You (1955) ainsi réactualisée atteint la première place des Rhythm and Blues Charts et la cinquième des Pop Charts destinées à toutes les audiences. Son secret : une recette alliant le nectar vocal dispensé par le ténor Tony Williams, les compositions de Buck Ramirez, des arrangements sur mesure interprétés au cordeau par les excellents Paul Robi, David Lynch, Herb Reed et Zola Taylor et la faculté de revitaliser d’anciennes mélodies, surtout des ballades, en les adaptant aux goûts du jour. Exploitant adroitement la même formule, The Great Pretender (1955) et Twilight Time (1959) confortent brillamment ce succès historique. Devenus très populaires les Platters vendent des millions de disques et paraissent dans plusieurs films : Rock Around The Clock, Carnival Rock, Girls Town. Leur titre fétiche Only You sera repris par François Deguelt (Loin de toi), Franck Pourcel, Acker Bilk, Lester Bowie et Freddie Mercury.

Après le départ de Tony Williams et de Zola Taylor, le succès du groupe déclinera même si With This Ring (1967) connaît encore les honneurs des Charts. Les Platters ont intégré le Rock Roll Hall of Fame en 1990. Pianiste de jazz à ses débuts, Nat “King” Cole (1919-1965) est un vocaliste exceptionnel dont le talent a balayé les préjugés raciaux, un fait suffisamment rare dans les années cinquante pour être signalé. Un phrasé hérité du jazz et un charme vocal qui ne sombre jamais dans la mièvrerie lui ont permis de connaître une popularité sans précédent qui va bien au delà des modes et des genres, en particulier dans les ballades (Looking Back, 1958). Un crooner hors du temps.  Un trait de la personnalité de Paul Anka (1941) est le souci de la perfection. À l’âge de quinze ans, il signe chez ABC-Paramount et utilise les arrangements de Don Costa pour habiller ses premiers succès qui grimpent aux premières places des Charts : Diana (N°1 en juillet 1957) et You Are My Destiny (n°7 en janvier 1958) qui devient le slow d’une génération – il sera repris par Dalida sous le titre Tu m’étais destiné. Ces titres mettent en valeur les qualités d’interprète de Paul Anka et son aptitude à écrire des mélodies qui plaisent au grand public sans sombrer dans la platitude. Soucieux d’évoluer, il livre pour RCA une nouvelle version des morceaux de son répertoire et tente en 1974 une incursion dans la musique country.

La première place de You’re Having My Baby en 1974 atteste d’une popularité restée intacte dix-sept ans après le triomphe de Diana.  Issu d’un milieu modeste, Elvis Presley (1954-1977) a vécu son enfance à Memphis, une ville où les cultures musicales se croisent. Le gospel, le blues et la musique country lui sont familiers. Surmontant sa timidité, il grave le 5 juillet 1954, dans les studios de Sun Records, That’s All Right du bluesman Arthur Big Boy Crudup : Sam Phillips, le patron de Sun Records, a “trouvé un Blanc qui chante comme un Noir”, et voit sa fortune faite. Avec son physique de beau gosse, ses pantalons en cuir moulants et ses déhanchements lascifs, Presley est désormais le King. La compagnie RCA rachète son contrat en 1955. Les entrées dans les Charts se multiplient, sa réputation devient mondiale et le cinéma d’Hollywood lui ouvre ses portes. La belle ballade Love Me Tender (1956) le montre capable d’exceller dans ce genre.   

LE RHYTHM AND BLUES ET LE JAZZ
Artiste éclectique, Yvory Joe Hunter (1914-1974) a évolué pendant toute sa carrière dans les mondes de la musique country et du rhythm and blues. Influencé par le chant délicat et mélancolique de Charles Brown, il connaît un début de notoriété avec Blues At Sunrise (1945). Sa popularité s’affermit avec une série de ballades dansantes enregistrées pour MGM (I Almost Lost My Mind, 1950) pour connaître son apogée avec Since I Met You Baby produit en 1956 pour Atlantic. Pat Boone et Elvis Presley ont repris nombre de ses compositions.  Le blues shouter, Big Joe Turner (1911-1985) a connu la célébrité en 1938 sur la scène du Carnegie Hall en participant au concert “From Spiritual To Swing”. Conseillé par Ahmet Ertegun, le patron d’Atlantic, il a su adapter la puissance émotionnelle de son chant aux critères du rock’n’roll. Un de ses plus grands succès, Chains Of Love (1951), compte parmi les classiques intemporels du genre.  En 1954, le pianiste, chanteur et compositeur, Fats Domino (1928) a été l’un des premiers artistes noirs à conquérir le public blanc avec Ain’t That A Shame. Son secret : une synthèse adroite de la tradition cajun, de la musique des Caraïbes et du blues, un jeu de piano inspiré du boogie woogie, l’utilisation des arrangements de Dave Bartholomew et un chant décontracté aux intonations créoles dont le charme est exprimé par Blueberry Hill (1956), un hit international.

Les amateurs se souviennent de Bad Boy enregistré en 1956 par Clarence Palmer (1911-1978) pour Savoy, comme l’un des slows les plus dansants des années cinquante. Rien de franchement original dans ce morceau qui est une reprise masculine du Brown Gal (1936) de Lil Hardin Armstrong que Clarence Palmer chantait depuis pas mal de temps. Mais la version Savoy propose la conjoncture heureuse de la voix hip de Palmer imitant Louis Armstrong, un accompagnement idéal et un tempo sur mesure qui porteront le titre à la septième place des R&B Charts et à la trente-septième place des Pop Charts.  D’origine grecque, John Veliotes dit Johnny Otis (1921) passe son enfance à Berkeley. Passionné très tôt par le jazz, il apprend la batterie et sillonne l’Ouest américain avec les groupes de Lloyd Hunter et de Harlan Leonard. En 1943, sa première formation enregistre une version de référence de Harlem Nocturne, un des plus beaux slows du répertoire. Musicien avisé, il emboîte le pas de Roy Milton et de Joe Liggins pour monter un petit ensemble Rhythm and Blues qui anime les chaudes soirées de son club, le Barrelhouse. Son flair lui permet de découvrir de nouveaux talents : le guitariste Pete Lewis, les chanteuses Esther Phillips et Etta James et les Robins, les futurs Coasters. Au cours des années cinquante, le champ de ses activités s’élargit : il enregistre avec Johnny Ace, Bobby Bland et sous son nom en collectionnant les succès (Willie and The Hand Jive) ; il créé Dig, son propre label, et compose Hound Dog avec Jerry Leiber et Mike Stoller pour Big Mama Thornton.

Embauché par Capitol en 1957, Johnny Otis se produit sur les plus grandes scènes avec sa propre revue. Dans les années 60, il s’intéresse à la politique en faisant campagne pour la lutte en faveur des Droits Civiques des Noirs américains. Il se consacre maintenant à la sculpture. Son livre, “Upside Your Head ! Rhythm ‘n’ Blues On Central Avenue” montre sa connaissance de la musique afro-américaine. Limiter l’héritage de Glenn Miller (1904-1944) à In The Mood serait réductif. Glenn Miller a commencé sa carrière professionnelle dans l’orchestre de Ben Pollack qu’il quitte en 1928 pour travailler en free lance comme arrangeur, directeur musical, ce qui ne l’empêche pas de donner un coup de main au trombone quand l’occasion se présente. En 1938, il monte sa propre formation avant de diriger pendant la guerre le big band de l’Air Force. Le 15 décembre 1944, l’avion qui le mène d’Angleterre à Paris s’abîme au-dessus de la Manche : la légende Glenn Miller vient de commencer. Le film “The Glenn Miller Story” (1953) dans lequel son personnage est incarné par James Stewart lui rend hommage en contribuant à perpétuer son souvenir. Considérant son grand orchestre avant tout comme une formation de danse, même si y figurèrent des solistes de la classe de Bobby Hackett, Mel Powell et Peanuts Hucko, Glenn Miller a su élaborer une musique de qualité au-delà des étiquettes. Sa version de Moonlight Serenade (1939) conserve encore de nos jours une fraîcheur intacte.   “Je considère Sidney Bechet comme la base. Tout ce qu’il jouait venait de l’intérieur de l’âme”. Ces quelques mots de Duke Ellington expriment l’impact de la musique de Sidney Bechet (1897 ou 1891 – 1959) et l’importance de son rôle dans l’histoire du jazz. Dès ses enregistrements de 1923 réalisés au sein du Clarence Williams Blue Five, son phrasé impeccable, la force de son jeu et sa sonorité puissante le présentent comme un soliste d’une classe comparable à celle de Louis Armstrong. Le reste fait partie de l’histoire et les lecteurs intéressés pourront consulter avec profit les ouvrages cités en référence. D’un morceau comme Petite Fleur (1952) gravé en France pendant la deuxième partie de sa carrière émane ce chaud et généreux lyrisme qui a envoûté un public dépassant largement le cadre du jazz.  

LE GOSPEL DANS LE DANCING
Influencé à ses débuts par Nat “King” Cole, Ray Charles (1930-2004) est un artiste dont l’art s’élève au-dessus des catégories. Sa production englobe tous les genres : blues, rhythm and blues, jazz et country. Il a débordé la mode du rock’n’roll, annoncé la musique soul et bousculé les barrières raciales. Son influence est énorme : Steve Wonder, Georgie Fame, Joe Cocker, Van Morrisson et Eric Burdon ont puisé dans son répertoire. Un de ses meilleurs titres, Night Time Is The Right Time (1958), figure au répertoire de toutes les surprises parties.   Figure de proue de la Soul Music, géniteur du funk et inspirateur de groupes de rap, James Brown (1933-2006) a exercé une très forte emprise sur la musique afro-américaine jusqu’à l’ère du hip-hop. L’énergie bouillonnante de son jeu de scène et le message véhiculé par ses disques en phase avec les aspirations du public noir - “Say It Loud – I’m Black and I’m Proud”, proclamait -il en1968 - en font un représentant naturel de sa communauté. Sa popularité lui a valu d’accumuler les Numéros 1 dans les Charts R&B et de faire quelques incursions dans le Top 100. D’un point de vue strictement musical, James Brown n’a cessé de se renouveler en bousculant les habitudes. Avec le guitariste Jimmy Nolen, le saxophoniste Maceo Parker, l’arrangeur Alfred “Pee Wee” Ellis, le trombone Fred Wesley et le bassiste Bootsy Collins, son orchestre, les JBs, est une formation phare de l’époque.

Toutes ces qualités imprègnent un titre qui fut longtemps l’apothéose de son show, le fameux Please, Please, Please (1956).  Surnommée “The Queen of the Blues”, Dinah Washington (1924-1963) est l’une des chanteuses les plus importantes des années cinquante. Parmi les premières, Dinah Washington a intégré dans son chant les maniérismes vocaux du gospel qu’elle pratiquait encore adolescente au sein de la chorale de la St. Luke Baptist Church et avec les Sallie Martin Singers. Un sens musical infaillible, la perfection de son tempo, le swing de son phrasé, la pureté cristalline de sa diction et cette faculté unique d’apporter une conviction toute personnelle à ses interprétations en ont fait l’inspiratrice d’Esther Phillips, Nancy Wilson, Della Reese, Patti Austin et Aretha Franklin. Car tout en prolongeant la tradition du blues représentée par Bessie Smith et en devenant un des chefs de file du rhythm and blues, Dinah Washington s’est approprié avec une facilité déconcertante le jazz et la variété de haut vol illustrée ici par sa version habitée de Cry Me a River.  Le succès de LaVern Baker (1929-1997) a largement dépassé les limites des ghettos noirs pour atteindre le jeune public blanc sensible aux allusions canailles de ses interprétations. Son passage dans l’orchestre de Todd Rhodes, le soutien de l’animateur radio Alan Freed qui l’invite à ses spectacles et ses disques produits pour la compagnie Atlantic lui ouvrent la voie du succès. Des morceaux jump (Jim Dandy) et des ballades comme Soul On Fire (1959) qu’elle interprète de sa voix puissante avec un superbe feeling lui assurent un statut de vedette.

Orientant sa carrière vers une variété haut de gamme, elle ratera pourtant le train lucratif de la musique Soul que son art annonçait.  Repérée par le chef d’orchestre et agent artistique Dave Clark, Big Maybelle, de son vrai nom Mabel Louise Smith (1947-1972), a débuté dans la formation féminine des Sweethearts of Rhythm. Commençant à être connue, elle enregistre avec Christine Chatman et Hot Lips Page avant de produire une série de hits pour la compagnie Okeh (Gabin’ Blues, 1952). Signant chez Savoy Records, elle grave en 1956 Candy, une superbe ballade qu’elle magnifie de sa voix puissante. Deux ans plus tard, elle figure dans “Jazz On a Summer’s Day”, un documentaire sur le festival de jazz de Newport, mais voit sa carrière entravée par des problèmes personnels, ce qui ne l’empêche pas de signer des enregistrements de bonne facture pour Scepter/Wand, Port, Chess et Rojac/Paramount. Elle décèdera en 1972 d’un coma diabétique.  Moins connue mais tout aussi talentueuse Wynona Mercerie Carr (1924-1976) a produit entre 1949 et 1954, pour Specialty, des faces de gospel qui révèlent une personnalité déjà confirmée et sa faculté de transcender une interprétation comme seuls savent le faire les plus grands (Dragnet For Jesus). Déçue par les ventes médiocres de ses disques, elle opère une conversion naturelle vers le rhythm and blues qui la conduira à côtoyer Little Richard, Larry Williams et Lloyd Price dans l’écurie rock ‘n’ roll de Specialty. Sa superbe ballade, Should I Ever Love Again ? (1956) met en évidence la beauté de son chant.  Gene Allison (1934) a débuté au sein des Skylarks, un groupe de gospel de Nashville, sa ville natale. Attiré par les revenus plus lucratifs qu’offre le rhythm and blues, il signe chez Calvert et Champion avant d’être recruté par la compagnie Vee-Jay. Pour ce label, il enregistre Have Faith (1958), une belle ballade aux accents gospellisants à la Sam Cooke qui lui assure une notoriété passagère. Il abandonnera le monde la musique dans les années 70. Le slow vivra encore de belles années. 
Alain TOMAS 
© Frémeaux & Associés

Illustration du livret : collection Alain Tomas.
Dessin de couverture : Bruno Blum
© Frémeaux & Associés.
Partition de couverture : collection Philippe Baudoin. 

SOURCES :
Livres :
- Sébastian Danchin, Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul. Éditions Fayard, Paris, 2002.
- Gérard Herzhaft, La grande encyclopédie du blues, Éditions Fayard, Paris, 2002.
- Francis Hofstein, Le Rhythm & Blues, Éditions PUF, Paris, 1991.
- Guido Regazzoni, Massimo Angelo Rossi, Pierro Sfragano, Guide des danses de salon, Solar, 1998.
- Marshall et Jean Jazz Dance, The Story of American Vernacular Dance, Da Cappo Press, 1994.
- Nick Tosches, Unsung Heroes of Rock’n’Roll, Éditions Scribners, 1985.
- Sidney Bechet, La musique, c’est ma vie, Paris, Table Ronde, 1979.
- John Chilton, Sidney Bechet, The Wizard Of Jazz, London MacMillan Press, 1987.
- Fabrice Zammarchi, Sidney Bechet, Paris, Filipacchi, 1989.
Dictionnaires :
- Dictionnaire du Rock, dirigé par Michka Assayas, 2 vol., Éditions Robert Laffont, Paris, 2000.
- All Music Guide To Rock, dirigé par Vladimir Bogdanov, Chris Woodstra et Stephan Thomas Erlewine, Editions Backbeat Books, 2002.
- The Warner Guide To UK & US Hit Singles, compilé par Dave McAleer. Little, Brown & Company, 1994.
Magazines : Soul Bag, Juke Blues et Blues & Rhythm.

Notes de pochette et de livret de Maurice Bernard, Jean Buzelin, Gérard Herzhaft, Dave Penny, Ray Toping et Billy Vera.   


english notes
SLOW 1945-1959 
In the Fifties, rock ‘n’ roll was a symbol for the young post-war generation’s rejection of the puritanical restraint imposed by a conservative society. It was also an attitude that corresponded to an identifiable music-style crying out for dancers, and it drew on both white sources (Country music) and those of the black community, i.e. rhythm and blues. But what about the Slow dance? It didn’t have any social connotations, and it suited widely-varied music-genres: blues, jazz, ballads, and pop tunes whether whispered by crooners or distilled by the strings in an orchestra. Artists like Frank Sinatra and Nat «King» Cole, and vocal groups like The Platters with their velvet harmonies, owed much of their success to fans of slow dances. As a dance, the Slow (or Slow-fox) is a fox-trot executed to a slow rhythm. So it’s a lovers’ dance. Open to all party-goers, the Slow became an awesome exercise in dance-contests because its moves were, yes, slow, and they didn’t tolerate any approximation. It was introduced to Europe in 1917 when American soldiers arrived, but its sexier, more sensual aspects had been part of the black community’s way of life since long before then – it was called a slow-drag – until whites cleaned it up somewhat and turned it into a dance for salons. 

THE UNTOUCHABLES
Formed in Los Angeles in 1953, the vocal group The Platters scored a hit with their second version of Only You (1955) which reached N°1 in the Rhythm and Blues charts (and N°5 in the Pop charts covering all audiences). Its secret recipe: vocal nectar concocted by the tenor voice of Tony Williams over compositions by Buck Ramirez, with made-to-measure arrangements written by the excellent Paul Robi, David Lynch, Herb Reed and Zola Taylor; the group crowned the mixture with its gift for breathing new life into old melodies, especially ballads, by bringing them right up to date. The Great Pretender (1955) and Twilight Time (1959) brilliantly comforted their historic success.   A jazz pianist in his early days, Nat «King» Cole (1919-1965) was an exceptional vocalist whose talents swept away all racial prejudice: it was a rare feat in the Fifties, and a fact not to be ignored. The phrasing he inherited from jazz, together with a vocal charm that was never overly-sentimental, gave Cole unprecedented popularity no matter what genre he sang in, particularly in ballads like Looking Back (1958). He was a timeless crooner.  Paul Anka (b.1941) was a perfectionist, and at fifteen he was singing Don Costa arrangements that gave his first hits top placing in the charts: Diana went to N°1 in July ‘57 and You Are My Destiny (N°7 in January 1958) became the slow number for a whole generation. Elvis Presley (1954-1977) was steeped in gospel, and he was familiar with blues and Country music. The beautiful ballad Love Me Tender (1956) shows he was capable of excelling in the latter.  

RHYTHM & BLUES, AND JAZZ
Yvory Joe Hunter (1914-1974) became popular with a series of ballads for dancers he recorded for MGM (cf. I Almost Lost My Mind, 1950) and reached fame with Since I Met You Baby, which was produced for Atlantic in 1956. Blues shouter Big Joe Turner (1911-1985) gave the genre one of its classic evergreens with Chains Of Love (1951), and three years later Fats Domino (b. 1928) was one of the first black artists to conquer a white audience with Ain’t That A Shame. His secret: a skilful synthesis of Cajun traditions, Caribbean music, boogie-woogie piano-playing, arrangements by Dave Bartholomew, and a lazy singing-style with Creole accents whose charm was expressed to the full in Blueberry Hill (1956), an international hit. Fans still remember Bad Boy, recorded for Savoy in 1956 by Clarence Palmer (1911-1978), as one of the best slow-dances of the Fifties. John Veliotes, aka Johnny Otis (b. 1921) recorded Harlem Nocturne in 1943, and it went straight into the book of great slow numbers.   Glenn Miller (1904-1944) made such a contribution that referring to him as the man behind In The Mood does him no justice at all: he developed a brand of music whose quality defied all categories, and his version of Moonlight Serenade (1939) is just as fresh today as it was then. In the words of Duke Ellington, Sidney Bechet, born in 1897 (or ‘91, he died in 1959), was «Like the basis. Everything he played came from inside his soul.» With Petite Fleur (1952) Bechet exuded a warm, generous lyricism that left his audiences spellbound. They were a long way from jazz. 

GOSPEL IN THE DANCEHALL
Concerning Ray Charles (1930-2004), the «art» in his artistry made him impossible to categorize, and his production covered all the genres, blues, rhythm and blues, jazz and Country. One of his best songs, Night Time Is The Right Time (1958), is something that should be played at all parties.   James Brown (1933-2006), a figurehead for Soul music and the man who fathered Funk, (inspiring today’s rappers in the process), exercised enormous influence over Afro-American music right up to the hip-hop era. His famous Please, Please, Please (1956) was the climax of his shows. Dinah Washington (1924-1963), known as «The Queen of the Blues», was one of the most important singers of the Fifties, and her singing incorporated gospel mannerisms while extending the blues tradition of Bessie Smith. Dinah became a leading figure of rhythm and blues by appropriating jazz with disconcerting ease, and you can also hear the high-flying pop-influence that accompanied her in this haunted version of Cry Me a River.  The success of LaVern Baker (1929-1997) went beyond black ghettos to touch white audiences; jump pieces like Jim Dandy and ballads like Soul On Fire (1959) demonstrate the power in her voice, and also the superb feeling that made her a star. Big Maybelle (real name Mabel Louise Smith, 1947-1972), produced a series of hits for the OKeh label (cf. Gabin’ Blues, 1952). In 1956 she cut Candy, a superb ballad. Less well-known but just as talented, Wynona Mercerie Carr (1924-1976) recorded gospels for Specialty Records from 1949-1954, revealing a personality that transcended mere vocal performance, a feat of which only the greatest are capable (cf. Dragnet For Jesus). Her superb ballad Should I Ever Love Again? (1956) shows how beautifully she sang. Gene Allison (1934) recorded Have Faith (1958), again a beautiful ballad, and his gospel-tainted voice guaranteed his celebrity. 
Alain TOMAS Adapted in English by Martin DAVIES
 © Frémeaux & Associés   

DISCOGRAPHIE
01. THE PLATTERS    
Only You
(And You Alone) (Buck Ram, Raud, Christa1). Mercury 1955 

02. SIDNEY BECHET    
Petite Fleur
(Sidney Bechet). Vogue 1952 

03. ELVIS PRESLEY    
Love Me Tender
(Presley, Matson, Aber). RCA 1956 

04. FATS DOMINO    
BlueBerry Hill
(Lewis, Stock, Rose). Imperial 1956 

05. PAUL ANKA   
 You Are My Destiny
(Anka). ABC Paramount 1958 

06. BIG JOE TURNER    
Chains Of Love
(Van Walls, Nugrete). Atlantic 1951 

07. LAVERN BAKER    
Soul on Fire.
Atlantic 1959 

08. JAMES BROWN    
Please, Please, Please
(Brown). King 1956     

09. NAT ‘KING’ COLE    
Looking Back
(Benton, Otis). Capitol 1958 

10. THE PLATTERS    
The Great Pretender
(Buck Ram). Mercury 1955 

11. GLENN MILLER    
Moonlight Serenade
(Parish, Miller). Blue Bird 1939 

12. JOHNNY OTIS    
Harlem Nocturne
(Hagen). Excelsior 1945 

13. WYNONA CARR    
Should I Ever Love Again ?
Specialty 1956 

14. GENE ALLINSON    
Have Faith
(Stone, Thompson). Vee Jay 1958  

15. DINAH WASHINGTON    
Cry Me a River
(Arthur Hamilton). 1959     

16. IVORY JOE HUNTER    
Since I Meet You Baby
(Hunter). Atlantic 1956 

17. CLARENCE ‘BAD BOY’ PALMER and the Jive Bombers    
Bad Boy
(Lil Armstrong, Avon Long). Savoy 1956 

18. RAY CHARLES    
Night Time Is The Right Time
(Herman). Atlantic 1958 

19. BIG MAYBELLE    
Candy
(David, Whitney, Kramer). Savoy 1956 

20. THE PLATTERS    
Twilight Time
(Al Levine, Morty Levine, Buck Ram).  Mercury 1958   

CD Musiques de danse du monde Le Slow © Frémeaux & Associés (frémeaux, frémaux, frémau, frémaud, frémault, frémo, frémont, fermeaux, fremeaux, fremaux, fremau, fremaud, fremault, fremo, fremont, CD audio, 78 tours, disques anciens, CD à acheter, écouter des vieux enregistrements, albums, rééditions, anthologies ou intégrales sont disponibles sous forme de CD et par téléchargement.)

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Frémeaux & Associes présente pour la première fois un panorama du choro contemporain, expression...

BRETAGNE (1900 - 2006)
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Bretagne

Ce disque regroupe des enregistrements de musiques traditionnelles collectées in...

BRESIL : LE CHANT DU NORDESTE
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Si la musique du Nordeste est aujourd’hui à la mode, c’est que de grandes figures du passé (João...

BIGUINE, VALSE ET MAZURKA DES ANTILLES FRANÇAISES 1940-1966
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La Biguine est le cadeau des Antilles à la danse ! La présente sélection recueille les titres les plus...

BADEN POWELL
BADEN POWELL
Ce coffret réunit deux enregistrements essentiels de Baden Powell, guitariste brésilien légendaire dont le...

ASTOR PIAZZOLLA Y SU ORCHESTRA TIPICA
ASTOR PIAZZOLLA Y SU ORCHESTRA TIPICA
En secouant la tradition, Astor Piazzolla a extrait du tango son essence profonde pour en faire de la grande musique. Jordi Pujol,...

ALPES,NORD ET EST (1930 - 2006)
ALPES,NORD ET EST (1930 - 2006)
L’aire Franco-Provençale (Val d’Aoste, Suisse Romande, Savoie, Lyonnais…) Franche-Comté, Alsace,...

ABDULLAH IBRAHIM
ABDULLAH IBRAHIM
Quel meilleur exemple pourrait-on avoir de l'art d'Abdullah Ibrahim que cette 'Autobiography' que le pianiste considérait...

TZIGANES - SOUVENIRS DE HONGRIE 1954-1959
  TZIGANES - SOUVENIRS DE HONGRIE 1954-1959
Mélange de musique classique et de folklore, la musique tzigane d’Europe Centrale s’est...

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